‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 211 sur 536 · V. Oblet · texte numérisé non relu

V. Oblet

1. AGNEAU DE DBEU, nom symbolique donné par l'Église au Sauveur du monde. — I. L'agneau de Dieu dans l'Écriture. II. L'agneau de Dieu dans l'Église.

I. L'agneau de Dieu dans l'Écriture. — 1° Isaïe, lui, 7, avait annoncé prophétiquement ce nom, sinon sous forme d'appellation, du moins par manière de comparaison. Il avait comparé le serviteur de Jéhovah, le Messie, à « la brebis conduite à la boucherie » et à « l'agneau muet sous la main de celui qui le tond ». Le point de comparaison est la patience de l'homme de douleurs, dont les souffrances volontairement supportées seront agréables à Dieu et dont la mort servira de rançon pour les pécheurs. Comme la brebis et l'agneau, le Christ ne résistera pas à ses bourreaux et se taira, quand ses juges le condamneront à mort. Saint Cyrille d'Alexandrie, In Isaiam, v, 2, P. G., t. lxx, col. 1177-1180. — 2» Jean- Baptiste, le premier, donna ce nom à Jésus. Le voyant venir à lui, il le montra du doigt, en s'écriant : « Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde. » Joa., I, 29. Le lendemain, le précurseur répéta devant deux de ses disciples : « Voilà l'agneau de Dieu. » Joa., i, 36. Jean désignait le Messie à son entourage par une formule qui n'avait pas besoin d'explication. L'appella- " tion « agneau de Dieu » avait sur ses lèvres un sens déterminé, certainement dérivé des figures de l'ancienne alliance. Les exégètes chrétiens ne sont pas d'accord sur son origine et sa signification précise. Saint Augustin, In Joan. Ev., iv, 1, n. 10, P. L., t. xxxv, col. 1410, et saint Brunon d'Asti, Comment, in Joan., i, 4, P. L., t. cxlv, col. 457, n'ont vu que l'innocence de l'animal, convenant en toute perfection au Christ immaculé. L'abbé Rupert, Comment, in Joan., i, P. L., t. CLXIX, col. 240-241, a pensé à l'agneau pascal (voir ce mot), figure de l'agneau sans tache qui a délivré l'humanité de la servitude de Satan et l'a l'ail passer à la véritable terre promise perdue par le péché d'Adam. Origène, Comment, in Joan., vi, 32-35, /'. G., I. xiv. col. 2S'.)-2!t:!, avait insisté sur le rapprochement entre l'agneau de Dieu et h' sacrifice perpétue] d'un agneau qu'on offrail malin cl soir dans l'ancienne loi, Exod., xxix, 38-4fi. sans négliger la pro-

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