L. Salembier
AIMERIC, surnommé DE MALEFAYE, naquit en Limousin. C'est à tort qu'on en fait un frère de saint Berthold, qui était d'origine calabraise. Il se rendit en Orient où Baoul, deuxième patriarche latin d'Antioche, le nomma doyen de son église cathédrale. Il lui succéda sur le siège patriarcal en 1112. Ce fut lui qui, après la mort de Raymond, prince d'Antioche, contribua le plus à défendre la ville contre les attaques du sultan d'Alep. L'excommunication de Boèmond III, prince d'Antioche, qui avait répudié sa femme légitime pour épouser Théodora Comnène, et l'interdit jeté sur ses États provoquèrent contre le patriarche une persécution au cours de laquelle il dut chercher un refuge à Jérusalem. Pendant le séjour qu'il y fit, il eut occasion de voir saint Berthold, qui voulait mener avec quelques compagnons la vie érémitique sur le mont Carmel. Il approuva son projet et l'aida par les moyens en son pouvoir. L'intérêt qu'il porta aux premiers religieux latins du Carmel a servi de prétexte à un carme français ou wallon d'une époque postérieure, Jean Neveu Dubois, pour lui attribuer la traduction du livre De institutione primorum monachorum in lege veteri exortorum et in nova perseveranlium qu'il disait être l'œuvre du patriarche Jean de Jérusalem, et dont il était lui-même l'auteur.
Le pape Eugène III pria Aimeric de faire traduire du grec ce qui manquait dans les exemplaires latins des homélies de saint Jean Chrysostome sur saint Matthieu, Il ne put réussir. L'acte le plus important de son épis* copat fut la conversion des Maronites, qui abjurèrent le monothélisme, firent profession de la foi catholique entre ses mains et reçurent de lui un nouveau patriarche. Nous avons trois lettres d'Aimeric adressées, l'une à Louis le jeune, roi de France (1164), l'autre à Henri II, roi d'Angleterre (1187), pour leur exposer les malheurs des chrétiens d'Orient et implorer leur assistance, la troisième, à Hugues Éthésien, pour le féliciter de son livre contre les erreurs des Grecs sur la procession du Saint-Esprit. Il mourut en 1187.
P. L., t. cci, col. 1403-1408 ; t. ccu. col. 229-230; Guillaume de Tyr, 1. XV, XVI, XVII ; Histoire littéraire de la France, édit. Palmé, t. xiv, p. 3&3-39S; dom Ceillier, Hist. gén. des auteurs sacrés, édit. Vives, Paris, 1863, t. xiv, p. 793.
J. Besse.
ABNGO DE EZPELETA Pierre, théologien espagnol, vicaire général d'Astorga, a publié en 1660 un traité de théologie pastorale intitulé : Selectœ et practiese résolut in nés de casibus temporemorlis occurrentibus, in-fol., Madrid.
Hurter, Nomenclator literarius, t. i, Inspruck, 1892.