C. Sommervogel
AUDEBOIS DE LA CHALINIÈRE Joseph.
François, chanoine d'Angers., morl en 1750, ['un des continuateurs des Conférences d'Angers. Les conférences sur la grâce, 3 in-12, Angers, 1715, lui appartiennent; il \ combat surtout les erreurs des jansénistes.
Hœfer, ' Paris, 1kyi. art,
Babin; Hurter, Nomen .t. n, col. 1249, 1836,
v. Oblet.
AUDIENS, disciples d'Audius, anthropomorphites et partisans décidés de la célébration de la Pftque chrétii une en même temps que celle «les juifs. Leur chef Audi us ou i du étail né' en Mésopotamie, au rv* siècle, d'une famille illustre et s'était l'ail remarquer par l'int.
de ses mœurs et l'ardeur de son zèle. Mais il ne pouvait tolérer le plus léger désordre dans l'Église et reprenait avec une grande liberté de langage les évèques et les prêtres toutes les fois que leurs actes ou leur administration lui semblaient laisser à désirer. Il s'emportait contre le luxe et l'amour de l'argent et stigmatisait toute faute contraire au dogme ou à la discipline. Ni sa piété sincère, ni son zèle pour l'orthodoxie de la foi et le maintien de la discipline ne lui firent pardonner ses intempérances de langue ; il fut en butte à des vexations et à des représailles. Longtemps il supporta tout sans se plaindre et sans rompre avec l'Église. Mais il finit par fonder une secte qui, à son exemple, par l'austérité, la probité et le sens de la justice, s'afficha comme une protestation vivante contite les défaillances de l'époque. Ses partisans ne voulurent plus s'appeler chrétiens et prirent son nom ; ils vécurent à part, isolés du reste des hommes, dans îles monastères ou des couvents.de préférence loin des centres ou à l'entrée des villes, et se propagèrent rapidement en Asie et en Scjlhie; ils suivirent Audius parmi les (loths, enseignant à ces barbares les rudiments de la foi et propageant la pratique de l'ascétisme et de la continence. Ils s'organisèrent en église et eurent un cierge'' à eux. Audius, en effet, avait été sacré évèque par un évêque catholique qu'il avait gagné à sa cause; après lui, on cite, entre autres, comme évêques de la secte, un certain Uranius en Mésopotamie et un certain Silvanus en Gotliie. A la mort de ces chefs, les audiens diminuèrent sensiblement et se trouvèrent bientôt confinés dans quelques rares couvents, soit à Chalcis non loin d'Antioche, soit en Mésopotamie près de l'Euphrate, sans la moindre action sur le mouvement intellectuel de l'époque.
Saint Épiphane, à qui nous devons ces détails, ne peut se défendre d'un sentiment particulier de sympathie pour des hommes aussi austères : il leur sait gré de ne pas avoir erré sur la question trinitaire, à une époque où l'arianisme avail tant de succès, User., lxx, /'. G., t. xi.n, col. 341 ; et, par un excès de bienveillance, il les traite de schismatiques plutôt que d'hérétiques. Anacephalœosis, I, m, 1, P. G., t. xui, col. 869. Il e>l pourtant obligé' de constater qu'ils se servaient d'un grand nombre d'apocryphes, sans dire lesquels, et de blâmer leur anthropomorphisme, comme contraire à la tradition ecclésiastique et à la règle de la foi, ainsi que leur obstination à célébrer la Pàque en même temps que les juifs.
Les audiens, en effet, entendaient mal l'Écriture : prenant au pied de la lettre soii les expressions scripturaires, qui prêtent des membres à Dieu, soit les récits des théophanies de l'Ancien Testament, ils plaçaienl la ressemblance de l'homme avec Dieu dans la corporéité; ils étaient anthropomorphites. Épiphane, User., lxx, 0,
/'. G., t. XI. Il, col. 3't8. Voir ANTHROPOMORPHITES, col.
lie plus, ils ne tenaient aucun compte des décisions prises à Nicée touchant la célébration de la Pàque, à l'occasion de l'usage introduil par les quartodécimans. Voir ce nom. Ils s'obstinèrent à célébrer la fête en même temps que les juifs, sous ce double prétexte, aussi puéril que laux, que leur usage, le seul vrai, pensaient-ils, avail été abandonné, en 325, parun esprit de basse flatterie envers l'empereur el pour faire coïncider la i'< te de Pâques avec le dies natalis de Constantin, s. Épiphane. User., i.xx, 9, /'■ G-, t. xi. n, col. 353. Ils s'appuyaient, bien i tort,
sur l'autorité' de la Aiita:'.; iftOOTo'Xwv. Car celle AtokaÇlç,
document inconnu jusqu'ici et en contradiction, sur ce point, avec les Constitutions apostoliques, \, 17, !'.<!., t. r, col. 888, ne permettait de célébrer la fête de Pâques en même temps que les Juifs convertis, c'est-à-dire le quatorzième jour delà lune, que par amour de la paix el pour ne pas contrarier ces judéo-chrétiens. Sun autorité, en ton i cas, étail nulle devant la décision du concile de