SYLLABUS — SYLVIUS (FRANÇOIS
plicatio doctrinæ 5. Thomæ el confirmatio thesium ex eodem de motione primi motoris, in-4°, 1609.—3. Liber sententiarum... de statu hominis post peccalum, in-12, 1614, souvent réimprimé depuis; en 1705 un anonyme janséniste essaya de le tirer au profit de ses idées en le publiant, avec une courte préface, sous le titre : Genuina jansenistarum... circa quinque famosas propositiones doctrina, dudum jansenianas ante turbas expressa sententiis Sacræ Scripturæ et SS. Patrum; c’est un contre-sens sur la pensée de Sylvius. — 4. Pastorum instructiones a ὃ. Carolo Borromæo edilæ, 1616 et 1624, adaptation aux besoins des Églises belges des instructions pastorales de l’archevêque de Milan. — 5. Commentaria in Summam theologicam δ. Thomæ, en 4 vol. in-fol., parus à Douai de 1620 à 1635, puis une seconde fois 1622-1648 du vivant de l’auteur; on signale une editio novissima à Anvers, 1698. C’est de beaucoup l’œuvre la plus importante de Sylvius; sans aller jusqu’à dire, avec Paquot, que ce commentaire est le meilleur que l’on ait sur saint Thomas, il faut en reconnaître les singuliers mérites. L'auteur remarquant les lacunes de la Somme sur la matière de jure et justitia a consacré à cette question de très nombreuses notes. Pour ce qui est des doctrines sur la liberté, la grâce, voire la prémotion physique, il se rallie au système général des thomistes contemporains. — 6. Orationes theologicæ, in-12, 1621, il y en a treize, de contenu assez divers et qui exposent, sous forme oratoire, des questions de haute théologie. — 7. Petri Binsfeldii enchiridium theologiæ pastoralis locupletatum, 1622, réédité en 1626, 1633; Cologne, 1647; Anvers, 1679; ce qui témoigne du succès de ce très pratique manuel que Sylvius ne fit d’ailleurs que mettre au point. — 8. Libri sex de præcipuis fidei nostræ orthodoxæ controversiis, in-4°, 1638. — 9, Commentarium in Genesim, 1639; Sylvius avait entrepris un commentaire de la Bible qui n’est pas la meilleure partie de son œuvre; il a publié aussi, en 1644, le commentaire sur l'Exode; les deux commentaires sur le Lévitique et les Nombres (ce dernier inachevé) n’ont pas été publiés de son vivant. — 10. Summa conciliorum dudum collecta per B. Carranza... additionibus F. Sylvii illustrata, 1639. — 11. Resolultiones variæ, 1640, 1644, décisions de cas de conscience, généralement assez embrouillés, selon la mode de l’époque; Sylvius se rallie à un probabilisme modéré. — 12. Litteræ eximiorum DD. G. Colvenerii, Γ᾿. Sylvii et V. Rendour ad serum Leopoldum, Belgii gubernatorem, scriplæ 27 jul. 1648, quibus testantur se Jansenii doctrinam semper proscriptam voluisse, 1648, prise de position des plus nettes à l’endroit du jansénisme commençant. — Au même sujet se rattachent les deux numéros suivants : 18. Veritas el æquitas censuræ pontificiæ Pii V, Gregorii XIII et Urbani VIII super articulis 79 damnatis sive antitheses depromptæ digestæque ad mentem δ. Augustini ex luculentis commentariis G. Estii el F. Sylvii, quot ipsæ, lot raliones cur Universitas Duacena Urbanam bullam de his articulis promptissime acceptarit, 1649; il s’agit des articles de Baïus condamnés par saint Pie V, de nouveau par Grégoire XIII, enfin par la bulle In eminenti d’'Urbain VIII (1641), qui prohibait aussi l’Augustinus. 19. Epislola ad internuntium apostolicæ Sedis, écrite par Sylvius peu avant sa mort pour attirer l’attention du Saint-Siège sur le péril janséniste.
Les œuvres de Sylvius ont été réunies par le P. Norbert d’Elbecque, Anvers, 1698, rééditées à Paris, 1714, et à Venise, 1726. Les quatre premiers volumes reproduisent le commentaire de la Somme théologique, le t. vi les commentaires sur l’Écriture, le t. v donne les numéros 2, 3, 6 (complété par 14 autres discours), 8 et 10 de la liste précédente. Les simples éditions de textes procurées par Sylvius n’y ont pas été insérées.
Foppens, Bibliotheca belgica, t. 1, p. 309-317; Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des dix-sept provinces unies, édit. in-12, t. 11, p. 285-298; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. un, col. 953; Biographie nationale de Belgique, au mot Du Bois, t. νι, p. 191-195.
SYMBOLES. — Le mot σύμδολον signifie littéralement signe, indice, marque de reconnaissance. Dans le cas présent, le symbole est un signe de reconnaissance entre chrétiens : c’est une formule qui exprime, d’une facon sommaire, les vérités de la foi. Sur d’autres emplois du mot symbole, voir t. 1, col. 1660- 1661. I. Symboles, règles et professions de foi en général. II. Origines historiques des différents symboles. III. Valeur dogmatique.
I. SYMBOLES, RÈGLES ET PROFESSIONS DE FOI, EN GÉNÉRAL. — 1° En définissant le symbole « une formule qui exprime, d’une manière sommaire les vérités de la foi », on indique la raison qui incite certains auteurs à distinguer les « symboles » des « professions de foi ». Le symbole est la formule abrégée; la profession de foi, la formule plus développée. Cf. Van Noort, Tractatus de fontibus revelationis, Amsterdam, 1911, p. 130. Cette distinction toutefois est extrinsèque à la nature même des formules dogmatiques : le symbole ne se distinguerait de la profession de foi que comme un abrégé de son développement. De plus, il n’est pas inoui qu’une formule de foi qualifiée symbole soit fort longue. Voir le symbole du XIe concile de Tolède, Denz.-Bannw., n. 275-287. Il n’est donc pas étonnant que Denzinger-Bannwart renvoie des professions de foi aux symboles et étiquette sous les deux dénominations la « profession de foi tridentine », n. 994, ou encore que Hahn emploie indifféremment les termes Symbol ou Glaubensbekenntnis. Bibliothek der Symbole und Glaubensregeln der alten Kirche, 3° éd., Breslau, 1897, $ 168 sq.
29 On pourrait aussi chercher un principe de discrimination dans le but que certains assignent au symbole et à la profession de foi. En principe, le symbole serait la profession de foi exigée du catéchumène lors de son agrégation à l’Église par le baptême : d’où l’expression « symbole baptismal ». La profession de foi proprement dite serait spécialement dirigée contre une ou des doctrines hétérodoxes dont un vrai catholique doit se préserver ou qu'il doit désavouer : elle serait ainsi imposée au baptisé pour manifester son orthodoxie. Mais ici encore, outre qu’il semble difficile de compter certains symboles authentiques (l’Afhanasianum, par exemple) comme des symboles baptismaux, on est obligé de reconnaître que même le symbole baptismal peut contenir un désaveu implicite et même explicite des erreurs. Le symbole d’Épiphane et le symbole de Nicée-Constantinople en sont des exemples obvies. Et il est vraisemblable que, dans les formules plus simples qui ont préparé la formule définitive du Symbole des apôtres, des additions ont été introduites sous la pression de doctrines hétérodoxes à éliminer.
3° Pour ce qui est des « règles de foi » qu’on rencontre fréquemment chez les auteurs anciens : Ignace, Aristide, Justin, Irénée, Hippolyte, Tertullien, Origène, les Constitutions apostoliques, Novatien, Cyprien, Victorin de Pettau, l’Adamantius, Alexandre d'Alexandrie, Aphraate (voir les textes dans Hahn, p- 1-21), elles ne constituent pas des formules officielles ayant reçu la consécration du magistère. Formules vénérables sans doute, d’une incontestable utilité pour l'historien du dogme, mais qu’on doit négliger dans une étude générale sur les symboles.
49 Quant aux professions de foi et symboles proprement dits qui continuent les symboles primitifs en les complétant, le nombre en est considérable. On les