ATTRITION. DÉCRET D'ALEXANDRE VII — AUBE
deant alicujus theologiox cen- cardinaux, que s'ils composent surae alteriusvc injuria? aut ou publient à l'avenir des livres contumeliae nota taxarc altéra- ou des écrits, s'ils enseignent, tramsententiam.siveneganlem ou prêchent, ou instruisent de necessitatem aliqualis dilectio- quelque manière que ce soit les nis Dei in prœtata attritionc ex pénitents, les écoliers et autres metu gehenn.-e concepta, quoe sur la matière de l'attrition, ils hodie inter seholasticos com- n'entreprennent pas, avant que munior videtur, sive asseren- leSainl-Siègeait décidéquelque tem dictas dilectionis nécessita- chose à ce sujet, de noter d'autem, donec ab hac sancta sede cune censure théologique, ni dû luerit aliquid hac in re défini- décrier par aucun terme injutum. Statuitque praaterea de- rieux ou offensant ni l'une ni cretumhoc,seuilliusexemplum l'autre des opinions en présence, ad valvas basilicœ pi'incipis ni celle qui nie la nécessité d'un apostolorum de urbe, et in acie acte d'amour de Dieu avec l'atcampi Florae affixum omnes trition conçue par' la crainte des ubique existentes arctare et peines, opinion qui est aujourafficere, ac si unicuique per- d'hui plus commune dans les sonaliter tuisset intimatum. écoles, ni celle qui affirme la
nécessité de cet acte d'amour.
De plus, Sa Sainteté veut que ce décret ou la copie qui aura été affichée aux portes de la basilique de Saint-Pierre de la ville de Rome et au champ de Flore, oblige tous les fidèles en quelque lieu que ce soit, de la même manière que s'il avait été signifié à chacun d'eux personnellement. Fp.axc. Ricardus, S. rom. FRANÇOIS Ricard, notaire
et univ. Inquisitionis not. de la Sacrée Inquisition ro-
maine et universelle.
III. Commentaire. — La question de doctrine qui s'agitait entre contrilionistes et atlritionistes a été traitée dans l'article précédent. Nous n'avons à présenter ici que quelques observations d'ordre historique et pratique.
1° Nous constatons d'abord que certains auteurs, comme Lacroix, Tlieol. nior., 1. VI, part. II, n. 875, Paris, 1874, t. m, p. 431, et les théologiens de Wurzbourg, Tlieol. dogni., etc., De sacrant, psenit., n. 162, Paris, 185i, t. v, p. 155, interprètent le décret d'Alexandre VII en ce sens que le pape protégerait contre les censures théologiques et autres qualifications outrageantes, non pas l'opinion qui veut un commencement d'amour de charité dans l'attrition, mais seulement celle qui requiert l'amour d'espérance. C'est en ce sens qu'il faudrait entendre l'expression aliqualis dilectionis. — Nous n'adoptons pas, pour notre part, cette observation . Nous croyons, en raison des circonstances qui ont motivé le décret, que c'est bien de l'opinion des contrilionistes qu'Alexandre VII entendait parler.
2° Le pape n'a déclaré ni l'une ni l'autre des opinions en présence, dénuée de valeur ou de probabilité. Aussi les tenants des deux partis continuèrent-ils la discussion en gardant mieux toutefois la modération qu'avait si sagement prescrite le souverain pontife. Dès l'attnéi suivante, Farvaques publia un nouveau factum, Xenium t/ieologicum in quo ddeclionis Dei in sacramento pœnilentim nécessitas asscritur et con/irnialur, Louvain, 1C68; puis encore un an après, Veritas et chantas seu mtnt conciUiTrid, de aitritione ex metu gehermm concepta, Louvain, 1669. Le Dent riposta : Ad xenium theologicuni P. Franc. Farvaques et ad ejusdem apologiam responsio, Matines, 1669; et son confrère /FgidiUB Lstrix le soutint, Decertatio rico-theologica pro menti' cuncilii Tridentini de viatlritionis sine aniore amiciline in sacramento comprobata, Louvain, 1669. Au temps de Benoît XIV, l'un et l'autre parti avait toujours ses représentante dans le minislère pratique comme dans renseignement théorique. De tynodo diœcesana, I. VII, c. xni, n. ix, loc. ci*., col. 1068.
:: Toutefois Alexandre VII n'a pas mis absolument les deux opinions sur la même ligne, puisqu'il prend
soin de constater que celle qui soutient la suffisance de l'attrition, sans réclamer un acte d'amour, est la plus commune dans l'enseignement des écoles de ce temps, hodie inter seholasticos communior videtur. Dollinger et Reusch, loc. cit., p. 87, pensent que cette note favorable aux attritionistes est due à l'intervention du cardinal jésuite Pallavicini, dont l'influence était grande auprès du pape. Ceci paraît surprenant, quand on sait que ce cardinal élait personnellement partisan de l'opinion qui exige un commencement d'amour de Charité. Asscrtionum thcologicarum , 1. VII, c. xn, Rome, 1651, t. vi. Les auteurs allemands que nous citons en conviennent. Si donc il est vrai que Pallavicini lui-même a fait qualifier de « plus commune » l'opinion qu'il combaltait, c'est que la note en question s'imposait avec évidence à un esprit de bonne foi.
4° Que faut-il entendre par les censures théologiques, qu'il est défendu de porter contre l'opinion adverse? — 11 faut entendre les qualificatifs qui signifieraient que cette opinion est répréhensible au point de vue de la foi, comme de la déclarer hérétique, erronée, suspecte, sentant l'hérésie, captieuse, téméraire, malsonnante, dangereuse, scandaleuse, offensante pour des oreilles pieuses. Mais ce n'est pas une censure théologique de dire qu'une opinion est peu probable, ou improbable, ou même fausse, parce que ces dernières notes sont des appréciations d'ordre logique et rationnel et ne concernent pas la loi. Nous pouvons par conséquent les appliquer à la thèse contritioniste, sans contrevenir au décret d'Alexandre VIL Ainsi pensent saint Liguori, Theol. mot:, 1. VI, n. 440, Paris, 1883, t. m, p. 335, et De Augustinis, De re sacramentaria, Rome, 1887, t. il, p. 233. Ce dernier appuie sa conclusion sur l'autorité du théologien Viva, Damnatse thèses, part. 111, in prop. xv ab Alex. V11I, n. 33, qui écrit ceci, en parlant précisément de notre décret : Prœscriptuni istud in virlute s. obedienlix, ne censura ulla his opinionibus iniiratur, non impedire, quominus aliqua ex iis dici possit improbabilis, et falsa, ut docent theologi communiter; tum quia inter censuras theologicas non recensclur falsitas, et improbabilités; tum etiam quia evidens est alterutram ex his opinionibus extrême oppositis, quai censurari non possunt, esse falsam.
5° L'excommunication lalœ sentcnliœ portée par le décret d'Alexandre VII n'a pas été renouvelée par la constitution Aposlolicx Sedis, et se trouve abrogée de ce l'ait.
Denzinger, Enchiridion symOolorum et definitionum , doc. xcm, n. 1017, Wurzbourg, 18!'5, p. 257; Recueil historique des bulles et constitutions, brefs, décrets et autres actes concernant les erreurs de ces deux derniers siècles [par le P. Michel Le Tellier, S. J.], 4" édit., Mons, 1704; Viva, Dumnatx thèses ad theologxcam trulinam revocatx, part. III, Naples, 1708; BeiloK XIV, De synodo diœcesana, 1. VU, c. xm, dans Migne, Theologise cursus completus, Paris, 18'i", t. xxv, COU 1063; Lacroix, Theologia moralis, 1. VI, part. II, n. 875, Paris, 1N74, t. m, p. 430; De Augustinis, De re sacrainentai-m, Rome, 1887, t. n, p. 231; Hurler, Nomcnclator literurius, Insprucli, 1898, t. n, col. 87, 520, 599 et passim ; Dollinger et Reusch. Geschichte de) Moralvtreitigkeiten in der rômisch-katholi^clwn Kirchc, t. i, p. 67-94 et passim.
A. Beugnet.
AUBE Benjamin, né à Paris en 1826, mort en 1887, professeur de philosophie et critique d'histoire religieuse. Les principaux ouvrages qu'il a publiés sont : !" Histoire dei persécutions de l'Église, jusqu'à la fin des Antonutx, m S", Paris. 1875; 2" La polémique païenne au //'' siècle, in-8", Paris, 1878; 3" Les chrétiens dans l'empire romain, de la fin des Antomns nu milieu du lir siècle, in-8", Paris, 1881; 4» L'Église
ci l'État dans la set, nui,- moitié du ni" siècle, in-8°, Paris, 1866. Ces ouvrages, ou il étudie les rapports de l'Église et de l'Étal romain pendant les Irois premiers siècles, ainsi que les polémiques religieuses quLnaqui-
AULÉ — AI'P-nY
rentau murs di i ni cbei 1 auteur,
mii in ni les deux dei très louable d'impai
tialité. Mais on doil lui ri n gé-
néral ni point 'i me rationaliste, en parlant de l'histoire intérieur! de l'Église, qu'il connaît beaucoup moins que l'histoire i itérieure, el d'avoir adopté les préjugés de Dodwi il sur le nombn di - martyrs, qu'il diminue le plus possible. Sa mi thodi consiste â relever dai auteurs, pour chaque persécution générale ou l les noms des i ictim igneusement les
circonstances défavorables au martyre, et à additionner enfin le nombre des cas irréductibles qui s'imposent aux esprits les [/lus difficiles. Le chiffre des martyrs qu'il obtient de la sorte est assez mince, et c'est uniquemenl à ce chiffre qu'il mesure la violence de la persécution. Cette méthode manque de critique, parce qu'elle ne tienl pas compte des témoignages des apologistes qui répètenl sans cesse qu'on massacre les chrétiens, ni (les auteurs ecclésiastiques de cette époque, où la préoccupation du martyre est trop accentuée pour supposer une persécution anodine. Ces quatre ouvrages ont été justement inscrits au catalogue des livres prohibés, Index librorum prohibitorum, in-4», Rome, 1900, p. 51.
Bulletin critique. 1881, t. n. p. 56 sq.; l*sr,. t. vu, p. 301 sq.; Hurter, Nomenclator literarius, Inspruck, 1895, t. m. col. 1327- 1328; 1'. Allant. Histoire des persécutions pendant les deux premiers siècles, Paris, 1885, introït., p. vu.
J. Bf.ii.au Y.
AUBERMONT (Jean Antoine d), d'une famille noble de Bois-le-Duc, lit profession dans l'ordre des frères prêcheurs à Gand, le 11 avril 1633. Apres avoir achevé ses éludes, enseigna la philosophie et la théologie dans divers couvents de -a province, et exerça I de missionnaire apostolique dans la Frise. Second régent du collège des dominicains à Louvain de 1649 a 1653. Docteur <{<■ l'université de Louvain le 20 octobre 1652. Premier régent au susdit collège de 1665 à 1673. Mort le 2-2 novembre 1686. On a de lui 1rs écrits théologiques suivants : 1» Oratio panegyrica in S. Thomarn du Aquino, prononcée le 7 mars 1650 devant l'université,in-4°, Louvain, 1650; 2° Doctrina quam de primatu, oritate ac infallibilitate Romani Pontifias tradiderunt Lovanienses, in- i \ Liège, 1682; 3" Rcsponsio histoj'ica theologica ad eleri gallicani de potestate * siastica declarationem ParisisXlXniartii 1682factam, ex Sumnw)~um Pontificum decretis ac gestis excepta per quemdam sacras théologies professoreni (sans nom d'auteur), in-8», Cologne, 1683; 5* Manlissa celebt in Beigio et Gallia scriptorum... déclarations cleri gallicani de ecclesiastica potestate nuper édita opp<>sita; l'auteur y a joint : Dissertalio de immediata episcopalis et synodalis juridictionis origine, in-4°, s. I., 1683; 5° Expunctio appendicis li. I'. Pappebrochii officium corporis Christi a S.Thoma de Aquino composition denegantis, Gand.
Quétif-Echard, Scriptores ord. prsed., t. n, p. 7i>9: B. de Jonghe, Belgium Dominicanum, Bruxelles, 171'.'. p. 1ml. 433; Analectes pour servir >i l'histoire ■ i clésiastique de 1" Belgique, Louvain (1890), t. xxn.p. lisà; Hurter, Nomenclator literarius,
t. II, cl. 'HIT.
P. Mandonni I.
AUBERTIN Edme, thi'ologien protestant, né en 1505, à Châlons-sur-Marne, mort a Paris le 5 avril 1652. converti à l'Église catholique. Il fui admis comme ministre en 1618 par le synode de Charenton et fut placé' à la trie de l'église de Chartres. Lu 1631. il vint a Paris. Son principal ouvrage a pour titre : Conformité de la créance de i Eglise mec celle de saint Augustin sue le sacrement de l'euclutristie, in-8°, Paris, 1626. 11 y affirme que le-- dogmes de la transsubstantiation et de la pré- Ile furent inconnus aux premiers Biècles de ri glise il il > attaque vivement les cardinaux Bellarmin
et Duperron, Il m publia une autre édition : L'euclm-
' 29, et une
traduction latine en (ni loi'- par David Blondel el Jean- I r. d< 1 ic Gronow ; De i
imento libri très, in-fol., Deveoter, 1651. Anl Ai nauld s'appliqua a i. futer Aubei 'm dans son oui i /../ perpétuité de la foi touchant encore d'Aubertin : Anatomie du livre publié par le sieur de h. Mi tubstantiat
Charenton, 1612.
Voli la prél li /' • *' imento eucharistim, pal
astres, t. i p. 12 ikon, 2- édit., Fribourfc'-en-Urisgau, M>?1, t. i,
B. Ill IP.TI 1:17F..
\. AUBRY Jean-Baptiste, bénédictin, né le 26 avril 1736 à Deyviller, près d Épinal V merc\ (Meuse) le 1 octobre 1809. Il lit profession delà vu- religieuse le 7 octobre 175; a l'abbaye de Movcn-
Moutier delà i i n de Saint-Vanne, sous le nom
de dom Benoit, et lin chargé par si .rs de con-
tinu. •!• ['Histoire des auteurs ecclésiastiques, de dom l'u mi Ceillier. Il était alor- a l'abbaye Saint-Léopold de
Nancy. Le seul volume préparé pour cette continuation n'a pas été publié. Itom Jean-Baptiste Au: lieur
a Breuil, apn-s avoir été conventuel a Saint-Avold. Forcé par la Révolution de quitter son monastère, il vécut à Commercy dans la retraite et la pauvreté. Parmi ouvrages, nous mentionnerons : Questions philosophiques sur la religion naturelle, dayis lesquelles on propose et on résout arec les seules lumières de la raies objections des athées, des matérialistes, des purliens et des déistes, in-8 .Paris. 1782: axant été critiqué' par l'abbé Guinot dansle/oura d littéraire de Nancy, 17.S2, t. ix. p. 106-122. l'auteur répondit par des Lettres critiques sur plusieurs questions de la métaphysique moderne, in-12. Paris. 1783: Théorie de l'âme des ' et de celle qu'on attribue à la matière organisée, in-12. Paris, 1790: Leçons métaphysiques à un myl ilule sur l'existence et la nature de Dieu, in-12. Paris, 1 790 ; Questions aux philosophes du jour sur l'an la matière, in-8. 1791; Anti-Condillac ou Harangue aux idéologues modernes, in-8», Paris. 1801: Nouvelle théorie des être* suivie '1rs erreuri llac dans
la logique el de celles de Voltaire dans la métaphysique, in-12. Commercy, 1804; Aubade ou lettres apologétiques et critiques d MM. Geoffroy et Mongin, : Commercy. s. d.. pour répondre à une critique du préparue dans le Journal des Débats.
Psaume], Éloge </•' M. Aitbry, ancien prieur bénédictin, membre de l'Aca Nancy, Paris [1809]; Feller. Bio-
graphie w Paris, 183J. t. i. p. 43T>; Quérard, La
■■ littéraire, l. i, p. lia: Hurter. Sotnenclator literarius, Insj ruck, 1895, t. m, v,
B. llEl P.TF.BIZE.
2. AUBRY Jean-Baptiste, né le 4 octobi dur-camp (Oise), lit de solides études théologiqr Beauvais el a Borne et fut professeur d'histoi siastique et d'Écriture sainte au grand séminaire de Beaux. n- (1868-1874 . Membre de la Société des missions étrangères de Paris, il fut envoyé-, en 1875. au K. Tchéou, où il mourut le 19 septembre 1882. Il laissait beaucoup de notes et d'ouvrages manuscrits, que son frère, M. Auguste Aubry. curé de Dreslincourl publiés. Ils ont paru sous des titres un peu différents, qui déroutent h- bibliographe. Sans parler du volume sur Les grands séminaires, qui forme la seconde partie de I7-.'s.mii Mo- la méthode îles études ecclésiastiques en France, in-8 . Lille et Paris [1893], et qui est en bonne partie île la main de l'éditeur, nous suivrons
I ordre de- th'urres complètes, 12 >n-S\ Pari-, 1902 : 1° Quelq ■ sur l'i théorie catholique
sciences et sur la synthèse des connaissances humaines