‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 261 sur 536 · I. De la fui catholique · texte numérisé non relu

I. De la fui catholique

Nous croyons fermement et confessons simplement qu'il y a un seul vrai Dieu, éternel et immense, tout-puissant, immuable, incompréhensible et ineffable, Père, Fils et Saint- Esprit, trois personnes, mais une seule essence, substance, ou nature tout à fait simple, le Père n'étant d'aucun, le Fils étant du Père seul, le Saint- Esprit étant également de l'un et de l'autre, toujours, sans commencement ni fin, le Père engendrant, le Fils Baissant, le Saint-Esprit procédant, consubstantiels et co-égaux, coomnipotents et co- éternels, principe unique de toutes choses, créateur de toutes les choses invisibles et visibles, spirituelles et corporelles, lequel, par sa vertu toute-puissante, au commencement du temps, a fait à la fois de rien l'une et l'autre créature spirituelle et corporelle, c'est-à-dire celle des anges et celle du monde, ensuite la créature humaine, qui tient des deux, composée d'esprit et de corps.

Car le diable et les autres démons ont été créés par Dieu bons de leur nature, mais euxmêmes sont devenus mauvais par eux-mêmes. Quant a l'homme c'est par la suggestion du diable qu'il a péché.

Cette Trinité sainte, indivisible quant à l'essence commune, et distincte quant aux propriétés personnelles, par Moïse d'abord, et par les saints prophètes et ses autres serviteurs, suivant une très sage

positionem temporum, doctrinam humano generi tribuit salutarem. Et tandem unigenitus Dei Filius Jésus Christus, a tota Trinitate communiter incarnatus, ex Maria semper Virgine Spiritus Sancti cooperatione conceptus, verus homo factus, ex anima rationali et humana carne compositus, una in duabus naturis persona, viam vitas manifestius demonstravit.

Qui, cum secundum divinitatem sit immortalis et impassibilis, idem ipse secundum humanitatem factus est mortalis et passibilis. Qui etiam, pro salute humani generis in ligno crucis passus et mortuus, descendit ad infernos, resurrexit a mortuis et ascendit in caelum.

Sed descendit in anima, et resurrexit in carne, ascenditque pariter in utroque, venturus in fine sœculi, judicaturus vivos et mortuos, et redditurus singulis secundum opéra sua,tam reprobis quam electis. Qui omnes cum suis propriis corporibus résurgent quas nunc gestant, ut recipiant secundum opéra sua, sive bona fuerint, sive mala, illi cum diabolo pœnam perpetuam, et isti cum Christo gloriam sempiternam.

Una vero est fidelium universalis Ecclesia, extra quam nullus omnino salvatur. In qua idem ipse sacerdos et sacrificium Jésus Christus, cujus corpus et sanguis in sacramento altaris sub speciebus panis et vini veraciter continentur, transsubstantiatis pane in corpus et vino in sanguinem, potestate divina, ut, ad perficiendum mysterium unitatis, accipiamus ipsi de suo quod accepit ipse de nostro. Et hoc utique sacramentum nemo potest conficere, nisi sacerdos qui fucrit rite ordinatus, secundum claves Ecclesiae, quas ipse concessit apostolis eorumque successoribus Jésus Christus.

Sacramentum vero baptismi, quod ad invocationem individuœ Trinitatis, videlicet Patris, et Filii, et Spiritus Sancti, consecratur in aqua, tam parvulis quam adultis, in forma Ecclesi:c a quoeumque rite collatum, prolicit ad salutem.

Et si, post susceptionem baptismi, quisquam prolapsus fuerit in peccatum, per veram pasnitentiam potest semper reparari.

Non soluin autem virgines et continentes, verum etiam conjugati, per rectam fidem et opirationem bonam placentes Deo, ad aeternam merentur beatitudinem pervenire. Mansi, Concil. collectio, t. xxu, col, 981, 982.

lieux dos articles de ce eh pages de l'enseignement catl

disposition des temps, a donné au genre humain la doctrine salutaire. Et enfin le Fils unique de Dieu, Jésus-Christ, incarné en commun par toute la Trinité, conçu de Marie toujours vierge par la coopération du Saint-Esprit, fait vrai homme, composé d'une àme raisonnable et d'une chair humaine, une seule personne en deux natures, a montré plus manifestement la voie de la vie.

Quoiqu'il soit immortel et impassible selon la divinité, il est devenu mortel et passible selon l'humanité. Ayant souffert et étant mort sur le bois de la croix pour le salut du genre humain, il est descendu aux enfers, a ressuscité d'entre les morts et a monté au ciel. Mais il est descendu dans l'âme, il a ressuscité dans la chair et il a monté à la fois dans l'une et l'autre, devant venir à la fin du monde et devant juger les vivants et les morts et rendre à chacun selon ses œuvres, tant aux réprouvés qu'aux élus.

Tous ressusciteront, avec leurs propres corps qu'ils ont maintenant, pour recevoir, selcn leurs œuvres bonnes ou mauvaises, les uns la peine éternelle avec le diable, et les autres la gloire éternelle avec le Christ.

11 y a une seule Église universelle des fidèles, en dehors de laquelle absolument personne n'est sauvé. En elle est à la fois le prêtre et le sacrifice Jésus-Christ, dont le corps et le sang sont véritablement contenus dans le sacrement de l'autel sous les apparences du pain et du vin, le pain étant transsubstancié au corps et le vin au sang, par la puissance divine, afin que, pour parfaire le mystère de l'unité, nous recevions de lui ce qu'il a luimême reçu de nous. Et sûrement ce sacrement personne ne peut le faire, si ce n'est le prêtre qui a été ordonné légitimement, selon les clefs do l'Église , que Jésus-Christ a accordées aux apôtres et à leurs successeurs.

Le sacrement de baptême, qui se donne avec de l'eau et avec l'invocation de l'indivisible Trinité, Père, Fils et Saint- Esprit, bien conféré, tant aux enfants qu'aux adultes, dans la forme de l'Église, par qui que ce soit, profite au salut.

Si, après avoir reçu le baptême, quelqu'un est tombé dans Le péché, il pool toujours se relever par une vraie pénitence.

Non seulement les vierges et ceux < j ii î gardent la continence, mais encore ceux qui sont mariés, plaisant à Dieu par une

foi pure et de bonnes oeuvres, méritent de parvenir à la béatitude éternelle.

tpitre, l'une des maltresses lolique, sont en opposition

ALBIGEOIS

avec les doctrines vaudoises : celui qui définit que seuls les prêtres sont les ministres du sacrement de l'eucharistie, tandis que les vaudois accordaient ce privilège à tout fidèle, à la condition d'être sans péché, — et celui qui déclare valide le baptême des enfants. Et même ce dernier article n'est pas sans atteindre les cathares, car si, à la différence des vaudois, ils rejetaient le baptême •d'eau, ils s'accordaient avec eux pour proclamer le baptême des enfants invalide.

Le reste est une claire et forte condamnation de l'ai— bigéisme. Sur la Trinité et les deux principes, sur la création, sur Jésus-Christ, son incarnation, sa mort et sa résurrection, sur l'Ancien et le Nouveau Testaments, sur l'autre vie, sur l'Eglise, sur l'eucharistie, le baptême et le mariage, les définitions du concile contredisent directement les théories des albigeois.

Au sujet de la chute de l'homme, le concile établit qu'elle eut lieu à la suggestion du démon et, par là, écarte l'une des explications des hérétiques. Il néglige de redresser, dans ce qu'elle a de défectueux, l'autre explication, d'après laquelle le diable aurait eu recours à la ruse et aux promesses mensongères; déguisé en ange de lumière, il aurait pénétré dans le ciel et aurait déterminé une foule d'esprits célestes à venir habiter sur la terre, où il les aurait unis à des corps.

On sait que les albigeois admettaient une sorte de confession publique. Le concile n'y fait aucune allusion. 11 se borne à définir qu'on peut toujours se relever, par une vraie pénitence, des péchés commis après le baptême. La masse des albigeois aurait souscrit à cette proposition, quitte à ne pas s'entendre avec l'Église sur la nature de la vraie pénitence. Quelques-uns cependant, au rapport d'Alain de Lille, De fide catholica, I, 48, P. L., t. CCX, col. 352, affirmaient qnod post remissïonem qux fit in baptismo non habet locum alla quse fit per pœnitentiam ; en conséquence, ils expulsaient de leurs rangs quiconque se rendait coupable d'un péché après avoir reçu leur baptême. C'est exactement l'erreur condamnée par le concile.

iv. résultats. — Laissant de côté la question du droit de l'Église en matière de répression de l'hérésie, il n'est pas possible d'approuver tous les actes des inquisiteurs, pas plus que tous les coups d'épée de Simon de Montfort et de ses partisans. D'autre part, on ne saurait nier que les albigeois valurent souvent mieux que leurs doctrines, ni contester les désordres d'une partie du clergé, stigmatisés par Innocent III, Epist., m, 24; vu, 75, P. L., t. ccxiv, col. 905; t. ccxv, col. 355, etc.

Ces réserves faites, il convient d'applaudir à la victoire de l'Église sur les albigeois.

1. Au point de vue français. — On n'a voulu voir dans la guerre des albigeois qu'un antagonisme de races, une lutte du nord contre le midi. C'est inexact. Le dessein primitif de la guerre fut religieux; les autres motifs furent secondaires. Et, si beaucoup d'abus se commirent, il est juste de les regretter; mais il faut se rappeler aussi que la réunion, à la suite de la croisade, des provinces du midi à la couronne de France, eut une importance extrême, et que, « le jour où elle fut effectuée, notre nationalité fut définitivement constituée. » E. Boutaric, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, étude sur la réunion des provinces du midi et de l'ouest à la couronne, Paris, 1870, p. 15.

2. Au point de vue chrétien. — En somme, l'albigi'isme, « malgré sa prétention de s'adapter au Nouveau Testament en l'interprétant par des allégories, était moins une hérésie qu'une religion différente; » sa doctrine était « à moitié païenne ». C. Schmidt, Précis de l'histoire de l'Eglise d'Occident pendant le moyen âge, Paris, 1885, p. 222, 223. « L'écorce et non l'intérieur, les mots et non les idées fondamentales étaient chrétiens. » Ilefele, Histoire des conciles, trad. Leclereq, Paris, 191 1, t. v, § 645. Le christianisme était donc en jeu : ou

l'albigéisme disparaîtrait ou c'était à lui de disparaître. 3. Au point de vue social. — La doctrine albigeoise « portait en elle-même, aux yeux d'hommes un peu éclairés, des germes de mort, par ses conséquences antisociales; car elle conduisait, par la manière dont elle envisageait la matière, à l'anéantissement de toute civilisation et même, par sa condamnation du mariage, à l'extinction de la race ». L. Tanon, loc. cit., p. 10. M. Tanon ajoute : « Elle se serait modifiée si elle avait définitivement triomphé, et ses conséquences extrêmes auraient été assez atténuées pour qu'elle pût s'adapter aux conditions nécessaires de la vie sociale. » Qu'en savons-nous? En tout cas, l'Église la combattit telle qu'elle s'affirmait, et, comme le dit M. P. Sabatier, Vie de saint François d'Assise, Paris, 1894, p. 40, le triomphe de la papauté fut celui « du bon sens et de la

I. Sources anciennes. — 1° les actes : Innocaniii 111 Epist., P. L., t. ccxiv-ccxvn; Devic et Vaissète, Histoire générale de Languedoc, nouv. édit., t. VIII, Toulouse, 1879, col. 263-1750; A. Molinier, Catalogue des actes de Simon et d'Amauri de Montfort, Paris, 1874.

2" SUR LES DOCTRINES : Au xii' siècle, Ecbert de Schdnaugen, Sernwnes adversus calharos, P. L., t. excv, col. 11-98; Eberhard de Béthune, Antihxresis, dans M. de la Bigne, Biblioth. pat., t. IV, 4' édit., Paris, I" part., col. 1073-1192; Bernard de Foncaude, Adversus waldensium sectam liber (titre faux, le traité est contre les cathares), P. L., t. cciv, col. 793-840; Ermengaude, Contra hxreticos, P. L., t. cciv, col. 1235-1272; Buonacorso de Milan, Vita hœreticorum, P. L., t. cciv, col. 775-792; — au xiii' siècle, Moneta de Crémone, Adversus catharos et voldenses, Borne, 1743; Bainier Sacconi, Summa de catharis et leonistis, dans M. de la Bigne, Biblioth. pal., t. iv, II' part., col. 745-770 (sous le titre faux Liber contra waldenses hxreticos); Alain de Lille, De fide catholica contra hxreticos sui temporis, P. L., t. ccx, col. 305-430; Luc de Tuy, De altéra vita fideique controversiis adversus albigensium errores, dans M. de la Bigne, Biblioth. pat., t. IV, II' part., col. 575-714; Le débat d'Izarn et de Sicart de Figueiras, poème provençal publié, traduit et annoté par P. Meyer, Nogent-le-Botrou, 1880 , Un traité inédit du xni' siècle contre les hérétiques cathares, publié (les titres des chapitres seulement) par C. Molinier, dans Annales de la faculté des lettres de Bordeaux, 5' année, n. 2, p. 237-239.

3' SUR LA GUERRE DES ALBIGEOIS : Pierre de Vaux-Cernay, Historia albigensium, dans dom Bouquet, Recueil des historiens des Gaules et de la France, nouv. édit., t. xix, 1880, Paris, p. 1-113; Guillaume de Puy-Laurens, Historia albigensium, D. Bouquet, t. xix, p. 193-225; t. xx, Paris, 1894, p. 764-776; La chanson de la croisade contre les albigeois, éditée et traduite par P. Meyer, Paris, 1875-1879, 2 vol. ; Histoire de la guerre des albigeois écrite en languedocien par un ancien auteur anonyme,D. Bouquet, t. xix, p. 114-192. Sur la valeur de ces sources cf. C. de Smedt, Bévue des questions historiques, t. xvi, 1874, p. 433-476; et P. Meyer, La chanson de la croisade, t. il, p. HI-XCHI.

b° SUR LA RÉPRESSION 1NQUIS1TOR1ALE : Liber sententiarum inquisitionis tholosanx ab anno 1301 ad annum 1323, publié par P. de Limborch, dans Historia inquisitionis, Amsterdam, 1692, 2' pagination, p. 1-397 ; C. Molinier, De fratre Guilletmo Pelisso veterrimo inquisitionis historico, accessit ejusdem fratris chronicon, Paris, 1880. Cf. sur les autres sources C. Molinier, L'inquisition dans le midi de la France au xiii' et au .y/v* siècle, étude sur les sources de sou histoire, Paris, 1880; C. Douais, Les sources de l'histoire de l'inquisition dans le midi de la France aux xiii' et xnr siècles, Paris, 1881 (renferme une nouvelle et meilleure édition de la chronique de Pelhisse) ; C. Molinier, Étude sur quelques manuscrits des bibliothèques d'Italie concernant l'inquisition et les croyances hérétiques du xir au xvn' siècle, Paris, 1888.

II. Travaux modernes. — Devic et Vaissète, Histoire générale de Languedoc, nouv. édit., t. VI-VIII, Toulouse, 1879; C. Schmidt, Histoire et doctrine de la secte des cathares ou albigeois, Paris, 2vol., 1848; Hefele, Histoire des conciles, trad. Leclereq, Paris, 1911, t. v, § 645; C. Douais, Les albigeois, leurs origines, action de l'Église au xn° siècle, Paris, 1879; F. Tocco, L'eresia net medio evo, Florence, 1884, p. 73-134; L. Tanon, Histoire des tribunaux de l'inquisition en France, Paris, 1893; A. Bébelliau, Bossuet historien du protestantisme , 2' édit., Paris, 1892, p. 231-252, 345-353, 380-419, 476-483, 530-533;

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