ADULTÈRE (L') EMPÊCHEMENT DE MARIAGE — ADVENTISTES
deux à l'homicide, soit par conseil, soit par ordre, soit par coopération physique : ce n'est pas assez dune simple ratification, une fois le crime accompli. Il est requis, en second lieu, que l'homicide soit consommé, c'est-à-dire que mort s'ensuivre. Décrétai., 1. III, tit. xxxin, c. 1. 11 faut, troisièmement, que le crime ait été commis en vue de pouvoir convoler ensuite, et non pas simplement pour vivre dans L'adultère avec plus de liberté. La raison de cette troisième condition provient de ce que l'empêchement a été établi afin que les époux ne s'entr'égorgent pas dans l'espoir de contracter un nouveau mariage qui leur sourit. En quatrième lieu, le crime doit être perpétré, comme nous l'avons dit plus haut, par les deux amants.
3° Adultère et conjugicide. — Le troisième cas comprend l'adultère compliqué de conjugicide. Après un ou plusieurs adultères qualifiés, l'époux infidèle et son complice tuent effectivement le conjoint qui les gêne et cela avec intention de se marier ensemble. Dans le cas précédent, cette intention devait exister chez les deux coupables; ici, c'est assez qu'on la trouve chez l'un des deux. La différence s'explique d'elle-même : le crime de conjugicide est plus significatif, lorsqu'il est précédé de l'adultère que lorsqu'il manque de cette circonstance. Nous disons « précédé », c'est à dessein; au lieu que dans le premier cas, nous avons fait observer qu'il n'importait en rien que l'adultère précédât ou suivît la promesse, le droit requiert en l'espèce que l'adultère soit commis avant le meurtre de l'époux offensé. C'est là une vérité évidente que les législations positives énoncent afin de ne laisser subsister aucun doute dans les âmes.
4° Question : Est-il nécessaire de connaître l'empêchement pour l'encourir"? — Ce qui motive cette question, c'est la similitude du cas avec celui des irrégularités ex delicto, dont on n'est pas atteint quand on les ignore. A la vérité, l'assimilation ne peut s'établir parfaitement, car l'irrégularité revêt un caractère pénal, tandis que l'empêchement rend inhabile à contracter. Cependant, Mar Gasparri, ibid., n. 658, soutient qu'il a aussi quelque chose de criminel et de répressible. D'où la question posée n'est pas résolue de la même manière par tous les docteurs. Les uns pensent que l'ignorance est une cause excusante; les autres le nient catégoriquement, et Gasparri, ibid., en présence de ce conllit, dit que l'empêchement est douteux. Or, dans le doute, il n'y a pas empêchement. Mais cette doctrine est opposée à la pratique de l'Église. Les tribunaux et les chancelleries ecclésiastiques voient surtout dans l'empêchement une cause d'inhabileté à contracter. Ils ne considèrent que le fait matériel; dès lors que deux individus se trouvent dans l'un des trois cas précédemment énoncés, on les regarde comme liés l'un vis-à-vis de l'autre par l'empêchement de crime.
Decretalium, 1. IV, tit. vn,Deeo qui duxitin matrimonium quam polluit per adulterium, etles canonistes in hune locum.
R. Parayre.
ADVENCE, ADVENTIUS ou ADVENTUS, fut élu évêque de Metz en 858 (ou 855), par le peuple et le clergé. Il a été mêlé aux principaux événements de son temps. Advence fut surtout engagé dans la malheureuse affaire du divorce de Lothaire II, fils de l'empereur du même nom, qui répudia Theutberge pour épouser Waldrade. L'évèque de Metz prit une part active à la décision des conciles d'Aix-la-Chapelle (860 et 862) et de Met/. (863) où fut prononcée la nullité du mariage de Lothaire avec Theutberge, après qu'on eut extorqué à celle-ci l'aveu d'un inceste qu'elle aurait commis avant son mariage. Le pape saint Nicolas I" a\ant cassé le concile de Met/, Advence lui demanda humblement pardon et l'obtint, grâce à l'intervention de Charles le Chauve, liaronius blâme sévèrement la conduite il Advence en celle affaire et l'accuse de faiblesse et de mensonge; Meurisse, au contraire, l'excuse et croit
à sa probité et à sa bonne foi. Après la mort de Lothaire, Advence sacra et couronna Charles le Chauve dans la cathédrale de Metz (9 septembre 869) et prononça à cette occasion un discours qui a été conservé. Les historiens signalent aussi le zèle d'Advence pour la décoration de la cathédrale de Metz : il fit faire, entre autres, un grand reliquaire d'argent, qu'on appela « la muche » ou « la niche », dont il orna le pied d'une inscription en vers. Il composa, également en vers, sa propre épitaphe. Il mourut, laissant une réputation générale de sainteté, le 30 septembre 875 (ou le 31 août 873).
Outre les deux pièces de vers et le discours, dont il vient d'être parlé, on a conservé d'Advence cinq lettres au pape saint Nicolas Ier, une à Theutgaud, archevêque de Trêves, une à Hatton, évêque de Verdun, et une sorte de mémoire en faveur de la nullité du mariage de Theutberge. Une partie de ces écrits a été insérée par Migne au tome cxxi, col. 1142 sq., de sa Patrologie latine.
Baronius, Annales eccles., ad an. 862-869; Meurisse, Histoire des Esvéques de l'Église de Metz, Metz, 1633, p. 214-274, 689; Histoire littéraire de la France, nouvelle édition, Paris, 1866, t. v. p. 429 sq.; R. Parisot, Le royaume de Lorraine, Paris, 1898, passim; Kraus, Kunst und Alterlhum in Lothringen, Strasbourg, 1889, p. 459.
J.-R. Pelt.
ADVENTISTES. — I. Histoire et doctrines fondamentales. IL Différentes sectes.
On désigne sous le nom d'adventistes, du mot anglais advent, qui veut dire avènement, un groupe de sectes américaines qui croient au prochain avènement du Fils de Dieu, suivi du règne de mille ans.
I. Histoire et doctrines fondamentales. — Leur fondateur fut un certain Guillaume Miller (d'où le nom de millerites sous lequel ils sont aussi connus), né en 1781 à Pittsfield (Massachusetts) et mort à Low Hampton (New- York) en 1849. Pendant la guerre de 1812, il servit comme capitaine de volontaires dans l'armée américaine, et se livra ensuite à l'agriculture. Les idées rationalistes, si communes à cette époque, l'avaient d'abord séduit; mais en 1816 la lecture de la Bible le convertit : il se fit baptiste (voir ce mot), et devint un membre très actif de cette secte. Il s'appliqua, avec plus d'ardeur que d'intelligence, à l'étude des saints Livres, où il trouvait, disait-il, un remède pour tous les maux de l'âme. Il y trouva en particulier sa fameuse doctrine sur le millenium. Partant de ce principe que toutes les prophéties concernant le Messie doivent se réaliser à la lettre, et remarquant que plusieurs d'entre elles ne s'étaient point accomplies en Notre-Seigneur, lors de son premier avènement, il en conclut qu'elles le seraient lors de son second avènement. Ainsi il est écrit que le Messie possédera la terre de Chanaan, Gen., xvn, 8; Is., vin, 8; qu'il régnera sur le trône de David et que son royaume s'étendra jusqu'aux extrémités de la terre, Ps. n, 8; qu'il apparaîtra sur les nuées du ciel pour juger les nations et régner sur elles. Dan., vu, 13-14. Or rien de tout cela ne s'est réalisé au premier avènement du Christ, puisqu'il n'a même pas eu où reposer sa tête. Donc il faut admettre un second avènement du Fils de Dieu. Mais quand aura-t-il lieu ? En comparant divers textes, particulièrement Apoc, xx, 1-6, et I Cor., 20-28, Miller se persuada que ce second avènement, aussi bien que la fin du monde, devaient précéder le règne de mille ans, dont il est question dans l'Apocalypse, Restai! à en déterminer la dale exacte. Il se livra pour cela à une étude minutieuse des prophéties de Daniel, avec une patience digne d'une meilleure cause. Les 2 300 jours, dont parle le prophète, Dan., vm, 14, désignent, d'après lui, aidant d'années : ils commencent avec les soixante-dix
semaines, c'est-à-dire 157 ans avant Jésus-Christ ; les 1 335
jours du ch. xii, \. 12, marquent la durée de la suprématie pontificale, qui, d'après lui, a commencé en 508
ADVENTISTES — jEPINUS
après Jésus-Christ; cette suprématie devait donc finir en 1843, et c'est alors que devait paraître le Christ pour régner en maître souverain, écraser ses ennemis, récompenser ses fidèles disciples et faire prévaloir partout la justice et la paix. Il n'en fallait pas davantage pour séduire les imaginations en quête de merveilleux; et lorsqu'en 1831 le nouveau prophète commença à publier ses vues, il trouva de nombreux adhérents, surtout parmi les baptistes et les méthodistes. Bientôt des conférences furent tenues, des journaux fondés, des brochures publiées pour répandre les doctrines nouvelles jusque dans les États de l'Ouest. Mais Miller commit la faute de vouloir préciser la date de la venue du Christ : ce devait être entre mars 1843 et mars 1844. Cette dernière date passa et le Christ ne parut pas ! Grande déception parmi les 50 000 disciples. Toutefois le prophète ne se découragea pas et continua d'affirmer que la venue du Seigneur ne pouvait tarder; un de ses disciples, S. Snow, refit les calculs, et on annonça la fin du monde pour le 22 octobre 1844. On vit alors, dans certaines bourgades et campagnes d'Amérique, un spectacle vraiment extraordinaire : des milliers de fermiers et d'ouvriers quittèrent leur travail et passèrent plusieurs nuits à la belle étoile, attendant avec une impatience fiévreuse la venue du Christ. Il ne vint pas plus que la première fois, et le désenchantement fut encore plus grand. Cependant Miller, tout en avouant son erreur sur la date précise qu'il avait fixée, continua d'annoncer l'avènement du Seigneur, et, chose étrange, bon nombre de disciples crurent en lui. En 1845 une conférence générale se réunit à Albany et affirma à nouveau la croyance des adventistes à la venue prochaine et personnelle du Christ, sans toutefois vouloir en préciser la date. En dehors de ce point fondamental, les adventistes n'ont pas de croyances bien distinctes; généralement ils croient, comme les baptistes, au baptême par immersion, et, comme les congrégationalistes, à l'indépendance des différentes églises locales; seuls les adventistes du septième jour ont une organisation presbytérienne, comme les calvinistes. D'après le dernier recensement officiel (1890), les adventistes comptaient 60491 communiants (adultes admis à participer à la Cène); à la fin de 1898, ils étaient, d'après V Independent, journal protestant bien informé, 84454, répartis en six sectes différentes, que nous allons passer brièvement en revue.
II. Différentes sectes adventistes. — 1° Les adventistes évangéliques commencèrent à former une organisation spéciale en 1855. Contrairement à certaines autres sectes, que nous allons mentionner ci-dessous, ils croient que l'àme est immortelle et demeure consciente d'elle-même après la séparation d'avec le corps ; que les méchants ne seront pas anéantis, mais subiront dans l'autre vie un châtiment positif et éternel. En 1890, ils étaient 1147 communiants, répartis surtout en quatre États, le Massachusetts, le Vermont, la Pensylvanie et Rhode Island. Ils publient à Boston un journal qui s'appelle le Messiah's Herald (le Héraut du Messie).
2° Les chrétiens de l'avènement (advent christians) diffèrent des premiers en ce qu'ils admettent que l'àme est mortelle de sa nature. D'après eux, tous ceux qui sont morts demeurent dans un état inconscient. Quand le Christ viendra à la fin du monde, il ressuscitera tout d'abord les justes, pour leur conférer le don de l'immortalité et les faire régner avec lui; puis les méchants, pour leur signifier leur sentence de condamnation et les annihiler. Le dernier recensement leur attribue 25816 communiants, V Independent 26500 en 1898. Us ont deux principaux journaux hebdomadaires The World' s Crisis (la Crise du monde), Boston, et Bible Banner (la Bannière de la Bible), Phidadelphia.
3« Les adventistes du septième jour. Ce qui leur a
D1CT. DE TIIÉOL. CATllOL.
fait donner ce nom, c'est qu'ils observent le sabbat, le septième jour de la semaine, ou samedi; car ils prétendent qu'on ne peut justifier par l'Écriture le transfert du sabbat au dimanche; et il faut avouer que, si l'on n'admet d'autre règle de foi que la Bible, il est difficile de leur prouver le contraire. Us croient aussi que les 2 300 jours de Daniel se sont bien terminés en 1844, mais que le Christ depuis cette époque est en train de purifier le sanctuaire, et qu'il viendra aussitôt après avoir terminé cette œuvre; alors les bons régneront avec lui ; quant au démon et aux méchants, ils seront annihilés. Leurs fondateurs furent M. White, né à Palmyre (Maine) en 1821, et M"e Hélène Harmon, qui prétendit avoir des révélations, et finit par épouser M. White. En 1890, ils avaient 28891 communiants, en 1898, 50288, sans compter quelques recrues faites en Canada; ils publient à Battle Creek (Michigan), leur quartier-général, la Bévue de l' Avènement (Advent Review).
4° L'Église de Dieu (The Church of God) est un rameau qui s'est détaché de la branche précédente en 186i, pour n'avoir pas voulu accepter comme réelles les prétendues visions de M. White. Il n'a que 647 communiants et se recrute surtout dans le Michigan et le Missouri; il publie à Stanberry (Missouri) The Advent and Sabbath Advocale (l'Avocat de l'avènement et du sabbat).
5° L'Union de la vie et de l'avènement (The Life and Advent Union) a été organisée en 1864 à Wilbraham (Massachusetts); sa doctrine spéciale, c'est que les méchants ne ressusciteront jamais : ils dorment d'un sommeil éternel. En 1890, elle comptait 1018 communiants; en 1898, 3000; son organe est The Herald of Life (le Héraut de la vie), publié à Springfield (Massachusetts).
6° Les Églises de Dieu dans le Christ Jésus (The Cliurches of God in Clu-ist Jésus). Un bien grand nom pour une secte insignifiante ! Aussi on les appelle plus communément les adventistes du siècle à venir. Ils croient que le monde ne sera pas détruit à l'avènement du Fils de Dieu, que le millenium précédera la restauration finale, que les juifs rentreront à Jérusalem, que tous les morts ressusciteront, les bons pour régner avec Jésus-Christ, les méchants pour être anéantis. Leur origine remonte à l'année 1851 ; mais ce n'est qu'en 1881 qu'ils se sont définitivement organisés. Le recensement de 1890 leur donne 2 872 communiants, qui se trouvent surtout dans l'Illinois et l'Indiana; ils publient à Plymouth (Indiana) un journal appelé The Bestitution (la Bestauration).
Voir Wellcome, History of the Advent Message, Yarmouth, 1874; White, Life of Miller, Battle Creek, 1875; H. K. Carroll, The Religions Forces of the United States, New York, 1893, p. 1-15; American Supplément to Encyclopxdia Britannica, New York, 1888, au mot Adventistes ; W. H. Lyon, A Stitdy of the Sects, Boston, 1892, p. 154-157; The Independent, New York. 5 janvier 1899.
Ad, Tanquerey.
ADVERTANCE. Voir Attention.
/EGID1US. Voir Gilles.
/ENEAS SYLVIUS. Voir Pie II.
/EPINUS Jean, de son vrai nom Hœck ou Hoch, est un réformateur de second ordre qui a joué un certain rôle dans quelques-unes des principales controverses du xvie siècle, et aussi comme organisateur de l'Église luthérienne d'Hambourg. Il naquit, en 1499, dans le Brandebourg et étudia à Wittemberg. Il adopta les idées de Luther et travailla à les répandre en Brandebourg. Il fut emprisonné. Après sa délivrance, il se rendit en Angleterre, puis il alla à Stralsund. Enfin, il se fixa à Hambourg; il y devint pasteur et y mourut en 1553.
Comme théologien, yEpinus soutint sur un point une