‹ Dictionnaire de thâeologie catholiqueChapitre 36 sur 148 · ÉPHREM (SAINT) - ÉPICLÈSE EUCHARISTIQUE · texte numérisé non relu

ÉPHREM (SAINT) - ÉPICLÈSE EUCHARISTIQUE

Elle (la divinité) le glorifia sur la montagne (où) elle

[apparut au dehors.

Elle l'obscurcit sur le bois (où) elle était cachée en lui. n fut glorifié sur la montagne (où) elle montra sa nature, Il prit l'apparence des morts.et mon tra(encore)sa nature, •Celle que les animaux ne virent pas et qu'il est impossible Aux anges de regarder.

Chacune de ces strophes compte onze vers en syriaque, ces vers sont en général groupés deux par deux, comme nous l'avons fait, pour constituer une phrase métrique. Chaque vers est formé ici de six ou de sept syllabes; nous en avons beaucoup plus dans la traduction parce qu'en syriaque il n'y a pas d'article et les pronoms sont de simples suffixes. Jean Maron cite la troisième strophe en faveur des deux natures et les jacobites l'ont supprimée depuis lors dans les manuscrits. Jacques d'Édesse (vii« siècle) commente d'abord ce texte comme pourraient le faire les diphysites : Voilà ce que dit ce docteur. La divinité a donné au corps qu'elle s'est uni et qu'elle a fait sien, les dons brillants et divins de sa nature (à elle) qui étaient au-dessus de sa nature (à lui) : d'être honoré chez les gentils; d'être consacré dans les Églises; d'être orné de gloire... Ce docteur montre encore deux choses, à savoir qu'autre est le corps selon sa nature et autre est la divinité selon sa nature, et ensuite qu'à cause de leur union véritable et indivisible chacun d'eux a pris ce qui appartenait à l'autre : le corps ce qui appartenait à la divinité et la divinité ce qui appartenait au corps. Mais Jacques se prête bientôt à interprétation monophysite lorsqu'il semble attribuer ■< à la nature divine » la naissance, la souffrance et la mort : C'est donc avec à propos et sans être réprchensible que ce saint docteur a transporté la séparation de l'âme et du corps, qui est appelée mort, à la divinité, qui forma Je corps pour lui servir de vêtement... Aussi on connaîtra par là comme par beaucoup d'autres paroles de ce docteur... que c'est la divinité qui se tissa un vêtement dans le sein, et le revêtit et sortit à la naissance, et apparut dans le corps en ce monde et s'en servit et parla par son moyen, et opéra notre salut. C'est elle qui souffrit pour nous, fut crucifiée et mourut. Cf. F. Nau, Lettres choisies de Jacques d'Édesse, Paris, 190G, p. 27-

Nous ne citerons pas d'autre exemple des poésies de saint Éphrem, de leur forme, de leur fond poétique «t un peu flottant, ni de l'usage que l'on peut en faire dans l'histoire des dogmes, et des interprétations fliverses auxquelles elles peuvent servir de prétexte. Les qualités poétiques : brièveté, harmonie, assonance, disparaissent dans les traductions dont la littérature ascétique seule pourra tirer grand profit.

Aux ouvrages cités plus haut ou dans le Dicliannuire de la Bible, t. ii, col. 1891, ajoutons : I^amy, Le leslnmenl de saint Êplirem le sijricn, dans Compte rendu du titialriême Congrès international de.t ralholiquca, tenu à Fribourg, du 16au20août 1807, l" section, .Scic"rp.'î;-r//V/i>u.sex, Fribourg, 1808, p. 17.'î-209 (('tudc et traduction française); Rubens Duval, /-e testament de saiil /îp/ircHi.dans le Journal axia- /I7ue, 0" série, I. xvm, scplembre-octobrc l'.IOl , p. 234- .119 (introduction, texte syriaque, traduction française et distinction des passages originaux ou interpolés); G. Carilahi, I.iber Tliesauri de aric poetica ii/rorum, Rome, 1875, p. 9-13 (notice sur Éphrem et spécimens de ses p )ésics) ; P. Bcdjan, Histoire complète l'e .Joseph par sain' fCphrem, poème en douze Hures avec la translation rï Constant inapte, Paris, 1801 ; une partie de ce poème avait déj.) été éditée, fn 1887, par le H. P. Uedjan: il semble provenir plutôt de l'école d'Édesse que <le saint Éphrem liii-mêine; Hev. Henry IJurgess, Select melrical llipiins and Jlomilies o/ liplirem .Sf/riis Iranslated jrom tlie original syriac, L(mdres, IS.SS; H. firimmc, Der Strophenlxin in dcn Gedichlen Eplireems, Fribourg, 1803; M. Duval, .Vo^es sur la poésie syriaque, dans le Journal asiatique, 0 série, juillet-août J807, t. X, p. 57-7.3.

F. Nau.

Page 1