‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 4)Chapitre 72 sur 423 · TESTAMENT (NOUVEAU · texte numérisé non relu

TESTAMENT (NOUVEAU

vidant de leur contenu réel les livres de l'Ancienne Loi, on pensait couper court aux objections qu'en tirait la Gnose, à certains scandales que pouvaient causer telles ou telles allirmations des Livres sacrés. Cette préoccupation apparaît encore dans saint Augustin. S'il a suivi avec délice les homélies d'Ambroise à Milan — et le grand évêque dans ses commentaires de l'Ancien Testament s'inspirait plus que de raison de Pallégorisme alexandrin — c'est qu'Augustin trouvait, dans cette manière d'interpréter la Bible, une réponse aux objections des manichéens.

C'est contre les excès de l'allégorisme, contre la méthode qui veut faire dire à l'Écriture autre chose que ce qu'elle dit (aXXov àyopeûw), que va réagir, non parfois sans quelque brutalité, l'École d'Antioche. Voir Antioche (École théologique d' ), 1. 1, col. 1436 sq. Sur les origines de cette réaction on est assez mal renseigné; mais on la voit s'étaler largement dans l'œuvre exégétique de Théodore de Mopsueste. Les principaux maîtres de cette école ont pris soin d'étudier et de confronter les deux systèmes d'exégèse. En dépit des critiques qui, à tort ou à raison, ont été faites à Théodore, on ne peut s'empêcher de reconnaître aujourd'hui le bien-fondé des principes sur lesquels il s'appuyait, lui et ceux qui se sont rattachés à lui. Voir l'article Théodore de Mopsueste ci-dessous, col. 248 sq.

Au demeurant il semble bien que l'entente n'est pas impossible à réaliser entre les deux tendances, symboliste et littérale, entre lesquelles se répartissent les exégètes. La première précaution à prendre est de sérier les textes bibliques selon les divers genres littéraires auxquels ils ressortissent : autre est l'interprétation d'un texte législatif, autre celle d'un récit historique, autre celle d'un oracle prophétique, autre celle d'un poème didactique. Au point de départ , d'ailleurs, de cette interprétation doit prendre d'abord place l'intelligence exacte du sens qu'avait dans l'esprit l'auteur du texte considéré. C'est cela qu'il faut d'abord m hercher en s'entourant de tous les secours que peut fournir la philologie entendue au sens le plus large du mot. Ce résultat obtenu, chaque texte est à expliquer selon son contexte tant général que particulier. Un dispositif d'ordre législatif s'impose d'abord comme une règle à pratiquer par ceux à qui il est donné : « le 11 nisan, dans chaque famille Israélite se célébrera le repas pascal. «Ex., xn, 1-11. lue narration que rien ne rend suspecte veut dire essentiellement et d'abord Telle veut dire : ■ pour délivrer Lot, son neveu, Abraham arme ses trois cent dix-huit serviteurs. » . xiv, 1 1. Un oracle, pour obscur qu'il soit, doit fournir à ceux qui l'entendent un minimum de sens Intelligible : le prophète [saïe annonce que (le la souche de David sortira un rejeton qui établira sur la terre un rè^ne de paix et de jusl ire, 1s., xi, 1-1 1 ; c'est dans un avenir, proche ou lointain, qu'il faut chercher la réalisai ion de cette, promesse. Un texte parénétique vise >rd les auditeurs auxquels il s'adresse; c'est en se mettant à la plaie de ceux < i que l'on a des chances de ( oui prendre au mieux les avertissements donnes, et , par exemple, tout le discours de la Sagesse. Prov.,

Mil. I

Qu'il soit loisible ensuite à l'exégèse de prolonger,

i prudence, les indications fournies par

us littéral, c'est ce que les croyants ont toujours

admis, l'.n donnant à son peuple une législation reli-

• . politique, civile, domestique, qui le distinguait

des peuples voisins, la Providence avait ses desseins

et préparait l'avènement de la - religion en esprit et

que révélerait un jour le Fils de Dieu. Il

n'est donc pas interdit de chercher dans les divers

lat if s du judaïsme une om lin- i, un ■ type «

dions nouvelles qu'apporterait le Sauveur.

ail déjà l'auteur de l'épît re aux l tébreux.

Hebr., ix, 1-14, 23, 28, etc. L'ensemble de l'histoire d'Israël, d'autre part, se trouvant ~tre une préparation à la nouvelle économie instaurée par le Christ, il se peut que Dieu ait fait paraître, au cours même de cette histoire, des personnages dont le caractère, le rôle, l'action exprimeraient quelque chose de ce qui s'est réalisé d'une façon incomparablement plus parfaite dans Jésus. La sagesse et la justice de Salomon sont comme une première ébauche des mêmes vertus qui se manifesteront dans le Sauveur. La passion de Jérémie, Jer., c. xxxvi-xxxvm, n'est pas sans faire penser au drame du Calvaire et l'Église elle-même nous invite dans sa liturgie à faire cette comparaison. Mais c'est ici qu'il faut se garder des rapprochements forcés; en tablant sur le chiffre de 318 qui s'écrit en grec tu)', en y voyant le nom de Jésus, i/r], mis en croix, t, et en estimant qu'il était question dans Gen., xiv, 14, de Notre-Seigneur, le pseudo-Barnabe se livre à un petit jeu de rébus qui n'a rien à faire avec une véritable exégèse. Bien plus soigneusement encore doivent être examinés les oracles prophétiques, parce que plus naturelle est la tendance à les interpréter en bloc comme se rapportant, dans leur sens premier et littéral, aux réalisations messianiques. C'est avec beaucoup de justesse que Théodore de Mopsueste a proposé de distinguer parmi les oracles en question ceux qui se rapportent directement aux actions et à la personne du Messie à venir et ceux qui annoncent des événements préfiguratifs de l'ère messianique. A vouloir interpréter dans les prophéties, même de manière simplement typique, tout ce que l'on rencontre en fonction du Sauveur, l'on s'expose à des à-peu-près et, disons le mot, à des calembours indignes de l'exégèse. Saint Thomas d'Aquin lui-même nous fait sourire quand, trop cou liant en la Glose ordinaire, il explique ainsi l'oracle d'Isaïe, iv, t : In illn die appréhendent septem mulieres virum unum : id est seplem dona Spiritus sancti Chrislum. Sum. theol., III", q. vu, a. 3. Que d'autres perles de ce genre on pourrait récoller dans la littérature ecclésiastique! L'on a pu écrire un livre sur les contresens bibliques des prédicateurs. C'est trop souvent aux théologiens que ces contre-sens ont été empruntés! La littérature parénétique, enfui, s'esl moins prêtée que le.s autres genres littéraires aux applications détournées : somme toute la morale est de tous les à^es: pourtant il y aurait bien à dire sur l'utilisation qui a été faite de certains poèmes gnomiques de l'Ancien Testament. Si l'éloge de la femme forte, Prov., xxxi, 10-31, convient de tous points aux femmes chrétiennes, dirons-nous que soient également heureuses toutes les applications qui sont faites à la vierge Marie de tels passages de la littérature didactique, l'rov., VIII, 22 sq.. ou l'.ccli.. xxiv, 3 sq.? En définitive la prudence disons tout simplement le bon sens doit être la règle première de l'interprétation de l'Ancien Testament en fonction du Nouveau. Quelque vénérables que soient les noms sous lesquels

s'abrite telle ou telle exégèse, il faut savoir y renoncer, si l'explication en cause choque celle loi Fondamentale.

III. Le Noovi \> li si \mi \r. — 1n Sa composition ri son contenu. Sur la manière dont s'est formé ce tout que nous appelons le Nouveau Testament cl sur

la façon dont cet ensemble de livres a de éqniparé .m corpus des Écritures reçu par la Synagogue el accepté dès l'abord par l'Église chrétienne, voir l'art. Canon m s livres smnis. i. h. col. 1582 1593. A compléter

p. h le travail du 1'. Lagrange, Histoire du canon du

Nouveau Testament, Taris. 1933. On noiera d'ailleurs (pie la distinction entre livres prolocanoniques el deutérocanoniques du Nouveau Testament n'esl pas du même ordre que i elle des proto et des deutérocano

niques de l'Ancien. Dans l'ensemble les diverses cou

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