‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 244 sur 536 · C. SOMMERVOGEL · texte numérisé non relu

C. SOMMERVOGEL

ALAIN DE LILLE fut un des hommes les plus remarquables de la première période de la scolastique et un des représentants les plus autorisés de la science catholique, à la veille de ce XIIIe siècle qui allait entendre Albert le Grand, saint Thomas d'Aquin et saint Bonaventure. Il naquit à Lille vers 1114, et, après avoir été le disciple des maîtres qui brillaient alors dans les écoles de Paris et de Chartres, il enseigna lui-même, avec le plus grand succès, à l'Université de Paris, dont il devint même recteur, et pendant quelque temps aussi à Montpellier. Dans tout l'éclat de la gloire et en droit d'espérer une situation des plus brillantes dans l'Église, Alain quitta le monde et se fit moine à Citeaux où il mourut vers 1203. Homme d'une science universelle, versé dans les lettres profanes et dans la science sacrée, philosophe, théologien, orateur, poète, habile controversiste et professeur éminent, Alain passait pour être le prodige de son siècle. Il fut surnommé par l'admiration de ses contemporains Alain le Grand, et la postérité lui décerna le titre de Docteur universel.

C'est peut-être cette réputation universelle qui fit. que, dans la suite, les historiens confondirent avec lui ditlérents personnages du même nom et de la même époque et attribuèrent au seul Alain de Lille des particularités de la vie de ses homonymes. C'est ainsi que l'évèché d'Auxerre n'a pas eu pour titulaire Alain le Grand, mais un autre Alain de Lille, qui, d'abord abbé de Larrivour, devint évêque en 1152, et après avoir résigné ce titre en 1167, entra à Clairvauz OÙ il mourut et fut enterré, en 1185. Hautcœur, Histoire de l'église collégiale et <lu chapitre de Saint-Pierre de Lille, t. i, p. 03-60, Lille

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