SIGER DE
P. Mandonnet, Siger de Brabant, t. 1, p. 65-78; A. Niglis, Siger von Courtrai, Beiträge zu seiner Würdigung, Fribourgen-B., 1903; H. Vercruysse, Étude crilique des sources relatives à la personnalité du sorboniste Siger de Courtrai, dans Mémoires du cercle hist. et archéol. de Courtrai, t. IV, p. 37- 85; G. Wallerand, Les œuvres de Siger de Courtrai, Étude critique et textes inédits, dans Les philosophes belges, Louvain,
P. GLORIEUX
SIGNE. — La notion de signe est théologique au premier chef. Saint Augustin a donné du signe une définition qui est restée classique : « Un signe est une chose qui, en plus de l’image qu'elle imprime sur nos sens, nous fait venir par là-même à la connaissance d'une autre chose. » De doctrina christiana, 1. II, €. 1, P. L., t. xxxi1v, col. 35. De cette définition très générale, l’enseignement catholique tire une théologie du signe dont les trois principales applications concernent : I. La volonté divine. II. La crédibilité de la révélation (col. 2053). III. Les sacrements (col. 2060).
I. LA VOLONTÉ DIVINE. — Les théologiens distinguent en Dieu « volonté de bon plaisir » et « volonté de signe ». Cf. 5. Thomas, 15, 4. xIX, ἃ. 11. Les signes par lesquels nous manifestons notre volonté sont les actes extérieurs dont la connaissance permet aux autres de parvenir jusqu’à la connaissance de notre décision intérieure. Les signes par lesquels nous faisons voir notre volonté intérieure sont au nombre de cinq : l'exécution ou opération, la permission, le précepte dont il faut rapprocher le conseil, la prohibition. Ces signes ne peuvent être transportés en Dieu que d’une manière métaphorique, car en Dieu la volonté est une, acte pur, s’identifiant avec Dieu lui-même. De plus, souvent les « signes » de la volonté divine sont tels qu’on ne peut les attribuer au sens propre à la divinité. Ainsi, la punition qui, venant de Dieu, est appelée le signe de la colère divine, ne saurait être signe de la colère que d’une manière métaphorique, la colère n’existant pas en Dieu. 5. Thomas, tbid., ad 2un; cf. a. 12, ad 2un.
En toute hypothèse, deux points sont à noter. Tout d’abord, certains signes de la volonté divine, le précepte, la prohibition, la permission n’indiquent pas nécessairement en Dieu une volonté de bon plaisir concordante. Parfois, en effet, Dieu commande quelque chose dont il n’entend pas du tout poursuivre l'exécution, comme il est apparu dans l’ordre donné à Abraham d’immoler son fils. Bien plus, Dieu ne veut jamais le mal, qu'il permet seulement. Ensuite, bien que Dieu ne veuille pas toujours ce qu’il commande, et qu'il ne veuille jamais ce qu’il permet simplement, il existe cependant en lui une réelle volonté à l’égard de tels objets. En effet, Dieu veut que tout homme se soumette à l’ordre qui lui est intimé par l’autorité légitime ; il lui plaît également que ce qu’il permet soit en notre pouvoir. Cette volonté de bon plaisir est toujours annexée au précepte ou à la permission, bien qu’elle ne porte pas sur la chose permise ou ordonnée.
Ainsi, en Dieu, il existe une volonté de signe qui ne porte jamais sur le même objet que la volonté de bon plaisir : c’est la permission. Il existe une volonté de signe qui porte toujours sur le même objet que la volonté de bon plaisir : c’est l'opération ou l’exécution. Il existe une volonté de signe qui peut parfois coïncider avec la volonté de bon plaisir et parfois s’en distinguer : c’est la prohibition, le préceple et le conseil. Cf. S. Thomas, De verilate, q. xx1n1, ἃ. 3.
II. LA CRÉDIBILITÉ DE LA RÉVÉLATION. Il s’agit ici des « signes divins » de la révélation, c’est-à-dire des effets sensibles «par lesquels l’homme est amené à quelque connaissance surnaturelle de ce qu’il faut croire ». S. Thomas, IB-I1#, q. CLXX VI, ἃ. 1.
1° Notions générales. — La définition de saint Augustin est toujours à la base de ces notions : il s’agit