‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 394 sur 536 · C. Toussaint · texte numérisé non relu

C. Toussaint

AMELOTTE Denis, prêtre de l'Oratoire et docteur de Sorbonne, s'est surtout rendu célèbre par ses travaux exégétiques et en particulier par sa traduction française, si souvent réimprimée, du Nouveau Testament, qui, suivant les élogieuses critiques de Richard Simon, de dom Calmet et du Journal des savants, surpasse de beaucoup toutes celles qui l'ont précédée. Voir Vigouroux, Dictionnaire de la Bible, 1892, t. i, p. 474. — A l'exemple d'Estius dont il suit pas à pas la doctrine et la méthode, le docte oratorien mit sa science scripturaire au service de la théologie et parfois même de la controverse. L'éclosion des erreurs jansénistes lui en fournit l'occasion. Il prit vivement parti contre les théologiens de Port-Royal, quoiqu'il ait partagé, sur quelques points, leurs sentiments, et il écrivit contre eux sa Défense des constitutions d'Innocent X et d'A lexandre VII, in-4°, Paris, 1660. Les novateurs entêtés qui y étaient traités d'hérétiques et d'imposteurs répondirent par un libelle intitulé : Idée du P. Amelolte, où l'on cherchait à mettre en contradiction avec lui-même celui qui faisait profession d'être, en ces matières, le disciple de saint Thomas et de saint Augustin. Un autre écrit du janséniste Girard, licencié de Sorbonne et ami de Nicole, mit en parallèle la doctrine du P. Amelotte avec celle de Jansénius et parut à Cologne, en 1660, sous le pseudonyme de Denys Rémond; il portait en titre : Eclaircissement du fait et du sens de Jansénius, et se divisait en quatre parties. Ces violentes représailles n'intimidèrent pas le courageux et intrépide apologiste qui fit tous ses efforts et employa l'autorité de sa charge pour entraîner ses confrères de l'Oratoire à la soumission absolue aux récentes déclarations pontificales. Il était alors assistant du P. Bourgoing, général de cette savante congrégation, et rédigeait un Abrégé de théologie en français, in-4°, édité à Paris, 1675.

Né à Saintes en 1609, entré à l'Oratoire en 1C50, il mourut à Paris le 7 octobre 1678.

Richard Simon, Histoire critique des principaux commentateurs, Rotterdam, 1693, c. lviii, p. 883; Feller, Biographie universelle, Paris, 1845, t. u, p. 156; Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, Paris, 1811, t. il, p. 37; Glaire, Dictionnaire des sciences ecclésiastiques, Paris, 1868, t. i, p. 86; Hurter, Nomenclator lilerarius, Inspruck, 1893, t. u, col. 146.

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