‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 173 sur 536 · ADORATION PERPÉTUELLE. -I. Origine. II. Diverses formes · texte numérisé non relu

ADORATION PERPÉTUELLE. -I. Origine. II. Diverses formes

L'adoration perpétuelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie est fondée sur la croyance des catholiques à la présence réelle. Voir Eucharistie. Cette dévotion est une manifestation de cette croyance en même temps qu'une preuve vivante de la piété que ce dogme inspire aux fidèles. Elle montre donc comment la présence réelle est en harmonie avec les aspirations du cœur de l'homme et quelle action elle exerce sur les masses populaires.

I. Origine. — La pratique de l'adoration perpétuelle se lie intimement à celle des quarante heures, dont elle n'est, au fond, que le développement.

C'est en 1534, à l'époque où les protestants multipliaient leurs sacrilèges attaques contre l'auguste sacrement de nos autels, que le père Joseph, capucin, connut le projet de répondre à ce surcroit d'outrages par un redoublement d'amour. Dans sa pensée, les chrétiens devaient rendre à Notre-Seigneur un tribut particulier d'hommages pendant quarante heures consécutives, en souvenir des quarante heures qui s'écoulèrent depuis le moment où son divin corps fut élevé sur la croix, jusqu'à celui de sa résurrection glorieuse. L'eucharistie n'estelle pas, suivant l'expression même de notre Sauveur, le mémorial de sa passion? Le Saint-Sacrement serait donc exposé solennellement pendant ce laps de temps; des prédications spéciales et tout un ensemble d'exercices pieux disposeraient les fidèles à s'acquitter, aussi dignement que possible, d'un double devoir à l'égard de leur divin Maître : l'adorer avec plus de ferveur dans le sacrement de son amour; et, en réparant les injures faites à sa majesté, apaiser la colère de Dieu irrité par les crimes des hommes.

Ces prières et ces touchantes cérémonies furent fixées d'abord (comme c'est encore l'usage à notre époque), aux trois jours qui précèdent immédiatement le carême.

L'expiation et l'adoration convenaient, de préférence, à ces jours que les gens du monde emploient trop souvent en divertissements coupables, au milieu des folies du carnaval. Par ce coté, cette pratique si louable se rattache à celles de l'antique Église qui, dès le Ve siècle, avait établi des supplications solennelles pour réparer les excès commis à l'occasion des saturnales et de quelques autres fêtes profanes, derniers restes du paganisme.

La pensée du père Joseph fut accueillie avec un véritable enthousiasme. A Milan, où elle fut d'abord exprimée, les fidèles accoururent en foule, apportant à l'envi, en grande quantité, des cierges ou de l'huile pour le luminaire, et des étoffes précieuses pour l'ornementation des autels.

De Milan, cette dévotion se répandit en Italie, où elle devint rapidement populaire. L'apotre de Home, saint Philippe de Néri, l'introduisit dans la capitale du monde chrétien, et elle fut successivement enrichie d'indulgences nombreuses par les papes Pie IV, Clément VIII et Paul V, qui s'efforcèrent de la propager dans l'Église entière.

IL Diverses formes. — La piété des fidèles ne se | contenta plus, bientôt, de faire une seule fois par an,

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