‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 313 sur 536 · ALEXANDRIE (ÉC. JUIVE D') —ALEXANDRIE (ÉC. CHRÉTIENNE D · texte numérisé non relu

ALEXANDRIE (ÉC. JUIVE D') —ALEXANDRIE (ÉC. CHRÉTIENNE D

de bonnes raisons. Valkenaer, Diatribe de Aristobulo Judseo, 1806.

III. Importance. — Pour plusieurs historiens de la philosophie (Iiavaisson, Vacherot, Fouillée, etc.), il y a eu à Alexandrie une véritable fusion du génie grec et -du génie hébreu. La pensée juive et la pensée grecque se cherchaient en quelque sorte, disent-ils, et leur pente naturelle, une nécessité logique, devaient les amener à se rencontrer et à se mêler. Sans doute, il y a très loin du naturalisme de la première philosophie grecque au Dieu transcendant de la religion juive, mais des deux côtés, une évolution aurait eu lieu qui, par des mouvements parallèles et de sens contraire, aurait effacé les différences primitives entre la théologie juive et la philosophie grecque et les aurait préparées à s'unir. C'est par la théorie des intermédiaires divins, les Idées et le Bien chez Platon, la sagesse chez les Juifs, que les deux courants intellectuels devaient parvenir à se joindre. Cette théorie, dictée surtout par le désir de construire une vaste synthèse, ne peut pas être maintenue après une étude complète des productions diverses du judaïsme alexandrin et après l'analyse de la notion biblique de la Sagesse. Les œuvres précédemment énumérées ont un caractère artificiel des plus marqués; elles semblent plus d'une fois de purs jeux d'esprit. Au lieu d'une fusion, il faut parler de rapprochements forcés entre des données juives et des données grecques : de là tant d'identifications fantaisistes de personnes et de lieux, tant d'étymologies complaisantes, tant d'allégories conciliantes, et la métaphysique disparate destinée à accorder la Bible et Platon. Or, pour ce dernier chef, on peut montrer que la notion biblique de la Sagesse n'a rien de commun avec les préoccupations métaphysiques d'où sortiront plus tard les intermédiaires divins chers à quelques Judéo-Alexandrins. Si cette personnification doit être prise à la lettre, il faut l'interpréter autrement. En résumé, il n'y a pas eu de préparation juive de la littérature judéo-alexandrine : celle-ci est née, non pas d'une nécessité logique, mais d'une nécessité historique : le rapprochement subit et la vie côte à côte de deux races tout à fait étrangères l'une à l'autre. Cette conclusion est rendue plus manifeste encore par l'étude de la philosophie de Philon, le représentant le plus complet et le vulgarisateur du judéo-alexandrinisme, dont il a déterminé la destinée et l'influence. Voir Philon.

Dàhne, Geschichtliche Durstellung der jiidisch-alexandrinischenReligions philosophie , Halle, 183i; Biet, Essai sur l'École juive d'Alexandrie, Paris, 1804 ; Bois, Essai sur les origines de la philosophie judéo-alexandrine, Toulouse, 1890; Sclitirer, Ceschichte desjudisclien Volkes, 3" édit., 1898, t. m, p. 304 sq.

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