‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 49 sur 338 · TEXTE REÇU · texte numérisé non relu

TEXTE REÇU

Credo in Deum patrem omnipotentem, [crealorem cseii et terrse ;]

et in Jesum Christum filium éjus unicum Dominum nostrum,

qui [conceptus] est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine,

[paSStu] sub Pontio Pilato, crucifixus, [mortuus] et sepultus, [descendit ad inferos,)

tertia die resurrexit a mortuis,

ascendit ad cœlos,

sedet ad dexteram [Dei] Patris,

inde venturus est judicare vivos et mortuos ;

[credo] in Spiritum Sanctum,

Minctam Lxclesiam [catholicam],

[nanclorum communioncm.]

remissionem peccatorum,

r.irnis resuiTCCtionem,

[vitam .rlernam.]

On remarquera que le texte ancien compte exactement douze articles, tandis que le texte reçu en compte quatorze. C'est donc sur le texte ancien que s'est formée la légende qui attribue à chacun des apôtres un article du symbole, légende née autour de Rome, sinon à Rome, et dont Rulin est le premier témoin. Comment, in Symbol., P. L., t. xxi, col. 337.

III. Le texte reçu ou gallican. — Du texte reçu, dans la forme où nous venons de le produire, l'attestation la plus ancienne qu'on ait est fournie par un sermon de saint Césaire, évèque d'Arles (f 513), De symboli /ideetbonioperibus,T>seuâo-A\\gusl'm,Serm.,cyAA\. Hahn, Bibliolhekder Symbole und Glaubcnsrcgeln der alten Kirche, 3e édit., Breslau, 1897, § 62. Toutefois, saint Césaire ne connaît pas l'article creatorom cœli et terne; il dit ad inferna au lieu de ad inferos, in cœlis pour ad cselos, patris pour Dei patris. — On peut signaler comme attestation d'élats antérieurs du texte reçu, le symbole découvert parM. Bratke(1895) dansle Berncnsis 645, manuscrit du vnc siècle, qui reproduirait, au jugement de Bratke et de Harnack, un symbole gallican antérieure 400 : ce symbole de Bratke ne contient ni creatoreru cœli et terrse, ni conceplus, ni mortuus, ni Dei, ni sanctorum communionem ; mais il donne passus, descendit ad inferos, catliolicam et vitam selernam.

Voici le texte du symbole de Bratke :

Credo in Deo patrem omnipotentem

et in Jesum Christum filium eius

unicum dominum nostrum

natum de Spiritu sancto et

Maria virgine

passus sub Pontio Pilato

crucifixum et sepultum

descendit ad inferus

tertia die resurrexit a mortius

ascendit ad caelos

sedit ad dexteram patris

inde venturus judicare

vivos ac mortuos.

Credo in Spiritu sancto

sancta ecclesia catholica

remissionem peccatorum

carnis resurrectionis

in vitam aelcrnam

reproduit par Hahn, S 90. et par Burn, An introduction to the creeds, Londres, 1899, p. 242.

Pareillement, le Missale gallicanum vêtus, que nous a conservé le Palatinus lai. 493 de la Bibliothèque Yaticane, manuscrit du vne siècle, et qui représente assez purement pour les rites du catéchuménat la vieille liturgie gallicane, ce Missale, disons-nous, contient un seimon à prêcher aux catéchumènes au moment où l'on va leur réciter le Symbole pour la première fois, la tradilio syn>boli. Dans ce sermon nous trouvons une exposition du symbole gallican et ce symbole lui-même. Or le texte n'en est autre que le texte reçu, avec ses additions caractéristiques : crealorem cœli et terre, concepttu, passus, mortuus, descendit ad inferna, Dei, catholicam, sanctorum communionem, vitam œlcrnam. Hahn, $ (57. Ce sermon du Missale gallicanum est-il de Fauste de Riez? Quoiqu'il en soit, l'œuvre authentique de Fauste, évèque de liiez (-|- 185), atteste aussi le texte reçu, pas creatorem cœli et terrœ, ni passus, ni mortuus, ni descendit ad inferna, mais conceptus, sanctorum communionem et vitani œternam. Hahn, S 61.

Quelle était l'origine des leçons additionnelles propres à ce texte reçu ?

La plus ancienne attestation que l'on ait de Conceptus de Spiritu sancto, natus c.r Marra virgine est fournie par le formulaire de foi des évêques occidentaux du concile de Itimini, en :£9, formulaire qui nous .i i té conserve'' en latin par saint .lérôme, Dialng. ailv. Luci-

feriqnos, 17. Hahn, s 166, traité composé par sain) Jérôme en 37'J environ. H est vrai que le texte grec de ce

APÔTRES (LE SYMBOLE DES

même formulaire, tel qu'il est donné par Théodoret,

// /■: , il, 16, P. <:., t. Lxxxn, col. 1040, dit leulemenl

) = v:a £/. T./l J;j.ïT',; &y(ov /*•. Map(a( ■:>,; :J'.'

(.• • 1 1 1 1 diminue quelque peu l'autorité de la leçon de saint Jérôme* Joint à cela que Phoebadiua d'Agen, à <i"' I .m conjecturai! que revenait une grande part dans la

rédacl du formulaire de Elimini, dit simplement lui

; » n — . î : natum de Spirilu tanclo ex oirgine Maria, dans une pièce intitulée : Fides Ronumorum et <tu>l'on B'accorde à lui attribuer. On en trouvera un bon texte dans Burn.p, 216-218. Cf. Rahn,§59. —Mais ai la leçon du formulaire du Elimini est suspecte, authentique :11e de cette Ftdes Hieronymi ad Danuuum papam, llalm, s -2(X), qui est peut-être, comme l'a conjecturé Burn, |). 247, un formulaire adressé par Damase à Priscillien, en réponse au Liber ad Danuuum epucopum, entre 380 et 384. On retrouvera un lion texte encore dans Burn, p. 245-246. — La raison d'être de ce développement, qui fait affirmer que le Christ 1° a été conçu du Saint-Esprit et '2° est né de la Vierge Marie, au lieu de dire qu'il est né du Saint-Esprit et de la Vierge Marie, est de marquer plus nettement la personnalité1 du Saint- Esprit, à quoi répugnait Priscillien, et la distinction de la nature divine et de la nature humaine dans l'incarnation, alors que Priscillien tendait à une sorte d'apollinarisme : Conceplus est de Spiritu Sancto et natv Virgine, carnem, aniniam et sensum, hoc est perfeci suscejiit homineni... ut perfeclus in suissit et verus in nostris, dit la Fides Hieronymi ad Danuuum.

L'expression creatoreni cœli et terrée est attestée par le Missale gallicanum, comme nous l'avons marqué plus haut. On la retrouve plus anciennement dans l'Explanalio symboli de Xicétas, évoque de Hemesiana (vers 400). Il est possible que ces mots soient pour Xicétas, non une citation du Symbole, mais une paraphrase personnelle. Ilahn, § 40, ne les admet pas dans le symbole de Xicétas. On les trouve, du moins, dans des sacramentaires gallicans du vne siècle. Ilahn, § 66 et 67. Us seraient, à ce compte, les plus récents du texte reçu.

L'expression passus est attestée par Phoebadius, évéque d'Agen (vers 390), Ilahn, §59; par saint Ambroise, Ilahn, §32; par Priscillien, llalm. §53. C'est dire qu'elle était reçue, (les le ive siècle, en Gaule, en Espa-ne. en Italie. L'expression morluu» n'a pas d'attestation antérieure à saint C.ésaire d'Arles, llalm, S 62. Di'i après

dexteram se rencontre chez Priscillien; aussi chez Victricius, évéque de Rouen vers 100), Ilahn, S 60; chez Fauste de Riez, llalm, S 61. Catholtcam après ecclesiam, chezNicétas, chez Fauste, chez Césaire. — Au total, ces additions de caractère purement explétif semblent remonter, passus et Dei au iv siècle, mortuut et catholicam au v.

Le descendit ad inféras est signalé pour la première

fois par Hulin comme une singularité du symbole baptismal d Aquilée : Sciendum sanc est quod in roniano tymbolo non habetur additum. Connu, m symb., 18, /'. /,., t. xxi, col. :!.">(). Ni le symbole de Nicée (325), ni le symbole de Nicée-Constantinople (381 1, ni aucun symbole grec postérieur n'insère cette mention. Mais on

la rencontre dans le Symbole arien (homêen) du concile

de Sirmium, dit formulaire daté (23 mai 359). Elle \ est

rédigée ainsi : Ka\ £:; ta xaTa/Oov.a, xcmXOtfvTa «ai :j ÈxEÏTî 'iix'jvo;i77ï.:ï 8v icvXwpol yj'yj t86vTS( ffptÇav. Elle est acceptée, celle même année, par le concile arien réuni à Niké : y. ai ei; -à kv.i'.'ti KorraxB&vta xaTtXOtfvva, 8v a-JTo; i'j SÎtjç i'.^!i\x.%rst. Et l'année suivante, le concile arien de Constantinople l'accepte à son tour : y.ai tî( Ta xaTa/Oov.a /at:>.c,)v')ÔTï, Svtivo xai KÙT&< i l&\;

Remarquez que le concile de .Niké et celui de Con- Btantinople la modifient; ils -ardent l'allusion à Job,

XX X VIII, 17 (selon les Septante: àvoéyovrat li aoi çôr'm t.. ,: favÔTQVI, TtvXupol &ï iôvj iôovTî; ai ir.:.,;a.). ..

ils suppriment I. illusion au rùle du Christ ■ : aux i-iif'-r- pour > régler toutes i hoses Ilahn, j 163, loi. 167. L'auteur responsable du formula I arien Marc, évéque d Aréthuse, au tém crate, H. F.., », 30, P. <:., t. i.xvn, -.1 du formulaire ne pouvait être que grec. Que voulait l'arien Marc d'Aréthuse et qu'entendaient Siriiiiiim en parlant de L IUX enfers'.' AI.

tion faite de la citation de Job qui n'est ici qu'aa modatice, peut-on croire <jui

pour \ régler toutes choses i soit synonyme de tépulturet II est -ùr que la mention de la sépulture manque au formulaire de Sirmium, mais l'affirmation de ce formulaire touchant la descente aux enfers est trop explicite pour être réduite à ne signifier que sépulture exprime une action particulière au Christ et détermi celle-là même qu'exprime pour la première fois I I III, I9--20. dan- un texte bien obscur, et que Clément d'Alexandrie, Slromat., vi.6, I renée. Cont. Im Origène, Contra Celsum, n. 13, Tertullien, Dean 55, 'lit entendu d'une descente du Christ sous I pour y prêcher sa venue aux morts. Quoi qu'il en de la formation première du descendit ad inféras, : notons qu'il apparaît à Aquilée d'abord, où il sepultxu; on le retrouve dans le symbole dit de Aihanase. [eQuicunque vult, symbole dont la date i contl 150-600), mais qui provient

d'une Eglise de la Gaule méridionale, et dans Sermo, ccxi.iv, du pseudo-Augustin, restitué à saint C- d'Arl

La formule sanctorum communionem est sign pour la première fois au v« siècle, dans l'Explatuiiio symboli, de Xicétas de Remesiana. Ilahn. s -40. CYmême Xicétas qui, le premier, attestait catholican. thète de sanctam ecclesiam. Il est probable que sanctorum communionem était à ses yeux une apposition qui expliquait sanctam ecclesiam catliolicam : cette probabilité est fondée sur le commentaire même que donne Xicétas des deux articles en question. V con-

fessé la bienheureuse Trinité', écrit-il, tu professes que tu crois la sainte Église catholique. L'Église, qu'es autre chose que la congrégation de tous les sainte? Depuis le commencement du siècle, patriarches, propl apôtres, martyrs, tous les justes qui ont été. qui sont ou qui seront, -ont une unique Église, et même sent confédérés dans cette Église unique. Ergo in hoc una Ecclesia crede te commun* tsecuturum

sanctorum. Scito unamhanct ■ nn catholtcam

in omni orbe terrae conslitutant,cuiui communionem débet firmiler teneee. Sunt </uidem et aliae pseudoeccUssim, ted nihil tibi commune cum illis. Explan. symb., 10, /'. /... t. i.n. col. 871. Fauste de liiez, qui. lui aussi, insère catholicam dans son symbole, insère à la suite sanctorum communionem. Pareillement Césaire d'Arles. P. Kirsch, Die Le Are von der Gemewschaft der Ueiligen im christl. AUerthum, Mayen

De même que la mention de la communion îles saints était explicative de la mention de l'Eglise, la mention de la vie éternelle est une explication de la résurrection de la chair. Et. ici encore. Nicétesde Hemesiana est le premier témoin, puis Fauste de liiez et i xries. La pensée d'expliquer la résurrection de la chair par la vie éternelle, de façon à exclure le millénariann retrouve aussi dans l'Église d'Afrique. « Comment entendez-vous le cornu rtturrectionem ? » écrit saint Augustin. Et il répond : Ne forte putet aliquis Latari, ut additum est : m gitan» eternant. Sermoad oatecAum.,17, PI. A xl, col I Ilahn. i 47-50 Mais la rédaction du symbole africain ne semble pas avoir eu d'influence sur l'introduction de vitani seternam dans le symbole gallican. Voyez le s\m-

bole africain tel qu'on peut le restituer a l'aide de l'ul-

gence, llalm, 5 i'J, de quel [ues sci «uns pseudo-augusti*

4Gg:

APÔTRES (LE SYMBOLE DES

niens de l'époque vandale, Hahn, §48, et du sermon ccxv de saint Augustin, Hahn, § 47, qui est un commentaire du symbole africain, au lieu que les autres catéchèses de saint Augustin, Serm., ccxn, ccxm, ccxiv, commentent le symbole de l'Église de Milan, dans laquelle Augustin avait été baptisé, c'est-à-dire le symbole romain ancien.

Des observations qui précèdent, on peut conclure que le texte reçu ou gallican s'est formé entre le milieu du IVe siècle et le milieu du Ve d'accessions accidentelles, qui se sont trouvées arrêtées, à peu près ne varietur, entre les mains de saint Césaire d'Arles (-j-543). Plus tard, il pénétra à Rome même et y supplanta dans la liturgie le texte ancien romain. On ne peut déterminer la date exacte de ce changement. Le sacramentaire gélasien place dans la liturgie de la traditio symboli le symbole de Nicée, comme si, un temps, on avait remplacé le vieux symbole romain par le symbole grec. Puis, ce symbole grec fut lui-même remplacé par le symbole gallican : c'était accompli au IXe siècle, comme en témoigne VOrdo romanus du temps du pape Nicolas 1er (858-867), récemment étudié par dom Morin, Revue bénédictine, 1897. Sur l'influence qui revient à Milan dans la propagation en Occident du texte reçu de préférence au texte romain, voyez F. Kattenbusch, Das apostulische Symbol, Leipzig, 1894, t. i, p. 197-199.

IV. Le texte ancien ou romain au iv« et au IIIe siècle. — On a du symbole romain un texte grec dans une lettre de Marcel d'Ancyre au pape Jules qui date de 337 et que nous a conservée saint Épiphane, Heer., lxxii, 3, P. G., Lxlii, col. 385. Hahn, § 17. Pareil texte grec se rencontre dans un manuscrit latin du British Muséum, le soi-disant Psalterium Athelstaiii, du IXe siècle. Hahn, § 18. Le texte latin est représenté par VExplanaliu symboli ad initiandos, attribué autrefois à saint Maxime de Turin et que Mai et Caspari ont restitué à son véritable auteur, saint Ambroise, d'une manière à peu près certaine. Hahn, § 32. Il est représenté pareillement par le Commentarius in symbolum apostolorum de Rufin. Comme manuscrits, le plus ancien est un manuscrit de la Bodleyenne à Oxford, le Laudianus 35, du vie-vne siècle. Hahn, § 20. Cf. Kattenbusch, p. 59-78.

Rufin (vers 400)et saint Ambroise attestent plus encore que le texte, car ils témoignent que ce texte était romain d'origine et d'usage. Rufin écrit : Illud non importune commonendum pulo, quod in diversis ecclcsiis aliqua in lus verbis inveniuntur adjecta. In ecclesia iamen urbis Romm /toc non deprehendilur faclum, quod ego propterea esse arbitror, quod neque hseresis ulla illic sumpsit exordium, et mos ibi servatus anti- <7uus eos qui gratiam baptismi suscepturi sunt publiée, id est fidelium populo audiente, symbolum reddere; et ulique adjectionem unius sallem sermonis, eorum qui prxcesserunt infi.de non admittit auditus. Connu. in symb., 3, P. L., t. xxi, col. 339. A son tour, saint Ambroise : Si unius apostoli scripluris nihil est detrahendum, nihil addendum, queniadmodum nos symbolo quod accepitnus ab apostolis traditum atque compositum nihil debemus detrahere, nihil adjungere. Hoc autetn est synibolum quod Roniana ecclesia tenet, ubi primus apostolorum Petrus sedit et communem sententiam. eo detulit. Explanal. symb., P. L., t. xvn,col. 1158. Rapprochez de ces textes de Rufin et d'Ambroise, le prologue de la lettre du pape Innocent Ier à l'évéque d'Eugubio, en 4lfi. Jaffé, n. 311.

Du même coup l'on voit l'autorité dont jouissait le symbole romain à Aquilée, à Milan, sur la fin du IV* siècle. Il est bien remarquable que, en Afrique même, saint Augustin le commentait de préférence au symbole africain. Mieux encore, si nous comparons le symbole romain aux symboles divers que l'on peu! graphiquement distinguer, — symbole ilalien, en désignant par Italie le diocèse métropolitain de Milan, lequel

DICT. DE TIIÉOL. CATII.

englobe à la fin du iv» siècle Ravenne et Aquilée; ce symbole est représenté par les citations de saint Ambroise, de saint Augustin, de saint Maxime de Turin, de saint Pierre Chrysologue, de Rufin, Hahn, § 32-36; — symbole africain, représenté par Tertullien, Vigile de Tapse, Augustin, Fulgence de Ruspe, Facundus d'Hermiane, Hahn, § 44-51 ; — symbole espagnol, représenté par Priscillien, Martin de Braga, Hahn,§ 53-54; — symbole irlandais, représenté par l'antiphonaire de Bangor, vne siècle, et le Book of Deer, ix° siècle, Hahn, § 76-77, cf. Kattenbusch, t. i, p. 78-152; — on est amené à généraliser la conclusion établie pour le symbole gallican, à savoir que ces symboles particuliers sont construits sur le même modèle que le symbole romain, puisqu'ils ont tous en commun certains éléments fondamentaux et qu'ils donnent à ces éléments un même ordre. L'évolution de ces symboles a consisté à se prêter à des surcharges, si bien que plus un symbole est récent et plus il est développé, plus il est court et plus il se rapproche du symbole romain. A omnipolenlem, Aquilée ajoute la surcharge invisibilem et impassibilem ; en Afrique» on ajoute universorum c.realorcm, regem sseculorum immortalem et invisibilem; l'antiphonaire de Bangor ajoute pareillement invisibilem omnium creaturarum visibilium et invisibUium conditorem. Ce même anliphonaire ajoute à Spiritum sanctum la surcharge Deum omnipotentem, unam habenlem subslanliam cum Pâtre et Filio. Et il développe ainsi vitani seternani : Credo vitam post morlem et vitani œternam in gloria Christi. Ainsi des autres additions propres à ces divers symboles. M. Harnack, dont nous suivons ici pas à pas la démonstration, conclut : « Si l'on réduit tous les symboles occidentaux à un archétype, d'où l'on élimine tous les termes sur lesquels ces symboles diffèrent, on obtient sans difficulté le symbole romain. » Il suit de là que « le symbole romain est la racine de tous les symboles occidentaux », et que ce symbole « doit être notablement plus ancien que le milieu du III0 siècle ».

On en a la confirmation par ailleurs. Nous possédons, en elfet, le De Trinilale de Novatien (vers 260). Novatien est du clergé romain, il doit se servir du symbole romain. De fait, on relève dans son De Trinitate des éléments du symbole romain et présentés dans une forme analogue à celle du symbole romain, Hahn, S 1 1 :

Régula exigit veritatis ut primo omnium credamus in Deum patrem et dominum omnipotentem.

Eadem régula veritatis docet nos credere post Patrem etiam in filium Dei Christum Jesum dominum Deum nostrum...

Sed enim ordo rationis et fulei auctoritas digestis vocibus et litteris Domini admonet nos post hsec credere etiam in Spiritum sanctum...

On rapprochera utilement de ces citations de Novatien, les citations suivantes. Le pape Félix (269-274) écrit à l'Église d'Alexandrie : « Sur l'irwarnalion du Verbe et sur la foi, tc;<tt£ Jou,sv et; rôv x'jpiov r,i.i<iiv 'IïjtoOv Xpiorbv tbv êx tyj; TtapOÉ/O'j Mxpîx; "fevv»]8!vT(X... » P. G., t. v, col. 155; Jaffé, n. 140. Le pape Denys (259-269) écrit dans un traité contre les sabelliens : Hs-tTrs'jxfvai •/pr| et; 8îbv Ttatépa itavroxpâropa, xa\ st; Xotarov 'IijitoOv tôv j'tôv aÙToO, xai et; x'o àyiov 7cve0|/.x... P. G., t. XXV, col. 465; Jaffé, n. 136.

Les éléments fournis par ces textes du ine siècle permettent d'induire que le symbole de l'Église romaine, au ine siècle, diffère de ce que nous l'avons vu être au ive en quelques détails.

Le premier article porte toujours Deum patrem omnipotentem, mais le second ne qualifie pas le Sis de Dieu d'unique, unicum. Noions que unicum dans le symbole romain ne représente pas v>% du symbole nicéen, ïva x-jptav opposé' à ïrx 8s6v : unu-inn est la Iransrription latine de iiovoytVTj que nous lisons dans le texte grec du symbole romain. Hahn, § 17. 18. 24, 26, 27. 28. :io. Comment un tel prédicat du Fils m. m [Ue-t-il à Novatien,

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