‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 301 sur 536 · X. Le Bachelet · texte numérisé non relu

X. Le Bachelet

9. ALEXANDRE (Saint), évoque de Jérusalem. Un grand évéque. instruit, curieux des choses de l'esprit, actif et prenant pari aux événements de son temps, plein d'initiative. Il avait reçu, à Alexandrie, les leçons de Pantcne et de Clément, > avait fait la connaissance d'Origène ej s'était lié' d'amitié avec lui. Eusèbe, //. /•.'., vi, li. /'. G., t. xx, col. 552. Devenu évéque en Cappadoce, il fut em-

prisonné pendant la persécution de Septime Sévère, vers 20i. S. Jérôme, Citron., P. L., t. xxvn, col. (538. Il confia le soin de son Église à son ancien maître, Clément, alors réfugié auprès de lui, et se tenait au courant des événements. C'est ainsi qu'en apprenant, en 211, l'élévation du confesseur Asclépiades sur le siège d'Antioche, il se hâta d'en féliciter les fidèles de la ville par une lettre que Clément leur porta, où il disait sa joie, bien qu'il fût encore « prisonnier du Christ ». P. G., t. xx, col. 544. Enfin, délivré, il se rendit à Jérusalem, où le vieil évéque Narcisse, à la suite d'une révélation, v.a-rà à7toxâ).u'j/iv, le retint et l'associa au gouvernement de son Eglise (212). C'était une double dérogation à la discipline qui interdisait la translation des évêques d'un siège à un autre et ne connaissait pas encore la fonction de coadjuteur. Mais les évêques de la province donnèrent raison à Narcisse. Ibid., col. 541.

Très attentif au mouvement intellectuel de son temps, Alexandre eut l'heureuse idée de recueillir les œuvres de tous les écrivains ecclésiastiques, d'en former une bibliothèque, qui fut épargnée sous Dioclétien, et où Eusèbe puisa à pleines mains. Ibid., col. 572. Il ne se contentait pas de prêcher lui-même, non sans quelque distinction, Origène, In lib. Reg., liomil. I, P. G., t. XII, col. 995; il fit prêcher Origène à Jérusalem et à Césarée, avec l'agrément de l'évêque de cette ville, Théoctiste. L'évêque d'Alexandrie, Démétrius, ayant trouvé mauvais qu'un laïque de son diocèse eût interprété les Écritures en présence d'évêques, qui en sont les seuls interprètes officiels, Alexandre et Théoctiste défendirent leur prédicateur, en alléguant l'exemple de Néon de Larandes, de Celse d'Iconium, d'Atticus de Synnada, qui avaient fait prêcher respectivement dans leurs églises Euelpis, Paulin et Théodose. P. G., t. xx, col. 569. Plus tard même, ils ordonnèrent Origène et lui confièrent, en 228 ou 230, l'interprétation des Écritures et l'enseignement des sciences ecclésiastiques. Ibid., col. 585. C'est dire combien Alexandre estimait l'illustre docteur, le prix qu'il attachait à la science sacrée et le soin qu'il prenait de donner à ses fidèles une forte culture intellectuelle. Luimême se tenait au courant; c'est à lui que Clément dédia ses Carions ecclésiastiques. Malheureusement il n'a laissé que des lettres, une entre autres aux Antinoïtes; il n'en reste que des fragments. A la persécution de Dèce, il confessa de nouveau le Christ et mourut en prison, à Césarée, en 251. Son nom est au catalogue des saints.

Eusèbe, //. E.. vi, 14, P. G., t. xx, col. 552; S. Jérôme, De vir. ill.,62, P. L.. t. xxill, col. 073; Bollandistes, Act. sanct., 18 mars, P. G., t. x, col. 204-205.

G. Pareille.

10. ALEXANDRE (Saint), évéque d'Alexandrie après Achillas, en 312 ou 313. On lui doit la grande église dite de Théonas. S. Athanase, Apol. ad Const., n. 15, .P.C., t. xxv, col. 613. 11 alliait à un caractère doux et affable une vigueur et une constance dont il lit preuve dans les diverses luttes qu'il eut à soutenir : lutte contre un certain Crescenlius, au sujet de la célébration de la Pàque, S. Épiphane, User., lxxi, n. 9, P. G., t. xlii, col. 356; lutte pour son autorité palriarcale contre Mélèce, évoque de Lycopolis en Thébaïde, Théodoret, Hxrat. fabul. comp., iv, 7, P. G., t. lxxxiii, col. 425; surtout lutte contre l'arianisme naissant, à partir de 318 ou 320. Le saint évéque essaya d'abord de la douceur à l'égard d'Ariiis et de ses partisans : conférence contradictoire dans une assemblée du clergé, avertissements de vive voix et par écrit; le tout sans succès. Il réunit alors en concile, en 320 ou' 1521, près de cent évêques de l'Egypte et de la Libye; Arius et les siens furent excommuniés. Mais l'hérésiarque n'en continua pas moins à répandre srs erreurs, d'abord dans Alexandrie, puis en Palestine et en liithynie, où il sut intéresser à sa cause plusieurs évêques; de ce nombre furent ceux de Césarée et de.

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