‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 473 sur 536 · L. Petit · texte numérisé non relu

L. Petit

VI. ANGÉLOLOGIE chez les syriens. — I. Noms des anges. II. Création et nature des anges. III. Opérations et fonctions des anges. IV. Hiérarchie des anges. V. Nombre des anges. VI. Erreurs sur les anges.

I. Noms des anges. — Concurremment a\ec l'appellation de mal'ak, malcCkà, « envoyé, » « messager, » et son synonyme izgaddd qui se substitue même à l'hébreu mal'dk, les Syriens désignent très fréquemment les anges par le nom de 'ïr, « vigilant. » Emprunté à la Peshito : Dan., iv, 10-23, Septante eïp, ce mot se trouve dans la première littérature syriaque, représentée par Aphraate (345), Éphrem (376), la Doctrine d'Addai (ive-ve siècle), les actes des martyrs de la Perse (ve siècle). C'est tantôt un simple synonyme de niaVâk : cf. Aphraate, Démonstration, v, 3, Patrologia syriaca, t. i, p. 188, 13, et

IV Reg,, xix, 34; Bar-Hébrœus, Chronic, 4, et Gen., vi, 2; un terme génériqne appliqué à toutes les créatures angéliques, Ephrem, Cont. Marcion. , serm. liv, Opéra syr., t. il, p. 556; Contr. scrutât., serm. v, t. m, p. 9; tantôt une désignation particulière signifiant une catégorie distincte de celle des séraphins ou des chérubins, Éphrem, Scrutât., serm. iv, t. m, p. 8; ibid., II, i, t. m, p. 166; ou encore, conformément à son étymologie, un être « vigilant », ^p^yopoç, Assémani, Bibliotheca orient., 1. 1, p. 100, un angetutélaire, un protecteur. On lui donne alors pour équivalent nàtûrd, « gardien. » C'est en ce sens que les écrivains ascétiques entendent "trûtâ d-mal'akê, « la vigilance des anges. » Sanclorum vitse, cod. Quatremère, 198. L'idée attachée à ce terme est développée par saint Éphrem, serm. I sur la mort du Christ, t. il, p. 400. Voir Morin, Adnot. 22 in Syrorum ordinationes, De sacris ordinationibus, Paris, 1655, p. 491-495. L'appellation syriaque a été transportée en arménien : Zôwartoun. Grégoire Thaumaturge, Homil. in Nativit., Vitra, Analecta sacra, Spicil. Solesmensi, t. iv, p. 135, 14, et 387.

Dans Jacques de Sarug, 'ïrdésigne spécialement l'ange Gabriel, 224, 11. Voir Of/icium feriale Maronitarum, Rome, 1830, p. 330, 10. Les anges sont aussi appelés rûhânê, « les spirituels; » smaydnc, « les célestes; » nùrânê, « les ignés. » Ce dernier terme sera expliqué ciaprès.

IL Création et nature des anges. — Ils furent créés avant les cieux, les quatre éléments et la lumière. Abdiésu, Livre de la Perle, n, 1, Mai, Scriptorum velerum, t. x b, p. 321. Ils sont incorporels et immatériels. Éphrem, Marcion., serm. xlviii, t. il, p. 546. Leur formation n'est pas due à la matière, mais ils furent, comme les âmes, tirés du néant et créés de rien. Ibid., serm. xlviii, p. 544. La nature des anges est « le feu et l'esprit »; celle des créatures corporelles est « la terre et l'eau ». Éphrem, Scrutât., serm. xxx, t. ni, p. 53. La liturgie nestorienne des saints apôtres dit de même : « l'Armée des esprits, ministres de feu et d'esprit. » Missale chaldaicum, Rome, 1767, p. 282, Renaudot, Liiurgise orientales, édit. 1861, t. n, p. 584. Voir aussi la liturgie maronite des présanctifiés. Missel maronite, Beyrouth, 1888, p. 140.

Tous les anges sont de même nature : c'est pourquoi nous les appelons d'un même nom; ainsi désignonsnous toutes les âmes ou tous les hommes par une appellation générique. Éphrem, Marcion., serm. liv, t. il, p. 556. Le lexicographe syrien Bar-Bahlul, au xe siècle, définit l'ange (?) « une [créature] raisonnable, agissant sans organes [corporels], et par là différenciée de l'âme qui agit au moyen des organes du corps ». Dans Payne- Smith, Thésaurus syriacus, 1874.

III. Opérations et fonctions des anges. — 1° Science des anges. — Les anges reçoivent la doctrine et la connaissance de ceux qui sont au-dessus d'eux. Ils la leur demandent et leurs questions restent en rapport avec leur condition. Éphrem, Scrutât., 1. I, serm. v, p. 9. Comparée à la connaissance des hommes, celle des anges, 'îrê, est comme le jour comparé au crépuscule; mais à côté de la science de l'esprit, celle des anges n'est qu'une faible lueur. Ibid. La science des anges de l'ordre le plus élevé n'atteint pas toute la connaissance de Dieu. Ibid., serm. LI, t. m, p. 39. Ils ne peuvent supporter l'éclat de la divinité. Scrutât. , 1. II, serm. i, t. m, p. 165; Aphraate, Demonstr., xvn, 35, p. 663.

2° Office des anges aupri-s de Dieu. — Leur office consiste à louer Dieu et à le servir. Suivant saint Éphrem, les « vigilants » l'adorent en silence, les séraphins le louent, les chérubins le portent. Éphrem, Scrutât., 1. I, serm. iv, t. m, p. 8; 1. II, serm. i, p. 166. Ils accomplissent leur ministère en silence. Ibid., 1. 1, serm. ni et iv, p. 5, 8. Le langage des anges spirituels, 'îrê d-rûhd, n'est pas semblable à celui des hommes; c'est

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