‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 4)Chapitre 79 sur 423 · THÉMISTIUS — THÉOCRATIE · texte numérisé non relu

THÉMISTIUS — THÉOCRATIE

TCâvTwv £Ïy E TTjv p/wciv Y) àv0pG}7TOT7]ç aù-roû ; une « Apologie des vingt chapitres, adressée à une réunion de moines ». Photius, deux siècles plus tard, connaissait un livre de Conon, Eugène et Thémistius contre le De resurrectione de Jean Philopon, Bibl., cod. 23, P. G., t. cm, col. CO; si le Thémistius ici nommé est bien notre diacre, cela montrerait qu'il avait des sympathies pour un des groupes trithéistes (voir l'art. Trithéisme). Enfin le même Photius fait mention d'une polémique littéraire entre Thémistius et un moine alexandrin nommé Théodore. A l'apologie de Thémistius — sans doute la même qui est citée plus haut — et dont le titre complet était KaXcovûp.ou toû xal ©epiicmou àTCoXoYÎa ùnkp toû êv àyioîç 0Eocpo6lou (nous ignorons tout de ce dernier), le moine Théodore répliqua par un volumineux ouvrage, au titre verbeux : "EXs-f/oç &>ç èv cuvt6|!.cù -rrjç àvcoOev xal èÇ àp/rjç 0su,!,otîou xaxà tûv 7)[i.a>v IlxTspcov 7rpo7re- TOÙç xal àXoYCOTàTTjÇ èvaTâascoç, èx irpoçâcrEcoç vûv 7)[i.ïv TTSTrovïn^évoç twv 7rpo6e6X7)[i.évcov Û7t' aÛTOù xaxà ttjç àXY)6eîa<; Ç7)T7)fi.àTcov te xal ^poTao-Ecov xal oaçrjç S'.£uxplv7)cTiç tîjç 7Tpoxet[i.évY)ç ÛTroGÉCTecoç. (Réfutation abrégée de l'ouvrage jadis et dès le début composé par Thémistius, où il s'insurge avec précipitation et sottise contre nos saints Pères, discussion des questions soulevées par lui contre la vérité et examen diligent de l'hypothèse qu'il propose.) A cet ouvrage, continue Photius, Thémistius répliqua par un court traité, un liovo616Xoç; Théodore ne s'avoua pas vaincu et riposta par une œuvre en trois tomes. Fut-ce même la fin de la polémique?

Les fragments conservés de Thémistius ont été colligés par les adversaires du monothélisme pour démontrer que l'affirmation de l'unique « énergie » et de l'unique volonté ne se trouvait que chez des hérétiques. Tous ceux que nous avons ne se rapportent donc qu'à ce point très spécial; ils insistent sur l'unité de volonté (OeX'rjfftç) et de connaissance (yvôctiç) en Jésus; mais de même qu'ils distinguent deux OeXYju.aTa, deux vouloirs, de même ils devaient — malheureusement il ne s'est point conservé de textes en ce sens — distinguer deux YVMpÎT(i.a7a, deux façons de connaître, deux objets et deux modes de connaissance, ce qui permettait au diacre alexandrin d'échapper aux conséquences de l'affirmation de l'unique nature et de l'unique énergie. En définitive la psychologie du Christ qu'il proposait était plus voisine du ehaleédonisme qu'il ne le pensait lui-même. Les agnoètes étaient, dans le fond, des clialeédoniens qui s'ignoraient. Le pseudo-Léonce en fait la très judicieuse remarque, De sectis, acl. X, c. m, P. G., loc. cit., col. 1264 : La question des limites exactes de la connaissance (humaine) du Christ n'a point été tranchée Concile En polémiquant contre les thémistiens, Euloge ne semble point s'être douté que ceux-ci étaient plus prés de Chalcédoine que les sévériens de stricte observance, lesquels, à leur tour, étaient plus orthodoxes que les julianistes, eux mêmes plus proches (les catholiques que les vrais eutychiens. l'eut l'est il p.is inutile de faire ces remarques si l'on veut entendre le sens des condamnations portées, ■ t on dit, par le pape saini Grégoire le Grand contre loétisme.

i i ' i ti étudiées au cours de l'article; ni Timo-

i. ■i.iiiiiuoi île, /»' n r, pi. hseretic, /'. G., t. lxxxvi,

col. il, 53, ">7, ni Jean Damascène, Dp hteres., sa, /'. a.,

t. kciv, col. 756, n'ajoutent rien que l'on ne trouve avant

MB; Nlcéphore Calllste, il. /.., I. XVIII, c. l, /'. G.,

i. col. 133, confond Thémistius avec le philosophe

• i. même nom du iv* siècle, attribue 6 celui-ci l'erreur

'■ . qui aurait repris consistance au vi« siècle; Michel

i ii m. Chronique, éd. et trad, Chabot, t. Il, p. Jt*

plus renseigné que les auteurs grecs, Voir pour la musc

ivre i Maspéro, Hltloire du palriarchu d'Alexandrie,

Paris, 1923, passim (table au mot Agnoètes, Thémistius). Pour la question proprement théologique, voir ici au mot Agnoètes, t. i, col. 595 et Science du Christ, t. xiv, col. 1646-1647.

É. Amann.

THÉOCRATIE. — Le mot paraît bien avoir été forgé par l'historien juif Flavius Josèphe : « Parmi les peuples, écrit-il, les uns ont confié à des monarchies, les autres à des oligarchies, d'autres encore au peuple le pouvoir politique. Mais notre législateur (Moïse) n'a arrêté ses regards sur aucun de ces gouvernements; il a, si l'on peut faire cette violence à la langue, institué comme gouvernement la théocratie, plaçant en Dieu le pouvoir et la force, gjç S'av xiç eÏ7tot. Piaa(i|jt.evoç tciv Xôyov, 6eoxpaTÎav aTïsSei^e tô 7roXÎTsup.a, ©soi ty)v àp/ïjv xal tô xpâ-roç àvaOEi.ç. » ('.ont. Apionem, 1. II, c. xvi. Ht un peu plus loin, faisant l'apologie de ce genre de gouvernement : « Peut-il y avoir, dit-il, une constitution plus belle et plus juste que celle qui attribue à Dieu le gouvernement de tout, qui charge les prêtres d'administrer au nom de tous les affaires les plus importantes et confie au grandprêtre, à son tour, la direction des autres prêtres...? Les prêtres (dans ce système) ont la surveillance rigoureuse de la loi et des autres occupations, ils sont les surveillants et les juges et châtient eux-mêmes les coupables. Peut-il exister une magistrature plus sainte que celle-là? » Ibid., c. xxi et xxn.

Par où l'on voit que, à l'estimation de Josèphe, la théocratie, qu'il vaudrai! mieux appeler la hiérocratie (souveraineté des prêtres) est proprement le régime qui a gouverné les Juifs entre le retour de la captivité et la ruine de Jérusalem en l'an 70 de notre ère, quoi qu'il en fût des divers pouvoirs laïques qui pouvaient interférer avec celui du sacerdoce. Cf. ici l'art. Judaïsme, § m, Institutions, t. vin. col. 1606-1614. Mais l'historien juif fait remonter à Moïse lui-même la responsabilité de cet état de choses. Jusqu'à quel point cette vue correspond-elle à la réalité, ce n'est pas ici le lieu de le discuter. A étudier l'histoire d'Israël, on se rendrait compte que la théocratie, telle que la définit Josèphe est, en ce qui concerne la nation juive, de date relativement récente.

Il est toutefois un autre aspect du régime politique du peuple israélite qui donne aux gouvernements successifs de celui-ci allure théocratique. En vertu de l'alliance du Sinaï. les choses civiles el les choses religieuses étaient si intimement unies que les préceptes religieux étaient lois d'État et inversement: dès bus la transgression d'une loi civile (lois sur les héritages, par exemple, ou sur les mariages) était considérée comme une atteinte directe à la volonté divine. Par ailleurs c'est Dieu qui avait investi directement et sans intermédiaire ses représentants visibles, Moïse. Josué. les juges. Saiil, David; toutes les lois et ordonnances concernant la conquête, la division, l'administration, la défense i\u pays étaient censées avoir été données par lui. L'institution même de la monarchie ne changea pas essentiellement ces rapports entre Dieu et son peuple : les rois étaient les représentants de .laine, investis de droits sacerdot aux. pins ou

moins étendus, plus nu moins admis par le sacerdoce en exercice; on v< il les prophètes leur transmettre les communication! divines el les souverains amenés, par force ou par anioiii. à suivre ces Indications. De son côté, la hiérarchie Bacerdotale elle même n'était pas sans Intervenir, 6 l'occasion, pour rappeler aux rois

leurs devoirs. Bref, sans cire une théocratie au sens

exact oïl nous avons eut en du Josèphe définir ce régi ni"

politique, l'Étal |uif, au temps des rois, se rappro (bail jusqu'à un certain point de la conception plus ou moins idéale que représente ce mot.

\ t il subsisté quelque chose de ces idées théocra

THÉOCRATIE - THÉODORE 1er

tiques dans la nouvelle économie du salul instaurée par Jésus-Christ? Kst-il dans les vues du Sauveur ou de son Église que les sociétés civiles soient gouvernées immédiatement par Dieu, c'est-à-dire, dans la pratique, par ses représentants, par le sacerdoce? Nul, à coup sûr, ne le soutiendra. Le Christ a nettement marqué la limite entre les deux pouvoirs temporel et spirituel qui se partagent le gouvernement des hommes, Matth., xxn, 16-22; il a déclaré formellement que son royaume n'était pas de ce monde, Joa., xvm, 36, refusé de trancher de son autorité propre des différends relatifs à des affaires d'héritage, Luc, xn, 13-14. Dès qu'elle a réfléchi à la loi constitutive de la société devenue chrétienne, l'Église a clairement défini la distinction des deux zones qui ressortissent respectivement au pouvoir temporel et au pouvoir spirituel. Dans sa zone d'attribution, chacun de ces deux pouvoirs est indépendant de l'autre. Nul ne l'a dit avec plus de clarté que le pape Gélase (492-496) dans sa lettre fameuse à l'empereur Anastase. P. L., t. lix, col. 41. De fait, à partir du moment où l'empire romain se convertit au christianisme, le péril est bien plutôt du côté d'empiétement du pouvoir séculier sur le domaine spirituel que d'ingérences du spirituel dans le temporel. Les revendications de l'Église, d'ailleurs assez timidement exprimées, visent à obtenir dans le domaine des choses religieuses une indépendance qui lui est, à bien des reprises, strictement mesurée. Loin de chercher à mettre la main sur le domaine propre de l'État, l'Église doit bien plutôt se défendre contre les empiétements des souverains laïques. On a étudié à l'article Pouvoir du pape en matière temporellle, t. xn, col. 2704 sq., comment la papauté médiévale a été amenée à revendiquer et quelquefois à exercer une certaine autorité sur le temporel. Les historiens indépendants donnent assez volontiers le nom d'idées théocratiques, de théocratie médiévale, etc., à l'ensemble de vues qui se sont fait jour au milieu du xie siècle sur les rapports entre le « sacerdoce et l'empire ». Ils parlent du régime théocratique conçu d'abord par Grégoire VII, clairement exprimé par Innocent III et plus encore par Innocent IV, rappelé avec une sorte de brutalité par Boniface VIII. Tout en constatant cet usage, il faut regretter l'abus du mot. Les théories des papes en question prétendent assurer au pouvoir spirituel une prépondérance de dignité et d'autorité par rapport au pouvoir temporel, mais elles n'entendent pas supprimer la distinction entre les deux pouvoirs. Tout au plus pourrait-on dire que, par la métaphore des « deux glaives », les théoriciens du « pouvoir direct » laissent quelque prise à l'accusation portée. Les « deux glaives » sont d'abord, en théorie, aux mains de l'Église, entendons que celle-ci possède radicaliter l'un et l'autre pouvoir, le spirituel et le temporel. Mais elle ne les retient pas tous les deux. Gardant l'usage du glaive spirituel, elle remet au pouvoir séculier le glaive temporel, tout en se réservant de contrôler l'usage qui en sera fait. Les deux pouvoirs demeurent donc distincts, encore que le temporel soit subordonné au spirituel. Nous sommes assez loin de la définition que donnait Josèphe de la théocratie. Quant à la concentration dans les mêmes mains du pouvoir spirituel et du temporel par le fait que le pape est devenu le souverain d'un État indépendant, ou les évêques seigneurs temporels plus ou moins autonomes, elle n'a rien à faire avec la théocratie : encore qu'exercés par la même personne, les deux pouvoirs restent distincts par leur nature et leur application.

Pour la première partie « Théocratie israélite », se reporter à l'art. Rois (Livres des), t. xm, surtout col. 2832 sq., 2840 sq.; à compléter par l'art. Paralipomènes (Livres des), t. xi, surtout col. 1977 sq. ; enfin à l'art. Judaïsme, t. vin, col. 1606-1614.

Pour la « théocratie pontificale ■, outre l'art. Pouvoir du pape en matière temporelle, se reporter aux articles concernant les divers papes Grégoire VII, Innocent III, Grégoire IX, Innocent IV (particulièrement important), Boniface VIII.

É. Amann.

THÉODICÉE. — Ce mot, qui signifie étymologiquement « justification de Dieu » (0sôç et Si/.rt), a été employé pour la première fois par Leibniz : Essais de theodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal, Amsterdam, 1710; cf. art. Leibniz, t. ix, col. 175. Les ouvrages de P. Bayle, tout spécialement le Dictionnaire et la Réponse aux questions d'un provincial, avaient ravivé la question du problème du mal; cf. art. Bayle, t. n, col. 488 sq. C'est à la demande formelle de la reine Charlotte de Prusse que Leibniz composa son ouvrage pour répondre aux objections de Bayle et justifier contre lui les prérogatives divines, tout spécialement la providence. Mais l'usage a peu à peu élargi la signification originale du mot. Le problème du mal constituant la difficulté la plus considérable qui puisse être faite à l'existence d'un Dieu unique, créateur souverainement sage, souverainement puissant, la discussion de ce problème devra former une partie considérable de toute étude sur Dieu. Ainsi le mot « theodicée » a fini par désigner ce que l'on appelait autrefois la « théologie naturelle », c'est-à-dire la science de Dieu telle qu'elle peut s'établir par les seules lumières de la raison, en dehors de tout appel (au moins explicite) aux enseignements de la révélation. Voir ici l'art. Dieu, t. iv, col. 756 sq., où la première section, Connaissance naturelle de Dieu, est consacrée à établir la légitimité de la theodicée, col. 757 sq., et la seconde à fournir les preuves rationnelles de l'existence de Dieu, col. 874 sq. ; la troisième, Dieu, sa nature d'après la Bible, col. 948-1023 ne ressortit pas à la theodicée, pas plus que l'ensemble de la section iv, Dieu, sa nature d'après les Pères; mais la theodicée se retrouve au dernier paragraphe, col. 1148 sq. : Apport philosophique dans la theodicée des Pères, aussi bien qu'à la section v : Dieu, sa nature selon les scolastiques, car les spéculations de ces derniers sont surtout d'ordre rationnel: la fin même de cette section est consacrée aux éléments péripatéticiens introduits en theodicée, col. 1185-1202 et tout spécialement à l'influence de la philosophie religieuse des Arabes, col. 1202, et du juif Maimonide, col. 1223. Quant à la section vi : Dieu, sa nature d'après la philosophie moderne, col. 1243 sq., elle donne une histoire détaillée de la theodicée moderne et des différents problèmes avec laquelle celle-ci a été aux prises; elle signale aussi les principaux ouvrages sur ces divers aspects de la theodicée.

É. Amann.

THÉODORE Ier, pape du 24 novembre 642 au 14 mai 649. — D'origine orientale — son père était de Jérusalem — il succéda, après une vacance de cinq ou six semaines, au pape Jean IV. Les premiers mois de son pontificat furent troublés par la révolte du cartulaire Maurice contre l'exarque de Ravenne, Isacius, avec qui ce fonctionnaire avait jadis eu partie liée. La tentative de Maurice échoua; enlevé de Sainte-Marie Majeure où il avait cherché un asile, le malheureux fut livré à l'exarque et décapité à Ravenne. Isacius ne tarda pas, d'ailleurs, à mourir et fut remplacé par Théodore Caliopa, que l'on retrouve dans l'histoire du pape Martin successeur de Théodore. Le Liber pontificalis à qui nous devons ces détails sur les troubles romains de l'hiver 642-643, ne dit pas quelle fut en l'occurrence l'attitude du pape. Il faut penser qu'il resta loyal envers l'exarque byzantin; le Liber ne signale pas de difficultés entre les deux pouvoirs durant les années suivantes.

THÉODORE 1er __ THÉODORE D'ALANIE

Cela ne veut pas dire que Théodore Ier ait souscrit à la politique religieuse de Constantinople. Celle-ci s'agitait autour de l'acceptation de VEdhèse monothélite d'Héraclius. Cf. art. Monothélisme, t. x, col. 2320. A défaut de Rome, qui, dès le temps du pape Séverin, avait pris position contre le document impérial, l'empereur Constant II escomptait la fidélité du titulaire de Constantinople. Depuis l'automne de 641, le siège patriarcal était occupé par Paul, qui, d'ordre du basileus, avait remplacé Pyrrhus, compromis dans les événements politiques à la suite desquels Constant II était arrivé au trône. Paul, d'ailleurs, tout en restant fidèle à YEclhèse, entendait bien ne pas rompre avec le premier siège; le pape Théodore, assez mal renseigné sur les circonstances dans lesquelles Paul avait remplacé Pyrrhus, essaya d'obtenir du patriarche en exercice une rétractation de la doctrine monothélite et de l'adhésion à l'Ecthèse. Au cours de 643 il envoyait à Constantinople une légation, qui comprenait, entre autres, le diacre Martin, son futur successeur. Les lettres qu'elle emportait se sont conservées : Jafîé, Regesla, a. 2049, 2050, 2052. Toutes insistaient sur la nécessité de procéder régulièrement contre Pyrrhus, qui n'avait pas étccanoniquement déposé, et sur l'obligation pour le nouvel élu d'abandonner l'Ecthèse, que Rome avait condamnée. Mais c'était se méprendre sur les dispositions réelles de Paul qui se montra finalement un partisan aussi convaincu de la formule monothélite que ses deux prédécesseurs Sergius et Pyrrhus. Les négociations se prolongèrent quelque temps, sans que nous puissions en dire le détail. Finalement, à une date qu'il est impossible de préciser et après réception d'une lettre du patriarche constituant une fin de non recevoir (cf. Gruinel. Régestes, n. 300), le pape Théodore prononça contre Paul une sentence de déposition, d'ailleurs inexécutable : propter quod jusla ab apostolica Sede ipse deposilionis ullionc percussus est, dit le Liber pontificalis, qui emprunte cette phrase, comme plusieurs autres de sa notice, à un discours prononcé par le pape Martin Ior au concile du Latran de 019. Cf. Mansi, Concil., t. x, col. 878.

Un moment Théodore avait cru être plus heureux avec l'ex-patriarche Pyrrhus. Déposé, comme nous l'avons dit, en 641, celui-ci avait fini par se rendre en Afrique où on le trouve, en 645, soutenant avec le célèbre Maxime le Confesseur une discussion, demeurée fameuse, sur les deux « énergies » et les deux volontés dans le Christ. Voir t. x, col. I 19. A la suite de cette controverse, Pyrrhus s'était déclaré convaincu de la vérité du dyotliélisme et, toujours accompagné de Maxime, s'était rendu à Rome pour se réconcilier avec le pape I héodore, sans doute vers la fin de cette même lui-ci se prêta de bonne grâce aux demandes de Pyrrhus, qui, après avoir condamné le monothélisme soutenu par lui el son prédécesseur et après avoir professé la foi orthodoxe, fut reçu avec, les honneurs qui convenaient à son rang : fecit (Theodorus) cathedram ei poni juxla allarem (sic), honorons eum m sacerdotem regiœ civitatis, dit le Liber pontificalis, qui ajoute ce détail aux précisions données par le pape Martin dans le discours déjà cité. \u fait, Pyrrhus désirait surtout avoir l'appui du pape Théodore pour remonter sur le trône patriarcal. Quand il vil cette chance lui ipper, d joua ur l'autre tableau; venu à R avenue, Il chanta d< nouveau la palinodie. Alors un synode romain rassemblé pai le pape à Saint Plein le cou damna el tnctionna sa déposition. Théophane, Chronographia, an. 6121, signale un geste tout à fait extraordinaire fait par le pape à cette occasion; sur le tombeau de >aint Pierre il aurait fait apporter le calice urait versé dans l'encrier quelques gouttes du >ang, pour signer l'acte de condamnation. ■ Les doc umenl s romains, fait remarquer !.. Duchesne,

mer. m. iiu'ni.. CATHOl .

ne parlent pas de ce cérémonial imposant. » Il se pourrait fort bien que ce détail soit légendaire : Théophane n'est pas toujours un garant absolument sûr.

C'est encore sous le pontificat de Théodore, et vers les derniers moments, que se place la publication par l'empereur Constant II du Type, rendu vraisemblablement à la demande du patriarche Paul et qui constituait un recul du gouvernement byzantin par rapport à l'Ecthèse. Nous ignorons si Théodore eut connaissance de cet acte et, supposé qu'il l'ait connu, l'attitude qu'il prit à son égard. Ce serait son successeur, Martin Ier, qui mettrait sensiblement sur le même pied l'Ecthèse « très impie » et le Type « scélérat ».

Théodore Ier mourut le 14 mai 649, laissant, au dire du Liber pontificalis, une réputation de grande bonté. La ville de Rome et la banlieue lui doivent l'érection de quelques sanctuaires qui paraissent avoir été assez modestes.

JalTé, Régesta pontificum romanorum, t. i, p. 228 sq.; V. Grumel, Régestes du patriarcat de Constantinople, fasc. 1 ; Liber pontificalis, édit. L. Duchesne, t. i, p. 331-335 (la notice, presque contemporaine, doit beaucoup aux actes du concile du Latran de 649; cf. ici art. Martin Ier, t. x, col. 186 sq.).

Voir les diverses histoires de la papauté et de l'Italie mentionnées dans les bibliographies des papes contemporains; y ajouter : V. Grumel, Recherches sur l'histoire du monothélisme, dans Échos d'Orient, t. xxvu, L»2S; Caspar, Geschichte des Papsttums,t. n; É. Bréhier, dans Fliche- Martin, Histoire de l'Église, t. v, p. 165 sq.

É. Amann.

2. TH ÉODORE 1 1 , pape en novembre 897. — Il remplaça le pape Romain, lequel avait été élu en août après l'insurrection qui avait jeté bas Etienne VI, le triste président du « concile cadavérique ». si cruel à la mémoire de Formose. Romain avait pris à l'endroit de celle-ci les premières mesures de réparation; ce fut Théodore II qui les mena à bien. Dans les trois semaines qu'il fut pape, il eut le temps de tenir un synode où fut réglée l'affaire des ordinations conférées par Formose. Le concile cadavérique les avait déclarées invalides et le pape Etienne VI avait exigé des ecclésiastiques ainsi ordonnés des lettres constatant qu'ils renonçaient à leurs fonctions. Aucun d'entre eux néanmoins n'avait été réordonné. Le synode de Théodore leur rendit tous leurs droits; leurs lettres de renonciation furent brûlées. D'autre part le corps de Formose, jeté dans le Tibre quelque temps après le concile cadavérique et qu'une crue du fleuve avait déposé dans la campagne, fut ramené par le pape Théodore, avec toute la solennité possible, à Saint - Pierre où il retrouva sa place parmi les tombeaux de ses prédécesseurs. L'apaisement provisoire que ces diverses mesures produisirent à Rome ne devait malheureusement pas survivre au décès de Théodore dont il est difficile de préciser la date. Au dire de Flodoard, ce pape n'avait siégé que vingt jours.

Mèmei sources el mêmes travaux que ceux indiqués aux

articles Formose, Marin, etc. Les textes essentiels rassemblés dans Jafié, liegesta, t. i, p. 441. (X Ê. Amann, dans Riche-Martin, Histoire de l'Église, t. vu, p. 2.V2G.

É. Amann.

3. THÉODORE D'ALANIE (1" moitié du xiii"- siècle). Titulaire de celle ville, située dans la Russie méridionale el qui administrait les colonies byzantines en bordure de la Mer Noire.ee! eveque a laissé un récit Ires vivant d'un Voyage apostolique

entrepris par lui dans l'arrière pays, chez les Alains.

Ce récit est adresse au patriarche grec de (.onstanti

nople, pour lors en résidence à Nicée, et à son synode permanent. Texte dans P. G., t. cxx, col. 388 US. Les renseignements fournis par cette relation sont du plus vif Intérêt, tant au point de vue géographique qu'a

celui de l'histoire de ï'évangélisation de la Itussic I es

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