U1CT. DE THÉOL. CATIIOL
De gratia et lib. arhit., 1. TI, c. XV; Suarez, De Deo, 1. I, c. vin ; De auxiliis, 1. III, c. xvi-xvn, ou sans les suivre, leur accordent du moins saint Augustin, par exemple Petau, De Deo, 1. IX, c. VI. Toutefois les partisans du système plus doux sont encore le plus grand nombre, et la plupart croient être fidèles à la doctrine d'Augustin. Où est la vérité?
a) \ rai sens du problème. — Notons que trop souvent le problème est mal posé. D'une part, certains défenseurs de la prédestination vost mérita se sont imaginé que Dieu décide de donner telle série de grâces sans savoir le résultat qu'elle produira, et qu'après son décret seulement il verra le consentement ou dissentiment futur qui méritera le ciel ou l'enter. Au fond, ce serait méconnaître absolument le dogme, le don gratuit fait aux élus : Dieu attendrait les volontés, théorie semipélagienne. D'un autre côté', les partisans de la prédestination ante mérita ne veulent souvent qu'affirmer ceci : Dieu, avant de connaître dans la science de vision, la conversion de Pierre, savait et voulait cette conversion, il décidait de donner la grâce qui le sauverait et la gloire qu'il mériterait par celte grâce. Dans sa savante étude sur la prédestination, le bénédictin L.Janssens, Prœlccliones de Deo uno, Rome, 1899, t. n, p. 399-500, ne veut prouver, semble-t-il, ou du moins ne prouve que ce point. Les trois principes bénédictins qu'il énonce, p. 175, sont également vrais dans tous les systèmes catholiques. Car c'est là le dogme pur : toutes les écoles doivent le soutenir, et Molina, loin de le nier, comme plusieurs le prétendent, n'a systématisé la science moyenne que pour concilier ce dogme avec la liberté. D'après le molinisme comme d'après Augustin, avant de connaître dans la science de visitai la persévérance finale de Pierre, Dieu décide de lui donner telle grâce qu'il sait (par la science moyenne) devoir amener celle persévérance, et, par là même, il décide, avant laul mérite de Pierre, que Pierre méritera le paradis.
Voici donc le véritable aspect du problème qui reste à résoudre : quand Dieu, entre tous les mondes possibles, a décrété, indépendamment de tout mérite, la création de celui-ci, avec telle série de grâces déterminées, telle série d'actes méritoires et telle série d'âmes librement sauvées ou perdues, de ces Irois objets inséparablement liés entre eux, en est-il un qui attirât de préférence la complaisance el la volonté de Dieu, un dont la réalisation fut la première intention, le finis operantis de Dieu? Par exemple, Dieu a choisi la série de grâces avec laquelle il voyait infailliblement liés la conversion et le salut de Pierre : ce choix était-il dicté à Dieu parce qu'il voulait absolument le salut de Pierre, ou bien en aimant ce salut, avait-il un autre motii de créer ce monde et de donner cette série de grâces?
Ii\ Les deux Systèmes. — D'après les partisans de la prédestination ante mérita Dieu a précisément aimé et voulu, avant toute celle série d'élus, cette Jérusalem cleste avec le nombre déterminé d'élus et la hiérarchie céleste qui résultera de l'histoire de noire monde. C'est par amour pour ces élus qu'il a choisi la série actuelle des grâces, el si, par exemple, il eût prévu que ces grâces n'eussent pas sauve Pierre ou tout autre élu de ce monde, il était disposé à choisir une autre série qui lui efficace,
L'épine de ce système, ce sont les damnés : logiquement, il laul conclure, semble-t-il à ses adversaires, que Dieu a choisi pour eux les grâces prévues inefficaces,
préci lémenl parce qu'ils n j devaienl pas correspondre, ei s'il eût prévu i(ue Judas se laisserai! convertir par ces i, il étail disposé à choisir une autre série à laquelle il résisterait. C'est bii n dur.
D'après les molinistes, au contraire, quand Dieu a
décidé «le créer <-,■ m. mil. ite Bérie précise de
i£ qu il savait devoii pn parer telle hiérarchie d'élus,
AUGUSTIN (SA INI
il n'a pai eu | première et absolue ta
gloire et le salul de ces élus. S;ms doute ne donnant t. ■- grâces que pour le salut, il aime toujours particulièrement ceui qui par leur Qdélité se sauvent elles. Mais enfin 'l n'eût pa
ei h, ait ou que l re ne te relèverait pas. Dieu, en choisissant ce m mde, aime par-dessus tout la manifestation de ses il i \ in- attributs dans l'évolution do grâces donm l'humanité : il voulait faire resplendir, par exemple, l'amour divin, dans l'acceptation par le Christ du i de .indus et dans le regard affectueux de Jésus à Pierre el il eût été disposé à donner ces grâces, quand bien même Pierre eût résisté et Judas consenti à tant d'amour.
c) Attitude de saint Augustin. — Lequel de ces deux systèmes a-t-il adopté? Les textes forcent de- répondre : Ni l'un ni l'autre, il n'a pas choisi. De son temps, c< tte question très subtile et, au fond, secondaire, ne se posait pas. Le dogme seul était en question. Oui ou non. dépendait-il de Diei: sei l (sans aucun mérite de l'homme) de choisir la grâce de Pierre, cette j^race que Dieu voyait infailliblement liée à son salut et de choisir pour Judas celle qu'il savait devoir être obstinément refusée, tandis que d'autres auraient trouvé .ludas docile. Pierre ohstiné? C'est ce dogme qu'a proclamé Augustin contre les semipélagiens. C'est ce dogme que tous les catholiques ont reconnu pour la vraie tradition paulinienne.
Les textes d'Augustin, De prœdestinalione et De perseverantia, savamment recueillis par le I'. Rottmanner disent cela (et c'est beaucoup), mais ne disent pas et ne veulent pas dire autre chose; le saint docteur l'affirme très clairement. De dono persev., c. xvn. n. 42, P. L., t. m. iv, col. 1019 : Subverti hoc prœdestinalionis praedicatione ïllum tantummodo perniciosissimum errorem, quo dicitur gratiam Dei secundum mérita nostra dari. Il faut même remarquer que le grand docteur n'a connu qu'une seule prédestination, celle de la grâce et de la grâce efficace. Cf. De prœdest. sanct., c. x. n. 19, /'. L., t. xliv, col. 174; L)e donc persérv., n. 15,34,41. 53, ibid., col. 1002.
Mais indirectement les formules d'Augustin ne favorisent-elles pas l'opinion sévère? On en doute fort si on lit l'étude très fouillée du P. de San, Tract. </■■ Deo uno, t. n, p. 136-214. Cf. p. 36, 51.
Pour ma part je crois que le débat pris objectivement et en lui-même est presque insoluble, Augustin n'ayant jamais envisagé que le dogme contesté. Mais quand les adversaires les plus sérieux accordent que saint Augustin enseigne le système plus doux non seulement en 397 dans le De div. qusest. ad Simplic., I. I. q- il. n. G, /'. /.., t. \i. col. 115, mais en i 12 dans le Despit . et Iitt., c. xxxm, n. 58, /'. L., t. xliv, col. 238, mais en 116 In Joan. Etant/., Ir. XII, n. 12, P. i... I. XXXV, col. 1490; tr. XXXIII, n. 5-10, ibid., col. 776-779, et qu'ensuite ils prétendent qu'après ils il a dévié, s'avança ni jusqu'aux affirmations les plus dures et même prédestinatiennes, je constate que cette thèse est absolument contraire aux textes et aux affirmations de saint
Augustin : a. Les textes anciens, même de 397 [ad Simplic.), sont aussi affirmatifs et catégoriques que ceux de 42S ou 429. Loofs el Reuter l'ont constaté. — //. Non lement Augustin n'a jamais rétracté Bes vues sur la prédestination, mais c'est précisément à l'œuvre de 3i'7 qu'il renvoie dans ses derniers jours. Cf. col. 237'.!. Il l'< tend d'ailleurs toujours qu'il \ a accord sur ce point en ire se- divers ouvrages. I ai 129, dansle Dedonoperserv., c. xxi. n. 55, /'. /... t. xi.v, col. 1027, il affirme l'accord entre la lettre à Paulm de 117, celle (si - Sixte
de ils. et sa doctrine actuelle. — c. Dans ses dernières œuvres, par exemple dans le De prsed. sanct. (428-429 . c. \. n. 19, 1'. I... t. xi.iv,col. 975, il répète avec éner-
gie qi clenee précède, éclaire la prédestination
et qu il n > a > n Dieu pour li
nation, maii seulement i C'est i que
Dii n, avant de contempler le libre jeu de la \olont tne intention formelle et absolue d de préparer, d'obt- i compenser ou i , ir. Qu'on eu min
théorie di 121 sur Adam. Encldr., c. civ, 1'. L., t. xl, col. 281, on sera forcé de dire que jamai il une
plus large part aux mérites . Primum hominenu.
slodire l> VOLUISSET, i perpétuant volunta-
t.ni habit\ pRjESCIsset. Qiu ■ maie
><i l-ili ic etc.. Cf.
I essler-Jungmann, lu-ht. /.«// ol., t. u, 1. p. 316-310; Alticozzi, Summa august., part. I. q. vu; part. VI. q. n; l.iiire. Note- au c. xcvm de V Enchiridion ; I-'ranzelin, />. Deo uno, th. i.vi-lviii.
lion api>a
■■ nie» xposé. — L'exposition du système de saint Augustin sur I : > i t incomplète, si ion n'expli-
quait les principales assertionsqui semblent nier la liberté omettre l'homme déchu au déterminisme divin le plu- absolu. Le plus souvent les diflicultés sont ; ment verbales : on nous opp
de» mots, les loi nulles que le docteur dllippone t 111ployait alui - dan- un sens tout différent qu'il a lui-même formellement indiqué. En un mot. pour comprendre sa doctrine, il est requis tout d'abord de se faire un
auguslinien, non pas a priori, mais d ses propres indications : l'œuvre est longue et difficile, mais que de préjugés tomberaient! Ici nous pouvons seulement donner quelques exemples. Dira-t-on qu'il a eu tort de détourner les mots de leur signification primitive'/ On pourrait peut-être répondre que la terminologie était alors plus vague, imprécise, et que la complexité des problèmes introduit fatalement l'obscurité des formules. Mais la question n'est pas de savoir s il a eu tort ou raison, mais si réellement il l'a fait. Il faut le dire franchement, le procédé littéraire d'Augustin, faisant ressortir sa pensée par des expressions qui la dépassent de beaucoup, formulant ainsi des paradoxes troublants, a souvent obscurci sa doctrine et soulevé l'aversion de beaucoup d'esprits. Là est l'explication d'un fait très important et souvent mal compris théologiens postérieurs ont plus d'une fois c formules exagérées du docteur africain, i rdanl
la vraie pensée de ces formules, telle qu'il l'avait nettement expliquée : nul aujourd'hui ne dirait que la liberté' a péri dans la chute d'Adam. Il x a plus : Il a condamné des propositions textuellement empruntées a Augustin, ou même sanctionnées par le concile d'Orange, mai- détournées de leur signification a; tinienne : comparer le canon 22 du concile d'Or Denzinger, n. 105. avec la proposition 27r de Baius. Ibid., n- 207.
/ théorie : Augustin enseigne dans ses derniers ou-
e i l'homme dans la chute a perdu le libre arbitre *. —Cf. De corrept. et arat., c. xn. n. 37. /'. L., t. xi. iv. col. 939; or. imperf.cont.Juliatt.,1. I, c. XL vu, P. /... t. \i\. col. 1067-1068; I. II. c. xvu. col. : I. VI. c. xi, col. 1520; c. xxi. col. 1549. On lit même les célèbres Ca/iitula Ctelestini, dont l'inspiration augustinienne n'est pas douteuse, que l'homme a perdu naturalem possibilitatem, c. iv. Denzinger, n. 88.
La réponse est aisée : a. Augustin explique aussi, de la façon la plus expresse, que cette liberté' perdu n i -i pas le pouvoir de choisir .i son gré entre le bien et le mal (pouvoir qui nous est resté il -tus lequel, ditil. l'homme ne pourrait pas même pécli perfection originelle de la volonté exempte de concupiscence, telle qu'Adam l'avait reçue et qui, dit Augustin, mérite seule dans toute son étendue le beau nom de liberté. Cont. ■ Pclag . I. 1, c. n, n, 5, /'. L.,
AUGUSTIN (SAINT
t. xliv, col. 552 : Quis autem nostrum dicat, quod primi hominis peccato'perieril liberum arbitrium de humano génère? Liherlas quidem periit per peccatum sod Ma quai in paradiso fuit, habendi plenani cum immorlalitatc justiliam... Nam liberum arbitrium vsi/ue adhuc in peccalore non periit, ut per illud peccent maxime homines, qui cum delectalione peceant. Cl. 1. III, c. vin, n. 24, col. 607; 1. IV, c. m, col. 611. Voir sur le texte cité les réllexions de Julien, dans Op. imperf. cont. Julian., 1. I, c. xciv, P. L., t. xlv, col. 1110-1111. — b. D'ailleurs, quand on objecte ces formules on oublie qu'elles sont, non pas seulement des dernières années, mais des premières lorsqu'il était si favorable à la liberté. C'est en 388, dans le De libero arbitrio, 1. III, n. 32, P. L., t. xxxn, col. 1296, qu'Augustin disait déjà en termes d'une énergie qui dépasse ce qu'il a écrit plus tard : Qui recte facere cum ]>osset, noluit, amillal posse cum lelit. En 388 ces mots s'barmonisent-ils avec la liberté? Si non, qu'on ne parle plus de déterminisme pour la fin de sa carrière, mais pour toute sa vie. Si oui, comment des termes plus doux seraient-ils plus tard inconciliables?
2° théorie : Augustin soutient que dans l'homme déchu il y a des péchés absolument nécessaires, une nécessitas peccandi, et il le prouve par la concupiscence qui est à la fois un pécbé inévitable et une source de péchés. — Cf. De perfeclionc jusliliœ, P. L., t. XLIV, col. 291-295, où sont cités les arguments de Célestius. — Mais Augustin a soin d'expliquer qu'il appelle ici péchés nécessaires non des fautes dont nous soyons responsables et que Dieu intiste punir, mais les impulsions déréglées des sens qui sont, pour la nature humaine aulrefois innocente, une déchéance et un désordre honteux sans cire coupable. Pelage et Julien exaltaient la nature humaine et sa puissance d'arriver à la perfection absolue, à l'àraOeta, à l'impeccantia. Augustin leur oppose la laideur morale de ces révoltes involontaires de la nature; au ciel seulement notre liberté sera affranchie de ces désordres que la scolastique appellera plus tard péchés matériels, ('.ont. duos epist. Pelag., 1. 1, c. x, n. 19; c. xvil, n. 35, P. L., t. xliv, col. 366; 1. II, c. n, n. 2; Cont. Julian., 1. IV, c. xi, n. 57, P. L., t. xi. iv, col. 765. On peut s'étonner d'une terminologie trop absolue. On peut accuser de trop grande subtilité l'interprétation d'Augustin distinguant deux lois divines : l'une, post concupiscentias m- eas, interdisant les péchés volontaires, c'est-à-dire le consentement aux impulsions de la concupiscence; l'autre, non concupisces, condamnant même les excitations indélibérées, loi irréalisable sur cette terre, mais loi dont la violation ne saurait nous être personnellement imputée ni punie en nous. De spir. et lit t., c. xxxvi, n. 65, P. L., t. xliv, col. 2îi; l>i' perfect. justit., c. n-vn, ibid., col. 293- 298; De uni. n grat., c. lxm, n. 72, ibid., col. 283; De nupttis et , 1. 1, c. xxm, xxix, ibid., col. 428-
432; Cont. Julian., I. V. c. m, n. 9-13, ibid., col. 788. ci. \ltieo//i. s, n mini augustiniana, part. I, q. v, a. 4, p. [78-183; Faure-Passaglia, notes sur les c. xv, lxxxi, di' i'Enchiridion.
Mais, ces explications données, impossible de confondre la théorie d'Augustin avec e> lie de Baius condamnée dans le propositions 16 . 50», 54e, 75e, 76e. n. 926-930 sq. Il y a ressemblance seulement verbale : Baius entend bien que les impulsions involontaires de la concupiscence constituent autanl de péo Is, vera legis inobedientia, pour chacun
ie|s les infidl le, el 1rs |>.'r 1 1 e 1 1rs SCTOnt jUgéS (I
punis dan- l'enfer. < . Ernst, dan Zeitschrift fù-r kalh. Theol., 1895, p. 191.
Ainsi ; a. Laissant de côté le péché originel qui est d un.- nature spéciale (physiquement inévitable aux enfants d'Adam, il n'esl volontaire que moralement et par extension de la volonté' du chef de famille), tout
péché personnel est essentiellement libre d'après Augustin et suppose le pouvoir complet de ne point le commettre. — b. Cela s'applique à l'ignorance : quand elle n'excuse pas, c'est qu'elle est elle-même volontaire et coupable. Au début (en 388-395), il écrivait, De lib. arhit., 1. III, c. xix, n. 53, P. L., t. xxxu, col. 120G : Non tïbi imputatur ad culpam, quod invitus ignoras, sed quod neqligis quscrere quod ignoras, neque illud quod vulnerata membra non colligis, sed quod volentem sanare contemnis. Le mépris de la grâce, voilà le péché. — Et qu'on ne dise pas que ce texte est virtuellement rétracté dans les ouvrages postérieurs. Bien au contraire. En 415, dans le feu de la controverse pélagienne, De natura et grat., c. lxvji, n. 81, P. L., t. xliv, col. 287, il rappelle textuellement ce passage (l'isole même des phrases suivantes), le confirme comme conciliant très bien la liberté et la grâce. Et en 426-427, les Rétractations, 1. I, c. IX, n. 6, n'effacent rien de ce passage, quoiqu'elles insistent sur les péchés (matériels) de concupiscence et d'ignorance. — c. Aussi saint Augustin a-t-il jusqu'à la fin enseigné que nul commandement de Dieu n'est impossible. La célèbre formule du même ouvrage De nal. et grat., c. xliii, n. 50, P. L., t. xliv, col. 271 : Non igitur Dcus inijiossibilia jubel, sed jubendo admonet, et facere quod possis, et pelcre quod non jjossis, est restée jusqu'à la fin l'expression parfaite de sa pensée. Cl. c. lxix, n. 83, col. 278.
3" théorie : C'est une maxime augustinienne répétée sous mille formes que la grâce de Dieu est invincible : on ne résiste pas à la volonté de Dieu, on n'arrête pas sa toute-puissance. Cf. surtout De corrept. et grat., c. XII, 38, P. L., t. xliv, col. 910 : Subvenlum est iy>tur in/irmitali voluntatis humanm ut divina gratim indeclinabiliter ci insupe7'abiliter ageretur.
Ici encore le dictionnaire augustinien bien établi expliquerait tout : si la grâce signifiait, comme dans notre langage théologique, toute inspiration divine, Augustin serait janséniste. Mais la grâce dont parle Augustin contre les pélagiens c'est presque toujours, et spécialement ici (dans le De corrept. et grat. qui traite uniquement de la persévérance finale et du fameux auxilium quo) la grâce efficace seule, celle que Dieu donne sachant qu'elle produira sûrement le consentement. Or cette grâce ou celte série de grâces, bien qu'elle ne soit pas irrésistible, de fait sera toujours victorieuse et c'est cette infaillibilité du succès divin qu'Augustin exprime le plus souvent par des lormules d'une exactitude remarquable, par exemple dans le même ouvrage, c. xiv, n. i3, P. L., t. xliv, col. 945 : Cui volenti salvum facere nullum hominum resisiit arbitrium : sic enim velle seu nulle in volentis aui lentis est potestate, ut divinam voluntatem nom impediat. Avec cette ^vàcc il ne. résiste pas, il n'empêche pas, il ne ruine pas, mais il peut résister, il jhuiI empêcher, il peut vaincre, puisqu'il peu) ne pas vouloir. Si parfois Augustin dit qu'il ne peut pas résister à la volonté 'le Dieu [ibid., n. Ï5), il veut dire que la liberté' ne peut pas empêcher Dieu do choisir parmi ses grâces celle qui de tait produira le consentement.
4e théorie: A la lin de sa vie Augustin donne tout à Dieu, dans l'œuvre du salut. Il semble donc réfracter toute sa doctrine passée sur la part de la liberté, Voir les références savammenl indiquées par ltotimanncr, Der Augustinisnms, p. 25, par exemple De pradest., c. vu, n. 12: Totum Deo dandum estf ne furie quit extollatur, cf. c. xvi, n. 32; Enchirid., c. xxxu: Ut loin,,, detur Deo; De donc persev., c. m, u. 33; c. xijl, n. 50; c. vi, n. 12.
C'est encore le langage augustiniei qui est roslé incompris: le dare totum Deo ne nie pas l'action de l'homme, mais nie que cette action puisse <"" produire MM Ai grâce, pas même un l'on désir, ni la plus courte prière. Le sens de celte formule dans la théorie augustinienne
AUGUSTIN SAINT
(il catholique pn ce pr-infi e^t celui-ci : toul éln dans le ciel doit dire: il n v b pas eu an acte bon dana ma vie dont je ne et • > ■ v ■ i ■ mer< ier Dieu. En réalité cette Ih
e à l'ancienne erreur d'Augustin qui attribuait à la liberté l'initium /i<t>i. En 397,il rei ut l'intelligence ,lu i . pisli, et depuis lora il ne
i plu / ni de l lieu. Mais loin de nier la part
de l'homme el li - mérites, jusqu'à la fin de va vie il les affirma dans les ouvrages même les pli . par
nple: De don pet ev., c. n, n. 7, 1'. L., t. xi.v, col. 996; Episl., ex crv, ad Sixtum,c. n. n. 6, /'. /.., t. xxxai, col. 876; Epist., ccxvii.c. viii,n.28, col.988;et surtout Retract., I. I, c. xxtii, n. 2-3, /'. /.., t. xxxii. col. 621 : Vlruntque nostrum est,... utrumque datum est...
5' théorie: Augustin n'affirme pas seulement que la grâce est gratuite, mais que Dieu, à son gré et sans injustice, la refuse absolument à un bon nombre. Par exemple dans les /■-' articles de foi » Vitalis. Epist., ci xvn, c. v, n. Iii, P. 1... t. xxxin, col. 984: ï Scimus non omnibus hominïbus dari...; 6° Scimus eis quibus non datur, juste Deijudicio non dari.
Oui, mais quelle est la grâce que Dieu refuse, d'après Augustin? C'est uniquement la grâce effi la foi
pour les adultes, du baptême pour les enfants). » ir < jn i doute que Dieu ne donne pas a tous la grâce effu i C'est l'aspect de la doctrine d'Augustin qui est le plus souvent oublié. Contre Pelage qui attribuait à la seule liberté le choix du bien, Augustin a voulu mettre en saillie l'empire souverain de Dieu sur cette détermination et son action qui la prépare à son gré en choisissant une grâce dont le résultat infaillible est prévu. C'est celle grâce qui fait que nous voulions, que nous agissions; c'est elle qui est refusée ou donnée selon la seule liberté- de Dieu. Quant à ceux qui n'ont pas reçu ce don spécial, Augustin, loin de les priver des autres grâces suffisantes, suppose lies nettement ces dons quand il distingue les diverses sortes de vocations ou d'appels de Dieu et qu'il attribue la damnation à la résistance de la volonté.
G' tltijorie: La volonté divine de sauver tous les hommes (d'après I 'Jim., il, 4), d'abord affirmée par Augustin en 412 dans le De spiritu et lin., c. xxxm, n. 58, I'. L., t. xi. iv, col. 238, a été plus tard modifiée et prograooivement restreint* |usqu ides limites très îtrcites il n'admet plus que Dieu veuille sauver tous les hommi s, mais seulement les élus. Voir (en 121) Contra Julian., 1. IV, c. vin, n. 42, P. L., t. xi.iv, col. 759 ; Enchirid., c. cm, P. L.,\. XL, col. 280; en \1<o,De corrept. etgrat., c. xv, n. 47, /'. /-..t. xi tv, col. 945; en 428, De prsedest. sanct., c. vin, n. 14, ibid., col. 971.
La réponse a été donnée, et très savamment, par les grands théologiens, s. Thomas, Sum. theol., K q. xix, a. fi, ad I""1; In ladTim., n, lect. I» ; Alticozzi, Summa aurj., part. 1, q. i, a. 5; l'aure. Notes sur VEnchirid., c. cm, 1 S i 7 . p. 195. Au fond encore ici. c'est affaire de dictionnaire: c'est le sens donné au mot volonté divine qui a été modifié chez Augustin, entraînant à la fois des changements de formules et des interprétations violentes du mot de l'Apôtre: vuli e salvos fieri. La volonté de Lieu peut être assez sérieuse pour inspirer le don «le grâces suffisantes sans être lue et efficace, el l'envisageant ainsi dans ses premiers ouvrages, il affirmait que Lieu veut sauver tous les homme-. Or, à mesure que la controverse pélagienne le pressait, il considérait de plus en plus la grâce e/yî- , ace qui seule distingue les élus, el par suite en Dieu il envisageait la volonté' absolue de sauver les hommes. Or il est évident que Dieu n'a pas la volonté absolue de sauver toutes les .'.mes. — Distinction inventée par les théologiens! dira-t-on. — Oui, pour les mots, pour le fond, c'est Augustin lui-même qui nous l'impose: car nouvelles interprétations de 1 1 im., u, I
't,n, lr h | . . ;, bien phi» il ;,f.
firme qu'il les approt n que
la volonté de Dieu n
volonté absolue . Enehii 281; c) il
donne en exemple, ibid., c. civ, col. 281, Adam dont Dit u n'a pas < oulu la p squ'il n'a
pi rsévéré: et aussitôt il ajoute que Dieu eût cependant
i le conserver en grâce: etiatnprimum kominem...
lire voluisset. Dont texte même qu'on
nous oppose, Augustin proclame U Dû >• : | une conditionnelle, qui [uand
la lil utie efficace, qui se réalise, mais
tend pas à tous b-s bomn \i. L'ÉGLISE i — i Augustin -
rite d être nommé le dot U i bien que
le docteur de la grâce. Ainsi s'exprime M. Specht, Die Einheit der Kirche, lsvi. p. I. et il approuve le
rient de Mœhler, /' !'■ 361 : i Pour la
profondeur du sentiment el la force de la pensée, depuis saint Paul rien de comparable aux liwes d'Augustin n'a été écrit sur l'Église. Il a complété, corridi passé les 1" Iles pages de saint Cvprien sur l'institution divine de l'Église, sur son autorité, ses carac i ssentiels, sa mission dans 1 • conomie de la ninistration des sacrements. Les critiques tants, Dorner, Bindemann, Bôhringer, el surtout Reuter, proclament hautement, et parfois exagèrent ce rôle du docteur d'Hippone. Et bien que Harnack refuse de tout
ner a celle idée, il n'hésite pas y écrire dans son Précis de l'hist. des trad. franc, p. -
C'est un des points sur lesquels Augustin affirme spécialement et renforce l'idée catholique. Il a été- le premier (!) à transformer l'autorité de l'Église en une puissance religieuse, et à faire à la religion pratique le cuirait /l'une doctrine de l'Église, i II n'est pas le ; mier, puisque, de l'aveu de Dorner, Augustinus, p. 88 sq., Optât de Milève avait exprimé le fond des mêmes doctrines; mais il a plus approfondi et syst tisé, en les complétant, les vues de saint Cyprien 1 1 d'Optat. — L'occasion lui fut surtout fournie par le schisme donatiste, dernier épis utro-
verses montanistes et novatiennes qui agitaient l'Église depuis le iit siècle. Voir col. 2277. Tandis que l'Orient remuait sous ses diverses faces le problème divin et christologique du Verbe. l'Occident, s.ms doute à cause de son génie plus pratique, se prenait à la question morale du péché sous toutes ses formes. C'était toujours le problème général de la sainteté de l'Église : Il cheur peut-il rester dans son sein, être pardonné ? En Afrique le problème se spécialisait, concernant spécialement la sainteté de la hiérarchie ecclésiastique doiiatisies.cn refusant d'accepter la validité de l'ordination conf.rie par un traditor, posaient a questions : Les pouvoirs hiérarchiques dépendent-ils de la dignité morale du prêtre? Comment accorder la sainteté de l'Église et l'indignité de ses ministres'.' Dans quelle mesure la vertu sanctificatrice des sacrements est-elle attachée au rite lui-même et à la personne qui le confère? Enfin le schisme, suite de ces contrôler-- s, soulevait un autre problème, celui de l'unité de l'Eglise. Pour l'exposé complet de la doctrine d'Augustin nous renvoyons aux ouvrages cités plus loin, spécialement à M. Specht. Nous indiquerons les principales idées du grand docteur : L sur {'institution de l'Égl vraie notion; 3° sa constitution intime: i son rôle doctrinal ; f>° son réle législatif; fi son rôle de s, met lion par les sacrements ; 7 l'eucharistie en particulier; 8 la pénitence; 9" le mari
I L'institution </<• l'Église comme mère des âmes et continuatrice de l'œuvre île Jésus-Christ. — I. .V (/<• V Église. — Augustin a très profondément décrit le plan du Sauveur pour le salut de l'humanité, plan diamétralement oppose a la conception individualiste de la
Béforme. Celle-ci en effet isole chaque fidèle (en principe du moins); son salut est affaire personnelle entre son âme et le Christ; nul prêtre, nul médiateur humain ne doit intervenir. Pour le docteur d'Hippone, au contraire, Dieu n'a laissé, dans aucune sphère, l'homme isolé : dans la vie physique et intellectuelle, il lui a donné la famille et la société; pour la vie surnaturelle, il lui a préparé une famille et une société, l'Église, dont le rôle, entouré de divines garanties, sera de lui donner la vie et de le conduire au salut. Jésus-Christ a été médiateur : l'Église sera médiatrice, perpétuera son œuvre, ou plutôt Jésus-Christ la continuera en elle et par elle. Voilà la thèse qu'Augustin développe sous mille formes : o) L'Église est la voie du salut : « Fuyez quiconque n'est point catholique, pour que le pardon, la résurrection, la vie éternelle vous soient accordés per xtnam veram et sanctam Ecclesiam catholicam. Serm., cr.xv, n. 9, P. L., t. xxxvin, col. 1076. — b) L'Église suprême autorité pour conduire l'humanité : Totum cuhnen auctoritalis lumenque rationis in illo uno salutari nomine atqie in cna ejus Ecclesia recreando et reformando humano generi constitutum est. Epiai., cxvin, c. v, n. 33, P. L., t. xxxm, col. 448. — c) L'Église vraie mère des âmes, Ecclesia mater spiritualis. Epist., xxxiv, n. 3, ibid., col. 132. — d) L'Église associée à l'Ilomme-Dieu dans cette maternité comme Eve à Adam. Serm., xxn, n. 10, P. L., t. xxxvin, col. 154. —
e) L'Église associée à la Divinité : Pater Deus est, mater Ecclesia. Serm., ccxvi, n- 8, ibid., col. 1081. —
f) L'Église épouse du Christ, dont les saintes fiançailles ont été célébrées au moment de l'incarnation dans le sein de Marie. In 1 Joa., tr. II, n. 2, P. L., t. xxxv, col. 1990; Serm., xu (coll. Denis), n. 2, P. L., t. xlvi, col. 853. — g) L'Eglise corps mystique du Christ, qui Si ra, avec son corps réel, représentée sous les symboles eucharistiques. Voir Eucharistie. — h) L'Eglise, vraie cilé de Dieu, royaume des cieux, figurée, annoncée à chaque page des Livres saints, par le paradis terrestre, l'arche de Noé, la cité sainte de Jérusalem, par Pierre et enfin par Marie elle-même. Voir Specht, Die Lehre von der Kirche nach dem h. Augustin, p. 9-26.
2. Nécessité de l'Église. — Hors de l'Église point de salut. Non seulement Augustin approuve le tameux mol de sainl Cypricn, sains extra Ecclesiam non est, mais il nous apprend que c'était la foi unanime même des sectes séparées : Quis negat? dit-il. De bapt., 1. IV, c. xvii, n. 24, P. L., t. XLHI, col. 170. Une autre formule de Cyprien : .Von habebit Deum patrent qui Ecclesiam nolueril habere mal rem, était souvent pré- Bente à sa pensée. Gont. lilt. Petil., 1. III, c. ix, n. 10, /'. L., t. xi.iii, col. 353. Aussi avec quelle énergie, dans tous sis écrits contre les donatistes, il leur ordonne de rentrer dans l'Église. Voir la lettre cxi.i, écrite par Auru-iin au nom des évoques de Numidie, n. 5, P. L., t. XXXIII, col. 579. Et dans le sermon au peuple de i. 6, /'. L., t. xi.iii, col. 695, il s'écrie: « Hors de l Église catholique, le donatiste peut tout avoir : il
peu) avoir les dignités,... les sacre nts,... les chants de
l'alléluia,... la foi et la prédication de la foi, mais le salut, nulle part il ne pourra le trouver, hors de l'Église catholique. •• L'Esprit-Saint qui vivifie l'Église ne vivifie plus 1rs membres qui en sontséparés. Epist., ci. xxxv, c. \i. n. 50, P. /.., t. xxxill, col. 815. Enfin, notre amour pour l'Église esl la mesure du Saint-Esprit en nous, lu Joa., tr. XXXII, n. ,s, /'. /,., t. xxxv. col. 1646.
:;. L'action immédiate de Dieu '/ans les <fme« n'est pourtant pas empêchée par ce rôle ordinairement indisible de I Église. C'est le reproche dis protestants : Aiigu^iiu l'avail prévenu. a) Dans l'Église, Dieu agit dans les âmes comme maître intérieur et inspirateur de tout bii n p i .> grâce. Voir col. 23-28, 2385sq. — b) Hors d est point lié les
nains il peul "|" rer dans les ftmes qui ne connaissent
pas encore l'Église, des merveilles de grâce, sans intermédiaire humain, non interposito /tontine, témoin le centurion Corneille qui reçut le Saint-Esprit avant d'être baptisé. Cont. epist. Parm., 1. II, c. xv, n. 34, P. L., t. xliii, col. 76. Cf. Serm., xcix, n. 11-12, P. L., t. xxxvin, col. 601-602; Serm., ccxxvi, n. 4-7, ibid., col. 1226 sq. Dieu agit ainsi, pour bien montrer que toujours c'est Lui, et non le ministre qui sanctifie: Cur igilur modo sic, modo autem sic, nisi ne aliquid hinc humanse superbise sed lolttm divinas grattas poteslalit/tie tribttalur? Serm., CCLXIX, n. 22, ibid., col. 1236. Conclusion : Dieu sanctifie parfois sans l'Église et les sacrements, jamais le contempteur des sacrements : Proinde colligitur invisibilem sanctifleationem quibusdam affaisse atque profuisse sine visibilibus sacramentis... nec tanten ideo sacramenlum visibile contemnendum est; nam contemptor ejus invisibilité»
SANCTIFICARI NULLO MODO POTEST. QuXSt. itl Hept., 1. III,
q. lxxxiv, P. L., t. i.xxxiv, col. 713. — c) Enfin, même quand intervient le prêtre et le sacrement, c'est toujours Dieu seul qui donne la grâce et sanctifie. C'est là une des idées favorites contre les donatistes qui attribuaient la grâce à la sainteté du ministre. C/tristus sanat, Cltrislus mundat, Christus juslificat, s'écrie-t-il... Et tanten addil [donatista]... : ego justi/ico,ego juslunt facio. Serm., ccxcn, n. 6, P. L., t. xxxvin, col. 1324. Et ce qu'il dit de l'action sacramentelle il le répète du ministère doctrinal :« L'enseignement extérieur n'est qu'un secours : il vous avertit : mais celui qui instruit les cœurs a sa chaire dans les cieux... Lui seul est votre maître, le Christ, etc. » In I Joa., tr. III, n. 13, P. L., t. xxxv, col. 2004.
2° Vraie conception de l'Église, conciliant sa visibilité et sa sainteté. — 1. Le problème. — L'erreur donalisle faisant dépendre le pouvoir sacramentel de la sainteté du ministre, devait aboutir logiquement à faire de l'Église la réunion des seuls justes, à l'exclusion de tout pécheur. Ce fut bien ainsi que les évêques du parti proposèrent leur système à la conférence de Carthage en 412. Brevic. coll., 3a dies, c. vin, n. 10, P. L., t. xi.iii, col. 629. Nous avons dit que les pélagiens les avaii ni encore dépassés. Voir col. 2383. Mais surgit aussitôt une effrayante difficulté: La sainteté personnelle étant invérifiable, qui est dans l'Eglise et où est l'Église? La visibilité disparaissant, il n'y a plus de société, plus d'autorité certaine. — D'après la conception catholique, l'Eglise est la société de tous les baptisés soumis à la hiérarchie ecclésiastique. La visibilité est sauve, mais la sainteté' ne va-t-elle pas s'éclipser'.' On peut être soumis au pasteur, être même pasteur, et en même temps criminel. — Entre ces deux conceptions, qu'a choisi Augustin. A en croire A. Harnack, Dogmengeschicltte, t. ni, p. 152-154, sa doctrine serait encore ici un tissu de contradictions. Tour à tour l'Eglise serait, chez le grand docteur, ou bien l'Église du ciel, cclt'slis SOCÎetaS, dont la terre ne posséderait qu'une pâle image, ou la grande cité de Dieu qui des l'origine du monde embrasse tous les esprits soumis à Dieu, même les anges, ou la communion des seules âmes actuellement saintes, seraient-elles hors de la société chrétienne, ou la société des seuls prédestinés, ou enfin la réunion des baptisés au sens catholique. Depuis longtemps les théologiens catholiques ont harmonisé entre elles ces diverses dé finit ions qui, répondant à des points de vue divers, ne ni exclusives, ni contradictoires. Voir Bellarmin, l)r Eccl., I. III. c. ix ; Stapleton, Princ. fid., con- Irov. 1\ I. I. c. vin ; Alticoz/.i, Suntma attg., t. III, p. 23- 48; Palmieri, De liant, pont., p, 59.
2. Solution. — o) La vérité est que saint Augustin a posé' en thèse et défendu mille fois contre les donatistes la conception catholique: l'Église est la société visible des baptisi ni à la hiérarchie: les pécheurs son!
véritablement dans l'Église. Les catéchumènes ne sont
AUGUSTIN SAINT
nplètemi ni de Il glise el li - h< i- Li déclaréi ■ i n lonl plus.
0) Quand il reslreinl l'Église aui seuls prédestinés ou aux justes, ce u'esl poinl contradiction, mais variété de point de nie: a. 11 considère ise de l'avenir,
de l'éternité, qui Bera délivrée de tout mélange de méchants, ht il nous en avertit « | <>': Ecce manifestai* est quod </ distinguenda i posa Lia 1 1 -i e... : nunc malos habere permixtos, omnmo non habiturom. Post coll., n. Il, P. /... i. xliii, col. 659. Cf. Serm., ccxxui, n. 2. P. L-, t. xxxvm, col. 1092; Serin., xi.vii, c. v. n. <>. ibid., col, 298. I □ particulier il songe souvent à l'Eglise, telle qu'elli dans la prescience divine, qui déjà sépare les boucs des brebis. Ci'. De doct. christ., 1. III, c. xxxii, n. 'i5, P. P., t. xxxiv, col. 82; De bapt., 1. V, c. xxvn, n.'.iS, P. L., t. mu, col. 196; I. IV. n. i, col. 156. — b. Ou encore dans l'Église militante elle-même il distingue deux marnera de lui appartenir: les pécheurs lui sont unis presque matériellement, sans participer à sa vie intime; les justes sont vivifiés en elle par le Saint-Esprit. Or, en comparaison de ceux-ci, les premiers, les morts, ceux qu'il appelle paire membrum, In Joa.,\r. XXVI, n. 13, hitmoees mati, lu 1 Joa., tr. III, n. 4, ne sont vraiment pas de l'Eglise, on dirait aujourd'hui de l'âme île l'Église. l.)e même, en comparaison des prédestinés, les futurs réprouvés, aujourd'hui dans l'Église, ne sont du corps du Christ que bien imparfaitement, surtout s'ils sont actuellement pécheurs, comme il les envisage dans ki règle fameuse (et ohscuivi, de corpore vero et perniixlo. De ioct. christ., 1. 111, c. xxxii, .n. 44, P. L., t. xxxiv, col. 82.. C'est le sens de celte formule qui donne toute sa pensée sur les pécheurs: ucc cimm.no ad illam Ecciesiam pertinere iudicandi sunt. De bapt., 1. IV, c. il, n. 4, P. L., t. xuii, col. 155.
c) La sainteté de l'Église ne sera donc parfaite et absolue que dans le ciel. Ici-bas elle est une sainteté de droit, de principe et d'efficacité, une sainteté de lait en un grand nombre: mais elle souffre le mélange de l'ivraie jusqu'au jour de la moisson. Qu'il suffise de citer Retract., 1. II, c. xvm, P. L., t. xxxii, col. G37; 1. I, c. vu, n. 5, col. 593; De civit., 1. XVIII, c. xlviii, P. L., t. xii, col. Gll.
3" Constitution divine de l'Église: origine, caractère sacre, organisation de la hiérarchie. — Augustin est loin d'avoir conçu l'Église comme un collège de memhr< s
ix qui un jour, pour conserver l'ordre, se donnerait lois et des administrateurs. C'est Jésus-Christ qui a imposé à l'Église sa constitution et Augustin nous en tracé les grandes lignes.
1. L'origine divine du triple pouvoir ecclésiastique est le fond sur lequel tout repose. Elle découle pour ILglise de sa mission de mère des âmes: pour agir sur ces âmes, elle a besoin d'une véritable autorité-. Aussi tout le pouvoir du Christ a été donné par lui à l'Égl BOC est tenu '/n:e tencl et possidel nmnein sut s/mnsi et
Domini potestateni, paroles de saint Cyprien qu'Augustin Eut siennes. De bapt., 1. IV. c. l. n. I, /'. L., t. xi.lll, col. l.V). Cette autorité surnaturelle a une triple fonction: enseigner, gouverner, sanctifier, ou pouvoir doctrinal. législatif, sacramentel. Les pasteurs, dit Augustin, ont reçu du Christ <ives pascendas hoc est docendas regeuftakflie. Voilà, avec le droit d'instruire, celui de gouverner; et voici le pouvoir sacramentel: minuter, id est dispensator vertu el sacrumcnli. Cont. litt. Pet., 1. III. c. i.v, n. 07, ibid., col. 38't.
2. Théorie augustinienne du sacerdoce chrétien. — C'est un fait certain que le grand docteur, en mettant en
lumière le sacrement de l'ordre, a montré aus>i la barrière infranchissable qui sépare le prêtre du laïque : el celle affirmation, selon le mol de Loofs, forme le pivot
de la doctrine romaine de la hiérarchie. Les meilleurs < rtliques protestants, Bôhringer, Aureliut Augustinus,
t. i. p. 17s. Harnack, etc., sont obligés de reconnaître que 1 1 plion d Augustin détruit leur chimèn
univ< m l et d.- i égalité de pom oir dani I les fidèles. — a) C'est Jésus-Christ lui-même qui a institué un - • ' i \. n. I. /'. /.., I. xxxill. 'Il' ment tiint du peuple, d.
dnt Augustin, la i 'lai.
jpouvoirs Bacrés d'enseigner, d'- pardonner, etc.,
n'onl pas été- donnée à lacommuna ulemenl
la communauté aux ap i leurs su .
Beurs. A eux seuls est confiée l'autorité, la praepot,
lu Joa., tr. XLI. n. 10.
/- Les pouvoirs hiérarchiques sont conférés, non la volonté- de la multitude, mais par l'ordination, qui
re li ministi e el !■ - pai e • " Augustin le premier, a dit Harnack, Dogn t. m, p. 150, nous donne une doctrine du sacrement de l'ordre, mais il ne lait que réunir l< - éléments eon'. d.ms la pratique ancienne. Et Iiorner. August p. 288, reconnaît qu'Optai de Milève avait déjà > xprimé les mêmes pensées. Voici les affirmations principal
0. L'ordre esl un vrai sacrement. — b. Il consacre le prêtre comme le baptême consacre le chrétien : ut, que (le baptême et l'ordination) tacranientum ctt el quadam ce ne uArumque homini datur: Ulud cnm baptizatur, illum cuni ordinalur: -, catholica uiru mijue min licet iterari. Cont. épis t. Pa
1. 11. c. xin. n. 28, P. L., t. XLIII, col. 71. — c. Il ; qui- h- prêtre d'un caractère indélébile: le clerc st-rait-il déposé, le sacrement le suit partout :... manel in illis ordinatis sacranientum ordinationis,et si aligna < quisquam et officiis removeatur, sacramento Domini semel imposito non carebit, quamvis adjudiciuni manente, De b . c. xxiv. n. 32. P. L.. t. \i. col. 39i. — d. Seul le prêtre peut offrir le sacrifice, etc. : nos offerimus $acriftcium,vobisnon licet. Serin., cxxwu, n. 8, P. L., t. xxxviii. col. 759.
c) Vainement on a essayé, ici encore, de trouver iLs contradictions chez le grand d S ns doute il re-
connaît dans tous les fidèles un sacerd. il, et
leur applique le regale sacerdolium de saint l'i 1 Pet., n. 9, et le mot de l'Apocalypse, x\. té - Dei et Christi, dans le 1. XX De civit., c. \. /'. L., t. xi. i. col. G7G, mais, comme Harnack le reconnai: cil., p. 139, il a bien soin d'expliquer que le vrai sacerdoce est réservé aux évêques et aux prêtres [qui l'ROPRIE iam in Ecclesia vocantur sacerdotes): les fidèles sont appelés prêtres uniquement parce que le baptême et la confirmation les ont faits - luChristAe pontife de
la loi nouvelle. Allicuzzi, Summa august., t. il, p 21G.
3. Organisation de la hiérarchie. — a) Saint Augustin nale les degii-s variés du ministère sacré. Lu diurs endroits de ses œuvres il énumère les divers ordrporlier. Serm., xi. vi. n. 31, lecteur. Serm., xvn. n. I, acolythe, Epis t., cxciv, n. 1. sous-diacre. Serm., a n. 8: les trois grands ordres qu'Optai de Milève appelait les trois sacerdoces, diaconat, prcsbxtérat et épiscop.d. sont souvent mentionnés: il parle aussi des métropolitains. De gestis cum Emerito, n. t. et de primat. primas, primas sedis episcopus, senex. Epist., nx. n. I. etc.
b) La supériorité essentielle de l'épiscopat sur le presbytérat a été reconnue par Augustin. Dans livre des hérésies, Ha?»\, ini.il signale celle d'Aériua qui l'avait niée. .". /... t. xi u. col. M). Ce passage doit
ner la lettre i xxxii à saint Jérôme, où une pi d'humilité pourrait être mal comprise.
c) Enfin au sommet de la hiérarchie, il a proclamé la primauté de l'évèque de Home, et reconnu li monarchique du gouvernement établi par Jésus-Christ dans son Eglise. On a \otilu essayer de faire de lui un
épiscopalicn qui admettrait l'égalité de tous les évêqnes et ne reconnaîtrait ni en saint Pierre, ni en ses successeurs une autorité souveraine. Telle était la thèse de Langen. Dans la première édition de la Realencyclopâdie de Herzog, t. i, p. 62i, on soutenait encore que, d'après Augustin, l'évêque de Rome serait seulement le représentant, le symbole de l'unité de l'Église, mais il n'en serait pas le principe par une véritable autorité souveraine. Mais les textes formels et toute la conduite de l'évêque d'Hippone, voir col. 2281, donnent un démenti à ces assertions. Specht, op. cit., p. 124-186, les a réfutées avec érudition. Augustin alftrme avec une clarté qui dissipe tout doute la primauté de Pierre entre les apôtres. Il faut lire la comparaison entre saint Cyprien et saint Pierre, De bapt., 1. II, c. i, n. 2, P. L., t. xliii, col. 127 : pour le martyre, ils sont égaux, mais quelle prééminence de dignité en Pierre, in quo primatus apostûi.orum tam
EXCELLENTI GRATIA PR/EE5IINET... Qllis eilin> ncscil illurn
apostolatus principatum cuilibet episcopatui prœferendum. Pierre, recevant les clefs, représentait l'Église ; mais non en ce sens que le pouvoir était remis à la communauté, comme le prétend encore, après tant d'autres, M. Herzog, Die kirchliche Sïtndenvergebung nach der Lehre der Id. Augustin, Berne, 1902, p. 33, 38, mais comme le chef d'un peuple représente ce peuple. In Joa., tr. CXXIV, n. 5 : cujus Eeclesiœ Peints aposlolus, pvopter apostolatus sui primatum, gerebatfigurala genevalitate personam.
2. Primauté du pontificat romain. — Saint Augustin est encore ici un témoin hors ligne de ce dogme : la transmission du principat de Pierre aux pontifes de Rome ses successeurs, est chez lui une doctrine incontestable; malheureusement la discussion entraînerait trop loin : nous renvoyons à Alticoz/.i, Summa aug., t. ni, p. 155-319; Schwane, Dogmengeschichte, t. n, §86, trad. franc., t. ni, p. 396; Specht, op. cit., p. 154- 187. Citons quelques pensées fondamentales — a) C'est la succession ininterrompue des évèques de Rome, successeurs de Pierre, à qui le Seigneur a confié tout son troupeau, qui retient Augustin dans la foi chrétienne : Tenet (me in Ecclcsia) ab ipsa sede Pétri apostoli, eut pascendas oves suas... Dominus commendavit, usque ad prsesenlem episcopalum successio sacerdotum. Cont. epist. Fund., c. iv, n. 5, P. L., t. xlii, col. 175.
— b) L'épiscopat romain apparaît comme le centre de l'unité et le garant de la véritable apostolicité de toute l'Église : car c'est à Pierre représentant toute l'Eglise que Jésus a dit : super liane petram... Epist., lui, n. 2, /'. /.., t. xxxiii, col. 196. — c) L'Église de Rome est la pierre invincible aux portes de l'enfer. Dans le Psalntus contra partent Donali, on chantait :
Nurnorate sacerdotes ab ipsa sede Pétri,
l.t in online illo Patrum quis cui successit videte.
EST PETRA QUAM NON VINCCNT INFERORUM P0RT/ÎC.
— d) A Rome a toujours résidé le principat de la chaire
tolique, ... Romante Eeclesiœ, in QUA SEMPEB \jpo-
8T01 h .1 r.\l ni un i; yiciii PRINCIPATDS. Epist., XLIII,
■c. m, n. 7, P. L., t. xxxn, col. 162. « Et pour ce motif, saint C\prien, se trouvant en communion avec Rome, De fui pas ému d'être condamné par un concile de ante-dii évéques. o Ibid, i Rôle doctrinal île l'Eglise. — 1. Le magistère infaillible de l'Église apparaît chez Augustin comme la vérité fondamentale. — «) <»n a déjà vu que l'Église esl pour lui, par les miracles qui l'entourent, la garantie et la preuve du christianisme. Voir col. 2341. Il la place au-dessus même de l'Ecriture et de la tradition, en ce qu'elle est la suprême re^le d'interprétation de l'une et de l'autre. Ibid. C'esl en «Ile, et en particulier dans l'Église romaine, que réside le culmen auctoritatis : cui nolle primas dore vel summpe profecto impielalis est, vel prsecipilts arroganlite. De uliltl. ■
c. xvn, n. 35, P. L., t. xlii, col. 91. Cf. Epist., cxvm, au païen Dioscore, n. 32, P. L., t. xxxiii, col. ilS. — b) L'infaillibilité est le privilège divin de son enseignement. Augustin assure avec saint Paul, I Tim.. ni, 15, que dans le plan divin, ipsa est prœdcstinata COLDMNA
ET FIRMAMENTUM VERITATIS. In Ps. CUI, n. 17, P. L.,
t. xxxvn, col. 1350. Elle est le rempart inexpugnable de la vérité, les hérésies sortent de son sein, mais jamais les portes de l'enfer ne prévaudront. De symb. ad calech., serm. i, n. 14, P. L., t. xl, col. 635. L'attaquer c'est errer: hoc habet aictoritas matris Ecclesiœ, hoc fundatus veritatis oblinet canon : contra hoc robur, contra hune inexpugnabilem murum quisquis arietal, ipse confringitur. Serm., ccxciv, cxvm, P. L., t. xxxvni, col. 1346. — e) La source de cette infaillibilité est dans l'assistance permanente du Christ qui la gouverne par son Saint-Esprit. En. in Ps. lyi, n. 1 : Caput positum in cazlis... gubernat corpus suum. Aussi nulle nouveauté hérétique ne peut l'envahir, régente atque adjuvante capite totuiu corpus suum. De nupt. et conc, 1. I, c. xx, n. 22, P. L., t. xliv, col. 427. Sans cette inhabitation du Seigneur, rien ne préserverait de l'erreur. En. in Ps. 1.x, n. 12, P. L., t. xxxvi, col. 122 : ipsam quse nunc est, Ecclesiam NISI Dojiinus inhaisitaret, irel in errorem qttamlibet studiosissima specu/alio. Aussi la condamnation de Pelage a-t-el!e été prononcée in adjutorio Salvatoris,qui suant tuetur Ecclesiam. Epist., exc, n. 22, P. L., t. xxxiii, col. 865. Ci. De bapt., 1. VII, c. lui, n. 102, P. L., t. xliii, col. 243.
2. Les conciles sont le premier organe de cette infaillible magistère, — Les critiques protestants prétendent que saint Augustin n'a jamais su indiquer un organe certain de l'infaillibilité de l'Eglise : qu'ils étudient mieux sa théorie des conciles. En général il distipgue les conciles particuliers qux per singulas regiones vel provincial (iunt, et les conciles universels, plenaria quse fiunt ex universo orbe chrisliano, De bapt. cont. don., 1. II, c. ni, n. 4, P. L., t. xliii, col. 129 : entre les deux il place les conciles pléniers d'un vaste pays, par exemple le plenarium totius Africse concilium d'Hipponeen 393. Or pour lui la décision d'un concile vraiment universel est infaillible. — Preuves : a) Aux pélagiens il disait : On peut supporter les disputes avant un concile; mais après ce serait ruiner les fondements de l'Eglise. Serm., ccxciv, c. xxi, n. 20, P. L., t. xxxvm, col. 1348. — b) Avec les donalistes, il reconnaît de même l'hésitation légitime de saints évèques, donec plenario totius orbis concilia, quod saluberrime sentiebalur, cliam REMOTIS DUBITA.TIONIBUS FIRMARETUR. De baj)t., 1. I, C. VII, n. 9,
P. L., t. xi. m, col. 114. Quel est ce concile qui a défini la validité du baptême hérétique? On sait qu'il est malaisé de le décider. Augustin y revient sans cesse, il dit même, ibid., 1. II, c. ix, n. 14, col. 135, que ce concile a précédé sa naissance, posl Cypriani guident jmssionem, antequam nos nali essenms, S'agit-il du concile de Nicée en 325, d'Arles en 31 î ? On trouvera ces diverses opinions discutées par .1. Ernst, .1 ugustins PlenarconcilàberdieKetzerlauffrage,ia.nsZeitschri(tfùrkath, Theol.. Inspruck, 1900, p. 292-325. Mais ce qui est indiscutable, c'est que pour le saint docteur, cette décision d'un concile tranchait à jamais la question. Cf. Epis/., XLHI, c. vu, n. 19, /'. L.. t. xxxiii, cul. 169. — c) On oppose le fameux passage De bapt., I. II, c. III, n. i, /'. L., t. xliii, col. 129, où il est dit : ipsa plenaria (concilia) ssepe priora posterioribus entendari. Mais les critiques protestants n'ont point observé que les plenaria concilia ne peuvent être ici des conciles œcuméniques : le mot SBSpe en est une preuve. Y avait-il eu un si grand nombre de conciles universels? Y avait-il un seul exemple de concile de ce genre, corrigé par un concile postérieur? De plus entendari peut très bien signifier les changements en matière de discipline < t non de foi.
AUGUSTIN SAIN
2ilG
:;. L'infaillil ' aussi avi c éclal de
la docli ine 1 1 de la i onduile m< mi de l'évi |ue d llippone, A titre d'exemple, voici quelques traits des i lions i changi es avec Rome dans la lutte contre Pelage. — a) Les leltr igustin el de ses. col-
lègues à Innoi ent I", / pitt., < i xx\ i, au nom du concile de Milève i □ i 17. el i i uvu, li lire collective d' Augustin et d'autres évéques, attestent la primauté de l'évêque de . Dans la première on dil : c'est un devoir de nir .i la sedes aposlolica el à Bon ministère pastoral. Dieu dirige spécialemenl le pape dans ses conseils, te i nj, re consulentem, et ot antem Epist., i:i.xxvi, ii. ."), /'. L., t. xxxiii, col, 764. Son autorité est affirmée par l'Écriture sainte, etc. Ibid. — l Innocent I " ayant affirmé dans sa réponse la primauté doctrinale de Rome, Epist., clxxxi, n. I. ibid., col. 780; Epist., clxxxii, n. 2, col. 784, Augustin approuve ces réponses. Epist., ci.xxxvi, à Paulin de .Noie, n. 2. col. 817. — c) 11 reproche à Julien d'Éclane de n'avoir pas écouté le pape Innocent dont les réponses ne pouvaient trahir l'ancienne doctrine de l'Église. Cont. lui., I. I. c. iv, n. 13, /'. l., t. xi. iv, col. 618. - d) Enfin, d'après Augustin, la réponse du pape tranche à jamais le débat : elle est donc irréformable et infaillible. Si la formule : Roma locuta est, cousu fini la est, n'est pas en ces termes de saint Augustin, on en trouve l'équivalent absolu dans le sermon < \xx (du 2'3 septembre 117), n. 10, P. L., t. xxxviii, col. 73i : De hac causa (pélagianisme] duo concilia missa sunt ad sedeni aposîolicam : inde etiam rescripta vekerunt : causa FIN1TA kst. Utinam aliquando finiatur error. Ainsi l'épiscopat romain c'est le siège apostolique par excellence ; des conciles sont soumis à son jugement et n'ont de valeur qu'avec son approbation. Quand Home a répondu, tout est tranché, sans allusion même à un consentement de l'Église.
5° Le gouvernement ecclésiastique des âmes. — Saint Augustin en signale le pouvoir législatif et le pouvoir coercitit. — 1. L'existence de ce pouvoir législatif, de ce qu'il appelle Ecclesiœ régime», dont. Jul., I. III, n. 1, n'est pas douteuse pour lui : D'un cùté sont les prsepositi, per //nos Ecclesia nom- gubernatur, De ciiit., 1. XX, c. ix, n. 2, P. L., t. xi. i, col. 673, et de l'autre la multitude à gouverner, plebs regenda. Epist., xi.ni. c. v, n. 16, /'. L., t. x.xxiii, col. 167. Le droit de gouverner exige le devoir strict d'obéissance dans les sujets, et Augustin le répète souvent : pertinent ad nos euro. a<l vos obedientia. Serm., cxlvi, n. 1. P. /... t. xxxvm, col. 1796. — "2. l'n certain pouvoir coercitif est la conséquence, d'après Augustin, «lu pouvoir des ciels : o L'Église a reçu avec les clefs le droit de lier et de délier. Si quelqu'un méprise ses réprimandes el ses corrections, qu'il soit, dil le Seigneur, comme un païen et un publicain. > De bapt., I. VII, c. i.i. n. 99, /'. /.., t. xi. in, col. 241. Quant à l'exercice de ce droit, le saint docteur nous décrit les sanctions de son temps i n termes : corripiendo , degradando, excommunicando, cseterisque coercitionibus liciiis aique . qux
soleil lutitnlis poee, ni Pcclesia guotidie fiunt. Post coll., c. iv, n.6, /'. /.., t. xi. ni, col. 0,")6. — 3. En particulier il est intéressant de voir Augustin nous décrii deux excommunications qui seront plus tard ap|> majeure et mineure : celle-ci. de nature pénitentielle, prive île certains avantages, mais sans rompre l'union
l'Église : ne, /ne enim a popu D nus,
dégradant !i ad liumi-
liorem poenitendi locum redigimut Posi coll., c. x\. n. 28, P. L., t. xi m. col. 669. C . /" P*. i /. serm. i, n. 2. P. I... i. xxxvm, col. I295. L'autre excommunication au contraire, radicale el complète, retranche entièrement les membres inguérissables, inttmabilia t&ra Epist., clvii, c. ni. n. 22. c Ce que l'ancienne loi réalisait par la peine de mort, cette excommunica-
tion le produit dans M . in 1 I. V,
MX. /'. 7.., t. xxxiv, col. 761. .
pendant ceui qui seraient victimes d'une excommuni- ; , la obi iaaent, el alors t»on-
i ■ naneant, De bapt., I. I, c. x\n,