APOLOGÉTIQUE MÉTHODES NOUVELLES AU MX SIÈCLE
(V La question religieuse <m une question sociale. o II n'\ b pas de lien plui solide que celui des croyano i, si ce sont elles qui rapprochent, qui unissent, qui solidarisent les hommes, et, littéralement, qui les organisent en lociétés, et non les intérêts, lea passioD 1rs id /.'• betoin de croire, p. '•'>■'>*■ Or la
société eal nécessaire à I homme, donc la religion lui est indispensable.
7' « Toute religion se définit par l'affirmation môme du surnaturel ou de l'irrationnel, i Introduction aux fondement» de la croyance, p. xxxiv. Mais « il B'esl trouvé dans le christianisme une vertu sociale et civilisatrice qui ne se trouve dans aucune autre religion... ce qu'il a fait, aucune religion ne l'a fait, il est unique ». Le betoin de croire, p. 336. Xi l'exégèse ni la critique n'ont rien prouvé contre la réalité de la diffusion du christianisme, de sa propagation par les apôtres, de la vie mortelle et de l'enseignement de Jésus qui s'est donné comme messie, Fils du Père et rédempteur.
8° Le catholicisme est « de toutes les communions chrétiennes celle qui satisfait le mieux notre hesoin de croire ». Ibid., p. 306. « Il est un gouvernement, et le protestantisme n'est qu'une ahsence de gouvernement. » La science et la religion, p. 7i. Il est à la fois une théologie, une psychologie et une sociologie dont les vérités et les règles sont soustraites aux interprétations du sens individuel.
On voit que cet ensemble d'idées est beaucoup mieux lié que le précédent ; mais, à part ses tendances lidéistes, on peut lui reprocher : 1° de confondre le surnaturel avec l'irrationnel dont le caractère n'est pas suffisamment défini ; il semble parfois que l'auteur désigne par ce mot ce qui est opposé à la raison, tandis qu'il ne peut être admis comme objet légitime de croyance que s'il est au-dessus de la raison sans lui être contraire; 2° la religion y est surtout présentée comme une fonction sociale, la plus haute et la plus nécessaire de toutes, mais cette méthode ne montre pas comment nait et se justifie la croyance, dans l'esprit qui adhère à la vérité ; 3" elle permet de conclure à la transcendance du christianisme, à l'efficacité du catholicisme par rapport aux autres formes religieuses, mais non à sa vérité absolue et à son caractère proprement surnaturel. Mieux inspiré, dans une récente conférence, le profond et vigoureux penseur s'écriait: « En matière de dogme ou de morale, je ne suis tenu que de m'assurer ou de prouver la vérité de l'Église... » « La foi ne s'oppose point à la raison : elle nous introduit seulement dans une région plus qu'humaine, où la raison, étant humaine, n'a point d'accès ; elle nous donne ses lumières qui ne sont point de la raison, elle la continue, elle l'achève et, si je l'ose dire, elle la couronne. » Les raisons actuelles de croire, dans le Journal des Débats, 15 novembre 1900.