HÔPITAUX
Laos
Cochinchine occidentale. . . .
— septentrionale . .
Haut-Tonkin
(1) Tous ces vicariats sont confiés aux Missions étrangères de Paris, sauf ceux du Tonkin central, oriental et septentrional dont sont chargés les dominicains espagnols.
(2| Ces chiffres sont ceux des Missionrs ratholicz de 1901. V Almnnach de Gotha (édit. de 1901) donne seulement 15 millions. M- Doumer, gouverneur général de l'Indo-Chine française, m'a donné comme chiffre probable 22 millions dont 8 ou 9 pour le Tonkin. Le chiffre de M. Supan (tô 690 000+6 3>Q 000) se rapproche exactement de cette estimation. Un recensement doit être fait en 1902.
Les catholiques seraient:
Dans l'Asie russe de 70 à 75000
Dans l'Empire ottoman el la Perse 700000
Dans l'Inde 2140000
En Chine, Corée, Japon et Indo-Chine. . . . 1710000
Soit un peu plus de 4 millions et demi.
Oriens christianus, Paris, 1740, t. v ; R. I'. Gams, Séries cpiscoporum Ecclesise catholicse, Batisbonne, 1873 ; Reclus, Géograjihie universelle, Paris, 1881-1888, t. vi-ix ; Vivien de Saint-Martin, Dictionnaire de géographie universelle, Paris. 1879-1895; Marcel Dubois, Cours de géographie, Paris, 1887- 1891; Missiones calhoiiar descriplte, Rome, 1901; Annuaire ponti,1cal catholique, Paiis, 1901; R. P. Piolet, Les missions catholiques françaises au xix° siècle, Paris, 1901, t. i, il, m; Id., Rapport sur les missions catholiques françaises (Exposition des missions, 1900), Paris, 1900;Louvet, Les missions catholiques, Lille, 1895; Launay, Histoire des missions étrangères, Paris, 1894; Henrion, Histoire des missions catholiques, Paris, 1847;Cuinet, La Turquie d'Asie, Paris, 1894-1901 ; Pisani, A travers l'Orient, Paris, 1890; Launay, Histoire des missions de l'Inde, Paris, 1898; Werner, At las des missions catholiques, trad. Greffier, Fribourg-en-lSi'isgau, 1880; Missions catholiques ; Annales de la Propagation de la foi; Annales de la Sainte- Enfance; Bulletin des œuvres d'Orient; Annales de la Mission; Lettres d'Orient; Comptes rendus des missions étrangères..., etc.— Protestante : Congrès des missions tenu à Neui- York, Londres, 1900; Warneck, Histoire des missions protesrlin, 1901; Cbristlieb, Protestant foreign missions, Irad. Croom, Londres, 1881 ; Gnndert, Die evangelische Mission, Cnlv et Stuttgart, 1894 ; Grnndemann, Atlas des -Missions protestantes, ibid., 1896; Pisani, 1rs missions protestantes, dans la Quinzaine, 15 sc|it. et 1" octubre 1901, Palis, 1901 ; Journal des missions évangéliques.
P. Pisani.
II. ASIE (Missions catholiques de I'). — I. Missions nestoriennes, 11. Missions du moyen âge. III. Missions du svi« siècle au xi.v siècle, iv. Missions du xixe siècle.
I. Missions nestoriennes. — Jusqu'à l'invasion musulmane l'Asie antérieure n'était pas un pays de mission, mais une terre chrétienne, où les évéchés et les couvents se multipliaient au milieu d'une population pleine de piété. s,m> doute la foi ne fui pas sans souffrir des discussions théologiques el des jalousies ethni ques : ariens, nestoriens, monophysites, monothélites,
brisèrent à de i bn use n prises le faisceau de l'union,
i i i empire de Conslantinople, bien avant de succomber définitivement devant les Turcs, encourageail dans son clergé un esprit particulariste d'où devait Bortir le schisme d'Orient: m, us il n'en est pas moins certain
que depuis les prédications apostoliques le christianisme s'était vigoureusement implanté depuis la mer Noire jusqu'aux cataractes du Nil, et la pacification religieuse, au temps de Constantin, n'avait fait que consacrerunet.it de choses qui, existant en fait, n'attendait plus que la sanction des lois.
11 y eut cependant des missions pendant cette période, mais elles furent l'œuvre des nestoriens de Mésopotamie, qui, séparés de l'empire d'Orient par les luttes politiques des empereurs de Constantinople et des rois de Perse, cherchaient à l'est l'expansion dont avait besoin leur église jeune et entreprenante. Au Ve siècle, ils avaient fondé des évêchés sur les deux rives du golfe Persique; au VIe siècle, l'île de Socotora.au débouché de la mer Rouge, était peuplée de chrétiens convertis par des prêtres venus de Perse. Beaucoup d'Arabes, à celle époque, étaient nestoriens et c'est auprès d'un moine de cette croyance que Mahomet acquit la plupart des connaissances religieuses qu'il utilisa pour constituer le corps des doctrines qui devint l'islamisme.
Les voyageurs qui, au moyen âge, parcoururent l'Orient, y visitèrent de florissantes chrétientés nestoriennes dans des pays où il n'y a plus aujourd'hui trace de christianisme. Marco Polo, au XIIIe siècle, Barbaro, au xiv, en trouvèrent sur les côtes d'Arabie; saint François- Xavier, quand il s'arrêta dans l'Ile de Socotora,en 1542, y rencontra une population chrétienne assez importante pour qu'il put y choisir 400 jeunes gens qui le suivirent aux Indes. La ruine de l'empire un moment élevé par les Portugais livra ces régions au fanatisme des mahométans et au bout d'un siècle le christianisme avait complètement disparu de Socotora et de tout le littoral de ['( Icéan indien.
En Chine, les jésuites ontdécouvert, en 1625, à Si-Ngan-
Eou, dans le Chan-Si, une inscription relative à la tondation, en 636, d'une ('élise chrétienne; li. P. Havre t, Mélanges sinologiques, fisc, vu, /-<» stèle chrétienne de Si-Ngan-Fou, Shanghaï, 1895; on possède encore quelques autres documents qui jalonnent l'histoire religieuse de ces pays lointains : 845, édit de l'empereur Wou-Soung, qui proscrit le christianisme : 885, lettre du métropolitain nestorien de Chine qui s'excuse de ne pouvoir se rendre :i I desse 'in devait 3e tenir le synode; 0*", lettre du catholicos Maris II qui envoie six missionnaires en Chine; 1064, envoi d'un évoque en Chine par le catholicos Sabarjesus III. En 1278, Marco Polo, se rendant en dune, \ visita des chrétientés nestoriennes; Jean de
ASIE (MISSIONS CATHOLIQUES DE I.'
il 00
Wontr-Corvino on 129.'t trouve a Pékin une église tienne, mais la décadence était déjà bien avancéi el le christianisme oriental avait à peu prés ili quand arrivèrent les premiers missionnaires envoyés par le souverain pontife.
Il existi traces du |
Tartarie; des missionnaires avaient évangélisé le pays qui s'étend de la mer Caspienne el de la mer d'Aral jusqu'au voisinage des Pamirs ; les grands voyageurs du moyen âge qui » ■ 1 1 1 visité la cour du grand khan signalent la présence de prêtres chrétiens dans ces régions.
Dans les Indes, .Marco l'olo trouva des chrétiei florissantes; c'esl à l'apôtre saint Thomas qu'on en faisait remonter l'origine; les Portugais en arrivant au xv siècle, rattachèrent au catholicisme 200000 chn du Malabar qui avaient relevé jusque-là du patriarche nestorien; el la découverte à Méliapour du tombeau de l'apôtre des Indes contribua au retour de ces dissidents dont une partie seulement a persévéré; les autres sont retournés à leurs erreurs et les ont même aggravées, car à l'hérésie nestorienne qu'ils professaient, ils ont ajouté celle des inonophysites, enseignant à la fois avec les nestoriens que le Christ est composé de deux personnes, et avec les jacobites, que ces deux personnes ne possèdent qu'une nature, la nature divine. ,i l'exclusion de la nature humaine; de telles contradictions ne s'expliqueraient pas si l'on ne connaissait la profonde ignorance des dogmes fondamentaux dans laquelle vivent les orientaux des églises séparées ; qu'une doctrine soit condamnée par les catholiques, cela leur suffit pour la leur faire embrasser et défendre avec une obstination dont aucun raisonnement ne peut venir à bout. Sur les chrétiens de saint Thomas, voir Oriens christianus,t. u; d'Avril, Chaldée chrétienne, Paris, 1892; Recueil de voyages et mémoires, publiés par la Société de géographie, t. iv; Launay, Histoire du christianisme dans les Indes. Le R. P. Girard, S. J., combat les idées de M. le baron d'Avril, dans la Terre-Sainte, 1er juillet 1901.
II. Missions nu moyen &ge. — Les missions nestoriennes étaient bien prés de disparaître quand la sollicitude des souverains pontifes et des princes chrétiens commença à se tourner vers les pays de l'Orient ; la période des croisades se terminait el des renseignements avaient été recueillis pendant les périodes paciliques qui séparaient les périodes de lutte avec 1rs musulmans; on en était venu à savoir qu'au delà des montagnes de Suie, au delà de l'Euphrate, commençaient des régions immenses habitées par les sujets du grand Khan, et qu'au delà on arrivait au mystérieux pays de la soie dont les produits. amenés par nier ou par caravanes, se vendaient sur les marchés d'Alep, de Damas et du Grand-Caire. Tout. ces données étaient bien vagues, niais suffisaient pour inspirer à des âmes ardentes le désir d'aller évangélisi r des peuples à peine connus. Les dominicains et les franciscains, fondés depuis peu, fournissaient en abondance des hommes résolus, aventureux et prêts à tous h s sacrifices, même à celui de leur vie. Nous voyons donc, dans la seconde moitié du xnr siècle, des missions d'exploration confiées par Innocent IV, le lî. Grégoire X, Ilonorius II et saint Louis au dominicain André de Longjumean, aux franciscains Laurent de
Portugal, Jean du Plan-Carpin, Guillaume Ruysbrock (de Rubruquis] et .lean de Crémone. Ils arrivèrent chez le grand khan Koublaï, lui remirent leurs lettres de créance et en rapportèrent des témoigna peu
précis d'ailleurs de la bienveillance du prince mongol.
Au xiv" siècle, Jean de Montecorvino, franciscain, envoyé par le pape Benoit XL parvint en 1907 jusqu'à Khan-Balikh, capitale de la Chine; il en fut institué évêque par Clément V. avec 7 suflragants, et occupa ce jusqu'à -a iiiori m i
I i inco de Pérouse, dominicain, fut fait archevêque de Sultanieh,en Tartarie, par Jean XXII, en 1818 {Jour-
dain Catalani, dominicain, lit. en 1921 et 1928, detrï dam l'Inde; dan- h- premier, il avait pom compagnons trois franciscains qui furent martyri
tte, prés île Bombay, par les mahomél le second, il visita le Maiabai et arriva à Khan-Balikh, en Chine, peu après la mort de Ji an de Montecorvino.
Odoric de Pordenone, franciscain, parti en 1323, visita Ceylan, .lava, Bornéo, Khan-Balikh et 1331, par h- Tibet et la Pei avoir h .-.
20000 infidèles.
Malgré les difficultés des communications, des groupes nombreux de missionnaires s'acheminaient à travers
l'Asie pour arriver à la mer Jaune; beaucoup suc baient aux fatigues, victimes de leur inexpérience et de leur admirable mépris de la vie; mais un premier novau
tirétientéa s'était formé a la lin du xiv s quand les invasions mongoles conduites par Timour-Ienk (ou Tamerlan) anéantirent le fruit de cent cinquante années de travaux : le conquérant ne s'avança vers cident qu'après avoir tout détruit sur son \ quand il arriva aux portes de Coiistantinople. vainqueur du sultan Bajazet, il ne laissait pas derrière lui un seul vestige des chrétientés de l'Asie centrale.
III. Missions m; xvr siècle ai xix- SIÈCLE. — La route de l'Extrême-Orient, fermée par l'invasion mongole, ne devait pas se rouvrir; les Ottomans, un moment écrasés par Timour-lenk, ne tardèrent pas à se relever, et, multipliant leurs assauts contre les débris de l'empire grec, finirent par en avoir raison. Dès lors, il ne fallut plus penser à parvenir au Cathay, dans l'Indi en Tartarie par l'Asie Mineure ou la Syri Cons-
lantinople même qui devient diflicilement abordai en dehors de quelques villes du littoral de la mer de Suie ou de l'archipel, tout l'empire turc devient un pays inaccessible à l'Européen. L'Église de Jérusalem subsiste comme un îlot battu par les vagues ou mieux comme un glaçon que les vents du nord poussent vgions tempérées et qui, chaque jour, va en diminuant de volume.
Les franciscains préposés parles papes à la garde des Saints-Lieux, se défendent de leur mieux, soutirent. se décourager, les avanies de toute sorte, hs iujui . emprisonnements et même la mort; mais néanmoins, les sanctuaires vénérés de la communauté catholique de Jérusalem deviennent peu à peu la proie des sçhismatiques et l'évangélisation des indigènes ne fait pas de progrès.
Presque au même moment, les Portugais découvrent la route maritime des Indes par le cap de Bonne-] ranœ et les missionnaires marchant à leur suit. répandent de nouveau dans les pays de l'Extrême-Orient; le frère Henri de Coîmbre. franciscain, accompagna, en 1901, Alvarez Cabrai; Calicut. Cochin, Goa, Cranganor devinrent le centre de chrétientés importantes; en 1921, les Philippines reçurent leurs premiers missionnaires et la propagation de la foi semble devoir S relopper partout sans obstacles.
Ces obstacles vinrent cependant du coté des Portugais qui, oublieux du rôle civilisateur que la providi leur avait confié, se laissèrent entraîner aux pi: leur cupidité, leur cruauté, leurs débauches les rendirent odieux aux Indous et tirent rejaillir sur le christianisme une partie de leur discrédit; leurs ambitions, leurs jalousies, leurs haines affaiblirent leur puiset arrêtèrent la conversion des infidèles qu'ils scandalisaient par une conduite indigne île vrais chrétiens. Il n'y avait pas jusqu'aux missionnaires séculiers et i tiers qui, se relâchant de leur ancienne activité, laissassent quelque peu dépérir l'œuvre si bien comment il fallait infuser du s, m- nouveau dans ce corps languissant et c'est pour cela que le roi de Portugal lit appel au zèle de nouveaux ouvriers. La Compagnie de Jésus venait d'être fondée par sainl Ignace qui mil
ASIE (MISSIONS CATHOLIQUES DE L'
disposition du prince l'un de ses premiers disciples : François-Xavier s'embarqua, en 1541, pour les Indes.
Il est difficile de comprendre comment en moins de dix ans un homme peut donner une somme de travail comparable à celle que fournit le saint jésuite. Il établit à Goa le collège de Saint-Paul où les élèves ne tardèrent pas à arriver en foule; de plus, parcourant le littoral, il établit solidement la foi sur la cote du Malabar, la côte de Travancore, la côte de la Pêcherie et dans les royaumes ceylanais de .lafnapatam et de Kandy; en 15i5, il visite Malacca, en 1546, les Moluques, de 1549 à 1551, il annonce la bonne nouvelle au Japon et vient enfin mourir dans l'île de Sancian, au moment de pénétrer en Chine; il avait été rejoint par un certain nombre de compagnons dont l'un, le P. Antoine Criminal, fut le premier martyr de la Compagnie, en 1549. L'intluence du saint se fit sentir partout où il passa ; d'innombrables infidèles demandèrent le baptême et même un grand nombre d'Européens, touchés par ses exhortations, conformèrent leur conduite aux devoirs que leur imposait leur caractère de chrétiens et vécurent, non comme des conquérants, mais comme des civilisateurs.
Les progrès accomplis à cette époque par les missionnaires dominicains et franciscains montrent que le temps d'arrêt qui s'était produit avant l'arrivée de saint François-Xavier n'avait pas été de longue durée. Le saintsiège jugea donc le moment venu d'instituer une juridiction régulière dans les pays de l'Inde qui avaient relevé jusque-là de l'évêque de Funchal. En 1534, avait été créé l'évêché de Goa, dont le premier titulaire fut un franciscain, Jean d'Alhuquerque. En 1557, deux nouveaux diocèses furent établis à Cochin et à Malacca. Goa, avec le titre d'église métropolitaine et primatiale, étendait son autorité sur le littoral de la mer des Indes jusqu'à Sofala et Mozambique; de Cochin relevaient le Malabar, Ceylan, le Bengale et le royaume de Pegou (c'est-à-dire la Birmanie); Malacca étendait sa juridiction dans tout l'extrême-est (Chine, Corée, Japon) jusqu'au jour où un évêque fut nommé à Macao. Les titulaires des nouveaux évèchés furent deux dominicains : à Malacca, George de Sainte-Lucie, à Cochin, Georges Themudo qui devint, en 1568, archevêque de Goa et dont le successeur à Cochin, Henri de Tavora, passa à son tour, e.i 1578. sur le même siège archiépiscopal.
Les dominicains chargés de Malacca et de l'archipel des Moluques, instituèrent, en 1545, une branche spéciale de leur ordre, la congrégation orientale des Indes qui, dès 1518, envoya de nombreux missionnaires dont le plus connu est le P. Bermudez. Le franciscain Bonfer pénétra dans le Pegou sur lequel il a laissé de nombreux renseignements. Enfin, les jésuites, continuant l'œuvre de saint I rançois-Xavier au Japon, y obtinrent des succès extraordinaires; une ambassade japonaise se présenta en 1585 aux pieds de Grégoire XIII, qui la reçut peu de jours avant sa mort, et de Sixte-Quint, au couronnement duquel ils assistèrent. Mais, pendant ce temps, d<' graves événements s'étaient produitsau Japon et une révolution politique amena un revirement complet dans l'attitude que les gouvernants avaient eue jusque-là à l'égard du christianisme. Il faut ajouter aussi qu'en 1580, la dynastie régnante en Portugal s'étant •teinte, le roi d'Espagne Philippe II s'était fait reconnaître roi et que, pour soixante ans, la couronne de Portugal se trouvait réunie à celle d'Espagne; ce changement n'avait pas été sans léser de grands intérêts dan: I I ilréme-Orient, et des jalousies de toute sorte avaient amené les Espagnols et les Portugais à se reni dis accusations dont l'écho était venu diminuer parmi 1rs Japonai: le sentimenl de respect que leur avaient inspiré jusque la les étrangers; enfin les Espagnols, nouveaux venus 1 1 peu au courant îles usages du pays, avaient commis certaines maladresses et blessé des susceptibilités, parfois très légitimes. Be ces divi-
sions et de ces imprudences sortit une persécution qui devait faire couler des flots de sang, et amener pour deux siècles la disparition complète, au moins le cruton, du christianisme japonais. Le 15 février 1597, vingt-six croix furent dressées sur une colline voisine de Nagasaki et on y attacha vingt-six confesseurs de la ioi, dont trois jésuites, six franciscains; les autres, parmi lesquels étaient des femmes et des enfants, appartenaient au tiersordre de Saint-François; ces martyrs ont été béatifiés par Urbain VIII, en 1627, et canonisés par Pie IX, en 1862. Pie IX a canonisé, en 1867, 205 autres martyrs exécutés de 1617 à 1632; des milliers d'autres sur lesquels il n'a pas été possible de recueillir des inlormations juridiques assez précises ont péri dans la même période par le fer, le feu, la croix et d'autres tourments que l'imagination des bourreaux avait poussés à de savants raffinements.
Ce qui contrista le plus les martyrs, après de nombreuses apostasies de leurs néophytes, ce fut de voir, du côté de leurs persécuteurs, des chrétiens d'Europe, Anglais et Hollandais protestants. La guerre était déchaînée en Europe, la guerre de Trente ans, que les passions religieuses rendaient plus impitoyable que toutes celles qui avaient précédé.
L'Angleterre et les Pays-Bas avaient attaqué sur mer les Hottes espagnoles, et avec un tel succès qu'une grande partie des possessions de l'Espagne en Afrique et en Asie changèrent de maîtres : de nouvelles puissances coloniales paraissaient dans l'Extrême-Orient et, pour se faire bien venir des infidèles, se donnaient comme les ennemis des Espagnols catholiques; les Portugais et les Espagnols avaient soutenu les missionnaires et avaient cherché à profiter politiquement et commercialement de leurs succès; les Anglais et les Hollandais vont exploiter cette association et ruiner du même coup et l'influence catholique et celle des Espagnols. Peu importe à ces marchands avides de renier leur ioi, si tant est qu'ils en aient une, si leur apostasie leur ouvre l'accès du marché d'où sont bannis les catholiques. C'est de là que date, au Japon, l'usage odieux qui s'est perpétué pendant deux siècles, de placer à terre dans les ports de débarquement une croix que les arrivants devaient fouler aux pieds; on avait trouvé le moyen le plus sûr d'empêcher les catholiques de s'introduire dans le pays.
L'entrée de la Chine n'était guère moins bien gardée que celle du Japon. Les Portugais s'étaient fait céder par l'empereur Kouang-hi un petit territoire, l'île de Macao, où les marchands étaient comme parques sous la surveillance des officiers du vice-roi de Canton. En 1557, y fut établi un évêché dont la circonscription comprenait tout le pays situé au delà du détroit de Malacca. Les premières tentatives faites pour pénétrer dans l'empire chinois remontent à cette époque : les franciscains et les jésuites de Macao s'instruisaient de la langue et des usages afin de se lancer à la recherche des anus. Ce fut cependant un augustin des Philippines, Martin de llerrada, qui fil les premiers essais, avec l'aide de quelques Chinois convertis à Manille; les dominicains se mirent aussi à la recherche du moyen de forcer la ligne interdite, mais ce furent les jésuites qui \ réussirent les premiers. En 1679 le père Ruggieri s'établit à Canton et peu après à Tchaoking, ville située un peu à I ouest sur le Si-Kiang. Grâce à la bienveillance des mandarins qui admiraient la pureté de sa doctrine, il
eut la permission de faire Venir quelques confrères et d'OUVrir une chapelle. Parmi les nouveaux mission paires se trouvait le P. .Mathieu Ricci qui, (Haut devenu très versé dans la langue et les lois de la
chine, put établir di's résidences à Nan-tchang-fou, dans le Kouang-Si, en 1588, à .Nankin, en 1595 et enfin, après plusieurs voyages ,i Pékin, en 1696, 1598 et 1601, finit par être reçu en audience par l'empereur Ching-lsing;
ASIE 'MISSIONS CATHOLIQUES DE l.'-
il apportait avec lui des présenta parmi lesquels étaienl
des pièces de mécanique » i * * i • i l ingé site charma les
Chinois; Ricci était forl avancé dans la connaissance des sciences naturelles dont les mandarins étaienl trét curieux; il put donc s'installer à Pékin en 1605, etaprè* sa mort, en 1610, son successeur, le P. Longobardi, hérita t\<- Bon crédit parmi les lettrés.
La faveur dont jouissaient les jésuites, n'empêcha pa des gouverneurs de provinces de persécuter leurs confrères dont plusieurs furent mis à morl en 1616 et 1620 avec un certain nombre de Chinois baptisés; la porte n'en était pas moins ouverte et les religieux des autres ordres allaient pouvoir entrer à leur tour.
Bans l'Inde les dominicains, les franciscains, les carmes et les jésuites continuaient avec persévérance l'œuvre d'évangélisation, qui s'étendait au Bengale, au royaume d'Arrakan (Birmanie), au Siam et au Cambodge. Le succès des missionnaires était général, et cependant le résultat linal était médiocre ; une courte persécution venait ruiner, en quelques semaines, l'œuvré de plusieurs années; l'inconstance des orientaux leur faisait abandonner la foi qu'ils avaient embrassée avec enthousiasme et les préjugés, qu'on n'avait pas eu le temps de déraciner, conservaient au fond de ces âmes régénérées par le baptême un levain d'infidélité qui ne tardait pas à fermenter et à détruire le fruit des plus belles prédications. Pour empêcher ces retours offensifs de l'erreur, les missionnaires, et en particulier les jésuites, pensèrent que pour tenir dans la persévérance ces peuples soumis au régime du pouvoir absolu, il suffirait peut-être de convertir les princes, pour que le christianisme, devenu religion d'État, pût se consolider avec l'appui du pouvoir séculier; c'est une conception dont il est permis de penser ce qu'on veut : on en était alors en Europe au principe cujus regioejus religio et les populations de l'Allemagne étaient regardées comme catholiques ou comme protestantes selon le culte qu'était censé professer le souverain. Il fut donc fait de grands efforts pour convertir les potentats de l'Inde; on supposait que le peuple suivrait l'exemple de bon gré ou non. Une telle méthode qui a puissamment contribué au développement si rapide de l'islamisme ne parait pas conforme à la loi évangélique, et ce qui le prouverait, c'est le peu de résultats qu'elle donna. Le Grand-Mogol Akbar, de qui dépendait toute l'Inde centrale, reçut avec quelque bienveillance le P. Rodolphe Aquaviva, neveu du général des jésuites ; il aimait à converser avec lui et avec ses confrères, il les interrogeait avec curiosité sur les dogmes chrétiens; on le crut sur le point de se faire baptiser et on eut la déception de constater qu'il cherchait à donner à son empire une religion uniforme où l'islamisme, le brahmanisme se seraient fondus avec quelques bribes de christianisme. Au bout de plusieurs années les jésuites, reconnaissant qu'ils étaient joués, durent se retirer et Akbar mourut, en 1605, sans avoir justifié les espérances qu'on avait fondées un peu hâtivement sur lui.
Une autre cause qui contribua dans une large mesure à stériliser les travaux de beaucoup de missionnaires fut la rivalité entre les différents ordres religieux.
Iles l'origine, ce grave danger axait été prévu et des règlements fort sages avaient été rédigés, mais ils avaient
été rarement appliqués. Ce qui manquait à peu pies partout, c'était l'autorité épiscopale qui aurait tenu la balance égale entre les différentes SOCiété8 et les aurait au besoin rappelées à l'ordre; mais, nous lavons vu, il n'\ avait que trois évêchés dans l'Inde, un à Malacca et un à Mac. io ; ces évéchés dépendaient de la couronne de Portugal et l'influence portugaise, déjà affaiblie au nenl de la réunion du Portugal à l'Espagne, avait diminué pendant les soixante ans que dura celte union et s'était encore amoindrie, quand le Portugal était redevenu autonome, en 1640. Les Hollandais s'étaient em-
parés de Cochin, de Negapatam, di Granganor, de Calient. de Ceylan el > proscrivaient, sous peine de mort, la profession du catholicisme; le Portugal ne pouvait nen pour défendre ses sujets chn ti , int i de n
râbles questions de vanité el d'intérêt, s'opposait i la création d'évéchés nouveaux qui eussent diminué l'importance de ceux qu'il avait sons •.un patroi
Des hommes comme les pèn et de HL
jésuites, avaient senti toute la gravité de la situation; la
régation de la Propagande, fond e en 1023 pai goire XV. avait proposé l'institution d pour
l'Inde, la Birmanie, le Siam, la Chine el le Japon, et l'obstination de l'Espagne, puis du Portugal, avait empêche'' le projet d'aboutir. J»onc pas i ci. tes indépendantes, composées d'hommes ardents qui ne distinguaient pas assez entre le bien de l'Eglise et celui de leur ordre, entre les intérêts de la foi et le suc- C< s de leurs opinions particulières.
C'est ce qui déchaîna sur l'Inde la grosse discussion dite des rites malabars. Voir Ad. Launay, Histoire des missions de l'Inde, Paris, 1898, t. i; Ms> Laouenan. D < brahmanisme dans tes rapports avec le judaïsme et le christianisme, Pondichéry, 1881, t. i, p. 362-389.
Des le début du xviie siècle les jésuites avaient marqué que ce qui éloignait d'eux les indigènes, c'était l'inobservation des règles qu'imposait la division en castes. Le missionnaire qui [rayait avec les parias et prenait une nourriture réputée impure était un objet d'horreur pour les classes supérieures et n'avait aucun crédit sur elles. Il s'agissait de gagner les castes qui formaient l'opinion; les parias n'avaient pas d'opinion, imitaient en tout les brahmes et partageaient leur mépris pour les étrangers ignorants des règles de la vie sociale.
Le P. Nobili commença donc à vivre à la I sainjassis ; vêtu dune robe de toile jaune, coiffé d'une sorte de turban, il se nourrissait de lait, de riz et d'herbes et portait au cou le punil ou cordon dislinclif des brahmes, composé de trois fils d'or et de deux fils d'argent. Pendant ce temps, d'autres jésuites adoptaient le costume et le genre de vie des Lasses cla-s, s. Omnibus omnia foetus sum. I Cor., ix. 22. Il s'agissait non précisément d'aplanir aux Indiens la voie du saint, de faire disparaître certains obstacles jugés insurmontables. Mais une fois dans la voie des , -, où fallait-il s'arrêter? Il y avait dans l< - .liens des pratiques et des emblèmes qui avaient un.' signification obscène ou superstitieuse; suffisait-il de diriger son intention pour éviter la faute'* Les Indiens répugnaient à certains rites de nos sacrements et on en vint à abandonner pour le baptême l'usage du sel, de la salive et de l'insufflation.
Ce furent les missionnaires franseiscains qui dénoncèrent la pratique des j. suites et les discussions commencèrent : les synodes locaux adoptèrent l'une ou l'autre opinion ; les théologiens ne s'accordèrent pas non plus, et le 31 janvier 1623, le pape Grégoire M par la constitution Romanœ sedis antistes, dans Juris pontificii de Propaganda fuir. part. I. Home, 1888, t. i. p. 1.VI7. permit au P. de Nobili de garder un certain nombre des usages qu'il avait adoptés. Cependant lac cord ne s'était pas fait et en 1702 le patriarche d'Antioche, Mi" Maillard de Poumon, envoyé par Clément XL. débarqua à Pondichér] pour l'aire une enquête, puis, an bout de quelques mois, le 23 juin I7i>i. publia un mandement qui condamnait un certain nombre d mandement fut approuvé pur Clément XI en t bon du Saint-Office le 7 janvier 1706, mais avec certaines restrictions qui laissaient le débat ouvert. 1 es évéqu i.o.i et de Cochin en profitèrent pour demander le retour aux pratiques condamnées el le conseil supérieur de Pondichéry se pourvut comme d'abus devant le l'.ir lement. Juris ponlificii </<• /' : (ide, part. I,
ASIE (MISSIONS CATHOLIQUES DE L'
Clément XI et Innocent XIII moururent avant d'avoir prononcé; ce fut Henoit XIII qui, le 12 décembre 1727, confirma les condamnations; cependant l'affaire revint encore devant le Saint-Office, sous Clément XII qui adopta les décisions de ses prédécesseurs, le 24 août 1734. Ibid., t. ii, p. 448-453. Comme, tout en se soumettant et en prêtant le serment imposé par une constitution publiée le 13 mai 1739, ibid., t. Il, p. 501-504, plusieurs missionnaires renouvelaient leurs instances, Benoit XIV trancha une dernière fois la question par la bulle Omnium soU'tcitudinum, du 12 septembre 1744. Ibid., 1890. t. m, p. 166-182.
L'effet de ces malheureuses discussions fut certainement de décourager certains convertis qui, à la suite de concessions que l'Église a jugées imprudentes, avaient mal compris la portée des engagements qu'on leur demandait avant de les admettre au baptême, et qui, esclaves d'un attachement coupable à des usages superstitieux, préférèrent retournera l'infidélité; il y eut donc des défections, moins cependant que certains auteurs ne l'ont dit dans l'intention plus ou moins consciente de discréditer les bulles pontificales. Ce qui fut plus grave encore, ce fut de découvrir aux indigènes les faiblesses de ceux qui avaient à leur enseigner la perfection; dans ces interminables discussions, il fut dit des paroles acrimonieuses, mis en avant, trop à la légère, des accusations passionnées qui discréditèrent les deux partis et influèrent désastreusement sur le développement des missions. Enfin, dans cet amas de médisances, les ennemis de la Compagnie de Jésus devaient trouver des arguments qu'ils devaient exploiter avec ceux qu'ils tireraient de la querelle des rites chinois.
Les missions de Chine passèrent en effet par une crise identique dans son principe si elle fut différente dans son développement.
On ne rendra jamais un hommage suffisant au zèle apostolique des missionnaires jésuites; ils ont bravé la mort, ils ont marché au martyre avec une constance admirable; leur formation religieuse et scientifique en faisait d'incomparables ouvriers et l'obéissance mettait tous ces hommes de vertu et de talent dans la main de supérieurs expérimentés qui savaient les uliliser, chacun selon ses aptitudes, et encourager au besoin l'esprit d'initiative dans les limites d'une action commune.
Les jésuites, apôtres avant tout, voulaient la conversion des infidèles; ces infidèles ils les trouvaient dans un état de civilisation tout différent de celui des peuples d'Occident. C'étaient les mêmes âmes, mais il semblait que les cerveaux fussent autrement organisés et il fallait, pour arriver à leurs intelligences, que les idées européennes fussent habillées à la chinoise : c'est à ce prix qu'était le succès de leur apostolat. Ils furent donc amenés à adopter cette règle, que pour faire accepter les principes fondamentaux et essentiels du christianisme, il faut faire le sacrifice des formes accessoires et tolérer, quand ils n'étaient pas directement opposés au christianisme, les images immémoriaux du pays; ils allèrent plus loin et crurent pouvoir conserver certains usages superstitieux en ayant soin de les dépouiller de ce qui était contraire à la foi; c'est ainsi que le culte des ancêtres pouvait se transformer en prières pour les morts. Mais où étail la limite entre les concessions légitimes et celles qui ne pouvaient être tolérées?
C'était un point qui ne pouvait être laissé à l'appréciation individuelle, ni même au sentiment commun d'un groupe de religieux. C'est pourtant ainsi que commença la dispute el 1rs discussions d'homme à homme et de société a société n'ont généralement pour résultat que d'amener de part et d'autre des exagérations el dei violences; cette confusion ne fil qu'augmenter, quand les ieux d'Europe saisirent de la question nu public incompétent, alors que la seule autorité qualifiée pour
juger en dernier ressort, attendait que des informations prises à la source lui permissent de se prononcer.
Il n'en est pas moins vrai que, grâce à l'interprétation qu'ils croyaient pouvoir donner à des rites qui depuis ont été déclarés superstitieux, les jésuites s'étendirent rapidement en Chine; les pères Rho et Schall, admis à la cour, furent chargés de travailler à la rédaction du calendrier impérial, et après la révolution qui renversa, en 1644, la famille des Ming, ils restèrent au service de la nouvelle dynastie qui leur montra la plus grande bienveillance; l'empereur Chung-hi, s'intéressant aux sciences exactes et naturelles, recherchait les missionnaires dont les connaissances en botanique, en astronomie et en mathématiques étaient appréciées à leur juste valeur; le P. Schall était président du « tribunal des mathématiques » et honoré de la dignité de mandarin. Il avait ainsi gagné pour lui et ses confrères la liberté de prêcher l'Évangile; en quatorze ans (1650-1664), plus de cent mille Chinois reçurent le baptême.
Pendant la minorité de Kang-hi, une courte mais cruelle persécution s'était déchaînée contre les chrétiens; le P. Schall fut arrêté, torturé et condamné à mort; cependant, il ne fut pas exécuté et fut même remis en liberté, mais épuisé par les tourments il s'éteignit en 1666, à l'âge de 75 ans. Le P. Verbiest lui succéda dans ses fonctions scientifiques et dans la confiance du nouvel empereur qui se montra tout d'abord très favorable au christianisme.
A cette époque la querelle des rites était commencée depuis longtemps : c'étaient les dominicains et les franciscains espagnols établis au Fo-Kien, mais venus des Philippines, qui, les premiers, avaient été choqués par les concessions faites aux idées chinoises : la question portée à Rome, sous la forme de cas particuliers, avait été tranchée de la même façon; en 1645 Innocent X avait condamné les pratiques signalées par le dominicain Morales, mais en 1656 Alexandre VII avait donné raison au jésuite Martini; une réplique de Morales avait amené un décret de Clément IX, en 1669, où il était dit que les réformes précédentes visaient des cas différents et devaient être entendues de la manière dont les faits étaient présentés. Rome se tenait sur la réserve, suspendant son jugement définitif; le jour où les faits seraient établis avec certitude, il serait possible de donner une règle générale et d'en imposer l'observation. Plus que jamais le besoin se faisait sentir d'avoir dans l'Extrême-Orient des évêques représentant directement l'autorité du saintsiège, mais il fallait compter avec ,lcs répugnances exprimées par les ordres religieux et surtout l'opposition du Portugal; puis il fallut trouver des prêtres séculiers capables d'aller exercer dans les missions lointaines, la charge de l'épiscopat toujours redoutable, mais particulièrement difficile dans les circonstances qui se présentaient alors. Ces hommes se rencontrèrent dans la personne des premiers prêtres de la Société des missions étrangères de Paris. En 1658, Ms' Pallu fut nommé évoque du Tonkin, avec juridiction sur les provinces de Vun-nan, Kouei-tcheou, Su-tchuen et Ivouang-si; Mo^de ha Molhe Lambert fut nommé évéque de Béryte, vicaire apostolique de la Cochinchine.duTché-Kiang, du Ko-Kien, du Kiang-si el du Kouang-tong; Mar Cotolendi, évêque de Nankin, devait administrer le Petchili, le Chan-tong, le Chan-si et la Corée, mais mourut avant d'arriver. Juris ponii/icii de Propaganda fuir, t. i, p. 313-314. Les autres évêques arrêtés par le mauvais vouloir des Portugais se fixèrent dans le royaume de Siam où le christianisme jouissait d'une complète liberté. En 1670, Mu* Pallu retourna à Home pour \ chéri 'her des ouvriers évangéliques et y recevoir de nom elles instructions; en retournant en Chine, il prit mille précautions, car il (allait éviter la rencontre des Hollandais qui pendaient les prêtres, des Portugais, qui les envoyaient à (!oa, dans les prisons de l'Inquisition; capturé par les Espagnols,
[E MISSIONS CATHOLIQUES DE L'
il fut conduit comme prisonnier & Madrid, et il fallut I intervention du pape el du roi de I rance pour li I i. Reprenant le chemin de ia mission en MRHi Pallu était celte foi- revêtu par la Propagande du titre de visifc or général et administrateur de toute missions d " est qu'en 1684 qu il put prendre
,1,, 1 o-Kien el sa mission pacificatrice commeni ait à porter ses premiers fruits, quand il mouiiii au bout de quelques mois; son ami et confrère La Moiii. Lambert l'avait précédé au tombeau en 1679. Mais la Société «1rs missions étrangères qu'ils avaient fondi e devait continuer l'œuvre pour laquelle ils avaient donné leur vie.
Les discussions que !uV l'allu était chargé de terminer n'avaient (ait (pie s'envenimer; tous les missionnaire y prenaient part et la division se manifestait même au sein des différents ordres dont les membres tenaient avec passion pour ou contre les rites.
C'est pour mettre fin à ces controverses que, en 1701, M»' de Tournon fut désigné par Clément XI comme légat a latere. Juris pontificii de Propaganda /ide, part. I, t. 11. p. -210-211. Il devait, après avoir réglé les affaires de l'Inde, se rendre à Pékin et, au moyen des pouvoirs extraordinaires dont il était muni, trancher définitivement la question. Nous avons vu comment il termina en 1704 la question des rites malabares. En arrivant à Pékin en décembre 1705, il y trouva un décret du Saint-Office de 1701, qui défendait toutes les cérémonies en l'honneur de Confucius ainsi que le culte des ancêtres et réprouvait les termes usités par les lettrés chinois pour désigner Dieu; c'étaient les trois points principaux delà controverse, Ibid., p. 223-237.
Au lieu d'examiner les points litigieux avec les missionnaires, le légat se laissa entraîner dans des discussions avec les mandarins et même avec l'empereur, auquel il devait proposer la nomination d'un supérieur a 'néral des missions; le résultat fut défavorable et Ms>r Maigrot, desmissionsétrangères,qui avaitpris la parole pour exposer la doctrine adoptée par le Saint-Office, fut injurié, maltraité, arrêté et banni de Chine; le légat reçut également l'ordre de quitter Pékin ; c'est à Nankin , où il s'était arrêté, que Mar de Tournon publia en 17(6. non pas le décret du Saint-Office, ce qui lui paraissait imprudent dans l'état des esprits, mais un mandement qui en promulgait les dispositions essentielles. Dès que l'empereur en eut connaissance, il fut tellement irrité contre le prélat qu'il le lit arrêter et conduire a Macao, avec ordre au gouverneur de le retenir prisonnier; il est douloureux d'ajouter que cet ordre fut exécuté, ibid., 1898, t. vu, p. 80; malgré la nouvelle de son élévation à la dignité cardinalice, le légat resta dans les prisons portugaises où il expira le 8 juin 1710.
Tous les missionnaires qui avaient pris parti pour le 1 Sgat furent persécutés et jusque dans les provinces lointaines du Su-tchuen on les arrêta pour les conduire à Macao ou les Portugais se chargeaient de leur faire expier leur docilité aux enseignements de l'Église.
La sentence dn cardinal de Tournon, telle qu'elle avait été publiée, n'étail pas irréformable et appel fut interjeté 1 Home. Un décret de Clément XI. de 1710, continu., sur tous les points le mandement et défendit toute nouvelle publication sur la question. Juris pontifiai <><■ Propaganda fi.de, part. I. t. 11. p. 280-283. Cf. p 290, 296-297, 335. Une bulle de 1715 imposa à tous les missionnaires un serment d'obéissance, ibid., p. 305-310. cf. p. 318-319, el comme les dissidents cherchaient encore di - subterfuges pour éluder l'exécution de la bulle, un nouveau légat, M." Mezzabarba, se rendit en Chine où il arriva en 1720. H>k1., p. 328-334. L'empereur le reçut avec un certain éclat, mais ne manqua aucune occasion
de B'expri r en termes malsonnants sur le compte du
souverain pontife. M v Mexzabarba accorda un certain iiumbie de permissions pour autoriser quelques céré-
monii 1 condition qu'en les aceomptiatanl on
réprouverait toute pi .oir
amené l'empereur à iucui il quitta Pékin
en 1721. Les querelles continuèrent encore pendant ans, cf. ibid., p. 163, jusqu'à ce qu'en I" XIV
terminât cette longue cohh : inflexible
énergie. Ibid., t. m. p 73-82. Cl ibid., p. 210-211.
pendant que se poursuivait ni les d | rin-
cipe. l'oravre de la conversion des infidèli avec une grande activité. L'institution, en Hi.7j.ii apostoliques avait causé un vif mécontentement en I lûgal, ou la cour réclamait sans Cesse en faveur ddroit de patronage, droit que d'ailleurs ell et était incapable d exercer. Cependant d -acri-
lier une partie de -es droit- pour pouvoir jouir pacifiquement de l'autre. Alexandre VIII consentit à une Irai tion en 1690. Les vicariats du Malabar, de la Cochinenine et du Tonkin furent conservés, mais en revanche, il était institué à Nankin et à Pékin deux évéchés que le roi du Portugal s'engageait a doter, moyennant quoi le droit de nomination lui serait reconnu. Ibid.. t. II, p. 1-2-2-127.
L'effet de cette concession fut tout opposé à celui qu'on cherchait : l'archevêque de Goa prétendit exercer par les nouveaux évèques une autorité absolue sur toutes les missions de Chine et Innocent XII. qui succéda en 1691 à Alexandre VIII, résolut de reprendre l'ancien projet de division du pays en vicariats. Par une bulle d'octobre 1696, huit vicariats nouveaux furent inst • et la circonscription des diocèses portugais fut nettement délimitée. Ibid., p. 158-161. Le Tche-kiang fut attribué à un dominicain, le Kiang-si à un augustin. le Chan -i et le Chen-si réunis à un franciscain, le Hoo-kouai un missionnaire séculier, le l'o-kien a M. Maigrot. membre de la Société des missions étrangères ; le Yunan.le Sutchuen et le lvouei-Tcheou furent confiés à d< ou à des vicaires sans caractère épiscopal de 1 des missions étrangères. Cette mesure mécontenta vivement les Portugais et explique, sans les excus) gueurs dont le gouverneur de Macao usa, en 1701 1 égard du cardinal de Tournon.
11 faut reconnaître que ces rivalités eurent à la loi sur l'œuvre des missions un contre-coup déplorable ; les prêtres européens hésitaient à aller dans l'Extn Orient, moins pour y convertir des païens que pour tailler avec des compatriotes: le séminaire des missions étrangères ne comptait souvent que cinq ou six lévites, et parfois il était vide. En 1722. la Société des misions n'avaitde ses membres a Siam que deux évèques et deux prêtres; en Chine trois prêtres, au Tonkin un évêque et trois prêtres, en Cochinchine un évêque et trois prêtres. Quand Young-tching, successeur de Kang-hi, mort en 1722, décréta, en 1732. l'expulsion de tous les missionnaires de l'empire et que ceux-ci furent réunis à Canton, ils étaient trente-cinq en tout. L'esprit du t avait atteint les missions dans leur source: la foiatt. par les querelles du jansénisme ne produisait pli:élans de généreux enthousiasme qui portenl sionnaires i renoncer à leur famille, à leur pays et aux douceurs d'une existence facile.
Cette crise allait encore devenir plus aiguë pendant le troisième quart du XVlIP siècle par les - dont
allait devenir victime la Compagnie de suppression les mi— ions de l'Inde et de la Chine daient leurs ouvriers les plus actifs et quand il fallut pourvoir a leur remplacement, il était difficile de faire appel aux ordres religieux, victimes, quoique à un moindre degré, des attaques de l'esprit philosophique Espagne, en Portugal, en Allemagne, dans un gi nombre des États italiens, le • despotisme éclairé princes entravait leur recrutement et menaçait leur indépendance. Les lazaristes acceptèrent cependant lites dans k Levant et la Clin.
ASIE (MISSIONS CATHOLIQUES DE L'
pénurie des sujets ne permettait pas d'envoyer assez de missionnaires pour développer les œuvres; à peine pouvait-on les empêcher de disparaître. Puis vint la Révolution, qui ferma les noviciats et les séminaires, déporta et massacra les prêtres; puis les guerres de l'Empire qui désolèrent l'Europe et pendant lesquelles le chef de l'Église, prisonnier, ne pouvait rien pour les chrétientés lointaines; enfin, après 1815, il fallut pourvoir aux besoins des églises de France, d'Italie, d'Allemagne, longtemps veuves de leurs pasteurs, panser les plaies qu'avaient faites les schismes, instruire et baptiser vingt générations qui avaient grandi sans culte et presque sans prêtres.
Pouvait-on songer à des conquêtes en pays infidèles quand l'Europe sortait à grand'peine des désastres que le xvme siècle incroyant avait préparés et que la grande crise révolutionnaire avait consommés ?
IV. Missions au xixe siècle. — Il ne subsistait en Chine, au début du xix« siècle, que trois des huit vicariats institués par Innocent XII; dans l'Indo-Chine, il y avait les quatre vicariats de Siam, Cochinchine, Tonkin oriental et Tonkin occidental. Un homme de génie, Msr Pigneau de Béhaine, évêque d'Adran, avait imprimé à ces chrétientés une telle impulsion que longtemps après sa mort (1799) on vivait sur ses traditions et les souverains du Siam et de l'Annam, même quand ils étaient hostiles à la religion chrétienne, rendaient un respectueux hommage à sa mémoire; s'il ne restait plus comme missionnaires français que quelques vieillards usés par le travail, il y avait autour d'eux un clergé indigène formé avec soin qui continuait à desservir les chrétientés. Dans l'Inde, les Portugais avaient aussi ordonné des prêtres indigènes ou métis, mais la préparation sacerdotale écourtée et l'instruction scandaleusement insuffisante de prêtres « goanais » donnait peu de valeur aux services de ces coopérateurs, qui, malgré leur nombre, fournissaient peu de travail et contribuaient surtout à discréditer la religion par leur conduite rarement édifiante.
Quand le pape Grégoire XVI qui, avant son élection, était préfet de la Propagande, vit que le moment ('tait venu de rendre leur ancien lustre aux missions d'Extrême- Orient, il sentit qu'il fallait tout d'abord mettre fin aux scandales que donnait le clergé goanais et aux abus que le gouvernement portugais ne savait pas empêcher. Il commença donc à instituer dans l'Inde des vicariats apostoliques et les confia à diverses sociétés de missionnaires. Ainsi furent établis, en 1834 et 1835, les vicariats de Ceylan, de Sirdhana, du Bengale, et en 1836, ceux île Madras et de Pondichéry; en même temps, il confirma ceux qui existaient antérieurement, celui de Bombay, créé en 1720, celui du Tibet et de l'Indoustan. établi en 1826 par les capucins dans les États encore à demi indépendants du Grand-Mogol. Juris pontificii de l'i nparjamla fi.de, part. 1, Rome, 1893, t. V, p. 95-96, 119-120, 135-136, 167-172,180-181.
Les protestations du Portugal amenèrent le souverain
pontife à publier, le 24 avril 1838, le bref Multa prseclare
jui suspendit la juridiction des évéques portugais sur
lès territoires attribués aux vicaires apostoliques. Ibid.,
Les Portugais refusèrent de se soumettre et après avoir contesté la valeur de l'acte pontifical par des arguties juridiques, en vinrent à un schisme formel. Pie [\. ;ivciir réprimé certains actes de révolte, voulut er d'un accommodement pacifique avec la cour portugaise, «t après quatre ans di négociations, parut le concordat du 21 février 1857. Juris pontificii de l'ropagunda fide, part. I, Rome, 1898, I. vu, p. 316-322.
Dans cette convention, le saint-siège fixait les limites f diocèses portugais de Goa, Granganor-Damao, jochin, San-Tomé de Méliapour, Malaccn el Vlarao de plus il reconnai mvernemenl i"
droit d'établir de nouveaux diocèses dans l'Inde, de manière à faire disparaître graduellement les vicariats, mais à condition que ces diocèses seraient dotés et que des garanties seraient fournies sur le recrutement et l'entretien d'un clergé digne de confiance. Cette disposition, qui effraya beaucoup les chefs de missions existantes, montrait que le saint-siège ne refusait pas de reconnaître au Portugal certains droits sur les pays que ses missionnaires avaient évangélisés les premiers, mais à la condition que ces droits fussent réellement exercés; or il n'en avait pas été ainsi depuis que s'était tari le recrutement des missionnaires en Portugal; depuis deux siècles le diocèse de Malacca n'avait pas de titulaire et le clergé goanais desservait presque seul les régions sur lesquelles les évéques portugais avaient étendu leur juridiction. Au lieu de contester les prétentions du Portugal, Rome le mettait en demeure de prouver qu'il pouvait exercer ce qu'il appelait ses droits; si, après un temps d'essai, il se montrait incapable d'user utilement de ses droits, il pouvait légitimement en être déclaré déchu. Cette politique à la fois habile et paternelle permit de régler définitivement, en 1886, la situation des chrétientés indiennes; le Portugal avait été hors d'état non seulement d'établir de nouveaux diocèses, mais même d'empêcher les abus que les goanais semblaient tenir à perpétuer : l'institution d'une hiérarchie régulière pour les pays qui ne sont pas soumis politiquement au Portugal vint mettre fin, le 1er septembre 1886, à une contestation que la prudence des négociateurs pontificaux avait seule empêché de dégénérer en un schisme irréparable, lbid., p. 3i9-357.
1° Inde. — Ne pouvant donner un historique détaillé des travaux des missionnaires dans l'Inde, j'indiquerai seulement les conditions dans lesquelles ont été créés les diocèses actuels.
La province ecclésiastique d'Agra, presque tout entière confiée aux capucins, a pour origine l'ancienne mission de ces religieux devenue le vicariat du Tibet-Indoustan, en 1822. On en détacha, en 1846, le vicariat du Tibet, confié aux missions étrangères.
Le vicariat d'Agra a été successivement divisé, en 1815, pour former celui de Patna, aujourd'hui Allahabad, ibid., 1893, t. v, p. 351-352, en 1880, celui du Pendjab, actuellement diocèse de Lahore, en 1887, la préfecture du Kafiristan etKaschmir, en 1892, les préfectures de Radjpoutana et de Bettiah.
Le Kafiristan est évangélisé par les missionnaires anglais de Mill-Hill; les autres diocèses et préfectures par les capucins; le Radjpoutana par ceux de la province de Paris.
La province de Calcutta se compose de trois diocèses et d'une préfecture apostolique et a pour origine le vicariat du Bengale, qui fut divisé, en 1850, en deux vicariats dont le second est devenu le diocèse de Dacca, ihiil.. 1894, t. vi a, p. 88-89; en 1870 un nouveau démembrement a constitué un vicariat pour les piètres du séminaire des missions étrangères de Milan; c'est le diocèse de Krichnagar. Ibid., t. vi b, p. 91-95. Enfin, en 1889, la population d'Assam a été confiée aux prêtres allemands du divin Sauveur.
L'archidiocèse de Calcutta est administré par les jésuites belges et le diocèse de liacca par la congrégation de Sainte-Croix du Mans, qui, après l'avoir cédé, en 1875, ;m\ bénédictins, l'a repris en 1889.
La province de Bombay, est tout entière administrée par les pères jésuites. Bombay a été le siège d'un vicariat depuis 1720 et c'étaient les cannes qui en étaient chargés eu 1854, quand, obligés de se retirer par les vexations des goanais, ils furent remplacés dans le sud
par les jésuites, et dans le nord par les capucins, ibid., t. vi a, p. 222-223; puis, en 1858, les capucins, voulant concentrer tous leurs efforts sur les provinces de l'Indoustan, laissèrent leur vicariat aux jésuites; cesdeux vica-
ASIE (MISSIONS ('.Al HOLIQUES DE L*)
riats formenl les diocèses de Bomba] el de I 1893; le* missions de Hangalore el du Maduré (dii de Irichinopolj fondées par les jésuites el reprises par eux en 1848, onl été détachées, en l.s78. de la province de Pondichéry et relèvent maintenant de lu métropole de Bombay.
La province de Madras, avec les trois diocèses de Vizagapatam, Nagpour et Haydarabad, est composée des territoires détachés, en 1832, du diocèse de San Tomédi Méliapour, Ibid., t. v, p. 47. Le premier vii M'jr Polding, bénédictin, préféra aller en Australie el mourut archevêque de Sidney; il fut remplacé par un augustin, puis par un jésuite ; depuis 1841, l'archidio est confié au clergé séculier irlandais, assisté, depuis 187."), par les pères de la société de Mill-Hill.
Le vicariat, depuis diocèse, de Haydarabad fut érigé en 1851, ibiil., t. VI a, p. 117, et confié à lit* Murpliy, qui, transféré en 1836 à Hobart-town, Tasmanie, occupe encore ce siège et se trouve être, après Léon XIII, le plus ancien membre de l'épiscopat; le souverain pontife et lui étaient en 1902 les seuls survivants des évéques nommés par Grégoire XVI. Après le départ de Msr Murphy, le vicariat fut confié aux missions étrangères de Milan.
Le vicariat de Vizagapatam, érigé en diocèse en 1886, a été créé en 1850, ibid., p. 90; depuis 1845 il était confié comme mission indépendante aux missionnaires de Saint-François de Sales d'Annecy ; la même congrégation est chargée du diocèse de Nagpour détaché en 1887 de celui de Vizagapatam.
La province de Pondichéry dans laquelle sont comprises les quelques possessions que la France conserve dans l'Inde est confiée tout entière au séminaire des missions étrangères de Paris. 11 se compose des anciens vicariats, maintenant diocèses, de Pondichéry, métropole, Coïmbatour et Mysore. Lors de l'établissement de la hiérarchie dans l'Inde, la préfecture apostolique de Pondichéry, qui, depuis 200 ans, existait concurremment avec le vicariat, avec juridiction sur les blancs et les métis dits « gens à chapeau », a été réunie au vicariat devenu siège archiépiscopal. En 1899, le diocèse de Pondichéry qui comptait plus de 200 000 chrétiens a été divisé et la partie sud est devenue le diocèse de Kombakonarn.
L'ancien diocèse portugais de Malacca confié aux missions étrangères se rattache à la province de Pondichéry.
L'extrémité sud de l'Inde forme deux diocèses. Verapoly et Quilon qui constituent une province ecclésias- j tique llorissante sous la direction des carmes qui y ont travaillé presque sans interruption depuis IG.">I>. Les vicariats institués en 1853 sont devenus des diocèses en 1886, et en 1887 la juridiction sur les catholiques de rite syro-malabar a été détachée de l'archevêché de Verapoly pour être confiée à des évéques de rite oriental qui étaient en 1902 au nombre de trois.
L'ile de Ceylan, séparée du diocèse de Cochin, en 1834, ibid., t. v, p. 1 19-1-20, est devenue, en 1817, le vicariat de Colombo; on en a détaché, en 1847, le vicariat de Jafna. ibid., t. VI a, p. 41-45, en ÎSSIÎ. celui de Kandy ; ces trois vicariats sont maintenant des diocèses; et en 1893 deux nouveaui évêchés ont été institués à Trincomali el à l'ointe-de-dalle et confies aux jésuites. Les oblats de Marie administrent Colombo depuis 1817. et Jafna depuis
1857 ; le diocèse de Kandy, partie centrale de l'Ile, a été confié aux oratoriens d'Italie, puis aux bénédictins sylvestrins.
La Birmanie, ancienne mission du royaume d'Arrakan, Ava et Pégu, est divisée en trois vicariats depuis 1866, ibid., p. 442-443; deux sont dirigés par des prêtres des missions étrangères de Paris et un par ceux de Milan.
Lu résumé, sur trente deux circonscriptions qui r» le-
..•ut de la Conj i angla
-Mlles ont
Les missions étrangères de
Paris
. --i.ins étrangères de
Milan
armes, fis oblati
missionnaires d'Ani
Les missions anglais
Mill-llill
Les Pères de Sainte-Croix
1 1 les bénédictins. . . .
I < - Pères du divin Sauveur.
ride dans 1 Inde 5 dio< ' J . icariaK
'■> dio. tore*.
et 1 vicariat.
Chacun 2 diocc-ses.
1 diocèse et 1 préfecture.
I dioci
I préfecture.
Il faut ajouter que, surtout dans I ni du sud,
plus anciennes et plus importantes par le nombre des fidèles, il y a déjà beaucoup de pr« tr<-s indigènes qui, pieux, instruits et zélés, rendent de grands services. Cela prouve que l'insuccès du i nais est dû non
pas à une infériorité de race, mais a une insuffisance de formation ecclésiastique.
Comme terme de comparaison disons qu'en 1800, il y avait dans l'Inde, en dehors des évêchés portugais:
1° La mission d'Agra, confiée aux
capucins, avec 5000 catholiques.
2° Celle du séminaire des missions
étrangères dont le siège était à
Pondichéry, avec 42000 —
3° Celle du Malabar, administrée
par les carmes et contenant. . . 80000 fidèles. 4° Celle de Bombay, également
confiée aux carmes, avec. . . . 8000 catholi ;
Fn y joignant la Birmanie (5000) et Malac qui comptent aujourd'hui dans l'Inde anglait arrivons à 142500. Le nombre des catholiques de ■ partie du monde a donc décuplé pendant le VXf
2° Indo-Chine. — Les missions de l'Indo-Chine française au nombre de 13 sont toutes confiées aux missions étrangères de Paris, à l'exception de trois districts du Tonkin, confiés en 1676 aux dominicains espagnols. Voici les dates de création de différents vicariats.
1059 Cochinchine et Tonkin.
1673 Siam détaché de Cochinchine.
1679 Tonkin occidental détaché du Tonkin oriental. 1844 Cochinchine divisée en orientale el occidentale. 1846 Tonkin méridional détaché du Tonkin occidental. 1848 Tonkin central détache du Tonkin oriental. 1850 Cambodge détaché de Cochinchine occidentale. 1854 Cochinchine septentrionale détachée de Cochinchine orientale.
1883 Tonkin septentrional détaché du Tonkin oriental. 1896 Haut Tonkin détaché' du Tonkiu occidental. 1899 Laos, détaché du Siam.
1901 Tonkin maritime détaché du Tonkin occidental.
Il y a aujourd'hui environ BSOO00 catholiques ; en 1800 on en comptait 312000.
Cette abondante moisson a fructifié grâce au sang des missionnaires et des chrétiens indigi
L'empereur Gia-Long, l'ami de l'évêque d'Adran, mourut en 1824; avec le règne de s. m petit-fils Mueh-Y commença, pour la mission de Cochinchine, l'ère les martyres; de 1833 à 1839, i vicaires apostoliques, 9 missionnaires. 20 prêtres indigènes el un grand nombre do chrétiens périrent; ceux qui ne moururent pas en pi comme le père Odoric, franciscain, subirent
plices d'une cruauté' inimaginable. I t cependant en
il y avait 120000 catholiques, lorsqu'une éclaircie dans la persécution permit de se compter.
Tien-Tsi inaugura, en 18'rJ, la deuxième persécuti
ASIE (MISSIONS CATHOLIQUES DE L'
mais cette fois la France intervint et à plusieurs reprises arracha des prisons plusieurs missionnaires condamnés à mort; malheureusement les navires français ne pouvaient rien pour sauver les indigènes chrétiens qui périrent par milliers.
Tu-Duc, monté sur le trône en 18i7, dépassa en cruauté son prédécesseur, et le gouvernement de Napoléon III décida d'imposer à ce furieux le respect de nos compatriotes et de leurs disciples. Une guerre qui dura de 1858 à 1862, se termina par la conquête de la Cochinchine ; mais quelles représailles furent prises en Cochinchine même, dans l'Annam et au Tonkin au cours de cette période! Onze missionnaires européens, dont 4 évêques, furent martyrisés avec 116 prêtres annamites et 100 religieuses indigènes; 40 000 chrétiens périrent.
Enfin, après des persécutions moins violentes en 1867, 1868, 1873, commença la grande extermination des chrétiens, vengeance tirée par les princes de Hué pour la conquête du Tonkin. L'année 1885 a vu massacrer 50 000 chrétiens, 30 prêtres et 270 religieuses. Une vingtaine de missionnaires périrent dans les supplices, ou, obligés de se cacher dans les régions malsaines, succombèrent à la fièvre, à la faim ou sous la dent des bêtes fauves. MM. Gagelin, Marchand, Cornay, Jaccard, Dumoulin- Borie et trois dominicains, NN. SS. Delgado et He-
narès et le père Fernandez ont été déclarés vénérables par Grégoire XVI, en 1840, et béatifiés le 27 mai 1900, ainsi que MM. Schaeffler et Bonnard, martyrisés er. 1851 et 1852, et un certain nombre de chrétiens indigènes.
3° Chine. — La Chine comptait, en 1800, 3 diocèses, 3 missions et 200 000 chrétiens. La persécution y sévissait d'une façon presque continue. M»r Dufresse, mis à mort au Su-tchuen en 1815, et M. Clet, étranglé au Ilou- Pé en 1820, ont été tous deux béatifiés le 27 mai 1900. M. Perboyre, lazariste, comme M. Clet, et martyrisé au Hou-Pé en 1840, a été béatifié le 9 novembre 1889. A cette époque, l'intervention de la France amena les Chinois à donner aux missionnaires la liberté de prêcher; cet engagement renouvelé en 1860 rendit impossible toute condamnation juridique, mais n'empêcha pas le sang des martyrs de couler en abondance, car il faut compter avec la duplicité chinoise qui accorde d'une main une concession et la retire de l'autre, sauf ensuite à nier énergiquement et l'engagement pris et l'acte qui constituait un manque de parole: ainsi périrent, en 1856, le vénérable M. Chapdelaine, mis à mort au Kouang-si, en 1861, le vénérable M. Néel, massacré au Koueitcheou. et ainsi presque chaque année, jusqu'au terrible massacre de Tien-Tsin,en 1870, où, avec deux lazaristes, périrent neuf filles de la Charité.