V. Enseignement.— l'Enseignement primaire. —La
liberté d'enseignement est fort restreinte en Autriche;
les établissements privés sont sou-- le contrôle continuel de l'Étal qui a sur les programmes el mu- le personnel une autorité à peu près complète.
Le concordat de 1855 avail inauguré' une tout autre organisation en faisant de el de leurs collabo-
rateurs les agents de cette inspection dans tous 1rs élaments publics et privés. Art. .Y Omnis juventutis catholicœ instituait in cunclis sc/ioli* tam publias vatiSjConformiseritd atho-
2GII
AUTRICHE ÉTAT RELIGIEUX DE V
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nere dirigent religiosam juvenlutU educationem <>< (minibus instruction^ lotis et publiât et privatit,atque diligenter invigilabunl ut m quavis tradenda disciplina nihil adsit quod catltolicç religioni morumquc honestati a tversetur. -- Art. 7. lu gymnasiitet omnibus quas médias voi ai | . ntute i atholica de-
ttinatis, non nisi viri catholici m professores seu magistros nominabuntur, et omnis inslitutio ad vitss • l" lem cordibus inscribendam pro rei quse
trai talurnaturaconiposita erit... — Art. s. Omnis tcholarum elementarium pro calliolicis destinatarum magistri inspectioni ecclesiasticss tubditi erunt. Insperes scholarum diœcesanos Majestas Sua l isab antistite diœcesano proposilis nominabit... In ludimagistrum assumendi /ides et conversatio intemerata sit oportet.
Avant même que le concordat lïit dénoncé, les lois des 25 mai 1868 et 14 mai 1869 avaient profondément modifié ces dispositions essentielles. L'inspection axait été retirée aux délégués des évêques, et le principe de l'école confessionnelle était remplacé par celui de la neutralité scolaire. Les écoles normales d'instituteurs étaient devenues mixtes, c'est-à-dire pratiquement étrangères à toute croyance.
Cette situation s'améliora plutôt au cours des années suivantes, à la suite des réclamations des évéques et de l'action des sociétés fondées pour la défense de l'instruction chrétienne. L'enseignement du catéchisme est donné dans toutes les écoles; les emblèmes religieux ont été rétablis là où l'intolérance sectaire les avait enlevés; la prière est faite avant les classes, les enfants sont conduits à la messe les dimanches et à certains jours de fêle; enfin on veille à ce que ceux qui ont l'âge s'approchent au moins trois fois par an des sacrements.
Ceci explique le développement peu considérable de l'enseignement libre ; à côté de 19000 écoles publiques, il y a environ 1 000 écoles privées entretenues, pour un certain nombre, par les catholiques, surtout dans les pays où la religion dominante n'est pas le catholicisme; mais étant données les garanties fournies aux élevés des écoles de l'État, la population des écoles privées ne représente que l p. 100 de l'ensemble des enfants qui fréquentent les écoles populaires.
Des écoles normales catholiques existent au nombre de 11 contre 77 écoles normales neutres ou acatholiques; 99 ecclésiastiques sont attachés aux établissements dirigés par l'État en qualité de « professeurs de religion ».
2» Enseignement secondaire. — Pour l'enseignement secondaire, ou moyen, comme on le désigne ordinairement en Allemagne, il \ a 15-2 gymnases (lycées) et 03 « écoles réaies » donnant ce que nous appelons en France l'enseignement moderne. 38 de ces gynm sont des établissements libres, et sur ce nombre, 17 sont entretenus par les évéques ou les ordres religieux.
Sur 62 107 élèves de l'enseignement moyen, ôl 163 appartiennent à la religion catholique, 1500 sont protestants et 8500 sont israélites. Le corps enseignant comprend 318 ecclésiastiques catholiques, chargés d'j donner l'instruction religieuse; les fondions purement spirituelles d'aumônier et celles de s professeur de religion «sont en effet distinctes, In général, les ecclésiastiques ne sont pas exclus de l'enseignement public : on en compte 153(17 p. 100) parmi les professeurs de gymnases et 175 (9 p. 100) dans le corps professoral des écoles réaies. L'enseignement religieux lait partie intégrante du programme pour les élèves qui ne sont pas déclarés -sans religion » (konfessionlos) ; il figure puorsa pari dans les examens ,-t les jeunes gens qui ont achevé leur éducation secondaire en Autriche ne présentent que ires rarement les déplorables lacunes religieuses que nous constatons en France chez beau-
coup d'anciens élèvi ■ d<
nombre d'anciens élèves de l'enseignement lil
:. Emeignement supérieur. L'en eignement rieur est reçu dans les universités qui sont au non de « : Vienne, Graz, Innsbruck, Lenil Czernovitz et enfin, la double université de Pragui In I88i, en effet, il a lallu, pour mettre tin aux tiraillements entre bs aeux partis, donner à chacun d'eux une université avant s,,„ existence indépendante.
L'université de Vienne a été fondée en l.'X'k"» ; au milieu du w- siècle, la faculté de théologie fut définitivement organisée ;à celte époque, le nombre desétud variait entre 5 et 7000. Kn 1551. les jésuites entn dans I.- corp- enseignant. On était en pleine lutte o i le protestantisme, et h-s nouveaux maitri ivoir
eu quelque difficulté, comme ailleurs, accepter,
rendirent de très grands à la solidil
leur doctrine et à la nouveauté- de leurs méthodes était temps, en effet, de remplacer l'arme émoussée de la controvi i îtique et de demander à l'histoii
à la patristique, non pas des arguments nouveaux, i une manière nouvelle de faire valoir li s anciens.
La décadence du xvnr siècle fut accélérée par li • firmes que le pouvoir impérial prétendit introduire dans les statuts des universités; une doctrine décentralisation et d'absolutisme, même en fait de questions ligieuses, ne s'accommodait pas des restes d'auton. : qu'elles avaient conservés. Les bâtiments grandioses construits sous Marie-Thérèse et inaugurés en 1756 n'abritèrent que les ruines d'un brillant passé, et la suppression des jésuites en I77IS ne fut qu'un incident de la lutte entre la bureaucratie et l'esprit scientifique.
L'empereur Joseph II mit la dernière main à l'œuvre de ses prédécesseurs, et il fallut attendre le milieu du xix« siècle pour retrouver dans les chaires tb de l'université viennoise des hommes à la fois doct indépendants, tels que furent Fessier, le P. Schradi le P. Guidi, depuis cardinal; ces grands savants ont eu des continuateurs qui, jusqu'à ce jour, donnent un < nseignement digne de l'antique université dont ils ont eu a rajeunir les traditions et à soutenir le presl
Les protestants ont fondéà Vienne une faculté de théologie évangélique, mais ils n'ont pas encore réussi faire incorporer à l'Université; elle ne compte d'ail] que -J.") étudiants.
L'université de Graz fut, des sa fondation, en ' conliée aux jésuites; huit ans après la dispersion d Compagnie, elle fut à peu prés anéantie par Joseph II. la faculté de théologie fut transformée en sémio général pour les provinces du sud. les bien
réduits ne comprenaient plus que ti et les professeurs v donnaient un enseignement conforme aux programmes établis par le gouvernement lablie en 18-27. l'université a retrouve son vérita esprit de travail indépendant et de recherches laboi
Ses; elle est fréquente., par les étudiants dalm.it. •
triestins et, comme le montrera le tableau ci-.q : elle est asseï florissante.
L'université d'Innsbruck est le développement d'un collège ouvert par les jésuites au commencement xvii siècle; la faculté' de théologie date de 1669. Supprimée en 17M par Joseph 11. après avoir été • sée en 177:!, elle ne l'ut réorganisée qu'en 1808 par le gouvernement bavarois a qui appartenait ryrol. La rentrée des jésuites, en 1838, lui rendit quelque chose de sa vitalité, mais ce n'est qu'.q qu'elle a pris sa forme actuelle. C'est, en effet faculté théologique d'Autriche qui soit confiée i 11 < pagnie de Jésus, encore n'est-ce pas à titre ■bsolan exclusif, car des séculiers comme M. KatschthaJi t M. Bickell, le célèbre orientaliste, aujourd'hui seura Vienne, ont occupé' des chaires a Innsbruck.
L'université de Lemberg fut fondéeen 160
AUTRICHE (ETAT RELIGIEUX DE L'
simir de Pologne ; les jésuites avaient depuis 1606 à Lemberg un collège et, comme à Graz,à Linz et à Salzbourg, l'enseignement donné par les jésuites avait pris une grande extension. C'est une conception toute moderne et même purement napoléonienne que celle d'une division de l'enseignement en trois compartiments étanches ; l'enseignement supérieur n'est que le développement de ce que nous appelons les études secondaires; la poésie et l'éloquence placées par Napoléon dans les facultés de lettres appartenaient aussi bien aux programmes de la classe de rhétorique ; la philosophie est l'introduction naturelle à l'étude des sciences théologiques et juridiques et dans les collèges d'autrefois on passait de plainpied d'une étude à l'autre, quand on ne les menait pas de front. La science ne doit-elle pas être une dans son principe, ses méthodes et son but? C'est ainsi que, dans leurs collèges, les jésuites étaient amenés à professer les sciences sacrées et ils le firent avec succès jusqu'à leur dispersion.
Fortement secouée par le départ de ses principaux maîtres, ébranlée aussi par les révolutions politiques après lesquelles la Galicie devint une province autrichienne, l'université de Lemberg tut restaurée par Joseph II, en 178i, pour empêcher les jeunes Polonais d'aller faire leurs études à Vilna ou à Varsovie, mais ce ne fut qu'avec des privilèges bien amoindris et un personnel très restreint. Réduite en 1807 au rang de lycée, elle fut rétablie en 1816 et a retrouve'' une partie de son autonomie. Malgré le voisinage de Cracovie, elle reçoit de nombreux étudiants.
L'université jagellonique de Cracovie fut fondée en 1864, un an avant celle de Vienne, par une bulle du pape Urbain V; elle était en décadence complète, quand un chanoine de Cracovie, ardent patriote, Hugo Ivollatai, en entreprit la restauration et en devint recteur; l'œuvre prospérait quand commença une période agitée au cours de laquelle Cracovie passa successivement de la domination de la Prusse (179i) à celle de l'Autriche (1795), puis fit partie de l'éphémère grand-duché de Varsovie en 1809 et devint en 1815 une minuscule république indépendante qui ne lut définitivement absorbée par l'Autriche qu'en 18i6. Kollatai n'avait pas abandonné son université, mais il luttait contre de plus forts que lui; l'université fut fermée el le recteur lut détenu pendant plusieurs années à La citadelle d'Olmutz.
En 1879 l'évèché de Cracovie fut rétabli et en 1886 une organisation nouvelle lut donnée à l'université qui a retrouvé une belle vie intellectuelle, grâce aux éminents professeurs qui y ont enseigné.
L'université de Prague est la plus ancienne des Etats autrichiens : elle remonte à 1348 el sa (acuité de théologie fut ouverte en 1368. Elle fut mêlée aux querelles nationales et dogmatiques de la lin du moyen âge et ses professeurs ne furent pas toujours du coté de l'orthodoxie; le protestantisme j trouva aussi de nombreux partisans ci les Habsbourg tondèrent, pour lutter contre ces tendances, l'établissement rival des jésuites (1556). En 1652, quand la paix religieuse lui à peu près rétablie, les deux groupes universitaires furent tondus ensemble, mais en 1881 une nouvelle scission se produisit : Allemands e| Telle. pies ne pouvant plus Cohabiter dans une
même université, se séparèrent el ce dédoublement a donné satisfaction aux deux partis; la rivalité subsiste mais limitée au lerrain scientifique, el cela, espérons-le, pour le plus grand bien de la science.
La fondation de l'université ruthène de la Czernovitz ne remonte qu'à peu d'années et les résultats obtenus sont encore modestes,
Dans toutes ces universités, les chaires sont donie es sur la présentation des autorités académiques, mais il est à remarquer qu'un très grand nombre de maîtres sont pris en dehors de l'Eglise catholique, parmi les indifférents el aussi parmi les adversaires de nos
croyances. Dans les pays les plus croyants, comme à Innsbruck, certaines chaires importantes sont données à des protestants ou à des israélites; l'enseignement, quelle que soit d'ailleurs sa valeur scientifique, est donné parfois dans un esprit hostile à la religion. C'est pour parer aux dangers d'un tel enseignement que les catholiques d'Autriche ont formé le projet de fonder à Salzbourg une université libre et catholique; des souscriptions considérables ont été recueillies déjà et tout porte à penser que d'ici à quelques années les difficultés administratives s'aplaniront et permettront l'ouverture d'un établissement qui honorera à la fois la science et la loi des Autrichiens.
Voici sur les universités autrichiennes quelques indications statistiques datant du semestre d'été 1899 :
n'ps enseignant.
Faculté de
théologie catholique.
Professeurs
Profess.
ordinaires.
Élèves.
Etudiants.
Innsbruck. . . .
Prague-Allemand.
Prague-Tchèque .
Lemberg ....
Cracovie ....
Czernovitz. . . .
Les étudiants se divisent sous le rapport du culte en
12 878 catholiques, 2 811 israélites, 515 grecs orientaux et 509 protestants. Il faut remarquer le 1res grand nombre d'étudiants israélites; ils sont 149 à Czernovitz (42 p. 100), 330 à l'université de Prague (28 p. 100), 35i à Lemberg (19 p. 100), 202 à Cracovie (17 p. 100) et 1292 à Vienne (24 p. 100).
Aux facultés de théologie des universités il faut en ajouter deux qui sont indépendantes : celle de Salzbourg, vestige de la puissante et savante université confiée à l'ordre bénédictin en 1620 par l'empereur Ferdinand II, sécularisée en 1802, el bientôt disparue, elle fut relevée en 18ii pour être définitivement fermée en 1848, mais la faculté de théologie a survécu sous l'autorité du prince archevêque et le contrôle du gouvernement qui l'assimile à un séminaire. Il en est de même de la faculté d'Olmutz conservée, quand l'université de cette ville disparut en 1855.
1° Séminaires. — Conformément aux prescriptions du concile de Trente, sess. XXIII, c. xvm, des séminaires s'ouvrirent en Allemagne dès les dernières années du xvic siècle. L'évêque d'Augsbourg fonda le sien en 1566, celui de Constance en 1567, celui de Salzbourg en 1569.
La forme de ces établissements différait notablement de celle qu'une longue expérience a fait prévaloir; comme il a été indiqué plus haut, les institutions où se donnait L'enseignement littéraire s'adjoignaient des professeurs spéciaux quand les sujets se présentaient pour étudier la philosophie, puis la murale ci la pastorale ; lorsqu'il n'y avait pas à proximité une université' qui pût donner les cours de théologie dogmatique, un ou plusieurs professeurs étaient chargés de cel enseignement. Telle était, par exemple, la forme du collège dirigé à Olmutz par les jésuites; le collège date de 1560, le séminaire «le 1574; en 1579 il y lut adjoint un convict (séminaire interne) ouvert aux jeunes gens catholiques originaires des pays Scandinaves el des et. its protestants du nord de l'Allemagne. A Grai le séminaire est ouvert
13 ans après le collège, à Linz les cours de philosophie commencent en 1669, ceux «le théologie en 1672.
Les villes épiscopales ne tardèrent pas à avoir tontes un séminaire : Trente en 1580, Gurk en 1588, Laibach in 1597, Klagenfurl en M'"11"'. Brixen en 1607,
A Vienne [es ji -mies avaient fondé divers séminaires :
AUTRICHE (ETAT RELIGIEUX DE I-'
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séminaire convict, 1551-1773; séminaire du i 1573-1753; slumnat <i< Klosel, 1618-1756, qui furent remplace s en 1758 par un - minairc archii piscopal.
Le petit séminaire fondé a Vienne en 1856 est, depuis 1881, .i Oberhollabrûnn.
Le séminaire central pour les grecs catholiques a été fondé en 1 849.
De pi us VAuguttineum et le Patmaneutn reçoivent