‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 16 sur 338 · DICT. DE THÉOL. CATIIOL · texte numérisé non relu

DICT. DE THÉOL. CATIIOL

lectuel, puissant, fécond, parfois dangereux. Scolastique avec Savonarole, platonicienne avec Marcile Ficin, naturaliste ou rationaliste avec Raymond de Sabonde, l'apologétique suivit des voies très diverses. Le Triumphum crucis contra sseculi sapientes , Florence, 1497, de Savonarole (1452-1498) est compose suivant les règles traditionnelles, s'inspire des Sommes de saint Thomas d'Aquin et ne garde pas trace des témérités fougueuses du célèbre dominicain. Qui ah uni taie Ramante Ecclesise dissentit, procul dubio per dévia aberrans a Christo recedit. L. IV, c. vi. Voilà une nette déclaration qui ne permet pas à la Réforme de revendiquer en sa faveur l'adversaire des Médicis. — S'il aima Platon avec excès, Marsile Ficin (1433-1499) lui emprunta des arguments contre les averroïstes, et malgré quelques erreurs sur les idées innées et les âmes des sphères célestes, son livre De religione christiana et fidei pielate, Venise, 1550, est une réfutation du paganisme, en dépit des complaisances de l'humaniste pour l'art et la littérature de la Grèce. Si le chanoine de Saint-Laurent tenait une lampe allumée devant le buste de Platon, il célébrait l'auteur du Phédon comme le précurseur de Jésus. Mais, cette raison qui conduit à la foi, ne pouvait-elle en démontrer les dogmes? Déjà, au moyen âge, Raymond Lulle, le mystique alchimiste, l'avait pensé, et dès le xme siècle il s'évertuait à déduire de prémisses rationnelles les vérités révélées. Après lui, un professeur de l'université de Toulouse, l'auteur de la Theologia naturalis seu Liber creaturarum, s'efforça d'unir le livre de la nature et le livre de l'Écriture, par une continuité qui fait du second le développement du premier. Dieu et le monde, reliés entre eux par l'homme, s'expliquent l'un par l'autre; la nature et la révélation traduisent en idiomes distincts la même pensée divine : Quamvis autem omnia qute probantur per libitum creaturarum, sint scripta in libro sacrée Scripturœ et ibi contineantur, et etiam illa quse ibi contineantur inlibro Riblite,si7it in libro creaturarum, tamen aliter et aliter. Theol. naturalis, tit. 212, édit. 1852, p. 314. Cet ouvrage est à la fois dogmatique et moral, et malgré l'erreur fondamentale qui en est le principe, il renferme d'excellentes parties, manifeste les intentions droites et le zèle ardent pour la conversion des infidèles qui animaient Raymond de Sabonde (+ 1432). C'est à la cabalistique et à la magie que Jean Pic de la Mirandole (1463-1494), ce prodige d'érudition pédantesque, demandait la confirmation de sa foi. Une de ses thèses condamnées par Innocent VIII est ainsi conçue : Nulla est scientia quxnos magis ccrtificet de divinilate Clirisli quam magia et caballa. Cependant à ses rêveries platoniciennes et à ses divagations superstitieuses, l'auteur de Y Heptapus joint des considérations justes et dignes d'intérêt. Bien plus curieux encore est le traité De docta ignoranlia, où Nicolas de dise (1401-1464), évêque de Brixen, cardinal de la sainte Fglise romaine, condense dans un syncrétisme outré ses rêveries mystiques, ses préjugés contre Aristote et sa culture scolastique. L'infini, le fini et leur rapport, ce problème qui est le fond des philosophies et des religions, est étudié dans un sens chrétien, puisque c'est le Christ rédempteur qui nous est présenté comme l'intermédiaire entre Dieu et l'homme. Dédaignant l'expérience et la raison, l'apologiste attribue à Y intelleclus la connaissance de la Vérité, mais c'est une lumière surnaturelle qui peut seule l'en rendre capable; cela ressemble au lidéisme. D'autre part cette faculté peut atteindre et pénétrer le mystère de l'Unité divine où s'absorbent tous les contraires (coincidentia oppositorum)v\ s'enchevêtrent toutes les formes (complicatio omnium) : ceci confine au panthéisme. — Beaucoup moins original mais plus élégant et mesuré, Louis Vives écrivit eu cinq livres un ouvrage De veritate fidei christian:i'. Bâle, 1513. C'était un philologue «pie ses contemporains plaçaient .m rang d'Erasme et de liudée. « L'un, disaient-ils, l'emporte dicendi copia,

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