‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 195 sur 338 · VIRGO, QUIA CUM CORPORE EST ASSUMPTA IX C.ELUM · texte numérisé non relu

VIRGO, QUIA CUM CORPORE EST ASSUMPTA IX C.ELUM

Opusc. in salut, ang.

Le second texte est celui-ci : hiimicitias ponam inter le et mulierem, inter semen luum et senien illius, et ipsa conteret caput luum. Gen., m, 15. On démontrera dans un autre article, Genèse, m, 15, qu'il y a là une prophétie messianique, où il est question, sinon à la lettre, du moins au sens spirituel, du démon symbolisé par le serpent, et, d'autre part, du rédempteur et de sa mère qui doivent remporter un triomphe écrasant sur l'ennemi du genre humain. Or, l'Écriture nous apprend que le Christ a vaincu le démon sous un triple rapport, en triomphant du péché qui est son œuvre principale, Joa., i, 29; puis de la concupiscence et de la mort qui sont deux fruits du péché. Rom., vu, 23, 25; I Cor., XV, 26, 55 sq. Cf. llebr., n, 14-15. N'est-il pas juste que la sainte Vierge, qui est merveilleusement associée au Christ par l'oracle messianique comme l'ennemie perpétuelle du démon, ait une large part dans son multiple triomphe ? 11 est certain que ni le péché, ni la concupiscence n'ont eu d'empire sur elle. Donc, au même titre, semblct-il, elle doit triompher de la mort, considérée du moins comme salaire du péché et œuvre du démon. Elle mourra sans doute, à l'exemple de son Fils, mais non de cette mort complète et hideuse qui est la corruption du tombeau. L'assomption sera le couronnement de son triomphe sur le serpent séducteur. Voir J.-B. Terrien, La Mire de Dieu, 1. VIII, c. n, Paris, 1900, t. il, p. 343 sq.

Ce raisonnement, il faut bien le dire, n'est pas d'une rigueur absolue. Et il ne suffirait certainement pas pour constituer, à lui seul, une preuve scripturaire complète de l'assomption. Mais cette doctrine étant admise et prouve d'autre part, il semble qu'on puisse en retrouver au moins quelques indices dans ces deux textes de l'Kcriture.

u. TRADITION. — Elle nous fournit la seule preuve rigoureuse dans l'espèce. Il convient donc de lui donner un certain développement et de marquer avec soin les principales phases de cette tradition qui légitime pleinement la croyance actuelle de l'Église.

1° Premiers témoignages historiques, M'-vm» siècles. — Ils rous sont fournis par les écrits des Pères et les documents liturgiques. Le plus ancien écrivain qui mentionne clairiîment l'assomption est Grégoire de Tours. JJominiu susceptum corpus [ Virginis] sanclum in nube de- /- ; i ( jussit i" paradisum ubi, nunc, resumpta anima, cum electis ejus cxultans, œtcrnilalis bonis nullo occaturis fine perfruitur, lie gloria martyr., Mirac, 1. I, c. iv, /'. L., t. i.xxi, col. 708. Il semble bien que, dés celte époque, la fête de l'Assomption était célébrée en Gaule, comme l'indique un autre texte de Grégoire, que nous avons cité plus haut. Voir pourtant, en sens contraire, L. Duchesne, Origines du culte chrétien, Paris, 1889, j). 262. Ou la célébrait certainement au vil" siècle, comme le prouvenl le Missalc gothicum el le Missale gallica- 1IIHII velu», qui remontent à la lin de ce siècle, et qui comprennent tous deux de magnifiques prières pour la messe de l'Assomption, celles-ci entre autres : Fusis precibua Dominum implnremus, ut ejus indulgentia Mue defunctt Uberentur a tartaro quo beatm Virginie translatiim corpus est de sepulcro... Quœ nec ii<- corruptione )><i contagium, nec resolutionem pertulil m •

cro, pollulione libéra, germine gloriosa, assumptione secura... Parum fartasse fueral, si te Chris tus solo sanclificasset introitu, nisi etiam talem malrem adornassel egressu. Rccte ab ipso suscepla es in assumptione féliciter, quem pie suscepisti conceptura per fidem, ut quse terras, non eras conscia, non tenerel rupes inclusa. P. L., t. lxxii, col. 245-246. — A Rome, nous avons dit plus haut que la fête de l'Assomption se célébrait certainement au VIIe siècle. Plusieurs théologiens et liturgistes prétendent même qu'elle existait avant saint Grégoire le Grand (f 604), et ils citent à l'appui de leur opinion la collecte suivante d'une messe que contient le sacrainentaire appelé grégorien : Veneranda nobis, Domine, hujus diei festivitas opem conférât saiutare>n, in qua sancta Dei genitrix morlem subiit tem-

poralem, XEC TAMEX MORTIS XEXIDUS DEPRIMI POTDIT,

quse filium tuum de se genuit incarnation. P. L., t.LXXvm, col. 133. Les mots soulignés désignent certainement la corruption de la mort proprement dite, qui n'a pu atteindre la sainte Vierge, et non la délivrance de péché ou de la peine du péché, comme l'a prétendu Launoy. N'ayant jamais subi l'empire du péché pendant sa vie tout entière, Marie pouvait encore moins en redouter les atteintes après sa mort; et c'eût été un nonsens que de voir là une prérogative spéciale en sa faveur. L'impuissance de la mort à garder la sainte Vierge comme prisonnière ne peut signilier qu'une résurrection proprement dite, c'est-à-dire un privilège dont l'assomption est le couronnement logique. Ce témoignage liturgique, commeon le voit, ne manqueraitpas d'importance, s'il remontait surtout à l'époque de saint Grégoire le Grand. Mais il parait démontré aujourd'hui qu'une partie du sacramentaire qui porte son nom est postérieure à ce pape, et entre autres, la messe de l'Assomption d'où est tirée la collecte Veneranda. Voir Duchesne, Origines du culte chrétien, Paris, 1889, p. 117. — En Orient, la plus ancienne attestation de la croyance traditionnelle paraît être celle de saint Modeste, patriarche de Jérusalem (f 634), dans son Encomium in dormitionem Deiparsc, P. G., t. lxxxvi, col. 3288 sq. La façon dont il s'exprime au début de son homélie montre bien que la fête de l'Assomption n'était pas d'institution récente à Jérusalem. Sobre de détails sur les circonstances où s'est accompli le mystère, il mentionne pourtant la présence des apôtres amenés de loin auprès de la sainte Vierge par une voie connue de Dieu seul, ô>ç u.6vo; ininTtxïtxi Weô;; l'apparition du Christ qui vient lui-même au-devant de sa mère, l'ardeur avec laquelle l'âme de Marie séparée de son corps s'élance vers son divin Fils; puis son prompt retour à la vie, « afin de partager corporellement l'incorruption perpétuelle de Celui qui l'a fait sortir du tombeau et qui l'a attirée à lui, de la maniére que lui seul connaît. » Cette dernière expression, répétée à dessein, vise clairement les apocryphes qui racontent les détails les plus hasardes sur la mort el la résurrection de Marie. Il lient à montrer qu'il ne s'appuie pas sur eux, mais qu'il a puisé à des sources authentiques, et avant tout à la tradition orale. Viennent ensuite les homélies de saint André, qui fut moine à Jérusalem et archevêque de Crète (f 720), In dormitionem Deiparm, P. G., t. xcvn, col. 1053 sq., 1081 sq.; de saint Germain, patriarche de Constantinople (f 7:i:i), lu sanctam Dei G-enilricis dormitionem, I'. G., t. xcvm, col. 345 sq.; et enfin de saint Jean l).(iiiascène(f 760), In dormitionem beatec Marix Virginis, P. G., I. xevi, col. 716 sq.

2° Y a-t-il des textes antérieurs? — Certains théologiens, désireux sans doute de raire remonter la tradition .•erite le plus haut possible, ont eu le torl de s'appuyer sur des textes d'aulorité douteuse ou même sûrement apocryphes. Il est démontré, par exemple, que le livre des Noms divins n'est pat I œu\ re d'un disciple de saint Paul, mais d'un écrivain de la lin du v* siècle, et que

ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE

cet ouvrage «lu psendo Denyï ne prouve pu l'assomption, bj tant esl qu il en parle dam un passage très obscur. Voir Thomassin, !>•■ dierum festivorum celebritate, I. Il, c. xx, § 12, et Tillemont, loc. cit., note xv sur la sainte Vierge. Le texte de la Chronique il Eusébe, /'. /.., t. xxvii, col. 581, mentionne, il est vrai, le mystère de l'assomption dans cette phrase : Manu Virgo... ad Filium tutumitur m ctelum, ut quidam fuisse tïbi revelatum scribunt; mais, de l'aveu des critiques compétents, ce passage n'est qu'une interpolation. Quant au sermon attribué à saint Augustin sur le même mystère, il ne remonte pas au delà du \ir siècle, et les bénédictins oui eu soin de le mettre ad calcem. P. L., t. il, col. 1142. Les plus expresses réserves s'imposent également au sujet d'un récit rapporté par saint Jean Damascène sur la foi d'une histoire qu'il attribue a un certain Euthymius, et d'après laquelle le célèbre Juvén al, patriarche de Jérusalem, aurait lui-même invoqué, au milieu du ve siècle, une ancienne et très véridique tradition prouvant la résurrection et l'assomption de la sainte Vierge. S. Jean Damascène, lu dormit. II. M. V., liouiil. tt, 18, P. G., t. xcvi, col. 748 sq. Ce passage, il est vrai, est inséré dans le bréviaire romain. Test. Assumpt., IV die infra Octav., 11 Noctum. Mais l'Église elle-même nous invite à une certaine défiance à cet endroit, en supprimant l'expression très véridique. On sait d'ailleurs que .luvénal était peu scrupuleux sous le rapport delà probité' littéraire; et le pape saint Léon, dans une lettre à Maxime d'Antioche, s'en plaignait déjà I très vivement. P. L., t. i.iv, col. lOii. — Dans quelle mesure peut-on invoquer le témoignage des apocryphes proprement dits '.'11 y a deux opinions à ce sujet. Les uns pensent qu'on peut les utiliser comme preuve au moins historique de la croyance chrétienne à l'époque de leur composition. Leurs auteurs, disent-ils, n'ont pas inventé le fait de l'assomption de Marie; ils l'ont sans doute enjolivé de détails et de circonstances légendaires. Le fait lui-même était déjà connu et reçu dans l'Église, et les apocryphes peuvent être invoqués comme des témoins de la tradition orale de l'Eglise. Jurgens, dans la Zeitschrift fur katholische Théologie, Inspruck, 1880, p. 6't 1 sq.; Hurler, Theologix dogmaticse compendium, Inspruck, 1891, t. il, n.665. D'autres estiment qu'il est plus prudent d'écarter le témoignage des apocryphes, parce que leur origine est trop suspecte en général, et que nous ne sommes pas encore suffisamment renseignes sur leur provenance, leur date ou leur valeur. Quoi qu'il en soit, la croyance traditionnelle de l'Église ne doit pas son origine à ces documents légendaires. Non seulement il est impossible d'établir, par des textes et des faits précis, cette prétendue filiation que soutiennent ou insinuent volontiers certains critiques, mais il est facile de prouver que toutes les vraisemblances historiques écartent absolument une pareille hypothèse. Car enfin « il n'est pas vraisemblable que l'opinion d'un auteur plus ou moins digne de foi, produite au v« siècle, se soil répandue subitement en Orient et en Occident, de manière a être acceptée par des Eglises fort éloignées les unes des autres. et à provoquer sur les points les plus différents l'institution immédiate d'une fête solennelle. Cet accord que l'on constate ne peut être l'effet du hasard ou de l'irréflexion; il résulte évidemment d'une persuasion universelle chez les chrétiens de cette époque, et qui, pour s'imposer, a dû «'ire appuyée sur la double autorité de l'enseignement officiel et de la tradition ». Dom Renaudin, l)r In définition dogmatique de l'assomption, Angers, I'.nki, p. -il . Et cette induction historique a d'autant plus de valeur, qu'elle s'accorde pleinement avec les données théologiques concernant l'infaillibilité' doctrinale (le l'Eglise et la légitimité de l'argument de prescription. En f.oi de tradition et de croyances, c'est surtoul dans l'Église que la prescription vaut titre, et qu'elle a force de loi, tant qu'elle ne vienl pas se heurter

k des titres supérieurs. Or, il n'y a, dun< ! icun

titre plus ancien ou plus iûi

Le leul argument plus ou moins spécieux qu'on puisse opposer a la croyance traditionnelle, esl le sil des l'en- pend. mi h--, cinq premiers siècles. Mais pour que cet aiguillent négatif eût quelque valeur, il faudrait prouver que les circonstances ou ont vécu rendent leur silence inexplicable, et cette preu jamais faite. L'assomption, d'ailleui la seule

doctrine qui ne -oit pas documi ntée pour li - pn i Biècles; et le dogme de l'immaculée conception, entre aiitre-. n est guère mieux part.-, rapport, car il

ne parait au ijrand joui' qu'aux V et VI' siècle-, ver- la

même époque que l'assomption. Si les Pères antérieurs n'ont pas cru devoir mentionner ces deux

d'une façon explicite, c est qu'ils avaient leurs raisons; et. encore qu il nous soit difficile de les connaître parfaitement, nous pouvons toutefois en soupçonner quelques-unes. N'\ avait-il pas a craindre, par exemple, que certains hérétiques eussent abusé de ces do. cherchant la justification de buis erreurs, et qui valentiniens, entre autres, eussent pris occasion de là pour s'affermir davantage dans leur conviction en au sujet du corps de Notre-Seigneur qu'ils formé d'une substance céleste et impassible? Peut-être aussi le- l'ère- lais-aient-ils à dessein le culte de Marie dans une ombre discrète, pour éviter de fournir le moindre prétexte à une répétition quelconque d idolâti iques. en réveillant par un enseignement inopportun le souvenir des nombreus - que les païens avaient adorées. Les auteurs ecclésiastiques premiers siècles avaient d'ailleurs bien d'autres préoccupations plus urgentes que de consigner par écrit, surtout pendant les persécutions, tout ce qui concerne le culte de la sainte Vierge; et leur silence, après tout, ne doit pas nous paraître trop surprenant. Si la plupart des dogmes catholiques ont été soumis à la loi providentielle du développement organique, il n'est (tonnant que cette loi se vérifie, même avec plu- de rigueur, quand il s'agit d'une doctrine qui n'appartient pas, comme d'autres, à la substance même de l'économie rédemptrice.

Nous concluons de là que la croyance catholique au mystère de l'assomption, dont nous avons constate l'épanouissement aux Vf et vir siècles, doit remonter jusqu aux apôtres par voie de tradition orale. C'est la seule explication satisfaisante de son origine, puisque cette croyance ne dérive pas des apocryph mble

inconnue d'autre part a la tradition écrite. Elle aurait pu sans doute devoir son existence à une révélation privée; mais l'histoire n'en a pas conservé la moindre trace, et c'est la une hypothèse gratuite, dépourvue de toute valeur. Seule, une tradition orale remontant aux apôtres peut être considérée comme la solution du problème.

;; Témoignages postérieurs au vil!' siècle. — A partir du IX'' siècle, ils deviennent plus nombreux; et si l'on excepte les quelques hésitations dont nous avons parle, et qui se sont produites çà et la. spécialement en France, sous l'influence combinée (lu décret pseudo-gélasien contre les apocrvphes et de la lettre du pseudo-Jér a l'ailla et a Eustochium, nous trouvons une série ininterrompue de témoignages très explicites, où les Pi et les docteurs scolastiques, non seulement affirment la réalité de l'assomption corporelle, mais s'efforcent d'en montrer les multiples convenances et de marquer quelquefois le degré de certitude que comporte cette doctrine, talons, entre autres, pour l'Église d Occident. Notker. moine de Saint-Gall, qui en parle dans son martyrologe, vers STo. /'. L.,t. cxxxi, col. 1161 ; Alton, évéqua de Verceil ["J-OSO), Serm., xvh, In assumptione h Dci genitricis sentir Virginis Marise, P. /...t. cx^' col. 8Ô7 , Fulbert, évéque de Chartres^ 102 ■ ^.

ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE

De naiivitate beatse Marise, P. L., t. cxlï, col. 325 ; S. Pierre Damien (f 1072), Serin., xl, De assumptione beatse Marisa, P. L., t. CXLIV, col. 717; S. Anselme (f 1109), Orat., xl, Ad sanctam Virginem Mariain, P. L., t. clviii, col. 966; Hildebert, évêque du Mans, puis archevêque de Tours (f 1133), Serni., I, In Dciparse assumptione, P. L., t. clxxvii, col. 808; Abélard (f 1142), qui s'appuie, entre autres, sur la collecte Veneranda et l'explique dans le sens traditionnel, Serm., xxvi, In assumptione beatsa Mariœ, P. L., t. clxxviii, col. 541; S. liernard (f 1153), dont les paroles sont insérées au bréviaire romain, zfi jour dans l'octave de l'Assomption. Serm.. xxw, In Cantic.,n. 5, P.L., t. rxxxxin, col. 416; Ainédée, évêque de Lausanne (-j-1159), Ilom., vil, lu laudes sanctse Mariœ, P. L., t. clxxxiii, col. 1342; Richard de Saint- Victor (f 1173), Explic. in Canlic, 62, P. L., t. cxcvi, col. 523; Jean Béleth, théologien de Paris (f 1182), Rationale divini offic, c. CXLVI, P. L., t. ccn, col. 148 sq.; Pierre, abbé de Celle et ensuite évêque de Chartres (f 1187), Serm., lxvii, lxxiii, De assumptione, P. L., t. ccn, col. 850-851, 856; Pierre de Blois (f 1200), Serm., xxxm, In assumptione beatse Maria% P. L., t. ccvn, col. 661-662; Absalon, abbé de Springkirsbach du diocèse de Trêves (f 1203), Serm., xuv, In assumptione gloriosœ Virginis Mariœ, P. L., t. ccxi, col. 255. — Parmi les écrivains de l'Église orientale, citons S. Théodore Studile (f 826), laudes in dormit. Deiparse, P. G., t. xcix, col. 719 sq.; Siméon Métaphraste (-[-960), Oralio de sancta Maria, P. G., t. CXV, col. 560; Jean Maurope (f 1050), Serm. in sanct. Deiparse dormitionem, P. G., t. cxx, col. 1080 sq. ; Michel Glycas (f 1050), P. G., t. clviii, col. 440. De nombreux témoignages de la liturgie grecque se trouvent dans le ménologe basilien, P. G., t. CXVII, col. 586, et surtout chez Cozza-Luzi, De corporea assumptioneb. Marise testimonia lilurgica Grœcorum selecla, Rome, 1869. Cf. A. Baumslark, Die bibliche Uimmelfahrt der allerseligsten Jungfrau, dans Oriens christianus, 1904. Les docteurs scolastiques sont également très affirmatifs sur la réalité de l'assomption. Albert le Grand proclame souvent cette doctrine, surtout dans ses Queestiones super « Missus est », n. 132, où il examine les différentes raisons qui militent en faveur du mystère. Liturgie (collecte Veneranda), Ecriture sainte (Ps. cxxxi, 8), textes des Pères, raisons de convenance, il passe tout en revue, et conclut ainsi : His ralionibus et auctoritatibus et multis aliis manifesium est quod beatissima Dei Mater in eorpore et anima super choros angelorum est assumpla. Et hoc modis omnibus credimus essr verinn. Opéra omnia, Lyon, 1651, t. xx, p. 87 sq. Saint Thomas, son disciple, tient un langage analogue, comme nous l'avons vu plus haut. Citons encore ce passage : Kesurreclio aliorum differtur usque ad finem mundi, niai aliquibta ex privilégia antea concedatur, ut beatse. Virgini, et, ut pie crédit ur, beato Joanni evangelistœ. Opusc. VI, De cxposilione sijmboli, a. 5. Cf. Sum. theol., III», q. XXVII, a. I ; q. i.xxxmi, a. 5, ad 8"m. Même doctrine clic/, saint Bonaventure : Sancti doctores rationabiliter probars nituntur, et fidèles hune sentum pie amplectuntur, videlicel quod beata Maria jam cum eorpore sil cusumpta, et corpus jam omnino cum anima tit glorificatum Breviloquium, lect. cil. Suarez affirme la même chose et ajoute ces paroles : lin smiii universa Ecclesia, et hic ejus consensus ea antiquorum Patrum tradiHone manavit. Puis il signale el rejette l'opinion di Catharin qui avait enseigné que l'assomption était un do| me de foi : Sed rêvera non est, qui neque est <t!> Ecclesia defmita, née est lestimonium Scripturm aut tufficiens traditio quse infallibilem facial fidem. Est igiturjam nunc tam recepta hsec sententia, ut » nullo 7 et catholico posiit m dubium revocari, aut sine '<•tate negari. lulll1™ part. Sum. theol., diap. XXI, sect. n, a, 14.

A ces citations des écrivains catholiques, qu'il serait facile de multiplier, il convient de joindre le lémoignage des schismatiques, et notamment celui de l'Église grecque, au concile tenu à Jérusalem en 1672, contre les calvinistes : Recte [B. Virgo] signum esse dicitur in cœlo, eo quod ipsa cum eorpore assumpta est in cselum. Et quanivis conclusum in sepulcro fuerit immaculatum corporis ejus tabernaculum, in cselum tamen, ubi Christus fuerat assumptus, tertio et ipsa die in cœlum mirjravit. Ilardouin, Acta concil., t. xi, col. 199.

III. raisons de convenance. — C'est à dessein qu'on emploie ici cette expression, au lieu de la formule ordinaire raisons théologiques. Car on ne voit pas trop comment l'assomption pourrait être déduite, comme conclusion strictement théologique, d'un dogme révélé quelconque. Certains auteurs semblent dire que le dogme de l'immaculée conception exigeait cette faveur; mais leur argumentation ne parait pas rigoureuse. Car si la sainte Vierge n'a pas reçu le privilège de l'immortalité, qui s'harmonisait si bien avec sa conception immaculée, c'est une preuve qu'il n'y avait pas un lien nécessaire et absolu entre la grâce originelle de Marie et les faveurs préternaturelles qui en découlaient. Rien ne garantit davantage qu'il ait existé une connexion plus étroite entre cette première grâce et la résurrection ou l'assomption glorieuse de la sainte Vierge. Rigoureusement parlant, son corps virginal aurait pu attendre la r-surrection générale, et nul n'aurait pu y voir une atteinte sérieuse à l'économie du monde surnaturel.

Ces réserves faites, disons cependant que de nombreuses et admirables convenances plaidaient en faveur de l'assomption. Le pape Benoit XIV, qui les appelle « des raisons théologiques », au sens large évidemment, les résume ainsi, en quelques mots : Piœ ac religiosse senlenliœ de assumpto in cselos Virginis eorpore rationes etiam thcologicœ sufjragantur, pelilse ex dignitate Matris Dei, ab excellenli virginitate, ab insigni super omnes homines et angelos sanclitate, ex intima cum Cliristo Filio conjunctione et consensione, ex Filii in matrem dignissimam affectu. De canoniz. sanct., 1. I, c. xlii, n. 15. Il est facile de voir que toutes ces raisons découlent, au fond, d'une seule, la maternité divine. Aussi, laissant de coté les développements, d'ailleurs faciles, que comportent les autres raisons de convenance, nous estimons qu'il suffit de mettre en relief celle qui en est le principe et la clé.

Saint Thomas, parlant de la maternité divine de la sainte Vierge, en montre bien la transcendance : Beata Virgo, ex hoc quod <'st Mater Dei, habet quamdam dignitatem infinitam ex bono infinito quod est Drus. Sum. theol.,l*, q. xxv, a. 6, ad 4um. Cette maternité faitde Marie une créature unique et la constitue à elle seule dans un ordre à part, en la rapprochant de Dieu autant qu'il est possible à une personne créée. Sa chair a contracté ainsi l'union la plus intime avec la chair du Christ; ou plutôt, suivantle mot attribué à saint Augustin, les deux ne font qu'un, d'une certaine manière : CaroJeSU, euro Marin'. P. L., t. xi., col. 1145. Convenait-il, dès lors, que Jésus- Christ laissât le corps de sa mère en proie à la corruption du tombeau, comme un cadavre vulgaire? Ne devait-il pas plutôt l'associer au mystère de sa propre ascension, en devançant pour lui l'heure de la résurrection et de la glorification suprême? N'était-ce pas le couronnement logique des privilèges merveilleux qui avaient préparé, accompagne'' et suivi la maternité divine de Marie? C'esl l'argument que font valoir de préférence un grand nombre de l'eivs, entre autres le pseudo-Augustin : llimt ergo sacralissimum corpus, de quo Christus carnem assumpsit et divinam naturam humants univit, non amittens quod erat, sed assument </'/<»/ non erat, ni Verbum caro, hoc exi Deus homo fieret, escam vermi- Ims traditum, quia sentire non valeo, dicere pertimesco communi sorte putredinis et futuri de vermibut pul-

ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE

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verii. Dé cutumptione beatœ Maria Virginit liber un ut, /'. /.., i. \i . col. Il i'i- Voir i ce sujet de belli pieuses considérations tirée» di Péri et des théolo dans le P. rerrien, /." Mère de Dit 1900, t. »,

l. VIII, c. m, [v, p. 340-300.

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