‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 411 sur 536 · XVII. Brésil. — La découverte du Brésil est due à un · texte numérisé non relu

XVII. Brésil. — La découverte du Brésil est due à un

lieutenant de Christophe Colomb, Pinzon. qui aborda au cap de la Consolation et en prit possession au nom du roi d'Espagne. L'année suivante le Portugais Alvarez Cabrai, voulant éviter les courants de la côte d'Afrique, obliqua trop à l'ouest et se trouva, sans le savoir et le vouloir, sur la côte du Brésil dont il prit possession au nom du roi de Portugal. De là conflit, apaisé par Alexandre VI qui traça sa fameuse ligne de démarcation dont nous avons parlé au commencement. Celle-ci donnait le Brésil aux Portugais, mais par suite d'une erreur de cartographie, car la carte qui servit à l'arbitrage avait mis le Brésil 20 degrés trop à l'est. Le différend fut complètement terminé sous Philippe II en 1594. Ce roi d'Espagne, qui gouvernait aussi le Portugal, tira une autre ligne de démarcation qui conservait le Brésil au Portugal. Le calvinisme tenta de s'introduire au Brésil en 1566. Sous Philippe IV, en 1624, les Hollandais s'emparèrent de la capitale du pays, mais furent ensuite obligés de capituler; une autre flotte hollandaise fit la conquête de Pernambuco et soumit plus de la moitié du Brésil, mais les Hollandais furent ensuite définitivement chassés.

En 1807, les armées françaises s'emparèrent de Lisbonne. Le roi de Portugal, Jean VI, s'embarqua pour Bio-Janeiro, capitale du Brésil depuis 1773, suivi de sa cour et du nonce apostolique, M<Jr Caleppi. Lorsqu'il revint à Lisbonne, le roi laissa au Brésil son fils aîné, avec le titre de prince régent; mais cela déplut aux Brésiliens qui proclamèrent leur indépendance, et donnèrent au gouvernement la forme d'un empire constitutionnel. Le 15 novembre 1889, une révolution militaire remplaça cet empire par une république.

Le Brésil a une superficie approximative de 8 337 2 18 kilomètres carrés; il est 16 fois plus étendu que la France. Mais la population est très clairsemée. D'après les récentes statistiques, il compte 14 333 915 habitants; sur ce nombre, 14179615 catholiques, 1673 grecs orthodoxes, 19957 protestants évangéliques, 1 347 presbytériens, 122 409 protestants appartenant à d'autres sectes, 309 musulmans, 1327 positivistes et 7 257 personnes ne professant aucun culte. La religion catholique est donc celle de la très immense majorité des Brésiliens, mais cette constatation faite, il ne faudrait pas en conclure que le Brésilien soit toujours et partout un bon catholique. Il y a plusieurs causes qui y mettent obtacle.

La première est une cause commune à presque tous les peuples de l'Amérique latine. Le clergé est malheureusement très relâché. Le prêtre isolé de ses confrères, vivant à six ou sept journées de marche d'un autre prêtre, habitant seul au milieu de populations de moeurs plutôt faciles, court trop de dangers, et a trop peu de secours pour ne pas se laisser souvent entraîner sur la pente des passions. Il sait d'autre part que, soit effet de l'ignorance, soit pour tout autre motif, son ministère n'aura point à en souffrir. Les fidèles recourent au ministère de leur curé sans en être empêchés par ses fautes personnelles. Une autre cause est la mainmise de la franc-maçonnerie sur le Brésil, non pas seulement depuis l'établissement de la république actuelle, mais depuis l'empire philosophique et libéral de dom Pedro. C'est sous son gouvernement que les sectes firent décréter la suppression des communautés religieuses. C'est aussi à la franc-maçonnerie qu'est due la violente persécution contre les évoques qui défendaient au Brésil les droits de l'Église. Les plus célèbres de ces confesseurs sont Vital Gonçalves de Oliveira, nommé évêque d'Olinda en 1871, qui mourut exilé à Paris en 1887 et appartenait à l'ordre des capucins. Cependant le gouvernement entretient un minisire plénipotentiaire à Home et le pape a un internonce à Rio-Janeiro.

Depuis quelques années, la situation religieuse est d'ailleurs un peu améliorée.

Le souverain pontife sachant combien sont rares les vocations ecclésiastiques au Brésil a adressé, le 18 sep-

AMERIQUE LATINE

tembre 1899, une lettre aux évêques pour leur recommander l'érection des séminaires demandée déjà par le concile plénier dont nous avons parlé. Il insiste sur ce point qu'il faut procurer à ces établissements une maison de campagne pour empêcher que les jeunes gens retournent dans leurs familles pendant les vacances : ce qui serait pour eux très dommageable à cause des périls auxquels ils se trouveraient exposés. Abordant la question du budget des cultes, il dit qu'anciennement le gouvernement rétribuait le clergé, mais qu'aujourd'hui la charité des fidèles doit remplir ce devoir négligé par l'État. Il préconise à cet effet la formation de caisses diocésaines alimentées par les oblations des fidèles, la contribution des cures riches qui existent encore en diverses parties du Brésil, et surtout la création de confréries qui viendraient en aide au clergé. Le pape exprime encore le désir que les prêtres s'occupent des œuvres de presse, ne laissant point entre les mains d'adversaires une arme qui peut porter des coups si terribles; il ajoute qu'il serait désirable que les catholiques convaincus et les membres les plus marquants du clergé brésilien pussent entrer au Parlement, pourvu que ce ne fût point par ambition, mais pour procurer le bien de la religion dans leur pays. Telle est en quelques mots cette lettre qui trace un programme d'action au Brésil catholique.

Ce qui donne beaucoup à espérer pour le relèvement religieux de cette contrée, c'est le nombre toujours croissant de communautés d'hommes et de femmes qui viennent s'y établir et y prospèrent. Les bénédictins du Brésil, qui n'étaient plus qu'une ombre, se recrutent de nouveau. Les jésuites, les dominicains, les franciscains, les lazaristes, les salésiens, ces derniers surtout, se sont énormément développés. Ils s'occupent de l'éducation des jeunes gens. Ces instituts religieux envoient aussi des missionnaires au milieu des Indiens encore païens. Les sœurs de charité, les dames de Sion, les franciscaines de Hollande, les religieuses de Saint-Joseph de Cluny, les sœurs Dorothée de Borne se consacrent à l'éducation des jeunes filles.

L'histoire de la hiérarchie ecclésiastique du Brésil se divise en quatre époques différentes. Le siège de Bahia est fondé le premier, puis Innocent XI, en 1676, érige les diocèses de Bio-Janeiro, Pernambuco et Maranho (ce dernier l'année suivante). C'est la première époque. Cent ans après, Benoît XIV, en 1746, fait une seconde érection de diocèses à Saint-Paul, Marianna, Goyaz et Cuyaba. Dans une troisième époque Léon XII et Pie IX font des érections isolées de quelques évêchés. Léon XIII dans sa bulle Ad universas orbis ecclesias, du 27 mai 1892, revient aux traditions de ses prédécesseurs. Il érige Rio-Janeiro en métropole, fonde quatre évêchés nouveaux, les Amazones, Parahyba, Nictheroy ou Petropolis, et Curityba de Parana.

Le Brésil se trouve ainsi divisé en deux provinces ecclésiastiques; Bahia, siège non seulement métropoli-

tain, mais encore primatial, qui a sous sa juridiction Amazones ou Manaos, Belem de Para, Fortalezza, Goyaz, Saint-Louis de Maragnano, Olinda et Parahyba. Cette province comprend tout le nord du Brésil. Le sud compose la province ecclésiastique de Bio-Janeiro, qui a sous sa dépendance Cujaba, Curityba, Diamantino, Marianna ou Minas-Geraës, Petropolis, Saint-Paul, Saint- Pierre de Bio-Grande, et Espirito-Santo.

Signalons à Bahia un séminaire diocésain, qui ne fut fondé qu'au commencement du siècle par le franciscain Damase de Abreu Vieira; à Amazones ou Manaos, un séminaire, une communauté religieuse et 105 écoles catholiques; à Belem de Para, un séminaire, 6 collèges, et 5 écoles catholiques avec une population de 1320 élèves; à Goyaz, 3 communautés d'hommes, une de femmes, et un séminaire; à Curityba de Parana, 2 communautés de religieux, 3 de religieuses, 1 sémimaire, 2 collèges et une école catholique contenant 350 élèves; à Petropolis, 1 collège et 4 écoles catholiques, avec 380 élèves; à Saint-Paul du Brésil, 7 communautés d'hommes, 4 de femmes, 1 séminaire, 3 collèges et 36 écoles catholiques; à Saint-Pierre de Bio-Grande, 4 communautés d'hommes, 3 de femmes, 1 séminaire, 6 collèges et 203 écoles catholiques qui formeront la base du renouvellement religieux de ce diocèse, grand comme un royaume de l'Europe.

XVIII. Venezuela. — Les territoires que l'on comprend sous le nom de Guyane française, hollandaise et anglaise ne faisant point partie de l'Amérique latine, nous les traversons et arrivons plus au nord, au Venezuela. Ce territoire mesure 1 043900 kilomètres carrés (le double de la France), mais n'a qu'une population de 2238 900 habitants. Il reçut des Espagnols le nom de Venezuela, ou petite Venise, à cause de la ressemblance qu'offraient, les lagunes de Maracaibo avec celles de Venise et de Chioggia. Il appartint aux Espagnols jusqu'à 1822. Ceux-ci ne se laissèrent pas arracher ces belles provinces sans lutte, mais malgré leurs efforts l'indépendance de ces États fut proclamée. Le Venezuela fit d'abord partie de la république fédérative de Colombie dont il constitua l'État oriental, puis devint complètement autonome en 1863. Il est régi par une constitution élaborée en 1881.

Le pays forme une province ecclésiastique, celle de Venezuela ou Caracas, avec 5 sièges sull'ragants : Barquisimeto, Calabozzo, Nueva-Guyana ou Angostura, Merida et Zulia. Le clergé riche sous la domination espagnole a été dépouillé de ses biens sous la république, qui se contente de lui servir une rente.

XIX. Tableau statistique. — Presque toutes les données de ce tableau nous ont été fournies par l'Annuario ecclesiastico, Borne, 1900. Nous avons emprunté à Werner, Orbis terrarum catholicus, Fribourg-en-. Brisgau, 1890, les renseignements omis dans VA nnuario ecclesiastico. Les chiffres tirés de Werner sont suivis d'une astérisque (').

ARCHIDIÙCESES ET DIOCESES.

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