‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 4)Chapitre 96 sur 423 · THÉODORE LE STUDITE. ÉCHUS · texte numérisé non relu

THÉODORE LE STUDITE. ÉCHUS

b) La grande catéchèse est un recueil analogue, mais les conférences onl pu avoir été rédigées par écrit; quelques-unes ont une plus grande ampleur, l'ensemble serait aussi plus systématique. Au dire de la Vila A, c. xxxvn, la fxeyaXY) xaTrj/rjTixr), qui exposait en détail les règles du couvent, comportait primitivement trois parties. 11 ne s'en est conservé qu'une au complet, la deuxième; publiée par A. Papadopoulos- Kérameus, Toû ôcûoo ©eoSwpou toû StouSîtou [i.eyaXr) xaTV)"/7]uxri, Bt6XîovSeÛT£pov, Saint-Pétersbourg, 1904, elle comprend 124 conférences. Cozza-Luzi en avait donné 77 dans la Nova Palrum bibliotheca de Mai, t. ix b.

2. Les discours spirituels. — Déjà signalés comme réunis sous le titre de LTavY)yopt.x7] £SE6Xoç par la Vita A, c. xxxviii, ils sont, dans l'édition de P. G., col. 688-901, au nombre de treize. Le premier, De abstinentia, doit sans doute être rattaché à la Grande catéchèse. Discours d'apparat prononcés aux grandes solennités, fête de la sainte Croix, de Pâques, de la dormition de la Vierge, de saint Jean-Baptiste, des apôtres Jean et Barthélémy, ils développent longuement les enseignements spirituels que donnent ces solennités. Les trois derniers sont des éloges funèbres de l'higoumène Platon, oncle de Théodore, du solitaire Arsène, l'un des héros du monachisme primitif, enfin de Théoctista, la mère de l'orateur. Le premier et le troisième de cette série abondent en détails intéressants sur la famille de Théodore et les diverses conjonctures auxquelles elle a été mêlée.

3. Les petits écrits ascétiques, liturgiques et canoniques. — On trouvera rassemblés dans P. G., col. 1681-1757, et provenant de diverses sources : des Capitula, au nombre de quatre, débris sans doute d'un ouvrage plus considérable, où devait être exposée la doctrine spirituelle de l'auteur; une Explication de la liturgie des présanctifiés, simple description de ce rite beaucoup plus fréquemment célébré chez les Byzantins que chez nous; une AiSacxaXioc ypovixv) -njç (aovtjç toû StouSîoo, sorte de calendrier des jeûnes et des fêtes du couvent ; une ' Ytvotwcdcuç xocTaaTàaewç -njç |i.év7]ç toû StouSîou, coutumier du même couvent; des Canons pénitentiels qui représenteraient un pénitentiel en miniature (les sanctions jadis proposées par les lettres canoniques de saint Basile y sont bien adoucies); on ne confondra pas ce court recueil avec la Liste des pénitences imposées dans le monastère pour les diverses transgressions de la règle, les peines le plus souvent infligées étant des jeûnes ou des métanies (prostrations). On rattachera à ces opuscules le Testament spirituel de Théodore, ibid., col. 1813-1824 : après avoir fait sa profession de foi, celui-ci y désigne son successeur, à qui il fait, ainsi qu'à la communauté, les recommandations convenables.

2° Écrits polémiques. — Théodore a pris une part active à deux grandes controverses : contre les mœchianistes et contre les iconoclastes. Les écrits de la première catégorie ont disparu, sans doute à la suite de la condamnation portée contre eux par le patriarche Méthode. Ci-dessus, col. 294. Dans une lettre à son frère Joseph, Théodore fait allusion à des cahiers (TETpâSeç ) qu'il a envoyés à celui-ci et qui contenaient un syntagma, ou traité relatif à la question. Il y avait rassemblé des textes surtout patristiques. Epist., I, xliii, col. 1064 D. Dans une autre lettre adressée à Naucrace, qui devait être son successeur, il est aussi question d'un traité (7rpayp.aTsîa), composé par Théodore : Iiep! tîjç xaôôXou olxovojiiaç : sur la politique d'économie (de concession) en général. Il s'y expliquait sur les exemples que ses adversaires cherchaient dan« l'histoire ecclésiastique pour justifier leur opportunisme. Epist., I, xlix, col. 1085 D.

Tous les écrits relatifs à la querelle des saintes

images ne se sont pas conservés. Au début du premier discours contre les iconoclastes, Théodore fait allusion à un 2ty)Xi.tsuti.xÔç Xôyoç, où il faisait sommairement le procès de ceux-ci. P. G., col. 329 A. Dans trois lettres adressées au patriarche de Jérusalem, à l'higoumène de Saint-Sabas et à celui de la Grande-Laure, notre Studite parle de cahiers, -reTpâSia, qu'il leur envoie et qu'il soumet à leur jugement; il y a consigné, dit-il, les arguments des iconoclastes et les réponses qu'il leur a faites. Epist., II, xv, xvi, xvn, col. 1164 C, 1168 C, 1 173 A. S'agirait-il du même ouvrage? En tout état de cause il ne s'en est rien gardé.

Mais il subsiste trois Discours réfutant les iconomaques, 'AvTipp7)Tixol Xôyoi xctTà eîxovo(i.à"/tov, P. G., col. 328-436, les deux premiers sous forme de dialogue entre un hérétique et un orthodoxe, le troisième rédigé comme un traité en règle, qui dès le début énonce les thèses à prouver, les appuie des arguments convenables, réfute au passage les objections des adversaires. On remarquera que toute l'argumentation se rapporte au culte dû à l'image du Christ ; ce n'est qu'en passant qu'il est traité — et par voie d'analogie — de la vénération due aux icônes représentant la Mère de Dieu ou les saints. Et Théodore, avec une grande rigueur théologique, déduit la légitimité de la confection des images représentant le Christ de la considération de la doctrine christologique elle-même. Voir ici l'art. Images (Culte des), t. vu, col. 802-804, où sont bien résumés les arguments de notre auteur. Dire que l'on ne peut représenter le Christ parce que, du fait de sa nature divine, il est incirconscriptible, c'est tomber dans le monophysisme, car c'est ne pas reconnaître une des propriétés de la nature humaine du Sauveur qui est d'être circonscrite et limitée.

Pour répandre leur doctrine, les iconomaques s'étaient avisés de composer de courts poèmes où ils exaltaient, par exemple, au détriment du culte des images, celui de la croix, qu'ils entendaient bien conserver. Il s'est conservé un petit écrit de notre Studite, "EXey/oç xal àvocTpoTCT) tôjv àaé6cov uowjfxdcTcov, P. G. , col. 436-478, où sont cités et réfutés ces « iambes » des iconomaques. Non seulement Théodore en discute plus ou moins longuement la doctrine, mais il leur oppose des compositions poétiques — il était poète, nous le verrons — de même facture et triomphant des mêmes difficultés de versification : acrostiche double, etc. Ce traité nous a ainsi conservé quelques-uns des petits poèmes composés par les iconomaques de la seconde période. Il se termine par une discussion en toutes formes de la décision synodale de 81 5 redonnant vigueur aux définitions du concile iconoclaste de Hiéria. Ci-dessus, col. 291.

De caractère plus scolastique sont les IIpo6Xr)u,aTâ Tiva 7vpôç eîxovofxâxouç, questions d'ordre dialectique posées aux adversaires des images et réponses à des arguments de même ordre opposés par ceux-ci. Ibid., col. 477-485. Nous avons dit ci-dessus, col. 292, l'origine et la signification des sept Capita adiwrsus iconomachos. A quoi il faudrait ajouter le discours tenu devant Léon l'Arménien, avant le déchaînement de la persécution, ci-dessus, col. 291, et qui a été plus ou moins arrangé par l'auteur de la Vita A, c. lxv-lxxii, col. 173-181 ; enfin une lettre à l'higoumène Platon qui exprime peut-être de la manière la plus claire la doctrine complète de Théodore sur les images. Ibid., col. 500-505.

3° Correspondance. — Il reste de Théodore un nombre considérable de lettres qui onl été primitivement groupées en cinq livres. Le 1. lest censé contenir un choix des lettres écrites pendant le premier et le second exil (57 pièces); le 1. II rassemblerait un bon nombre de pièces datant du troisième exil (221). Tout cela dans P. G., col. 904-1669. En sus de quoi ont été publiés par

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Cozza-Luzi. dans Mai', Nova Patrum bibliolheca, t. vin a, Rome, 1871, 277 numéros, pour lesquels manque toute division en livres. Cette masse imposante de près de six cents lettres nous donne-t-elle toute la correspondance de Théodore? On ne saurait le dire. En tout état de cause, cet ensemble constitue une source des plus importantes pour la connaissance d'une époque fort troublée de l'histoire byzantine, une grande partie des lettres ayant trait à la controverse mœchianiste et au second iconoclasme. Il ne s'agit pas seulement des arguments divers mis en œuvre, de part et d'autre, dans ces deux conjonctures; bien des détails historiques inédits s'y rencontrent qui jettent un jour très abondant sur beaucoup de points. Un autre intérêt de cette correspondance est de nous révéler l'âme de Théodore, la façon dont il réagit personnellement aux misères qui l'accablent, la charité avec laquelle il sait encourager et fortifier dans leurs épreuves ceux qui, comme lui, sont persécutés. Il y a là, dit Ehrhard, de vraies perles de l'épistolographie byzantine. On y voit éclater aussi les deux sentiments qui ont été les ressorts de toute l'activité du Studite : l'amour passionné pour l'indépendance de l'Église qui le dresse contre tout ce qui a apparence de césaro-papisme et par ailleurs son désir ardent de l'harmonie entre l'Orient et l'Occident, sous l'égide de Rome. Nous avons signalé ci-dessus, col. 290 et 292, les lettres adressées par Théodore au Siège apostolique. Plût à Dieu qu'ils eussent été nombreux sur le Bosphore, ceux qu'inspiraienl de telles pensées! Les événements n'auraient pas pris la tournure (pie l'on sait.

4° Com/tositions poétiques. — K. Krumbacher a attiré l'attention sur le talent poétique de Théodore et fait remarquer qu'il est l'un des maîtres de l'épigrammatique byzantine. Entre Georges Pisidès (voir son art., t. xii, col. 2130 sq.) et les poètes du xe siècle. Théodore est presque le seul poète qui compte. Tout spécialement il a rendu vie à ce genre de l'épigramme dont ont rafl'olé les Byzantins et dont V Anthologie nous est un si précieux témoin. On trouvera dans P. G., col. 1780-1812 une série de petits poèmes lambiques, généralement de 10 à 12 vers, qui décrivent, dans le genre un peu précieux qui reste de règle, la vie monastique, chacun des officiers du couvent se trouvant caractérisé par une courte pièce, depuis l'higoumène jusqu'au cellerier et au portier; de ces compositions plusieurs se rapportent aux saintes images; on y retrouve, ramasser en quelques vers bien frappés, la doctrine de l'auteur sur la question. I.a dernière épi gramme du recueil, n. 12 1, a été composée en l'honneur de notre Studite par l'un de ses admirateurs.

Oui re ces Ïambes ■ ont éi é publiées aussi par l'itra, Analecta sacra, i. i. in7<>. p. 336-380, des poésies ecclésiastiques, spécialement des hymnes en l'honneur des patriarches Paul, Euthyme, Éphrem, Les > canons ». sorlcs de séquences, se trouveront dans /'. G., col. I7")7 l7xo. Toutefois le Canon victorialis qui célèbre le triomphe des saintes images paraît bien avoir été

compose- après 844; il ne saurai! donc èlre l'œuvre de Théodore le Studite, en dépit de son litre : lIoî-/)jxa toO àylou [IaTpoc. 0eo8<bpou toû Y.-'iuHi-',^.

I. 'î.i \m s. Le rassemblement des ouvres de Théodore, commencé par Baronluf, qui dans les Annale» eccle- I i donné lion nombre <ie lettres. a été continué par sirmond (au t. < des Opéra omnla publié en 1096 par J. «le l.i Daune). Les mauristes eu préparaient une édition qui n'a pas vu le jour. A. Mal avait annoncé son Intention de compléter te, travaux antérieurs et il a fourni en effet des pièces Importantes aux t. \ (1849) et vi (1853) delà Nova Patrum bibliolheca. Ce travail d'édition s été continué par J. Cozza au i . vin de ii même collection (1871 1 et pal Cozza Luzl au t. i\ iixss). D'autres publications ultérieures ont complété ou oorrigi œllet-ci. De ci chef le rassemblement fait dans P, G., i . m i\ . est fort Incomplet.

1° Les catéchèses. — Pendant longtemps la Petite catéchèse n'a été connue que dans la traduction latine du chanoine J. Livinejus (f 1599), publiée à Anvers en 1602 et qui est passée dans les diverses Bibliothecte Patrum, puis dans P. G., op. cit., col. 509-688. Cozza-Luzi l'a donnée au complet en grec dans Nova Pat. biblioth., t. ix a, assez médiocrement d'ailleurs; sensiblement à la même date le moine Zacharie la publiait à Hermupolis (Syrie); en 1891 enfin l'abbé Auvray en donnait une édition critique : Theodori Studitm parva catechesis, Paris, avec une introduction sur la vie et l'œuvre de Théodore par A. Tougard.

De la Grande catéchèse, que La Baune connaissait déjà comme divisée en trois parties et dont Fabricius et Harles avaient fourni une description très complète (et. P. G., t. cit., col. 21-45), Cozza-Luzi, ibid., t. ix b, a donné 77 pièces; A. Papadopoulos-Kérameus a publié Toû ôutou ©eoSuipou tgv Uto'jSitov [ieYaXïi x.<xt7))(ï]T!XY), fleêXtov oij'ipov, Saint-Pétersbourg, 1904, qui comprend 124 sermons.

2° Les discours spirituels. — Le rassemblement a été lait par Migne, t. cit., col. 688-901, qui a joint à neuf discours publiés par Mai, Nova Patr. bibl., t. v et vi, deux pièces fournies par les bollandistes (saint Platon, Acta sanct., avril, t. i; saint Arsène, juillet, t. iv), une publiée par Fabricius {Bibl. (jreeca, t. xii) et une donnée par Gretzer (De crucc Christi, t. n).

3° Ascetica. — ■ La plus grande partie a été publiée par A. Mai', ibid., t. v, d'où elle est passée dans P. G.

4° Écrits polémiques. — La partie la plus importante a été rassemblée par Sirmond (resp. J. de la Baune) : Les trois Antirrhétiques; la Refutalio carminum iconomachorum; les Problemata; les Capilaseptem; l'Epistola ad Pïatonem.

5° Correspondance. — Les 1. 1 et II ont été publiés d'abord par .J. de la Baune; Cozza-Luzi en a donné 277 autres au t. vm a de la Nova Patrum bibliotlieca. Une édition vraiment scientifique de cette correspondance serait bien désirable.

6° Compositions poétiques. — Les « Ïambes » avaient déjà été publiés par Sirmond (reproduits dans P. G., col. 1780- 1812); Pitra, au t. i des Analecta sacra (1876), consacres aux poètes sacrés de l'Église grecque, a donné, p. 336-380, un certain nombre de cantiques de Théodore. Les deux ■ Canons » publiés dans P. G , col. 1757-1780, ont été empruntés l'un à Gretzer, op. cit., t. ni, l'autre à Baronius.

II. Travaux. — - 1° Notices littéraires. — Il y a toujours Intérêt a consulter les notices anciennes : Préface de Sirmond, au t. v des Œuvres complètes; G. Cave, Jlist. litt., t. n, p. 8 sq.; Oudin, Comment., t. n, p. SI sq.; P. Ceillicr, llisl. gin, des auteurs ecclés., t. xvm (P" éd.), p. 489 sq.; L. Allatius, Diatriba de Theodoris, dans Mai, Nova l'air. bibl., t. vi, p. 158; mais tout particulièrement la notice de Fabricius, complétée par Harles, Bibliotheca greeca, f. x, p. 134-474 (reproduite dans P. G., t. xcix, col. 9-50). Plus récente la notice de A. Ehrhard, dans Krumbacher, Gesch. der bgzant. Litteralur, p. 147-151, el de Krumbacher luimême, ibid., p. 712-715.

2° Notices historiques. — Tous les historiens de l'iconn- Clasme font une place plus ou moins considérable n l'Inodore, voir ari. Iconoclasme, t. vu, col. 594-595; ajouter aux travaux modernes, G. Ostrogorsky, Studien tur Gesch, des bgzant. Btlderstreites, Breslau, 1925. Pour la querelle « mœchianiste > se reporter a l'art. Méthode de Constantin oei.i., t. x, col. 1600, et compléter par les Indications fournies par Y. di'iimel. dans Les Régestes des actes du patriarcat de Constantiiwple, faSC. 2, 1936, note des p. 60-62. Pour un

exposé synthétique, voir É. Amann, dans Fllche-Martin, Histoire de l'Église, t. VI, p. 165-173; p. 229-216.

Il y a de nombreuses monographies sur Théodore; citons

au moins : C. Thomas, Theodor von Studien and sein Zeilalter, OsnabrUck, 1892; A. Schneider, I )rr ht. TheodOT l'un

Studion, Munster, 1900; E. Marin, Saint Théodore

826), l'a ris, 1 '.loi; ; drossu, Suint Théodore, si m temps, sa vie. sis irnnrrs lin russe), Kiev, 1907; A. -P. I InbmklousUij,

Saint Théodore, higoumine du Stoudion (en russe», 2 vol.,

Odessa, 1913-191 I.

Le P. Van der Vont, bollandlste, a donné plusieurs études de détail dans Analecta bollandiana, 1913, p. 27-62; 230-235; 139-447; 191 1, p. 31-52; elles oui été utilisées dans le présent article; éludes de détail aussi dans Êchot d'Orient, 191 1, 1021. 1926. 1937.

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