‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 173 sur 338 · I. I.\ Ql m , ONSISTE l.' HR1 'MIN '.' — L'a · texte numérisé non relu

I. I.\ Ql m , ONSISTE l.' HR1 'MIN '.' — L'a

tisme, dans son on la plus générale, est la pra-

tiqne de certaines austérités, quel qu'en soit le but immédiat, ou simplement moral. L'ascétisme

chrétien, considéré dans son ensemble, est la pratique du renoncement évangélique, exigé par la loi chrétienne un simplement conseillé comme moyen île tendre plu- sûrement à la perfection chrétienne ou decontribuer plus efficacement au bien commun de la Bociété chrétienne. Expliquons cette définition :

i. En t/uoi consiste le renoncement rranf/éliquef — 1r> Considéré au point de vue négatif, le renoncement évangélique consiste dans l'abandon ou l'éloignement de ce qui peut être pour le chrétien une occasion ou un danger de manquer aux obligations imposées par Jésus-Christ ou par son Eglise, ou dans l'exclusion de tout ce qui est un obstacle à l'acquisition ou à la conservation de la perfection chrétienne, conseillée et recommandée dans l'Évangile. Au point de vue positif, le renoncement évangélique, considéré dans toute son étendue, est une lutte directe et offensive contre les inclinations des sens extérieurs et intérieurs, pour les soumettre entièrement aux préceptes de la vertu strictement obligatoire et même aux exigences de la perlection recommandée. Pour atteindre plus sûrement ce double but, le fidèle ne se contente point de fuir le danger ou de rester sur la simple défensive; il porte directement l'attaque contre l'ennemi; il lui inflige une défaite en s'imposant tel sacrifice, telle mortification ou souffrance surérogatoire. Par cette victoire, la résistance au bien est affaiblie, la tendance à la vertu est fortifiée, de nouveaux et de très abondants mérites sont acquis.

2° Le renoncement évangélique peut être intérieur, extérieur ou mixte. Appliqué à nos facultés ou à nos sens intérieurs, pour diriger toutes leurs allections, passions et inclinations suivant le commandement de la loi chrétienne ou suivant les recommandations exprimées dans l'Évangile, il s'appelle renoncement intérieur. Quand il s'exerce sur les sens extérieurs, pour les soumettre entièrement au commandement de la volonté ou pour en faire des instruments d'expiation et d'immolation, il prend le nom de renoncement extérieur. Très varie'' dans ses applications, suivant l'attrait de la grâce et la condition ainsi que les aptitudes particulières de chacun, il est universellement compris dans cette parole du divin Sauveur: Qui amat animant n perdet eam, et qui odit aniniam suant in ho mundo, in vilam xternam custodit eam, ,Ioa., xu, •!'•. et dans ce conseil de saint Paul : Si enini secunduni carnem vixeritis, moriemini: si aitii'm spiritu facta carnis mortificaveritis, vivetis. Rom., vin. 13. D'après l'histoire de l'ascétisme, les formes principales de ce renoncement extérieur sont les privations et mortifications Corporelles de tout genre, dans l'alimentation, le

sommeil, le vêtement, l'habitation et le genre de vie, ainsi que les austérités volontaires et les travaux pénibles que l'on s'impose dans un but île pénitence,

d'expiation ou d'in dation de soi-même, pour son

propre bien ou pour celui de la société chrétienne. Le renoncement peut être appelé mixte, quand les actes qu'il inspire exigent, en même temps, le renoncement intérieur qui maîtrise les allections et le renoncement t ttérieur qui mortifie les sens; ainsi en est-il particulièrement de la pauvn té volontaire, de l'obéissance parfaite et de la chasteté perpétuelle, qu'elles soient pratl-

!•■ commune au milieu du i dans |'i t;it i - dilli r- ii i

t Raison •< —

Il d une lutte défensi

la triple concupiscence qui s'oppo* tique de la vertu et de la perfection chrétienne; ti coni h que saint

mot- enfin i ai

et tuj I Joa., m. 16.

Si l'homme était resté dans l'eut de ju !.--lle

ou 1 ii<-u l'avait primitivement établi intérieur*

!■ rieurs auraient toujours été-, en vertu du prividivin, parfaitement soumis a n de

la raison, tant qu'elle aurait elle-mi ■-a contormité à la loi divine. Cette soumist existé sans aucun effort et sans aucun combat, i ■-impie commandement de la volonté, alors mai:: incontestée de tous les actes de la p s. Thomas, Suni. theol., I», q. xcv, a. 1-3. Par le p originel transmis à toute la postérité d Adam, ce pi li ge de maîtrise absolue de la volonté sur les sens ■ irrévocablement perdu. En conséquence, dos forces morales notablement diminuées et amoindi de ce qu'elles auraient été dans l'état permanent d'innocence, sont descendues au degré où elles auraient d.ms l'état de pure nature. S. Thomas. Sum. tht I» II*, q. ixxxv. a. 3. Avec la grâce sanctifiante. ■ ne recouvrons point le domaine de la volonté sur I s >ens. La concupiscence reste en nous avec cette i t , site qui est la conséquence même de notre nature: elle se manifeste par les sollicitations de la p;:rtie sensitive, qui peuvent être excitées en nous avant toute pre\ de l'intelligence, avant et même malgré tout cons> ment de la volonté. C'est là ce fontes precati, tl héritage du péché originel et qui, à son tour, nous licite au péché. Concile de Trente, sess. V. Decretuti peccato original*, can. 5. La force native de cette cupiscence insoumise à la raison, peut encore augmentée par des fautes et, à plus forte i des habitudes personnelles qui donnent aux tions sensibles une force plus

qu'elles fortifient l'inclination opposée au bien. S. I bornas, Sum. theoL, I3 II-, q. lxxxv, a. l-:>. Pour su tuer à ces inclinations une direction habituel! constante vers le bien, pour établir dans cette an bonnes habitudes permanentes que nous api vertus morales acquises, une lutte vigoureuse, p.très pénible et très longue, est

par beaucoup d'actes répétés de résistance au m d'adhésion courageuse au bien, que l'on peut soum bs inclinations auxquelles notre nature est plus v. ment sollicitée, surtout quand elles proviennent d'une habitude invétérée, s. Thomas, Sum. theol., I" Il . q. i.i, a. 3; q. i.xm, a. 2; Quœsliones disputatm, virlulibus m communi, a. '.'. Il est évident que lutte devra être encore plus énergique et plus un selle, si le but que l'on veut atteindre est n I ment la vertu obligatoire sub gravi ou sub levi. : au>>i la perfection elle-même au sens d( fini à l'ai précédent. Pour un but aussi relevé et aussi diffu atteindre dans de telles conditions, une lutte sin ment défensive, quelque courageuse qu'elle soit, suffira ilement. L'âme vraiment désireuse de parvenir au terme, devra s'imposer des sacrifices surérogat pour augmenter progressivement ses diminuer

cilles de l'ennemi, jusqu'à ce qu'elle soit elle-mi établie d.m< la disposition habituelle de faire : ment, facilement et constamment tout ce qui

ble à Dieu. Même après avoir noblement conquis cette position, elle ne doit point se ri poser dans l'inaction, en face d'un ennemi vaincu et humilié, mais qui

pi nt encore reparaître à toute heure.

Or, celle lutte constante, défensive et oûei

ASCÉTISME

cessaireà tout chrétien pour acquérir la vertu et tendre à la perfection, qu'est-ce autre chose que le renoncement évangélique, comme il a été précédemment défini?

2° Une deuxième raison d'être du renoncement évangélique, c'est, pour tout chrétien, le devoir de suivre les exemples de Jésus-Christ, dont la vie tout entière, depuis la crèche jusqu'au Calvaire, n'est qu'un renoncement et un sacrifice continuels. Être chrétien, c'est imiter Jésus-Christ; vivre en parfait chrétien, c'est se conformer en tout aux exemples de Jésus-Christ. Matth., x, 38, xvi, 24; Marc, vin, 3i; Luc, ix, 23; xiv, 27, 33; Rom., VI, 3-23; vm, 17, 29; Gai., III, 27; Eph., IV, 24- 32; Col., m, 10, 12; I Pet., Il, 21. Or, ce qui est le plus manifeste et le plus caractéristique dans la vie de Jésus-Christ, c'est le renoncement constant, universel, absolu, qu'il pratique par amour pour nous, et qu'il porte à sa suprême perfection parle sacrifice de la croix. Ps.xxi; xxxix, 7, 8; Is., un; Luc, xu, 50; Joa., x. 11, 18; Hebr., ix, 11-28; x, 5-14. Cette immolation volontaire pour l'humanité coupable est le but principal de sa venue sur la terre; c'est son œuvre principale en ce monde; aussi dès que cette sublime mission reçue de son Père est entièrement remplie, il quitte ce monde, après s'être rendu le suprême témoignage que tout est consommé. Joa., xix, 30. Cf. Bossuet, Sermon sur la nécessité des souffrances, Œuvres complotes, Paris, 1836, t. i, p. 498.

Le chrétien parfait doit donc imiter cet amour de Jésus pour le renoncement sous peine de n'être point reconnu par son Maître comme un fidèle disciple. Matth., x, 38; Rom., vm, 17; Hebr., xu, 1, 2; I Pet., H, 21. S'il aime véritablement Jésus-Christ, il ne s'arrêtera point à ce qui lui est strictement commandé, il ne se contentera point de souffrir avec résignation toutes les peines ou épreuves qui lui sont envoyées par la divine providence. Il s'imposera lui-même, autant que la prudence chrétienne le lui permet, des souffrances qui lui donneront une conformité plus grande avec le divin Sauveur. De imitatione Christi, 1. II, c. xi, xu ; S'« Thérèse, Le château intérieur, septième demeure, c. iv ; Œuvres, Paris, 1859, t. ni, p. 560 sq. Or, cette vie de soull'rances, acceptée par amour pour Jésus et pour l'imiter plus parfaitement, qu'est-ce, sinon la pratique du renoncement évangélique sous sa forme la plus noble?

3° Une troisième raison d'être du renoncement évangélique, c'est sa valeur particulièrement méritoire et satisfactoire pour nous-mêmes et pour le prochain. Comme cette vérité n'est point acceptée par la théologie protestante, cf. Realeucgcklopâdie fur protestantische Théologie und Kirche, Leipzig, 1896, à l'article Askese, par li. Seeberg, il est nécessaire que nous montrions la place qu'elle tient dans l'enseignement catholique, sans que nous ayons, cependant, à démontrer ici les principes dogmatiques sur lesquels elle repose.

I.C'esl une vérité de foi que tous les actes accomplis pour Dieu par une âme en possession de la grâce sanctifiante, peuvent lui mériter la récompense éternelle et les dons surnaturels nécessaires ou utiles pour y parvenir. Concile de Trente, sess. VI, can. 32. Il esl également certain que nous ne pouvons mériter pour autrui. du moins en ce sens qu'il convient a la libéralité divine icor les supplication^ des âmes qui lui sont unies par la charité. Mais ce résultat n'est point infaillible, car Dieu ■ ■' .i changer, par une sorte de

miracle, l'ordre habituel de sa providence, pour toucher, par des moyens exceptionnels, la volonté d'un ur obstiné dans |e mal. S. Thomas, Su»i. theol . ! II", q. CX1V, a. 6; II=> II», q. i.xxxui, a. 7, ad 2»», point .i réfuter i< i la thé te contraire) outenue par les protestants. .Vous remarquerons -• ulemenl qu elle découle de cette supposition affirmée, mai non prouvée, que l'homme, par suite du

péché originel, n'a plus aucune liberté véritable, qu'il ne reçoit, par la justification, aucun principe intérieur ; de vie surnaturelle et qu'il ne peut, en conséquence, produire, dans l'ordre surnaturel, aucune action véritablement sienne, digne d'une récompense proportionnée, c'est-à-dire d'une récompense surnaturelle. Si l'on admet, avec la doctrine catholique, que l'homme n'a point perdu, par le péché originel, sa liberté naturelle et que la grâce sanctifiante lui est donnée comme principe intérieur de vie pour produire, dans cet ordre, des actes véritablement libres et personnels, bien que faits avec le secours de la grâce, on devra conclure que rien ne s'oppose à ce que de tels actes soient méritoires, suivant leur nature et suivant la fin à laquelle ils tendent, c'est-à-dire méritoires de la récompense éternelle et des grâces qui y conduisent. S.Thomas, Sum. theol. , IMI*, q. exiv, a. 1-3.

2. Si l'on admet, avec saint Thomas, que l'amour divin est, dans les actes des âmes justes, la cause immédiate de leurs mérites, on doit conclure que ces méritessont d'autant plus considérables que l'amour divin est plus intense. S. Thomas, Sum. theol., I» IL, q. exiv, a. i.

Sans doute un amour très intense peut animer des actions en apparence minimes ; mais, toutes choses égales, la grandeur objective du sacrifice offert à Dieu suppose et en même temps manifeste, dans l'acte luimême, une plus grande intensité de l'amour divin, suivantl'enseignementdesaint Thomas: Martyrium autem inter omnes actus virtuosos maxime demonslrat perfectionem charitatis : quia tanto magis ostendilur aliquis aliquam rem aniare, quanto pro ea rem magis amatam comtemnil,et rem magis odiosam eligit pâli. Sum. theol., IIa II*. q. cxxiv, a. 3. Aussi, d'après le même docteur, magnitudo laboris pertinet adaugmeutum meriti. Sum. theol., Ia II*, q. extv, a. 4, ail 2'"".

En ce sens, on doit attribuer une grande valeur méritoire objective aux actes de renoncement qui sont, par leur nature même, des actes pénibles, exigeant de notre part un sacrifice parfois très considérable, surtout quand il est renouvelé fréquemment ou même incessamment continué'.

3. Il est également certain, suivant la doctrine catholique, que toute âme juste peut offrir à la justice divine une véritable satisfaction pour les peines temporelles qui restent souvent à expier après la réception de la grâce sanctifiante. Concile de Trente, sess. XIV, c. vm et can. 12-14. On peut aussi, en dirigeant son intention, faire bénéficier de ces satisfactions, le prochain qui est en état de grâce. S. Thomas, Sum. theol., Supplem., q. XIII, a. 2. Pour qu'une action puisse être ainsi satisfactoire, il faut qu'elle puisse être considérée comme ayant le caractère d'une peine, soit par sa nature même, comme tous les actes de mortification extérieure; soit à raison des difficultés qu'elle présente à notre faible nature, comme la prière et. en général, les actes du culte religieux; soit à cause des sacrifices qu'elle demande, comme l'aumône et les autres actes de charité' spirituelle et corporelle. S.Thomas, Sum. theol . Sup plem., q. xiv, a. I, 3.

Il n'est point nécessaire, cependant, que l'ons'imposc volontairement celte peine; il suffll qu'elle soit acceptée avec résignation et amour : en □ les épreuves el

les calamités, envoyées ou permises par la divine pro vidence, peuvent être l'occasion d'oeuvres satisfactoires. Concile de Trente, sess. \!Y. c. " ; S. Thomas, Sum. theol., Supplem., q. xv. a. 2.

Sans réfuter ici la thèseproti tante opposée à la doctrine catholique, observons seulement qu'elle reposi sur ces deux propositions inadmissibles, que la justill cation comporte toujours la rémission totale et absolue de toute peinedue au péché pardonné, el que,d'ailleur tisfaction, comme le mérite, est l'œuvre exclusive ment personnelle de Jésus-Cl rist cause unique et totale

ASCÉTISME

de toute satisfaction el de tout mérite, parce qu'il seul médiateur universel entre Dieu el l'humanité coupable. Voir SATISI ICTION,

l. Puisqui la valeur satisfactoire de nos actes dépend il.- l'intensité de la peini que nom non- imposon que nous acceptons i pour I < i < • « i . il est certain qUe i ment, surtout quand lie son!

particulièrement pénibles el qu'ils - renouvelée fréquemment ! une valeur satisfactoire ii pour nous-mêmes, soil pour le* âmes

s auxquelles i voulons les appliquer. Su, h. theol.,

Supplem., q. xv. a. I .

5. Ci tti doctrine de la valeur particulièrement mérit lire et satisfactoire des actes de renoncement, non seulement pour l'ascète lui-même, mais encore pour d'autres âmes, pour l'Église et pour l'humanité tout entière, nous fait mieux comprendre le rôle social de l'ascétisme chrétien. Toute âme généreuse peut, par la prière jointe à l'immolation et au sacrifice d'une vie pénitente et mortifiée, contribuer puissamment au bien de toute la société chrétienne. Tel est particulièrement le rôle des ordres religieux contemplatifs, qui exercent ainsi dans l'Église un véritable ministère apostolique. S1 Thérèse, Le château intérieur, septième demi c. iv ; Œuvres, Paris, 1859, t. m, p. 560 sq. Cette vérité s'applique plus spécialement aux apôtres qui travaillent d'une manière immédiate à l'oeuvre de la conversion et de la sanctification des Aines. Plus leur ministère est vivifié par le renoncement, la souffrance et le sacrifice, plus leurs travaux apostoliques ont d'efficacité et de fécondité dans l'ordre surnaturel. C'est l'enseignement formel de Jésus-Christ, Joa . xn. 2't, 25, sanctionné par son exemple, Joa., xn, 32; c'est la doctrine de saint Paul, 11 Cor , i. (i. Col., i, 24, confirmée par toute l'histoire de l'apostolat ehrétien dans tous les siècles et dans tous les pays.

3. Pratique du renoncement èvangélique. — 1° S'il s'açit du renoncement absolument nécessaire pour l'observation des commandements de Dieu et de l'Église, ou pour la pratique des vertus chrétiennes dans la mesure où elles sont strictement obligatoires st*& gravi ou suh levi, l'étendue de ce renoncement et la manière dont il doit être observé, se déduisent de ces différents préceptes, Ainsi, pour ce qui concerne la foi chrétienne ou les vertus de justice, de chasteté et de tempérance, il y a obligation stricte d'éviter les occasions prochaines, qui peuvent être évitées, ou, dans le cas contraire, obligation de prendre Us précautions nécessaires pour ('carter le danger prochain. L'étendue de cette obligation du renoncement chrétien ou de la vigilance chrétienne peut être très considérable dans une société où les occasions dangereuses sont très multipliées. Aux obligations communes à tous les chrétiens, peuvent s'ajouter des devoirs imposés à certaines classes particulières. Ainsi l'Église, par une législation spéciale, exige de ses prêtres un renoncemenl plus rigoureux que celui des simples tideles dans le but de les aider à être, au milieu de la société chrétienue, de vrais imitateurs de Jésus-Christ et des apôtres, condition indispensable pour l'efficacité surnaturelle de leur ministère.

2° Quant au renoncement simplement conseillé commi moyen de tendre plus sûrement à la perfection chrétienne, on doit se diriger, suivant l'esprit de l'Église, d'après les règles dictées par la prudence chrétienne, conformément au but que l'on veut atteindre. — 1. I> renoncement intérieur, simplement recommandé, n'étant qu'un moyen d'acquérir la perfection chrétienne plus

sûrement et plus parfaite nt. doit être pratique Seulement dans la m isure où il aide véritablement à obtenir

eelte lin. Le véritable a-eeto chrétien ne recherche donc

point cette insensibilité parfaite rêvée par le> stoïciens el dans laquelle ils plaçaient faussement la perfection de la vei tu. Poui i chi tien, les affection

el inclinations, quand elles ne =e portent r

un objet défendu, ou quand i point un danger prochain d>- maie;

nt point, en elles-mêmes, moralen i. pri hensibles. La mortification chrétienne a uent pour but de leur donner, d'une mai, -tante, un.- bonne direction, en les soumettant <-i rement au commandement de la loi chrétii i i mené- a l'inspiration de cette charité- parfaite habit', qui constitue la perfection. S. Thomas, S uni. (/.■ 1- II', q. MX. a. ■>. :;. II» M». q..i XXIII, a. lu.

2. Pour ce qui concerne la pratique des privation mortifications extérieures, l'esprit de i [ui a

mis-ion de Jésus-Christ pour nous enseigner le chemin de la perfection, doit nous aider à délermini ou ce qui n'est pas. une application pei principes du renoncement èvangélique, par

Jésus-Christ lui-même. L'Église, en vertu d voir que lui a donné- son divin fondateur, peut condamner formellement tel genre de mortification corporelle, à raison de quelques circonstances ou d' particulièrement répréhensibles; c'est ainsi qu réprouva, au XIV* siècle, certaines pratiques des f! lants. Benoit XIV, Deservorum lJ<i beali/icatù t ii-uni canonizatione, 1. III. c. xxvm, n. 10. bl approuver formellement: c'est le cas des ordres gieux ou des congrégations religieuses, dont approuve toutes les règles comme conformes à la doctrine èvangélique et capables de conduire en toute sécurité à la perfection chrétienne; ce qui doit tendre également des pénitences, austérités et moitiications prescrites ou recommandées par la règle. S rez, De religione, 1. II, c. xvu, n. 18-22. L'Église peut encore approuver implicitement, en commandant ou en permettant d'honorer d'un culte religieux des saints qui se sont particulièrement illustrés par leurs pénitences et leurs mortifications, comme tant d'anachoi de stvlites et de reclus qu'elle a placés sur m Cependant, en approuvant, dans un grand nombi saints, ces genres de vie extraordinaires point l'intention de les proposer indistinctement à i imitation. Ce sont des vocations extraordinaires qui exigent des aptitudes spéciales et qui supposent une .rande perfection de vertu, déjà acquise et suffisamment . prouvée. S. Thomas. Sum. theol., Il» II*. q. a xxxvm, a. 8.

La prudence chrétienne doit aussi intervenir pour

i les mortifications extérieures, de manière qu'elles ne compromettent point l'accomplissement d< s devoirs d'état, ou ne portent point une atteint la santé du corps. S. Thomas. Sum. theol., II» 11 îxxxviti. a. 2. ad 3am: Quodlibetum quintum, q. a 18; S. François de Sales. Introduction à la vie ('• 1. III, c. xxn; Benoit XIV. De servorum Dei beat lione et beatorum canonizatione, 1. III. c. xxix.M prudence chrétienne ne s'oppose point à ce qui sacrifie, par amour pour la perfection et pour l'atteindra plus parfaitement, quelque bien-être mat riel qui point nécessaire à la santé corporelle ni à l'accomplissement des devoirs d'état. De Lugo, De justit lisp. \. sect. i. n. 32; Salmanticences, Tractât, restitutions, c. n. n. 29 sq.; Benoit XIV, De servi

beatificatione et beatorum canonizatione. I. III. .-. \\i\. n. <i; S. Alphonse de Liguori. Theologia 1. 111. n. 371. C'est une conclusion légitime de la tiine des théologiens sur la coopération

s. ne coopère que d'une manière matérielle à l'atteinte, d'ailleurs peu notable ou assez éloignée, qm

être portée a sa saute. Le seul but qu'il se i

la soumission des passions contre lesquelles il lutter, ou l'acquisition plus sûre et plus complète perfection. Un bien si évidemment loul 'i e pr fi ré .• un *

ASCETISME

non nécessaire de bien-être matériel, ou même à la perte possible ou probable de quelques années de vie. S'il est permis, ce que personne ne conteste, de faire ces sacrifices pour des biens d'ordre simplement naturel, comme l'exercice d'un métier, d'une industrie, d'une profession, nécessaires au bien commun de la société ou au bien particulier d'un individu ou d'une famille, à plus forte raison le pourra-t-on pour des biens d'un ordre incomparablement plus élevé, comme les biens surnaturels vers lesquels tend la mortification chrétienne. Salmanticenses, loc. cit., n. 30. D'ailleurs l'expérience prouve que les austérités corporelles, pratiquées conformément à l'esprit de l'Église, suivant la direction de l'obéissance et l'inspiration de la prudence chrétienne n'ont point, par elles-mêmes, une influence sérieuse sur la durée de la vie bumaine; le plus souvent les forces corporelles sont moins atteintes par des austérités modérées que par des soins trop attentifs et trop minutieux, ou par une condescendance trop délicate.

En appliquant ces principes généraux aux différents cas particuliers, on pourra facilement juger quels sont ceux qui sortent véritablement des limites permises. Si de tels cas se rencontraient dans l'histoire de l'ascétisme chrétien, ce qu'il ne serait point facile de démontrer, ils ne pourraient être excusés de faute plus ou moins grave, que par une entière bonne foi. S. Thomas, Sun), tlieol., IIa II*, q. cxlvii, a. 1, ad2um; Salmanticenses, loc. cit., n. 29.

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