DICT. DE T1IÉOL. CA1U0L
limites du devoir et par conséquent une source de péchés :
Quid lion mortalia pectora cogis
Auri sacra lames ?
Virgile, Enéide, 1. ni, 56.
Il faut conclure que l'avarice est comptée à bon droit parmi les péchés capitaux : Avarilia est principale vitium quia respicit ad pecuniam quœ habet quamdam principaiitatem inter boita sensibilia. S. Thomas, Sum. theol., IIa II», q. cxvin, a. 7.
Quels péchés naissent de cette source? Saint Grégoire, Moral., 1, XXXI, c. xlv, n. 88, P. L., t. lxxvi, col. 621, en énumère sept qui constituent comme l'armée spéciale de ce chef qui est l'avarice : Habenl contra nos hœc omnia exercitum suum... De avaritia, prodilio, fraus, fallacia, perjuria, inquiétude), violentise el contra misericordiam obduraliones cordis oriuntur. Saint Thomas, toc. cit., a. 8, appelle ces péchés les filles de l'avarice : trahison, fraude, tromperie, parjure, inquiétude, violence et insensibilité à l'égard des malheureux. Et voici en quels termes il en établit la généalogie : « L'avarice, qui est un amour trop grand des richesses, excède de deux façons. D'abord elle tient trop à la conservation des biens, et de là résulte l'insensibilité, car le cœur de l'avare n'est point touché par la compassion, ni porté à secourir les malheureux. Ensuite l'avarice excède dans la recherche de la fortune ; et sous ce rapport on peut encore la considérer de deux manières. Premièrement dans l'affection de la volonté, elle produit l'inquiétude, parce qu'elle cause à l'homme des soucis et soins superllus, selon ce qui est dit dans l'Écriture : « l'avare ne sera jamais «rassasié d'argent. » Eccle., v, 9. Secondement dans ses effets extérieurs, elle emploie quelquefois la force pour s'approprier le bien des autres, ce qui est la violence; quelquefois le dol, qui s'appelle la tromperie, s'il consiste en une simple parole; le parjure, si on y ajoute un serment; la fraude, s'il est commis par des actes et a pour objet des choses; la trahison, s'il a pour objet des personnes, comme on le voit par l'exemple de Judas, qui trahit le Christ par avarice. »
IV. Remèdes. — Les moralistes et les auteurs ascétiques ont recherché des remèdes contre le vice d'avarice. Nous groupons sous trois titres les principaux d'entre ces remèdes.
/. CONSIDÉRATIONS D'ORDRE SURNATUREL. — Ces considérations porteront sur deux points : 1° L'exemple de N.-S. J.-C. — Jésus était maître de toutes les richesses du monde; pourtant il a voulu naître, vivre et mourir dans la pauvreté : egenus factus est cum esset dives. II Cor., vin, 9. Il est né dans l'étable de Bethléhem; il a vécu du travail de ses mains dans l'atelier de Nazareth; il n'axait pas, pendant sa vie publique, où reposer sa tête, Luc, ix, 58; il est mort dans le dénûmenl du Calvaire et lut inhumé dans un sépulcre d'emprunt. Cette leçon ne peut rester sans profit pour une aine qui a gardé la loi.
2" La difficulté du saint pour les riches. — Qu'il nous suffise de rappeler quelques textes scripturaires en ce sens : Barucb, ni, 18-19 : « Où sont ceux qui ont amassé dans leurs trésors l'argent el l'or en qui les hommes mettent leur confiance? Ils ont été exterminés et sont descendus dans les enfers. » — Matth., xix, 24 : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille, qu'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux. » — Luc, VI, 24 : « Malheur a vous, riches, parce que vous avez ici-bas voire consolation. » — I Tint., VI, 9 : « Ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et le piège de Satan, et dans de nombreux
désirs vains et pernicieux qui c luisent l'homme à sa
perte et à sa damna lion. »
II. CONSIDÉRATIONS D'ORDRE RATIONNEL. —I" L'avare n'est pas heureux. — D'abord il ne jouit pas de sa
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A V Ali ICI. — AVERROÏSME
fortune. Sa passion, que rien no rassasie, lui in mus relâche des fatigues 1 1 des privations. Ensuite il vit dans une perpétuelle inquii lude de perdre ce qu'il a amassé. <m sait quel parti oui tir.'- de cette crainte étroite el incessante les psychologues qui portent sur la scène les travers de l humanité. Enfin, il est et se sent odieux à tout le monde : aux pauvres pour qui il n'a que des duretés; aux ^'ik d'affaires qu'il a essayé d'abuser; à Bes serviteurs qui attendent leur salain ; à sa Camille même qui soutire- de privations contre toute
raison.
2 L'avare sera bien obligé de quitter tout à la mort. — i Nous n'avons rien apporté en ce monde; il n'est pas douteux que nous n'en emporterons rien non pin
I l un., vi, T. Dès lors, à quoi bon les soucis de l'avare? Après lui ses biens seront le partage des autres, peutêtre de ses enfants, peut-être de parents éloignés, peutêtre même d'étrangers, qui lui garderont peu ou point de reconnaissance. Saint François de Sales écrit dans I Introduction ù la vie dévote, part. IV. c. x. Œuvres complètes, Paris, 1885. t. I, p. 216 : « Si vous êtes inclinée a l'avarice, pensez souvent à la folie de ce péché qui nous rend esclaves de ce qui n'esl créé que pour nous servir; qu'à la mort, aussi bien faudra-t-il tout quitter et le laisser «'litre les mains dé tel qui le dissipera ou auquel cela servira de ruine et de damnation. »
///. actes contraires. — En vertu de l'adage : contraria contrariis curantur, l'avarice doit être combattue par l'exercice des vertus qui lui sont opposées, libéralité, justice, charité; el pi us particulièrement par l'accomplissement du devoir de l'aumône. Saint François de Sales, lue. cit., ajoute aux paroles que nous avons rapportées : « Violentez-vous à laire souvent des aumônes et des charités. » L'aumône a une double efficacité pour la guérison de cette maladie de l'àine qui est l'avarice : l'une directe, car elle réagit par sa nature même contre la tendance de ce vice; l'autre indirecte. car elle est une œuvre méritoire qui obtient de la bonté' de Dieu, pour celui qui l'accomplit, des grâces de conversion et de sanctification. Il est écrit au livre de Tobie, iv, 7: « Faites l'aumône de votre bien et ne détournez \otre visage d'aucun pauvre; la conséquence sera que le Seigneur ne détournera pas non plus son visage de vous. »
S. Th as, Sum. theol., II' II', q. c.xviu: S. François de
Sales, Introduction à lu vie dévote, paît, m, c. xiv-xvi. part. IV, c. x, Œuvres complètes, Paris, 188Ô, t. i, p. 142-151 Busœus du Buis), Panarium «eu summa remediorum spiritualium, v Avaritia, Paris, 1894, t. i. p. 26 sq. ; Ferrais, Bibliotheca canonica, juridica, moralis, etc., v* Avaritia, Venise, 1770, t. i, p. 177 sq. ; Noël Alexandre, Tract, de peccatis, c. \. De avaritia, dans Migne, Theol. curs. compl., t. xi. coL 819- 951 ; s. Liguori, Theol <gia moralis, I. V, TV. de peccatis, n. 68- 70, Paris, 1884, t. t. p. 259 sq. ; et tous les auteurs de théologie morale clans lu traité De peccatis.
A. Beugnet.
AVÉDIKIAN Gabriel, religieux mékitariste de Venise, né a Constantinople en 1750, el mort dans les derniers jours de l'année 1827 au couvent de Saint-Lazare à Venise. Envoyé jeune encore audit monastère, après y avoir achevé ses études, il tut ordonné prêtre, et eboisi en 1785 comme maître des novices, Fn 1799, il fut élu vicaire de l'abbé général Etienne Melponian; a la i ut ii-t de celui-ci, en 1809, il l'ut désigné comme locum tenens. L'abbé Etienne Akontz le nomma aussi son vicaire; et en 1824 il fut chargé de nouveau, a la morl dudit abbé, de l'office de locum tenens. — Ses principales productions théologiques en arménien littéraire sont : l» Commentaire sur les tA épitres de suint l'ont. ouvrage de longue baleine, pleine d'érudition patristique, :î in-'i'. V.nise, 1806-1812; 2" Explication des hymnes de l'Église arménienne, in r. Venise, 1814; :;■ Dissertazione délia processione dello Spirito Sanlo dul Padre c dut Figlio, in-8°, Venise, 1824; i un ou-
vrage posthume, Dissertazione tulle correzioni <'<o Ubri iastici arment, in-8*, Venise, \mjis.
Mathieu M iphie de» liommes \l.
, 2 iri-b-, Venise, 1KW.
J. MlSKGUX.
AVELLANEDA (Diego de), jésuite espagnol, i
Grenade en 1530, admis dans la Compagnie en 1556
la théologie au Collège romain, lut recteur di
ville, confesseur de François de Mendoza. ami
il I spagne et de l'intante Isabelle, épouse de Ctiarle
incial d'Andalousie, visiteur de Caslille, i Madrid, et préposé de la maison pi il mourut le 2 mai 1598. — Qua'stio tliei plice > ex , lando i el mm m coi
Opéra A. R. P. Pétri Vicecouiitis Induisit < msc,
iii-1 , Crémone, I59i. Avellaneda avait composé cette dissertation a la demande de Cé-sar Speciano, • Novare, en 1589; ce prélat la confia plus tard a P. conti, inquisiteur à Crémone, qui la publia sou.nom, sans faire allusion a l'auteur.
h. Backer et Sommervogel, Bill, de la C" de Jésus. ■ I, t -!.