ADRIEN DE CORNETO, ainsi nommé du lieu
de sa naissance. Envoyé par Innocent VIII comme nonce en Angleterre et en Ecosse, il gagna les bonnes grâces du roi Henri VII et fut nommé évêque d'Hereford, puis transféré de ce siège sur ceux de Bath et de Wels. Alexandre VI le rappela à Borne et le créa cardinal en 1503. Pour échapper à un complot qu'on accuse ce pape et César Borgia, son fils, d'avoir tramé contre lui dans le but de s'emparer de ses richesses, il se réfugia à Trente. Il revint à Rome sous Léon X, mais fut impliqué dans la conspiration du cardinal Petrucci contre Léon, Il s'enfuit de nouveau et on n'a jamais su où il alla, ni ce qu'il devint. Il a composé, d'après les grands docteurs de l'Église, un traité de la religion qui a pour litre : De vera philosopha, Cologne, 1548; Borne, 1775. Cet ouvrage est écrit avec élégance et beaucoup d'érudition. Mais Adrien s'est surtout fait un nom dans les belleslettres, en particulier par son traité De sermone latino et modis latine loquendi, Borne, 1515.
Feller, Biographie universelle, Paris, 1867 ; Hurter, Noûienclator literarius, Inspruck, 1899, t. iv, col. 94'J.
A. Vacant.
10. ADRIEN DE NANCY, capucin, né à Nancy et décédé à Neufchateau, le 11 décembre 1745, après avoir été prédicateur, lecteur de théologie, définiteur, gardien de plusieurs couvents et custode de la province de Lorraine. Ses ouvrages théologiques sont l'écho de son enseignement. 1° Liber argumenlationum super prsecipuas théologies difficultates, 2 in-12, Bamberg, 1729. On y trouve la solution d'objections sur l'ensemble de la religion. Divisé en quatre parties comme les Sentences de Pierre Lombard, ce livre contient le même nombre de titres et de conclusions que cet ouvrage célèbre. Les dogmes, niés par les hérétiques, ou les opinions d'école, notamment celles qui divisent les thomistes et les scotisles, y sont exposés selon la méthode de l'argumentation scolastique. Après l'énoncé de la conclusion, le sens en est expliqué, s'il est besoin, les preuves sont brièvement indiquées, enfin les objections sont longuement discutées. Le théologien se montre exact dans la doctrine, judicieux dans le choix des preuves, profond et subtil dans les distinctions et constamment fidèle aux règles de la dialectique. — 2° Analysis theologiœ in très parles divisae, juxta communiorem doclorum ordinem, méthode) compendiosa, in-8°, Nuremberg, 1742. Les points essentiels de la théologie positive, dogmatique et morale, et même de l'histoire ecclésiastique y sont résumés en vingt traités, dont quelques-uns comptent à peine une ou deux pages. La doctrine de l'Église est nettement opposée aux erreurs des hérétiques. Dans les questions controversées, le capucin est ordinairement scotiste; cependant, il s'écarte parfois des sentiments du docteur subtil; en morale, il est probabilioriste. Nous avons encore du Père Adrien deux petits volumes de piété' et d'édification : 1° Éloge historique de l'illustre martyr saint Élophe, avec une Méthode ou pratique de piélé pour l'instruction et la cotisolation des pèlerins qui visitent le tombeau de saint Élophe et les lieux qu'il a sanctifiés par son martyre, in-12, Nancy, 1721; 2° Exercices spirituels et pratique continuelle de l'imitation de Jésus-Christ en faveur des personnes dévotes et religieuses, particulièrement des enfants de saint François, in-12, Luxembourg, \TS3. Ca\met, Bibliothèque lorraine, Nancy, 1751, p. 22, dit que le Père Adrien s'était « rendu célèbre par ses ouvrages de philosophie », et Michel. Biographie historique etgénéalogiquedeshommes marquant de l'ancienne province de Lorraine, Nancy, 1829, p. 12, ajoute que son ordre conserva cesouvragesjusqu'à la Bévolu tion et qu'ils disparu rent vers celte époque. Chevrier, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres de Lorraine, Bruxelles, 1754, t. Il, p. 199; E.MangenM, Le B. P. Adrien de Nancy, capucin, dans la Lorraine artiste, Nancy, 1889, p. 199-201,216-219.
E. Mangenot.