MATIERE SACRAMENTELLE
uans tous les sacrements, les théologiens distinguent la matière d'avec ta
f™ Par la première, ils entendent le signe le r,t sensible ou l'action qui constitue le sacrement; parla seconde, les proies qui expriment I intention qu'a le ministre en faisant cette action, et l'effet du sacrement Ainsi, dans le baptême, la matière du sacrement est l'ablution, ou l'action de verser de l'eau sur le baptisé; la forme sont les paroles : Je te ban- Use, au nom du Père, etc. Si la cérémonie de verser de l'eau sur un enfant n était accompagnée d'aucune parole ce serait une action purement indifférente, qui pourrait avoir pour objet de laver cet enfant ou de le rafraîchi* mais en y ajoutant les paroles sacr mentellcs, celles-ci déterminent l'action a une fin spirituelle, et font comprendre que ce n'est plus une action profane : c'est donc ce qui donne à 1 action la forme ou la nature de sacrement.
Pour la confirmation, la matière estl imposition des mains del'évêmie, etl onction faite avec le saint-chrême; pour 1 eucharistie, c'est le pain et le vin. La pénitence a pour matière Ici actes du pénitent, c'est-à-dire la contrition, la confession et la satisfaction. Le nom même à' extrême-onction exprime quelle est la matière de ce sacrement. Pour celui de l'ordre, c'est 1 imposition des mains, et la cérémonie de mettre à la main de l'ordonné les instruments du service divin, et des Jonctions auxquelles cet homme est destiné. Dans le mariage, la matière du sacrement est le contrat que es époux font entre eux ; la forme est la bénédiction nuptiale donnée par le prêtre, du moins selon le sentiment le plus commun.
Pour plus grande précision, les
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théologiens distinguent encore la matière éloignée d'avec la matière prochaine. Par la première, ils entendent la chose sensible qui est appliquée, par exemple, l'eau dans le baptême ;
ment des Pères de l'Eglise, et il est fondé sur le récit des Actes des apôtres, c. 1, ^ 2t.
Après l'ascension du Sauveur, saint Matthias fut élu par le collège apos-
nar exemple, î eau uaiia io UU111.01U1- , ^u/»«...«» » — — r — — ^ •
U la seconde, ils entendent l'action tolique (1) pour remplir la place de Se l'appliquer, ou l'ablution, etc. Judas. Nous ne savons rien de cei
On demande si, lorsque l'Eglise ou les souverains ont établi des empêchements dirimantspour le mariage, ils ont changé la matière de ce sacrement. Il suffit de donner un peu d'attention, pour comprendre qu'ils n'ont pas plus touché au sacrement que celui qui corrompraitl'eau de laquelle on est prêt à se servir pour baptiser.
Par cette action malicieuse, il arriverait que ce qui était eau naturelle, et par conséquent matière propre au baptême, ne l'est plus et ne peut plus y servir. De même l'Eglise, en décidant qu'un contrat clandestin est invalide et nul, a fait que ce qui était contrat valide et légitime, par conséquent matière suffisante pour le mariage, ne l'est plus, ne sert plus à rien, puisque pour ce sacrement il faut, non un contrat tel quel,' mais un contrat valide et légitime, de même que pour le baptême, il faut, non de l'eau telle que l'on voudra, mais de l'eau naturelle et non corrompue.
Pourquoi, dira- 1- on peut-être, toutes ces distinctions subtiles eteette précision scrupuleuse ? Parce qu'il en est besoin, lorsqu'il s'agit d'examiner les divers défauts ou manquements qui peuvent rendre le sacrement nul, de décider si une chose tient à l'essence du sacrement, ou seulement au cérémonial accidentel, de répondre aux sophismes par lesquels les hérétiques se sont crus en droit de chan-
tain sur ses actions, ni sur les travaux de son apostolat. Les Grecs croient, sur une tradition, qu'il prêcha la foi dans la Cappadoee et sur les côtes de la mer Caspienne, et qu'il fut martyrisé dans la Colchide. Les hérétiques ont supposé sous son nom un Evangile et de prétendues traditions, mais le tout a été condamné comme apocryphe par le pape Innocent I er .
Comme les protestants se persuadent que le premier gouvernement de l'Eglise a été démocratique, et que tout s'y faisait à la pluralité des suffrages, Mosheim a imaginé que l'élection de saint Matthias fut ainsi faite ; que, dans le f 26 du premier chapitre des Actes, au lieu de ces mots, on jeta le sort sur eux, ou on les tira au sort, il y a dans le grec, on reçut les suffrages. Mais outre que le grec y.?-T,poî n'a j amais signifié suffrage, ce sens serait 'contraire au f 24, où les apôtres disent en priant Dieu :
Seigneur, montrez vous-même quel est celui des deux que vous avez choisi.
On sait que, suivant l'opinion commune des Juifs, le sort était un des moyens de connaître la volonté de Dieu. « On jette les sorts, dit Salo- » mon, mais c'est le Seigneur qui les arrange. » Prov., c 10, } 33. On ne pensait pas de même des élections faites à la pluralité des suffrages.
Mosheim, Ilist. Christ., sœc A, § 14- (2).
Bergier.
MATTHIEU (saint), apôtre et évan-
ger à leur gré les rites et les paroles géliste, était Galileen de naissance, dont l'Eglise se sert pour administrer juif de religion, et publ
i rr I?~„,.~ fr.ec,r\n Tf>« Plltrp* PVan
es sacrements. Voyez Forme.
Bergier.
MATINES. Voy. Heures canoniales.
MATTHIAS (saint), apôtre. On ne peut guère douter que ce saint n'ait été un des soixante et douze disciples ,1e Jésus-Christ, qui écoulaient assilùment sa doctrine, et furent témoins le toutes ses actions; c'est le senti-
......icain de profession. Les autres évangélisles l'appellent simplement Lcvi, qui était son nom hébreu; pour lai, il se nomme toujours Matthieu, qui parait être un
111 Voyez les cotes sur l'article Juridiction.
1 ' ' Gousset.
(2) Celui (mi a étudié sérieusement le droit canon ne fait pas difficulté de reconnaître que le mode d'élévation aiu dignités ecclésiastiques, île droit commun, eït l'éleelion par le clergé et le peuple.
Ls Nom.
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ce sentiment n est pas probable mm SèbÏ^int /-^" 6 ' SaiDt Irénée > E «-
seoe saint Jérôme, saint Epiphane Iheodoret, et tous les anciens Pè 4' assurent positivement que rÈvan'ae'
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Pun^et I r 1 "^ '" ;,is lcs a,Ite ^ Je l une et de 1 autre sont inconnus.
mi, Calvin, Ligfoot, Le Clerc ef
ce Ï di ft CCnvit ? a » rec - et ie ce au on dit de son prétondu original hébreu est faux. Mail les raisons f S
MAT
1 autre altéré par les ébionites et qui n'avait plus aucune aSité ç-mme nous le dirons ci- aPr è s 2 J L on convient que la langue grecaue
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y panait 1 hébreu mêlé de chaldaïaue et de syriaque. Saint Paul, arrêté dans le temple de Jérusalem, harangua ?e peuple en hébreu; Act., c 21 V 1
ve a rs P r P t hl ' aSe d ; 0nké, '> s . composée vers ] e t de f o
celle de Jonathan, faite peu de emns après, sont dans cette même laS
f^S-adoncpuTcrirS ceux d entre les juifs convertis on
navatentpas l'usage du g, ec qiU à H va dans son Evangile dp* noms hébreux expliqués ëi! grec mais cela ne prouve rien, sinon^aue' le traducteur était grec et PorStuSî
testament cites par s«jM Matthipu i y en a sept qui sont plu? aZ£ chants du texte hébreu que delà version des Septante; et s? Tes trot autres sont plus conformes au gre?
Passes ï- /T , t Ui " nième ' danî « tPTit h !' e f Ctement conforme au texte hébreu. S» Quoique l'original
SrdTi n?"'"'*" soi ' actuellement perdu, il ne s'ensuit pas qu'il n'a
C*iî- eXI8 ? é ; !? raiso " Pour laquée les églises le négligèrent peu à peu,
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pas écrit en hébreu. A quoi sert d'opposer des raisonnements et des conjectures au témoignage formel des anciens, en particulier d'Origéne et de saint Jérôme, qui entendaient l'hébreu, et qui étaient capables d'en juger?
On ne peut pas douter qu'il n'y ait eu dès le premier siècle un Evangile écrit en hébreu, qui a été nommé dans lasuite l'Evangile des Nazaréens, selon les Hébreux, et qui a encore eu d'autres noms. Or, il n'y a aucune preuve que cet Evangile ait été dans l'origine différent de celui de saint Matthieu; mais comme il avait été interpolé et altéré par les ébionites, les chrétiens orthodoxes ne voulurent plus s'en servir. Les Nazaréens en avaient communiqué un exemplaire à saint Jérôme, qui prit la peine de le traduire; il ne l'aurait pas fait, s'il y avait eu une opposition formelle ou des différences considérables entre cet Evangile et celui de saint Matthieu.
Le dessein principal de cet évangéliste était de montrer aux Juifs que Jésus-Chrisl est le Messie promis à leurs pères ; conséquemment il prouve, par la généalogie de Jésus, qu'il est descendu de David et d'Abraham; que, par ses miracles, par sa naissance d'une vierge, par ses souffrances, il a vérifié en lui les prophéties, et qu'il a été revêtu de tous les caractères sous lesquels les prophètes avaient désigné le Messie.
Mais les incrédules accusent saint Matthieu d'avoir appliqué faussement à Jésus-Christ plusieurs prophéties qui ne le regardaient point. Avant de les examiner en détail, nous devons observer qu'il n'est pas nécessaire qu'une prophétie ait désigné directement et uniquement le Messie, pour que les évangélistes aient eu droit de lui en faire l'application. C'était chez les Juifs un usage établi d'appliquer au Messie, dans un sens figuré et allégorique, plusieurs prédictions, qui, dans le sens littéral, désignaient d'autres personnages. Saint Matthieu, qui écrivait principalement pour les Juifs, était donc en droit de suivre la tradition établie parmi eux, et de donner aux prophéties le même sens
qu'y donnaient leurs docteurs; c'était un argument personnel auquel ils ne pouvaient rien opposer. Voy. Allégorie, Sens mystique, Type, etc. Mais nous soutenons que la plupart des prophéties, que les évangélistes ont entendues de Jésus-Cbrist, le regardaient littéralement, directement et uniquement, et nous allons le prouver à l'égard de saint Matthieu en particulier.
Au mot Bethléem, nous avons fait voir que la prédiction du prophète Miellée, chap. 5, f 2; au mot Emmanuel, que celle d'Isale, chap. 7, f 17, désignent le Messie dans le sens propre et littéral ; au mot Nazaréen, nous prouverons que ce terme, dans quelque sens qu'on le prenne, lui convient parfaitement, et qu'il lui est attribué par les prophètes. Saint Matthieu n'a donc pas eu tort de prétendre que ces trois prophéties regardaient Jésus-Christ.
En parlant du retour de la sainte famille d'Egypte dans la Judée, c. 2, $ 15, il dit que cela se fit pour accomplir ce qui a été dit par un prophète, j'ai appelé mon Fils de l'Egypte. Ces paroles du prophète Osée, cl i, ^ 1, regardent directement la sortie de3 Israélites de l'Egypte. Aussi saint Matthieu ne dit point qu' elles aient été accomplies dans cette seule circonstance. Galatin, 1. 8, c. 4, fait voir que les anciens Juifs ont appliqué , comme saint Matthieu , cette prédiction au Messie ; c'est donc sur leur tradition que l'évangéliste s'est fondé.
Ibid., f 18, il entend du massacre des innocents, ce qu'on lit dans Jérémie, c. 31, $ 15 : « On a entendu de » loin une voix de douleur dans » Rama; ce sont les eus et les gémisn sements de Rachel qui pleure ses » enfants, etc. » Or, ce prophète parle des gémissements de la Judée au sujet de ses habitants conduits en captivité. Mais cela n'empêche point que cet événement n'ait pu être regardé comme une figure de ce qui arriva au massacre des innocents : eu donnant ce second sens aux paroles du prophète, saint Matthieu n'exclut pas le premier.
Quant à la prédiction d'Isaïe, chap. |
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