‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 32 sur 536 · ABÉLARD (ARTICLES CONDAMNÉS · texte numérisé non relu

ABÉLARD (ARTICLES CONDAMNÉS

lard, on ne peut dire sans impropriété de termes : « Dieu est homme ; » il faut dire Deus habet kominem, le Verbe a pris, possède l'humanité, comme un vêtement avec lequel il n'y a pas d'identité. De là naîtra dans l'école d'Abélard la fameuse thèse Christus ut Itomo, non est aliquid, qui, adoptée par Pierre Lombard, soulèvera des tempêtes jusqu'à sa condamnation par Alexandre III en 1179. Cf. III Abélard (école d') et Adoptiamsme au xiie siècle. — 2. La rédemption est totalement anéantie dans le système d'Abélard : « Le Verbe ne s'est pas fait homme pour nous délivrer du joug du démon» (art. 4), mais seulement pour donner un grand exemple de charité. Abélard pouvait sans doute, contre une opinion exagérée de son temps, nier au démon un vrai droit sur l'homme coupable, et en faire son geôlier, carcerarius. Mais il nie aussi les droits de la justice divine, et détruit la satisfaction du Christ : Jésus n'est point une victime qui expie, c'est un modèle dont la passion n'a d'autre but que d'exciter notre amour. « Comment la morsure d'Adam dans une pomme serait-elle expiée par le crime bien plus horrible de la mort de Jésus-Christ? » Expos, in Epist. ad Rom., P. Z,., t. clxxvi n, col. 834-836 jjEpi fouie, c. xxiii, col. 1730. Cette erreur est une de celles qu'Abélard a le plus explicitement rejetées dans sa rétractation. lbid., col. 107. — 3. Abélard a-t-il nié la descente de Jésus-Christ aux enfers (art. 18) et attribué au Père le dernier avènement (art. 17)? Les textes manquent pour le décider. L'Exposilio symboli, P. L.,t. clxxviii, col. 620, d'où semble extrait le 18e article, peut avoir un sens orthodoxe. — 4. Le pouvoir des clefs, laissé par Jésus- Christ à son Église, semble détruit par l'article 12 qui le réserve aux seuls apôtres. La formule est bien d'Abélard, Scito te ipsum, c. xxvi, col. 674, et sa pensée est fort obscure, bien qu'il parle moins du pouvoir de juridiction que du don de discernement dans l'usage des clefs. Il veut refuser le pouvoir d'absoudre aux seuls évêques simoniaques et indignes, préludant ainsi aux erreurs de Wiclef. Dans sa rétractation, il reconnaît le pouvoir des clefs dans les ministres indignes, tant qu'ils sont tolérés par l'Église; ces derniers mots réservent l'opinion très répandue au xne siècle que la consécration faite par un prêtre excommunié est invalide. Cf. Die Sentenzen Rnlands, édit.Gietl,Fribourg.l801,p.217.

4° Erreurs sur la nature et la grâce. — Abélard ne veut pas être pélagien, mais son rationalisme le ramène toujoursàla négation de l'ordre surnaturel. — 1. Plus de péché originel; car, si Abélard conserve le mot, il entend par là une peine, non une faute (art. 9). Cf. Exposilio in Epist. ad Rom . , P. L.,\ . clxxviii, col. 867- 873; Ethica, c. il, col. 639-641; c. xiv, col. 654; Epitome, c. xxxui. La rétractation d'Abélard sur ce point est encore insuffisante. Ibid., col. 107. — 2. Plus de grâce prévenante : la liberté peut seule faire faire le bien (art. 6). Ce n'est pas qu'il nie la nécessité de la grâce, mais comme Pelage il appelait grâce tout don gratuit de Dieu, même la liberté elle-même. Cette erreur, très clairement soutenue dans la première apologie, Opéra, édit. Cousin, t. il, p. 731, est rétractée dans la seconde, édit. Cousin, t. il, p. 721. P. L.,t. clxxviii, col. 107. —3. Plus d'intervention directe du démon, son action se bornant à mettre en jeu les forces naturelles des éléments et des plantes (art. 16). Cf. Ethica, c. iv, col. 647.

5° Erreurs morales. — L' Ethique d'Abélard serait, d'après de Ilémusat, son ouvrage le plus original ; mais là encore son esprit excessif en tout l'a égaré. La moralité subjective ou formelle lui fait oublier la moralité objective des actes. — 1. Sous prétexte qu'il n'y a pas de mépris de Dieu en dehors du consentement, il ne voit plus rien de mauvais dans les penchants de la concupiscence, ni dans les jouissances défendues. Tel est le sens de l'article 19, résumé très exact de VEthica, c. ni, col. 638-645. — 2. L'acte extérieur n'a plus de valeur morale (art. 13) ; Abélard ose écrire que « tous les actes

sont indifférents en eux-mêmes et ne deviennent bons ou mauvais que par l'intention de celui qui agit ». lbid., c. vu, col. 650; cf. Epilome, c. xxxiv, col. 1755; Problemata Heloissm, probl. 24, col. 710. —3. Confondant avec l'ignorance invincible celle qui est volontaire et coupable, il excuse formellement même le déicide des Juifs (art. 10). Cf. Ellnca, c. xm et xiv, col. 653 sq. — 4. Sur la charité, Abélard est tombé dans les deux excès contraires. D'une part, il l'exalteau pointdenier tout mérite aux actes des autres vertus, ainsi que le lui reproche la censure de la Faculté de Paris, dans P. L., t. clxxviii, col. 112; cf. Jnlroductio ad theol., ibid., col. 984. A cette erreur se rattachait peut-être les articles 11 et 15 qui excluent la crainte filiale aussi bien de l'âme de Jésus-Christ que des âmes des bienheureux. — D'autre part,Mabillon, In oper. sancti Bernardi, P. L., t. CLXXXH, col. 1035, etMartène, lnprœf.ad tlieologiam Abailardi, P. L., t. CLXXVIII, col. 1120, lui reprochent avec raison d'avoir rejeté absolument le baptême de désir et refusé à la charité le pouvoir de justifier sans le sacrement. Cf. Exposilio in Epist. ad Rom.,\.\\,P. L., t. clxxviii, col. 845; Theol. christ., 1. II, col. 1205.

La censure delà Faculté de Paris en 1616, Op. Abail., ibid., col. 109-112, signale encore plusieurs opinions singulières d'Abélard surdes points spéciaux. Nous nous arrêterons seulement à un article qui ne figure pas dans la liste de Sens, mais qui a été condamné par Innocent II, puisqu'il se trouve dans la série romaine des Capitula, c. IX, dans édit. Cousin, t. Il, p. 768, et Op. sancti Bernardi, P. L., t. clxxxii, col. 1052. Abélard enseignait sur l'eucharistie cette étrange opinion, que Jésus-Christ cesse d'être présent sous les espèces, dès qu'elles sont irrespectueusementtraitées, parexemplesiellestombent à terre; d'où la formule condamnée : Corpus Chrisli non cadit in terram. Saint Bernard, Epist., exc, De err. Ab., c. iv, P. L., t. c, col. 1062, etGuillanme de Saint- Thierry, Disput. adv. Ab., c. îx, P. L., t. clxxx. col. 280, furent aussi vivement choqués de la théorie d'Abélard sur les accidents eucharistiques qui, disait-il, « sont dans l'air », sont « suspendus en l'air ». Cf. Die Sentenzen Rolands, édit. Giell, p. 233-235.

I. Sources du xir siècle. — 1* Saint Bernard, ses lettres à la cour romaine sur Abélard ; les plus importantes sont : les lettres cxci et cccxxxvn adressées au pape, au nom des Pères du concile de Sens, P. L., t. clxxxii, col. 357, 540; à la lettre cccxxxvn, se rattache le recueil des Capitula, ibid-, col. 1049 ; les lettres personnelles de Bernard au pape, lettre clxxxix, col. 354; lettre cccxxxi, col. 535, et surtout la lettre CXC qui contient un véritable traité De erruribus A bailardi, col. 249-282; 2" Guillaume de Saint- Thierry, Episl. ad Gaufridum et Bern., Op. S. Bern., ibid., col. 531 ; Dispulatio adv. Abailardum , P. L., t. clxxx, col. 249- 282; 3° Disputatio catholicorurn Patruni adversus dogmata Pétri Abxlardi, réfutation (anonyme) de la première apologie d'Abélard, P. L., ibid., col. 283-328; 4" Bérenger, disciple d'Abélard, publia en sa faveur son Apologeticus, recueil d injures centre tes Pères de Sens, resté inachevé, dont l'auteur adressa une rétractation équivoque à l'évèque de Mende, dans les Op. Abxlardi, P. L., t. CLXXVIII, col. 1851-1873.

II. Critiques des erreurs d'Abélard. — La censure des docteurs de la faculté de théologie de Paris, publiée de 1616 comme contre-poison des œuvres d'Abélard, Op. Abxl., P. L.,t. CLXXVIII, col. 109-112; Mabillon, Admonitio in opusc. xi S. Bernardi. P.L., t. CLXXXII, col. 1045; Martène, Observationes prxvix. ad Theol. christ. Abxl., dans Thésaurus nov us anecdOt.,t. v, p. 1139-1156, et Op. Abxl., P. L., t. CLXXVIII, col. 1113; II. Hayd, Abàlard und seine Lehre in Verliallinss zur Kirche und Dogma, in-4% Batisbonne,1863 ; Jolianny de Ilochely, Saint Bernard, Abélard et le rationalisme, in-12, Paris, 1867; d'Argentré. Collectio Judiciorum..., Paris, 1728, t. I, p. 20; D' J. Bach, Die Dogmengcsehichte des Mitlelallers vom christologisclien Slandpunkle, in-8 -, Vienne, 1875, t. il, p. 43-88 ; Vigouroux, Les Livres saints et la critique rationaliste, 8" édit., in-12, Paris. 1890, p. 337-354; de Hégnon, Éludes de théologie positive sur lu Trinité, in-8", Paris, 1892, t. il, p. 65-85. Voiraussi les ouvrages cités dans l'article précèdent, surtout Hefele, Vacandanl, dom Clément, ainsi que les travaux indiqués des PP. Denifle et C.ietl.

F. PORTALIÉ.

ABÉLARD (ÉCOLE THÉOLOGIQUE D'i

III. ABÉLARD (École théologique d>). — I. Histoire. II. Relations de l'école d'xVbélard avec l'école de Saint- Victor.

I. Histoire. — 1° Existence d'une école, qui rélève d'Abélard. — Avant les récentes recherches du P. Denille et de son collègue, le P. Gietl, un fait très intéressant pour l'histoire des origines de la scolastique, l'existence d'une école théologique relevant d'Abélard et de ses écrits, était absolument ignorée. Voir Denitle, Abœlards Sentenzen und die Bearbeitunçien seiner Theologia, dans Archiv fur Literatur und Kirchengeschiclitc des Mittelalters, Fribourg-en-F>risgau, 1885, 1. 1, p. 402 sq., 58i sq.; Gietl, Die Sentenzen Rolands nachmals Papstes Alexander III, in-8°, Fribourg-en-Rrisgau,1891. Sans doute nul n'ignorait l'immense retentissement de ses leçons qui faisait trembler saint Bernard : « Il se vante, écrivait-il au chancelier pontifical, d'avoir ouvert les canaux de la science aux cardinaux et aux prélats de la cour de Rome, de leur avoir fait recevoir et goûter ses livres et ses maximes, et de compter des partisans dévoués de ses erreurs parmi ceux mêmes en qui il ne devait trouver que des juges pour le condamner. » S. Bernard, Epist., cccvm, P. L., t. clxxxii, col. 543; cf. Epist., cxcm, ibid., col. 359. Ailleurs, le saint Docteur atteste également la diffusion extrême de ses livres : « On lit les feuilles empoisonnées d'Abélard dans les places publiques; elles volent de mains en mains, la ville et la campagne avalent le poison comme du miel... ces écrits se répandent chez tous les peuples et passent d'un pays à l'autre, etc. » Id., Epist., clxxxix, col. 355. Cf. Guillaumede Saint-Thierry, Epist. ad Bern., ibid., col. 531. Enfin en philosophie on ne contestait pas à Abélard le titre de chef d'école. Jean de Salisbury avait dit trop clairement : Peripatelicus Palalinus... multos reliquit et adhuc quidem aliquos habetprofessionisliujussectatoreset testes. Melalogicus (écrit en 1159), 1. II, c. xvn, P. L., t. cci, col. 874. De Rémusal, Abélard, Paris, 1855, t. i, p. 272, cilait parmi « les disciples les plus avérés » d'Abélard : Bérenger et Pierre de Poitiers (plutôt disciple de Pierre Lombard), Adam du Petit-Pont, Pierre Hélie, Bernard de Chartres (il s'agit de Bernard Silvestris, souvent confondu avec son homonyme, cf. Clerval, Les écoles de Chartres, 1895, p. 248), Robert Folioth, Menervius, Raoul de Chàlons, Geoffroi d'Auxerre, Jean le Petit, Arnaud de Brescia, Gilbert de la Porrée; ce dernier, réaliste exagéré et né avant Abélard, n'a pu être son disciple que dans un sens fort large. Mais en théologie on ne soupçonnait pas que les écrits d'Abélard fussent devenus la base d'un enseignement fort répandu. Deutsch lui-même, Petrus Abœlurd, Leipzig, 1883, p. 427, disait: « En philosophie il peut être question d'une école d'Abélard, mais nullement en théologie. Aucun écrit du xne siècle ne révèle sa dépendance de la pensée d'Abélard. Une école d'ailleurs se fùt-elle formée, la condamnation de Soissons (1121) l'eût étouffée. » Cf. Denifle, op. cit., p. 404, 614. Aujourd'hui, on va le voir, le doute n'est plus permis.

2° Ouvrages de l'école d'Abélard. — Le P. Denifle nous présente non pas un ou deux cours de théologie, comme pour l'école de Saint- Victor, mais quatre Sommes de sentences qui toutes dépendent très étroitement de la doctrine et du texte de Vlntroductio ad theologiam. La première et aussi la plus précieuse a pour titre (ms. m, 77 de Nuremberg) : Sentenliœ Rodlandi Bononiensis magistri auctoritatibus rationibus fortes. Le nom seul de son auteur lui donnerait un prix singulier. En effet, d'après la conjecture du P. Denifle, Archiv..., p. 438-452, appuyée sur de nouvelles preuves par le P. Gietl, op. cit., p. 4-20, cette Somme est l'œuvre du grand pape Alexandre III (Roland Bandinelli), dont l'enseignement de la théologie et du droit canon jeta tant d'éclat à Bologne. Par son étendue, sa clarté', sa méthode rigoureuse et le soin de résumer les contro-

verses du temps, elle constitue un document de premier ordre pour l'histoire de la scolastique. Mais il est surtout intéressant de voir un grand docteur résumer la théologie abélardienne, la combattre souvent, et l'adopter parfois même en des points qu'il devait plus tard condamner comme pape (voir plus loin). — La seconde Somme est encore d'un écolàtre de Bologne, Ognibene, contemporain de Roland dont il s'inspire plus d'une fois, et probablement le canoniste bien connu à qui on attribue une Abbreviatio Decreli. Denifle, op. cit., p. 469. Son ouvrage a pour titre (ms. 19134 de Munich) : Incipit tractatus et quorumdam sententiœ collectée ex diversis auctoritatibus mag. Omnebene. — Les deux autres Sommes sont anonymes et se distinguent par une aveugle fidélité à suivre Abélard dans presque toutes ses erreurs. L'une, découverte à Saint-Florian (Haute- Autriche), est encore inédite, comme celle d'Ognibene, mais Denifle et Gietl en ont donné de nombreux extraits. La dernière n'est autre que ÏEpitome theologise déjà connu (voir I Abélard, Vie et œuvres) et rangé avec raison par Denifle parmi les cours de théologie inspirés par Abélard. — Tous ces ouvrages en effet ont pour caractère commun une dépendance évidente de Ylntroductio ad theologiam d'Abélard. Tous lui empruntent le même Incipit, qu'on ne retrouve dans les manuscrits d'aucune autre école : Tria sunt in quibus humanse salutis summa consistit, /ides scilicet, carilas et sacramenlum. Suivant cette division tout abélardienne, ils ramènent la théologie à ces trois parties (les sacrements chez tous précédant la charité). Enfin Abélard est pour eux le Magislcr Petrus (preuve que Pierre Lombard n'était point encore illustre) ou même pour Ognibene le Magisler tout court, dont on adopte les vues et les formules.

Ainsi l'action d'Abélard s'exerça par une foule de maîtres qui, même sans l'avoir entendu (c'est le cas de Roland), transplantaient sa doctrine dans les écoles de tous les pays. Ognibene enseigne à Bologne comme Roland, Denifle, loc. cit., p. 615, mais Roland écrit ses sentences à Rome, Gietl, loc. cit., p. 16, et l'auteur du manuscrit de Saint-Florian protesse à Milan. C'est d'ailleurs à Rome, qu'avant 1135, un chanoine de Latran, Adam, De scholis ivag. Abaiolardi egressus, enseignait les erreurs de son maître sur l'incarnation, et, combattu par Gerhoch de Reichersberg, préféra l'apostasie à une rétractation. Cf. Gerochi, Epist. ad collegium Cardinalium, dans Pez, Thésaurus anecd. nov., t. VI, p. 522; cf. P. L., t. ccxin, col. 376. On comprend mieux après cela les alarmes de saint Bernard et aussi les expressions du satirique Gautier Map affirmant que dans les écoles « Abélard était enseigné »,

Et professi plurimi sunt Abaielardtim,

et ajoutant que la sentence obtenue des évêques par le grand abbé, n'était point admise sans réclamations :

Clamant a philosopho proies educali.

Cucullatus populi primas cucullati.

Ut s.rpe tunicis tribus tunicati

Imponi silentium fecit tanto vati (Abélard).

Walter Mapes, dans The latin poems by Wright, Londres, 1841, p. 28; cf. Denifle, op. cit., p. 605 sq.

3" Survivance de l'école d'Abélard à sa condamnation. — L'école d'Abélard fut encore florissante après la condamnation de 1141, seulement elle devint plus prudente et plus modérée. Le P. Denifle, Archiv..., p. 604, 615, avait pensé que les quatre Sommes étaient antérieures au concile de Sens. Mais le P. Gietl, Die Sentenzen, etc., p. 17, a prouvé qu'au moins les Sentences de Roland sont postérieures et ont été écrites vers 1149. On y lit la formule Dicebat magister Petrus, qui suppose Abélard disparu ; on n'y voit pourtant pas mentionnée la condamnation, si ce n'est peut-être dans cette expression, à propos de l'optimisme, quidam a ralione

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