L. CRISTIANI
SCHWYZ (Rodolphe de) de son nom GASSER, frère mineur capucin suisse du xvrre siècle, défenseur de la religion catholique contre les attaques des pro- Lestants, des hérétiques et des athées de tout genre, principalement des ministres réformés J.-H. Fäsi à Niederurnen et Cl. Schobinger, lequel avait apostasié de l’ordre des capucins, à Zurich. — Né à Schwyz, en 1647, Rodolphe Gasser entra dans l’ordre des capucins en 1667 et habita entre autres les couvents de Schwyz, Soleure et Milan. Il fut un prédicateur très estimé et exerça à plusieurs reprises la charge de gardien. 1] mourut à Schwyz le 23 février 1709.
Son premier ouvrage, et aussi le plus curieux, est Aussforderung mit aller-demütiqst geboltnem Vernunft- Trulz an alle Atheisten, Machiavellisten, gefährliche Romanen, und falsch-polilische Welt-Kinder zu einem Zwey-Kamp/ff auff dem Plan kurtzweiliger Dichtung, mit dem Schwerdl, der sonderbaren Beweissthumben : also ein Gedichle, mit Wahrheit-besprengle Historia von Philologo einem Portlugiesischen Cavalieren und Carabella einer Kayserin in China, Zug, 1686-1688, en 3 vol.in-8°, 24-1087-61 p., 16-366 et 432-22 p., 8-705-
SCHWENCKFELD (GASPARD) — SCHWYZ (RODOLPHE DE)
38 p.; Augsbourg et Inspruck, 1749, en 3 vol. in-8°. Le but poursuivi dans cet ouvrage est de prémunir le peuple, principalement les catholiques, contre les mauvais livres, qui inondaient la Suisse et les autres pays. La pensée qui domine dans tout l'ouvrage, c'est que l’homme, créé par Dieu, appartient également à Dieu, et que, par conséquent, l’unique mobile de sa vie doit être l’amour de Dieu, à l’exclusion de tout amour-propre, qui est à la base de toute hérésie et de toute corruption du cœur. A la fin de cette œuvre, l’auteur promet la publication d’un livre, qui traiterait de la miséricordieuse rédemption. Il ne paraît toutefois pas avoir tenu cette promesse, empêché probablement par son activité assidue comme polémiste.
La polémique entre Rodolphe de Schwyz et les ministres protestants J.-H. Fäsi et CI. Schobinger est pleine d'intérêt. Elle débuta avec l’ouvrage du P. Rodolphe : Ein kostbahrer Schatz. Das ist : Fünffzehn gute Ratschläg eines wahren Freunds der evangelischen Glarneren, Zug, 1695, in-8°, x-244 p., dans lequel il donne l’exposé de la vraie et de la fausse foi, accompagné de précieux conseils et soumet la doctrine et l’histoire de la réforme à un examen serré. Peu après, J.-H. Fäsi publia Sonnen-Blumen der gôttlichen Wahrheit, qui était d’abord une réplique à Die Messblum de J. Gantner, curé de Näfels, mais qui, dans un appendice, tâchait de démontrer que l’ouvrage Fünf]zehn gute Ralschläg du P. Rodolphe était sans valeur. Le P. Rodolphe ne tarda pas à répondre par un autre ouvrage : Augen-Spiegel oder Nasen-Brüllen, für den Herrn Johann Heinrich Fäsi.. Damit er bey besserer Erdaurung sehen mûge, ob die fünfjzehen Rathschläg P. Rudolphi Capucinern von Schweitz so klein, ja gar nichtig sind, Zug, 1696, in-8, viri-266 p. Ce même ouvrage du P. Rodolphe contient encore une autre réplique : Antwort über das Send-Schreiben, welches Herr Antonius Tschudi von Glarus an und wider P. Rudolphum.. in ofjfentlichen Truck abgehn lassen, Zug, 1696, in-8°, 23 p., dirigée contre Antoine Tschudi, qui avait attaqué également les ÆFünfjzehn gute Ratschläg du capucin.
Entre temps, ce même ouvrage du P. Rodolphe fut l’objet d’une attaque plus rude de la part de l’excapucin CI. Schobinger, dans Schrifftmässige Waag- Schale, darinnen der vermeinte kostbare Schatz P. Rudolphi Capucini von Schweilz denen evangelischen Landleuten Lôüblichen Cantons Glarus in X V Rathschlägen aufgetragen und die darin enthaltenen fürnehmsten Religions-Punkte heutiger Rômischer Kirchen in XV Gesprächen zu leichl auf eigener Erfahrung erfunden worden, Zurich, 1695. Le P. Rodolphe répondit à cette agression ainsi qu’à la réplique que J.-H. Fäsi avait publiée contre son Augen-Spiegel oder Nasen- Brüllen, par Der dreymahl auf] die Capellen geselzlte, das ist : Dreyfach wohl unterforschte und der Well unter die Augen gelegte Claudius Schobinger, Praedicant am Oetenbach zu Zürich... Samt einem Anhang dess ungültigen Urtheils Hrn. Fäsis über die Nasen-Brüllen., Constance, 1696, in-8°, xvi-480 p. Ce livre ne mit cependant point fin à la polémique. A. Tschudi publia encore deux écrits contre Rudolphe de Schwyz en 1696, et, cette même année, parut de la main de G. Heidinger, sous le pseudonyme de Fr. Hilarius Stauppizius, 5. inquisitionis famulus, une Neugeflochtene Zuchtruthe mit welcher P. Rudolphus... mortificiert wird, Ensuite CI. Schobinger édita, en 1699, une autre réplique : Der schlimme Alchymist, P. Rudolfj Gassert, et, enfin, en 1700, parut Lelzle Oelung für P. Rudolph de la main de J.-H. Fäsi.
Le P. Rodolphe publia de son côté : Hauptfrag. Ob in Glaubens Streiligkeiten, Richler seye das Worl- Gottes, oder die Kirch-Christi, terminé déjà en 1694, mais édité seulement en 1698, à Colmar, in-8°, 286 p.
1593 SCHWYZ Il y défend la thèse que l'Église est seule juge en matière de foi et qu’à elle seule revient le droit de déterminer et de définir les vérités à croire. En 1701, il répondit à l'écrit de J.-H. Fäsi : Lelzte Oelung für P. Rudolph. par : Wohlgegründete Ausschlagung der letzten Oelung, welche Herr Fäsi, Prädicant zu Nider- Urnen P. F. Rudolpho Capuciner aufgetragen, oder Bekräfftigung dess ungültigen Urtheils dises Prädicanten, Constance, 1701, in-8, 56 p. Ensuite, le Ῥ, Rodolphe lança son Grosser Catechismus. Das ist newe Predigen nach dem kleinen Catechismo R. P. Canisii, Lucerne, 1704-1705, en 2 vol. in-4°, xx1r1-480 et 574 p.; ibid., 1740. Il contient de courts sermons catéchistiques, dans lesquels, en quatre longs chapitres (deux par volume), la doctrine catholique est exposée par rapport à la foi, l'espérance et la charité, aux sept sacrements et aux dix préceptes divins. Le dernier ouvrage édité par Rodolphe de Schwyz est Wahrheits- Sonnen. Das ist : Die heilige Schrifft, welche mit ihren klaren Texten den uncatholischen Irrthumb vernichtet, wie die Sonnen mit ihren klaren Straklen die dunckle Nacht vertilget, Zug, 1706, in-4°, xvr-371 p. Devant le fait que les protestants en appellent toujours à la Bible dans leurs argumentations, le P. Rodolphe, dans ce livre, les suit sur ce terrain et, en dix-huit discours, rédigés en forme de dialogue, il prouve, par des textes de la sainte Écriture, la vérité de plusieurs doctrines de la religion catholique, contestées par les réformés, par exemple sur la valeur de la tradition, sur l’Église considérée comme juge en matière de foi, sur la sainte eucharistie, sur le texte original et primitif de la sainte Écriture.