C. Sommervogel
ADREVALD, moine de Fleury, vécut dans leixe siècle. On ne sait rien de sa vie et on place la date de sa mort vers l'an 879. Outre ses récits de la Translation et des miracles de saint Benoit et sa vie de saint Aygulpho, Adrevald composa un traité De corpore et sanguine Christi,où il réfute les assertions erronées de Jean Scot. Cet opuscule, dont nous n'avons peut-être qu'une partie, est une suite d'extraits des ouvrages des Pères, principalement de saint Jérôme, de saint Augustin et de saint Grégoire. Il fut publié pour la première fois par dom d'Achery dans le douzième volume (1675) de son Spicilegium. On trouvera tous les ouvrages qui nous restent d'Adrevald dans la P. L., t. cxxxiv.
Hist . litéraire de la France, t. v, p. 515 ; dom Ceillier, Hist. des auteurs ecclésiastiques, 2" édit., Paris, 1862, t. XII, p. 629; Ziegelbauer, Historia rei litterarise ord. S. Benedicti, t. iv, p. 26, 70,125, 421; Patrol. lat., t. cxxiv, col. 899; de Certain, Les miracles de S. Benoit, 1858, Introduction, p. xn.
B. Heurtebize.
ADRIAENSZ ou ADRIANSSEN Cornélius. Corneille Brauvver, né à Dordrecht, en 1521, fils d'Adrien qui, après la mort de sa femme, devint prêtre et fut curé dans cette ville. Corneille étudia d'abord chez son père, surtout le latin, le grec et l'hébreu; devenu prêtre, il vint étudier à Bruges, sous Cassander, et lui succéda brillammentpendant quelques années. Admis dans l'ordre de saint François, il fit son noviciat à Dordrecht, en 1 5 i8 ; revint à Bruges, en 1549; fut nommé, en 1563, gardien du couvent d'Ypres; en 1566, il fut rappelé à Bruges; il y devint gardien, trois fois, suivant le nécrologe du couvent, deux fois seulement, d'après d'autres manuscrits du même lieu. Ryhove et les gueux ayant pris Bruges, en 1578, le persécutèrent, et, en 1579, vendirent le couvent qui fut rasé. Adriaensz, caché et entretenu par les fidèles, continua son apostolat et mourut le 14 juillet 1581. Triomphalement inhumé à l'hôpital Saint-Jean, son corps y fut retrouvé intact en 1615, solennellement transféré dans la nouvelle église des franciscains, et déposé près de l'autel majeur, du cùté de l'épitre. Théologien distingué, il brilla surtout par sa science des langues sacrées; ses succès oratoires; sa direction ascétique où il recommande le célibat et les mortifications corporelles; les vives polémiques qu'il soutint contre les erreurs de son temps, surtout contre celles de Cassander, d'Érasme et du protestantisme naissant. La portée théologique de ses œuvres est surtout polémique et ascétique. On a de lui deux ouvrages écrits en ilamand : 1° Den Spieghel van den thien geboden (miroir des dix commandements), in-12, Bruges, 1554,
ADRIAENSZ — ADRIEN Ier
US
— 2° De seven sacramenten nytgheleyt ende openbserhyck te Brugge ghepreeckt by Br. Cornelis van Dor-
dreclU (série de sermons sur les sept sacrements, prêches à Bruges, chez Jean vanden Buerre, Bruges, in-8°, fig.
— Sa réponse aux lettres de Stephanus Lindius dont nous allons parler est encore inédite. D'après Goethals, iv, 64, elle était, au siècle dernier, en possession du chanoine Nollet; c'était vraisemblablement une copie : l'original devait se trouver au grand couvent des franciscains de Bruges. •
Deux volumes de sermons (sermoonen) ont été publiés sous son nom à Bruges, en 1506 et en 1569, mais ils ne sont pas de lui. Il lui ont été imputés pour le décrier. En voici les preuves : 1° De Neuter, éditeur du premier volume, était ennemi personnel et confessionnel d'Adriaensz; Hubert Goltzius et Jean de Casteel, éditeurs du second, étaient des hérétiques acharnés contre lui. — 2° De 1560 à 1570, ces trois hommes, surtout Jean de Casteel, dans deux lettres publiées sous le pseudonyme de Stephanius Lindius, mirent tout en œuvre pour le diffamer par toutes sortes de libelles et de pasquinades. — 3° Les expressions grotesques et souvent obscènes de ces prédications prouvent à l'évidence leur but diffamatoire, et les rendent impossibles dans la bouche d'un prédicateur toujours populaire et vénéré comme un saint par une population très catholique. — 4° Adriaensz, dans sa réponse à Lindius, 18 oct. 1567, se disculpe d'une façon péremptoire. L'immoralité que lui attribuent la plupart des bibliographies protestantes est donc une calomnie; car elles s'appuient uniquement sur van Meteren, souvent partial et inexact par esprit sectaire et qui avoue avoir basé ses assertions sur les sermoonen. Tout montre qu'il était au contraire un homme recommandable. Les savants, contemporains d'Adriaensz, le tiennent en haute estime : tels sont Vorhorn (f 1563); van Mander (f 1606); Valère André (f 1656) et Antonius Sanderus (-f 1664); tous louent surtout son invincible modération d'âme. Ses confrères ne l'honorent pas moins : il fut nommé gardien à Ypres, et le devint deux ou trois fois à Bruges. Ses funérailles furent un triomphe populaire. Enlin ses vertus sont célébrées dans trois épitaphes, l'une dans l'église des frères mineurs, l'autre à l'hôpital Saint-Jean, la troisième sur sa tombe. Sa doctrine, son éloquence et son zèle expliquent les tentatives contre sa réputation, et sont, pour l'histoire impartiale, son plus beau titre de gloire.
Van Meteren, Belgische ofte Nederlanhche Historié, Delft, 1599; Ant. Sander, De Brugcnsibuseruditionis fama Claris, in-12, Anvers, 1624, p. 25-26; et Flandria illustrata, in-fol., Cologne, 1641, t. I, p. 208; J.-F. Foppens, Bibliotheca belgica, in-4°, Bruxelles, 1739, p. 191-192; Goethals, Lectures relatives à l'histoire des sciences en Belgique, in-80, Bruxelles, 1838, t. iv, p. 67-76 ; de Feller et Perennès, Biographie universelle, in-8% Besançon, 1844, t. I, p. 73; .lanssen, De Kerkhervorming te Brugge, Hotterdam, 1856, t. r, p. 106; F. Servais Dirks, récollet, Histoire littéraire et bibliographique des frères mineurs de l'observance de siint François, en Belgique et dans les Pays-Bas, in-8% Anvers, 1885, p. 104-112.
U. Bamts.
ADRI ANSSTES. On désigne sous le nom d'adrianistes une secte protestante que l'on rencontre aux Pays-lias au xvie siècle; elle tire son nom de son chef Adrien Hamstedius qui naquit à Dordrecht en 1524, et mourut à Bruges en 1581. Cette secte est assez peu connue et il est difficile de savoir avec précision ce que croyaient et ce que voulaient ses adeptes; en somme elle se rattachait à l'anabaptismc. Klle prétendait s'élever à une haute spiritualité; mais son faux mysticisme et son ascétisme exagéré conduisirent, comme il arrive toujours, à des mœurs plutôt relâchées, La secte des adrianistes se recruta surtout parmi les femmes. Il faut d'ailleurs apporter une certaine réserve dans le jugement qu'on prononce sur les adrianistes; on sait en effet combien facilement fut prodiguée L'accusation d'immoralité contre
les sectes dont on se défiait particulièrement, accusation souvent difficile à prouver, surtout dans des cas, comme celui-ci, où fort peu de documents ont subsisté.
A. Baudiullart.
ADRSANSSEN Cornélius, voir Adriaensz.
\. ADRBEN 1er, pape, successeur d'Etienne III, élu le 1er février 772, mort le 25 décembre 795. Il appartenait à une noble famille romaine et devait son excellente éducation à son oncle Théodote, consul et duc, et plus tard primicier. Homme de carrière, il avait été ordonné sous-diacre par le pape Paul, diacre par Etienne III, et s'était familiarisé au Latran avec le maniement des affaires. A la politique vacillante de son prédécesseur, il substitua une remarquable continuité de vues et un grand esprit de suite. Durant un règne de près de vingt-quatre ans, il demeura toujours fidèle à l'alliance franque, la plus capable de lui valoir de sérieux avantages en Italie, et à l'entente cordiale avec Charlemagne.
A Borne, dès le jour de son avènement, il rappela d'exil les personnages que le chambellan Paul Afiarta, dévoué aux intérêts lombards, avait fait éloigner. Afiarta lui-même, honorablement écarté de Borne sous prétexte d'ambassade auprès du roi Didier, fut retenu ensuite prisonnier à Ravenne par ordre du pape comme coupable de divers crimes et exilé à Constantinople. Si Afiarta, au lieu d'être envoyé en Orient, fut exécuté à Bavenne, en punition de ses méfaits, la responsabilité en revient à l'archevêque de Bavenne qui suivit ses vues particulières. Jaffé- Wattenbach, Regesta pontificum Roman., Leipzig, 1885, n. 2399. Pendant tout le pontificat l'ordre ne cessa de régner à Borne qu'Adrien sut embellir et défendre contre une invasion lombarde.
Sa politique extérieure, couronnée de succès, a fait de lui, après Etienne II, le second fondateur de l'Etat pontifical. Bepoussant toutes les demandes d'entrevue de Didier, roi des Lombards, évitant avec soin de couronner les fils de Carloman, frère défunt de Charlemagne, il noua avec ce dernier prince des relations amicales et invoqua son secours pour arrêter les envahissements de Didier et le forcer à exécuter les engagements pris envers le Saint-Siège. Charles passe les Alpes en 773, défait les Lombards, met le siège devant Pavie où s'était enfermé Didier, et vient à Rome célébrer la fête de Pâques (2 avril 774). Le 6 avril 774, le roi des Francs renouvelle la donation de Pépin dont Adrien fait lire à Charlemagne la teneur. L'étendue de cette donation n'est connue que par le texte de la vie d'Adrien, d'après lequel le roi aurait promis au pape le duché de Spoléte, la Toscane, la Vénétic, l'Istrie, la Corse, le duché de Bénévent et de notables agrandissements de l'exarchat : Parme, Beggio, Manloue, Monselice. Avec le duché de Rome, la l'enlapole, et l'exarchat de Bavenne comprenant les cités déjà cédées du moins en droit par le roi lombard en 756, ces territoires eussent constitué un Etat considérable, capable de faire contrepoids au royaume de l'Italie septentrionale. Mais le fait même de la donation ainsi comprise n'est pas hors de contestation. Dans l'introduction au Liber pontificalis, M. Duchesne a plaidé l'authenticité de la donation et cherche à en établir au moins la possibilité et la vraisemblance, Il reste néanmoins des raisons très graves de douter. Le biographe insinue que la donation de Charlemagne, telle qu'il la reproduit, est rédigée conformément à la promesse de donation faite par Pépin à l'occasion du voyage d'Etienne II en France, à Kiersy, ml instar anterioris. Or, la conduite de Pépin prouve jusqu'à l'évidence qu'en 75'f et en 756 il n'avait fait que garantir au Saint-Siège Le duché de Home en y ajoutant la Pentapole et l'exarchal de Ravenne, qu'il reprit aux Lombards et ne rendit pas à L'empire d'Orient. Le biographe commet une autre erreur, probablement volontaire, dans l'énumération des territoires que Churle-
ADRIEN Ier
magne promet au Saint-Siège. Il est difficile de croire que Charlemagne au mois d'avril ait promis de dépecer un royaume dont il prévoyait sûrement l'annexion prochaine à ses autres domaines. De plus, Charlemagne à aucun moment de sa vie n'agit envers le pape comme un prince qui aurait des obligations et Adrien qui dans sa correspondance le fatigue de réclamations au sujet, tantôt d'une ville, tantôt d'un territoire, qui lui rappelle si fréquemment l'entrevue et la convention de 774, ne mentionne pas dans le détail les engagements à la fois si précis et si étendus que le roi franc selon la donation aurait contractés près du tombeau de saint Pierre. Il est infiniment probable que le biographe d'Adrien s'est rendu coupable d'une supercherie en donnant un corps à quelques promesses vagues de Charlemagne et qu'il a volontairement confondu les droits de propriété que les papes revendiquaient sur des patrimoines en Tuscie, dans le pays de Bénévent, en Corse et ailleurs, avec les droits de souveraineté sur les régions où étaient situés ces patrimoines. La donation de Charlemagne, en tant qu'elle est représentée par le texte de la vie d'Adrien, tout comme la fausse donation de Constantin qui est aussi de la seconde moitié du vine siècle, n'est probablement qu'une tentative, un moyen d'insinuation pour amener le prince franc à constituer un solide État pontifical. — On ne saurait affirmer d'une manière absolue que la fausse donation de Constantin soit du temps même d'Adrien, mais une lettre d'Adrien à Charlemagne, Jaffé, ibid., n. 2423, proposant à ce prince l'exemple de Constantin, semble prouver que dès le temps d'Adrien il régnait ou du moins il se formait à Rome un courant d'idées propice à la confection du document.
Ce n'est donc pas en vertu d'une donation générale, une fois faite, que le pape Adrien est parvenu à créer l'État pontifical, c'est par une série de concessions gracieuses obtenues de Charlemagne, dont la plus importante remonte au mois d'avril 774, et par la restitution ou l'échange d'anciens patrimoines dont l'Église avait gardé les titres de propriété. Après la chute de Pavie (30mai-2juin 774), Charlemagne fait rendre à l'exarchat de Ravenne les cités de Commacchio, Ferrare, Faenza, Imola et Bologne. Mais il fallut que le pape disputât ces villes et l'exarchat lui-même à l'archevêque de Ravenne qui se considérait comme le successeur de l'empereur d'Orient à Ravenne, au même titre que le pape l'était dans le duché de Rome. Il ne semble pas que Charlemagne invoqué de part et d'autre eût donné tort sans hésitation à l'archevêque, ce qui démontre bien le cas qu'il convient de faire de la donation de 774. Jaffé, ibid., n. 2408, 2415, 2416. Il est à croire que l'archevêque renonça à ses prétentions avant de mourir (777 ou 778) comme le firent certainement ses successeurs. — Le séjour de Charlemagne à Rome en 781 fut l'occasion de nouveaux remaniements : le pape abandonne Terracine, mais reçoit en toute souveraineté la Sabine où il n'avait eu jusqu'alors que des patrimoines. La Sabine fut ainsi détachée du duché de Spolète auquel le pape dut renoncer, malgré que ce duché se fût soumis à Adrien avant l'arrivée du roi franc en 774. — Quant à la Toscane et au pays de Bénévent, mentionnés dans la prétendue donation, Adrien n'en eut jamais la possession, mais en 787, lors d'un nouveau voyage de Charlemagne à Rome, l'État pontifical s'arrondit du côté de la Toscane (Tuscie), de Viterbe, Orvieto, Soana, des territoires de Rosellae et de Populonia, et du côté de Bénévent et Naples de toute la rive gauche du Liris avec les cités de Sora, d'Arpine (d'autres villes cédées au pape ne lui furent jamais remises). Ainsi se trouvait constitué l'État pontifical, tel à peu près qu'il a subsisté à travers de nombreuses vicissitudes jusqu'au XIXe siècle.
Aucune constitution ne définissait les droits d'Adrien et de Charlemagne dans l'État pontifical. Le pape tendait
DICT. DE THÉOL. CATHOL
à s'attribuer une pleine souveraineté. Charlemagne se réservait certains droits à titre de patrice des Romains, et les exerçait, non sans soulever fréquemment les réclamations du pape. Adrien n'a pas la libre direction de sa politique extérieure. Cette politique est entièrement dirigée par Charlemage. De même le roi des Francs, par ses missi ou représentants, exerce un droit de juridiction supérieure qu'Adrien ne conteste pas, mais qu'il s'efforce de restreindre, demandant que ses subordonnés ne s'adressent pas directement au tribunal du roi, mais seulement en appel ou en dernière instance, et que les représentants du roi accomplissent dans Rome même et sous les yeux du pape leur mission de juges. Mais le pape conserve l'administration intérieure de son État : il décrète les lois (Rome n'est pas gouvernée par les capitulaires), il nomme les juges, recrute ses troupes et bat monnaie. Les conflits furent toujours résolus à l'amiable entre Adrien et Charlemagne, sans qu'ils aient cherché à préciser leurs droits respectifs par voie constitutionnelle.
Adrien Ie1' mit à profit ses relations cordiales avec Charlemagne pour renforcer l'influence de l'Église romaine sur l'Église franque : il conseille au roi de réorganiser les circonscriptions métropolitaines, il envoie des palliums aux métropolitains, Jaffé, ibid., n. 2410, 2475, et accorde à Wilchair de Sens des pouvoirs étendus concernant la portion occidentale de l'empire franc; il engage Charlemagne à promouvoir les réformes commencées naguère en Gaule et notamment l'unification de la liturgie gallicane et de la liturgie romaine; à cet effet, il envoie au prince un exemplaire du sacramentaire grégorien. Jaffé, ibid., n. 2472. Dès le séjour du roi à Rome en 774, il lui avait remis la collection de canons de Denys le Petit. Jaffé, ibid., n. 2404. Charlemagne s'en inspira dans bien des capitulaires (capit. du 23 mars 789), mais ne donna jamais force de loi dans l'Église franque à l'ensemble de la collection. Plus d'une fois le pape eut lieu de rappeler au roi certaines prescriptions disciplinaires, notamment celle qui interdit aux évêques de porter les armes, Jaffé, ibid., n. 2472, et de défendre contre l'ingérence des représentants du roi l'élection de l'archevêque de Ravenne. Sur d'autres points, il ne semble pas que le pape ait fait de grands efforts pour obtenir du roi l'abandon de pratiques funestes à l'Église. Ainsi, Charlemagne continua de disposer librement des évèchés de son empire, comme l'avaient fait Charles Martel et Pépin le Bref. En 803, il établira la liberté des élections, comme l'en avait prié Adrien, mais la pratique ne sera jamais bien conforme à la théorie. Toutefois, il est inexact que le pape lui ait jamais reconnu formellement sur les sièges épiscopaux du royaume un droit de nomination et d'investiture. Le récit d'après lequel Adrien dans un synode romain lui aurait accordé ce droit et celui d'élire le titulaire du saint-siège est d'origine trop tardive pour n'être pas suspect et n'a été imaginé que par un partisan des prétentions impériales, peut-être sous le règne d'Otton Ier. Le récit se trouve dans la chronique de Sigebert de Gemblours, Monumenla Germanise, Scriptores, t. vin, p. 393. De là est venue la mention du Privilegium Hadriani pro Carolo qui a passé de la Panarmie d'Yves de Chartres dans le décret de Gratien, c. xxn, dist.
L'affaire théologique la plus importante du règne d'Adrien Ier fut celle du culte des images. L'impératrice Irène, régente de l'empire d'Orient pour son fils mineur Constantin VI, proposa au pape de réunir un concile pour restaurer le culte des images. Le pape accueillit avec effusion ces ouvertures, approuva le dessein de concile, et envoya à Constantinople comme légats l'archiprêtre Pierre et un personnage de même nom, abbé du monastère de Saint-Sabas. Dans sa lettre, Jaffé, ibid., n. 2448, il blâme l'élévation de Tarasius, un laïque, sur