‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 206 sur 338 · II. TEXTE. — Voici maintenant le texte du Quirunque · texte numérisé non relu

II. TEXTE. — Voici maintenant le texte du Quirunque

tel qu'il se dégage des manuscrits des vni' el iv si. 'des

et des plus ancien-, coi ntaires. .le l'emprunte •

M. liurn, op. cit., p. 4-13, en conservant sa numérota

ATHANASE (SYMBOLE DE SAINT

tion des articles. Elle nous servira pour les discussion! qui \ont suivre.

1, Quiconque vult mIvoi • cathoUcam fldem, 2. quan al lategràin Inviolatamque

.■•ut sbsque dnbla la teternuin periblt. 3. ndss antemca- Ihotlce hffic est ni tiiiimi deum m trinitate et trioitatem in unli.iir M'iH ri'Miui' : 'i neque confundentes persones, neque substantiam séparantes. -r> Alla est enfin persans patrie alla lilii alia splritua sancti, B. sed patrie et lilii et spiritus ssncti ans est » 1 ■ vlnitas, BBqualis glorla, coaeterna majeetas. ". Qualis peter talis filius tali» cl spiritns sanctns. 8. Increatus pater Increatns Qlius increatus el spiritus sanctus. 9. Immensus pater Immensus lilius Immensus et spiritus sanctus. 10. .ASternus pater, seternus filius œternus et spiritus sanctus : 11. et tamen non très a:terni sed unus œterous. 12. Sicut non très increati ncc très Immensl sed unus increatus et unus immensus. 13. Similitcr omnipotens pater omnipotens lilius omnipotens et spiritus sanctus, 14. et tami a non très omnipotentes sed unus omnipotens. 15. Ita deus pater deus lilius deus et spiritus sanctus, 16. et tamen non très cl unus est deus. 17. Ita dominus pater dominas lilius dominus et spiritus sanctus, 18. et tamen non très domini sed unus est dominus. 19. Quia sicut singillatim unamquamque personam et deum et dominum confiteri cliristiana veritate compcllimur, ita très deos aut dominos dicerc catholica religione proliibemur. 20. Pater a nullo est factus nec creatus, nec genitus. 21. Filius a pâtre solo est, non lactus nec creatus sed genitus. 22. Spiritus 6anctus a pâtre et filio, non factus nec creatus nec genitus est sed procedens. 23. Unus ergo pater non très patres, unus lilius non très filii, unus spiritus sanctus non très spiritus sancti. 24. Et in liac trinitate nihil prius aut posterius, nihil maius aut minus, sed totae très personae coseternoe sibi sunt et coœquales : 25. ita ut per omnia sicut iam supradictum est et trinitas in unitate et unitas in trinitate veneranda sit. 2G. Qui vult ergo salveita de trinitate sentiat. 27. Sed necessarium est ad aeternam salutem ut incarnationem quoque domini nostri lesu Christi fideliter credat. 28. Est ergo fides recta ut credamuset confiteamur quia dominus noster lesus Christus dei filius deus pariter et homo est. 29. Deus est ex substantia patris ante saecula genitus, et homo est ex substantia matris in sœculo natus. 30. Perfectus deus, perfectus homo ex anima rationali et huinana carne subsistens. 31. JEquaUs patri secundum divinitatem, ininor patri secundum humanitatem. 32. Qui licet deus sit et homo non duo tamen sed unus est Christus. 33. Unus autem non conversione divinitatis in carne sed assumptione humanitatis in deo. 34. Unus omnino non confusione substantia? sed unitate persona?. 35. Nam sicut anima rationalis et caro unus est homo, ita deus et homo unus est (.'.liristus : 36. qui passus est pro salute nostra, descendit ad interna, resurrexit a mortuis, ascendit ad caelos, sedet ad dexteram patris : 37. inde venturus judicare vivos et mortuos, 38. ad cujus adventum omnes homines resurgere habent cum curporibus suis et reddituri sunt de factis propriis rationem. 39. Et qui bona egerunt ibunt in vitam ictornam, qui vero mala in i^nem eeternum. 40. H;cc est fides catholica quam nisi quisque fideliter lirmiterque crediderit salvus esse non poterit.

III. Unité. — La première question qui se pose pour ce texte, et qu'il faut traiter avant celle de son origine, est la question de son unité. Il suffit, en effet, d'un regard superficiel pour voir que le Quiconque se divise en deux pallies bien distinctes : l'une (1-26), qui expose la doctrine trinitaire, l'autre (27-40), qui expose la doctrine christologique. Ces deux parties sont-elles de la même plume, et la composition entière est-elle d'un seul jet? Plusieurs critiques l'ont nié et le nient encore. Citons parmi les Anglais MM. Swainson el Lumby, et entre les Allemands, M. Harnack. D'après eux. il y aurait eu primitivement deux écrits distincts et indépendants, l'un trinitaire, l'autre christologique. Le premier daterait. dans sa rédaction fondamentale, du v« siècle; l'origine du second est complètement obscure. Après avoir cheminé isolément, ils auraient été, dans les premi. res

années du î.v siècle. Boudés ensemble de Façon à présenter une composition continue. Le texte en resta flottant et indécis pendant quelque temps; puis il atteignit vers l'an 8Ô0 sa forme actuelle et définitive. C'esl la date donnée par M. Lumby, Ristory of thé creedt, S» ('dit., 1887, p. 259 sq. M. Harnack, qui s'était d'abord, comme lui. arrêté au i.v siècle, Dogmengeschichte, t.n, p. 21)9, a depuis modifié son opinion. 1 1 il accorde dans

son troisième volume, p. 2T0. que l'union desdeui parle- .i i»n s,. Cure dès b- '.

Sur quoi s'appuie I ments sont de diverse natun I D'abord citations du Quicunqué qui supposent, par leur teneur, que l'écrivain, en les faisant, n'avait i eux qu'une

des deus moitiés du texte complet : a) I..- manuscrit de Vienne 1901 du xir mons et d'écrits attribués à saint Augustin. Dans un de

Ces Sermons 1 orateur cite du '.' puis

plus loin les articles I I ir quoi il se met a

parler des épreuves de la vie. fait une description du jugement, et conclut sans un mot sur la deuxième partie du symbole, b) La profession de foi que Iieneberl, évéque élu de Worcester, présenta a Kthelhard. archevèque de Cantorbéry, vers l'année 798. Il y récite les articles 1, 3-6, 20-22, 2i, 25 du Quicunqué, puis promet d'observer les décrets des papes el de garder la foi et la discipline des six conciles généraux. lies articles du symbole sur l'incarnation, rien, i Le fragment de Trêves (Bibliothèque nationale, 3836, vin- Biècle ; l piste qui l'a écrit nous dit qu il l'a Irouvé dans un nuscrit plus ancien à Trêves : Hœc infini Trevirit in uno libro scriptum sic incipiente h ttri Ilicsu

Chritti, et reliqua. Suit le texte, qui comprend la dernière partie de l'article 27. Domini nostri Ihesu Chritti fideliter credat, jusqu'à la lin : le veromis. d) Ajoutons que le plus ancien commentaire nous ayons du Quicunqué, celui qui porte le non Fortunat ou d'Euphronius (v« siècle?), omet l'exp tion des articles 2, 12, 11. 20-23, 24 en pai commentaire de Troyes (c. 780-820) omet également celle des articles 2, 12, 20-22, 26. 27. Ces deux comment connaissaient-ils donc les versets qu'ils n'expliquent pas? — 2° Le second ordre d'arguments est tiré du silence des auteurs. Si le Quicunqué a existé complet au vm'siècle, comment des hommes comme Paulin d'Aquilée, Alcuin, Raban Maur l'ont-ils ignoré'' Comment un pareil document, se réclamant du nom d'Athanaae, n'a> t-il pas joui de plus d'autorité, n'a-t-il pas été plus souvent cité et exploité? Comment surtout ne s'en est-on pas servi comme d'une arme victorieuse contre l'adoptianisme? — 3" Lnlin II. Harnack a fait valoir, dans le même sens, des considérations tirées de la structure même du texte. Ce texte manque d'unité organiqui doctrine sur l'incarnation n'est nullement annoncée d'abord : la /ides catholica c'est la Trinité seulement : fides autem catholica hœc est ut unum deum in trinitate, etc. Avec l'article 26 : qui vult ergo salvus • lequel est un retour à l'article I, s'achève évidemment tout le dessein de l'auteur primitif. 1 27 et 28 qui rattachent les deux parties sont un lien factice. On remarque d'ailleurs entre ces deux partit s des expressions diflérentes pour signifier la même i compare/, par exemple. 1 et 2 avec 27. 28 et 40.

Tels sont les arguments des critiques qui voient dans le Quicunqué une œuvre composite. Ces arguments sont-ils décisifs? Je ne le pense pas. | Notons d'abord que l'existence de quatre manuscrits, au moins, du vin' siècle comprenant le texte entier (Paris. Bibl. nat.. 13156 [795-800 : Paris. Bibl. nat. 1451 [c. 796); Milan. Bibl. ambr.. O. 212 [vin* siècle] ; et l'original du Psautier d'Utrecht, Claudius, C. vu [la copie est du commi ment du ix- siècle]) ruine par la base l'opinion qui îijette au IX' siècle la soudure des deux parties, el infirma l'argument tiré des citations incomplètes. Mais, d'ailleui -. il est certain : tu qu'on ne saurait baser aucune conclusion sur le manuscrit de Vienne 1261, le sermon dont il s'agit n'étant pas identifié el ses citations étant for! libres, /. que le fragment de Trêves est mutile au commencement, et qu'on ignore ce qu il contenait avant C0 qu'il en reste; c) que la profession de foi de Den est écourtée même pour la partie du symbole qu'elle

ATHANASE (SYMBOLE DE SAINT

cite, et que l'on peut supposer à l'évêque de Worcester de bonnes raisons pour n'avoir pas cité la seconde ; d) enfin, que le texte contenu dans les commentaires de Fortunat et de Troyes, s'il peut, en raison de ses lacunes, servir à prouver l'existence d'un développement ultérieur du texte primitif, fournit aussi une preuve péremptoire que, dans la première rédaction, les deux parties, trinitaire et christologique, étaient représentées. — 2° Le second ordre d'arguments n'est pas plus convaincant; car s'il est vrai que Raban Maur et Éginhard semblent ignorer le Quicunque, leurs contemporains le connaissent, et Alcuin et Paulin d'Aquilée, s'ils ne le citent pas ad verbum, s'en rapprochent du moins singulièrement et pourraient bien s'en être inspirés. Pour l'autorité dont devait jouir le Quicunque, même sous le nom d'Athanase, il est difficile de la définir au juste. Son usage, dans la liturgie, était tout local, et on l'a considéré sans doute d'abord plutôt comme un chant d'église que comme un symbole authentique, marchant •de pair avec celui de Nicée par exemple. Ajoutons que si ses principes (articles 32-35) condamnaient d'avance l'adoptianisme espagnol, comme le faisaient d'ailleurs ceux de saint Augustin et de saint Ambroise, il ne fournissait pas contre cette hérésie de trait direct. — 3° •Quant aux observations de M. Harnack, il est exact que le Quicunque n'a pas été rédigé, comme le symbole des apôtres ou celui de Nicée, dans une unité littéraire et organique qui en maintienne intimement liés les divers énoncés : Credoin Deum... et in lesiim Christum...etin Sfriritum Sanctum; mais c'était là une conséquence nécessaire du développement donné aux doctrines trinitaire •et christologique, et surtout de la forme sentencieuse adoptée pour les formuler : on n'en saurait rien conclure contre l'unité de composition. Nous avons d'ailleurs de ce même procédé un exemple analogue et frappant : c'est celui de la Fidcs Romanorum attribuée à saint Damase, et qui est plutôt de saint Phœbade ■d'Agen' (f c. 392). Les deux parties qui regardent la trinité et l'incarnation sont si peu jointes ensemble dans la rédaction, que plusieurs manuscrits ont mis un Explicit à la fin de la première, pour commencer ensuite la seconde avec le titre Incipit ejusdem sermo. V. Burn, op. cit., p. 61, 62. A-t-on le droit cependant de dire que l'écrit n'est pas d'un seul jet? Nullement. Et pas davantage pour le Quicunque. Dans celui-ci la fidcs catholica de l'article 3 s'applique aussi bien à la deuxième qu'à la première partie du symbole. Divisons cet article, et mettons, par la pensée, un primo après hsec est; qu'estce qui peut nous en empêcher?

On n'a donc pas apporté, croyons-nous, contre l'unité de composition du Quicunque, de preuve qui l'ébranlé sérieusement. Est-ce à dire que, depuis son origine, le teste n'en a subi aucun développement? Je n'oserais l'affirmer, alors que le symbole des apôtres lui-même a connu ce genre d'altération. Le commentaire de Fortunat, qui représente peut-être la plus ancienne forme du Quicunque, offre, comme on l'a vu, des lacunes importantes. Ouelques-unes s'expliquent sans peine; d'autres omissions, celle surtout des articles 20-22, se comprennent moins bien, et il est prudent, semble-t-il, de ne pas donner ici une solution trop radicale. Des énumérations comme celles des versets 8, 9, 10, 15, 17 pouvaient aisément être multipliées même par de simples copistes. Bans que le fond doctrinal fut d'ailleurs modifie''.

IV. Origine. — L'origine du Quicunque sérail immédiatement Bxée dans le temps et l'espace, si nous pouvions nommer son auteur. Ne le pouvant pas, au moins directement, force nous est d'en rechercher séparément h date approximative el la patrie, rétrécissant ainsi le champ îles hypothèses, et déterminant, sinon un écrivain, du moins un groupe d'écrivains à qui l'on doive vraisemblablement attribuer.

Mais d'abord il faut écarter sur cet auteur les opinions

certainement fausses. De ce nombre est, sans conteste, l'opinion, régnante jusqu'à Vossius (1642), qui a vu dans le Quicunque l'œuvre de saint Athanase. Cette conclusion étant de celles qui ne se discutent plus, je ne m'y arrête pas davantage. On peut seulement se demander pourquoi notre symbole porte le nom du grand évêque d'Alexandrie, et la réponse est aisée, si l'on remarque que ce nom est intimement lié non seulement au triomphe de la doctrine du consubstantiel, mais aussi aux premières luttes christologiques de l'apollinarisme. La doctrine de l'incarnation, en réalité, ne doit guère moins à saint Athanase que celle de la trinité. — Bien plus, loin d'être l'œuvre de saint Athanase, le Quicunque n'appartient même pas à l'Église grecque. Les Grecs ne l'ont connu que fort tard, et les textes qu'ils en possèdent, peu concordants entre eux, présentent tous les caractères de traductions. Voir P. G., t. xxvm, col. 1579, 1581, 1585, 1587, où l'on trouvera quatre de ces traductions éditées par Montfaucon. Cf. Caspari, Quellen zur Geschichle des Taitfsymbols, t. ni, p. 263-267. Que l'on remarque maintenant l'affirmation catégorique, bien que discrète, de la procession du Saint-Esprit a pâtre et filio (a. 22), l'égalité rigoureuse maintenue, non seulement dans les termes, mais dans tout le ton du symbole, entre les trois personnes divines, l'absence de l'itiDOvaioç et, comme nous le verrons tout à l'heure, le cachet augustinien de toute cette théologie ; ce sont là des indices infaillibles qui ne sauraient nous tromper, et qui, indépendamment de ce qui nous reste à dire, devraient nous empêcher de voir dans le Quicunque un produit de l'Église orientale.

C'est donc chez les latins qu'il en faut chercher la patrie et l'auteur. Voyons d'abord à quelle date.

/. date. — Nous ne trouvons, avant le Ve siècle, aucune trace du Quicunque: En revanche, nous voyons, clans notre symbole, l'apollinarisme clairement visé' et condamné au verset 30 ; et dans les versets 8-18 ce symbole emprunte si visiblement les procédés de style et les expressions mêmes de saint Augustin (voir plus loin), qu'il faut nécessairement supposer qu'il lui est postérieur ou contemporain. N'oublions pas, d'ailleurs, que c'est le grand évêque d'Hippone qui, le premier, a formulé nettement la procession du Saint-Esprit a pâtre et filio, et en a, par son autorité, rendu dans l'Église latine la doctrine universelle. Tout ceci nous reporte, pour la composition du Quicunque, aux années 420-430 au plus tôt. — Maintenant les articles 32-35 ne nous obligent-ils point, à descendre plus bas. après le premier éclat des hérésies nestorienne et eutychéenne qui semblent y être en cause? M. Burn, loc. cit., p. lxxiv, suivant ici Waterland, p. 144, ne le pense pas.' 11 croit qu'une préoccupation antiapollinariste suffit à expliquer ces versets, surtout le verset 34. Il ne voit, dans tout ce passage, rien qui aille expressément contre ces hérésies; et j'avoue que si l'on veut s'en tenir uniquement à la doctrine et aux expressions qui la traduisent, on trouve, en effet, celles-ci tout entières déjà dans saint Augustin, sans aucune vue ultérieure sur Nestorius ou Eutychès. Voyez., par exemple, Enchiridion, xxxv, /'. L., t. XL, col. 250; in Joa. , tr. XXVII, 4, t. xxxv. col. 11117; Serni., ci.xxxvi, 1, t. xxxvin, col. 999; Epiai., cxt.. c. iv, n. 12, t. xxxm, col. 542, 543. L'évêque d'Hippone a employé, lui aussi, pour éclairer l'union du Verbe et de l'humanité en J.-C, l'exemple de l'union du corps et de l'âme en nous. Epiât., oxxxvn. c. ni. n. II. t. xxxni, col. 520; In .loa., tr. XIX. 15. t. xxxv. col. 1553. Cela est vrai; mais, si les seuls écrits de saint Augustin peuvent expliquer le fond et la forme du développement christologique du Quicunque, ils ne suffisent pas à expliquer l'existence de ce développement lui-même, et pourquoi l'auteur l'a introduit ici. Four que cet auteur ait jugé indispensable d'insister sur ce point, et de nous due solennellement, comme il l'a fait pour la trinité:

ATHANASE [SYMBOLE DE SAINT

Sed necessarium est admlernam n luletn <■> incarnationeni quoque Domini nottri '■ li fldeliter

ai, il faut qu'il j ait eu quelque raison particulière ci pressante. On allègue comme raison, je le sais, d'un l'apollinarisme qui n'était au fond «pic le monophysisme, el de l'autre, certaines doctrines de Léporius

ci de Jul i i clane qui touchaienl de bien près au

rianisme, si elles n'étaient le nestorianisme luiméme. Mais n'est-ce pas accorder à i . aux

di rnières surtout, 1 1 • * j » d'importance que de les supj

dans le développement dogmatique dont nous nous occupons? .Mieux vaut, ce me semble, descendre au moins jusqu'à la période nestorienne de 00-440, pour fixer le tri-minus a quo de la rédaction du Quicunque.

M. Harnack, Dogmengeschichle, i. m, p. "270, voudrait non-, faire descendre plus bas encore, et nous entraîner jusqu ,iu commencement du vr siècle, du moins pour la partie christologique de noire symbole. Il s'appuie sur la présence au verset 36 des mots qui passus bst, descendit ad iNfBROS, sedet ad dexteram dei pains OMtfiPOTBNTis, qui représentent la recension gallicane el plus récente du symbole des apôtres, et des mol nostra salute, écrits sous l'influence du symbole de Constantinople. Mais ces observations ou bien n'ont pas d'objet, ou bien n'ont pas la portée qu'il leur donne. La clause passas est n'est pus, il est vrai, dans le \ieii\ symbole romain, ni dans celui d'Aquilée vers :i'.H», mais elle se trouve dans le symbole de l'Église île Milan, llabn, Bibliothek der Symbole, S 20, 21, et dans un symbole africain de saint Augustin, Serai., ccxu, I. P. L., t. xxxvni, cul. 1059; cf. Serm., ccxrv, 7, ibid., col. loti'.), dont le Quicunque, nous lavons dit, est largement tributaire. L'ancienne et vraie leçon du Quicunque n'esl pis descendit ad inferos, mais bien ad inferna; ce n'esl pas sedet ad dexteram dei patris omnipotent!*, mais bien ad dexteram patris; et quant au passas est pro nostra salute (pro salute nostra), il suflil de remarquer que ces mots se trouvent non pas seulemenl dans le symbole de Constantinople, mais aussi dans celui de Nicée, connu certainement en Occident au v siècle.

On peut donc retenir la date de -4.10 comme la plus baute qu'il soit possible d'assigner au Quicunque. La plus basse sera naturellement fixée par les premières mentions ou citations que nous en trouverons dans les auteurs. Or la plus ancienne est peut-être ce commentaire de Portunat dont il a été plusieurs fois question. Malheureusement, il est impossible de dire au juste a quelle époque appartient ce document. Le nom de Fortunat n'est donné que par un seul manuscrit, celui de Milan, Ambros. M. ÎS. 7<S, xi' siècle, et le biographe de l'évêque de Poitiers n'a conserve'' aucun souvenir d'un commentaire du Quicunque écrit par lui. Un autre manuscrit de Saint-Gall, aujourd'hui perdu, mais édité par Godalst, Manuale biblicum, Francfort, 1610, attribuait ce commentaire à Euphronius : Euphronii presbyleri exposilio ftdei catholica beati Athanasii. Dom (>. Morin, loc. Cit., p. 070. a vu dans cet Kuphronius un ami de Fortunat, Kuphronius, évoque de Tours, élu en 555, mort vers 572; M. Hurn, plutôt Euphronius, évéque d'Autun (450-490). Cette dernière opinion supposerait que le Quicunque a été composé vers le milieu du V siècle. Mais rien n est certain. — Que si l'on fait abstraction du commentaire de Fortunat, on trouve noire symbole ialé dans [g célèbre canon du concile d'Autun tenu vers 07<i, sous l'évêque saint Léger : Si qui» presbyter, aut diaconus, subdiaconus, clericus, symbolum quod, sancto inspirante spiritu, apostoli tradiderunt, et (idem sancti Athanasii prsesulis irreprehensibiliter non recensuerit, ab episcopo condamne tur, Burn, (oc. cit., p. i.xxviii. Cf. Mansi, Concil., t. U, col. 125. En 633, i - quatrième concile de Tolède en incorpore dans sa déclaration doctrinale des fragments dont on ne Bau-

noéconnaitre l'origin oncil., t. x.eoi. oir,,

616; i t le préaident du concile, samt Isidore d<- .--.Mlle ■ n lui mention dans deux le) I i duc

Claudius, P. /... t. i uxiu, col. 90 1 évéque Eugène, ibi ■ dont on a < ont

sans raison suffisante, l'authenticité. Enfin, n vons noire symbole cité dans le sermon ccxxrr, b nu ut attribué à saint Augustin, el qui est, vraii blablement, de saii / .

t. xxxix. col. 2194. ci. dom Morin . loc. ■ ' . p ,1 Revue bénédictine, octobre I'joi ,-j. Lurn,

loc. àt., p. I. xxxiii. C'est la plu- annenn.- citation

verbale certaine iju.- non- connaissions. Elle permi placer la composition du Quicunque entre \ 130-530 environ. Que si maintenant l'on comparaison de l'union «lu corps et de l'Ane de I article 35 est tombée en délâveur après I utychès, et a provoqué- une certaine défiance, on jugera sans don propos de reporter un peu plus haut le dernier terme de cet intervalle, vers l'an 500 environ. Le Quiconque

it un écrit du I

//. i.u:r d' ORIGINE. — Quelle patrie lui assigner?

Ici tous les indices concourent à nous marquer la Gaule, et dans la Gaule, cette partie qui itour

d'Arles, comme le lieu d'origine probable du Quieum

Si I On excepte, en ellet. le quatrième concile de Tolède

et saint Isidore de Séville, il est remarquable que en Gaule ou dan- les diocèses qui la joignent que notre symbole est presque exclusivement mentionné- et cité jusqu'au Xe siècle. Apres Césaire d'Arles . et le

concile d'Autun c. 070 . nos témoin- sont Denebert de Worcester (c. 798), Ilincmar de Reims (845-882), Adalbert de Térouanne 870 . Kiculfe de Soissons (889 . Ratramne de Corbie (868), Ënée de Paris (868), Théodulfe d'Orléans (f 821), Benoit d'Aniane -.' Igobard de Lyon (j8WJi. Floi us, diacre de Lyon de Prum (892), etc. lie même, les premiers comment semblent avoir été écrits en France, ou se rencontrent dans des manuscrits et psautiers gallicans. I l'autre part, si nous examinons le texte du Quicunque, il nous apparaît comme largement tributaire de la théologie et de la terminologie augustiniennes, mais il nous apparaît aussi tributaire de la théologie et de la terminolo. groupe d'écrivains qui s,, rattache a Lérins, et surtout de saint Vincent de Lérins lui-même, h- - n --• ml I

entre le Commonitorium et notre symbole sont telles. qu'Antelmi (1693) a pensé- que les deux :.l du

même auteur. Cf. Poirel, De utroque Commonitorio Lirinensi. Nancy. 1895, p. 204-206. M. Lurn. loc p. 18 Sq., a dressé un tableau des loca jiarallcla que présentent, d'un côté, le Quicunque, de l'autre, saint Augustin, saint Vincent de Lérins, Fauste de Liez, et saint Eucher. Dom Morin a comparé aussi ce su,ibole avec les passages analogues île saint Césaire d'Arles. Le symbole d'Atlianase et son premier t- taùtf

Ci taire d'A ries, dan- la Revue bénédictine, octobre 1901, p. 347-363. -le me borne a citer quelques uns des 1 les plus frappants île saint Vincent et de saint Augustin en les fai-ant précéder, pour abréger, du numéro de

l'article auquel ils se rapportent.

i Vinc, Commonit., 10. P. I... t. i. col. 659 tholicaecclesia... unum Deum in trinitatis plenitud et item trnntatis tequalilatem in una divimtate t* rotur : nt neijiie singularitas substantut /•ersottnritm confundat proprietatem, neque item trinitatis d'utinotio unitatem separet deitatis.

."> li. Vinc ibid., 13, col. 655 : quia sciiicet aUa

-. alia filii, alia spiritus sancti : n ' lumen jmtris et Jilu et spiritus sancti non alia et alia sed una ea-'emi/ue natura.

lo. Au-.. Serai., (v. ::. i. /• /. .. t xxxvm. col 690: tternus filius, coseternus spiritus

sain ;

ATHANASE (SYMBOLE DE SAINT

13. 14. Aug., De trin., v, 8, 9, P. L., t. xi.ii, col. 917 : J laque omnipotens pater, omnipotens /ilius, ornnipotens spiritus sanclus; nec tamen 1res omnipotentes, sed unus omnipotens. Cf. ibid., vin, 1, col. 947.

15. 16. Aug., De trin., vm, 1, P. L., t. xlii, col. 947: Deus pater, dcus filius, deus spiritus sanclus..., nec tamen très dit. Cf. ibid., I, 5, 8, col. 824.

17. 18. Aug., Cont. Maximin. , H, 23, 3, P. L., t. xlii, col. 798 : Sic et dominum si quseras singulum quemque respondeo, sed simul omnes non très dominos deos, sed unum dominum deum dico.

23. Aug., Cont. Maximin., il, 23, 3, col. 798 : In illa quippe trinilate quse deus est, unus est pater, non duo vel très ; et unus filius, non duo vel très; et unus amborum spiritus, non duo vel très.

28. Aug., Encliiridion, xxxv, P. L., t. XL, col. 249 : Cliristus Iesus, dei /ilius est et deus et homo.

29. Vinc, Commonit., 13, P. L., t. L, col. 656: Idem ex pâtre ante secula genitus; idem in seculo ex maire generatus.

30. Vinc, Commonit., 13, ibid. : Perfectus deus, perfeclus homo. InDeo summa divinitas in homine plena humanitas. Plena, inquam, liumanilas, quippe quse animam simul habeat et carnem.

31. Aug., Epist., cxxxvn, c. ni, n. 12, P. L., t. xxxiii, col. 520 : JEqualem palri secundum divinitatem, minorem autem pâtre secundum carnem, hoc est secundum hominem.

33. 34. Vinc, Commonit., 13, ibid. : Unus autem non corruplibili nescio qua divinilatis et humanitatis confusione, sed intégra et singulari quadam unitale personse. Aug., Serm., clxxxvi, 1, P. L., t. xxxvin, col. 999 : Idem Deus qui homo, et qui Deus idem homo, iion confusione naturarum sed unilate personx.

35. Aug., In Joa., tr. XXXV, 3, P. L., t. lxxviii, col. 1836 : Sicut enim unus est liomo anima ralionalis et caro ; sic unus est Christusdeus et homo.

Ces rapprochements parlent assez d'eux-mêmes : que l'on veuille bien seulement, pour en sentir toute la force, lire les passages complets d'où ils sont pris. Maintenant, remarquons à l'article 4 le mot subslanlia : neque confundentes personas, neque substayiliam séparantes. Bien que saint Augustin ail employé ce mot dans le sens d'essenlia, en parlant de la Trinité, par exemple, De Irinit., v, 9, 10, P. L., t. xlii, col. 917, 918, il ne le regardait pas cependant comme absolument propre à exprimer ce mystère : Vnde manifestum est, dit-il, Deum abusive substantiam vocari utnomineusitatiore intelligatur essenlia, quod vere ac proprie dicitur , lia ut fortasse solum Deum dici oporteat essenliam, De trinit., vu, 5, 10, ibid., col. 942; et dans le même ouvrage, vu, 6, 11, ibid., col. 943, 945, il prend subslantia comme synonyme de persona : très simul illsa substanlix sur personse. En Gaule, au contraire, le mot était accepté comme équivalant à essenlia ou nalura. Saint Vincent, Commonit., 12, P. L., t. l, col. 651, et Fauste dehiez./Je Spir. tancto, i, 1,5, /'. I.., t. i.xii, col. 13,14, l'emploient couramment dans ce sens, et avant eux saint llilaire de Poitiers, De tynodii, 12, P. L., t. x, col. 189, W0, l'avait employé de même. Si l'on observe enfin que l'école de Lérins jette son grand éclat précisément à l'époque que nous avons assignée à la composition ou Quicunque, que son premier maitre Honorât est mort en 429, saint llilaire d'Arles en 449. saint Vincent de Lérins en i-"><», '■ami Eucher en ii'.i ou 150, saint Loup de ii.. m -in 17(), Fauste de Riez en 193, Césaire d'Arles,

le premier, on s en souvient, qui ait cité notre svmbole, en 512; si l'on observe que le mot jirnpriis, au verset :.S (et reddiluri sttnt de factis propriiê rationeni), pourrait bien avoir été mis là, ainsi que l'a suggéré M. Ilarnack. Dogmengesch., t. ni, p. LJ7tt, comme une discrète protestation contre les doctrines outrées île l'augustinia in -me; si Ion observe, dis-je, tout Cela, il sera difficile

d'échapper à celte conclusion que c'est dans le cercle des écrivains qui se rattachent à Arles et à Lérins, au Ve siècle, dans un milieu où les ouvrages de saint Augustin sont lus et appréciés, mais où sa doctrine du péché originel soulève pourtant des objections, qu'a été rédigé notre symbole. M. Kùnstle a voulu depuis en faire un écrit antipriscillianiste, publié en Espagne.

///. auteur. — Cette conclusion résout déjà en partie la question de l'auteur. Pouvons-nous la préciser davantage, et, entre les noms que nous venons de citer, en choisir un pour le substituer, en tête du Quicunque, à celui d'Athanase? Antelmi, nous l'avons vu, s'arrêtait à celui de saint Vincent de Lérins ; Waterland lui préférait celui d'Hilaire d'Arles; M. Burn, qui regarde le symbole comme antérieur au nestorianisme, a avancé timidement celui d'Honorat lui-même. Mieux vaut, pensonsnous, nous contenter ici des résultats certains fournis par l'étude qui précède, et ne pas aller au delà de ce que l'histoire nous apprend.

V. Histoire et autorité. — Ce qui a été dit jusqu'ici des citations et des commentaires du Quicunque nous renseigne déjà sur son histoire et l'autorité dont il a joui depuis le VIe siècle. Parti de la Gaule.il est possible qu'il ait été, dès ce même VIe siècle, connu en Afrique. Saint Fulgence (f 533), s'il ne le cite pas, s'en rapproche beaucoup. Epist-, xiv, 6,adFerrand., P. L.,t. i.w, col. 397. Au vne siècle, le symbole pénètre en Espagne (quatrième concile de Tolède), pendant qu'en France le concile d'Autun (c. 670) en impose aux clercs l'étude et l'intelligence. Au VIIIe siècle, nous le trouvons en Allemagne, où saint Boniface, peut-être, l'introduit comme chant d'église. C'est vers cette époque également que l'Angleterre le connaît, et que l'on commence à en écrire des commentaires. Au IXe siècle, les prescriptions se multiplient qui font aux clercs une obligation de le savoir par cœur, de le comprendre, et de pouvoir l'expliquer verbis communibus (synode de Reims de 852, dans Hincmar, P. L., t.cxxv, col. 773). Hayton, d'abord abbé de Beichenau, puis évèque de Bàle, en impose aux clercs la récitation chaque dimanche à Prime : omni die dominico, ad horam primam recitetur, P. L., t. CXV, col. 11, et l'évèque de Brème, Anskar, recommande en mourant de le chanter. P. L., t. cxvm, col. 1010. Au Xe. et au XIe siècle ce n'est pas les dimanches seulement, mais tous les jours, que se récite à Prime le Quicunque dans les églises ultramontaines. Batiiïol, Hist. du brrr. rom., Paris, 1892, p. 183. L'Italie l'avait connu dès le IXe siècle ; il ne pénétra que plus tard dans l'office romain.

Ainsi, dès le vir siècle, le Quicunque a conquis sa place comme objet d'étude obligatoire pour le clergé; au IXe siècle, et même à la fin du VIII", il fait son entrée dans la prière publique. L'autorité qu'on lui attribue est évidemment celle qui s'attache à l'écrit d'un grand évèque comme Athanase, sanctionné et adopté par l'Église : c'est à la fois celle d'un chant, d'une œuvre liturgique devenue officielle, et d'un symbole proprement dit. Cette dernière signification s'accentue davantage à mesure qu'approchent les temps de la scolastique. Agobard (-J- 840), en le citant contre Félix d'Urgel, le regarde bien évidemment comme une règle de foi. Aux sept commentaires que nous connaissons jusqu'au IXe siècle, ceux de Fortunat, de Troyes, de l'Oratoire, de liouhier,

d'Orléans, de Paris et de stavelot, le moyen âge, jusqu'au XVIe siècle, en ajoutera une vingtaine, parmi lesquels ceux d'Abélard, de saint Bernard, d'Alexandre de Haies, de Pierre d'Osma, de Denys le chartreux. Saint Thomas d'Aquin citera, dans sa Somme théologique ,1e symbole de saint Athanase comme une autorité a laquelle il n'y a rien à répliquer. Luther lui-même se demandera si

depuis les apôtres « rien de plus important et (le plus

magistral « a jamais été écrit : les Anglicans le feront entier dans leur « Livre de la commune prière n Cette œuvre d'un théologien inconnu, par la netteté puissante

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