C. Toussaint
ANDRADA DE PAYVA Diego, illustre théologien portugais, né à Coïmbre, en 1528, d'une des plus nobles familles du Portugal, se fit bientôt remarquer comme le plus éminent des professeurs de l'université de cette ville, par ses talents variés, sa passion pour l'étude et son ardente piété. Encore jeune, il fut envoyé au concile de Trente par le roi Sébastien et y acquit une grande réputation de profond théologien et d'orateur très éloquent. Ce fut lui qui prêcha devant la docte assemblée le deuxième dimanche après Pâques, en 1562. Pendant les travaux du concile, il lit parailre son premier ouvrage spécialement dirigé contre les protestants et nommément contre Chemnitzius : Orthodoxarum quseslionum libri decem adversus hœreticos et contra Kemnilii petulantem audaciam, dont l'édition in-4°, Venise, 1564, est devenue extrêmement rare et touche les points suivants : 1» apologie de la Compagnie de Jésus; 2° interprétation de l'Écriture; 3° péché; 4° libre arbitre; 5° loi et évangile; 6° justification; 7° cène; 8° pénitence, confirmation et extrême-onction ; 9° culte des saints et des images; 10° célibat; en un mot, le thème des travaux du concile. Son adversaire Kemnitius ayant essayé de lui répondre, il le prit de nouveau à parti dans Defensio Tridentinse fidei libri sex, adversus hœrelicorum detestabiles calumnias, in-4°, Lisbonne, 1578; Cologne, 1580; Ingolstadt, 1592. Cette apologie est de tous points plus solide et plus pressée que la précédente; elle valut à son auteur les félicitations et les remerciements du souverain pontife et elle força même Kemnitius à proclamer la science et l'éloquence entraînante de son adversaire. Le Ve livre, qui traite de l'immaculée conception de la très sainte Vierge, est plein d'intérêt : on y trouve les systèmes, opinions et explications d'une multitude de savants. On doit encore à Andrada, De conciliorum auctoritate, et 7 volumes de sermons portugais qui prêtent parfois à la critique, car il admet le salut des anciens philosophes par une connaissance vague du rédempteur. 11 mourut en Portugal en 1578.
Feller, Biographie universelle, Paris, 1845, t. il, p. 64 ; Micliaud, Biographie universelle ancienne et moderne, Paris, 181), t. il, p. 117; Pallavicini, Hist. du concile de Trente, édit. Migne, Paris, 1845, t. ni, p. 1084; Glaire, Dictionnaire des sciences ecclésiastiques, Paris, 1808, t. i, p. 99; Hurter, Nomenclalor literarius, Inspruck, 1892, t. I, col. 20.