‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 351 sur 536 · ALOGES — ALPHA ET OMÉGA · texte numérisé non relu

ALOGES — ALPHA ET OMÉGA

les représentants officiels de la tradition ecclésiastique. Les vrais représentants de cette tradition, Irénée et Jipiphane, n'auraient pas manqué de l'invoquer, dans l'espèce, s'il s'était agi d'une question traditionnelle; ■car ils en connaissent toute la valeur; ils y font appel dans leurs écrits comme à un argument décisif. Quant à la contradiction, si complaisamment relevée dans le témoignage d'Épiphane, nous préférerions la regarder comme plus apparente que réelle. Épiphane, en effet, a d'abord traité d'hérétiques des adversaires de la divinité du Logos; les trouvant sans nom, il propose de les désigner sous le nom d'aloges. A titre d'adversaires du Logos, il sait qu'ils repoussent nécessairement les écrits johanniques; car, à les admettre, ils se condamneraient eux-mêmes. Mais ce motif d'ordre doctrinal n'exclut pas des motifs d'une autre espèce. Et il se rencontre que certains aloges, des aloges d'Asie, ayant à se plaindre d'avoir été chassés de Thyatire par des montanistes entreprenants, s'efforcent de prendre une revanche, en leur déniant le droit d'appuyer leurs prétentions sur des écrits qui, au lieu d'appartenir à l'apôtre Jean, sont l'œuvre d'un hérétique notoire et ne sont dus qu'à la plume de Cérinthe. Aussi, loin de voir dans la réfutation d'Épiphane une contradiction qui doit seule entrer en ligne de compte, sommes-nous plutôt porté à y voir un supplément d'information, qui nous révèle les arguments nouveaux que les aloges d'Asie font valoir contre les montanistes. Sans doute, à l'époque des grandes controverses trinitaires si vivement débattues, à la fin du 11e siècle et au commencement du me, entre monarchiens et trinitaires, cela peut être considéré, comme le dit M. Duchesne, « comme un simple incident de controverse, » Les orig. chrét., 2e édit. lith., p. 258; mais cet incident se rattache d'autre part à une question d'ordre dogmatique.

En résumé, les aloges ne sont ni des montanistes (contre Tillemont et Dollinger), ni des traditionnalistes sur la question canonique (contre Harnack), mais de vrais hérétiques, des monarchiens (contre Corssen), qui méritent le nom que leur a donné Épiphane et qui mériteraient encore, à cause de leur opposition au montanisme, en Asie, celui de apneumatiques.

Irénée, Cont. hser., III, xi, 9, P. G., t. vu; Philastrius, Hxr., P. L., t. XII, col. 1174; Épiphane, Hser., LI, P. G., t. xli; Harnack, Gescliicltte cler allclir. Lit., 1. 1, Leipzig, 1897 ; Dogmengeschiclite, t. i, Fribourg, 1890; Corssen, Monarcliianisciie Prologe zu denvier Evangelien, Texte, etc., t. xv, fasc.l", 1896; Rose, O. P., Aloges asiates et romains, dans la Revue biblique, 1897 ; Camerlynck, De quarli Evangelii auctore, 1899, p. 145-189.

G. BAREILLE.

ALOZ Marc-Antoine, théologien espagnol de l'ordre de la Trinité pour la rédemption des captifs, naquit à Valence. Il enseigna d'abord l'exégèse et fit paraître successivement un Commentaire in Genesim, in-fol., Valence, et une Dissertation sur les divers sens de la sainte Écriture, in-8°. Devenu dans la suite professeur <le théologie, il rédigea un résumé de ses leçons qui fut imprimé à Valence, 16i2, in-4», sous le titre de Selecturam disputationum theologicarum scholasticarumi. On place généralement l'année de sa mort aux environs de

Hurter, Nomenclator literarius, Inspruck, 1892, t. i, p. 381.

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