Éditions. — La principale édition des Œuvres de saint
Athanase est celli 5aint-Maur, J. Lopin ci
acon, 3 in-fol., P e fut réimprimée, avec
'-.en 1777. I | nr les soins de l'évèque de
ville, N. A. Giustiniani. Me te- a profité île ces travaux et
d'' i ii cardinal Mai, dans sa Pa-
lia ijr&ca, 4 in-4', Pari», 1857. Pour les éditions plus an-
ciennes, voir Montfaucon, P. Cf., t. xxv. Prntegom., p. xvi; pour les éditions partielles, Bardenhewer, Les Pères de l'Eglise, t. n, p. 47 sq.; A. Roherston, Select writings and letters of Atlianasius, Prolegom., p. xi-xii.
2. Traductions. — L'Allemagne possède une traduction complète des oeuvres du saint docteur dans Summtliche Werke der Kirchenvdter, Kcmpten, 1836-1837, t. xiv-xvm ; déplus, la traduction d'un choix d'écrits, par J. Fisch et A. Richard, dans Bibliothek der Kirchenvdter', 2, vol. Kempten, 1872-1875. L'Angleterre a des traductions remarquables accompagnées d'introductions et de notes précieuses -.Select treatises ofS. Atlianasius, in controversy with the Arians, et Historical tracts..., Oxford, 1842, 1843, dans la collection Library of the Fathers ; Select writings and letters of Atlianasius..., Oxford, 1892, dans la collection Library of Nicene and Posl-Nicene Fathers. On n'a, en France, que des traductions partielles : la Vie de saint Antoine, par Robert Arnauld d'Andilly, dans les Vies des saints Pères du désert, Paris, 1668, 1080; l'Apologie à Constance, les deux Livres contre Apollinaire, la Lettre encyclique aux évêques d'Egypte et de Libye, le Premier discours contre les ariens, dans la collection des Chefs-d'œuvre des Pères, t. ni; les deux Apologies de saint Athanase à l'empereur Constance et sur sa fuite, dans E. Fialon, Saint Al lianase. On trouve des extraits et des analyses dans la Bibliothèque choisie des Pères de l'Église grecque et latine, parN.S. Guillon, 1828, t. v, p. 172- 257. Sur les traductions arméniennes, voirTajézi, Des h. Atlianasius, Patriarche» von Alexandrien, Heden, Briefe und unechte Schriften, Venise, 1899.
3. Ouvrages à consulter. — S. Jérôme, De viris illust., 87, P. L.,t. xxui, col. 693; Photius, Biblioth., cod. 32, 139, 140, P. G., t. cm, col. 64, 420; Montfaucon, préface générale et remarques préliminaires avant chaque ouvrage; L. EUies Dupin, Nouvelle bibliothèque des auteurs ecclésiastiques, Utrecht, 1731, t. Il, p. 35-60; C. Oudin, Commentarius de scriptoribus ccclesiasticis, Leipzig, 1722, t. i, col. 325-390, Disserlatio de operibus sancto Athanasio attributis ; G. Cave, Scriptorum ecclesiasticorum historia lileraria, Oxford, 1740, t. I, p. 191-198; Ceillier, Histoire générale des auteurs sacrés, 2' édit., Paris, 1865, t. IV, p. 105 sq.; Fessler-.lungmann, Institutiones patrologise, Inspruck, 1890, t. i, p. 392 sq. ; Bardenhewer, op. cit., t. Il, p. 37 sq. ; P. Batiffol, La littérature grecque, Paris, 1897, p. 264, 327 ; F. AVallis, On some mss. ofthe writings ofS. A thanasius, dans The journal of theological studies, oct. 1901 et janv. 1902.
III. Doctrine de saint Athanase. — /. traits caractéristiques. — La théologie de saint Athanase ne se présente pas sous la forme d'un corps de doctrine systématiquement relié. Son rôle ayant été celui d'un homme d'action, ses écrits furent en général des écrits de circonstance, composés pour défendre la foi ou satisfaire à ses devoirs d'évéque. Et pourtant, peu de docteurs ont eu sur l'orientation et le développement de la dogmatique chrétienne une influence aussi profonde. Cela lient au rôle providentiel qui échut au saint; par son propre mouvement, et plus encore par le cours des événements, il fut porté' à fixer ses méditations et toute la vigueur de sa grande intelligence sur un problème aussi fondamental pour le christianisme que fécond dans sa portée théologique, le problème du Verbe incarné', Dieu fait homme et Sauveur du genre humain. Il considéra le Verbe sous tous ses rapports, dans son existence au sein du l'ère, dans l'ieuvre de la création où il intervient comme Sagesse el Puissancedu l'ère, dans l'œuvre de la rédemption qu'il accomplit comme Verbe fait chair. Envisagé de la sorte, Jésus-Christ devient un centre, auquel se rapportent les grandes lignes de la religion chrétienne : la trinité, la création et l'état primitif du genre humain, la chute ei l'incarnation du rédempteur avec inuies ses conséquences. Aussi rien n'est plus facile que de tirer une large synthèse dogmatique de la doctrine de saint
Athanase. eu la rattachant suit à la personne du Verbe, comme l'a l'ail Atzberger, Die Logoslehre des hl. Alhomisiiis, suit a son œuvre rédemptrice, comme l'ont fait l'.'ll, Die Lehre des hl. A thanasius ion der Sûndeund Erlôsung, et Strater, Die Erlosnngslehre des hl. Atlianasius.
Athanase, docteur de l'Église, es) avant tout théologien, doctrine présente un caractère éminemment traditionnel; dans une phrase, ou l'élégance se joint à la vc-
ATHANASE SAINT
2IGS
rite, on a <lit ■ qu'elle est un chaînon d'or entre l<
menti plus anciens > t la théologie postérieure au concile de Nicée i Chaînon Bolide aussi, parce que, sans sacrifier les r< sultats acquis par l< - qui l'avaient précédé, Athanase fil passer la pureté de la loi pardessus toute autre considération. I d i." e il hérétiqui qui faussaient les do oliques par leurs conception il comprit 1 : • nécessité de replace) mes dogmes et de les défendre sur leur propre terrain, la révélation contenue »!:< u^ l'Écriture Bainte et la tradition. Il sut dégager la doctrine catholique d'él( ments parasites qui la gênaient et dont l'arianisme essaya de si prévaloir; au Logos-démiurge el au Dieu abstrait de h philosophie, il opposa nettement le Logos de sainl
el le Dieu de l'Évangile qui par son Fils sauvi monde. Il a mérité le beau litre de Pire de l'orthodoxie.
Il n'en est pas moins de son siècle et de son milieu, ce milieu alexandrin où se côtoyaient alors deux écoles célèbres, sur certains points rivales el sur d'autres se compénétrant mutuellement, soit par influence immédiate, suit par communauté de sources; l'école néoplatonicienne avec son éclectisme philosophique, et l'école chrétienne du Didascalée où prédominait encore, mais modifiée déjà par des apports de provenance asiatique, la doctrine d'Origène. Élevé dans ce milieu, Athanase en subit d'abord l'inlluence littéraire et philosophique, sensible surtout dans son œuvre de jeunesse, le traité Contra gentes et De incarnalione. Que de passages rappellent « le grand Platon », ou témoignent de conceptions stoïciennes courantes à cette époque! Sous le rapport théologique, Athanase trouvait à Alexandrie une école vivante et douée d'une physionomie propre. Origène resta pour lui un maître vénéré, dont on relit les œuvres même au désert. Ad Serap., iv, 9, P. G., t. xxvi, col. 650. Toutefois il ne l'acceptait pas les yeux fermés, sans discernement : « Ce qu'il a écrit, comme en cherchant et s exerçant, ne doit pas être pris pour sa pensée propre. Mais lorsque, dans une discussion et une exposition, il définit et affirme sans hésitation, alors on possède la pensée du laborieux savant. » De décret, nicœn., 27, P. G., t. xxv, col. 466.
Par ailleurs, les circonstances placèrent souvent le saint docteur dans d'autres milieux. A Nicée d'abord, et plus longuement, durant son premier et son second exil, il prit contact avec les occidentaux et leur terminologie trinitaire et christologique. En Orient, il se trouva en face d'adversaires ou même en communauté d'action avec des amis formés à d'autres écoles, eusébiens; homéousiens, néonicéens d'Antioche ou de Cappadoce. Il y gagna en largeur de vues et d'esprit, mais sans cesser d être alexandrin. C'est même en grande partie sous son inlluence que se précisèrent les traits généraux qui. bientôt, distinguèrent l'école égyptienne d'Alexandrie et l'école syrienne d'Antioche, et que le cardinal Hergenrôther résume ainsi, dans son Histoire de l'Église, trad. P. Belet, Paris, 1880, t. n, p. 134 : « L'école d'Egypte, contrairement à l'opinion de Pholin, qui n'admettait qu'une différence de degrés entre le Fils de Dieu el les
saints, relevait la différence spécifique qui existe entre l'incarnation et l'inlluence purement morale que Dieu exerce sur l'homme, el insistait sur le caractère incompréhensible de cette union mystérieuse. L'école syrienne, conformément à la direction rigoureuse qu'elle suivait el contrairement aux niées gnostiques el apollinaristes, s'appliquait à démontrer que les deux natures en Jésus- Christ gardent leurs propriétés el échappent à toute
confusion. Les Alexandrins insistaient volontiers Sur
l'union des deux natures el sur l'unité de l'Homme-Dieu . les Antdochiens, sur la diversité permanente du divin et de l'humain; les premiers, sur le côté mystérieux de l'Incarnation; les autres, sur son côté compréhensible,
sur la dualité de l'être humain et de l'être di\in. i 11 faut
tenir considérations { quand on
\. ut apprécier la thi o nasienne.
//. 1-HiSiii'Mx i,é/aii.«. — I.. biographie de Athanase et la liste naître le fond de sa doctrine divers chefs les point- les plus saili u
I Théodicée, anthropologie. — Kn réfutant le | nisme et en lui opposant le monotb i .,u-
teur de VOralio contra gentes établit, sur Dieu i I 1 bouillie, les vérités b- plus essentielles. L'existem Dieu, -es attribut- essentiels et son action imméi dans la création, la conservation et le gouvernement du monde, sont démontrés par des arguments qui. pour la plupart, sont restés dans l enseignement tradition Dieu crée par pure honte, il crée dans son Verbe, qui --e même; pas d'intermédiaires entre la puissance créatrice et son objet. Le mal n'est point un être positif que Dieu ait créé, il doit son origine à l'abus de la liberté- contingente.
L'hornrne est composé- d'un corps mortel et d'une nnable, spirituelle et immortelle: l'esprit qu'une faculté de lame, tov è/ u.r- P. G., t. xxv. col. 61. Par sa rai-on l'homme peut ver à la connaissance de Dieu, en prenant pour j d'appui ou le monde extérieur ou sa propre âme; car le monde porte l'empreinte du Verbe. Sagesse du P. i dans l'âme surtout brille, comme dans un miroir, l'image du Verbe. Saint Athanase explique peu ce qu'il entend par cette contemplation du Verbe dans l'âme humaine; il semble placer le lien objectif de cette connaissance entre notre propre raison dont lame a conscience, et le Verbe considéré comme Raison divine dont la notre n'est qu'une participation. Du reste, il ne prouve pas l'existence personnelle du Verbe; il la suppose, ou comme connue par la foi. car il écrit pour un chrétien, ou comme admise par la philosophie de son temps. 11 insiste beaucoup et à plusieurs reprises sur la néc> de la pureté du cœur, pour s'élever à Dieu. Sur la philosophie de saint Athanase et ses rapports avec la doctrine platonicienne, voir L. Fialon, Saint Athanase, c. x; Ritter, Histoire delà philosophie chrétienne, trad. .1. Trullard. Paris. 1844, 1. V. c. n; G. Teichmùller, lische Forschungen,m, Halle. 1S73. c. iv. s,ô. et Studien zur Geschichte der Begri/fe, Berlin, lo") 1 01» ;
A. Aall, Geschichte der Logosidee in der christ lichen Litteratur, Leipzig, 1899, p. 468 sq.
2» État primitif, chute originelle. — L'homme, créé à l'image du Verbe, n'était pas seulement doue d une aine spirituelle et raisonnable; il avait encore reçu de quoi vivre selon Dieu et à l'abri du mal. de la mort en particulier, dans le paradis terrestre. Pour comprendre dans toute son extension le contenu de cette grâce initiale, il faut examiner dans saint Athanase et l'œuvre de la rédemption et les conséquences de la chute originelle, telles qu'elles ressortent de l'ensemble de sa doctrine. Exprimée déjà substantiellement dans VOratio de incarnatione Verbi, cette doctrine se précise et se dévoloppe dans les Discours centre les ariens, les Lettres pascales et autres ouvrages du saint docteur. On voit alors très clairement que. pour Athanase. l'état primitif renfermait, outre la nature, les dous appelés maintenant préternaturels et la filiation divine par la grâce. Voir G. A. Pell. Die Lehre des ht. Athanasius von der S\ uutl Erlôsung, Introduction, p.
Mais Dieu avait imposé' au premier homme une loi, dont l'observation fidèle devait être pour lui la condition du bonheur parlait et de l'immortalité. Trompé par le démon, l'homme se sépara du Verbe et transj précepte divin ; il perdit les dons reçus, et fut réduit à sa condition naturelle, i\; to xst:» -..-,.. De incam., i. /'. (.'.. t xxv, col. 101; Oral. c<mtr. arian.. Ml, /'. '.'.. t XXVI, ci I 106 Par le fait même, le prineipede la corruption et de la mort fut dans l'humanité. L<
ATHANASE (SAINT
ché d'Adam et ses conséquences passeront désormais à ses descendants : « Tous les hommes, depuis Adam, sont morts et restent morts... Adam péchant, le péché s'est transmis à tous les hommes. » Orat. contr. arian., i, 44, 51, P. G., t. xxvi, col. 103, 118. A la vérité, ni la puissance de connaître Dieu ni la liberté ne furent perdues ; mais les hommes ne firent qu'abuser de plus en plus de ces dons et tombèrent dans la plus effrayante corruption. De incam., 12, P. G., t. XXV, col. 116-117. Il fallait un sauveur.
3° Incarnation. — On l'a déjà remarqué, la doctrine de saint Athanase sur le Verbe incarné est le centre de toute sa théologie, comme sa foi en ce même Verbe fut l'âme de sa vie militante. C'est par ce côté surtout qu'il attaqua l'arianisme, montrant que la négation de la divinité du Verbe mettait cette hérésie en opposition avec les sentiments les plus intimes des vrais chrétiens; qu'elle élevait une barrière infranchissable entre Dieu et nous, puisque, suivant la sainte Écriture, nous ne connaissons le Père que par le Fils; qu'elle annihilait en réalité l'œuvre de la rédemption, puisque nul autre qu'une personne divine ne pouvait réformer en nous l'image primitive, détruite par le péché, et nous faire enfants de Dieu. C'est donc sous l'aspect sotériologique que saint Athanase considère d'abord le Verbe incarné. « C'est pour notre salut qu'il s'est manifesté dans un corps humain. » De incam., 1, P. Cf., t. xxv, col. 98. « Quand même rien n'eût été créé, le Verbe de Dieu n'en existait pas moins, et le Verbe était Dieu. Mais il ne se serait pas fait homme, si le besoin des hommes ne l'y avait forcé. » Orat. contr. arian., ni, 56, P. G., t. xxvi, col. 268. Par le péché d'Adam, le genre humain avait perdu les dons spéciaux de l'état originel; il était tombé sous la loi de la corruption et de la mort. Dieu, qui avait porté la loi, ne pouvait, sans se contredire en quelque sorte, accorder un simple pardon, solution qui, du reste, eût manqué d'eflicacité suffisante; l'homme ne pouvait se refaire lui-même à l'image primitive. Et pourtant il convenait à la bonté divine de ne pas laisser périr son œuvre de prédilection. Le Verbe, lui, pouvait refaire er nous sa propre image, et, en se faisant homme, poser dans le genre humain un principe de résurrection et (immortalité. En même temps, par sa vie et par sa mœ t, il serait Verbe et Sagesse de Dieu, c'est-à-dire, il manifesterait son Père aux hommes, et leur servirait lui-même de modèle.
Dans Y O ratio de incarnalione, Athanase met principalement en relief un aspect de la rédemption suggéré tout d'abord par le récit de la Genèse et développé par p.iin t [renée et l'école asiatique ; l'aspect physique, ayant pour objet le passage de la corruption à l'incorruptibilité, * mort à l'immortalité. Mais cet aspect n'est nullement exclusif; dans ce même écrit, le corps du Christ onsidéré comme hostie et victime, (gpeîov y.ai Sùp.a, son œuvre est envisagée comme une rénovation, et la formule célèbre apparaît déjà : « Le Verbe s'est fait homme, pour que nous fussions déifiés, » A-Jto;; yàp ivi]v8pa>7[T)<nv, îva /,;/£":; 8ï(i>itour)8d»|Atv. /'. G., t. xxv, col. 112, 192. Grande'; idées, que le saint docteur ne pas ensuite de rappeler ou de développer, dans '$ comme dans ses Discours contra iens.
La doctrine christologique de saint Athanase se relie
naturellement trine sotériologique. Le Verbe
incarné esl el doil être l'Homme-Dieu, i ix Mccpi'a;
fSvOpioftoc. Orat. contr. arian., iv, '.'S, ]>. <;., t. \\vi,col.
524 Dieu, pour refaire en nous l'image du Verbe, pour
non r le Père, pour nous déifler. Homme, pour
i la ran< on du péché en souffrant dans son corps, et
r dans l'humanité un principe d'immortalité, mais
pour être parmi nous une manifestation visible de
divinité. De là, dans un seul et même sujet,
ibslantielle el inséparable du divin et de
l'humain, si fortement accentuée dans la théologie athanasienne. Si les expressions de temple, de demeure, de vêtement, d'instrument, s'y rencontrent, appliquées à l'humanité du Christ, rien dans le contexte ou dans la doctrine générale qui ne soit radicalement opposé au nestorianisme. « Le Verbe s'est fait homme, mais il n'est pas venu dans un homme.» Orat. contr. arian., III, 30, P. G., t. xxvi, col. 388. Toutes les conséquences de l'unité ontologique du Christ apparaissent. Communication des idiomes fréquemment appliquée; c'est le Verbe qui crée et qui ressuscite les morts; c'est le Verbe qui a faim et qui souffre. Maternité divine de Marie, ttj; ©eotôxo'j Mapc'a;. Orat. contr. arian., m, 14, 29, 33, P. G., t. xxvi, col. 350, 386, 394. Action théandrique nettement formulée. Ibid., 31-32, col. 390-391 ; Epist. ,i\, ad Sera))., 14, P. G., t. xxvi, col. 656-657. Adoration de l'humanité sacrée du Sauveur, enseignée et défendue formellement. Epist. ad Adelphium, P. G., t. XXVI, col. 1074 sq.
Mais n'y aurait-il pas excès dans le sens contraire? n'est-ce pas préparer la voie au monophysisme, que d'employer des expressions comme <p-j<nxT) svùh«ç? Contra Apollin., I, 10, P. G., t. xxvi, col. 1110. Quel que soit l'auteur de cet ouvrage, Athanase ou l'un de ses disciples, sa véritable pensée ne peut faire de doute; il entend affirmer une union vraiment substantielle dont les termes sont, d'un côté le Verbe, et de l'autre la nature humaine dans sa pleine intégrité; çuctixti ëviixrt;, ne dit donc pas unité de nature. A cette question, toutefois, se rattache un point important de la doctrine christologique d'Athanase. Que la complète dualité des natures dans le Christ soit contenue dans les deux livres contre Apollinaire, c'est un fait : TÉXeioç 0ebç xa\ xéXetoç av8pti>ra>; ô Xpi<rrtfç, I, 16, P. G., t. xxvi, col. 1121. Mais la paternité de cet ouvrage est contestée au saint docteur, et pour cela même. On a prétendu que, dans ses écrits authentiques, il ne reconnaît pas d'âme humaine dans le Christ; le Verbe s'est fait homme en ce sens qu'il s'est uni à un corps, mais lui-même tient lieu d'âme raisonnable. Les termes du composé théandrique seraient donc, d'un côté la personne du Verbe, de l'autre ce que saint Athanase appelle tô àv8po>irivov, l'élément humain du Christ, c'est-à-dire uiçti, <jâ>|xa, la chair ou le corps. En un mot, Athanase serait apollinariste. Opinion ('■mise jadis par iiaur, Die christliche Lchre von der Dreieinigke.it und Menschwerdung Gottes, Tubingue, 1841, t. i, p. 570 sq., et reprise tout récemment par A. Stûlcken, Athanasiana, p. 90-106, et K. Hoss, Sludien ùber das Schrifttum und die Théologie des Athanasius, p. 76-79.
Celle thèse repose d'abord sur une interprétation abusive des termes <râpÇ et o-wjj.a. Athanase les emploie dans leur sens biblique, qu'il a expliqué lui-même : « C'est la coutume de l'Ecriture d'appeler l'homme chair. » Orat. contr. arian., in, 30, P. G., t. xxvi, col. 388. Et ailleurs : « Dire : Le Verbe s'esl fait chair, c'est dire : Le Verbe s'est fait, homme. » Epist., II, ad Serap., 7; Epist. ad Epictet.,8, P. G., t. xxvi, col. 620, 1084. De l.i vienl que, pour désigner l'élément humain dans le Christ, le saint docteur se sert indifféremment des termes chair, corps, humanité, et qu'il attribue l'ignorance rès dans le Christ soit à la chair, soit à la nature humaine : Tî)Ç tXv6pcofttVT)( (p-jiEoj; r,; èttcv i'ôtov v.-x\ tô ayvosîv... û( avBptouoç àyvoei',... àvvoîï <Tapxixû;. Orat.contr. arian., m, 13, P. '>'.. t. xxvi, col. M3, H6. A cette explication il faut joindre la doctrine générale d'Athanase sur l'incarnation qu'il désigne habituelle ment, non parle terme de Ivo'tou.iToxyi;, mais par celui de ÈvavOyii-r.T'.:, exprimant l'idée de Verbe fait homme,
en effet l'idée du Verbe fail I le qui est à la
base de cette doctrine ; hom semblable « nous par la
nature, Sp.oio< xat& rt|v pûaiv toî< àvOpc&noïc, De incam., 37; homiii . uc4juA{ à/Opantov, Oral, contr.
ATHANASE (SAIN
arum., i, \'.\; homme n.'- de la Vierge Marie à notre
. Epi . 2. /'. G . i rxv, .•■! 160; i. x.v.i. col. '.ni. 1068 Il quand lea arien! pour prouver I infériorité du Verbe, objectent le text anima mea turbata e$t, quelle
i omme homnu
qu il dit : M .,:. uit. x
Du î en 362, au eoncil
confesseurs, a I divergentes Bur l'in-
carnation, échai mble-t-il, entre li b n pi
tants d'Apollinaire de Laodicée el des partisans de la doctrine antiochienne. Finalement les uns et les antres professèrent i que !<• Verbe du Seigneur n'est pas venu à la lin dis temps dans un homme saint, comme il est venu dans les prophètes, mais que le Verbe lui-même i fait chair... Ils professèrent aussi que le Sauveur n'avait pas un corps sans âme, ni sans sentiment, ni -an- esprit, ûù8'àvdï)TOV. Car il n'était pas possible que le Seigneur s'étant fait homme pour nous, son corps fût sans esprit; ce n'est pas, en effet, le salut du corps seulement, mais aussi celui de l'âme que le Verbe a opéré ». Tomus ad Antiochenos, 7, P. G., t. xxvï, "col. 804. L attitude prise par l'évêque d'Alexandrie dans cette circonstance n'est pas douteuse, puisqu'il (it souscrire à Paulin d'Antioche un formulaire où se retrouve la profession de foi qu'on vient de lire, lbid., col. 809; S. Épiphane, User., i.xxvi, 20-21, P. G., t. xi.ii, col. 672. C'est la même doctrine qui se retrouve, vers 370, dans la lettre à Épictète, n. 7; le Verbe s'est fait vraiment homme, xktfiela àvBptiitou yevouivov, parce qu'il devait procurer le salut de l'homme tout entier, âme et corps. /'. G., t. xxvï, col. 1061. Si donc saint Athanase emploie de préférence, pour désigner l'humanité du Christ, les termes oâpÇ et o&iut, ce n'est pas qu'il niel'àme humaine du Sauveur; mais il suit en cela l'usage biblique et traditionnel, et de plus, fidèle à sa propre conception sotériologique, il met en relief dans l'élément humain du Christ le côté- par où le Verbe s'est rendu visible aux hommes, par où il a souffert et est mort pour détruire la loi de la corruption et de la mort, c'est-à-dire le corps sensible et la chair passible. Voir G. Voisin, La doctrine christologique de saint Athanase, dans la Revue d'/iistoire ecclésiastique de Louvain, 15 juillet 1900; puis, L'apollinarisme, Louvain, 1901, p. 40-47.
Mais il faut reconnaître que, si le grand docteur alexandrin a soutenu en principe l'intégrité parfaite de la nature humaine du Christ, il n'a pas tiré toutes les conséquences de cette doctrine, par exemple en ce qui concerne la liberté, et môme la volonté. La distinction des deux volontés ne se trouve formulée que dans De incarnatione et contra arianos, 21, ouvrage dont l'authenticité n'est pas admise par tous, et dans un pascité' par le VI» concile œcuménique, comme appartenant à un traité de saint Athanase sur ces paroles : Nunc anima mea turbata est. P. G., t. xxvï. col. 1021. 1241. Le problème de l'impeccabilité du Christ n'est touché ex professoque dans les deux livres contre Apollinaire. Sur l'union même de l'élément divin et de l'élément humain il ms l'unique personne du Verbe incarne'1, la théologie du saint évoque reste incomplète, connue sa terminologie. Il affirme l'union, mais ne l'explique pas. ce qui se conçoit, puisqu'il s'agit d'un mystère; même il n'en détermine pas la nature d'une façon précise. Les grandes controverses christologiques des siècles suivants feront compléter l'œui re.
i" Trinité. - L'article ARlàNlSME Bufflt à montrer quelle fui. dans ses lignes générales, la doctrine trinitaire de saiul Athanase. Arius enseignait une trinité d'hypOStases, en donnant à ce terme le sens de substance^. f,v5:i'.. non seulement distinctes et séparée- les unes de- autres, mai- <ll il, renies en leur nature. Au sommet. l'i-'Evw.To;. seul incréé, seul éternel, -ou] vraiment Dieu.
A cette conception qui détruisait réellement la trinité
tienne, Athanase oppose la trinib' eonsub'tantielle. Rien de < •
tout entière, elle est un '-oui Dieu . La trinit» est indivisible. La divinité est nie-. L'n seul Dieu sui
• n tous. Telle est la foi de I Église ratholiqui le Seigneur l'a fondée et enracinée dans la trinité qu'il a dit ,i se. apôtres : <■ Allé/
nations, les baptisant au nom du Père et du Fils i Saint-Esprit i Si le Saint-Ksprit était une i i ne l'aurait pas rangé avec le Père, pour ne pas faire une trinité hétérogène, par le mélange d'un élément étran- Est-ce qu'il manque quelque chose à Dieu pour qu'il s'adjoigne une substance il se fasse adorer'.' Blasphème! * Ainsi parlait Atb contre les pneumatornaques, dans sa première 1< Sérapion, n. 17, et ^a troisième, n. 'i. P. G . t. xx\i. coL 570, 634-635. C'est ce qu'il avait enseigné auparavant contre les ariens : a II n'j a dans la trinité qu'une seule et éternelle divinité-. „ (Jmt. conlr. ariaii.. i, 1v. col. i.1-!. Et c est en ce sens que, dès le début de sa carrière d'écrivain, il employait la doxologie traditionnelle qui unit les trois personnes divines dans un même honneur, une même puissance et une même gloire. Orat. deincarn., 57, P. G., t. xxv, col. 197.
Les difficultés et les querelles suscitées, d'abord par le mot 4(jlooj(tio;, puis par la question de terminologie relative aux termes o-jffîa, z'.n::. vnôa?x?i; et ont été racontées à l'article Ariamsmk. On a vu comment, dans ses traités De decretis nicaenis, De synodis et sa lettre ad Afros, saint Athanase fut l'historien et le défenseur du ternie consacré par le concile de Ni Dans sa pensée, l'i|ioo-J<Tio; emportait certainement l'unité numérique de la substance divine. Voir .1. I thune-Baker, TlieMeanivg of Uomoousios in the « ' stantinopolitan > Greed, dans Texts and studiet, Cambridge, 1901, t. vu, n. 1, p. 26-28. Mais il attachait moins d importance au terme lui-même qu'au dogme dont il ('■tait l'expression. A part les ouvrages polémiqu il le défend contre les attaques des ariens et des semiariens, il si- sert peu de l'6|ioo-J<no{, à tel point que. dans Ks trois premiers discours contre les ariens, ce terme ne parait qu'une seule fois. Orat.. I. 9. P. G., t. xxvï, col. 29. Il se contente d'expressions équivalentes, comme ;j\i'j'.xz outrfac, 8|ioco; xat'ovcrfav, ouots; xa-ra - Dans la querelle des trois hypostases. l'attitude du saint docteur fut très conciliante; il suffit de rappeler la décision prise au concile d'Alexandrii Mais pour lui, il continue à identifier 'r'.vlx et Cttottkt:;. Epist. ad Afros, 6, P. G., t. xxvï. col. 1039. En réalité, la terminologie trinitaire d'Athanase s'arrête à la simple formule des symboles : un seul Dieu, l'ère. Fils et Saint- Esprit. Ce sont là les termes scripturaires qu'il oppose aux termes équivoques des ariens, philosophant sur 1 'iv=vvr,To; et le - ; .vtto; ; Xotre-Seiglleur. leur dit-il. i nous a ordonné d'être baptisés, non pas au nom de l'i-;£vvr,T<vv et du vevvtjtov, non pas au nom du créateur i t de la créature, mais au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, o De deerctis nicœn., 31, /'. G., t. i col. '.7'..
Si maintenant nous considérons les trois personnes divines dans leur rapport mutuel, c'est d'abord le i et le Fils qui nous apparaissent, vrai Père el vrai Fils: a Ils -ont deux, puisque le même n'est pas le Père Fils, comme le soutient Sabellius, mais 1 cl le Fils est Fils. » Orat. contr. arian.. IV, 2. /' t. xxvï. col. »7(i. Ft parce (pie le Père est essentiellement l'ère, il engendre le Fils de toute éternité et néci ssairement, mais sans division ni part tien
ineffable dont le docteur alexandrin n'essaie pasdi der les mystérieuses profondeurs. Viennent ensuit différents noms de la seconde personne, ou se manifeste toujours de plus en plus son inséparable uni la première. C est le propre Verbe du Père, îôio; toj
ATHANASE (SAINT
Geou Aôyoç; non pas le Logos-démiurge des philosophes et des ariens, mais le Logos-Dieu, qui est la Raison même du Père et sa propre Sagesse, dans laquelle il a fait toutes choses. Et c'est aussi sa propre, parfaite et immuable image, àuapâW.axto; eizciv.
Le Saint-Esprit est surtout présenté en rapport immédiat avec le Fils. Pour Athanase, comme le Fils rentre dans le Père, le Saint-Esprit rentre dans le Fils, lui étant uni par l'identité de nature, de substance et d'opération : « Le Saint-Esprit est en même relation d'ordre et de nature avec le Fils que le Fils avec le Père... Rien qui n'existe et ne soit opéré par le Fils dans l'Esprit... L'Esprit étant dans le Verbe, il est manifeste qu'il est en Dieu par le Verbe. » Ad Serapion., i, 21, 31 ; m, 6, /'. G., t. xxvi, col. 580, 601, 633. Aussi bien, la troisième personne dérive-t-elle de la seconde, comme celle-ci de la première. C'est l'esprit du Verbe, l'Siov roO A.dyou; qui procède du Père et que le Père donne parle Fils; qui reçoit du Fils tout ce qu'il a, et que le Fils donne et envoie. Le Fils est même appelé la source du Saint-Esprit, irapà tw Qtù> riarp'i ovta tôv Vlbv ty|v tuyiyyjv toC âyt'ou Ilv£j[xaToç, mais dans un ouvrage dont l'authenticité est contestée, De incarn. et contr. arian., 9, P. G., t. xxvi, col. 1000. Comment ne pas reconnaître, en cet ensemble de témoignages, l'équivalent du dogme catholique de la procession du Saint-Esprit ab utroqueï Voir Th. de Régnon, Eludes de théologie positive sur la sainte Trinité, 3 série, Paris, 1898, étude xxi, c. i.
Quand le saint docteur expose ces réalités transcendentales, sa pensée se meut dans un ordre de comparaisons et d'analogies qu'il emprunte soit à l'Écriture soit à des images courantes dans le milieu alexandrin. C'est la splendeur qui sort du soleil, sans que la substance de ce dernier se divise ou diminue; elle reste entière, et la splendeur est également entière. C'est le fleuve engendré d'une source : la source n'est point le fleuve, et le fleuve n'est point la source; mais l'une et l'autre sont une seule et même eau qui coule de la source dans le fleuve. Ainsi la divinité' passe du Père au Fils sans division ni partage. De même, s'il s'agit des trois personnes à la fois : ce n'est pas reconnaître trois soleils, que d'admettre un soleil, sa splendeur et une lumière qui procède du soleil dans sa splendeur. Comparaisons et analogies qui ont fait appeler la théologie alexandrine. et celle d'Athanase en particulier, une théologie « dynamique », parce qu'elle présente la divinité comme une vie d'où pullulent toutes les perfections divines.
La méthode théologique dont se sert notre docteur pour prouver la divinité' du Fils contre les ariens et celle du Saint-Esprit contre les macédoniens, est aussi simple que concluante. Il leur oppose les témoignages de l'Écriqui attribuent soil au Fils, soit au Saint-Esprit les caractères de la divinité, et conclut qu'ils sont consubstantiels à Dieu le Père. La seconde et la troisième lettre à Sérapion, résumé des preuves relatives à la divinité du Fils et du Saint-Esprit, sont un modèle du genre. Le est travail de défense, consistant surtout dans l'explication des textes scripturaires que les ariens et les macédoniens invoquaient ou objectaient. Une distinction mérite d'être signalée, car elle est pour Athanase la clef qui ouvre l'intelligence «les textes s'appliquanl au Verbe incarné; c'est la distinction fondamentale que fournit la dualité des natures dans le Christ. H se dit un avec le
Père, il crée, il vivifie, il sanctifie; entendez cela du 6eïxfd<;. Il se dit inférieur au l'ère, il ignore el
h souffre el meurl . entende/ cela de l'homme, àvûpa>7r(v<jx;. En outre, les théophanies de l'Ancien Testament demeurent dans la théologie allianasienne, mais
en un sens qui tient le milieu entre la rmi
iens apologi tes qui le rappoi taienl immédiatement au Verbe el celle de Bain! Augustin qui i rapporte toutes aux anges. Il faut distinguer, dans
les apparitions sensibles, celui qu'on voit et celui qui parle ; on voit un ange sous une forme empruntée, mais en lui c'est le Verbe qui parle. Orat. contr. arian., m, 12-14, P. G., t. xxvi, col. 346-251.. I. Tixeront, Histoire des dogmes, Paris, 1909, t. n, p. 67-75.
5e Grâce. Église. Sacrements. — Le Verbe incarné continue son œuvre ici-bas de deux façons : au dedans, parla grâce; au dehors, par l'Église et les sacrements. Dans ses écrits dogmatiques, Athanase ne s'occupe pas directement de la grâce actuelle, mais il en suppose plus d'une fois la nécessité, surtout quand il met dans tout son jour le profond abaissement où le genre humain était réduit avant la venue du rédempteur. Il est plus explicite dans les écrits moraux; ainsi les lettres pascales montrent dans la grâce un principe de force et d'illumination qui reste toujours en notre pouvoir. Epist., m, 3; v, 1, P. G., t. xxvi, col. 1373, 1380. Dans la vie de saint Antoine, parlant des victoires de ce héros chrétien, le biographe ajoute : « Le Seigneur était son aide, <rjvY)pvEi yàp 6 K-jpio;; ocÙtôj; le Seigneur qui pour nous s'est fait chair, et nous fait triompher de Satan en notre corps, en sorte que quiconque lutte bien peut dire : « Ce n'est pas moi, mais la grâce de Dieu avec moi. » Vita Anton., 5, P. G., t. xxvi, col. 849. Certaines imputations de semipélagianismesontrepousséespar Mohler, Athanase le Grand, trad. franc., t. ni, p. 257 sq.
La grâce sanctifiante rentre dans la doctrine sotériologique du saint docteur sous l'idée multiple de nouvelle création, déification, filiation, adoption, sainteté, etc. Elle nous est communiquée par le Fils dans le Saint-Esprit : « Dans le Saint-Esprit, le Verbe glorifie la créature; déifiant les hommes et les faisant fils, il les conduit au Père... C'est en participant du Saint-Esprit que nous avons la charité du Père, et la grâce du Fils, et la communication du Saint-Fsprit lui-même. » Epist., i,ad Serap., 25, 30, P. G., t. xxvi, col. 589, 600. Grâce et communication de l'Esprit se perdent par le pèche, et se recouvrent par la pénitence. Orat. contr. arian., m, 25, ibid., col. 376.
Si de la grâce, principe intérieur de vie surnaturelle, nous passons à l'Église, c'est comme une théologie en action qu'il faut voir en saint Athanase. Sa vie entière, sa vie d'évêque surtout, ne fut qu'un grand acte do dévouement à la sainte Église de Jésus-Christ, une, catholique, apostolique et romaine. Sa conduite témoigne de son respect et de sa subordination à l'égard de l'évêque de Rome et de son siège qu'il appelle à7to<TTo),iy.b; Opôvoç. Ilislor. arian., 35, P. G., t. xxv, col. 733. Ses grandes indignations furent conlre ces prélats ariens qui, par leur ambition personnelle, leur servilité à l'égard des princes et la multiplicité de leurs symboles, sacrifiaient l'indépendance de l'Eglise et brisaient l'unité de régime et l'unité de foi. Les vrais chrétiens ne déchirent pas la tunique du Christ ; ils mangent la Pâque du Seigneur (luis une seule maison, l'Église catholique. Ils ne forment qu'une bergerie, sous un seul chef qui est le Christ. Epist. heort., v, i, P. <:.. t. xxvi, col. 1382; Tnmus ad Antioch., 8, ibid., col. 806. Leur foi est la foi catholique, que les apôtres ont transmise par les Pères, Èy, tœv entoirrtfXcov Six tûv Hcctlpwv, Epist., u. ad Serap., 8, P. G., t. XXVI, col. 620. Aussi l'un des premiers ar^uiM ois du saint docteur contre les hérétiques consiste à leur opposer la catholicité et l'apostolicité de la doctrine qu'ils rejettent. En l'are de leurs « inventions ». il dit d'abord : « Pour leur répondre il suffit de ces quelques mots : Ce n'est point là la foi de l'Église catholique, ce n'est point là la foi des Pères. » Epist. ait Epictet., 3, /'. G., t. xxvi. col. 1056. Par conséquent, ayant renoncé à la foi apostolique, les hérétiques et lis schismatiques n'appartiennent plus à l'Église catholique; on ne doit pa ii ippi !■ r chrétiens, mais ariens ou de tout autre nom de leur secte. Orat. «</ arian., i, 1-2; ni. 28, /'. G., t. xxvi, col. 14-15, 381. On doit éviter leur commu-
ATI1ANASE (SAINT)
u i. .11 . Epist. ad monachos, ibid., col. 1IHK. Attitude où
I on ■ d.ii ié la haine théologique et la dominatioE i
matique qui adjoint aux données des textes sari* produit de conci ptione m< taphysiqui : en réalité, il d \ a là qrn la conviction profonde que l'Église catholique ci see défenseurs ont de l'origine divine des vérifc jeu.
Les sacrements ont été donnés par Notre-Seigneur à son Église comme des signes sensibles de la grâce et des principes extérieurs de sanctification. Saint Athana parle pas de tous ceux <|iR' le dogme catholique reconnalt; argument négatif dont certains protestants, comme 11. Voigt, n'ont pas manqué d'abuser contre l'Église romaine. Il mentionne surtout le baptême, principe de rénovation el de régénération spirituelle, Orat. contr. arian., III, 33; E/iist., iv. ad Serap., 13, P. G., t. xxvi, col. 396, •)■")."). A-t-il tenu que la validité <le ce sacrement dépendait de la foi du ministre? Beaucoup le concluent d'un passage où, parlant du baptême donné par les ariens, même selon la formule traditionnelle, il se refuse à y voir un vrai baptême : « Car ce n'est pas celui qui dit : Seigneur, qui donne, mais celui qui, avec le nom, lient la vraie foi. » Orat. contr. arian., il, 42-43, P. G., t. xxvi, col. 236-237. Néanmoins, on est en droit de se demander s'il s'agit de la validité, ou seulement de l'efficacité du sacrement; on ne voit pas qu'en pratique, soit en général, soit au concile des confesseurs en particulier, il ait été question d'imposer un nouveau baptême aux ariens qui revenaient à l'Église. Voir Montfaucon, Prolegom., P. G., t. xxv, p. xxxi.
L'eucharistie apparaît plusieurs fois dans les œuvres incontestées d'Athanase. 11 parle des sanctuaires chrétiens qui ont pour ornement le sang du Christ et la célébration de ses mystères. Apol. contr. arian., 5, P. G., t. xxv, col. 256. Dans ses lettres pascales, c'est une perpétuelle antithèse entre la Pàque des juifs et la Pâque des chrétiens, comme entre l'ombre et le corps, la figure et la réalité, la prophétie et l'accomplissement : « Xotre-Seigneur est le pain céleste, et devient l'aliment des chrétiens, suivant ces paroles : « Si vous ne man- « gez ma chair et ne buvez mon sang »... Notre-Seigneur promit à ses apôtres de leur faire manger désormais non plus la chair d'un agneau, mais sa propre chair, en disant : « Prenez, mangez et buvez; ceci est « mon corps et mon sang. » Epist., i, ">; iv, 4, P. G., t. xxvi, col. 1364, 1379. Comment ne pas voir le sacrifice eucharistique dans cette phrase : e Maintenant nous n'immolons pas un agneau matériel, mais ce véritable agneau qui a été immolé, Notre-Seigneur Jésus-Christ v i Et comment ne pas voir la préparation à la communion pascale dans cette exhortation : « Mais pour être dignes de nous approcher de l'agneau divin, et de toucher au mets céleste, puritions nos mains et notre corps, avons la conscience pure de tout mal? » Epist., iv, 9; v, 5, ibid., col. Kiti."), 1383. Voir encore Orat. contr. arian., îv, 116; De incarn. Verbi Dei et contra arian., 16; et le passage cité par Théodpret, P. G., t. xxvi, col. 524, 1012, 1240. Si, dans la quatrième lettre à Sérapion, n. 9. saint Athanase parle de nourriture céleste el d'aliment spirituel, tout le contexte montre qu'il ne nie pas la réalité de la chair eucharistique, mais qu'il a seulement en vue l'état particulier ou elle se trouve et les filets qu'elle est destinée a produire en ceux qui la reçoivent. Môhler, Athanase le Grand, trad. franc,-., Paris, 1840, t. m, p. 263 sq,
Au sujet de la pénitence, deux textes sont attribués au saint docteur, tirés l'un d'une Chaîne sur Jérémie, l'autre d'une homélie sur ces paroles : Profecti in pa
gum, /'. '.'.. t. uvi, col. 1316; t. xwni. col. 184. Dans I.' premier, l'effet de l'absolution sacerdotale est comparé à celui du baptême; dans le second, le pouvoir de remettre les péchés est attribué aux disciples de lésus. Mais l'authenticité de ces textes est en question. Enfin,
• ^ont.' d'il .s, 1 1-12, i'. .;., t. i I ordination se pratiquait par impo
qu'on tenait pour nulle I ordination sacerdotale laite par
un simple i"
il Sainte l.< ni un'.— Comme archevêque d'Alexan A thaï! pour I an-
née '.Vn, un catalogue de- Livres saints île l'Anciei du Nouveau Testament. /'. G., t. xxvi, col pour le Nouveau Testament, ce catalogue pour I Ancien que les livres contenus dai iuif.
avec celle particularité- toutefois que le livre de Barurh s'y trouve et que celui il I I omis. « Ce sont la
les sources du salut. > Viennent ensuite les lin noniques, où xavovc^oiteva, mais lus officiellement ao téchumènes : la Sagesse, l'Ecclésiastique, Esther, Judith, Tobie, la Doctrine des Apôtres et le livre du Pasteur. En dernier lieu, les apocryphes. i inventions deshérétiqui Ajoutons que dans ses .culs le s;i int docteur a fait u même dogmatiquement, de tous les deutérocanoni de l'Ancien Testament. Cornely, Historicaet i troductio in U. 7". librot toi
t. i. p. 99-101 : T. Zahn, Al hanasius und der Dibelkanon , Erlangen et Leipzip. 1901. Cf. Revue d'histoire ecclésiastique de Louvain. 15 janvier 1902. p. 147-1
Toujours, dans ses discussions avec les hérétiques, Athanase met en première ligne l'Écriture. Mais , loin d'admettre le principe du libre examen ou de l'ex> rationaliste : « Les hérétiques, dit-il d jnde
lettre pascale, n.6, lisent bien les Ecritures, mais i. tiennent pas compte de l'interprétation des saintentendant selon des traditions humaines, ils en ign le vrai sens et tombent dans l'erreur. » P. G., t. xwi, col. 1370. A ceux qui veulent pénétrer dans l'esprit de l'Écriture, il faut encore, comme disposition priai la pureté de cœur et l'intégrité des mœurs.
L'exégèse du docteur alexandrin se ressent de son milieu par l'usage de l'interprétation allégorique, surtout dans son œuvre de jeunesse et ses écrits moraux, i ses lettres pascales il excelle, comme l'a remarqué Msr Freppel, Commodien, p. 159, « à saisir les poil, contact et à tracer les lignes de séparation qui exil entre l'ancienne et la nouvelle alliance. Son esprit subtil et pénétrant devine sans peine le sens spirituel d. servances mosaïques, i Mais, dans ses b tnati-
ques. saint Athanase tranche fortement sur l'i d'Alexandrie par le souci du sens littéral. 11 rappelle souvent à l'ordre les ariens, en les avertissant que, pour bien entendre un auteur sacre, il faut considérer à quelle occasion et de qui il a parlé, et quelle raison il a eue d'écrire. Sa propre i sans être partout irn
chahle, est habituellement solide, suggestive et dune grande valeur théologique. Il ridemmenl
breu et s'en tient, pour l'Ancien Testament, a peu exclusivement au texle de la version des Septante. Sur l'explication et l'emploi de l'Ancien Testament Athanase, voir Atzberger, Die Logoslehre, appen. p. 233-246.
//;. GRANDEUR d'atbanase. — P te la
Tradition et d<'s saint* Pères, Bossuel a dit que» l< ractère de saint Athanase. c'est d'être grand ; Le mol est vrai de l'homme, de l'écrivain, du docl du saint.
Athanase fut grand comme homme, par la tremp son caractère el sa vigueur intellectuelle, par i ment total et désintéressé a une noble causw qualités qui l'ont les hommes d influence et d action, i II fui du nombre de ces esprits vigoureux, tels ,: clamenl les époques décisives. Constamment, ; rie si remplie de vicissitudes, il se molli: ^du-
rer les dernières souffrances pour sa con : il y
demeura inébranlable; lls'efforça de la défendi
toutes les attaques, d'entraîner sur ses pas |i