Le père de l'averroïsme. — 1° 'bn
Roschd), né à Cordoue l'an 522 de III mort a Maroc l'an 595 1 198), est le pi philosophes arabes. Fils et petit-fils de hauts n il fut destiné également à la magistrature su| Api.s avoir étudié la théologie, la jurisprudence, puis la philosophie, la médecine et les mathématiques, il
AVERROÏSME
occupa un rang très élevé dans le monde administratif aussi bien que dans le monde savant de son pays. Il consacrait à commenter Àristote ou à produire des œuvres originales, les loisirs que lui laissaient les fonctions de juge, soit à Séville, soit à Cordoue, et ceux que plus tard lui fit la disgrâce passagère du calife Almançour auprès duquel il avait été desservi par la jalousie de ses rivaux ou par l'hétérodoxie de sa doctrine.
2° Averroès est avant tout, ou plutôt exclusivement, le disciple d'Aristote. Il ne le traduit pas parce que des traductions existent déjà et que, du reste, il ne sait ni le grec, ni le syriaque; mais il commente avec une science consommée les livres du Stagyrite, d'où son nom de « commentateur ». Aristote est pour lui un « être divin » et « le principe de toute philosophie. On ne peut dillérer que dans l'interprétation de ses paroles et les conséquences à en tirer » ; mais « il a achevé les sciences, parce qu'aucun de ceux qui l'ont suivi... n'a pu rien ajouter à ses écrits, ni y trouver une erreur de quelque importance ». Renan, Averroès et l'averroïsme, Paris, 3e ('dit., 1867, p. 55. C'est un brevet de science complète et infaillible que le disciple décerne à son maître. Mais il avoue lui-même qu'on peut différer dans les conséquences à en tirer, et c'est sur ce point que se singularise la doctrine d'Averroès. Il pousse les principes qu'il trouve ou qu'il croit trouver dans Aristote à des conclusions très lointaines et extrêmes, dont la plupart serviront de thèses caractéristiques de l'averroïsme latin.
3° Les erreurs propres à Averroès sont signalées par Cilles de Rome, De erroribus philosophorum Aristotelis, Averrois, Avicennx , Algazelis, Alkindi, Rabbi Moysis, dans Mandonnet, Siger de Brabant et l'averroïsme latin au XlIP siècle, Fribourg (Suisse), 1899, p. 9-11. Le commentateur affirme qu'aucune loi n'est vraie, bien qu'elle puisse être utile, quod nulla lex est vera, licet possit esse utilis, il s'attaque par là à la religion chrétienne, à la religion juive et môme à la religion musulmane, qui admettaient la possibilité et la réalité de la création. Fréquemment cependant Averroès professe son respect pour le Coran, mais quand il trouve Mahomet en contradiction avec Aristote, c'est celui-là qui doit céder à celui-ci. Averroès prétend encore que l'ange ne peut rien mouvoir, sinon immédiatement, un corps céleste, quod angélus nichil polest movere, nisi céleste corpus immédiate; que l'ange est une action pure, quod angélus est actio pura; que dans aucune production toute la raison du produit ne peut être la puissance du producteur, quod in nulla factione lola ratio facti est potentia facienlis, attaque directe de la création où la chose créée a toute sa raison d'être dans la puissance créatrice; que d'aucun a^ent ne peuvent sortir simultanément et immédiatement des effets divers, quod a nullo agente possint simul progredi immédiate diversa ; que Dieu n'exerce aucune providence sur les êtres particuliers, quod Deus non habet providentiam aliquorum parlicularium, c'est la ruine de la providence divine; qu'il n'y a pas de trinité en Dieu, quod m IJeo non est trinitas ; que Dieu ne connaît pas les singuliers, quod Deus non cognosrit singularia; que certaines choses arrivent par la nécessité des lois de la matière indépendamment de toute providence divine, <\uod aligna provr.niunt a necessilale materie. absque ordine divine providentie, c'est Dieu exilé' du monde qu'il n'a pas créé et qu'il ne peut gouverner; que l'àrne intellective n'est pas multipliée avec les corps humains, mais est unique, quod anima intellectiva non multiplicalur multiplications corporum, srd est una numéro; que l'homme appartient a son espèce par l'Ame sensitive, quod homo pmtilur m spede per animant scnsitlvam ; que l'union de l'âme intellective et du corps ne donne pas une nouvelle unité a l'homme, quoil non sit plus unum ex anima intellectiva ri corpore. Ces trois dernières propositions appartiennent a là fameuse
théorie de l'intellect séparé de l'homme, et unique pour la race humaine tout entière. M. de Wulf, Histoire de la philosophie médiévale, Louvain, 1900, p. 232, ramène aux points suivants les principales théories d'Averroès : 1° l'intelligence des sphères et l'émanation des intelligences du premier moteur suivant un processus de déchéances successives; 2° la potentialité et l'éternité de la matière; 3° le monopsychisme humain et la négation de l'immortalité personnelle; 4° l'interprétation allégorique du Coran.
4° Il était utile de rapporter ces théories qui sont plus que l'averroïsme latin en germe, qui en sont la substance et que nous allons retrouver professées par des maîtres de l'université de Paris et stigmatisées par l'autorité ecclésiastique. — Il est important aussi de remarquer que ces thèses sont propres à Averroès et n'appartiennent pas, du moins explicitement, à Aristote. On pouvait donc être péripatéticien sans les professer. C'était le cas de l'école albertino-thomiste qui attaquait l'averroïsme, c'est-à-dire les excès doctrinaux d'Averroès, tout en témoignant le plus grand culte et une prudente adhésion à l'égard de la philosophie du Lycée. Mais tous n'en étaient pas convaincus; dans l'école augustinienne, en particulier, on attribuait à Aristote toutes les erreurs de tous ses disciples ou commentateurs et l'on y attaquait le péripatétisme en bloc. Ainsi saint Thomas et Albert le Grand étaient enveloppés dans la réprobation totale de la philosophie péripatéticienne et ils reçurent, de ce chef, quelques éclaboussures dans certaines condamnations de la fin du XIIIe siècle. La lutte contre l'averroïsme tut donc double : d'une part, elle procédait de tous les savants orthodoxes que le souci de sauver la foi armait contre les erreurs nouvelles; dans cette lutte les augustiniens s'alliaient aux albertino-thomistes ou péripaléticiens modernes contre les aristotéliciens exagérés; d'autre part, la guerre venait des théologiens que le souci de conserver les cadres anciens, les méthodes traditionnelles, mettait en garde contre toute innovation ; alors les augustiniens se trouvaient seuls dans un camp en face des péripatéticiens modérés, comme saint Thomas, soutenus par les péripatéticiens excessils, comme Siger de Brabant.
IL Les causes de l'averroïsme. — Nous avons dit que l'averroïsme représente l'aristotélisme hétérodoxe du XIIIe siècle. Originairement et en droit, il était la philosophie intégrale d'Aristote comprise et enseignée par des philosophes latins à la lumière des commentaires d'Averroès. Bientôt et en fait, on détacha de cet ensemble des thèses opposées à la doctrine théologique et c'est leur suite qui composa finalement l'averroïsme latin. — Les causes de l'averroïsme doivent être- cherchées dans l'état de la science chrétienne au xme siècle, dans celui de la science aristotélicienne, dans les conditions de l'humaine nature. Dans les sociétés en formation ou en révolution, c'est-à-dire dans celles dont les cadres ne sont pas encore entièrement construits ou ont été brisés, l'influence des vieilles civilisations aux cadres tout faits esf extrême. Il y a tendance à accepter tout d'une pièce ces civilisations et à imposer leur organisation, leurs méthodes de vivre, de penser et d'administrer aux sociétés en formation. Ainsi la révolution française, après a\oir aboli le passé, voudra Jeter la nation dans le moule des institutions romaines. Tel était, au commencement du xnr siècle, l'état de l'esprit humain en face do la pensée aristotélicienne. Une poussée se faisait, continue et puissante, vers le développement des sciences rationnelles; les doctrines peu nombreuses et trop courtes du passé' semblaient insuffisantes. Les Arabes offraient un organisme philosophique complet avec île nombreuses données scientifiques parfaitement synthétisées. Certains esprits, voulant apportera leur temps une belle offioresrence scientifique, adoptèrent toute la synthèse aristotélicienne, telle qu'elle était présentée par
eGfil
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li g Vrabes. IK prirent le bloc sans s'inquiéter de savoir s'il contenait des Bcories ou du faux. Et cela répondait à une seconde tendance < i « ■ la nature humaine, de s'enthousiasmer pour les grands maîtres et d'accepter intégralement et de confiance tous leurs enseignements, ajouterons-nous un autre mobile, moins noble et moins puissant à coup sûr? Les attaques exagérées des augustiniens contre l'aristotélisme poussérentâ l'apoloiive de celui-ci; le désir de défendre ce qu il j avait incontestablement do bon dans la philosophie d'Aristote lit qu'on atlojjta. sans discrétion et sans r< lout ce qu'Aristote et son commentateur avaient dit.
En même temps qu'il procède d'un amour immodéré d'Aristote, d'une confiance absolue en son commentateur et d'une préoccupation extrême d'imposer à l'esprit humain des formules toutes faites de pensée et de savoir, l'averroïsme tient à s'affirmer, du moins extérieurement, fidèle à la religion et à la foi chrétienne. s..n
grand maître, Siger de lirabanl. écrit qu'il faut adhérer à la foi qui surpasse toute raison humaine, et in lali dubio jiilet adherendum est i/ue onineni racionem liumanam superat. Quœsliones de anima intellectiva, vu, dans Mandonnet, op. cit., p. 1 12, lig. 28. Culte pour Aristote, respect pour la foi, lequel des deux sentiments l'emporte? (Test le second. Hoc dicimtts sentisse philosopkum de unione anime intellective ad corpus, sententiam tamen sancte fidei catholice, si contraria Imic sit senlencie philosophi, preferre volentes sicut et in aliis quibuscumque. Ibid., m, dans Mandonnet, op. cit., p. 99, li^. 18. Cependant le respect de la foi ne l'emporte pas tellement qu'il fasse renoncer entièrement à Aristote, dans les points de conflit. Siger distingue sans cesse la via pliitosopliiœ et la veritas. La première représente la raison humaine, et la seconde la foi. Quand il y a opposition, il ne s'interdit pas pour cela de développer ce qu'il appelle les arguments de la raison, il les donne même exclusivement, sous prétexte de parler en philosophe et non en théologien. Utrum anima intellecliva multiplicetur multiplicacione corporum humanorum diligenter considerandum est, quantum perlinet ad pliUosophum, et ut racione Humana et experiencia compreltendi patent, querendo intencionem philosophorum in hoc maaix quam veritatem, cwn philosophice procedamus. Ibid., vi, Mandonnet, op. cit., p. 107, lig. 20. Il y a donc disposition à distinguer deux vérités et deux hommes, la vérité rationnelle que le philosophe ad t. la foi que le croyant
accepte; celui-ci doit se taire en philosophie où celui-là seul a la parole, et celui-là à son tour s'incliner quand celui-ci traite de questions de croyance. Ce sont les deux tiroirs créés dans l'intelligence humaine, c'est le germe de l'indépendance philosophique et de la thèse de la possibilité et de la légitimité d'affirmations contradictoires en science et en religion. Saint Thomas s'en plaint dans un sermon prononce'' à Paris, g 11 y en a, dit-il, qui étudient la philosophie et affirment des choses qui ne sont pas conformes à la loi. Quand on leur rappelle que c'est contraire à la loi, ils répondent qu'ils ne font que répéter l'opinion du philosophe. C'est être faux prophète et faux docteur, ajoute-t-il, parce que c'est soulever des doutes sans les résoudre. » P. A. Uccelll, S. Thomœ Aquinatu et s. Bonaventurm Balneoregiensis sermones anecdoti, Mfodène, 1809. p. 71; S. 77, opéra, 'dit. Pretté, t. xxxn, p. 070, cl. Mandonnet. op. cit..
p. CZXVI.
III. LES FAITS. — 1° Le 16 mars 1256, un règlement de la faculté- des arts de Paris prescrivait l'enseignement des livres d'Aristote. Denifle-Chatelain, CAorrulorium universitatis Parisiensis, Paris, 1889, t. i, p. 277 c.e document indique l'époque où Aristote est accepté définitivement et officiellement par l'université de Pan-. Cedoil etie ausM l'époque ou naît l'averroïsme. Le commentateur monta avec le philosophe dans les chaires de
la capitale, il dut s'j faire aussitôt des adeptes. Quoi qu'il
en •-oit. il \ eut lout de Suite des ennemi*, l.alill' •
rante, en 1256, Albert le Grand ■ i rit. par ordi Alexandre IV, son traité- De unitatc intellectus a Averroem. Il * déclare, en commençant, que chez plusieurs de ceux qui professent 1 .i philosophie, il élevé des doutes concernant la séparation d'avec le corps. Quia apud nonnullos eorum qui plulosophiam profitentur dubium <•>/ mata corpore, c. i Opéra, t. \. p. 21*.
2 La théorie d'Averroès commençait donc au moins à ébranler les esprits. Elle lit bientôt plus et le a Albert le Grand, dans sy Somme tliéologiqm que l'erreur combattue par lui : plusieurs
f. 1 1 -' ■ nr-s. Et /<■ ■• tantum pliant
hni„'i defensores. Sum. theol., part. II, q. lxxvii, mernbr. m, t. xvin. p. :;79. C'est probablement le d. que l'averroïsme naissant taisait courir à la foi poussa l'Église a ^,. montrer plus vigilante encoi rd de l'étude d'Aristote, et il n'est pas téméi de penser avec le P. Mandonnet, p. lxxiv, que les progrès de cette école ne furent étrangers ni à l'envoi lettres d'Urbain IV. du 19 janvier 1263, renouvelant \> s décrets de Grégoire IX. y compris la prohibition d enseigner Aristote, Dcnifle-Chatelain, '.p. cit., t. i. p ni au séjour de saint Thomas d'Aquin et de Guilla de Moerbèke à la cour pontificale ou sont élal traductions nouvelles d'Aristote et les nouveaux commentaires critiques. 1261-1209. ni. en 1209.au retoui saint Thomas d'Aquin à l'université de Paris ou le rappelait sans doute la nécessité' d'opposer un maître incontesté' aux audaces de plus en plus entrepren. de l'erreur. L'année 1270 mit aux pris. - l'Ange de II avec le chef de l'averroïsme latin. Siger de lirabant. L'erreur avait grandi. ses partisans s'étaient multipliés. Saint Thomas nous l'apprend lui-même cette ann dans son De unitate intellectus contra avrrroistas, c. i : Inolevit siquidem jamdudum circa inteUeetum error apud muitos ex dictis Averrois sun ■ iuni.
3° La lutte est alors très vive, les discussions doctrinales vont leur train, les disciples de saint T^ prennent aux averroîstes, les augustiniens s'en prennent aux uns et aux autres. Peu a peu les positions cisent, les disputes se confinent sur un nom! miné de propositions ; nous en trouvons l'énumération dans une lettre qu'un nommé Gilles, probablement G de Lessines, écrit a Ail, cri le Grand, pour lui demander de vouloir bien s,, prononcer sur ment toute la population des écoles parisien quinze propositions contenues dans la lettre de Cilles, treize sont nettement a\ i-dire h, I
doxesel seront bientôt condamnées, la quatorzi quinzième sont orthodoxes, mais péripatéticienni soutenues par saint Thomas. Klles ont él - aux
autres par hs augustiniens qui veulent envelopper d la même réprobation l'averroïsme et l'école albeii thomiste. La quatorzième a propos du Christ soutient l'unité de forme dans l'homme; la quinzième traite de la simplicité et de l'immatérialib
Gilles et les quinze propositions sont publiées par le P. Mandonnet. 17). cit.. p. 15, 10.
'1 ('.est apparemment au milieu de ces discussions qu'il faut placer la polémique entre Siger de Rrabant et - Thomas d'Aquin. Elle porte surtout sur l'unité' noi rique de l'intelligence humaine. Siger défend cette unité dans un traité De anima intellect: a; saint Th, nommer son adversaire, le refuie victorieusement d s,, h De unitate intellectus contra averroistai
s,, us les plus Solides lie tout pas d. pOSI r les arm< s aux
disciples du commentateur arabe. L'anl - intervient. i't les erreurs .,
et excommuniées ainsi que tons ceux qui enseignées sciemment ou soutenues, pai : l tienne
AVERROÏSME
évêque de Paris, l'an du Soigneur 1270, le mercredi après la fête du bienheureux Nicolas d'hiver ». C'était le 10 décembre. Denifle-Chatelain, op. cit., t. I, p. 486. Voici le texte des propositions condamnées. 1. Il n'y a numériquement qu'une seule intelligence pour tous les hommes. 2. 11 est faux ou impropre de dire que c'est l'homme qui comprend. 3. La volonté de l'homme veut ou choisit sous l'empire de la nécessité. 4. Tout ce qui se passe dans le monde est soumis nécessairement à l'inlluence des corps célestes. 5. Le monde est éternel. 6. Il n'y a pas eu un premier homme. 7. L'âme qui est la forme de l'homme comme tel se corrompt par la mort. 8. L'àme séparée après la mort ne peut pas souflrir d'un feu corporel. 9. Le libre arbitre est une puissance passive et non active, mue nécessairement par son désir. 10. Dieu ne connaît pas les singuliers. 11. Dieu ne connaît rien en dehors de lui-même. 12. Les actions humaines ne sont pas soumises à la providence divine. 13. Dieu ne peut pas donner l'immortalité ou l'incorruptibilité à une chose corruptible et mortelle. Ct. Mandonnet, op. cit., p. cxxix.
5° La condamnation de 1270 lit peut-être taire les enseignements qu'elle prohibait, mais elle ne calma pas les esprits. Nous en avons une première trace dans une dispute quodlibétique soutenue par saint Thomas d'Aquin peu de temps après l'acte d'Etienne Tempier, l'évêque de Paris. Ces disputes portaient habituellement sur des questions d'actualité. Or, celle-ci résout entre autres problèmes, le suivant : « Doit-on éviter les excommuniés, lorsque les gens compétents ont des opinions diverses sur leur excommunication? » Il est difficile de ne pas deviner là une allusion à la situation de certains averroïstes qui ne s'étaient sans doute pas complètement soumis et que d'aucuns voulaient, par conséquent, éviter comme excommuniés. L'effervescence continuait ; elle jeta bientôt des divisions prolondes dans la facultë des arts. A propos d'une élection au rectorat, les averî (ustes se divisèrent, nommèrent un recteur autre que celui choisi par la majorité. Pendant trois ans, il y eut deux facultés des arts ayant chacune ses chefs propres et sa vie indépendante. Les dissidents s'appelaient le parti de Siger qui en ('tait probablement devenu le recteur. On dut se laisser aller à de grandes témérités dans cette faction, si nous en jugeons par un règlement promulgué le 1" avril 1272 par le parti de la majorité, appelé le parti d'Alhéric, son recteur. Denifle-Chatelain, op. cit., t. I, p. 499. Entre autres choses, il est dit dans ce règlement: « Si quelqu'un conclut, dans Paris, contre la foi à l'occasion d'une question qui touche à la théologie et à la philosophie, celui-là sera réputé hérétique à perpétuité et retranché de la société des maîtres, à moins qu'il ne se rétracte humblement. Enfin quand un maître ou un bachelier de la laculté aura à lire ou à discuter des textes ou des questions difficiles qui semblent porter atteinte à la foi, il usera de prudence. Il réfutera les raisons ou le texte, ou même les déclarera simplement taux et erronés. Il se gardera aussi de lire ou de discuter les difficultés tirées du texte ou d'autres auteurs, niais les omettra entièrement comme «'tant hors (le la vérité. » Trad. Manilonnet, op. cil., p. CCXIII.
' tait, on le voit, la manière m ci ne de Siger que nous avons signalée plus haut et qui était ouvertement pro-
lilliee.
6° Toutes ces divisions, d'autres encore, mettaient l'université de !';iris d.ms un étal lamentable, el peu s'en fallut que la crise de l'averroïsme n'ait été le coup de mort de la plus grande institution d'études du moyen Age. Heureusement, de pari et d'autre, les maîtres virent le danger el d'un commun accord recoururent à l'arbitrage du légat, Simon de lîrion. La sentence arbitrale est du 7 mai 127">. Elle rétablit l'unité «luis le gouvernement de la faculté des arts. Elle ne prononce aucune condamnation de doctrines, mais elle la prépare en me-
naçant de répression les auteurs de la division. Denifle- Chatelain, op. cit., t. I, p. 529. La paix ne se fit pas dans les esprits. Les maîtres averroïstes perdirent sans doute quelque prestige et des adeptes. Ils gardèrent, du moins clandestinement, leurs positions philosophiques et un décret du 2 septembre 1276 porté par l'université dut interdire les conventicules secrets. Ûenille-Chatelain, t. i, p. 539.
7° Instruit sur tous ces faits, le souverain pontife, Jean XXI, dans une lettre adressée à Etienne Tempier, le 18 janvier 1277, se plaint que certaines erreurs opposées à la foi se fassent jour de nouveau, il prescrit à l'évêque de Paris une enquête sur ces erreurs et leurs partisans et demande un rapport détaillé. Denifle-Chatelain, t. i, p. 541. Etienne Tempier fit l'enquête prescrite par le pape. Mais au lieu d'attendre, de provoquer même la sentence pontificale qui devait en être la conclusion toute naturelle, il se prononça lui-même et porta, le 7 mars, un décret condamnant 219 propositions tirées de l'enseignement de quelques maîtres es arts ou averroïstes ou simplement péripatéticiens, de certains livres de nécromancie ou autres superstitions. Les auteurs ou auditeurs desdites propositions devaient, dans les sept jours, sous peine d'excommunication, révéler ce qu'ils savaient à l'évêque ou à son chancelier. Ensuite l'évêque procéderait juridiquement contre les coupables, suivant la gravité de leur faute. Cet acte émanait d'un homme trop passionné, mêlait trop de choses, obéissait à des préoccupations trop humaines, à des vues d'école trop étroites pour jouir d'une grande autorité. Il était, en effet, plutôt une condamnation du péripatétisme en général, y compris l'averroïsme, qu'une prohibition exclusive de celui-ci.
8° Quoi qu'il en soit, il mettait les chefs averroïstes dans une situation fort dangereuse. A la suite de l'enquête qui avait précédé et des dénonciations qui durent en être la conséquence, Siger de Brabant et les autres maîtres de l'erreur furent l'objet de poursuites, quittèrent Paris et, avec leur disparition, s'éclipsa aussi pour un temps l'école averroïste.
Elle ne disparut pas totalement et longtemps encore elle lut l'adversaire le plus redoutable de la scolastique. Sa fuisse philosophie se retrouve, aux siècles suivants, à Paris, en Italie, où elle se fait des adeptes résolus dans l'université de Padoue ; elle s'infiltre sourdement en plus d'un système doctrinal; elle mène la scolastique à la décadence et à la ruine.
IV. Li:s IDÉES. — Il n'est pas une partie de la science chrétienne que l'averroïsme n'ait tenté de pervertir dans ses thèses principales. Pour le prouver nous recourrons, outre les propositions condamnées en 1270 et en 1277, à VHexaemeron de saint Bonaventure, collât, vi, Opéra oninia, Quaracchi, t. v, p. 3604)61; au catalogue des erreurs d'Averroés donné par Cilles de Home, dans Mandonnet, op. cit., p. 5 sq., et aux diverses œuvres de Siger de Brabant éditées par Bâumker et par le P. Mandonnet.
1° En théologie, les averroïstes attaquent tout le système catholique des rapports des créatures avec le créateur. Avec eux Dieu cesse de créer, de gouverner sa Créature, de la conserver, de concourir à ses actes. L'échelle des êtres a Dieu à son sommet, en bas les natures matérielles, sphères incorruptibles et intelligentes,
ou espèces terrestres corruptibles el passagères, au centre
les intelligences séparées. Celles-ci sont nécessaires et
ne peinent pas ne pas être, elles produisent les sphères
incorruptibles, qui, à leur tour, appellent à l'être les natures corruptibles de ce inonde terrestre. Dieu n'a connaissance que de ce qui esl nécessaire, universel,
immatériel el causé par lui. liés lors il ne connaît pas ce bas monde, et n'en a cuvf pour y exercer une provi
deiice ou un concours quelconque.
2° En cosmologie, le inonde est éternel : en vertu de
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ce principe que ce qui n'a paa de On n .-, pas . u de commencement, «h affirme que le- monde □ a paa commencé, que la matière esl de toute éternité, que li ■ fori également contenues en elle aii wterno;h plus forte railea cieui incorruptiblea ,t l'âme immortelle n'ont i oir de commencement. L elles-mémea
qui suni formi transitoires, comme! espèce hu-
maine, n'ont paa eu de premier individu et se | tuent depuis toujours, il n'y a pas eu de premier homme. Saint Thomas admet la possibilité de la création ab mo, mais en lait, avec t'Kglise, il croit que le monde ■ dans |,. temps. La thèse averrolste va droit contre (•<■ dogme de la création et du commencement du monde.
■"> C'est en psychologie, que la plus redoutable erreur fut émise par les averroïstea et que la plus terrible bataille s'engagea entre eux et les scolastiques. L'averroïsme professe l'unité de l'intellect humain, de l'intellect possible, dont il fait une substance séparée, dominant toute la race humaine, unique pour tous les hommes. Cet intellect se met en contact avec les imagi conservées dans les deux facultés de sensibilité interne, appelées par Aristote l'imagination et l'estimative; parce contact il exerce son acte qui est de comprendre, et il détermine ainsi les lumières intellectuelles propres à chacun. Il est le même pour tous, le contact diffère avec chacun et amène pour chacun aussi une illumination spirituelle spéciale. Le grand argument des averroistes était que l'intelligence devait être à la fois unie et séparée par rapport à l'homme : unie pour qu'on put dire que c'est l'homme qui comprend et raisonne; séparée parce que l'homme étant mortel, l'intelligence serait mortelle également, si elle n'était pas séparée du composé humain corruptible. Les adversaires acceptaient aussi que l'intelligence humaine doit être unie et séparée; mais c'était dans la définition de l'union et de la séparation que l'on ne s'entendait plus. Les averroistes prétendaient que l'âme intellectuelle était tellement séparée qu'elle n'était pas et ne pouvait pas être la forme substantielle du corps; elle constituait une substance distincte et indépendante. L'union, dés lors, n'était plus qu'accidentelle, c'était une union de contact par lequel l'intellect, se tournant vers l'homme, se servait de ses images et souvenirs pour exercer ses actes intellectuels, et conduisait enfin le composé à la manière dont le' pilote conduit le navire. Les scolastiques, au contraire, aflirmaient que l'âme était unie substantiellement au corps, qu'elle ne formait avec lui qu'une seule substance, qu'il y avait autant d'âmes intellectives et d'intelligences di-tinctes qu'il y a d'individus humains, que cela n'empêchait pas d'établir une séparation suffisante. L'âme, en effet, selon eux, a plusieurs puissances ou facultés : les unes sont unies à un organe et n'agissent que dans le composé; les autres, l'intelligence et la volonté, ne sont pas unies a des organes et agissent spirituellement. 1! suffit, pour comprendre cela, ajoutaient-ils. de distinguer entre l'essence de l'âme et ses facultés, l'essence (-t forme du corps, les facultés ne sont pas l'ess bs unes sont unies au composé, les autres en sont distinctes, sans être cependant détachées de la substance de l'âme, lie cette divergence de procédé dans l'explication de la thèse fondamental,' de l'union et de la séparation de l'âme et du corps, résultaient des divisions radicales sur une foule île points où la foi a parlé. Pour bs averroistes, dans l'homme, pris par le dedans, il n'y a qu'une .'une sensible corruptible, mourant avec lé corps; il n'y a donc plus d'immortalité individuelle, la personnalité est fortement compromise, la responsabilité morale n'existe plus, la différence essentielle entre 1 homme et la béte est supprimée. Hun autre cet,-, et le problème pris par le dehors, l'intellect humain est un c est le monopsychisme humain, une sorte de raison impersonnelle qui brille au sommet de l'humanité, et qui
seule possède l'immortalité. Une telle d îrnit
le terrain le plus favorable aux d. veloppernents du pan- Ihéisme idéalist I mes humaines ne se sut que dans l'intellect lies a') fusionnent et en
pieuie nt la destinée. Aussi rien d'étonnant que. réduisait une pareille philosophie en pratique, un hon
dam,. ,!, ParU '! lui ne pas vouloir eipiei
fautes, car. disait-il, •• si l'âme du bienheun
esl sauvée, je |. dément; avant !.. même intelli-
■ . nous aurons la même ■! Mandonnet. op.
cit., p. cxviu.
En morale, l'averroïsme nie la liberté et prol le plus pur déterminisme psychologique. L'hommi régi par la nécessité, il veut ou choisit sous l'empii la nécessité, car la volonté est une faculté- passn,;- dont tout le rôle est d'obéir fatalement à la raison détern par les agents extérieurs et au désir. Du reste tout le monde est mû nécessairement. C'est la ruine du libre arbitre, la suppression de la responsabilité moi.: l'illégitimité de tout châtiment.
5" En logique, la théorie des deux vérités est adn ainsi que nous l'avons déjà signalé. Les aven. tirent de leurs principes les plus audacieuses conclusions et les imposent au nom de la philosophie. Ilsprofessent en même temps un profond respect pour l'Église, les dogmes et la foi. et quand la foi et la philosophie sont en désaccord, ils agissent comme si deux vérités contraires pouvaient exister sur un même point. La condamnation de 1-277 le leur reproche ouvertement dans l'exposé des motifs : Dicunt enim ea esse veia secundum philosophiam, sed non secundum fidem cat/tnlicam, quasi sint due contrarie veritates, et quasi contra veritatem sacre scripture sil veritas in dicta genlitium daninatorum . Denifle-Chatelain, t. i.p. 543.
V. Les hommes. — Pendant Ion-temps l'averroïsme ne fut connu que par les réfutations dont il avait l'objet, et comme ces réfutations ne s'en prenaient qu'aux idées sans nommer les adversaires qu'elles attaquaient, jusqu'à ces derniers temps on ne savait le nom d'aucun averroïste. « On a pu remarquer, écrivait Renan, op. cit., p. 318. qu'au xm« sied -; pas
sans quelque peine que nous avons reconnu les averroistes. Les réfutations de l'école dominicaine, les fureurs de Raymond Lulle, nous ont seules révélé- leur Il serait impossible de désigner nommément un seul des maîtres qui avouaient ces doctrines. ■ Aujourd'hui
à d'habiles explorateurs des régions philosopln du moyen âge. nous n en sommes plus là; nous pouvons citer des noms. Le grand chef de l'averroïsme, au xiii- siècle, est incontestablement Sigc r de Brabant, que le P. Mandonnet vient de si bien mettre en lumière. Liante. Paradù, x, 133-138. dit de lui :
Questi, onde a me ritoraa il tua ripuardo, E il lunie d'uno spirito, cbe in peasieri
Gravi, a mi.rir pli pane venir tardo, I -sa p la luce eterna di Sipieri Che leggendo net vice degli su-ami, SUlogixo invidiosi veri.
ilui-ci, de qui ton regard revient à moi, est 1a lumière d'un esprit à qui, dans s, s graves pensers. mort parut lente à venir. C'est la lumière éternel!, Siger, qui, enseignant dans la rue du Fouarre, sylh d'importunes vérités, b Siger ne mérite pas tout l'honneur que lui fait le grand poète italien. Hante ignorait sans doute ses erreurs philosophiques, et le met en par par la nécessité où il se trouve de placer là un r. . sentant exclusivement philosophe du péripatétisj ne rapporterons pas sa vie. voir Sic, kr DE BRABANT ; qu'il nous suffise de dire que, tempérament audacieux et turbulent, il fut l'âme de la faction averroïstea J'univer de Paris, il professa le plus pur averroîsme dama chaire de la rue du Fouarre comme dans ses I.
AVERROÏSME
AVEZAN
œuvres de Siger sont les Impossibilia, publiés par Bâumker à Munster, en 1898; des Quœsliones logicales, une Queestio utrum hœcsit vera: Homo est animal nullo homine existante"? des Quseslioncs naturelles, un traité De xternitate mundi, des Quœstiones de anima inlellectiva, éditées par le P. Mandonnet, Fribourg (Suisse),
1899. A la suite de la condamnation de 1277, Siger s'enfuit de Paris. Cité au tribunal de l'inquisiteur de France, Simon Duval, le 23 octobre 1277, il ne répondit probablement pas à la citation, car nous le voyons peu après comparaître en cour de Rome où il avait vraisemblablement interjeté appel de la juridiction de Simon Duval. Il dut alors répondre de l'accusation d'bérésie portée contre lui. Emprisonné, il mourut peu de temps après, percé par son clerc qui était comme fou. Romania,
1900, t. xxix ; cf. Revue de p/iilosopliie, 1er février 1901, p. 231. Son compagnon d'égarement et de condamnation, lut Boèce de Dacie. Il est en effet désigné par un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris, par un catalogue des œuvres de Raymond Lulle et par un catalogue des propositions de 1277, comme directement visé par la condamnation. Il écrivit un traité De modis signifteandi, des questions sur les Premiers et seconds analytiques, sur les Topiques, les Sophismes, le livre De anima, la Métaphysique, et des Sopliismata. Ci. Hauréau, Roecius, maître es arts à Paris, dans l'Histoire littéraire de la France, t. xxx, p. 270-279. Poursuivi comme Siger en cour de Rome, il mourut «'gaiement en prison. Voir BoiiCE de Dacie. A ces deux chefs de l'averroïsme, il faut joindre Bernier de Nivelles, chanoine de Saint- Martin de Liège, cité en même temps que Siger par Simon Duval. « 11 comparut vraisemblablement en cour de Rome comme Siger de Brabant; toutefois il lut renvoyé des (insde la poursuite, puisque nous le retrouvons plus tard faisant un legs de vingt-cinq volumes au collège de Sorbonne et désigné comme exécuteur testamentaire d'un chanoine de Tongresen 1283. «Mandonnet, p. CCi.xix. Hauréau, Histoire de la philosophie scolastique, IIe part., t. n, p. 90, Renan, Averroès et l'averroïsme, p. 259, prétendent faire de l'école franciscaine avec l'université de Paris, les deux foyers de l'averroïsme au XIIIe siècle. Mandonnet, p. CCLV sq., montre fort bien qu'au sujet des franciscains, ces aflirmalions sont sans fondement historique et personne n'en a donné' la démonstration. Le seul prétexte à une assertion de ce genre est une théorie mal comprise et nugustinienne de Roger Bacon sur l'unité de l'intellect agent. Nous avons dit que l'averroïsme vivait encore aux xiv« et XV siècles. Ses principaux tenants sont alors Jean de Jandun qui dit de lui-même qu'il est le singe d'Aristote et d'Averrocs. Comment, in metapli., Venise, 1525, fol. 84. On retrouve chez lui les thèses averroïstes, et il atteste que des sacn les soutiennent avec lui. M. de Wulf, op. cit., p. 372 sq. L'université de Padoue défend elle aussi l'averroïsme par l'organe du médecin Pétri d'Abano, 1316, Urbain de Bologne, I405, Nicoletto Vernias, Paul de Venise, 1 129, et Gaétan de Thiene. Au début du xvi« siècle, Alexandre Achillinus, 1518, Augustinus Niphus, 1546, Zimara, 153-2, continuentà Padoue les traditions averroïstes.
VI. Iconographie de l'averroïsme. — La délaite de l'averroïsme inspira souvent les peintres chrétiens. Fn particulier la pensée de saint Thomas vainqueur des hérésies et spécialement de celle d'Averroès. était tout à fait populaire au moyen âge. File devait donc tenter les altistes et en effet ils l'exprimèrent plus d'une fois.NoUS
tu avons déjà donné un exemple dans l'article Aristoiii [SUE. Une fresque peinte en I ïK9 par Filippino Lippi, dans l'église de Sainte-Marie-sur-Minerve, a Rome, traduit merveilleusement le triomphe de saint Thomas d'Aquin. Le docteur angélique est sur une tribune élevée, entouré' de |,i Théologie et de la Philosophie à droite, de la Prudence et de la Charité' j gauche, en bas droite Arius est a la (été d'un groupe de ses secta-
teurs; à gauche Sabellius précédant ceux qu'il a entrailles dans l'hérésie; un jeune homme près d'Arius le sollicite de se tourner vers saint Thomas, un dominicain montre le saint docteur aux sabelliens. Au centre du tableau, couché sous les pieds de l'Ange de l'Ecole, Averroès. C'est le plus vaincu de tous. C'est de lui surtout que triomphe la Sagesse, comme l'indique l'inscription qui est entre ses mains: Sapienliavineitmaliliam ; et encore l'autre inscription qui, [au-dessous de lui, occupe le panneau du milieu de la tribune : D. Thome, ob prostratam impielatem. Déjà et avant Filippino Lippi, Taddeo Gaddi avait peint « l'Ange de l'Ecole assis sur une chaire élevée, ayant à ses côtés les personnages des deux Testaments et entouré par les quatre sciences, chacune d'elles surmontée du philosophe qui en est le type : à ses pieds sont Arius, Sabellius et Averroès. Dans plusieurs autres peintures, on voit ce dernier tourmenté par les démons, s'arrachant les cheveux, etc. ». César Cantù, Les hérétiques ilaliois auxxiil* et xivesiècles, dans la Revue des sciences historiques, 1866, t. I, p. 498.
Quétifet Echard, Scriptores ordinis prsedicatorum, 1. 1, p. 288, 295, 395; Martène et Durand, Thésaurus anecdotorum, t. v, col. 1795-1814; Du Boulay, Hist. univers. Paris., t. m, p. 432-443; Histoire littéraire de la France, t. xix, p. 23.S-266, 350-355; t. XXI, p. 96-127 ; t. xxx, p. 230-279; Fleury, Histoire ecclésiastique, 1. LXXXVI, n. 11 ; 1. LXXVII, n. 5; Thurot, De l'organisation de l'enseignement dans l'université de Pu) in au moyen âge, Paris, 1850; Renan, Averroès et Vaverroxsme, 8* édit., Paris, 1867; L. Delisle, Le cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, Paris, 1874; Salvatore Talamo, L'aristotélisme de la scolaslique,2' édit., trad. franc., Paris, 1876; Ch. Potvin, Siger de Brabant, dans le Bulletin de l'Académie royal,' des sciences de Belgique, W série, 1878, t. xlv, p. 33H-357; Carlo Cipolla, Sigieri nella divina Commedia, dans Giornale storteo delta letteratura italiana, 1886, t. vm. p. 53-139 ; Denifle-Ghatelain, Chartularium universitatis Parisiensis, Paris, 1889; Pierre Dubois, De récupérations terre sancte, édit. Langlois, Paris, 1891; L. Hannes, Des Averroès Abhandlung : « Ueber die Moglichkeitder Conjonction, » oder:«. Ueber den materiallen Intellekt, « in der hebràischen Uebersetzung eines Anonymus nach Handsclniften zum ersten Maie lierausgegeben..., Halle, 1892; Cf. Baumker, Die Impossibilia des Siger von Brabant. Eine philosophische Streitschrift aus dem xm Jahrhundert, zum ersten Maie vollstàndig herausgegcben und besprochen, dans Beitr&ge ivr Geschichta </■''• Philosophie des Mittelalters, .Munster, 1898, t. IV, fasc. 6; Mandonnet, Siger de Brabant et l'averroïsme latin au xif siècle, Fribourg (Suisse), 1899; Bévue thomiste, t. m, p. 704-718; t. IV, p. 18-35, 689- 7lii; t. v, p. 95-110; M. de Wulf, Histoire de la philosophie médiévale, Louyain, 1900; Picavet, L'averroïsme n 1rs averro'istee, Paris, 1902. Voir Angélologie d'après les averuoïstes latins, col. 1260-1264.
A. ClIOl.LET.
AVERSA Raphaël (1589-1057), de la congrégation des clercs réguliers mineurs, dont il fut cinq fois le supérieur général, a publié : 1° Theologia scholaslica universa, Bologne, 1650; 2° De o-dinis et matrimonii sacramentis trac ta tus theologici n morales, in-'i", Bologne, 1642; 3° De eucharistim sacramento et sacrificio, de pœnitentiœ sacramento ci extrema wnctione, in-i", Bologne, 1644; 'r Tractatus de fide, spe et charitate, in-'r, Venise, 1660. Ce fut un théologien de mérite et en même temps un vrai religieux, d'une humilité profonde, qui refusa deux fois le chapeau de cardinal, que lui avaient offert Innocent X et Alexandre VII.
Hurtcr, Nomenclator Uterarius, [nnsbruck, 1892, i. i, p. 884.
,1. Ill I I AMY.
AVEZAN (Jean d'), jurisconsulte français, né en ogne dans la vallée d'Aure, morl à Paris en 1669; il recul à Toulouse les leçons de Cujas, enseigna le droit a Orléans, puis vint a Paris, mande par le chancelier Séguier qui lui lit donner la charge de conseiller aux ils du roi. I! esl l'auteur de plusieurs traités juridiques entre lesquels il fini citer : I" Contractuum liber, in-'i", Orléans, 1644, 1649; 2° Liber de centurie eccle-
AVEZAN - A VIT (SAINT)
niaitîeit cum dits, de pontifie, et rt laie, ln-i*,
Orléans, lii."ii . 3* Liber de renunciationib gna-
tionibtu et pemionitnu beneflciorum , deijue portions congrua n competenti, in-V. Orléans, itiôT, •» ■ // (/,- tpontalibut et matrwnonii», in-4», Paris, 1661 . ."> Diss. palronatui jurie pontificii, in l», Paris, 1066. il il. -r. Nouvelle biographe I '-'<3; Hurter,
tlC<a(Or (id'/uims, t. il, col. 'XA'i.