V. Le symbole romain et les symboi rxrx
— Tandis que les Églis - occidentales présentent ui remarquable fixité de symbole, dans les Eglises or; taies ce qui est constant, c'est lu mobilité des symboles jusqu'à ce que se constitue le symbole que nous a ions de Nicée, qui est en réulite le symbole du cor
tinople de 381 et probablement le symbole baptismal postnicéen de Jérusalem: ù dater du ,1 venu la norme définitive de l'orthodox éliminera de l'nsage toutes les variétés antéi symboles. J. Kunze, Das nicânisch-konstantinopolUar >àsche Symbol, Leipzig, WS-
Ces variétés antérieures sont représentées par les divers formulaires issus des conciles du IV» si' Antioche3il.Sardique et Philippopoli 313. Antioehe Sirmiurn 351,357, 359,Niké 359, Constantinople 380, ete. Hahn, § l.">3-167. Elles sont rep
rédactions que l'on peut localiser: ainsi les symboles palestiniens, représentés par Eusèbe de I prUte
de Jérusalem, Épiphane, Hahn, § 123-126; les syml syriens, par les Constitutions apostoliques, par suint Jean Chrysostome, pur Cassien, Hahn, § 129-130: les symboles d'Asie Mineure, par Marc l'ermite, par Aux de Milan, par saint Grégoire de Nazianze, Hahn, § 135. En comparant ces variétés, on peut reconMruir conjecture un modèle commun ou. leui étunt éliiiiii trouvent tous les éléments sur les-
quels ils s'accordent :
rjtffTeûojtev si; ïv« Beov -avToxpiTopa. tÔ)v àwâvttov ôpaTfov te xa; Kopârtav roit|TF|V.
Ka\ i\; Ivà XxSpiOV 'Ir.soOv XpiVTÔv, I bÙtoO uûvoyevr,'. tbv êx roî ~irxvtuv Ttôv aiioviov. Bi' o'j x«\ 'i r.x.-z lyeveTO, Tovô'.'r.uà: xaveXtovTa ix rûv oùpavûv xai oat'ov ftvvr/jivTa 1 X M 2 s i a ; T >, ; 'î!^
xa\ (TTa-jpwOevTa iwl llovTtoii H.'/ito'j. xat
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xot'i àvafftâvTa tr, toitt, f, u I ? -î xitj Ta. -■
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xat àpx<5fiE vov év ô'jlr, npîvai ;ùv:i; *«• v£/. so-C,
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Ev Bâimatia u-etivo:'*: e": '?î!;v i'^3?7 e:.; KvâffTaatv vsxpùv, £:.; SanXstev »vp«vftv,
y.ai l\; î'arv aiiûviov.
Hahn. S 1-2-2. donne la justification de tous ces articles d'après les attestations qu'on en a du
Or que constaton nous, sim Harnack, que ce symbole oriental, pi
palestinien. > Si COnstruil sur le n
ssmb n, à quelques ,
près? Di ces paraphrases, celle qui f u le
créateur des chos s visibli s i i des invis
exprime que le Fils .-t né du Pèi
APÔTRES (LE SYMBOLE DES
f;)it par lui, qu'il est descendu pour nous des cieux et a été fait chair, sont des paraphrases qui dépendent du symbole de Nicée.
A ce compte, le symbole syro-palestinien tel que nous venons de le reproduire ne serait pas antérieur à la définition nicéenne. De fait, nous possédons des spécimens de symboles orientaux antérieurs à la définition nicéenne, par exemple une profession de foi de saint Grégoire le Thaumaturge, Hahn, § 185; mieux encore, une profession de foi d'Arius datée de 321 environ, Hahn, § 186 ; autant d'Alexandre évêque d'Alexandrie à la même date, Hahn, § 15; autant de l'auteur du dialogue De recta in Deum fuie, aux environs de l'an 300. Hahn, § 14. Or dans aucun de ces symboles, nous ne trouvons l'unité de type qui caractérise les symboles postnicéens. Comprend-t-on d'ailleurs, dirons-nous avec M. Harnack, que dans tout le cours du IVe siècle les Églises orientales eussent avec tant de facilité reçu ou abandonné tant d'essais de formulaires, si elles avaient possédé un vieux symbole traditionnel, comme en possédaient un les Églises latines? Les critiques récents conjecturent de là que les Orientaux n'ont pas connu de symbole fixe au iue siècle; que sur la fin du me sièc'e, « peut-être dans l'école de Lucien, » dit M. Harnack, « en tout cas, en pays syro-palestinien, » on a commencé de connaître et d'apprécier le symbole romain.
Malheureusement, ces conjectures, pour être plausibles, devraient au préalable indiquer quelle circonstance amena l'introduction du symbole romain dans le cercle des Églises syro-palestiniennes à la fin du nie siècle, car entre le concile d'Antioche qui condamna Paul de Samosate et le concile de Nicée qui condamna Arius, il ne se manifeste pas de circonstance capable d'amener cette introduction. Et d'autre part, pour attribuer dans cette introduction quelque rôle à Lucien, il serait bon de posséder une profession de foi authentique de Lucien, celle qui lui est attribuée par le concile d'Antioche de 341, Hahn, § 154, étant généralement tenue pour pseudépigraphe. Au contraire, on ne peut qu'être frappé du synchronisme qui fait qu'avant le concile de Nicée l'influence du symbole romain est nulle sur les professions de foi orientales, mais que, immédiatement après le concile, cette influence se manifeste : c'est ainsi que nous avons deux professions de foi d'Arius, l'une antérieure au concile, Hahn, § 186, l'autre postérieure au concile, Hahn, $ 187, et que la première ne présente nulle trace du symbole romain, au contraire de la seconde qui est d'accord avec le type du symbole syro-palestinien décrit plus haut. Il y aurait donc plus de vraisemblance à supposer que le symbole romain fut introduit à Nicée même comme un formulaire dans lequel tous les Orientaux ne pouvaient avoir aucune difficulté à reconnaître leur foi traditionnelle, et que l'œuvre du concile consista à ajouter aux articles du symbole romain les développements christologiques qu'appelait la question arienne. Voyez la lettre d'Eusèbe à ses fidèles de Césarée, dans Socrate, //. E., I, 8, jP. G., t. LXVII, p. 69, qui appuie noire conjecture.
Quoi qu'il en soit de cette vue, nous inclinons à penser avec quelques critiques récents, que l'opinion a'e ;l pas motivée qui croil retrouver eu Orient, antérieurement à l'an 300 et en remontant jusque vers l'an 100, un type de symbole que l'on veul localiser en Asie Mineure, et dont la formule romaine procéderait <• à titre de fille ou de sieur ». ( tu crée cette illusion en extrayant lint Ignace, de saint Justin, île saint [renée, les diverses expression- qui s.' rencontrent dans le symbole romain et des variantes a ces expressions, pour conclure à l'existence d'un symbole apparenté au symboli rnain : c'est là une méthode artificielle. Sûrement, on sera frappé d'entendre saint Justin dire:-?ntgîç iirivvw|Mv
X&'.tt'jv uibv 0:vj mavpujOeVra v.%: àvïTTavTï y.a'i àv:)/,- X'jÛùtoc Et; tci'j; ovpavoùc \>.-x: JtâXiv jrapaYSvr,ff6(Mvov
xptTY|v..., Dialog., 132, etparcilles expressionsen d'autres passages du même, Dialog., 85, Apol., i, 21, 31, 12, 46, 61 : mais de là à supposer un document aussi déterminé que le symbole pour expliquer des expressions qui ont pour source plus naturelle le Nouveau Testament, il y a d'autant plus loin que saint Justin ne témoigne nulle part de l'existence d'un tel document, ni ne présente aucune trace de la forme pour ainsi dire cristallisée du symbole. Ce que nous disons de saint Justin, Hahn,§ 3, mieux encore le peut-on dire de saint Ignace, Hahn, § 1; d'Aristide, Hahn, §2; de Noet, Hahn, § 4; de saint Irénée, Hahn, §5; d'Origène, Hahn, §8.
Les Orientaux n'avaient-ils donc rien qui ressemblât au symbole baptismal de l'Église romaine'? Ils devaient avoir pour le baptême, pour la liturgie de la redditio symboli, une formule beaucoup plus brève que le symbole romain : on en trouve trace dans la XIXe catéchèse de saint Cyrille et on peut la ramener , ux termes suivants : IL<rre\j(o e!;... iraxspa y.a't sî; vôv -jlôv xai Et; va TCveOjia to âycov xa\ e!; ev ëÎ7m<x[ia [ASTOcvot'a; e!; à?satv àîj.apTiwv. Burn, p. 67.
M. Harnack pense que l'on peut inférer des textes de saint Ignace, de saint Justin, de saint Irénée, qu'il existait une sorte de résumé catéchétique de la foi chrétienne qui ne pouvait que ressembler au symbole romain. Pe fait, Eusèbe, dans la lettre citée plus haut, communiquant à ses fidèles de Césarée le symbole adopte pat1 te concilede Nicéeet le symbole qu'il avait lui-même proposé d'adopter, l'un et l'autre symbole ayant pour base le symbole romain, Eusèbe n'hésite pas à l'écrire en tètedu second : « Conformément à ce que nous avons reçu des évêques nos prédécesseurs, conformément à ce que nous avons appris des divines Écritures, conformément à ce que dans le temps où nous étions prêtre comme depuis que nous sommes évêque nous avons cru et enseigné'... » Or ce symbole eusébien n'est pas le symbole de l'Église de Césarée, comme d'ailleurs le donne à entendre la suite de la lettre. Il faut donc admettre que la catéchèse baptismale de Césarée s'accordait avec ce symbole, tout en étant conçue autrement. Ainsi se confirme l'induction que les Orientaux n'avaient pas proprement de symbole analogue au symbole romain, et, comme dit M. Harnack, « qu'il était réservé- à l'Église romaine d'avoir créé le symbole et avec lui la base de tous les symboles ecclésiastiques. » C'est aussi la conclusion de Kattenbusch, t. i, p. 388-392.
VI. Le symbole romain avant l'an 200. — En suivant le symbole romain au ive et au me siècle, en remontant jusque vers l'an 200, nous avons noté- que, entre le symbole romain et le symbole de Tertullien, il existait une variante dans le premier article. Cet article, à Home, au IIIe siècle, était ainsi rédigé : Credo m Dt'uin patrem omnipotenlem : c'est la leçon de Novatien et du pape Denys. Tertullien. au contraire, lisait : Cpedo in unicum (ou unum) Deum omnipotentem. M. Zahn a pris prétexte de cette différence pour conjecturer que, au début du ni' siècle, le symbole romain avait dû subir une correction : on y aurait supprimé utticum ou Timnn et introduit patrem, de peur de prêter à une interprétation monarchienne. Zahn, Dos apostolische Symbolum, Leipzig, IS!t:>, p. 22-30. Dom Bàumer admet aussi cette modification. Op. rit., p. 114-127.
L'hypothèse de M. Zahn s'accorderait bien avec les circonstances historiques. 11 y eut, en effet, à Rome, dans les premières années du nr siècle, une vogue passagère de monarchianisme, bientôt suivie d'une vive réaction. Cette vogue se rattache à renseignement à du personnageque les Philosophoumena appellent Kpigone.ei Tertullien, Praxéas : il a pour disciple ou pour continuateur Sabellius, qui baptisera de son nom propre
le monarebianis Tertullien donne une idée de la
propagande monarchienne à Home: SimpUce* quiçue, ne dixerim imprudentes et idiotie, quae mijorsemper
APÔTRES LE SYMBOLE Dl
1GT2
credeniium part est, quoniam i ' pluribus diit unicum et D< •■■• ■ i uni tran»-
/,',7. non intellegentet unicum quidem tedi ut nomia esse credendum, expa escunt ad ■• onomiam... Monarchiam, inquiunt, tenemus.l) suffit d'insister trop surl'unité pour modal iser la Trinité, ou, comme dil I rtullien, l'économie. ' ni ■■■• Donûnum >mni~
potentem mundi conditorem, ut de unico hseretim faciat, écrit Tertullien de Praxéas. Adv. Prax., I iption chrétienne trouvée dans le cimetièn Calliste, à Rome, el qui doil dater de la fin du a* siècle on du commencement du m , Fait écho à cet état de conscience. Elle porte, en effet : [Cassii s VitalioJ qui m i nv 1)1. v crededit in pace. De Rossi, Bulletino l p. 87. Le prologue latin aux Évangiles, mis en lumière par M. Corssen, est une pièce monarchienne remontant à cette même époque et se rattachant à ce même mouvement. 1'. Corssen, Monarchianische Prologe, Leipzig, 1896. La question monarchienne fut dirimée, au moins provisoirement, du temps du pape Zéphyrin (199-217), d'où Ks monarchiens -ardaient contre Zéphyrin un ressentiment qu'ils expriment en disant que a jusqu'au temps d<' Victor s'était conservée [à Rome] la vérité de la doctrine », et que, à dater de sseur
Zéphvrin, s'était corrompue la vérité... Anonyme cité par Eusèbe, H. E., v, 28, P. G., t. xx, col. 512. De cette attitude prise par l'Église romaine nous aurions la trace dans la suppression au symbole romain du terme unicum ou unum et l'introduction du mot patreni.
L'hypothèse de M. Zahn s'accorde également avec une importante donnée fournie par Tertullien. Dans le De prœscriptione hmreticorum, composé' en l'an 200 environ, Tertullien en appelle au témoignage de l'Eglise romaine : Si autem ltalùe adjaces, liabes Romam, unile nobis quoque auctoritas prwsto est, ista quam felix Ecclesia, cui tolam doctrmam apostoli cum sanguine, suo profuderunt!... Videamus quid didicerit, quid docuerît, cum Africanis quoque ecclesiis contesserarit. Suit un résumé de la foi de l'Église romaine : Unum Deum novit creatorem universitatis, et Christum Jesum..., etc. Deprmcr., 36. Voilà le symbole romain dans sa substance, et, ajoute Tertullien, l'Église romaine adversus liane institutionem neniinem reàpit. Or, au premier article, Dieu est qualifié d'unique et pas encore de père. Saint Irénée confirme à quatre reprise- le témoignage de Tertullien : Cum teneamus nos regulam veritatis, id es! quia si! unus Deus omnipotent [Contra hier., i. 22); Omnes isli [evangelistse] unum Deum factorem cwh et terras... tradiderunt nobis (m, 1); Assenliunl... in unum Deum eredentes facturent cœli et terras (m, 4) ; Et; ïva Bebv rcavroxpà-ropa i\ ou -à rcivTa, Jttan; <j>ôxXr)po: (IV, 33).
Il semble donc bien établi que le sort de unum et de palrem a été connexe, patrem ayant été substitué à unum. Hàtons-nous de dire que ce sentiment, qui est celui de Zahn et de Bâumer, est combattu par d'autres. Ainsi m. Dm liesne, Bulletin critique, t. xiv, 1893, p. 383; ainsi M. Harnack, Zeitschrifi fur Théologie und Kirche, t. iv (1894), p. 130 sq. Pour ce dernier, l'expressio narrip ïtavtoxpdrtwp n'a pas de préhistoire et le vieux symbole romain sur ce point n'a pas varié. Encore \l. Harnack admet-il la disparition de unum; encore reconnaît-il que Tertullien ne dil point patrem, saint [renée pas davantage, el que pour patrem le premier témoin i Rome est saint Rippolyte, ô(io>.oyetv ite Bebv «avtoxpaTOpa ■/■■i: Xpiorbv 'IriffoOv ulbv BsoO Bïbv ovôpwitov yev6|j /ov. Contra Noet., s.
L'histoire primitive <lu symbole romain serait incomplète si nous ne marquions pas ici que, la langue de i i jlise romaine ayant été grecque, antérieurement au
milieu du m* vi- cle et notamment de saint Cléi t a
ti . il faut admettre que le symbole romain
a été originairement rédigé- en grec. On peut le restituer ainsi :
nUorcÛM e'; [ïv«] '•- '••;
'It]ffovv Xpi<rrbv -•" ulbv bvtoû tbv icvpiov I
IX KStpOevOU, -<j> lui ÏIoVTtOY Il./ITV, ram <>ii-.n. -rt -. | ï-aTT-j'T2 :/. ../-.'.>. ivaCâvTa ci;
Dvpavoù; *«8i ■ ■. »X«««
xpfveti ''..-Ta; /ai vexpove, /■*••
On remarquera dans ce texte d'abord l'absence de expression proprement hellénique. Il affirme I tence du Père, du Fils, du Saint-Esprit, de la même manière que le Nouveau Testament : Matth., xxvm. Ht; II Cor., xni, 13. La Prima Clementit dit sembla! ment: ZS 6 8eb; xa'i -'>•. o x-jpto; 'Irj<roO; Xpiorb; /■ fiytov itveOpa. / Cor., i.vin. 2. Mais le mot de Tri manque, dont on sait qu'il apparaît pour la première fois dans Théophile d'Antioclie. Ad Autol., n,15, et dans Tertullien, Adv. valet.. 17. Adv. l'ras., 2, etc. — Le ternie de rcavroxpdrnap, qui ne se rencontre pas dans les Apologies de Justin, est relevé six fois dans son Dialogue avec Tryphon, 16, 38, Si, 96, 143, 139, cette dern fois en épithète à I ''■ navroxparcopo; mci
8Jvap.iv. Le Martyrium S. Polycarpi, xiv. 2, dit Bebv xaV natépa itavToxpÔTops, mais le mot Kacvroxpéropa manque à la majorité des manuscrit! ' qui
est employé dans |e Nouveau Testament par l'Apocalypse seule, neuf fois, appartient à la langue des Septante. — Nous avons expliqué plus hautl'aba terme, qui appartient à la langue des Septante, appliqué au Christ est proprement johannique. Joa., I, 14 m, 16, 18; 1 Joa., iv, 9. — 'Ex reatp6Évov, ainsi s'expriment saint Ignace, saint Justin, saint Irénée. de \ nnce à Si à irapflèWj dont les valentiniens se servaient exclusivement en lui donnant un stuis docète. Irénée. I. vu. 2, et Tertullien, De cum.. 20. Le vieux symbole romain ne mentionne pas l'opération du Saint-Esprit dans la conception virginale. Il est toutefois remarquable que pareille mention" est fréquente mais
passé l'an 200. Hippolyte, Contra Noet., », 17: Plnlosophoum., ix. 30. Saint Justin, au contraire, semble avoir préféré dire àirà w»3 itotpb; ou :/. »3 icarpb; TewtjWvr», Dialog., '23. 61, 63, 75, 76, Si ' ■ 127. et il ne parle pas de l'opération du Saint-Esprit — La mention de Ponce Dilate est prise au Nouveau Testament. Luc. ni, l; Act., iv. 27; 1 fini., vi, 13. Elle se retrouve comme une expression consacrée chez saint Justin, saint Ii> I r/ertullien, persistante et d'autant plus significative que l'on aurait pu aussi bien parler d'il, rode ou de Ti ou dire : « sous Hérode et Ponce Pilate, ■ comme disent les Actes, iv, 27. et comme on le trouve deux fois chez saint Justin, ApoL, 1,60, el Dialog., 103. Mais le symbole romain qui ne marque pas que le Christ 1 été crucifié par les juifs, marque qu'il l'a été sous un procurateur romain. La mort et la sépulture ne sont pas mention- . .?a i\; H»ù( sùpavoû; dépend de la finale de l'Évangile de Mare. xvi. 19, nuis l'idée de . au lieu de ôcvaXx|t6dtvso0ai se trouve dans les Epltres paulines. Rom., x. 6; Eph., rv, 9. Tertullien dit n qui se retrouve dans s.nui Irénée. II. xx\u: 3, el 111. iv. 2. l'r rpÎTn xtX.,xa6ri|i£vov /.:'/.. 56tv xt';.. t'o sont fournis par le Nome. m Testament el d'attestation commune aux écrivains du ir siècle.
Voici donc, réduit à sa primitive expn bole baptismal de l'Église romaine. Il ne renferm un mol qui n'appartienne a la langue chrétieno deux premiers siècles. Mais aussi nulle trace de la lai johannine. Nul indice que le rédacteui ope
des juifs: il ne mentionne pas que le Christ est de la rai e de David, ni qu'il est ress i
Le Père n'est même pas qualifié de céleste. On s est appliqué à abstraire la foi en un juridique.
A quelle date fixer la constitution de ce texte M. ll.n-
APOTRES (LE SYMBOLE DES
nack opine pour le milieu du 11e siècle : le symbole romain serait contemporain de saint Justin. On trouve, en effet, dans saint Justin des rédactions du même style . Apol., i, 13, 21, 31, 42, 61; Dialog., 63, 85, 126, 132. Hahn, § 3. Mais on ne peut pas dire que saint Justin dépende pour cela de notre symbole. Voyez dans Burn, p. 39, le symbole reconstruit par Bornemann avec des termes empruntés à saint Justin. Saint Irénée, au contraire, s'en rapprocbe plus sensiblement, et nous reconstruirions ainsi son symbole :
Credimus in unum Deum ommpotentem, et in Christian Jesum Dei filium dominum nostrum, generatuni ex Virgine, qui passus est sub Pontio Pilato, resurrexit, receptus est in claritate, rursus venturus est judex eorura quijudicantur, et in Spirilum Dei.
Hahn, § 5. Si ces repères ont quelque valeur probante, on pourra conjecturer que le symbole romain est au moins contemporain de saint Justin et de saint Irénée.
Caspari, Ungedruckle, nnbeachtete und wenig beachtete Quellen sur Gescliiclite des Taufsymbols und dur Glaubensregel, i-m, Christiania, 1866, 1869, 1875; Id., Alte und neue Quellen :ur Geschichte des Taufsymbols und der Glaubensregel, Christiania, 1879; Id., Kirclienhistorische Anecdota, Christiania, 1883. Toutes ces recherches bien résumées par Hahn, Bibliothek der Symbole und Glaubensregeln der alten Kirche, Breslau, 1877, et mieux 1897, cette dernière édition accompagnée d'un appendice par Harnack, Materialien zur Geschichte und Erklàrung des alten rœmischen Symbols, appendice qui est une réfection de sa dissertation Vetustissimum Ecclesix romaine symbolum, publiée avec l'Epistola Barnabx, Leipzig, 1878, p. 115-142: T. Zahn, Dus apostolische Symbolum, Leipzig, 1893 ; F. Kattenbusch, Dus apostolische Symbol, i-ii, Leipzig, 1894- 1900; S. Baumer, Dus apostolische Glaubensbekennlnis, seine Geschichte und sein Inhalt, Mayence, 1893; A. Burn, An Introduction to the Creeds and to the Te Deum, Londres, 1899. Joindre au livre de Hahn, qui doit devenir classique, l'article A postolisches Symbolum de Harnack dans la Realencyklopàdie fur prot. Théologie, 3" édit., Leipzig, 1896, t. I. Sur les polémiques infra-luthériennes concernant le symbole, voyez Baumer et le P. Blume, S. J., Dus apostolische Glaubensbekenntniss , Fribourg, 1893. Voir aussi G. Goyau, L'Allemagne religieuse, Paris, 1898, p. 152 sq. Très complète bibliographie critique dans A. Ehrhard, Die alchrist. Litteratur und ihre Erforschung von 188i-i900, Fribourg-en-Brisgau, 1900, t. i, p. 499-521, et dans B. Doerholt, Das Taufsymbol, I part., Padeiborn, 1898.
P. Batiffol.
II. APOTRES (Symbole des). Son origine et son autorité. — I. Origine. II. Forme de l'attribution aux apôtres. III. Autorité.
I. Origine. — Le symbole romain était la profession de foi demandée aux fidèles pour leur baptême. Aussi est-on naturellement porte'' à penser que la formule trinitaire qui sert de cadre à ce symbole a été inspirée par les paroles du Christ : linptizanles eos in nomine Patris et Filii et SpiritusSancti. Matth., xxvm, 19. D'autre part, d'après les Actes des apôtres, xix, '■'<, le baptême ebrétien n'était conféré, aux temps apostoliques, qu'à ceux qui connaissaient le Saint-Esprit et par conséquent la doctrine trinilaire. De ce seul fait que les Epliésiens ignoraient le Saint-Esprit, saint Paul conclut en effet qu'ils n'avaient point reçu le baptême du Christ. Il ne se trompait point; car ils avaient seulement reçu le baptême de Ji an II en n mite que les apôtres exigeaient pour le baptême, non seulement la foi au Christ lils de Dieu, qu'exprimait l'eunuque de la reine Cândace, Act., vin, 37, mais encore la foi au Père et au Saint- Esprit. Aucun document ne nous prouve que celle foi au Père, au Fils et au Saint-Esprit était Formulée dés lors en un s\ mbole ii • et arrêté ; mais il est difficile de coni' terque les apôtres en demandaient la profession avant d'accorder le baptême. Burn, An introduction t" Un' creeds, Londres, 1890, p. 20-25; Vacandard, l.rs origines du Symbole des apôtres, dans la Revue des questions historiques, 1399, t. xxn. p. 354.
Cuinme la conn u et la profosion de la foi de
l'Église ont toujours été imposées aux catéclmmènes, avant qu'on leur accordât le baptême, la cérémonie de la reddilio symboli usitée dans l'Église romaine remontait pour le fond, sinon pour les détails, jusqu'aux origines de l'Église. Le symbole baptismal romain du IVe siècle était donc une forme cristallisée et développée de la profession de foi trinitaireen usage aux temps apostoliques.
11 semble donc que les parties essentielles de cette profession, c'est-à-dire la foi au Père, au Fils et au Saint-Esprit, en ont fourni le cadre et le noyau. On a objecté, il est vrai, que les additions qui suivent l'article relatif au Saint-Esprit ne semblent point le développement de cet article. On peut répondre qu'en ce cas la présence de ces mots Et in Spiritum Sanctum serait une preuve plus péremptoire qu'ils viennent de la formule trinitaire, si la suite ne s'y rattachait pas: car, en ce cas, comment expliquer ces mots qui seraient comme perdus au milieu du symbole, sinon comme la permanence d'une formule antérieure où la fin du symbole ne se trouvait pas? D'ailleurs les derniers articles exprimant des dons surnaturels dus au Saint-Esprit, qui est lui-même le don de Dieu, peuvent être considérés comme des développements de l'article sur le Saint-Esprit. Revue d'histoire ecclésiastique, Louvain, janvier 1901 , p. 96. Nous pouvons donc conclure que le symbole romain est un développement arrêté de la profession baptismale trinilaire.
Il semble en être de même des symboles orientaux antérieurs à celui de Nicée. Ceux qui ont vraiment la forme d'une profession de foi mentionnent les trois personnes de la sainte Trinité. Indiquons les professions de foi de saint Grégoire le Thaumaturge, Hahn, Bibliothek der Symbol, 3e édit., Breslau, 1897, §185; de l'auteur du dialogue De recta ji de in Deum, ibid.,% 14, et d'Alexandre, évêque d'Alexandrie, ibid., § 15 (la profession de foi d'Arius vers 321, ibid., § 186, mentionne aussi les trois personnes, sans contenir un article exprès pour le Saint-Esprit, d'après le texte reproduit par saint Épiphane, Hœres., lxix, 7, P. G., t. xlii, col. 213). Cependant comme quelques professions de foi orientales postérieures n'ont pas d'article consacre'' au Saint-Esprit, ou comme elles ne développent point cet article, Harnack, dans Herzog-Hauck, Realencyclopâdie, 3e édit., Leipzig, 1896, art. Apostolisches Symbolum, p. 751, prétend que la formule primitive n'avait que doux membres (la foi au l'ère et au fils), et qu'il n'y était pas question du Saint-Esprit. Etudiant le sujet pour les deux premiers siècles, il invoque en faveur de celte opinion des documents, comme 1 Tim., VI, 13, où il n'est question que du Père et du Fils, et il affirme que dans les documents 1res nombreux de la même date où se trouve la mention du Saint-Esprit, cette mention a été interpolée, dans Hahn, op. cit., appendice, S 2, 4, p. 369, 373. On comprend cependant qu'en exposant l'objet de la loi chrétienne on se soit surtout occupé du Fils, dont la nature divine pouvait s'expliquer s;ms parler du Saint-Esprit et
eu parlant seulement «lu Père, (in ne peut, au contraire,
donner aucune raison pour laquelle on aurait ajouté' la mention du Saint-Esprit, si elle avait été inconnue primitivement; car nous ne connaissons aucune controverse particulière de cette époque sur l'existence ou !a nature du Saint-Esprit, On comprend donc parfaitement que
certains textes parlent du Père et du Fils, sans mentionner le Saint-Esprit sur lequel l'attention ne se portail point alors, ou sans développer ce qui le regardait, l.a
mention du Saint-Esprit dans les antres textes est. .ni
contraire, une preuve que la foi baptismale primitive était trinilaire. puisque l'interpolation d un si grand nombre de textes est inadmissible, et que la suite du récit des Actes, six, 2 sq., serait brisée, si on retranchait le verset :; qui suppose qu'on n'était jamais baptisé sans avoir prof-- é sa i"i au Saint-Esprit. Il faut donc conclure que les p. de loi I., iplisin.de de l'Orient se sont
igt:
APÔTRES LE SYMBOLE Dl
.m— i formées sur le cadra dei parole* du Chrial sur la ■tanière de baptia p. Hatth., xxvm, 19.
nui- les développements, donm - à cette i dans lea formulée orb ntales, diff n ni asaei Doublement .lu symbole romain, el qu il esl difl - n< r
;i on type uniforme en del ■ simple profi
■fa foi trinitaire, il j a lieu de pi a mon était seuli
pli. pli- qu i dan tous li - symboles, 1 1 aussi
que lea symboles diffèrent lea uni s pour les
développements donm s à chacun des trois articli
profession essentielle. Cela ne veut pas dire que exigeaient seulement la foi au Père, au Fila et au Saint-Espril pour le baptême; ils pouvaient ajouter à cette profession les additions qui leur paraissaient utiles suivant le milieu où il- baptisaient. Ci effet une exagération de prétendre, avec Kattenbusch, qne la profession baptismale contenait toutes les vérités île la foi chrétienne ; elle contenait seulement les princinales. Revue d'histoire ecclésiastique, janvier 1901, p. %. Les indications du Christ. Matth., xxvm, 19, montraient que la croyance au Père, au Fils et au Saint- Esprit en devait faire partie; mais rien ne s'opposait à ce que les apùtres et leurs successeurs ajoutas» nt d -mires vi i il s choisi s parmi celles qu ils prcch::i:nt dans leur évangile, (les additions se pouvaient faire d'autant plus facilement que la profession de foi ne semble pas avoir été faite aux origines en une formule stéréotypée. On ne sentait pas encore, à ce qu'il semble, le besoin de l'immobiliser en une formule fixe, et la liberté dont on usait à cet égard se prolongea plus longtemps dans les Églises de l'Orient.
A quel moment se formula le symbole romain? En remontant vers ses origines, nous l'avons suivi à l'article précèdent dans son texte ancien jusqu'à la dernière moitié du ii" siècle. Nous avons déterminé les formules déjà arrêtées à cette époque, et les additions qui y furent faites ensuite. Les documents nous manquent pour étudier son histoire antérieure. Saint Pierre et saint Paul n'exigeaient-ils des candidats au baptême que la simple profession de foi trinitaire, ou leur demandaientils d'affirmer aussi leur foi en d'autres vérités? Leur imposaient-ils cette profession baptismale en dehors de tante formule arrêtée; ou hien leur enseignaient-ils une formule fixe? A quelle date furent arrêtés les éléments du symbole romain que nous avons trouvés dans le De Trtmtate de Novatien, llahn. ibid., S 11. et dans les lettres des papes du IIIe siècle? Les données de la littérature des deux premiers siècles ne nous permettent point de répondre à ces questions. Cependant la similitude des formules du symbole romain, avec les professions de foi des Églises de l'Occident et même de l'Orient, demande qu'on reporte cette date à une époque antérieure : beaucoup d'auteurs l'ont plao e au commencement du IIe siècle ; quelques-uns même au 1er. Ilevtie d'histoire ecclésiastique, janvier 1901, p. 95. Mais il leur est impossible de donner à leur opinion une hase solide.
Ne cherchons donc pas seulement la date de la première
forme stéréotypée du symbole, ou des développements
qui ont été ajoutés à la profession de foi trinitaire. Consi-
■e encore et simplement cette profession telle qu'elle
était demandée par les apôtres à tOUS les baptisés. Elle Constituait, nous l'avons VU, le premier état par lequel a
passé' le symbole romain du iv siècle dans son développement, puisque le Bymbofa romain du IV siècle n'était qu'un autre état de cette profe--ion baptismale. Or, dans
cet état primitif, le symbole romain remonte certainement jusqu'aux apôtres.
Aux yeux des historiens modernes du symbole, celte observation esl sans importance, parce qu'ils n'envisagent dan- le symbole que les formules stéréotypées. Mais
il II '• de même aUX veux des théologiens, qui
donnent plus d attention au fond îles doctrines qu'aux
formuli - i1 i ux,
en effet, la prof ut-