‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 336 sur 536 · H. ALSACE-LORRAINE · texte numérisé non relu

H. ALSACE-LORRAINE

I. diocèse de Strasbourg. — Strasbourg (évêché, dépendant directement du Saint-Siège) : 790792 catholiques; 295 747 non-catholiques; 57 doyennés; 705 paroisses; 220 vicariats; 1183 prêtres séculiers; 25 réguliers.

//. diocèse de metz. — Metz (évêché, dépendant directement du Saint-Siège) : 450000 catholiques; GO00O non-catholiques; 4 archidiaconés; 33 doyennés; 797 paroisses; 800 prêtres séculiers; 10 réguliers.

On trouve dans le Schematismus der Rômisch-katholischen Kirche des Deutschen Reiches (Fribourg, 1888) la liste de toutes les paroisses, chapelles et couvents catholiques de l'empire.

VI. Les missions catholiques allemandes. — L'Allemagne catholique demeure fort au-dessous de la France, en ce qui concerne les missions en pays étrangers. On évalue à 1 000 religieux et 364 religieuses les sujets de nationalité allemande qui portent au delà des mers leur dévouement de missionnaires; les catholiques français, qui sont deux fois plus nombreux que les catholiques allemands, envoient aux missions 7 fois plus de missionnaires et 17 fois plus de religieuses. L'Allemagne donne annuellement, pour les missions, 1 826 166 francs, c'est-àdire à peine le tiers de la somme que donnent les catholiques français, et qui s'élève à 6047231 francs. Mais, •depuis quelques années, les missions catholiques allemandes ont fait de notables progrès; et l'Allemagne catholique semble aspirer à devenir, à cet égard, l'émule de la France. L'œuvre de la Propagation de la foi fut introduite en Allemagne en 1839 ; en 1898, les catholiques d'Outre -Rhin y contribuaient pour 398079 francs; et comme, d'autre part, le conseil central, siégeant à Paris, allouait aux diocèses allemands, pour la défense ou la diffusion du catholicisme parmi les populations protestantes de l'empire, une somme de 142000 francs, l'Allemagne donnait à la Propagation, en définitive, pour l'évangélisation étrangère, 256079 francs. L'œuvre de la Sainte-Enfance, en 1898-1899, a perçu dans l'empire

(défalcation faite de l'Alsace - Lorraine ) la somme de 9i8427 francs; c'est à peine si cette œuvre, française d'origine, recueille davantage en France. A côté de ces deux grandes organisations, auxquelles l'Allemagne s'est ouverte, il faut mentionner les œuvres de missions d'origine purement allemande. Le Ludwigs-Missionsverein est au premier rang : fondée en Bavière, sous les auspices du roi Louis Ier, cette association a pour maxime d'entretenir surtout des missionnaires et des instituts allemands; elle donne volontiers une affectation nationale aux aumônes qu'elle obtient pour la propagande catholique; ses recettes , en 1896, étaient de 527 594 marks, et ses dépenses de 166492 marks, dont 50000 pour les seules missions d'Amérique. De même que le Ludwigs- Missionsverein n'avait été, à l'origine, qu'un rameau de la Propagation de la foi, de même Y Afrikaverein , qui pourvoit aux missions d'Afrique, ne devait être, à l'origine, qu'une branche de notre société anti-esclavagiste ; mais Mar Schmitz, le défunt coadjuteur de Cologne, réclama pour Y Afrikaverein une autonomie toute germanique; et cette association, qui recueille annuellement plus de 140000 francs, entretient en Afrique des missionnaires exclusivement allemands. Des associations moins importantes existent à Trêves en faveur des Pères blancs d'Allemagne, à Cologne en faveur des Pères du Saint-Esprit d'Allemagne; la première, en 1898, avait 16000 francs de recettes; la seconde, 20707 francs. Enfin Y Association de Terre-Sainte, fondée en 1894, sous le patronage de l'archevêque de Cologne, par la fusion de l'Association du Saint-Sépulcre et de l' Association de la Palestine, semble appelée à de très hautes destinées : chaque année, dans ses congrès, elle provoque un mouvement du patriotisme allemand contre les antiques prérogatives dévolues à la France dans les lieux saints et solennellement ratifiées par Léon XIII ; et le voyage de Guillaume II en Palestine en 1898 a inspiré aux membres de Y Association de Terre-Sainte les plus vastes espoirs : cette association a recueilli, en 1898, déduction faite des intentions de messes, la somme de 215 838 francs ; elle se propose de construire sur le terrain de la Dormition de la Vierge une église monumentale et de multiplier, en Palestine, les hospices et écoles qui, jusqu'ici, n'ont point dépassé le chiffre de trois. Bret, le mouvement des missions catholiques, dans l'Allemagne contemporaine, se distingue par un certain esprit d'exclusivisme national.

Parmi les prêtres et religieux allemands qiuï se dévouent aux missions, les jésuites sont les plus nombreux : les missions de Bombay, du Brésil, du Zambèze et de l'Amérique du nord occupent 489 d'entre eux. Les Pères du Saint-Esprit, de Paris, ont, depuis 1896, une maison allemande à Knechtsteden, en Prusse rhénane : ils avaient dans les missions, en 1898, 121 sujets allemands ; Zanzibar est leur principal terrain. Les Pères blancs, d'Algérie, ont, depuis 1894, une maison à Trêves, et une annexe à Marienthal pour la formation de leurs frères coadjuteurs : jusqu'à ce jour, l'Allemagne a donné à leur société 48 sujets, qui vivent dans le Nyanza méridional, l'Unyanyembé et le Tanganyka. Les Oblats de Marie, dont la maison-mère est à Paris, possèdent en Allemagne, depuis 1894, un important rameau : ils ont 65 religieux allemands dans l'Afrique allemande du sud-ouest. Les missionnaires du Sacré-Cœur, d'Issoudun, ont fondé à Hiltrup, en 1898, une maison allemande; ils ont 40 sujets dans la mission de la Nouvelle-Poméranie (archipel de Bismarck). Joignez-y 10 trappistes allemands dans l'Afrique orientale allemande, 28 religieux Pallottini, dont la maison-mère est à Rome, et qui travaillent dans le Cameroun, une centaine de franciscains dans la Terre-Sainte et le Brésil ; et nous aurons clos, ainsi, le bilan des congrégations de missionnaires qui recrutent des bonnes volontés en Allemagne sans être elles-mêmes allemandes d'origine. Mais il est une

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seconde catégorie de missionnaires, dont les rhaisonsmères sont purement allemandes; les bénédictins de Saint-Ottilien de Bavière, qui ont fondé, en 1888, la mission du Zanzibar méridional, et qui y entretiennent 22 religieux; les Frères alexiens, d'Aix-la-Chapelle, qui sont au nombre de 83 dans les quatre maisons d'Amérique où ils se dévouent au soin des malades et des aliénés, et surtout les religieux de la société du Verbe divin, fondée à Steyl, en Hollande, en 1875, par Arnold Janssen. Cette société aspire à être pour l'Allemagne ce qu'est pour nous, depuis deux siècles, le séminaire des missions étrangères; en moins de vingt-cinq ans, elle est parvenue au chiffre de 700 religieux et de près de 1000 élèves; elle a deux collèges pour les études secondaires, à Steyl et à Neuland (Silésie) ; un noviciat à Saint- Gabriel, près Moelding (Autriche), et un établissement d'études supérieures à Rome, sous le nom de collège de Saint-Raphaël, elle a fondé tour à tour: en 1881, la mission du Schantong méridional; en 188'.), une mission dans la République argentine; en 1892, celle de Togo, en Afrique; en 1893, celle de l'Equateur; en 1895, celles du Brésil et (ljs Ktats-Unis ; en 1896, celle de la Terre de Guillaume (Océanie). C'est la mission de Chine qui est la plus importante , elle compte 31 pères et 9 frères coadjuteurs distribués en 7 décanats. La fondation de cette société est l'un des principaux épisodes de ce mouvement qui a pousse le catholicisme germanique, dans le dernier quart de siècle, à se mettre au service du germanisme. Observons enfin que certaines de ces sociétés de missionnaires ont établi, tout près d'elles, des groupements de religieuses; à côté de la société de Steyl, il y a, dans les missions, 23 « servantes du Saint- Esprit » ; à côté des Pères du Sacré-Cœur, 14 religieuses allemandes du Sacré-Cœur; à côté des Pères blancs, 60 sœurs blanches allemandes élevées à Kouba , en Algérie; à côté des bénédictins de Saint-Ottilien, les bénédictines, qui sont au nombre de 70 à Saint-Ottilien et de 14 en Afrique; à côté des Pallollini, 16 Pallottines au Cameroun. Mais les deux sociétés de religieuses missionnaires les plus florissantes de l'Allemagne sont, d'une part, les sœurs de Saint-Charles-Borromée, qui ont leur maison-mère à Trebnitz, en Silésie, et son', un rameau détaché de la congrégation de Nancy; et, d'autre part, les « sœurs de charité, filles de la bienheureuse Vierge Marie de l'Immaculée-Conception », qui ont leur maison-mère à l'aderborn et furent fondées en 1819 par Mlle de Mallinckrodt : les premières avaient, en 1898, 539 professes et 202 novices et occupaient deux couvents en Egypte et trois en Palestine; les secondes sont à peu près un millier dans l'Amérique du nord.

A côté des œuvres de missions fondées par les catholiques allemands pour la conversion des infidèles, il faut citer la puissante association qu'ils ont créée pour le maintien ou la diffusion de la foi catholique dans les régions presque exclusivement protestantes de l'empire, appelées régions de Diaspora. Le Boni faciusverein (tel est le nom de celle association) distribue chaque année plus d'un million de marks aux petites chrétientés catholiques disséminées dans ces régions.

Neher, Der Misaionsverein oderdas Werk der Glaubensverbreitung, Fribourg, 1894; Hôllerl, Kloster-Schematismus /m-

dasdeutsche l'virli mut Oesterreich-Ungarn, Paderborn, 3'édit., 1899; K;iiiiiiii;jm-i i', Les missions catholiques : France et Allemagne, Paiis, 1900; ouvrage essentiel, qui est le résumé d'enquêtes minutieuses, el qui met fort bien en relief la façon différente dunt 1p catholicisme français et le catholicisme allemand conçoivent et pratiquent les missions. Kn ce qui renarde les missions de Chine : René Pinun et Jean de Marcillac, La Chine qui t'ouvre, Paris, 1900.

VII. Les œuvres sociai.es et charitables des catholiques ALLEMANDS. — Les catholiques allemands, depuis 18'i8, tiennent chaque année un congrès où sont discutés leurs intérêts el préparées leurs revendications politi-

ques; la suite des comptes rendus de ces congrès forme, depuis un demi-siècle, l'histoire vivante des catholiques allemands. Windthorst, le leader du Centre, les organisa, vers la lin de sa vie, en un puissant groupement permanent appelé le Volksverein. Cette association, chaque année, présente un compte rendu général de son activité dans une séance générale qui coïncide avec le congrès annuel des catholiques allemands. Le rapport le plus récent, présenté à Neisse le 30 août 1899, marque en termes si précis les développements et les résultats du Volksverein, qu'il nous suffit de le résumer. Aux termes de ce rapport, le Volksverein, à la fin de 1898, comptait 186662 membres, dont 62029 en Prusse rhénane, 34208 en Westphalie, 18289 en Bavière, 22054 en Wurtemberg et 10654 en Bade : c'est donc surtout dans la région de Cologne, berceau de cette association, que son épanouissement est le plus remarquable. Le Volksverein, au cours de 1898, a tenu environ 500 réunions publiques catholiques dans les diverses villes d'Allemagne. Il a distribué, durant ces douze mois, 6629000 imprimés, entre autres le journal le Volksverein, envoyé gratis huit fois l'an à tous les membres de l'association; 18 brochures d'ordre social ou politique, répandues au nombre de 4 929 000 exemplaires; et certains ouvrages de l'abbé Hitze ou certains commentaires des lois sociales nouvelles, à quelques milliers d'exemplaires. lia envoyé une « correspondance sociale » à 250 journaux catholiques : elle atteignait, au bout de l'année, le chiffre de 62 articles, dont 15 étaient consacrés à la nouvelle loi sur les métiers. Il a pris l'initiative, en Wurtemberg, d'instituer des avocats pour les paysans, pour les gens de métier et pour les ouvriers, sortes de conseils judiciaires capables de les éclairer sur leurs intérêts et de guider leurs essais de groupements.

Au Volksverein se rattachent plusieurs institutions destinées à la culture du sens social et à l'extension des connaissances sociologiques dans les sphères ecclésiastiques et populaires : cours « pratiques-sociaux » destinés spécialement aux clercs et aux laïques instruits, et réunissant chaque année, pendant quatre à cinq jours, des auditoires toujours plus considérables (en 1898, le cours « social-pratique » eut lieu à Strasbourg et fut fréquenté par 1750 auditeurs); bibliothèque « scientifique sociale » établie à Miinchen-Gladbach (en 1898, elle fit 3500 acquisitions nouvelles et prêta aux membres du Volksverein 3016 ouvrages); secrétariats du peuple (Volksbureatix), qui étaient, en 1898, au nombre de 2i; bureau social de renseignements (Soziale Aitskiinftsstelle) installé à Mùnchen-Gladbach, centralisant et répandant toutes les informations nécessaires sur les questions législatives, philanthropiques et sociales.

A côté du Volksverein, qui est, à la fois, un lien et un stimulant pour les initiatives politiques et sociales des catholiques allemands, on a fondé à Eribourg-en- Brisgau, en 1897, un Charitas-Verband pour l'Allemagne catholique. C'est une sorte d'office central de toutes les institutions charitables et philanthropiques fondées par les catholiques de l'Allemagne. La revue mensuelle Cltarilas, publiée à la librairie Herder par les soins de M. l'abbé Werthmann, est l'organe de cette institution. Depuis quatre ans, cette revue s'occupe de dresser le bilan de la charité catholique allemande. Munich est la ville la plus charitable de l'Allemagne, elle compte I 155 religieux et religieuses, soit 1 religieux ou religieuse pour 305 habitants. C/iaritas, t. i, p. 6-8. Le diocèse de Cologne compte 1 184 institutions de charité catholique, la plupart datant des 50 dernières années. Voir Brandis, Die katholische Wolthâligkeits-anstalten und Vereine, sowie das katholisch-soziale Vereinswesen, insbesondere in der Erzdiïwesc Kôln, Cologne, 1897. La statistique des œuvres de charité fut successivement dressée, dans la revue Cliaritas, pour les diocèsesdeMùnster(t.n,p.23-25),deWurzbourg(t. iup.240-

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242); elle sera bientôt achevée pour tout l'empire. La célébration du cinquantième anniversaire de la fondation de l'hôpital catholique de Sainte-Hedwige à Berlin et la célébration du cinquantième anniversaire de l'établissement des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul dans le grand-duché de Bade ont donné lieu, en 1896, à un vif mouvement de sympathie pour la charité catholique, qui s'est répercuté jusque dans les sphères politiques : de 1846 à 1896, l'hôpital catholique de Berlin a reçu 147 108 malades, Charitas, t. i, p. 224-225; et les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul soignent à cette heure les malades dans 61 localités badoises. Charitas, t. H, p. 55-57. Ce qui caractérise l'action sociale du catholicisme en Allemagne, c'est la part immédiate et directe qu'y prend le clergé. C'est, la plupart du temps, le curé rural qui organise ou propage dans son village, pour lutter contre l'usure, la précieuse institution des Associations de paysans (Bauernvereine); les Bauernvereine rhénan, westphalien, bavarois, hessois, badois, sont dus à des initiatives catholiques. C'est au clergé, également, que les caisses populaires d'épargne et de prêt dites caisses Raiffeisen sont redevables de leur développement. C'est un prêtre, Kolping, qui a étendu à travers l'Allemagne un vaste réseau de Gesellenvereine (associations pour compagnons); l'abbé Oberdorfler, curé de Stolberg, est à la tête de tous les cercles de travailleurs (Arbeitervereine); et le succès des revendications religieuses du Centre est dû, en grande partie, aux services sociaux et aux initiatives sociales des députés catholiques et des prêtres catholiques, aux projets de loi sociaux déposés par les premiers, aux œuvres sociales accomplies par les seconds. C'est à tort, sans nul doute, qu'on prétendrait transporter en France, pour assurer aux desiderata des catholiques une heureuse issue, une organisation politique calquée sur celle des catholiques allemands : les populations de la Prusse rhénane et de la Westphalie font un singulier contraste, par leur pratique religieuse demeurée si fervente, avec les couches profondes de nos populations campagnardes; et le Centre possède, en Allemagne, cette indispensable assise qui ferait défaut, chez nous, à un parti analogue, nous voulons dire : un corps électoral foncièrement et réellement catholique. Mais ce qu'on peut retenir de l'exemple du Centre, ce qui, grâce aux beaux travaux de M. Kannengieser, en a été retenu, c'est l'efficacité de l'action sociale du prêtre et du fidèle : le Culturkampf allemand a été vaincu par l'union qui s'est établie entre le prêtre qui souffrait et l'ouvrier qui peinait.

Voir Theodor Palatinus, Entstehung der Gencralversammlungen der kalholiken Deutschlands, Wnrzbourg, 1804; les revues Der Volksverein, Arbeiterwohl et Charitas; Schaeffer, Adolf Kolping, Paderborn, 1893; la Kôlner Correspondent, organe des A rbeitervereine ; Kannengieser, Catholiques allemands, Paris, 1892; Kannengieser, Ketteler et l'organisation sociale en Allemagne, Paris, 1894; Goyau, L'Allemagne religieuse, Paris, 1898, p. 24 sq. ; Wenzel, Arbeiterschutz und Centrum, Berlin,

En ces dernières années, les initiatives catholiques se sont portées avec un soin jaloux, sur deux terrains où le protestantisme semblait les avoir devancées : la protection de la jeune fille, et le combat con're l'alcoolisme. Les maisons catholiques de protection de la jeune fille, en 1897, se répartissaient ainsi : 10 en Bade, 9 en Bavière, 4 en Alsace, 2 en Hesse, 26 en Prusse, 2 en Saxe, 2 en Wurtemberg, Charitas, il, p. 47-49; on a fait de fructueux efforts pour créer un lien entre ces maisons, pour donner à la protection de la jeune fille un caractère international; on a créé à Munich, en 1896, le Marianischer Màdchensc/tutzverein, Charitas, il, p. 29 sq. ; on a inauguré, à Trêves et à Cologne, un mouvement en faveur des demoiselles de magasins. Charitas, il, p. 105-

Quant à la lutte contre l'alcoolisme, elle a depuis 1897 un organe : les Katholisclte Màssigkeitsblutler, supplément à la revue Charitas, et autour de cet organe s'est créé un comité central catholique antialcoolique, qui se ramifie dans toute l'Allemagne.

VIII. Les missions protestantes allemandes. — Le protestantisme allemand, avant le xixe siècle, s'occupa fort peu de la diffusion du christianisme dans les pays infidèles : on ne peut citer, à cet égard, antérieurement à l'an 1800, que la mission des frères Moraves, fondée depuis 1732. Elle est encore très prospère aujourd'hui; elle entretenait, à la fin de 1897, 138 stations de missions, réparties entre le Groenland, le Labrador, l'Alaska, la Californie, les Antilles, l'Amérique centrale, l'Afrique, l'Australie et l'Himalaya; et elle avait la charge de 96 197 âmes. Au xixe siècle un certain nombre de sociétés de missions protestantes ont été fondées. — 1. VEvangelische M issionsgesellschaft de Bàle, fondée en 1815 : aux 33 stations de missions qu'elle possédait en 1878, se sont ajoutées, dans les vingt années suivantes, 23 stations nouvelles; elle travaille au Cameroun, à la Côted'Or, dans l'Inde; mais c'est en Chine, surtout, qu'elle a fait, en ces dernières années, de remarquables progrès; elle règne sur 38 637 âmes. — 2. La Rheinische Mission, issue de la fusion des trois sociétés de missions d'Elberfeld (fondée en 1799), de Barmen (fondée en 1818) et de Cologne (fondée en 1828) : elle travaille, surtout, dans l'Afrique allemande et dans les Indes néerlandaises; elle compte 72 367 fidèles. — 3. La Norddeutsche MissionsgesellscJiaft, fondée en 1836; elle a 2 257 fidèles. — 4. La mission luthérienne-évangélique de Leipzig, fondée en 1838; elle a pris comme champs de travail l'Afrique orientale, tant anglaise qu'allemande, et l'Inde : dans la région de Madras, le nombre de ses fidèles s'est élevé, entre 1893 et 1899, de 131 à 2 000. - 5. La Hermannsburger Mission, fondée en 1849. Le Zoulouland et le Bechuanaland sont évangélisés par cette mission; elle y possède 44 650 fidèles; elle commence à travailler dans l'Inde. — 6. La Gossnersche Mission : l'Inde est son domaine; elle végète dans la région du Gange, mais obtient, dans le pays des Cols, de très beaux succès (49 000 fidèles, et, dans la seule année 1898, 2 422 baptêmes). — 7. La société de missions pour l'Afrique orientale-allemande : sa première station date de 1887; elle en a sept à l'heure actuelle, avec 186 fidèles et 90 catéchumènes. — 8. La mission du Schleswig- Holstein, fondée en 1877 : l'Inde est son domaine; elle avait, au 1er avril 1899, 6 stations avec 687 fidèles. — 9. La mission de Neunkirchen, fondée en 1881. Les sept stations qu'elle entretient à Java, les trois stations qu'elle entretient dans l'Afrique orientale anglaise, avaient, en 1898, 1 262 fidèles. — 10. La société bavaroise de Neuendettelsau : elle se consacre à l'évangélisation de l'Australie du sud et de la Nouvelle-Guinée. — 11. Le Jerusalems-Verein, fondé en 1852 par Gobât, rattaché à l'évêché anglo-allemand de Jérusalem et pourvoyant à l'entretien de la Diaspora allemande en Palestine. — 12. Les comités de Francfort et de Berlin pour la protection des Arméniens et le Deutsche Hilfsbund entretiennent en Asie Mineure, en Bulgarie et en Perse, des orphelinats protestants pour les petits Arméniens schismatiques : 1200 environ y sont recueillis. — 13. L'Evangelischer Afrika-Verein, fondé en 1894, pourvoit aux œuvres humanitaires dont le besoin se fait sentir dans l'Afrique allemande (asile pour esclaves, sanatorium, école supérieure chrétienne, école de colonisation). — 14. Enfin, trois associations de femmes missionnaires, sans grande importance d'ailleurs, ébauchent quelques efforts en Orient et en Chine. — Il faut ajouter à cette liste la Société pour promouvoir les missions évangéliques parmi les païens, fondée à Berlin en 1824. Elle eut des débuts fort difficiles : Schiittge organisa à peu près un séminaire pour les jeunes missionnaires,

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puis l'institution périclita, jusqu'à ce qu'en 1857 elle fût relevée par Wallmann et délinitivement organisée par l'un des hommes qui ont le plus travaillé à l'extension des missions évangéliques, Wangemann. Elle a 66 stations de missions, dont 50 dans l'Afrique méridionale, réparties en 6 districts, — 9 dans l'Afrique orientale, — et 7 en Chine : plus de 47 000 Ames dépendent d'elle. La mission de Chine existe depuis 1882 : dès que le gouvernement allemand, en novembre 1897 eut pris possession du territoire de Kiantschou, la société installa immédiatement, au milieu de ces 175 000 Chinois dont le territoire devenait allemand, une station de mission. Le rapport le plus récent et le plus complet sur l'activité de cette société vient d'être publié par M. Merensky dans le Kirchliches Jahrbuch de M. Schneider pour 1900, p. 285-301.

Sur les missions protestantes allemandes, consulter, outre les divers périodiques que publient presque toutes ces sociétés de missions, la revue d'ensemble qu'a fondée M. le pasteur Warneck sous le titre : AUgemeine Missions;eitschrifC ; Gundert, Die evangclische Mission, 3" édit., 1894; Karl Mirbt, Der deutsche Protestantismus and die Heidoimission arn xix Juhrhundert, Giessen, 1896.

Enfin le rôle que remplit au profit du catholicisme l'Association de Saint-Boniface dans les régions protestantes est rempli au profit du protestantisme, dans les régions catholiques, par l'Association de Gustave-Adolphe, fondée sous Frédéric-Guillaume IV, et par la Ligue évangélique, Evangelischer Bund, fondée sous Guillaume Ier. Voir les brochures publiées par VEvangelischer Bund, Leipzig, et Zimmermann, Der Gustav-Adolfs Verein, Darmstadt, 1878.

IX. Les œuvres sociales et charitables protestantes. — Les œuvres sociales protestantes sont toutes groupées autour de la Mission intérieure, organisée par Wichern en 1848. « Journal mensuel pour la Mission intérieure, y compris la diaconie, le soin de la diaspora, l'évangélisation et l'ensemble de la bienfaisance; » ainsi s'intitule le principal organe de la Mission intérieure; et cet énoncé marque l'étendue du programme et la diversité des ambitions. Plus de 13000 diaconesses, plus de 2000 « frères », un certain nombre de pasteurs, sont les agents de la Mission intérieure. La Mission intérieure répand des bibles (546995 en 1898, réparties par les soins de 9 sociétés bibliques allemandes). Elle propage des tracts, sous les auspices de 7 grandes « sociétés de tracts »; 4 de ces sociétés, depuis leur fondation, ont répandu 90 millions de tracts. Elle fait circuler des ouvrages religieux (chaque semaine, 220000 exemplaires de sermons sur feuilles volantes; diffusion de 195 périodiques chrétiens, s'élevant à environ 3 150 000 exemplaires; diffusion de 64 calendriers chrétiens, s'élevant à environ 2 millions d'exemplaires; entretien de 10114 bibliothèques populaires ; institutions de colportage de littérature chrétienne dans 322 circonscriptions synodales). Afin de conserver intacte, au ca'ur des régions catholiques, la minorité protestante, la Mission intérieure veille à l'entretien de 32 institutions spéciales (Konfirmandenanstalten) où 900 enfants destinés à la confirmation reçoivent un enseignement suffisant. Elle désigne des prédicateurs et elle leur associe des laïques pour catéchiser chaque dimanche 730 000 enfants dans 5915 services religieux spéciaux (Sonnlagsschulcn ou Kindergollesdienste). Elle multiplie et développe des œuvres de préservation, d'un caractère tout à la fois religieux et social :

1° Associations de jeunes gens (Jimglingsvereine); leur nombre a quintuplé de 1880 à 1890, doublé de 1890 à 1898; il est aujourd'hui de 1993, groupant 103787 membres;

2° Associations d'apprentis (Lehrlingsvcreine), au nombre de 108 avec 5 248 membres et cercles ouvriers (Arbeitervereine) qui rassemblaient en 1894 plus de

50000 membres et qui, sous certaines inspirations, teadent à devenir çà et là des noyaux d'organisation ouvrière (voir Goyau, L'Allemagne religieuse, c. iv et v);

3° Associations chrétiennes de jeunes gens (Cliristliche Vereine Junger Manner), vouées à l'apostolat dans les classes indifférentes ou impies, et n'y réussissant que fort péniblement : à Berlin, elles ne parviennent à attirer que 5 p. 100 des jeunes hommes auxquels elles s'adressent et n'en retiennent que 1 p. 100;

4° Ligue des soldats (Soldatenbund), qui depuis 1893 a créé 12 « maisons » (Heime) pour jeunes soldats dans les villes de grandes garnisons;

5° « Ligue de jeunesse pour le christianisme décidé » (Jugendbund fur entschiedenes Christentum), importée d'Amérique en Allemagne en 1894; ses 2 042 membres, jeunes gens et jeunes filles, groupés en 80 associations, s'occupent de la propagande religieuse;

6° Associations de jeunes filles (Jungfraiienvereine), au nombre de 3049, dont 1 416 sont postérieures à 1890; asiles de jeunes filles en quête de places (89 Màdchenherbergen, 11 Mâdchenheime, 35 Arbeilerinnenheime); 102 crèches avec 3 091 places; 2 700 écoles enfantines avec 188 000 enfants; 332 garderies d'écoliers avec 20 713 places; 251 orphelinats avec 8697 pupilles; 140 sociétés d'éducation avec 5 226 pupilles ; 320 maisons de préservation (Rettungshuuser) avec 12167 pupilles.

Les œuvres rédemptrices aussi font escorte aux œuvres protectrices. Il en est qui recueillent les filles ou femmes vicieuses ou délaissées (39 asiles pour Madeleines avec 822 hospitalisées; maisons d'assistance (Versorgungshuuser) qui, de 1873 à 1898, ont abrité 4 910 jeunes filles; 8 colonies d'ouvrières avec 400 places). Les 39 groupements de l'Association allemande contre l'abus des spiritueux, avec 11 722 membres, les 155 groupements de la Croix bleue, avec 23 304 membres, et les 17 « établissements pour la guérison des buveurs » (Trinkerheilanstalten), dont 15 sont postérieurs à 1882, combattent l'ivrognerie; les 180 groupements de la Croix blanche, fondée en 1889, rassemblent 16 000 membres pour le combat contre la prostitution.

Voir sur les œuvres sociales protestantes : Wurster, Die Lehre der inneren Mission, Berlin, 1895; Schaeter, Leitfaden der inneren Mission, Hambourg, 1889; R. P. Cyprian, Die innere Mission der deutschen Protestanten, Passau, 1894 ; les monographies sur V Innere Mission, publiées à Hambourg; enfin Schneider, Kirchliches Jahrbuch auf das JahrWOO, Gutersloh,

La subordination de l'établissement religieux protestant au pouvoir civil entrave l'action sociale des pasteurs : les deux mouvements chrétiens sociaux inaugurés par le pasteur Stoecker il y a trente ans, par le pasteur Naumann depuis dix ans, sont suspects à la haute bureaucratie des consistoires, depuis que l'empereur Guillaume II a inauguré une politique de réaction sociale, et l'une des grandes faiblesses des églises évangéliques d'Allemagne, outre l'incertitude de leur dogme et leur agnosticisme à demi honteux, est précisément leur impuissance à exercer une action sociale sérieuse, autonome et continue. Beaucoup de protestants s'en plaignent, et l'on commente vivement à cette heure (avril 1900) la conversion au catholicisme de Mme Gnauck- Kuhne, qui était depuis dix ans l'une des collaboratrices les plus ardentes et les plus appréciées du mouvement « protestant-social ». Dans cet empire qui est la première puissance protestante du monde, dont le souverain se considère volontiers comme une façon de pape, dont l'ascendant international semble mis au service de l'idée protestante, et dont les combinaisons diplomatiques, enfin, sont dirigées contre la papauté', il est intéressant d'observer qu'à la différence du catholicisme, le protestantisme, comme l'a dit à plusieurs reprises le pasteur Stoecker, est impuissant à agir sur l'opinion et inca-

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pable de devenir une force dans la vie publique intérieure de l'empire. G. Goyau.

II. ALLEMAGNE, publications catholiques sur les sciences sacrées. — I. Moyen âge. II. Temps modernes. Aperçu général. III. Théologie dogmatique. IV. Controverse et apologétique. V. Écriture sainte. VI. Histoire ecclésiastique. VII. Patrologie. VIII. Histoire de la théologie. IX. Histoire du dogme. X. Archéologie chrétienne. XI. Théologie morale. XII. Théologie pastorale. XIII. Droit canon. XIV. Encyclopédie théologique. XV. Revues.

I. Moyen âge. — L'histoire des sciences sacrées en Allemagne durant le moyen âge se rattache à quelques grands noms qui caractérisent en même temps les tendances particulières des diverses époques dont ils sont les représentants.

1° Du vme au xne siècle. — Conserver et sauver du naufrage par la reproduction et la compilation de ce qu'elle avait produit de plus solide et de plus fécond, la science du passé et la transmettre ainsi aux générations de l'avenir, telle fut la tâche du siècle et de l'époque de Charlemagne. Nul ne la comprit mieux et ne la remplit avec plus d'enthousiasme et d'énergie que le célèbre disciple d'Alcuin, devenu abbé de Fulda et plus tard archevêque de Mayence, Raban Maur (776-856). Exégète, théologien dogmatique, liturgiste, moraliste, canoniste et poète, il commenta presque tous les livres de l'Ecriture et donna dans son De institutione clericorum (819), un manuel pratique d'éducation ecclésiastique dont le moyen âge devait toujours se servir avec prédilection.

Les abbayes bénédictines de Reichenau, de Saint- Gall, de Corbie, etc., rivalisèrent de zèle avec celle de Fulda pour défendre contre la barbarie du temps les trésors de la civilisation chrétienne et antique. Elles contribuèrent ainsi à préparer les voies à une ère nouvelle.

2° XIIe siècle. — Ce sera toujours une des gloires de l'Allemagne d'avoir donné à Paris, devenu dès lors le centre intellectuel de l'Occident chrétien, l'un des plus grands initiateurs du mouvement scientifique qui inaugura l'ef/lorescence de la scolastique, Hugues de Saint- Victor (f 1141). Élevé à l'école de Guillaume de Champeaux, Hugues assura par son grand ouvrage \aSumma sententiarum (sur le De sacramentis, voir plus haut, col. 53) le triomphe de la méthode de saint Anselme et fournit à Pierre Lombard les éléments du grand traité des Sentences qui en marqua le règne définitif.

3° XIIIe siècle. — La part prise par l'Allemagne à la grande époque scolastique du xme siècle est représentée par le nom d'Albert le Grand, 0. P. (1193-1200), qui professa la théologie dans une série d'écoles de son ordre en Allemagne, notamment à Cologne, où il fut le maître de saint Thomas d'Aquin. La place prépondérante qu'il donna dans son enseignement et ses écrits à la philosophie d'Aristote, sa vaste érudition et l'universalité de son génie préparèrent la voie au prince de la théologie du moyen âge. Il forma également Ulrich de Strasbourg (f 1277), dont la somme théologique, De summo bono, encore inédite, fort appréciée au moyen âge, compte parmi les meilleures œuvres du grand siècle. Nommons encore Hugues de Strasbourg, l'auteur présumé du manuel de théologie le plus usité durant tout le moyen âge et souvent attribué aux princes mêmes de la théologie du XIIIe siècle, le Compendium theologicse veritatis. Faut-il compter aussi parmi les disciples d'Albert le Grand, le profond et original Henri de Gand (1220-1293?) surnommé le doctor solemnis, c'est ce qu'après les savantes recherches du P. Ehrle (Archiv fïtr Literalur und Kirchengeschichte des Mittelalters/liSSo, 1. 1, fascicule 2), nous n'oserions plus affirmer.

4° xive et xve siècles. — L'époque du déclin de la scolastique vit encore surgir Thomas de Strasbourg, 0. S. A. (f 1357), qui, dans son Commentaire sur les Sentences, dont on a toujours admiré la concise clarté,

défendit le réalisme modéré de saint Thomas contre les tendances nominalistes de l'époque et le grand encyclopédiste théologique de la fin du moyen âge, dont les œuvres se rééditent en ce moment, Denys le Chartreux ( 1 402- 1 47 1 ) . Né dans le diocèse de Liège, il fit ses études à Cologne. Son Commentaire sur les Sentences, véritable chaîne des plus grands théologiens du xme siècle, est une œuvre de vaste et solide érudition.

En 1475 mourut à Tubingue celui qu'on a souvent surnommé « le dernier des scolastiques », l'une des gloires de la jeune université de Tubingue, et l'un des meilleurs et des plus corrects représentants de l'école nominaliste, Gabriel Biel. Scolastique ardent et convaincu, dialecticien consommé, il salua dans les sociétés savantes de Strasbourg et de Bâle les premiers rayons de l'humanisme naissant.

5° Théologie mystique. — A coté de la théologie scolastique ses initiateurs et ses plus illustres représentants — une place d'honneur revient ici encore à Hugues de Saint-Victor — cultivèrent avec non moins d'ardeur la théologie mystique. La séparation ne se fit qu'à l'époque du déclin de la scolastique et des triomphes du nominalisme. L'Allemagne devint alors la véritable patrie de la théologie mystique. Suivant les traces de leur maître Eckhart ou Eccard, 0. P. (f 1327), professeur de théologie à Strasbourg et à Cologne, tout en se préservant de ses erreurs, les dominicains Jean Tauler de Strasbourg (f 1361) et Henri Suso (f 1365) devinrent les principaux promoteurs du mouvement qui donna naissance à la société des « Amis de Dieu ». Des laïques, tels que Rulman Merswin de Strasbourg If 1382) et Nicolas de Bàle (f après 1417), y prirent plus tard, non sans détriment pour l'orthodoxie de la mystique allemande, une part prépondérante. Ils exercèrent ainsi que l'auteur inconnu de la Théologie allemande (Deutsche Theoiogey, publiée sous ce titre par Luther) jusque dans les premiers temps de la réforme une notable influence.

6° Histoire. — Les études historiques, dont la place, du reste, ne fut jamais dans l'organisme intellectuel des écoles du moyen âge que fort subsidiaire, se rattachèrent longtemps à un petit manuel d'histoire ecclésiastique composée au ixe siècle par l'évèque Haymo et Halberstadt (f853j et intitulé : Breviarium historiée ecclesiaslicse. C'est un abrégé de l'ouvrage d'Eusèbe traduit par Rufin. L'histoire ecclésiastique de l'Allemagne du Nord et des pays Scandinaves fut écrite par Adam de Brème (f vers la fin du xie siècle) et continuée à la fin du moyen âge par Albert Krantz (f 1517), chanoine de la métropole de Hambourg. Parmi les innombrables chroniqueurs et biographes (voir Wattenbach, Deutschlands Geschichtsquellen im Mittelalter bis in die Mitte des 13.Jahrhunderts, 5e édit., Rerlin, 1886; 0. Lorenz, Deutschlands Geschichtsquellen im Mittelalter seit dem i3. Jahrh., Berlin, 1886, et les Monumenta Germanise historica, Scriptores, 1828-1888, 28 in-fol.), citons le plus grand par sa conception philosophique et théologique de l'histoire, l'émule de saint Augustin et de Bossuet, Otton de Freising, 0. Cist. (f 1158), De duabus civitatibus.

7° Exégèse. — Les grands maîtres de la science scolastique et mystique furent en même temps les premiers exégètes du moyen âge. Sur ce terrain sans doute leurs travaux continuent plutôt les traditions de l'époque précédente qu'ils ne marquent une étape nouvelle ou un progrès parallèle à celui de la théologie systématique. Mais les chaînes et les grands commentaires de l'époque n'en sont pas moins un témoignage éloquent de l'intérêt que la théologie du moyen âge portait à l'étude approfondie de l'Écriture sainte. Nous avons déjà cité comme prédécesseur de saint Thomas en Allemagne Raban Maur. Ajoutons-y le nom du savant collaborateur et ami de Raban, Haymo de Halberstadt. Au XIIe siècle appartiennent outre Hugues de Saint-Victor, Robert de Deutz (f 1135), Gerhoh de Reichersberg (f 1169), Irinibert

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(f 1177), au xin" Albert le Grand, au xi\" Ludolphe le Chartreux (f 1344), dont la vie de Jésus fut depuis le XVe siècle plus de trente fois éditée, et enfin au XVe siècle Denys le Chartreux (f 1471).

II. Temps modernes. Aperçu général. — Trois graves événements contribuèrent vers la fin du XVe et dans la première moitié du XVIe siècle à imprimer aux sciences sacrées une direction nouvelle, la renaissance des lettres classiques, la réforme protestante, suivie de la conlre-rè forme catholique et l'invention de l'imprimerie.

La Renaissance, en ressuscitant (le mot n'est pas tout à fait exact) l'étude des anciens, devait donner avant tout un nouvel essor aux sciences linguistiques et historiques. Les premiers humanistes allemands, Nicolas de Cuse, Rodolphe Agricola, Al. Hegius, Jacques Wimpheling, Séb. Brant et de concert avec eux les meilleurs théologiens du temps, tels que G. Biel, J. Geiler et J. Trithemius , saluèrent en elle le renouveau des sciences bibliques et patristiques, persuadés qu'une étude plus approfondie des sources de la théologie était l'indispensable condition de son progrès dans l'esprit même de l'Église.

Aussi devons-nous à Trithemius une œuvre patrologique de haute importance, le De scriptoribus ecclesiasticis, et à un certain nombre d'autres humanistes les premières éditions imprimées de Pères grecs et latins. Malheureusement, l'esprit louvoyant, sceptique et frondeur qu'Érasme de Limbourg, l'homme le plus inlluent de son époque, imprima à la jeune école humaniste, devait faire aboutir tout ce beau mouvement à une fatale issue. L'opposition au formalisme exagéré de la scolastique décadente se changea en lutte acharnée contre le scolasticisme en général; sous prétexte de ramener la théologie à sa source, on ne craignit point d'en altérer la pureté. La réforme ne fit qu'accentuer cette direction anticatholique et, en brisant l'unité religieuse, brisa les liens qui rattachaient la théologie du xvie siècle à son glorieux passé. Un déclin rapide des études théologiques fut le premier effet de la « réforme ». Celle-ci, cependant, avait trop besoin pour se maintenir des armes de la science si dédaigneusement traitée par Luther. L'humaniste Mélanchthon les remit entre ses mains; il devint, par ses loci communes, le Magister locorum de la réforme et l'université de Wittenberg le Centre d'action intellectuel du protestantisme.

Ce revirement ne resta pas sans influence sur la théologie catholique. C'en était fait cependant des 'heureuses influences de l'ancien humanisme, si enthousiaste à la fois pour l'Église et la « science nouvelle ». De part et d'autre, les meilleures forces s'usèrent à la polémique, à une polémique ardente et passionnée d'abord, outrepassant dans ses iormes, à l'exemple de la polémique de Luther, tout ce que les plus virulentes controverses avaient mis au jour jusqu'alors, ensuite, plus calme, plus froide, plus raisonnée, plus systématique. Pour la théologie catholique en Allemagne était arrivée l'époque de la grande controverse. Les jésuites en eurent le principal mérite et la « contre-réforme » fut, en très grande partie, leur œuvre. Le terrain, cependant, était devenu d'autant moins favorable aux grandes études scolastiques, historiques et bibliques que l'Allemagne, déchirée par les luttes intestines, décimée parla guerre de Trente ans, ne pouvait songer à rivaliser avec l'Espagne, la France et l'Italie, alors à l'apogée de leur gloire intellectuelle.

Si elle eut de dignes successeurs de Bellarmin, elle n'eut ni un Baronius, ni un Suarez,ni un liossuel, ni un Mabillon. Quand les temps furent redevenus meilleurs, l'ère de la grande théologie était passée. La scolastique était encore une fois à son déclin. On se contenta de reproduire les œuvres de la grande époque sous une forme plus concise, plus didactique, plus méthodique,

on les adapta aux besoins de l'enseignement. On fit, dans le sens strict du mot, de la théologie de l'école.

Cependant à côté des jésuites qui continuaient toujours la tâche ardue de la lutte, les autres ordres religieux commençaient à se relever. La Theologia Salisburgensis achevait dignement, avec la Theologia Wirceburgensis, l'œuvre dogmatique du xvne et du xvme siècle; les études historiques, patristiques et bibliques reprenaient leur essor, surtout dans les couvents bénédictins. On sentit le besoin d'élargir, en y faisant entrer les études positives, le cadre de l'enseignement théologique et de lui donner un couronnement pratique. De nouvelles branches surgirent, telles que la patrologie et la pastorale. C'était un incontestable progrès. Malheureusement, la théologie dogmatique, loin de gagner à ce développement, grâce à l'esprit sceptique, superficiel et militariste du temps, y perdit singulièrement en profondeur spéculative. Les tendances anti-romaines et ultra-nationalistes s'y mêlèrent et la période joséphiste devint pour la théologie allemande une période de profond déclin, dont elle ne devait se relever définitivement que vers 1830. Cependant, les premières années du xixe siècle laissèrent déjà entrevoir l'aurore d'une ère nouvelle. En Bavière, Sailer, le Fénelon allemand, et son école, s'émancipaient de plus en plus de l'esprit du xvme siècle décadent et faisaient passer comme un souffle de vie sur une terre aride et desséchée. En Westphalie, le noble comte de Stolberg passait du rationalisme protestant au catholicisme et inaugurait par son Histoire de la religion chrétienne l'historiographie catholique du siècle. Joseph de Gôrres, après avoir salué la Révolution française comme la libératrice des peuples, se tournait vers l'Église, comme la seule sauvegarde de la société. Autour de lui, une élite d'hommes distingués, prêtres et laïques, allaient tenter de faire comprendre à leur temps, par d'impérissables travaux, qu'une intime union de l'Église et de la société, de la foi et de la science, des légitimes aspirations du présent et des saines traditions du passé, devait être le programme intellectuel et social de l'avenir et ,1a condition indispensable de la vraie grandeur de leur nation. Le romantisme catholique, le renouveau de la vie religieuse qui suivit le relèvement politique et qui, dans la lutte contre l'absolutisme de l'Etat, — législation matrimoniale en Bavière, événement de Cologne, 1837, — s'accentua plus vivement encore, ne furent pas étrangers à ce mouvement.

La philosophie idéaliste de Fichte, Schelling et Hegel, les efforts scientifiques de la théologie protestante le stimulèrent, non sans lui préparer de dangereuses crises. Hermès et Gùnther en font foi. Dans le sens même de la théologie orthodoxe, des tendances diverses se firent jour, selon l'influence plus ou moins prépondérante que le milieu ambiant, la conscience des besoins intellectuels du présent ou le respect et l'admiration pour les grandes œuvres du passé, la confiance dans l'inépuisable force d'une glorieuse tradition scientifique exerçaient sur les esprits. Ce fait, du reste, n'avait rien de surprenant. Dans les limites de la plus stricte orthodoxie, l'antiquité chrétienne comme le moyen âge n'avaient-ils pas eu leurs écoles théologiques aux tendances les plus variées ? L'histoire de la théologie allemande au XIXe siècle offre, d'ailleurs, plus d'une fois le spectacle instructif d'un croisement d'écoles el de tendances dont les résultats furent les plus heureux. Rappelons d'abord la grande part que prit au relèvement des sciences théologiques l'école catholique de Tubingue, dont les ramifications s'étendirent à Munich, Fribourg et Donn. Le néo-scolasticisme doit aux théologiens du collège romain, et surtout aux remarquables travaux du P.Kleutgen, sa restauration en Allemagne. Plusieurs des plus illustres représentants de la science catholique doivent en même temps à l'une et à l'autre de ces deux écoles leur formation théologique.

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Facultés et séminaires (nommons, parmi ces derniers, celui de Mayence qui fut, dès le commencement du siècle, un foyer de vie catholique pour l'Allemagne), rivalisèrent d'ardeur pour donner à la théologie allemande un incomparable essor. Est-ce dire qu'elle soit arrivée aujourd'hui à l'apogée de ses efforts et de ses succès? Qui oserait l'affirmer? Qui, surtout, oserait prétendre qu'il ne reste encore de grandes lacunes à combler et de grandes tâches à remplir ?

Après cet aperçu général, passons rapidement en revue le développement des différentes branches de la science sacrée.

III. Théologie dogmatique. — 1° xvie et xvne siècles. — C'est à trois jésuites étrangers que revient la gloire d'avoir, au temps des grandes luttes contre le protestantisme, restauré en Allemagne la théologie scolastique. Grégoire de Valentia (1551-1603), professeur à Dillingen et à Ingolstadt, le plus grand d'entre eux, Commentaria theologica, 4 vol., Ingolstadt, 1591, etc.; Rodolphe d'Arriaga (1592-1667), professeur à Prague, Disputaliones theologicse in Summam S. Thomee, 8 vol. in-fol., Anvers, 1643 sq., et Martin Becanus (1561-1624), l'infatigable adversaire du calvinisme, Summa theologiœ scholasiicse, Mayence, 1612, 4 vol. in-4°. Il faut y joindre le jésuite allemand Ad. Tanner (1572-1632), le plus célèbre des disciples de Grégoire, Vniversa theologia scholastica, speculativa, practica ad methodum S. Tliomse, Ingolstadt, 1626, 4 vol. in-fol. Tous, sauf Arriaga, qui resta sur le terrain purement scolastique, surent joindre à l'élément spéculatif et systématique les données de l'exégèse et de la patristique. Ils assurèrent en Allemagne la prépondérance au système moliniste, tandis que le thomisme eut ses défenseurs dans les écoles de Cologne et de Salzbourg.

2° xvme siècle et commencement du xix". — Le commencement du xvme siècle vit le thomisme reprendre plus d'inlluence dans les abbayes et écoles bénédictines et tandis que le scotisme trouvait quelques représentants dans les rangs des franciscains de la stricte observance, les augustins défendirent contre les jésuites les doctrines de Berti (augustinianisme). On discuta entre ces différentes écoles les questions de la science divine, de la grâce, de l'objet formel de la foi. L'époque fut surtout fertile en manuels de théologie traitant d'après la division usitée alors la theologia dogmatica (positive), scholastica et polemica. Les œuvres les plus importantes sont : pour l'école thomiste la Theologia Salisburgensis (Theologia scholastica secundum viam et doctrinam S. Tho- ■mœ), de P. Metzger (1637-1702), le meilleur théologien parmi les bénédictins allemands, Augsbourg, 1695, 2 vol. in-fol. ; — pour l'école franciscaine la Theologia scholastica, 4 vol. in-fol. (1721), de Krisper; — pour l'école des jésuites la Theologia Wirceburgensis (Theologia dogmatica, polemica, scholastica et moralis), Wurzbourg, 1766-1771, t. xiv, in-8°, de Kilber (f 1783), Holtzclau et Neubauer, de beaucoup le meilleur ouvrage du temps. Le nom d'Eusèbe Amort (1692-1775), chanoine régulier de Saint-Augustin, l'homme le plus érudit et le plus universel de son époque en Allemagne, philosophe, théologien, moraliste, controversiste, historien et critique, marque le passage à une nouvelle période dans l'histoire de la théologie. Sa Theologia ecleclica moralis et scholastica, Augsbourg, 4 vol. in-fol., 1752, tout en restant fidèle à la méthode scolastique, tend à la simplifier, s'élève contre le formalisme néo-scolastique et cherche à concilier les doctrines fondamentales du thomisme avec les systèmes opposés. La philosophie aristotélicienne, déjà attaquée de toutes parts et abandonnée par un certain nombre de théologiens catholiques, trouva en lui un intrépide défenseur. Cependant la philosophie « empirique » de l'époque ne cessa de gagner du terrain. Les questions de méthodologie théologique agitèrent de plus en plus les esprits. Gallus Cartier (f 1777), aban-

donnant l'esprit et la méthode scolastiques, publia sa P/iilosophia eclectica, Augsbourg, 1756, suivie bientôt de sa Theologia universalis ad mentem et methodum celeberrimorum nostrœ selatis theologorum ac S. Scriptural interpretum, Augsbourg et Wurzbourg, 1757-1758, 5 vol. in-4°; l'ex-jésuite Stattler, l'un des plus féconds et des plus inlluents théologiens du temps, sa Philosophia metltodo scientiis propria explanala, Augsbourg, 1769- 1772, 5 vol., mettant la « réflexion » à la place de « l'abstraction ». D'autre part, Schmier et Cartier publiaient leurs Loci theologici tendant à faire prévaloir dans la théologie ainsi simplifiée l'élément positif.

C'est alors queM.Gerbet, l'illustre abbé de Saint-Biaise, traça dans une sorte d'encyclopédie, Principia théologies eœegeticee, — dogmaticœ, — sijmbolicœ, — mysticœ, — moralis, — canonicee, — sacramentalis , — Uturgicœ, Saint-Biaise, 1753-1759, le plan d'une nouvelle théologie. L'élément historico-dogmatique prédomine chez lui comme chez Amort : ses conceptions spéculatives se rattachent plutôt à saint Augustin qu'à saint Thomas. Il voit dans la méthode scolastique un excellent exercice de l'esprit, mais en lui reprochant ses excès lui dénie le droit d'occuper à elle seule le domaine de la théologie.

C'est à ces tendances positives des écoles bénédictines que nous devons deux ouvrages d'une solide érudition, YAnalysis Patrum de D. Schram (1722-1797), qui publia en outre un Compendium theologiœ... methodo scientifica propositum, Augsbourg, 1768, 3 vol., et des Institutiones mysticœ, Augsbourg, 1774, 2 vol., ainsi que VHistoria theologico-critica de vita scriptis atque doctrina S. S. Patrum, Augsbourg, 1783-1793, 13 vol. in-8», de Lumper (1747-1800), en même temps que l'introduction de la patrologie dans le cadre de l'enseignement théologique.

Tout ce que ces réformes pouvaient avoir de légitime fut malheureusement plus que contrebalancé par l'esprit fébronien et joséphiste des hommes d'Église et d'État qui, depuis 1750, cherchèrent à les introduire de force dans toutes les écoles théologiques de l'empire. Les jésuites perdirent d'abord la direction de l'enseignement théologique; on finit par leur enlever leurs chaires et les persécuter ouvertement. La théologie dogmatique perdit peu à peu son prestige; une sèche nomenclature de notices historiques dut remplacer ce qui lui manquait en profondeur et en esprit catholique.

Quelques œuvres cependant dénotent un sincère effort vers une conception plus élevée et plus correcte de la théologie, ce sont les Institutiones theologiœ dogmaticœ, de Klùpfel (1782) et de Wiest (1788), le Systema theologiœ catholicœ de Dobmayer (1807-1819), Y Anthropologia biblica d'Oberthiir, le System der katholisch-spekulativen Théologie de Fr. Brenner (1815 sq., 1827 sq., 1837), qui, en prenant comme point de départ l'idée du royaume de Dieu, tenta une synthèse de l'élément dogmatique, philosophique et historique de la théologie. Mettre la philosophie de l'histoire et une connaissance approfondie de l'Écriture au service de la théologie, c'est ce qu'avait essayé déjà non sans succès le plus célèbre théologien de l'école de Lucerne, J. H. O. Giigler (1782- 1827), Die heilige Kunst, etc., Landshut, 1814; Lucerne, 1817 sq. Le souffle vivifiant de son maître, M. Sailer, a passé dans ses œuvres, et l'on y pressent l'approche d'une ère nouvelle. L. Liebermann dans ses Institutiones theologiœ dogmaticœ, 5 vol., Mayence, 1819-1827, donna l'exemple d'une exposition claire et concise, plus positive que spéculative du dogme catholique, dont la parfaite orthodoxie était à cette époque, plus que jamais, un inappréciable mérite.

3° Depuis 1830. — Les efforts qui suivirent pour rendre à la théologie ce que le joséphisme lui avait enlevé de profondeur et de solidité spéculative et la défendre des erreurs philosophiques du temps ne furent pas tous heureux. Hermès (f 1831), en luttant contre la

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philosophie de Kant, ne sut pas se prémunir contre un rationalisme et un scepticisme qui menaçaient les bases mêmes de la théologie qu'il tentait d'étahlir sur un solide fondement. Gûnther (f 1863), dont les audacieuses spéculations devaient opposer une digue infranchissable au panthéisme hégélien, ne sut pas conserver vis-à-vis de son adversaire toute l'indépendance qu'exigeait la pureté du dogme. Baader (f 1841), l'ennemi juré de cet esprit plat et superficiel qui avait caractérisé l'époque précédente, se perdit dans la théosophie d'un Jacques Bôhme. Ils méconnurent tous trois les grandes traditions de la théologie catholique. Le P. Kleutgen (1811-1883) eut le mérite de remettre celles-ci en lumière dans ses deux importants ouvrages, Die Philosophie der Vorzeit vertheidigt, Munster, 1860-1863 ; Inspruck, 1878, 2 vol. ; Die Théologie der Vorzeit vertheidigt, Munster, 1853-1860, 3 vol.; 1867-1874, 5 vol. Tout le mouvement du romantisme tournait du reste les esprits vers le glorieux passé du catholicisme. Le réhabiliter dans la science théologique tout en tenant compte des besoins du présent, éviter les excès d'une spéculation trop esclave des systèmes mouvants de la philosophie moderne, tout en justifiant par une profonde compréhension de leur immortelle et féconde vérité les dogmes catholiques en face de la pensée moderne et de l'opposition protestante, faire servir à ce travail de saine spéculation tout ce que l'Écriture sainte, tout ce que la tradition catholique offre d'éléments positifs, étudiés eux-mêmes, enchaînés et groupés d'après les principes de la critique et de la compréhension historique, qui leur convient, sans jamais sacrifier la théologie à l'histoire du dogme, telle était la tâche à remplir par les générations suivantes. Les meilleures forces s'y essayèrent, non sans succès.

Un sensible progrès marque déjà les premières étapes de la théologie contemporaine. La dogmatique de Klee, professeur à Munich (f 1840), parue à Mayence en 1837, par la solidité de son érudition, surtout au point de vue patristique, l'abondance serrée de l'exposition, l'àme profondément croyante qu'elle révèle, la haute idée qu'elle donne du dogme catholique mérite, malgré ses lacunes et ses imperfections de détails, une place d'honneur. F. A. Staudenmaier, professeur à Giessen et à Fribourg (f 1856), l'un des plus spirituels représentants de l'école catholique de Tubingue, tenta une fusion plus intime encore de la théologie dogmatique et de l'histoire du dogme, mais tout en élargissant le cadre de la première, il sut lui donner un caractère éminemment et profondément spéculatif. Suivirent la théologie dogmatique de Kuhn (1806-1887), l'une des figures les plus marquantes de cette même école (t. i, Tubingue, 1846- 1849; 1859-1862; t. n, 1857; t. m, P* part., 1868, restée inachevée) dont les thèses spéculatives sur les rapports de la foi et de la raison, de la grâce et de la nature, donnèrent lieu à d'ardentes controverses, celle de Dieringer, professeur à Bonn, Mayence, 1847, remarquable par sa concision, son esprit systématique et son fini, celles de Friedhoff et de Berlage, professeurs à Munster. Les deux grands ouvrages de Scheeben, Handbuch der katholischen Dogmatik, Fribourg, 1815 sq., t. i-iv (traduit en français par Bélet, 4 vol., Paris, 1880 sq. et continué par Âtzberger, 1899), et de ileinrich, Dogmatisrhe Théologie, Mayence, 1881 sq., t. i-vi (continué par C. Gutberlet, t. vu-vin), se distinguent, le premier par sa tendance à la fois spéculative et mystique, le second par la clarté de l'exposition et la richesse de l'érudition. Scheeben et Ileinrich sont tous deux les représentants d'un néo-scolasticisme tempéré et complété par une étude approfondie de l'Écriture et de la littérature patristique. La dogmatique moins volumineuse du professeur Simar, aujourd'hui archevêque de Cologne, oll're avec celles de Scheeben et de Ileinrich plus d'un point de contact et forme un excellent manuel (le théologie. Celle d'Oswald, professeur à Braunsberg,

en 9 vol., a un caractère plus populaire et plus pratique. L'élément spéculatif, emprunté en partie à l'arsenal de la philosophie moderne, qu'elle poursuit dans ses errements, prédomine dans la dogmatique du professeur Schell, de Wurzbourg, dont nous aurons sans doute bientôt une seconde édition conforme en tout aux prescriptions de l'Église.

Citons pour terminer les ouvrages en langue latine du P. Franzelin qui, par son origine et le caractère de son esprit et de sa langue, appartient à l'école allemande, surtout son De divina Traditione et Scriptura, 3« édit., Rome, 1882 ; De Deo trino, 3e édit., 1881; De Deo uno, 3e édit., 1883, les manuels fort pratiques des P. Jungman et Hurter et du professeur Einig de Trêves et enfin l'œuvre plus étendue, bien conçue et bien documentée du P. Chr. Pesch, Prœlecliones dogmaticx, 9 vol., Fribourg, 1894-1899.

IV. Controverse et apologétique. — 1° Du commencement du xvi° siècle au milieu du xvn». — Après les premières luttes engagées corps à corps avec les chefs de la réforme par les théologiens catholiques tels que Jean Eck (f 1513), Jean Cochloeus (f 1552), Jean Emser (f 1527), C. Schatzgeier (f 1577), P. Canisius (f 1597), J. Hoffmeister (f 1547) et tant d'autres dont les noms méritent d'être arrachés à l'oubli (cf. Falk et N. Paulus dans le Katholik, 1891, I, p. 440 sq. ; 1892, I, p. 540 sq.), Bellarmin inaugurait par ses Disputationes de controversiis christianse fidei, Rome, 1581, l'ère des grands controversistes de la Compagnie de Jésus. Grégoire de Valentia et Martin Becanus firent entrer en Allemagne la controverse dans une voie méthodique et scientifique. La défense de l'autorité doctrinale de l'Église et plus particulièrement de l'autorité papale devint la base de la polémique contre le protestantisme. Ad. Tanner, Jacq. Gretser(f 1625), Seb. Ileiss(fl614), Jacq. Relier (f 1631), le capucin Valerianus Magni (f 1661), dont le point de départ et la méthode furent en partie différents, les deux convertis Adr. et Pierre de Walenburch, pour ne nommer que les plus connus, marchèrent sur leurs traces. Un autre converti, J. Scheffler (Angélus Silesius f 1677), vint s'adjoindre à eux. L'histoire de la « contreréforme » qui rendit à l'Église une grande partie du terrain conquis par le protestantisme montre toute l'importance de cette lutte où la plus grande et la plus glorieuse part revient aux jésuites.

2° Du milieu du xvip siècle à la fin du xvme. — Depuis le milieu du xvn° siècle la controverse prend un autre caractère. Les manuels de théologie polémique de Burghaber, Fribourg en Suisse, 1678, de Pichler, Augsbourg, 1713, la Theologia dogmatico-polemica de Sardagna, Batisbonne, 1770, la Theologia polemica de Gazzaniga, Vienne, 1778, sont destinés aux écoles. La théologie polémique devient une partie intégrante de l'enseignement et en revêt les formes méthodiques. La controverse aux allures plus populaires et plus hardies trouve encore un rude et acerbe représentant dans J. N. Weislinger, prêtre séculier de la partie transrhénane du diocèse de Strasbourg; la controverse aux tendances iréniques est cultivée par Eusèbe Amort.

En 1760 l'abbé Gerbert de Saint-Biaise publie sa Demonstratio verse religionis vermque Ecclesite contra guasvis falsas qui marque le passage de la controverse contre l'orthodoxie protestante à ce que nous sommes convenus d'appeler la théologie apologétique, dirigée contre l'indifférentisme et l'irréligion de la fin du xviik siècle. Déjà dans un travail spécial intitulé' Indifferentismus... le jésuite Biner avait, vers le milieu du xviiic siècle, époque où le philosophisme pénétrait en Allemagne, ouvert la lutte contre « les indilférentistes, 1rs syncrétistes et les libertins ». P. Gazzaniga consacra à la lutte contre le naturalisme, ennemi de la révélation, la première partie de son ouvrage, dont la deuxième s'attaque à l'indifférence dogmatique du protestantisme.

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La Démonstratif) evangelica et la Demonstratio catholica, Augsbourg, 1770; Pappenheim, 1775, de l'exjésuite Stattler, le maître de Sailer et malgré ses écarts, le plus marquant des théologiens de l'époque, contribuèrent pour leur part, en en perfectionnant la méthode, aux progrès de l'apologétique. B. Mayer dans sa Défense de la religion naturelle, chrétienne et catholique, Augsbourg, 1787, 4 vol., suivit, pour la première partie, la voie de Bergier et des apologistes français qui eurent, sur le développement de l'apologétique allemande, une grande influence. Toute une série d'écrits consacrés à la défense religieuse sont dus à la plume des anciens jésuites d'Augsbourg et furent publiés de 1790 à 1791 (en 17 vol.) sous le titre : Gesammelte Schriften zur Vert/ieidigung der Religion und Wahrheit.

3° xixe siècle. — Les ouvrages de théologie dogmatique qui inaugurèrent le xixe siècle (voir ci-dessus) donnèrent une place considérable à la défense des fondements de la foi contre la philosophie antichrétienne. Une ère nouvelle commence pour l'apologétique et la controverse catholique avec deux œuvres de grande valeur, sorties de l'école de Tubingue, Y Apologétique de Drey, Die Apologetik als wissenschaftlicheNachiveisung der Gôtllichkeit des Chrislenthums in seiner Erscheinung, 3 vol., Mayence, 1838-1847, et la Symbolique deMœhler, Sijmbolik oderDarstellungderdogmalischen Gegensàtze der Katholiken und Protestanten.., Mayence, 1832 (Irad. en franc, par Lâchât, 2e édit., Paris, 1852). Cette dernière eut dès sa première apparition un immense retentissement dû à l'originale simplicité de sa méthode, à la profondeur de ses idées, à la clarté de son exposition. Par la comparaison des doctrines du catholicisme et des diverses écoles protestantes, Mœhler démontre que le catholicisme, en évitant les deux extrêmes du protestantisme (naturalisme et supranaturalisme outré), répond seul aux exigences de l'idée chrétienne dans sa pureté native et à la saine raison. L'œuvre de Mœhler, défendue contre les attaques protestantes par une savante réplique et rééditée jusqu'à dix fois, ne fut point surpassée. Les ouvrages aux tendances polémiques et iréniques ne manquèrent point dans la suite; notons surtout ceux de T. Pesch, Christ oder Antichrist, de Bôhm, Confessionelle Lehrgegensàtze, der Protestantisnius unserer Tage, Die Vereinigung der christlichen Confessionen, les écrits populaires de L. de Hammerstein.etc. ; les « Apologies du christianisme » devinrent en même temps des apologies du catholicisme contre le protestantisme; la Réformation de Dœllinger et V Histoire du peuple allemand de Janssen ont fourni à la controverse classique catholique une « arme historique » puissante; mais l'Allemagne catholique attend encore l'œuvre de controverse qui, en s'inspirant de l'irénique esprit de Mœhler, répondra vigoureusement aux nouvelles attaques de la polémique protestante.

L'apologétique de Drey, au contraire, par sa méthode et son esprit scientifique, par l'usage qu'elle fit de l'histoire et de la philosophie, par sa tendance à éviter les deux extrêmes du rationalisme et « d'un supranaturalisme trop extérieur », ne marqua qu'une nouvelle étape dans une voie que d'autres devaient suivre avec un succès croissant. Staudenmaier publia en 1841 sa Philosophie du christianisme. Dans ses Grundfragen der Gegenwart, 1851, il appela l'attention de la science catholique sur le danger des grandes erreurs antichrétiennes du temps. Ses propres idées s'épuraient de plus en plus des éléments hétérogènes qu'y avait laissés la philosophie de ses maîtres. Ce ne fut certes pas le moindre mérite de son dernier ouvrage de faire germer en celui qui devait devenir un des plus brillants représentants de l'école de Wurzbourg, le professeur Hettinger, l'idée de son Apologie du christianisme (2 tomes en 5 vol., 1863 sq.; 8" édit, 1899-1900, traduit en français sur la 3e édit., par Jeannin, Bar-le-Duc, 1870, 5 vol.;

Paris, 1891 sq.). Une vaste érudition jointe à une grande sûreté de doctrine, à une claire et chaleureuse exposition, ont valu à cette œuvre, où la science allemande, l'école romaine et nous pourrions ajouter l'esprit plus populaire et plus littéraire à la fois de l'apologétique française ont laissé de profondes traces, son incomparable succès. Tandis que l'Apologie embrasse le dogme tout entier, Y Apologétique du même auteur n'a pour objet que la défense des fondements mêmes de la foi. Destiné à servir de base à l'enseignement de la théologie fondamentale, elle porte par le fait même un caractère plus didactique.

La théologie fondamentale d'Ehrlich, Prague, 1859, fruit d'une longue carrière philosophique et théologique, avait précédé celle de Hettinger. L'élément spéculatif, historico-philosophique y est plus prononcé, les influences de Jacobi et de Gûnther s'y font encore sentir.

Un autre représentant de l'école de Wurzbourg, IL Denzinger, venait de publier lui aussi un travail de solide et vaste érudition pour la défense des fondements surnaturels du christianisme au point de vue noétique : Vier Bâcher von der religiôsen Erkenntniss, 2 vol., Wurzbourg, 1856. Citons encore pour terminer les apologies de Vosen, Das Christenthum und die Einsprïtche seiner Gegner, Fri bourg, 1861 ; 4e édit., 1881 ; Der Katholicismus und die Einspruche seiner Gegner, Fribourg, 1866; 3e édit., 1885, plus populaires et destinées surtout à la jeunesse studieuse des collèges, ainsi que les ouvrages apologétiques les plus récents : Y Apologie du christianisme de P. Schanz, professeur à Tubingue, 3 vol., Fribourg, 1887 sq. ; 2e édit., 1895 sq., remarquable par l'heureux usage qu'elle fait des derniers résultats des sciences historiques et naturelles et la saine critique qu'elle oppose à ceux de ces « résultats » qui paraissent infirmer les données de la foi chrétienne; — Y Apologie du christianisme du P. A. Weiss de Fribourg en Suisse, 5 vol., Fribourg-en-Rrisgan, 1878 sq. ; 3e édit., 1894 sq. (traduction française par Coliin, Paris, 1894 sq.), complément indispensable de celles de Hettinger et de Schanz en ce qu'elle envisage de préférence le côté moral et social du christianisme et s'en prend surtout aux erreurs et aux conséquences pratiques de la « pensée moderne » ; — l'ouvrage apologétique de Schell, Gôttliche Wahrheit des Christentums, dont on annonce une édition complètement remaniée sous le titre d'Apologie du christianisme; — les apologies ou apologétiques plus brèves de Schill, Theolog. Principienlehre, Paderborn, 1895; de Gutberlet, Lehrbuch der Apologetik, Munster, 1887 sq.; 2e édit., 1895, 3 vol., et de Stockl, Lehrbuch der Apologetik, Mayence, 1895.

V. Écriture sainte. — La période qui suivit le concile de Trente, si fertile partout ailleurs en exégètes de valeur, ne nous offre en Allemagne qu'un seul nom marquant, c'est celui de Nicolas Serarius, jésuite lorrain, professeur à Wurzbourg et à Mayence, mort en 1609. Ses œuvres ne forment pas moins de 16 vol. in-fol. Les Prolegomena imprimés à part ont été de tout temps particulièrement estimés. Ce n'est que vers le milieu du xvine siècle que les 'études bibliques commencèrent à se relever. L'école des jésuites de Wurzbourg, à sa tête F. Widenhofer, à Mayence le jésuite Goldhagen et J. Weitenauer à Inspruck inaugurèrent ce mouvement.

A la période joséphiste se rattache le nom de .1. Jahn, professeur à Vienne (f 1816), qui publia une suite d'ouvrages importants sur les différentes branches de la science biblique, telles que la philologie, l'archéologie, l'introduction à l'herméneutique et donna une belle édition de la Bible hébraïque. Il ne sut se défendre entièrement de l'esprit de son temps et plusieurs de ses œuvres tombèrent plus tard (1822) sous la censure de l'Index.

En 1808 J. Hug, professeur à l'université de Fribourg, publiait pour la première fois son Introduction au Nouveau Testament, 2 vol., Tubingue et Stuttgart, 4e édit.

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1847,, qui, par la méthode historique positive appliquée aux Livres saints contrairement au subjeetivisme de la critique rationaliste de Semler et de son école, jetait les fondements d'une solide apologie de la Bible. Deux mémoires opposés l'un à la vie de Jésus du Dr Paulus, 1828, l'autre à la vie de Jésus du Dr Strauss, 1841 et 1842, ébranlèrent par la base l'artificieux échafaudage de leurs systèmes.

L'introduction à l'Ecriture sainte devint dans la suite l'objet d'une série de travaux plus ou moins importants, tels que ceux de Herbst-Welte, 4 vol., Carlsruhe et Fribourg, 1840 à 1844; de Reusch, Fribourg, 1870; de Zschokke, Historia sacra Veteris Testamenti, Vienne, 1872; 3e édit, 1888; de Neteler, Geschichte der alttestamentlichen Literatur, Munster, 1879; de Schenz, 1887, pour l'Ancien Testament; de Reithmayr, Ratisbonne, 1852; de A. Maier, Fribourg, 1852 ; de Langen, Fribourg, 1868 ; 2e édit., 1873 ; d'Aberle-Schanz, Fribourg, 1877; d'Al. Schafer, Paderborn, 1899, pour le Nouveau Testament; de A. Scholz, Cologne, 1845 à 1848, 3 vol. ; de Haneberg, Geschichte der bibl. Offenbarung als Einleitung ins Alte u. Nette Testament, 1850; 4e édit., 1876; et de Kaulen, Einleitung in die heil. Schrift des A.u. N. Teslamentes, Fribourg, 1876 sq. ; 4e édit., 1899. Ce dernier consacra une fort sérieuse étude à l'histoire et à la critique de la Vulgate, Handbuch der Vulgata, Mayence, 1870. Allioli, Landshut, 1845 sq., Loch et Reischl, Ratisbonne, 1851 sq., donnèrent de nouvelles éditions du texte de la Vulgate, accompagné de commentaires et de traductions allemandes.

L'archéologie bibliqite fut traitée successivement par Ackermann,Aug. Scholz, Ronn, 1834; Allioli, Handbuch der biblischen Alterthumskunde, Landshut, 1844, 2 vol. ; Kalthoff, Munster, 1840; Lôhnis, Land und Volk der alten Hebrâer, Ratisbonne, 1844; Schegg, Bibl. Archâologie, 2 vol., Fribourg, 1886-1888, etB. Schafer, Die religiôsen, hâuslichen u. politischen Alterthumer der Bibel, 2e édit., Munster, 1891. Il faut ajouter à ces travaux un grand nombre de monographies qu'il serait trop long d'énumérer ici.

Pour l'herméneutique nous citerons après le livre de Jahn les ouvrages de Wilke, Wurzbourg, 1853, de Lôhnis, Giessen, 1839, et de Reithmayr, Lehrbuch der bibl. Hermeneutik, publié par Thalhofer, Kempten, 1874.

Les études exégéliques prirent depuis 1830 un nouvel essor. Klee, quoique plus théologien qu'exégète de profession, débuta heureusement par ses commentaires sur l'Evangile de saint Jean, Mayence, 1829, les Épitres aux Romains (1830) et aux Hébreux (1833). Mack commenta les Épitres pastorales, Tubingue, 1838 ;2« édit., 1841. Le jeune Windischman (Comment, sur l'Épitre aux Galates, Mayence, 1843) et Mœhler (Comment, sur l'Épitre aux Romains de Reithmayr, Ratisbonne, 1845, d'après une esquisse de Mœhler), trop tôt arrachés à la science catholique, promettaient de rendre à l'exégèse les plus insignes services. Ad. Maier, dans ses commentaires sur l'Évangile de saint Jean, Fribourg, 1843-1845, 2 vol., les Épitres aux Romains, aux Hébreux et aux Corinthiens, s'efforça non sans succès d'appliquer en même temps la méthode littéraire, critique, historique de son maître Hug et le point de vue théologique et spéculatif de Klee à l'interprétation des Livres saints; la patristique, les travaux d'exégèse moderne catholiques et protestants furent mis soigneusement à contribution ; Reithmayr, 'dans son commentaire sur l'Epitre aux Galates, y joignit encore les résultats d'une étude plus approfondie des grands exégètes du xvi" et du xviicsiéelc. C'est dans le même sens qu'Aug. Bisping composa son commentaire sur le Nouveau Testament, Excgetischcs Handbuch zum Nettcn Testament, 5 vol., 1854; 2° édit., Munster, 1865 sq. Le professeur Al. Schœfer de Breslau continue pour le moment la publication d'un commentaire fort apprécié sur tous les livres du Nouveau Testa-

ment dont plusieurs volumes ont déjà paru : Die Bûcher des N. Test, erklàrt, t. 1, Die Briefe Pauli an die Thessalqniclter u. die Galater, Munster, 1890.

Les Evangiles furent commentés en particulier par Arnoldi( saint Mathieu, Trêves, 1856), par Schegg(f 1885), successeur de Reithmayr à Munich et disciple de Haneberg dont il s'inspira en partie dans son livre sur l'Évangile de saint Jean, Munich, 1878-1880, 2 vol., qu'avaient déjà précédé les commentaires sur saint Matthieu, 1856-1858, 3 vol., et sur saint Luc, 1861-1865, 3 vol. L'œuvre de Schegg respire une profonde piété et un grand tact littéraire; le style en est clair et vivant; l'interprétation pèche parfois par un excès d'originalité et laisse entrevoir certaines lacunes dans la formation théologique de l'auteur. Le commentaire de Schanz, professeur à Tubingue, porte à un haut degré comme toutes les œuvres de l'auteur le cachet d'une solide et vaste érudition, d'un esprit critique, large et modéré. Citons pour terminer le commentaire posthume du P. Kleutgen sur l'Evangile de saint Matthieu.

Pour l'Ancien Testament ce furent tout d'abord les livres prophétiques qui devinrent l'objet d'une série de commentaires et d'études monographiques. P.Ackermann (Vienne) publia en 1830 les Prophetœ minores perpétua annotatione illustrati.

Dans ses Beitràge zur Erklârung des Alten Testamentes, Munster, 1851-1874, 9 vol., auxquels il faut joindre les Messianische Psalmen, Giessen, 1857-1858, le professeur Reinke de Munster fournit aux exégètes de l'Ancien Testament et en particulier des livres prophétiques de précieux matériaux. Movers de Breslau donna également d'importantes contributions à la critique et à l'intelligence historique des prophètes et de l'Ancien Testament en général. Isaïe fut commenté par K. G. Meyer, par Schegg (1850) et par Knabenbauer, Erklârung des Prophetenlsaias, Fribourg,1881 , Jérémie par Ant. Scholz, professeur à Wurzbourg (Wurzbourg, 1880) et par Knabenbauer (Paris, 1889), qui donna également dans la srande collection de Lethielleux un commentaire d'Ézéchiel (1890), de Daniel (1891) et des petits prophètes (1886). Nous devons au professeur Ant. Scholz des commentaires très judicieux et très fournis d'Osée (Wurzbourg, 1882) et de Joël (1885) ainsi que des livres dn- Judith (1887), d'Esther (1892) et de Tobie (1889), dans lesquels l'auteur voit une trilogie prophétique.

Les Psaumes furent l'objet d'une série de commentaires, tels que ceux de Schegg, 3 vol., 2e édit., Munich, 1857, de M. Wolter, Psallite sapienter, 5 vol., Fribourg, 1869-1890, de Thalhofer, 5= édit., Ratisbonne, 1889, de Rohling, Munster, 1871 et de Hoberg, Fribourg, 1892. Pour les autres Livres sapientiaux il faut citer les travaux de Zschokke (Vienne, 1875), et de Knabenbauer (Paris, 1886) sur Job, de Bickell, dont nous aurions à citer maintes études littéraires et critiques, sur l'Kcclésiaste (Inspruck, 1884), de B. Schafer (Munster, 1876), de Schegg (Munich, 1885), de Gietmann (Paris, 1890) sur le Cantique des Cantiques et de Gutberlet, Munster, 1874, sur le livre de la Sagesse.

Tappehorn (Paderborn, 1888) et Hoberg (Fribourg, 1899) commentèrent la Genèse, Hummelauer les livres des Juges (Paris, 1888), de Ruth (1888), de Samuel (1886), Neteler les Paralipomènes (Munster, 1872) et les livres d'Esdras et d'Esther (1877).

Nous aurions à citer encore un grand nombre d'études spéciales plus ou moins étendues se rapportant aux différentes branches de la science biblique, dues aux plumes les plus autorisées et dont on trouvera l'indication dans le Dictionnaire de la Bible de M. Vigouroux sous les rubriques correspondantes. Il faut nous borner à rappeler les travaux d'Hummelauer, de Gutberlet, de Gùttler, de Bosizio, de Hahn,etc, sur d'Hexameron, l'histoire du peuple d'Israël de Schôpfer (traduite en français par Pelt, Paris, 1897 sq.),les vies de Jésus de Sepp et de Crinim.

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C'est à la Théologie biblique, une branche de la science sacrée relativement récente, cultivée avec prédilection par les protestants et qui promet de rendre les plus signalés services à la dogmatique, qu'appartiennent les ouvrages de P. Scholz, Handbuch der Théologie des Alten Bundes im Lichte der Neuen, Ratisbonne, 1861 ; de Kônig, Die Théologie der Psalmen, Fribourg, 1857 ; de Zschokke, Théologie der Propheten des Alten Testant., Fribourg, 1877; Der dogmatisch-ethische Lehrgehalt der alttestamentlichen Weisheilsb'ùcher, Munster, 1889;deLutterbeck, Die neutestam, Lelirbegriffe,^ vol., Mayence, 1852; de Simar, Die Théologie des h. Paulus, Fribourg, 1864; 2e édit., 1883.

VI. Histoire ecclésiastique. — Sur ce terrain, le protestantisme, avide de justifier par les faits du passé sa révolte contre l'Église, avait pris rapidement les devants. Il est vrai que les centuries de Magdebourg, dont les faux sont devenus légendaires, ne furent point continuées. Mais l'Allemagne catholique, si cruellement éprouvée, n'eut aucune œuvre de grande envergure à leur opposer. L'Italie, on le sait, s'en chargea et Baronius vengea dignement les glorieuses traditions de l'Église romaine. En Allemagne les essais de Conrad Becanus et de G. Eisengrûn et notamment les ouvrages de Surius et de Gretser sur la vie des saints et l'archéologie chrétienne, les travaux de Cochlàus, de Surius, d'Ulenberg, de .1. Schwarz sur l'histoire de la réforme ne manquèrent ni de mérite, ni de succès. Une série de précieuses monographies traitant l'histoire ecclésiastique de différents pays et diocèses d'Allemagne, telles que la Bavaria sancta, les Annales Trevirenses, la Basilea sacra, etc., vinrent s'y ajouter. Cette série fut continuée au XVIIIe siècle par M, Hansizius, Germania sacra, t. i-m, Augsbourg, 1727, 1729, 1754, et les bénédictins de Saint-Biaise, dont la Germania sacra embrassant la métropole de Lorck avec le diocèse de Passau, l'archevêché de Saltzbourg et celui de Ratisbonne fut interrompue par la suppression de l'abbaye. Le xix" siècle devait reprendre ce genre de travail d'après la méthode scientifique qui lui est propre par les publications de sources et de registres.

Dès le xvie siècle l'université de Cologne assura à l'Allemagne catholique le mérite d'inaugurer les grandes publications de sources historiques et patristiques qui devaient faire l'honneur du XVIIe et du xvme siècle. Trois collections des Actes des conciles parurent de 1530 à 1606. La Magna Bibliotlieca veterum Patrum en 15 infol., Cologne, 1618-1622, fut la première de ce genre, bientôt surpassée à la vérité par les publications françaises.

Le xvme siècle ne fut pas riche en productions historiques. Outre les ouvrages cités plus haut, nommons la grande édition des Concilia Germanise (Cologne, 1759- 1775,10 in-fol., t. xi, en 1790), de Schannat et Ilartzheim, le Chronicon Gottwicense, de God. Bessel (f 1749), les bistoires littéraires des ordres religieux, telles que la Bibliotheca Benedictino-Maurina, de Pez (Augsbourg, 1716), l'Historia rei literarise ord. S. Bencd., de Ziegelbauer, éditée par Legipont, Augsbourg, 1754, 4 in-fol., la Germania Franciscana de Greiderer, Inspruck, 1771- 1781,2 in-fol. Cependant l'bistoire universelle de l'Église était presque entièrement négligée et ce n'est qu'avec la réforme joséphiste que, devenue partie intégrante des études ecclésiastiques, elle fut l'objet d'une série de travaux plus ou moins étendus. De ces derniers pourtant l'on ne saurait dire beaucoup de bien. Animés d'un esprit hostile à la papauté et aux libertés de l'Église, superficiels à un très haut degré, ils tombèrent bientôt dans un légitime oubli. Il suffira de citer les noms de Royko (f 1819), Synopsis, Prague, 1785, de Michl (f 1813), de P. P. Wolf(1792),de Schmalfus(1793) et de Danenmayer (f 1885), dont les lnstitutiones historiée ecclesiasticse, Vienne, 1788 et 1806, introduites officiellement comme manuel en Autriche, sont encore ce que l'époque a produit de moins vulgaire.

D1CT. DE THLOL. CATIIOL.

Un an à peine après la seconde édition des lnstitutiones, le comte Léopold de Stolberg faisait paraître le premier volume de son Histoire de la religion de Jésus- Christ, Hambourg et Vienne, 1807-1818, 15 volumes. C'était une révolution dans le meilleur sens du terme. Une ère nouvelle commençait en Allemagne pour l'histoire de l'Église. Stolberg avait mis dans son œuvre toute la profondeur de son esprit et toute l'ardeur de sa foi. Quoique restée inachevée (elle fut continuée plus tard par Kerz et Brischar jusqu'en 1245), elle exerça une durable inlluence. Elle suscita tout d'abord l'Histoire ecclésiastique de Th. Katerkamp, professeur à Munster en Westphalie (f 1834), 5 in-8°, Munster, 1823-1834, allant jusqu'en 1153, ouvrage excellent malgré les lacunes de sa méthode, d'une solidité et en même temps d'une fraîcheur d'exposition remarquables. L'Histoire de l'Église de J. Rauscher (f 1885), 2 vol., Soulzbach, 1829, fut interrompue par l'élévation de son auteur au siège épiscopal de Vienne. Hortig, professeur à Munich (•{- 1847), composa le premier manuel d'histoire ecclésiastique vraiment scientifique, Handbuch der christlichen Kirchengeschichte , 2 vol., Landshut, 1826-1827, continué par son successeur J. J. Dollinger, Landshut, 1828.

Ce dernier, qui devait malheureusement devenir plus tard l'âme du vieux-catholicisme, exerça longtemps sur les études historiques dans l'Allemagne catholique la plus heureuse inlluence. La nouvelle édition qu'il donna en 1833 de l'ouvrage de Hortig, restée inachevée comme presque tout ce qu'il publia, portait déjà le cachet d'une conception et d'une exposition historique dont le mérite ne saurait être trop apprécié. Après les deux premiers volumes d'un manuel plus succinct d'histoire ecclésiastique (1836), il fit paraire l'œuvre qui restera toujours, quoique inachevée elle aussi, un précieux arsenal pour la défense historique du catholicisme contre les historiens protestants du protestantisme : Die Beformation, ihre Entwicklung und ihre Wirkungen im Umfange des lutherischen Bekentnisses, Ratisbonne, 1816-1848, 3 vol. Le plan d'une grande histoire de l'Église et d'une histoire de la papauté ne fut réalisé qu'en petite partie dans Heidenthum und Judenthum, Ratisbonne, 1857 (traduction française, Bruxelles, 1858), Christenthum und Kirche in der Zeit der Grundlegung, Ratisbonne, 1860; 2e édit., 1868, et les Papstfabeln des Mittelalters, Munich, 1863, où percent déjà les tendances fatales du Dollinger de la dernière période.

Le nom de Môhler (f 1838) nous rappellera l'une des personnalités les plus individuelles, les plus spirituelles et clairvoyantes, les plus sympathiques de l'Allemagne catholique et savante du XIXe siècle. Nous avons déjà cité sa Symbolique. Son Histoire de l'Église n'est, en partie, qu'une esquisse composée après sa mort d'après les cahiers de ses auditeurs, par B. Gains, Ratisbonne, 1867- 1868, 3 vol. (traduction française par Bélet, Paris, 1869). Elle n'en porte pas moins l'empreinte spirituelle de son auteur.

H. Riffel traita entre autres avec un heureux succès dans sa Kirchengeschichte der neuern u. neuesten Zeit., 3 vol., Mayence, 1841-1846, les premiers événements religieux de l'histoire moderne; F. Damberger (f 1859) dans sa Synchronistische Geschichte der Kirche und Welt im Mittelalter, Ratisbonne, 1850-1863, 15 vol. in-8°, en critique judicieux et sévère — trop sévère parfois — l'histoire du moyen âge jusqu'en 1778. Nous devons au professeur Hefele, de Tubingue, plus tard évèque de Rottembourg, Conciliengeschichte, en 7 vol., Fribourg, 1855-1874 (trad. franc, par Delarc, Paris, 1865-1878, 12 vol. et un de tables), rééditées pour les t. v et vi par le professeur Knôpller, continuée par Hergenrotber (t. vin et ix, 1887-1896), trad. franc, par H. Leclercq, en cours de publication, et qui compte parmi les plus remarquables œuvres historiques du siècle. Grâce à son pragmatisme, elle est devenue

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une véritable histoire universelle du dogme, de l'organisation, du culte et de la discipline de l'Église. Une série de savantes monographies sur Photius et le schisme d'Orient, 3 vol., Ratisbonne, 1867-1869, sur les rapports de l'Église catholique et de l'État au moyen âge, Fribourg, 1872. sur les Elats pontificaux depuis la grande Révolution, Fribourg, 1860, publiées par le cardinal Hergenrôther, alors professeur à l'université de Warzbourg, préparèrent la voie à son Randbuch der allqcmeinen Kirchengeschichte, 3 vol., Fribourg, 1876- 1880; 3e édit., 1884-1886 (traduction française par Bélet, Paris, 1880 sq.), le manuel d'histoire ecclésiastique le plus complet et le plus richement documenté que possède l'Allemagne. Il existe à côté de ce dernier un grand nombre de manuels plus succincts portant chacun son cachet particulier, tels ceux de Ritter (-j- 1857), Handbuch der Kirchengeschichte, 3 vol., Bonn, 1830; d'Alzog, le digne disciple de Mohler, Lehrbuch der Universalkirchengeschichte, Mayence, 1840; 10e édit., par Kraus, 1882 (traduction française par Goschler, 5e édit., Paris, 1881); de Kraus, Trêves, 1874; 3" édit., 1887 (traduction française par Godet et Verschaffel, Paris, 1891) ; de Funk, Rottembourg, 1886; 2e édit., 1890 (traduction française par Hemmer, Paris, s. d.), qui publia en outre deux volumes de savantes recherches historiques sous le titre de Kirchengesclnclitliche Abhandlungen und Untersuchitngen, Paderborn, 1897-1899; de Bruck, Mayence, 1874; 7e édit., 1898, dont nous possédons également une Histoire de l'Église catholique en Allemagne au XIXe siècle, Mayence, 1887 sq., 3 vol., et enfin de Knôpfler, Fribourg, 1895.

L'histoire du peuple allemand depuis la fin du moyen âge, par J. Janssen (traduction française par E. Paris), mise à jour et continuée depuis la mort de l'auteur (1891), par L. Pastor, professeur à l'université d'Inspruck, est trop importante pour la période des origines et des premiers développements de la Réforme pour ne pas être nommée ici, malgré son caractère plus universel. On sait le succès prodigieux qu'elle a eu et qu'elle ne cesse d'avoir en Allemagne comme à l'étranger. Elle trouve son complément pour l'époque précédente dans l'histoire du peuple allemand depuis le XIIIe siècle jusqu'à la fin du moyen âge, que publie en ce moment le P. Michaël, t. i-ii, Fribourg, 1897-1899 (l'ensemble doit embrasser de 6 à 7 volumes). Janssen et Michaël ont ajouté à leurs ouvrages des fascicules de défense, et une suite d'Erlàuterungen und Ergânzungen zu Janssens Geschichte des deutschen Volkes, publiées sous la direction de L. Pastor, apporte sans cesse de nouvelles contributions à l'histoire du peuple allemand depuis la réforme.

Nous sommes heureux de terminer cette longue énurnération qui, pour être complète, devrait contenir encore le titre de nombreuses monographies, comme celles de Paulus, l'un des meilleurs connaisseurs de la littérature catholique du temps de la réforme, de Meister, Schlecht, Sdralek, Schrors, Spahn, etc., par la mention de ['.Histoire de la papauté depuis la lin du moyen âge, de L. Pastor, dont le troisième volume vient de paraître en '■'•'■ et 'i' édit., Fribourg (traduction française par Furcy Raynaud, Paris, 1888 sq.). La période du moyen âge est étudiée par Grisar, Geschichte Jloms und der Pâpste im Mille/aller, dont le premier volume se publie pour le moment, Fribourg.

Enfin, uni: série de publications importantes entreprises par la Gôrresgesellschaft, sous la direction de Mb' Fhses, met au jour les résultats de longues et fructueuses recherches faites par l'institut historique de la société dans les archives du Vatican. Nous indiquerons plus bas les revues périodiques dont le nombre et la valeur scientifique donnent à eux seuls une haute idée des efforts tentés par l'Allemagne catholique sur le terrain de l'histoire religieuse.

Comme publications de documents, citons les Acta et décréta sacrorum conciliorum recentiorum. Collectio

Lacensis, auctoribus presbyteris S. J., 7 vol. gr. in-4°, Fribourg, 1870-1890; Leonis X. P.M.Regesta, édité par le cardinal S. Hergenrôther, 1er vol., Fribourg, 1884 sq., 2e vol. édité par Fr. Hergenrôther, 1891. (Les registres des papes ab condita Ecclesia ad annum H08 avaient été publiés par JalTé, Berlin, 1851 ; 21, édit. par Lôwenfeld, Kaltenbrunner et Ewald, sous les auspices de Wattenbach, Leipzig, 1885-1888; pour la période de 1198 à 1304, par Polthast, 2 vol., Berlin, 1874-1875; 2e éd. par Wattenbach.)

VII. Patrologie. — Parmi les branches spéciales de l'histoire ecclésiastique qui ont, dans ces derniers temps, acquis une importance particulière, il faut nommer tout d'abord la patrologie. Trithemius (f 1516), par son De scriptoribus ecclesiasticis, 1494, avait, dès l'époque de la Renaissance, inauguré en Allemagne les études patrologiques. Nous avons déjà mentionné les collections d'œuvres patristiques publiées à Cologne, et l'Analysis Patrum, de Schram (y 1797). La période joséphiste fut, comme nous l'avons dit plus haut, très favorable aux sciences patristiques. Lumper (f 1800) publia de 1783 à 1797, en 13 in-8°, son Historia theoloqico-critica de vita, scriptis atque doctrina SS. Patrum, œuvre de bonne érudition; J. B.J. Busse, de 1828 à 1829. son Grundriss der christlichen Literalur, en 2 vol. in-8°. Mais l'œuvre classique par excellence, restée malheureusement inachevée, fut la Patrologie de Mohler, publiée après sa mort par F. X. Reithmayr/ Ratisbonne, 1840 (traduction française par Cohen, Louvain, 1844), et embrassant les trois premiers siècles de l'ère chrétienne. A côté d'elle se distinguent les Institutiones patrologicœ de J. Fessier (f 1872), Inspruck, 1850-1851, 2 in-8", rééditées et mises à jour par R. Iungmann, 1890 à 1896. Le Lehrbuch der Patrologie und Patristik, de Nirschl, 3 vol., Mayence, 1881-1885, contient, outre d'abondantes données biographiques et littéraires, une riche collection de textes patristiques concernant les dogmes les plus importants ; le Grundriss der Patrologie d'Alzog, Fribourg, 1866, in-8°; 4e édit., 1888 (traduit en français par Bélet, Paris, 1877), riche en indications bibliographiques, a cédé la place à la/)a(»,Oi'osfied'0. Bardenhewer, 1S94 (traduction française par Godet et Verschall'el, Paris, 1899 sq.), le manuel le plus complet, le plus sûr, le plus fourni au point de vue des indications critiques et littéraires que l'Allemagne possède pour le moment. Parmi les éditions et publications de textes, citons les Opéra patrum apostolicorum, édit. F. X. Funk, 2 vol., Tubingue, t. i, 2e édit., 1895; t. il, 1881. On trouvera un aperçu très soigné et très complet de toute la littérature patrologique des dernières années dans la savante publication du professeur A. Ehrhard : Die altchristliche Literalur und ihre Erforschung seil i8H0, part. I, dans Strassburger theol, Studien, 1. 1, fasc.ivet v; la continuation paraîtra en 1900.

VIII. Histoire de la théologie. — Comme la patrologie, dont elle est en quelque sorte la suite naturelle, longtemps négligée après Trithème (voir ci-dessus), l'histoire de la théologie (du moyen âge et des temps modernes) fut cultivée avec prédilection par l'époque joséphiste. Nous trouvons, à côté de simples dissertations et de courtes esquisses, des manuels plus volumineux. Les idées de réforme de la méthode théologique y jouent un grand rôle. On ne s'étonnera pas cependant d'y constater une intelligence forl médiocre du véritable développement de la théologie catholique. Citons les écrits de Mayr ( 1774), Tobenz (Vienne, 1776); Schleichert, Institutiones historia litterariie theologise ml prœscriptum reformationis Vindobonensis usibus academicis accomodalum, Prague, 1778; Stafller (Inspruck, 1779), ,I.Moser(1779);Laphardt (Constance, 1779); J. M. Sailer, Fragment von der Reformationsgeschichte der christlichen Théologie, Ulm, 1779; Placide Stûrmer (1783), llor-

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vath (1783), Macarius a. S. Elia (1785), Krammer (1783); P. Erdt, Historiée litterariec tlieologiae rudimentaXVHI libris comprehensa, Augsbourg, 1785, 4 vol. ; Rautenstrauch (Prague, 1786); Wiest, Introduclio in historiam literar. theolugiœ. ..,lngo\stadt, 1794, etc. — Le XIXe siècle ne nous a pas donné une histoire d'ensemble de la théologie catholique conforme aux besoins de l'époque actuelle, laissant ainsi au XXe siècle un vaste champ à cultiver. Il a fourni cependant d'importantes contributions. Nommons tout d'abord les importants travaux de Ch. Werner (f 1888), Geschichte der apologetischen und polemischen Literatur der christlichen Théologie , Schaffhouse, 1861-1867, 5 vol.; Geschichte der kalholischen Théologie seit déni Trienter Konzil, Municb, 1866; 2e édit. , 1889; Der h. Thomas von Aquino, Ratisbonne, 1858-1859, 3 vol., dont le dernier traite l'histoire du thomisme; F. Suarez und die Scholaslik der letzten Jahrhunderte, Ratisbonne, 1860-1861, 2 vol.; Bedader Ehrwurdigeu. seine Zeit, Vienne, 1875; A leuin und sein Jahrhundert, ein Beitrag zur christlich-theologischen Literârgeschichte, Paderborn, 1876; Die Scholastik des spàteren Mittelalters, "Vienne, 1881-1887, 5 vol. ; l'ouvrage de H. Làmmer, Die vortridentinische katholische Théologie des Reformalionszeitalters et les monographies de N. Paulus sur les théologiens catholiques adversaires de la Réforme (parus dans les Strassburgar theol. Studien et leKatltolik, etc.) ; les deuxouvrages déjà cités du P. Kleutgen, Théologie der Vorzeit; Philosophie der Vorzeit; celui d'Al. Schmidt, Wissenschaftliche Richtungenauf dem Gebietedes Katholicismus inneuester und in gegenivàrliger Zeit, Munich, 1868; le savant travail d'A. Ehrhard, Byzantinische Théologie, dans la Geschichte der byzantinischen Literatur de Ch. Krumbacher, 2e édit., Munich, 1897, qui ouvre un champ Testé inexploré jusqu'ici; les esquisses de Dollinger, Die Vergangenheit und Gegenwart der kathol. Théologie, Ratisbonne, 1863, avec la critique parue sous le titre : Vergangenheit und Gegenwart der kathol. Théologie. Ein TJrleil der Civiltà cattolica ùber die Rede des Stiftspropstes v. Dollinger, Mayence, 1864; Kuhn, Einleitung in die kathol. Dogmatik, 2e édit., Tubingue, 1859, p. 378 sq.; Scheeben, Dogmatik, I, p. 419 sq.; Heinrich, Dogmat. Théologie, 2e édit., I, p.63sq.; Kihn, Encyklopàdie ; F. X. Kraus, Ueber das Studium der Théologie sonst und jetzt, Rectoralsrede, Fribourg, 1890; l'article Théologie par Schanz et les articles biographiques du Kirchenlexikon de Fribourg. Nommons enfin pour terminer le Nomenclator literarius recentioris theologise catholicae de H. Hurter, 2e édit., Inspruck, 4 vol., dont les 3 premiers embrassent la période de 1564 à 1894, le 4e celle de 1109 à 1563. Ce n'est pas, comme son nom l'indique suffisamment, une histoire proprement dite de la théologie, mais un répertoire biographique et bibliographique de premier ordre, rangé par ordre chronologique et topographique, travail d'immense érudition, destiné à rendre les plus insignes services à quiconque voudra s'occuper de l'histoire de la théologie. IX. Histoire du dogme. — L'histoire du développement du dogme chrétien se rattache intimement à la patrologie et à l'histoire de la théologie. Son importance devait se faire sentir du jour où la théologie dogmatique, abandonnant la méthode purement scolastique, prenait un caractère plus positif et où le protestantisme tentait d'appuyer ses erreurs sur les doctrines de l'Église primitive. L'honneur d'avoir jeté les premiers fondements de cette science revient au XVIIe siècle français. Cependant le point de vue dogmatique proprement dit prédomine encore sur l'élément historique dans les magistrales œuvres de Petau et de Thomassin. Ce ne fut que vers le milieu du xvme siècle que l'histoire des dogmes devint l'objet d'une branche spéciale de l'histoire ecclésiastique cultivée tout d'abord par les protestants allemands.

/. histoires Générales Du DOGME. — Nous avons vu la part importante que prit la méthode historique dans la théologie catholique du xixe siècle en Allemagne. Le premier qui, après l'esquisse ébauchée par L. Rueff, 0. S. R., f 1828 (Primée lineee hislorico-theologicee ad usum candidatorum S. théologies, Salzbourg, 1824-1827), tenta une exposition complète du développement historique du dogme, fut le restaurateur delà théologie catholique, H. Klee, Lehrbuch der Dogmengeschichte, 2 vol., Mayence, 1837 sq. (traduction française, par Mabire, Paris, 1848). La même année paraissait à Bonn un travail similaire, resté incomplet, de B. .1. Hilgers, hermésien et plus tard vieux-catholique (f 1874), Krilische Darstellung der Hàresien und der ortliodoxen dngmatischen Hauptrichtungen in ihrer genelischen Bildung und Entwicklung vom Standpunkt des Katholicismus, t. I, sect. I. L'ouvrage le plus complet que possède jusqu'ici l'Allemagne catholique est celui de .1. Schwane, professeur à l'Académie de Munster, f 1891. Il comprend quatre parties : Dogmengeschichte der vornicaitischen Zeit, Munster, 1862 (traduction française, par Bélet, Paris, 1886; la traduction a été revue et achevée par Degert, 6 vol., Paris, 1903-1904); 2e édit., Fribourg, 1892 ; Dogmengeschichte der patristischen Zeit (325-787), Munster, 1869; 2e édit., Fribourg, 1895; Dogmengeschichte der mitllern Zeit (787-1517), Fribourg, 1882; Dogmengeschichte der neuern Zeit, Fribourg, 1890.

Il faut y ajouter les ouvrages de J. Zobl, Dogmengeschichte der katholischen Kirche, Inspruck, 1865, et de J. Bach, Dogmengeschichte des Mittelalters vom christologischen Standpunkte, 2 vol., Vienne, 1873-1875, les travaux patrologiques et l'Histoire des conciles de Hefele- Hergenrôther cités plus haut. Les questions de principes concernant l'importance et la méthode de l'histoire scientifique du dogme ont été traitées en outre par Katschthaler (Zeitschrift fur katholische Théologie, Inspruck, 1882, p. 472 sq.) et Const. de Schâzler, Die Bedeutung der Dogmengeschichte vom katholischen Standpunkt aus erôrtert, édité par T. Esser, Ratisbonne, 1884.

//. monographies. — Les études monographiques, dont on ne saurait trop reconnaître la nécessité, abondent depuis quelque temps. Citons :

1° Théologie patristique en général. — L'essai de J. Sprinzl, Die Théologie der aposlolischen Vu 1er, Vienne, 1880; Nirschl, Die Théologie des h. Ignalius, Mayence, 1880.

L'histoire des dogmes particuliers a été surtout entreprise. Citons :

2° Dieu et la création. — K. van Endert, Der Gottesbeweis in der patristischen Zeit, Frihourg, 1869; J. Stahl, Nat'ùrliche Gotteserkenntniss ans der Lehre der Vàter, Ratisbonne, 1869, cf. Roderfeld. Theolog. Quartalschrift, Tubingue, 1881, p. 77 sq., 187 sq., 391 sq. ; Atzberger, Die Logoslehre des Athanasius, Munich, 1880; Gangauf, Des h. Augustin spéculative Lehre von Gottdem Dreieinigen, Augsbourg, 1865 et 1883; Grassmann, Die Schôpfungs-lehre des h. Augustin und Darwins, Ratisbonne, 1889.

3° Incarnation. — Bertram, Theodorcti episcnpi Cyrensis doctrina christologica, Hildesheim, 1883; Baltzer, Christologie des h. Hilarius von Poitiers, Rottweil, 1889; Atzberger, Die Unsiindlichkeit Christi liislurtsc/i-dogmatische dargestellt, Munich, 1883.

4° Rédemption et grâce. — Pell, Die Lehre des h. Athanasius von der Sund und Erlôsung, Passau, 1888; Stràter, Die Erlôsungslehre des h. Athanasius, Fribourg, 1894; Wôrter, Die chrislliche Lehre ùber das Verhàltniss von Gnade und Freiheit von den apostolischen Zeiten bis auf Auguslinits, Fribourg, 1856, 1860; Hiimmer, Des h. Gregor von Nazianz Lehre von der Gnade, Kempten, 1890; Scholl, Die Lehre des h. Basi- Hus von der Gnade, Fribourg, 1881; A. Koch, Die Auto rilàt des h. Augustin in der Lehre von der Gnade

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und Pràdestination, dans Tïibinger Quarlalsclirift, 1890,

5° Sacrements. — Voir plus haut, au paragraphe sur la Théologie dogmatique, les ouvrages importants de Schanz et de Gihr. Indiquons de plus : Dôllinger, Die Le/ire von derh. Eucltaristie nach den Kirchenrûtern der drei ersten Jahrhunderte, Mayence, 1826; Hopfenmuller, S. Irenseus de Eucharistia..., Bamberg, 1867; Nàgle, Die Eucharislielehre des h. Chmjsostomus, dans Strassburger theol. Studien, t. m, fasc. iv et v, Fribourg, 1900, etc.

6° Église. — Soder, Der Begriff der Katholicitàt der Kirche und der Glaubens nach seiner g eschicht lichen Entwicklung dargestellt, Wurzbourg, 1881; Speciit, Die Einheit der Kirche nach dem h. Auguslinus, 1885; le même, Die Lehre von der Kirche nach dem h. Augustinus, Paderborn, 1892.

7° Eschatologie. — Atzberger, Geschichte der christlichen Escliatologie innerhalb der vornicànischen Zeit, Fribourg, 1896, faisant suite à l'ouvrage du même auteur :Die chrislliche Eschatologie in den Sladien ihrer Offcnbarung, Fribourg, 1890.

8° Mariologie et culte des saints. — A. Schàfer, Die Gottesmutter in der h. Schrift, Munster, 1887; A. V. Lehner, Die Marienverehrung in den ersten Jahrliunderten, 2e édit., Stuttgart, 1886. Voir aussi les ouvrages archéologiques de Kraus, Liell, Wilpert, etc. ; Beissel, Die Verehrang der Hciligen und ihrer Reliquien in Deutschland bis zum Beginn des xill Jahrhunderts, Fribourg, 1890; G. Kolb, Wegweiser in die Marianische Literatur, Fribourg, 1888; Supplément, 1900. Pour l'ensemble, voir ci-dessus : Théologie dogmatique, Patrologie, Histoire de la théologie.

X. Archéologie chrétienne . — L'histoire des études d'art et d'archéologie chrétienne en Allemagne se rattache au mouvement régénérateur de la vie religieuse et littéraire de la première moitié de ce siècle ainsi qu'au renouveau de l'archéologie chrétienne en France et en Italie.

Le romantisme y eut une grande part. J. Gôrres, A. Reichensperger et d'autres remirent en honneur l'art gothique du moyen Age, le professeur Kraus, de Fribourg, Mar de Waal et son école, au Campo Santo des Allemands à Rome, continuèrent le mouvement inauguré par l'illustre de Russi en faveur de l'art chrétien antique et auquel la science protestante elle-même ne sut pas résister. Citons parmi les œuvres les plus importantes : F. X. Kraus, Bealencyklopadie der christlichen Altert humer, 2 vol., Fribourg, 1879-1886; Borna sotterranea, Fribourg,1873; 2e édit., 1879, et l'excellente Geschichte der christlichen Kunst, Fribourg, 1895 sq., t. I, il, du même auteur, le premier ouvrage de ce genre auquel il faut joindre VAllgemeine Kunst -Geschiclitc du P. Kuhn, d'Einsiedeln, qui se publie en ce moment, et l'ouvrage similaire plus succinct d'Ad. Fàh, Fribourg, 1887 sq.; F. Frantz, Geschichte der christlichen Malerei, 3 vol., Fribourg, 1887 sq. ; H. Detzel, Chrisll. Ikonographie, 2 vol., Fribourg, 1891-1890. Nous devons une série de précieuses monographies sur l'art des catacombes à Mïr Wilpert, qui défendit dans deux importantes études, Principienfragen der christl. Archàologie, Fribourg, 1889, 1890, les principes d'interprétation de l'école catholique. I)i- grandes publications statistiques et descriptives en partie richement illustrées, (elles quecellesdu professeur Kraus sur les monuments d'Alsace-Lorraine, se publient dans les différentes parties de l'Allemagne sous les aus- , pices des ministères publics. Les grands musées nationaux de Berlin, de Munich et de Nuremberg, quelques musées diocésains contribuent, pour leur part, avec les revues archéologiques el artistiques, telles. que la Zeitschrift fur christl. Kunst, Dusseldorf, 1888sq.,e1 la Rô-

mische (Juarlalsrhrift, Ko , 1889 sq., à l'essor des

études archéologiques en Allemagne. On trouvera une nomenclature détaillée des travaux les plus récents

dans : l'archéologie chrétienne en Allemagne, rapport fait au congrès bibliographique international de Paris par Eug. Muller, Paris, 1899.

XI. Théologie morale. — Les théologiens allemands du xvne et du xvme siècle se tournèrent de préférence vers la morale. Nous avons à signaler ici quelques importants travaux qui se distinguent tous par un caractère casuistique et juridique plus ou moins prononcé. Ce sont la Theologia moralis, de Layman (f 1635), Munich, 1625, 4 vol. in-4°; de Patr. Sporer (f 1681), édit. de Venise, 1731; la Medulla theologise moralis, de Busenbaum (1615), qui, grâce à sa concise précision et à son esprit éminemment pratique, n'eut pas moins de quarante-cinq éditions en vingt-cinq ans. P. Lacroix (f 1714) la commenta et saint Liguori s'en inspira plus tard.

A l'époque des grandes luttes entre le probabilisme des jésuites et le rigorisme des jansénistes, les moralistes allemands cherchèrent en bonne partie une voie moyenne. A. Reiflenstuel , des frères mineurs, suivit dans sa Theologia moralis, Munich, 1692, aux tendances juridiques et casuistiques très accentuées, les traces de Sporer. Parmi les autres théologies morales, publiées en grand nombre à cette époque, citons celles d'Ap. Holzmann, Kempten, 1737, 3 in-fol.; d'Elbel, Augsbourg, 1750, 1751, el surtout d'Eusèbe Amort, Augsbourg, 1758, 2 vol. in-4°. Cette dernière marque un progrès sensible dans la méthode. Les matières purement juridiques sont élaguées; mais l'élément spéculatif n'y a pas encore trouvé la place qui lui revient.

La réaction de l'époque joséphiste, en mettant à la place de la théologie morale une espèce d'éthique philosophique, puisée dans le rationalisme de Kant et de Fichte, outrepassa non seulement son but au point de vue méthodique, mais donna naissance à des œuvres d'une incomparable vulgarité.

Stattler, Ethica communis christiana, 3 vol., Augsbourg, 1782, 1802, et M. Sailer, Handbuch der christl. Moral, 3 vol., Munich, 1818; Soulzbach, 183i, entre autres, inaugurèrent le retour aux saines traditions du passé, en même temps qu'ils s'efforcèrent de répondre aux besoins nouveaux de leur époque. La morale de Hirscher, professeur à Fribourg-en-Brisgau, dont les principes dogmatiques s'épurèrent avec le temps, fit faire à la théologie morale, en tant qu'elle se distingue de la casuistique, un nouveau progrès. Tout n'y est pas parfait. Mais un souffle de vie et un esprit de saine et chrétienne spéculation l'anime. Klee, Probst, C. Martin, Ch. Werner, Friedhoff, Simar, Prunner (traduction française par Bélet, Paris, 1880, 2 vol.), Jos. Schmid, Schwane, Linsenmann, et d'autres contribuèrent, pour leur part, à donner un caractère plus systématique, plus spéculatif, plus scientifique à la théologie morale. Une histoire approfondie de l'éthique chrétienne pouvant servir de base à une construction positive de la morale, répondant aux besoins de notre époque et aux efforts tentés de ce côté par le rationalisme, nous manque encore. Parmi les dernières publications qui se rattachent avec honneur aux traditions de l'école, il nous reste à nommer celles de Lehmkuhl, Theologia moralis, 2 vol., Fribourg-en-Brisgau, 188i; 9e édit., 1899; d'Aertnys, Tournai, 1887; Paderborn, 1890; de Rappenhoner, et de Gopl'ert, 2« édit., Paderborn, 1898, :: vol.

XII. Théologie pastorale. — \° Théologie pastorale mi si-us large. — La théologie pratique ou théologie pastorale, dans le sens large du mot, embrassant dans son ensemble l'exposé des règles à suivie par le prêtre dans l'accomplissement de sa triple mission didactique (catéchétique et homilétique), liturgique (liturgie) et pastorale (théologie pastorale proprement dite), avait été dès les premiers temps de l'Eglise, quoique sous une forme plus populaire, l'objet d'importants écrits. Au moyen âge, outre les traités de saint Bernard et de saint Bona-

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venture, de saint Laurent Justinien, de saint Antonin, ceux de Raban Maur qui nous regardent ici spécialement : De instittttione clericorum et cœremoniis ecclesiasticis; De divinis sacramentis, forment de véritables manuels de théologie pratique. Dans les temps modernes, les lnstructiones pastorum de saint Charles Borromée, les lnstructiones practicx de Lohner firent un grand bien en Allemagne. Ce n'est cependant qu'à partir de 1777 que la pastorale devint, comme branche spéciale de la théologie, objet de l'enseignement ecclésiastique. Le joséphisme en gâta l'esprit, comme il avait fait de tout le reste. Mais déjà en 1788, Sailer lui inspira par ses Vorlesungen aus der Pasloraltheologie, et plus tard (1809-1811) par ses Neue Beitrâge zur Bildung der Geistlichen,5e édit., Soulzbach, 1835, un souffle nouveau. Sailer, s'émancipant lui-même de plus en plus de l'esprit de son temps, exerça ainsi la plus salutaire intluence sur les générations suivantes; chaque nouvelle édition de sa Pastorale marquait un nouveau progrés dans ce sens. L'un de ses meilleurs disciples, J. Widmer, professeur à Lucerne, publia, en 1810, à Augsbourg, une série de Vortriige ùber Pastoralt/ieologie, animés du meilleur esprit. Suivirent les ouvrages d'Amberger, Ratisbonne, 1851; 4e édit., 3 vol., 1883; de Benger, Ratisbonne,1861-1863,3vol.;2eédit.,1890;deKerschbaumer;de Gassner; de Schùch,Linz,1865;lleédit.,1899; de Probst, Théorie der Seelsorge, Breslau, 1883; 2e édit., 1885; de Renninger-Gopfert, Fribourg, 1893, et de Prunner, Paderborn, t. i, 1900.

2° Catéelié tique. — La catéche'tique en particulier, dont l'histoire a été beaucoup étudiée ces dernières années en Allemagne (et. Thalhofer, Entwicklung des katholischen Katechismus in Deutschland von Canisius bis Deharbe, Fribourg, 1899, et les ouvrages de J. Mayer, Moufang, Gobi, Probst, Geschichte der kalhol. Katechese, Breslau, 1886, Schoberl, etc.), a été l'objet de nombreux travaux. Quand, après l'invention de l'imprimerie, on put mettre entre les mains du peuple des manuels d'instruction religieuse, servant de base à l'enseignement oral, de savants théologiens consacrèrent leurs forces à la composition de catéchismes populaires. J. Dietenberger publia le premier catéchisme en langue allemande, à Mayence, l'an 1534, un modèle du genre; le dominicain espagnol Pierre Soto, professeur à l'université de Dillingen, un catéchisme latin en forme de questionnaire, traduit bientôt en allemand (1519) ; le bienheureux Pierre Canisius, en 1554, sa célèbre Summa doctrinse christianee, dont l'extrait, sous le titre d'institutiones christ, pietatis, sive parvus catechismus (1561), fut traduit en allemand (Dillingen, 1563), et servit longtemps de manuel populaire.

Les catéchismes de l'époque joséphiste sont aussi superficiels que nombreux. Parmi les manuels et commentaires les plus usités de nos jours, citons ceux de J. Deharbe et de Spirago, auxquels il faut joindre les Précis d'Histoire sainte, avec commentaires, de Schuster et de Knecht.

L'Allemagne possède en outre une riche collection d'excellents manuels d'instruction religieuse destinés à l'enseignement supérieur des collèges ; tels ceux de Konig, Fribourg, 1881 sq.; de Wilmers, Fribourg, 2 vol. 1897-1899; 3* édit., Ratisbonne, 1891 (outre son Lehrbuch, plus étendu, destiné aux professeurs, 4e édit., Munster, 1886) ; de Wedewer (Fribourg) ; de Dreher (Munich et Fribourg) ; de Becker (Fribourg), le Lehrbuch bavarois, etc. Ajoutons immédiatement à ces derniers les directoires d'instruction religieuse supérieure de Walter, Ratisbonne, 1893; de Liessem, Munster, 1898, et de Brunner, Munich, 1898, ainsi que la nouvelle revue : Monatsblâtter fur den katli. Religions-Unterricht an hôheren Lehranslalten, publiée à Cologne, 1900 sq.

Pour la catéchétique populaire, il faut citer après Possevin, Epistola ad lvonem..., Ingolstadt, 1583, et

Lohner Instructio practica, Dillingen, 1682, les noms d'Overberg, le grand restaurateur de la catéchèse, Anleitung zum zweckmàssigen Schulunterricht, Munster, 8e édit., 1814; Religionshandbuch, 2 vol., Munster, etc. ; d'H. Gruber, Katechetische Vorlesungen..., Salzbourg, 1838; 2» édit., 1836; Praktisches Handbuch der Katechetik, Salzbourg, 1832, continué par H. Schwarz,O.S.B., 7 vol., Ratisbonne, 1876-1885, et de J. B. Hirscher, dont la Katechetik, Tubingue, 1831, écrite avec chaleur et une profonde conviction de la grandeur du magistère sacerdotal, exerça la plus heureuse inlluence et fut en moins de dix ans quatre fois éditée.

3° Homilétique. — h'honiiléti<)ue est déjà traitée au moyen âge dans l'écrit de Raban Maur, De institulione clericorum, 1. III ; au XVIe siècle par Jérôme Dungersheim, 1513, De modo prsedicandi ; Humbert, 0. P., De eruditione concionatorum ; par Reuchlin et Érasme, comme représentants de l'humanisme, et Ulrich Surgant. Devenue, vers la fin du xvnr3 siècle, branche spéciale de l'enseignement, elle fut de nos jours cultivée avec succès par Kleutgen, Ars dicetidi, Ronn, 1817; J. Lutz, Tubingue, 1851, et surtout par J. Jungmann, Théorie der geisllichen Beredsamkeit, 2 vol., Fribourg, 1877; 2e édit., 1884; N. Schleiniger, Die Bildimg des jungen Predigers, Fribourg, 1861; 4e édit., 1891, et une série d'autres ouvrages; F. Hettinger, Aphorisnien uber Predigt u. ,fVed(<7er,Fribourg,1888, etc. Parmi les meilleures éditions et collections de sermons, citons celles de Forster, d'Ehrle, d'Eberhard, de Schleiniger, la Bibliot/iek deR;ess et Weiss, Francfort, 1819 sq., de Hungari, M usterpredigten, Francfort, 3e édit., 25 vol., 1859, et de Scherer, 3e et 4e édit., Fribourg, 1888 sq., 8 vol.

L'histoire de la prédication en Allemagne a été traitée par Cruel (Detmold, 1879), Probst (Breslau, 1884), Linsenmayer (Munich, 1886 et 1889), Jostes, Landmann, etc.

4° Liturgie. — La liturgie, en tant qu'elle appartient à la théologie pratique, avait pris dans la restauration carlovingienne une place très importante. Ce fut encore Raban Maur qui, en Allemagne, et notamment à Fulda, fit fleurir les études liturgiques. Son disciple Walafrid Strabon, abbé de Reichenau, donna dans son De rerum ecclesiasticarum exordiis et incremenlis, une précieuse contribution à l'histoire de la liturgie, tandis qu'Amalaire de Metz (f 857), en dédiant à Louis le Débonnaire son livre : De ecclesiasticis officiis, s'exposait à de vives critiques de la part de ses contemporains à cause du « subjectivisme de ses interprétations », mais n'en exerça pas moins sur tout le moyen âge une grande influence. Plus tard, Berno de Reichenau (f 1048), Robert de Deutz (f 1135) (voir aussi les sermons de Berthold de Batisbonne f 1272), Denys le Chartreux (f 1471) et Gabriel Biel (f 1495) publièrent des écrits liturgiques.

La Réforme, contre laquelle une connaissance plus approfondie de la liturgie catholique eût été une arme puissante, contribua, du moins par son opposition au culte traditionnel, à faire revivre les études liturgiques. Berthold de Chiemsee (f 1513) et Georges Wicelius (f 1573) opposèrent au protestantisme une explication populaire de la liturgie catholique. L'étude scientifique des antiques monuments de la liturgie fut inaugurée dans l'Allemagne catholique par Georges Cassander (f à Cologne, 1566), Lilurgica, Cologne, 1561; Jean Cochlàus (f"l522), Spéculum antiquse devotionis, Mayence, 1549; M. Hittorp (f 1584), dans sa riche collection d'écrits liturgiques du moyen âge, Cologne, 1568. Le XVIIe et le xvme siècle, l'époque classique des grandes publications liturgiques, ne virent surgir aucune œuvre impor- . tante en Allemagne (nommons cependant les écrits archéologiques de J. Gretser, Batisbonne, 1734-1741, 17 fol.), jusqu'à ce que Martin Gerbert de Saint-Biaise publiât le résultat de ses longues et infatigables recherches, dans ses inappréciables ouvrages : De cantuetnutr sica sacra..., Saint-Biaise, 1774,5 vol. in-4"; Vêtus litur-

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gia alemannica, 4776, 2 in-4°; Monumenta veteris liturgies aknnannicœ, 1779, 2 in-4°. Ses Principia theologise liturgicse, Augsbourg, 1759, 1 vol. in-8°, peuvent être considérés comme le premier manuel de liturgie. Le naturalisme de l'époque joséphiste fut fatal surtout à la liturgie. Une véritable manie de « réforme liturgique » s'était emparée des esprits. Les écrits du temps sont pour la plupart sans valeur. Citons parmi les « réformateurs », Blau (f 1798), Dorsch (f 1819), Graser (f 1841), Werkmeister (f 1823), Wessenberg (f 1860) ; parmi leurs adversaires Goldhagen (f 1794), Ed. Menne, Die Liturgie der Kirchc, Augsbourg, 1810, 3 vol., Her. Hayd (f 1873).

La régénération du catholicisme et surtout le renouvellement des. études historiques et archéologiques amena, vers 1830, une restauration de la science liturgique. Th. Lienhart de Strasbourg venait de publier (1829) son opuscule, De antiquis liturgiis. En 1832 parut la lre édition, encore imparfaite à la vérité, de la Liturgik der christkatholischen Religion, de X. Schmid (f 1871), Passau, 2 vol., refondue plus tard en 3e édition (1840-1842) et qui devint le point de départ d'une série de publications systématiques et scientifiques du même genre, telles que la Liturgik, de J. B. Luft (f 1870), Mayence, 1844-1847, 2 vol., et celle de Fluck (f 1865), Ratisbonne, 1853-1855, 2 vol. La Liturgia sacra, de Marzohl et Schneller, Lucerne, 1834-1843, 5 vol. in-8°, est une riche collection de matériaux liturgiques. Enfin Thalhofer (f 1891) dans son Handbuch der kathol. Liturgik, Fribourg, 1883-1893, 2 vol., fournit un travail d'ensemble à la fois systématique, historique et richement documenté. Un grand nombre de monographies sont dues à la plume du professeur Probst de Breslau, de Kreuser, Hettinger, W. A. Maier, Bickel, N. Gihr (sainte messe), B. Schàfer, Hoffmann (eucharistie), Lorinser, Tappehorn (pénitence), Heimbucher (confirmation et extrême-onction). Voir aussi les ouvrages dogmatiques de Schanz, Fribourg, 1893, et de Gihr, sur les sacrements, Beringer (indulgences), Kehrein, Bàumker et Schulte (hymnologie), Hartmann (rubriques).

5° Pastorale au sens strict. — Les questions de pastorale dans le sens strict du mot se rapportant soit à la vie sacerdotale en elle-même, soit à l'action du prêtre sur la vie privée et publique des fidèles et notamment sur la famille, l'école, la presse, les multiples organisations sociales, au soin des pauvres et des malades, à la préservation intellectuelle et morale des faibles contre les dangers de la corruption sociale, sous quelque forme qu'elle se présente, à la lutte active contre cette corruption elle-même, en un mot toutes les questions de pastorale individuelle et sociale ont été traitées soit dans les ouvrages de pastorale cités plus haut, soit dans des monographies plus ou moins étendues, plus ou moins scientifiques ou populaires. C'est un terrain où il reste beaucoup à faire. Les besoins, les dangers nouveaux, la situation de l'Église vis-à-vis des grandes questions sociales qui agitent le présent, imposent au clergé de grands devoirs. On ne s'étonnera pas si dans les nombreux articles de revues touchant la pastorale, l'action sociale du clergé occupe une place importante. Mais il nous manque sur ce sujet un livre répondant complètement aux exigences de notre époque, basé en même temps sur de solides principes théologiques et une mûre expérience.

Comme direcloires de la vie sacerdotale, citons les ouvrages de Fr. Hurler, Die Pflichten des Priesters, 2e édit., Schaffhouse, 1844; de Lorinser, Geist u. Beruf des kath. Priesterthums, Batisbonno, 1858; de Holzwarth, Handbucher fur das prieslerliche Leben, 13 parties, Schafihousc,l«(i5 sq.; de Kugler-Vogel, Der Priesler, 3« édit., Ratisbonne, 1886; de Cramer, Der apostolische Seelsorger, 2« édit., Dùlmen, 1890.

Pour la pédagogie il faut citer Overberg, Sailer, 1831 ; Dursoh, 1851; ,1. Kehrein, llandbucli der Erziehung...,

1876; 1' édit., 1890; Ohler, Handbuch der Erziehung..., 9e édit., Mayence, 1878; Rolfus et Plister, Realencyclopàdie der Erziehung u. des Unterrichtswesens nach kathol. Principien, 5 vol., Mayence, 1884, ainsi que les deux bibliothèques d'oeuvres pédagogiques paraissant depuis 1888 à Fribourg (Herder) et à Paderborn (Schôningh).

L'administration des paroisses dans le sens le plus large du mot fait l'objet d'une bibliothèque manuelle destinée aux diocèses de la Bavière : Handbibliothek fur die pfarranitliche Geschàftsfuhrung ini Kônigreich Bayern, publié par L. H. Krich, Passau, 1895 sq., 4 vol. (1. administration proprement dite; 2. charité publique; 3. administration temporelle; 4. écoles).

La part prise par le clergé allemand au mouvement social contemporain est, on le sait, fort considérable. Notons ici les écrits de Ketteler, Die Arbeiterfrage und das Christenthum, 4e édit. avec introduction de Windthorst, Mayence, 1890; de Hitze, Die sociale Frage, Paderborn, 1877; Kapital u. Arbeit., 1880; Die Arbeiterfrage und die Bestrebungen zu ihre Lôsung, 3e édit., 1900; de Ratzinger, Die Volkswirthschaft, 1882; d'Albertus, Die Socialpolitik der Kirche, 1884; d'Éberle, Socialpolitische Fragen der Gegenwart (voir surtout pour l'action sociale du clergé, p. 104-166), Stans, 1889; de Winterer, Die sociale Frage, beleuchtet durch die Stimmen aus Maria-Laach, Fribourg, 1891 sq., 13 fascicules (voir surtout fasc. iv; Lehmkuhl, Die sociale Noth und der kirchliche Einfluss, 1892), ainsi que les publications du Volksverein fur das katholische Deutschland.

Le prêtre au lit du malade : tel est le sujet d'un certain nombre de manuels pratiques publiés par Falger, Munster, 1867; Feller, Augsbourg, 1879; Hettinger, 4e édit., Fribourg, 1893, etc. Ajoutons-y les ouvrages de médecine pastorale de Stôhr, 2e édit., Fribourg, 1882; Capellmann, Aix-la-Chapelle, 10e édit., 1895; 3e édit. latine, 1892 ; Marx, Paderborn, 1894, et la Pastoral-Psychiatrie de Familier, Fribourg, 1898.

XIII. Droit canon. — Les études de droit canonique bénéficièrent dès le XVe siècle du renouveau des sciences historiques. L'élément historique, l'étude critique des sources, déjà inaugurée par Nicolas de Cuse, devint partie intégrante de la science canonique. On continua, il est vrai, à donner au côté purement juridique et pratique une place prépondérante dans l'enseignement comme dans l'exposition écrite en commentant le Corpus juris. D'autre part, un grand nombre de questions canoniques se traitaient dans la théologie morale qui prenait ellemême un caractère juridique fortement accentué (voir ci-dessus). Cependant les premiers ouvrages de droit canon que nous avons à citer, ceux de H. Canisius, Suninia juris canonici, Ingolstadt, 1588 sq., in-4° ; de P. Laymann, S. J., Jus canonicum, Dillingen, 1666; de J. Streinius, Suninia juris canonici, Cologne, 1658; de H. Pirhing, Jus canonicum, Dillingen, 1674, 5 vol. infol., tendent déjà à se rapprocher d'une forme plus systématique.

Le xviiic siècle cultiva le droit canon avec prédilection. Jésuites et bénédictins rivalisèrent de zèle dans l'étude des décrétales. Parmi les premiers nommons F. Schmalzgruber, Jus ecclesiasticum universum, Dillingen, 1719, 6 vol. in-4°, et V. Pichler, Jus canonicum practice explicatum, Ingolstadt, 1728, in- 4°; parmi les derniers, Fr. et lien. Schmier, Commentarii in libros V Decretalium, Salzbourg, 1718-1722, 5 vol. in-4°; Commenr la ri us in jus canonicum universum, Salzbourg,1735, 8 vol. in-fol.; Grég. Zallwein, Principia juris ecclesiastici, Augsbourg, 1763, 4 vol. in-4°. Il faut y joindre le franciscain A. Reiffenstuel, Jus canonicum universum Venise, 1717, 5 vol. in-fol., et le prémdntré II. Schnorrenberg, Institutiones juris canonici, Cologne, 1740.

L'ouvrage le plus marquant, quoique les traces du

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mouvement joséphiste s'y fassent déjà sentir, est celui de Zallwein. Deux caractères le distinguent : son esprit systématique et la place importante donnée au droit ecclésiastique allemand. Le canoniste J. C. Barthel, de Wurzbourg, l'avait précédé dans cette dernière voie en une série de monographies, telles que l'Historia pacificationum Imperiicirca religionem, Wurzbourg, 1736, De jure reformandi, Wurzbourg, 1744, tandis que le jésuite J. Binner, dans son Apparatus eruditionis ad jurisprudenliam prxserlim ecclesiasticam, Augsbourg, 175i sq., 13 vol. in-4°, venait de réunir tout ce qu'il avait pu amasser de matériaux pour l'étude du droit canon au point de vue à la fois scolastique et historique.

Sous l'influence du gallicanisme et notamment du droit ecclésiastique de Van Espen, Jus ecclesiast. universum, Cologne, 1702; Mayence, 1791, le coadjuteur de Trêves, Nicolas de Hontheim (f 1790), publia en 1763, sous le pseudonyme de Fébronius, son livre : De statu Ecclesise et légitima potestate Rom. pontifias, qui ne tendait à rien moins qu'à détruire par sa base l'organisation monarchique de l'Église et à l'asservir au pouvoir absolu de l'État. Il trouva des adversaires dans les jésuites Kleiner, Zech, Schmidt, etc.; mais il répondait trop à l'esprit du temps pour ne pas exercer en Allemagne une énorme iniluence. L'histoire et la philosophie rationaliste de l'époque devaient contribuer à replacer le droit ecclésiastique sur des bases nouvelles, ou plutôt, à ce que prétendaient les légistes joséphistes, sur la base de l'antiquité chrétienne. Les institutions de droit canonique animées de l'esprit de Fébronius pullulèrent bientôt. Celles de J. P. Riegger, professeur à Fribourgen-Brisgau, puis à Vienne, 4 vol., 1768 sq., ont encore une certaine valeur; Rautenstrauch (1776), Eybel (1777), Lochstein, etc., sont tombés dans le profond oubli qu'ils n'ont que trop mérité.

En 1822 parut à Bonn la première édition du Lehrbuchdes KirchenrecKtestn.it Berûcksichtigung der neuesten Verhâltnisse, de F. Walter (f 1879), 14e édit., 1871. L'évolution qui s'était faite dans les idées, le renouvellement de la vie catholique qui se préparait en Allemagne, le retour aux saines traditions du passé qu'une élite d'esprits guéris du rationalisme de l'époque joséphiste et révolutionnaire allait bientôt inscrire sur son programme d'action, trouvaient déjà leur expression dans ce livre, écrit, du reste, dans un esprit de grande modération. Autour du grand Gôrres, qui en 1838 lançait dans le public pour la défense de la liberté de l'Église son At/ianasius, se formait toute une école de juristes, à la fois historiens et philosophes, qui proclamèrent hautement le rétablissement de la puissance et de la liberté de l'Église, comme condition indispensable de la régénération sociale et politique de l'Allemagne. Les Histo7'ischpolitische Bliilter, fondées par Gôrres et Phillips, en 1832, servirent d'organe à ce mouvement. F. J. Buss, professeur de droit civil et ecclésiastique à Fribourg, esprit fécond et universel, en fut par ses nombreux écrits, JJebcr den Einfhiss des Christenthums auf die Lehre von Recht u. Staal, Fribourg, 1841, etc., son activité sociale et politique l'un des principaux promoteurs. La lutte purement scientifique fut menée par E. de Moy, le fondateur de l'Archiv fur katholisches Kirchenrecht, Inspruck, 1857 sq., puis Mayence, dans sa Philosophie des Redits auf katholischem Standpunkte, 2 vol., Vienne, 1854-1856, et Walter lui-même dans sa Jurislische Encyclopédie, Bonn, 1856, et son Nalurrecht u. Politik, 1863.

Phillips, le cligne collaborateur de Gôrres, appelé comme lui par le roi Louis I" à une chaire de l'université de Munich, publiait en 181-5 le 1er volume de son célèbre ouvrage : Kirchenrecht, 8 vol., Ratisbonne, 1845- 1869. C'était un événement pour la science catholique. A une connaissance approfondie des sources, à une conception vraiment scientifique de son sujet, l'auteur joi-

gnait une parfaite orthodoxie. Les rapports de l'Église et de la société furent traités avec une largeur de vues et une sûreté de doctrines remarquables. Phillips condensa lui-même dans un manuel plus succinct, destiné à l'enseignement, le résultat de ses études, Lehrbuch des Kirchenrechtes, Ratisbonne, 1859-1862, 2 vol.; 3e édit. par Moufang, 1881. En même temps, J. Fr. de Schulte éditait son System des allgemeinen kathol. Kïrchenrechts, 2 vol., Giessen, 1856, suivi d'un manuel (1863) dont la 3e édition (1873) devait malheureusement porter les traces du vieux-catholicisme. D'autres manuels plus ou moins étendus, avec un caractère à la fois scientifique, systématique et pratique, suivirent : tels ceux de Vering, Fribourg, 1876; 3e édit., 1893 (très complet); de Silbernagl, Batisbonne, 1880; 2«édit., 1889; de Làmmer, Fribourg, 1886; 2e édit., 1892; de Scherer, Gratz et Leipzig, 2 vol., 1886-1 891 ; de Ph. Hergenrôther, Fribourg, 1888, et de Heiner, Paderborn, 1893-1894, 2 vol.

Le droit matrimonial, en particulier, cultivé avec prédilection au commencement du siècle par suite des ingérences de l'État dans la législation du mariage, fut l'objet d'une série de travaux d'ensemble de la part de Roskovany, Vienne, 1837; Schulte, Giessen, 1855; Kreuzer, Tubingue, 1869; Heiner. Munster, 1889.

XIV. Encyclopédie théologique. — Sous ce titre on comprend aujourd'hui soit un ensemble de connaissances théologiques embrassant les différentes branches de la science sacrée et groupé d'après une norme quelconque, par ordre des matières, ou par ordre alphabétique (encyclopédie « matérielle »), soit une exposition systématique des principes, de la méthode, de l'organisme des sciences théologiques (encyclopédie « formelle »). Ce qui caractérise la première, c'est la richesse, l'abondance des matériaux qu'elle fournit; ce qui fait l'essence même de la seconde, c'est l'unité idéale, philosophique, à laquelle elle ramène la multiplicité des connaissances théologiques.

Toutes les époques ont eu leurs encyclopédistes; mais c'est le propre des périodes de transition, où le génie créateur de l'époque précédente cesse d'être fécond, où l'on sent le besoin de conserver, de réunir, de transmettre à une époque nouvelle les trésors du passé, d'affectionner surtout ce genre de travail intellectuel.

La lin de l'époque patristique, marquant le passage à la théologie scolastique, une longue période à la vérité, nous offre à côté des Institutions de Cassiodore (-j- 569), des « Étymologies » d'Isidore de Séville (f 636), des œuvres de Bède le Vénérable (f 735), le De universo et le De institutione clericorum, de Baban Maur (f 856), VImago mundi, de Bernold de Saint-Biaise (f 1100), le Hortus deliciarum, de Herrade de Landsperg (f 1195), où la théologie est traitée en partie à l'aidé des sciences profanes qui lui servent de base.

Denys le Chartreux fut l'encyclopédiste par excellence de la troisième période scolastique.

Pour le xvne siècle citons le savant mais paradoxal Caramuel de Lobkowitz, O. Cist. (f 1682), coadjuteur de l'archevêque de Prague, dont la Thcologia intention alis, — preeter-intentionalis, — naturalis, — rationalis, — moralis, — regularis et YEncyclopsedia concionatoria forment une vaste encyclopédie des différentes branches théologiques.

Gerbert de Saint-Biaise (f 1793) dans ses Principia theologise exegetiese, — dogmatiese, — moralis, — liturgicse, etc., 1757 sq., qu'il avait fait précéder de Y Apparatus ad eruditionem theologicam (175't) et du De recto et perversù usu theologise scholasticse (1756), est, pour la seconde moitié du xvme siècle, le représentant de la théologie encyclopédique. Son but n'est pas tant d'offrir une grande abondance de matériaux que d'établir un plan complet de théologie et, en élargissant le cadre des études ecclésiastiques, de donner à l'étude des sources positives du dogme la place qui leur convient.

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A partir de ce moment les question? d'introduction, de méthode, de division systématique de la théologie furent traitées avec prédilection : l'encyclopédie « formelle » prenait sa place comme hranche spéciale de la science sacrée. Ce n'est pas que le besoin d'une « méthodologie théologique » ne se fût déjà fait sentir dès le début de l'ère moderne. Après Gerson (f 1429) et Nicolas de Clémange (f 1440), Érasme de Rotterdam avait, en 1592, dans sa Ratio et methodus compendio perveniendi ad veram theologiam, demandé le retour à la méthode positive. L'ouvrage du jésuite Possevin (-J- 1611), Bibliotheca selecta, in qua agitur de ratione studiorum i?i liistoria, in disciplinas, in sainte omnium procuranda, avait été, peu d'années après son apparition (Rome, 1592), réimprimé' en Allemagne, Cologne, 1607, ainsi que l'Apparat us cul positivant theologiam methodicus de Pierre Annatus (f 1715), Paris, 1701 ; 2e édit., Wurzbourg, 1726.

En 1786 parut l'Encyclopœdïa et methodologia théologien, de F. Oberthiir (f 1832), remaniée plus tard en langue allemande sous le titre de : Theologische Encyclopœdie, Augsbourg, 1828, 2 vol., et de : Méthodologie de)' theologischen Wissenschaften, Augsbourg, 1828, en somme plus remarquable par son étendue que par sa profondeur.

Le xixe siècle enfin vit paraître une série de travaux plus serrés, plus concis, plus systématiques et plus solides, tels que ceux de Drey (f 1853), Kurze Einleitung in das Studium der Théologie mit Rûcksicht auf den wissenschaftlichen Standpunkt u. das kathol. System, Tubingue, 1819; de Klee (f 1840), Encyklopâdie der Théologie, Mayence, 1832; de Staudenmaier (f 1856), Encyklopâdie der theol. Wissenschaften als System der gesammten Théologie, Mayence, 1834; 2e édit., 1840; de Wirthmùller, Landshut, 1874; de Kihn, Encyklopâdie und Méthodologie der Théologie, Fribourg; 1892 (avec de nombreuses indications bibliographiques), et de Krieg, Fribourg, 1899, ainsi que le Timotheus, Briefe an einen jungen Theologen, de Hettinger, 2e édit., revue par A. Ebrhard, Fribourg, 1897.

L'Allemagne catholique possède également pour la théologie un répertoire encyclopédique de premier ordre dans l'ouvrage publié par Wetzer et Welte : Kirehenlexikon, lre édit., Fribourg, 1816-1860, 12 vol. (traduit en français par Goschler;; 2e édition sous la direction de Hergenrother et Kaulen, 1886 sq. Il avait été précédé du Kirehenlexikon d'Aschbach, Mayence, 4 vol., 1816-1850. Enfin les Bibliothèques théologiques de Herder (Fribourg) et de Schôningh (Paderborn), forment chacune un ensemble d'ouvrages théologiques qui équivaut à une vaste encyclopédie et donnent une haute idée du développement actuel des sciences sacrées en Allemagne. Citons pour terminer les répertoires de bibliographie théologique, tels que le Thésaurus librorum rei catholiese, 2 vol., Wurzbourg, 1848-1850, suivi d'un supplément et d'une table sous le titre de TJieologisches Fach-und Sachregisler, Wurzbourg, 1850; le Systematisch geordnetes Reperlorium der katholischtheologischen Literatur, welche in Dentsc/dand, Oesterreich und der Schiveiz seit H00 bis znr Gegenwart erschienen ist., de D. Gla, t. I, Paderborn, 1895; pour la période de 1870 à 1897, la Bibliotheca Theologise et Philosophise catholiese de Korll', Munich, 1897.

XV. Revues. — Pour compléter le tableau ci-dessus, nous donnerons rémunération des principales revues qui servent d'organes au mouvement théologique contemporain.

/. REVUES BIBLIOGRAPHIQUES ET CRITIQUES. — 1. Literariseher llaiidiveiser, zunachst fiir aile Katholiken deutscher Zunge, publié et rédigé par F. Hulskamp, Munster, 1862 sq., à 21 livraisons par an.

2. Literarische Rundschau fiir des katholische Deutschland, publiée par von G. Hoberg, Fribourg, lundée par Kohler, en 1875, rédigée plus tard par

Stamminger, 1878-1884, puis par C. Krieg, 1884-1894, 12 numéros par an.

//. REVUES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES EMBRAS- SANT ÉGALEMENT LA THÉOLOGIE. — 1. Slimmen auS

Maria-Laach, katholische lîlàtter, Fribourg, 1865 sq., 12 fascicules par an, rédigées par les pères jésuites.

2. Historisch-politisclie Blâtter fur das kathol. Deutschland, publiés par von Ed. Jôrg, Munich, 1838 sq., 12 fascicules par an : revue fondée par Gôrres, Phillips, Môhler, etc., pour la défense des intérêts catholiques.

3. Natur und Ofjenbarung, Organ zur Vermiltlung zwischen Naturforschung und Glauben, Munster, 1854 sq., 12 fascicules par an.

4. Natur und Glaube, publié par J. E. Weiss, Passau, 1897 sq., 12 fascicules par an.

///. revues théologiquex. — 1. Theologische Qiiartalschrift, in Verbindung mil mehreren Gelehrten, publié parles professeurs de théologie de l'université de Tubingue, Tubingue, 1819 sq., 4 fascicules par an.

2. Der Katholik, Zeitschrift fiir kathol. Wissenschaft und kirchliches Leben, publié par J. M. Rauch, avec la collaboration des professeurs du séminaire épiscopal de Mayence et. du lycée épiscopal d'Eichstàtt, Mayence, 1821 sq., 12 fascicules par an, fondé par A. Raess, plus tard évêque de Strasbourg et N. Weiss, plus tard évêque de Spire, tous deux professeurs au grand séminaire de Mayence.

3. Strassburgcr theologische Stuctîen, publié par A. Ehrhard et E. Muller, Fribourg-Strasbourg, 1892 sq., fascicules paraissant librement, dont quatre forment 1 volume. 3 volumes ont paru jusqu'ici.

iv. revue biblique. — Biblisehe S Indien, publiées par O. Bardenhevver, Fribourg, 1895 sq., fascicules paraissant librement, dont quatre à six forment 1 volume. 4 volumes ont paru.

v. revues historiques et patristiques. — 1. Historisches Jahrbuch, publié au nom de la Gôrresgesellschaft, par Jos. Weiss, Munich, précédemment Munster, 1880 sq., 4 fascicules par an, embrassant l'histoire profane et ecclésiastique avec d'abondantes notices bibliographiques.

2. Archiv fur Literatur- und Kirchen-Geschichte des Mittelalters, publié par 11. Denille et F. Ehrle, Berlin, plus tard avec le concours de la Gôrresgesellschaft, Fribourg, 1885 à 1893.

3. Kirchengeschichtliche Studien, publiées par Knopfler, Schrôrs, Sdralek, Munster en Westphalie, par fascicules libres, 1899.

4. Forscliungen zur christl. Literatur und Dogmengeschichte, publiées par A. Ehrhard et J. P. Kirsch, Mayence, 1900.

vi. revues archéologiques. — 1. Romische Quartalschrift fur christl. Alterthumskunde und fur Kircliengeschichte, publiée par A. de Waal et Et. Elises, Rome et Fribourg, 1887 sq., 4 fascicules par an.

2. Zeitschrift fur christl. Kunst, publiée par Schnùttgen, Dusseldorf, 1888 sq.

3. Archiv fur christl. Kunst, publié par Detzel, Stuttgart, 1883 sq.

vu. revues DE DROIT canon. — Archiv fur kathol. Kii ï henrecht mit besonderer Rûcksicht auf Deutschland, Œsterreich-Ungarn und die Schweiz, publié par Heiner, Mayence, 1857 sq., 6 fascicules par an, fondé par Moy, longtemps rédigé par Vering.

vin. REVUES DE THÉOLOGIE PRATIQUE. — 1. Der katholische Seelsorger, Wissenschaftlich-praktische Monatschrift, publié par lleiner, Olten et Woker, Paderborn, 1889 sq., 12 fascicules par an.

2. Pastor bonus, Zeitschr. fiir kirchl. Wissenschaft u. Praxis, public1 par P. Einig et A. Muller, Trêves, 1889 sq., 12 fascicules par an.

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