‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 85 sur 338 · III. L'ARCANE CHRÉTIEN AUX DEl'X PREMIERS SIÈCLES · texte numérisé non relu

III. L'ARCANE CHRÉTIEN AUX DEl'X PREMIERS SIÈCLES

— Il n'est pas douteux que, dans l'opinion païenne, le christianisme passait pour être une secte qui avait des dessous qu'elle cachait aux profanes et qui étaient abominables. Un contemporain d'Apulée, Minucius Félix, met en scène dans son Octavius un païen qui fait le procès des chrétiens : Tcnebrosa et lucifuga natio, in publicum muta,inangulU gamda...,sceleribus gloi lur... Nescio an falsa, carte occidtis ac nocturnis sacrit apposita suspicio... Pleraque omnium vera déclarât ipsius pravse religionis obscuritas. Curetenim occullare et abscondere...? Octavius, 8-10, P. L., t. m, col. 259-260. Ces accusations témoignent que le christianisme se dissi- I mulait. ainsi qu'il était bien naturel à une religion prohibée depuis Néron. Ue là ces calomnies absurdes. Mais ni ces accusations, ni ces calomnies ne supposent un | secret inviolable.

Celse est un contemporain de Minucius Félix. On a pu dire de lui qu'il a connu mieux qu'aucun autre écrivain païen le christianisme et les livres chrétiens : un païen avait donc le moyen de faire une telle enquête. Celse reproche aux chrétiens de prêcher leur doctrine clandestinement (xpjqpa), mais rien qui ressemble au mystère des cultes païens. Origène, Contra Cela., i. 3, P. G., t. xi, col. 601. Celse sait que cette doctrine est prêchée sans solennité, dans les plus modestes boutiques : « Ceux qui tiennent à savoir la vérité, dit-il, n'ont qu'à venir avec les femmes et leurs nourrissons dans le gynécée, ou chez le cordonnier, ou chez le foulon : ils v apprendront tout » (tétâXeiov X&ëcùOi). lbid., ni. 55, col. 993. Il n'en était sûrement pas ainsi à Eleusis ce que lui oppose Origène : « Non, dit Origène, nous ne cachons pas (àwoxpvitTO|Kv) la sainteté de notre principe, ainsi que l'affirme Celse... Nous enseignons les premiers venus (tiï; tiîiôtoi; e!Tayou.:vv.;)... et nous confions les Évangiles et les écrits apostoliques à qui peut les entendre. » lbid., m, 15, col. 940. On peut conclure : les païens ont signalé la clandestinité du christianisme, mais ils ne lui ont pas connu de mystère.

Aucun auteur chrétien n'a plus que Clément d'Alexandrie insisté- sur les mystères des cultes païens. Le second chapitre de son Protreptique, P. G., t. vin, col. 68, est une longue description de ces mystères. « Faut-il te bs décrire'.' Vais-je les révéler, comme Alcibiade les révéla jadis, à ce qu'on raconte'.' » 11 le faut, poursuit-il. U faut que les sp. e ta 1 1 u l's ,1e la vérité les v, lient exposés

au grand jour de la scène. Suit une description assez détaillée, notamment des Êleusinies. Clément dévoile les mystères représentés dans les nuits mystiques, et

conclut : I Voilà les mystères cachés des Athéniens l .-.a |i««rrnpia). U décrit les rites, il rapporte les obscures formules : i Si vous avei été initiés il |uuût)s6s), vous rirez d'autant plus de ces rites vénérables, ment n'a doue que du mépris pour ces mystères. 1er tiillien en a horreur. Il sait que l'accès des EleusÙÙes est entouré' d'épreuves pénibles et longues : Ant

t<n quinquennium irutituunt. En faisant durer ainsi

tion, l'attente, le d

■ la majesté de . Puis, quand

ils ont initié quelqu'un, ils lui imposent li Sequilur jam tilentii of/U ium,

nitur. La divinité est cachée dans tuaire, dont li ont garnies de voil<

dont bs fidèles sont tenu- de ne point trahir [totum tignacuh

dacrum membi valoir

1. p. L. t. il, col. 539-5i2. C'est bien le cas de répéter ce que M. Duchesncdisait des en ces derniers temps pour rattacher loi > Églises chrétiennes a celle de- confréries palenn i L'idée que les premiers chrétiens aient pu chercher des modèles pour quoi que ce soit dans des institutions qu'ils avaient en horreur, rne semble tout à fait inacceptable. » Origines du culte chrétien, 2« édr. 1898, p. 10.

Cependant Clément d'Alexandrie fait une concession, toute littéraire, au lan( - Saint Ignace déjà, pour

dire que les Éphésiens avaient été ensemble dise. desaintPaul,Ieflappelaitria-J>ov (ru(i.u.i<TTai xu,

2. Le mot |Lu<rTT)ptov d'ailleurs est fréquemment par saint Paul. Rom., xi. 25; xvi, 25; 1 Cor., a iv, 1; xiii, 2; xiv, 2; xv. 51: Eph., i. 9; m. 3, 4.9; v. 32; vi, 19; Col., i, 26, 27: n, 2; iv, 3; II Thess., Il, 7; 1 Tïm., in, 9, 16, etc. La seconde Épltre de saint Pierre, I, 16, se sert une fois du mot Êitôîrr»i« au sens classique. Au contraire, voici dans Clément d'Alexandrie une véritable invasion de mots pris au langage des mystères. Lt notez que ni saint Irénée, ni Tertullien, ni saint Hippolyte n'usent d'une pareille terminologie. A la fin du 1 que, P. G-, t. vin, col. 237 sq.. Clément invite son lecteur à se détourner de toutes ces fables, à fuir cette île maudite des voluptueuses sirènes, à se lier au Verbe de Dieu qui est le seul bon pilote, et au Saint-Esprit qui le guidera au port des cicux. « Alors, dit-il. tu contempl (y.aT07iT£jiet;) mon Dieu, lu seras initié aux saints mystères (toï« kfioti -ùn'yr.'yr, |LU<rn)p(oi;), tu jouiras é:qui est caché dans les cieux. de ce qu'aucune oreille n'a entendu, de ce qu'aucun cœur n'a senti monter en soi... Viens, o insensé! jette là le thyrse, les couronnes de lierre, la mitre, la nébris, insignes des cultes

païens. « Livre-toi à 1 : je te montrerai le L

et les invsteres du Lo,.os. 11 y a une montagne chi ; Dieu, ombragée de chastes forêts : la. les filles de Dieu. brebis toutes belles, célèbrent les augustes fêtes du L- | (<rep.vo opyux). Les justes forment le chœur, ils c tent l'hymne du roi de l'univers : les vierges psalmo.l: les anges glorifient, les prophètes parlent... O mvslères véritablement saints! Des daduques me guident : je contemple les cieux et Dieu (8z6ouxoO|iai '■"- • xai t'ov Oeôv â-o-te-^a;); je deviens saint, initi uWJ|ievoc); le Seigneur est mon hiérophante et il consacre le mvste on l'introduisant dans la lumière, » loin de l'introduire dans le mystèn • reî 6*vpio«« s«« t'ov hOttc o^p«Yi«6WH ;">"i",''r '"■ • ' ' donc, lecteur. « sois initié [xa\ ail |mwû) et tu seras du même chœur que les anges, i Cohort. ad gent., 12. P. G., t. vin. col. 240-241. Tout ce symbolisme de lettré revient a dire qu'il v a une initiation pour les chrétiens, une initiation comparable a celle d'Eleusis, ques et son hiérophante, ses myst< mais cette initiation n'est pas de ce monde, réservée aux justes dan- les ceux. C'est dire «pu I ment ne voyait rien dans 1.- „s.ires et dans la h':: ecclésiastiques qui lui parut comparable à l'initii ,11 leusis : il n'\ avait de véritable myste que le I heureux au ciel", ni de véritable époptie que la I béatifique.

Ainsi, au 11- siècle, ni païen', ni chl fai-

saient de rapprochements entre le culte et la doctrine de l'Église d'une part, et les mystères d'autre par

ARCANE

ce qui concerne la loi du silence. Nous allons voir que les témoignages les plus explicites établissent que le christianisme ne pratiquait pas cette loi.

Le nombre fut grand, dès le Ier siècle, de ceux qui, après avoir embrassé le christianisme, l'abandonnèrent. Dans son enquête sur le christianisme en Bithynie (environ 112), Pline, sur la liste des citoyens dénoncés comme chrétiens, en rencontre qui n'avaient aucun scrupule à tout dire au légat des usages delà société dont ils s'étaient retirés, les uns depuis trois ans, d'autres depuis plus de vingt ans. Pline consigne leurs aveux :Ad/irmabant hanc fuisse summum vel culpœ sux vel erroris... Leur faute ou leur erreur, assuraient-ils, n'avait jamais consisté qu'en ceci : ils s'assemblaient à jour marqué avant l'aurore; ils chantaient ensemble un carmen au Christ comme à un dieu; ils s'engageaient par serment, non à quelque crime, mais à ne point commettre de vol, de brigandage, d'adultère, à ne point être de mauvaise foi, à ne point nier un dépôt; après cela ils avaient coutume de se séparer, et ils se réunissaient de nouveau pour prendre une nourriture ordinaire et innocente (coeundi ad capiendum cibum, promiscuum tamen et innoxium). Pline, pour plus de sûreté, a fait mettre à la torture deux servantes qui portaient dans la secte le titre de diaconesses (minislrse) : il n'a rien constaté de répréhensible, sinon une superstition grossière, immodérée. Epistul., x, 97. Laissons de côté les aveux de ces deux diaconesses, ne retenons que les déclarations des apostats : il ne parait pas qu'ils aient rien caché à Pline, et, comme cecibus innoxius ne saurait être le repas des agapes, reste que ce soit l'eucharistie : aucun serment ne leur interdisait donc de tout révéler.

On peut raisonner de même et mieux encore sur la littérature chrétienne des deux premiers siècles. Le Nouveau Testament, non plus que l'Ancien, n'était un livre secret : n'aurait-il pas dû l'être d'ans l'hypothèse de la discipline del'arcanc? Saint Justin adresse son apologieà l'empereur Antonin, à ses fils, au « sacré sénat » et au « peuple romain tout entier » : dans cette apologie rien n'est dissimulé de la doctrine ni du culte de l'Église, l'eucharistie notamment est dévoilée dans son rite et dans son dogme: où est l'arcane? Passe pour les expressions symboliques de l'inscription d'Abercius; passe pour un cryptogramme comme Vlchthus; passe pour les peintures des catacombes; admettons que des monuments de cet ordre aient besoin d'un commentaire pouf être entendus. Mais ce commentaire n'est-il pas surabondamment dans toute la littérature des deux premiers les, et combien nous est-elle parvenue réduite? On fait étal du texte de saint Matthieu, vu, G : Nolite dare sanction canibus, neque miltatis margaritas vestras ante porcos ! Comme si ce texte, et il est unique, renfermait le précepte de la silentii fides autrement que par accommodation? On en vient alors à concéder que la loi de l'arcane « n'a pas existé, comme lui positive, tout à fait dès le premier âge de l'Église t; et que, en outre, cette même loi « fléchissait toutes les fois que le bien de la religion l'exigeait ». Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, Paris. 1865, p. 601-602. On omet cependant de nous prouver que, si peu rigoureuse fùttlle, cette loi existait. Insistons.

Saint Irénée, dans un fragment conservé par Œcuménius, parle d'esclaves qui avaient pour maîtres des « chrétiens catéchumènes » : ces esclaves furent arrêtés et interrogés, on voulait savoir d'eux quelque chose sur les chrétiens. Comme ces esclaves n'avaient rien à révéler qui pût satisfaire ceus qui les questionnaient, « sinon ce qu'ils avaient entendu dire à leurs maîtres, savoir que la divine chose qu'ils prenaient était le sang et le corps du Christ, el persuadés qu'il s'agissait réellement de sauu el de chair, ils le dirent à ceux qui les questionnaient. » Ce fut, dit Irénée, une découverte pour les païens! Ils crurent incontinent que c'était cela

que les chrétiens accomplissaient (TôXEïVjOai), et >'s s(' le communiquaient, et ils voulaient le faire avouer aux deux martyrs Sanctos et Blandine. Mais Blandine répondit : « Comment les chrétiens pourraient-ils commettre pareilles horreurs, eux qui par ascétisme ne touchent même pas aux viandes permises? » Ces esclaves ne sont pas chrétiens. Ils savent du christianisme seulement ce que leurs maîtres ont dit devant eux : leurs maîtres n'avaient donc point de secret à garder? Ils savent ainsi que la communion consiste à participer au sang et au corps du Christ : quel serait l'objet de l'arcane si ce n'était l'eucharistie même? On peut donc conclure que la discipline de l'arcane n'existait pas pour Irénée. P. G., t. vu, col. 1236. Llle n'existera pas davantage pour Tertullien.

Tertullien fait allusion au passage des Actes des apôtres où saint Paul est représenté, sur le navire, au milieu des matelots, prenant le pain, le rompant et le mangeant devant tous, après avoir rendu grâces à Dieu. Tertullien en conclut que tout lieu peut se prêter à la prière : « Les apôtres n'ont donc point agi contre le précepte, eux qui en prison priaient et chantaient en présence de leurs gardiens, et Paul pas davantage, qui in navi coram omnibus eucharistiam fecit.ti De orat., 21, P. L., t. i, col. 1299. On peut discuter le fait de savoir si, devant les deux cents et tant d'hommes de son navire, saint Paul a célébré l'eucharistie, ou pris une collation : du moins pour Tertullien nul don le que c'était l'eucharistie. Où était donc pour Tertullien le précepte de l'arcane?

Tertullien, dans son Apologelicus, réfute les calomnies atroces que les païens répandent sur les assemblées chrétiennes. On nous traite de bandits à cause du prétendu mystère de l'infanticide : Dicimur scélérat issimi de sacramento infanticidii, et pabulo inde, etc. Pourquoi ne nous prenez-vous pas en flagrant délit? Pourquoi vos bourreaux ne demandent-ils point aux chrétiens ce qu'ils font dans leurs assemblées (imperatis non ut dicant quse faciunt...)? Si nous nous cachons persévéramment (si semper latcrnus), comme on nous le reproche, comment connaissez-vous le crime que nous cachons? Immo a quibus prodi potuit? Ab ipsis enim reis non utique, cum vel ex forma omnibus mysteriis silentii /ides debealur. Par qui notre crime a-t-il été dénoncé? Parles coupables? Vous ne pouvez nous le donner à croire, vous païens, qui n'admettez pas en droit que le silence dû aux mystères puisse être violé. Et si, en fait, les mystères d'Eleusis ne sont révélés par personne, combien moins seraient révélés des mystères, les nôtres, si leur révélation dévoilait des crimes faits pour provoquer la vindicte publique! Eleusinia reticentur : quanto m agis ialia quse prodita intérim etiam humanam animadversionem provocabuntf Aurons-nous été1 trahis par des personnes étrangères à notre foi? Comment ces étrangers connaissaient-ils nos mystères? Cum i semper etiam pise initiationes arceant profanas. Apologet., 7, P. L., 1. 1, col. 306-309. En juriste, Tertullien argumente en partant des principes admis par ses adversaires. L'accusation d'infanticide portée contre les chrétiens est simplement un bruit qui n'a aucun fondement : car, peur qu'il fût fondé, il faudrait que les chrétiens eussent avoué leur crime; or vous, païens, vous ne pouvez pas le supposer, vos principes en matière de mystères VOUS l'interdisant. Quant aux chrétiens, c'est autre chose ; eux, ils n'ont pas de fides silentii à observer : vous n'aviez qu'à leur demander i e qu'ils faisaient (ut dicant quse faciunt). Tertullien suppose donc que les chrétiens pouvaient loul dire, el ce I ige de VApologeticus, qui a si Bouvent servi à prouver l'existence de l'arcane, prouve au contraire que l'arcane n'existait pas.

Tertullien raille l'arcane profond où les valenlinions lit. Ils n'ont rien de plus à COBUr que de eaelier

A RCA NE

Ce qu'ils prêchent : Nikil magis curant quam nccultarc qtnxl prssdieant, Ils font du lecrel on devoir de coninsent-ils, En cela, on peul les comparer aui initiés dei mystères d'Eleusis, encore que l,s valentiniens soient bien au-dessous : Eleu inia Valentiniani fccerunt lenocinia, *«</./« silentio magno,$ola taciturnitate calettia. N'essayez pas de demander des explicitions aux valentiniens : Si h(,,ta fide qumras, concreto vultu,Buspensosupercilio, A Itum est, ai uni. Si subtiliter tentes, per ambiguitates bilingues conimunetn fideni affirmant. Si icire te subostendas, negant quid agnoscunt... Ne discipuliê quidem propriit unie corn* miltunt quam tuos fecerint... ldooque simpliceê notamur apud illos. Adv. valent., 1, P. L., t. II, col. 543. Comment Tertullien aurait il pu railler la discipline de l'arcane chez les valentiniens, si elle avait été en vigueur dans la grande Église? Et pourquoi les valentiniens accusaient-ils la grande Église de simplicité, sinon parce que la grande Eglise n'usait pas de toutes ces précautions? Ce témoignage de Tertullien va à établir que les églises dissidentes ont, elles, pratiqué un certain arcane. Saint Irénée, en effet, leur reproche leur mise en scène, et de ne pas vouloir enseigner publiquement (£v çavupiô C'.ôiTxeiv), et de faire payer un prix fort élevé la communication de leurs mystères. Contra heer., I, iv, II, P. G., t. vu, col. 484. Ailleurs : Non oportere omnino ipsorum mysteria eff'ari, sed in abscondito continere per silentium. I, xxiv, 6, col. 679. Voilà bien l'arcane, et aussitôt avec l'arcane les livres secrets, les apocryphes. Cf. I, x.xv, 5; xxxi, 4; II, xiv, 1, prolog. Irénée se rend compte que si l'on peut invoquer dans l'Eglise un secret, c'en est fait de la tradition et du canon de la foi dont l'authenticité tient à sa publicité. Traditionem itaque apostolorum in toto mundo manifeslalam, in omni Ecclesia adest respicere omnibus qui vera retint videre : et habemus annumerare eos qui ab aposlolis instiluli saut episcopi in ecclesiis, et successores eorinn nsque ad nos, qui nihil taie docueruut, neque cognoverunt quale ab his deliratur. Etenim si recondita mysteria scissent apostoli, qum scorsim et latenter ab reliquii perfectos docebant, his vel maxime t rade rent ea quibus etiani ipsas erclesias committebant. III, m, 1, col. 8i8. 11 ne faut pas avancer que les apôtres, saint Paul par exemple, ont eu de la foi une science qu'ils n'ont point versée dans la tradition commune : Doctrina apostolorum manifesta et firnxa, et nihil sublrahens, neque alia quidem in abscondito, atia vero in manifesto docentium. III, xv, 1, col. 918. Mêmes affirmations chez Tertullien, De prsescr., xxvi. P. L., t. n, col. 38 : Dominas palam edixit, sine ulla significatione alicujus tecti sacramenti. Au contraire dans la soi-disant épilre de saint Pierre à saint Jacques, qui se lit en tête des Homélies clémentines, Pierre intime à Jacques l'ordre de ne confier à aucun piïen, ni même à aucun Juif, sans épreuve préalable, les livres de ses Ki)pÛY|utTa qu'il n adressés à Jacques. En retour, saint Jacques décide eue l'épreuve en question durera six années au moins, et que les livres de Pierre seront communiqués seulement après que l'initié aura juré sur la terre et les cieux de ne communiquer ces livres à personne, de ne les copier pas, de ne pas les faire copier. Si un jour ces livres ne lui paraissaient plus vrais, il devrai! les rendre à celui qui les lui a donnés. Part-il en voyage, il emportera ces livres avec lui ; s'il préfère ne bs emporter pas, il les confiera à son évêque i professant la même foi » ; s il est près de mourir, il les remettra à son évéque, au cas où il n'aurail pas d'enfants admissibles à l'initiation; plus tant, si ces enfants deviennent dignes de l'initiation, l'évéque leur rendra les livres comme un patrimoine; et si enfin l'initié venait échanger de relia il jure sur la nouvelle foi qu'il aurait alors de garder s. m engagement actuel. Glementina, Epist, Pétri, 1, 3, Contestai. Jac., 11. P. G., i. u, col. 25-32.

IV. L'ARCANE CHRélTENDU m» SIÈCLE AO Y». — Air grande Eglise, jusqu'au tu* siècle, n qui puisse être Ir.nt i pi nie de l'arcane. S

doute, la prohibition du christianisme édictée p;ir I:

on de Néron, et maintenue ensuite, obligeait le christianisme a (aire de se* réunions, des lors qu'elles

al illicites, des réunions clandestines, au n durant les périodes de pei s> cution. Mjis la clan n'e^i p.is l'arcane, soit I arcane absolu païens, suit l'arcane mitigé des conventicules hérétiques. Le moment est venu cependant ou le christianisai) lendemain de la persécution de Marc-Aurèle, prend un essor inouï, et, de clandestin qu'il était, éclate de fait au grand jour. C'est à ce moment que correspond une organisation plus forte, et une fédération plus manif des Eglises. Et c'est à ce moment aussi quapparait simultanément un peu partout le catéchumén.il.

Inconnu comme institution au temps de saint Justin et d'Hermas, il apparaît sur la fin du n* siècle. I; postérieur au schisme des marcionites, qui ne le pratiqueront pas même plus tard, comme le leur reprochera saint Épiphane. User., xi.ii, 3, P. G., t. xu, col. 7<X). Tertullien de même reproche aux hérétiques de son temps de ne pas distinguer entre catéchumènes et lideles, d'admettre indifféremment les uns et les autres dansynaxes. De presser., xi.i, P. L., t. Il, col. 5G-57. Aussi bien est-ce pour se défendre contre les surprises de 1 h; r : nie que 1 i ducation des cil chu menés est par l'Église. Les catéchumènes sont des postulants. novittoli, dont il convient d éprouver les dispositions et de former l'esprit et la conscience selon une méthode qui ressemble à une pédagogie : Indpiunt divinis sermonibus aures rigare. Tertullien, De pwnit.,6. 7. P. /. . t. i, col. 1236-1242. Le catéchuménat, qui semble n ■ ter pas proprement pour saint Irénée. puisque les chrétiens, qu'il appelle i<xT»r/oJ|i£vot , sont en vérité des fidèles, le catéchuménat est pour Tertullien, pour saint Cyprien, pour Origène,pour saint llippohte, une institution canonique.

Or le catéchuménat entraine avec lui une différence de publicité dans la prédication et dans le culte. Cttte différence de publicité est bien marquée par Origène dans une de ses homélies. 11 explique un rite de l'ancienne loi, l'aspersion que le grand-prétre faisait du propitiatoire avec du sang de veau. U rappelle à son auditoire que le Christ, vrai pontife, l'a reconcilié au I par son propre sang. Non pas, continue Origène, le sang matériel, mais le sang du Logos, le sang de celui qui disait : « Ce sang est le mien qui sera répandu pour vous en rémission des péchés. » Et Origène ajoute : .V : gui mysteriis imbutus est et carnem et sanguinetn Verbi Dei : non immoremur in his qux scientibus nota sioit et ign< rantibus palere non possunt. In Levit., homil. ix. in. P. Cf., t. xu. col. 5'23. Cf. In Num., Iiomil. v, 3, col. 605; In Levit., homil. xm.3. col " In Judic., homil. v, (i. col. 973; In lien., homil. ira, 8, col. 260. On saisit ici la transformation que l'exisl du catéchuménat a introduite dans la prédication chrétienne. Désormais dans la prédication publique r serve II programme propre des catéchèses. Transformation bien conventionnelle assurément, car Origène, dans le passage cité plus haut, en dit déjà long sur l'eucharistie qu'il ne veut point trahir, cette transformation sur la prédication, non sur l'enseignement écrit, car en tel autre passage des livres d t non plus

de ses homélies, il explique longuement et dans tous il t.uls le mystère qu'il déclare devoir réserver quand il prêche. Voyei Tn Uallh. connu, ter., 85-86, /'. <>'.. t. xm. col. l73t-1737,où il expose l'institution de l'eucha- Ailleurs Origène reproche a Oise de traiter la doctrine chrétienne de seêrt :

secrète \> ;,'<v;'a- allons donc' Puis. pie tout

l'univers connaît la prédication tiens

ARCANE

mieux que les opinions des philosophes : qui ignore la conception virginale de Jésus, sa crucifixion, sa résurrection, le jugement à venir qui punira les pécheurs et récompensera les justes? Le mystère (yucroripiov) de la résurrection est connu et même tourné' en ridicule par les infidèles. Après cela, dire que notre doctrine est secrète, c'est dire une absurdité (eVi to-jtoiç oùv Xéyeiv •/.p-jçiov eivat tô Soyfj.auâvj èutV/ aT07tov). Mais que [dans le christianisme] tout ne soit pas exotérique (nvoc [xerà ta èÇoTEpi/câ), qu'il y ait des choses qu'on ne répand point hâtivement dans le public (perç eî; toùç noXXoô: ç'iâvovta), cela est commun aux chrétiens et aux philosophes, qui ont pratiqué l'exotérisme et l'ésotérisme... A-ton incriminé jamais de ce chef les mystères des grecs et des barbares? » Contra Cels., i, 7, P. G., t. xi, col. 668. Origène ne voit dans ce parallèle qu'un argument ad liominem. Ailleurs, en effet, il le reprendra, contre Celse encore, et pour montrer que le rapprochement esquissé par Celse entre le christianisme et les mystères païens prête à des accommodations verbales, mais ne va pas plus loin. Celse parlait des cultes païens qui promeltaient la purification des fautes (xa9âp<7ca àjj.ap-:/)uâr(ov), et il rappelait que ces cultes invitaient à l'initiation « quiconque était pur de tout crime, quiconque avait la conscience sans remords », tandis que les chrétiens promettent le royaume de Dieu aux pécheurs. Origène répond que le christianisme appelle les pécheurs, en effet, mais pour leur faire changer de vie, et il les appelle à l'initiation seulement quand ils ont été amendas. Origène se sert du mot de Celse : Nous les appelons à nos « mystères» (teXeiâç)» cac, selon le mot de saint Paul, nous énonçons la sagesse aux « parfaits » (teXei'oi;). Origène développe en reprenant la pensée et les expressions de Celse : Voici, dit-il, ce que nous déclarons à qui s'est instruit près de nous de la science de l'immortalité : « Celui qui est pur, non seulement de tout crime, mais de fautes minimes, qu'il ait confiance, qu'il soit initié aux mystères de la religion selon Jésus, réservés aux saints et aux purs (;x'je('<t9w xà nuar^pta t?i<; xaxà 'It)«toOv ÔcOTEoeia;). Le myste de Celse dit seulement : Celui qui n'a conscience d'aucune mauvaise action, qu'il vienne! le mystagogue selon Jésus ('; xatà tôv 'Iï^jo-jv u.-jcraywytiW) dit au contraire : Celui à qui depuis un tempsdéjà long son âme ne reproche rien,qu'ilapprenne la doctrine de Jésus. » Donc, conclut Origène, Celse « en rapprochant la méthode des mystes des Grecs de celle des didascales selon Jésus, n'a pas connu la différence » qui les distingue si à fond. Contra Cels., m, 59-61, P. G., t. xi, col. 1000. Mais ces accommodations verbales, dont Origène, après Clément d'Alexandrie, nous donne ici un spécimen, bien dans le goût de l'allégorisme alexandrin, sont destinées à se perpétuer dans la langue ecclésiastique. Et ce qui prouve qu'elles sont grecques d'origine, c'est que saint Cyprien n'a pas une seule expression pareille.

Origène vient de nous permettre de constater que l'institution du caléchuménat a introduit dans la prédication chrétienne une économie nouvelle, qui réserve dans cette prédication le programme propre des catéchèses à un enseignement ferme''. Pareillement, dans la liturgie, les actes auxquels ne participent que les fidèles constituent un culte fermé. Le 28' canon d'Hippolyte dit : « Que les clercs veillent à ce que personne ne participe aux saints mystères, sinon les fidèles seuls. » Observons toutefois que c'est là un usage établi, non proprement une loi. Car on no peut citer ;iueun concile qui l'ait portée ou renouvelle, depuis le concile d'Ekire jusqu'au concile in Trullo. Pas plus que la Didaché, ni les Canons d'Hippolyte, ni la Comtitution ecclésiastique apostolique, ni la Constitution ecclésiastique égyptienne, ni le Testament <ln Seigneur, ni la Didascalie des apôtres, ni les Constitutions apostoliques, ni les Canons apostoliques, ne mentionnent larcane

comme une loi organique. Les Canons d'Hippolyte disent simplement : « Les secrets de la vie, de la résurrection et de l'oblation doivent être entendus par les chrétiens seuls, car ils ont reçu le sceau du baptême. » Can. 29. Et on voit le caractère tout liturgique de cette prescription. On comprend dès lors que la liturgie soit autrement explicite que le droit.

En Egypte d'abord. L'Euchologe de saint Sérapion de Thmuis (environ 360)a une prière qui implique le renvoi des catéchumènes à l'issue de l'homélie et avant l'offertoire de la messe. On y lit, entre autres choses, celles-ci: « Qu'ils soient gardés |par toi, Seigneur) dans [la science de) ce qu'ils apprennent et dans la pureté de l'intelligence, et qu'ils soient estimés dignes du bain de la palingénésie et des saints mystères. » G. Wobbermin, Altcliristl. liturg. Stùcke, Leipzig, 1899, p. 16. — Voici qui est plus significatif. Les ennemis de saint Alhanase avaient fait état contre lui d'un sacrilège qu'on prétendait avoir été commis par un de ses prêtres, Macaire : chargé par Athanase d'interdire tout exercice du culte à un certain Ischyras, qui n'avait point été ordonné et prétendait cependant célébrer l'eucharistie dans son village, Macaire aurait fait violence à Ischyras à l'autel même, brisé le calice dont il se servait, et jeté à terre les espèces consacrées. Saint Athanase discute le fait et montre qu'il est controuvé, discussion dont nous tirons plusieurs importantes données. Athanase reproche aux ariens d'avoir jeté cette discussion dans le public : « Ils n'ont pas honte, dit-il, de mettre tout cela en scène devant des catéchumènes, et, ce qui est pis, devant des païens (Tpayw8o-jvTEç xà p.u irrita), alors qu'il est écrit que l'on doit garder le secret du roi, alors que le Seigneur nous fait un précepte de ne pas donner le saint aux chiens, les perles aux porcs. Car il ne faut pas dévoiler les mystères aux non-initiés (oj y?''! ™ u.uoTr(pia à(j.ur)Tot; xpaywSEîv), de peur que les païens n'en rient dans leur ignorance, et que les catéchumènes ne se scandalisent à les connaître ainsi. » Apolog. contra arian., 11, P. G., t. xxv, col. 265-269. Athanase se fonde, comme sur un principe incontesté, sur la règle qui interdit de révéler l'eucharistie aux catéchumènes et aux païens. Athanase, en outre, se sert, comme d'un langage désormais commun, des expressions origénistes de [w<mf)pi« et de à|j.-Jï]Toi. Le calice est pour lui le irjorixôv ttotyJpiov. Le prêtre 'upoiipysi. — La suite de la discussion nous intéresse encore. Athanase rapporte qu'une commission d'enquête est envoyée par le concile arien de Tyr. Des piètres demandent à assister à l'enquête : on le leur refuse. C'est en présence du préfet d'Egypte et de sa suite qu'a lieu l'interrogatoire des témoins. « On les interroge sur le calice et sur la table, en présence de païens et de Juifs! Ce serait incroyable, si ce n'était pas dans le dossier. Oui, des prêtres, eux qui sont les ministres des mystères (tûv lAuorqpt'wv Xeitovipyoî), sont exclus de L'audience, mais le juge est un homme du dehors (ÈÇtoTixov); mais des catéchumènes sont là; mais, pis encore, dis païens et des juifs sont là; et on interroge là des témoins sur le sang du Christ, sur le corps du Christ! Il fallait que cette enquête fût faite dans l'église, par dea clercs, légalement, et non par des païens qui ne connaissent pas la religion. » Ibid., 31, col. 300. 11 ressort ainsi du récit d' Athanase que la règle, sur l'observation de laquelle Athanase et ses fidèles sont infiniment délicats, est violée sans scrupule par les méléciens et les ariens, ainsi qu'il est naturel à une règle qui est un usage sans sanction.

En Syrie, nous retrouvons le même usage. La Pcregrinatio Silvise décrit les catéchèses de Jérusalem : la cérémonie delà reddition du symbole est suivie de l'allocution que voici de l'évoque : Per istns septem septimanas legem omnem edocti estis scripturaruni , nrnion eliamdefideaudistis ; audistis etiam et <ir resurreclione camis;... tamen a<lliuc catcchuntcin audirc verbum

ARCANE

mit qum ">i„! mytterii ail

quta n. //m. catechumeni audire non potesi

,,,-,,, ettis, mytteria Dei diei

vobit non possunt. Peregrin., xi vi, 6. i dit. i Les i qui représi ntenl i u

d'Antioche font mention du renvoi des catéchumènes après l'homélie, el de la vigilance qu'on doil exi Bur lea portes, de peur qu'un païen ou un catéchumène n'entre pendanl la célébration des saints mystères (çuXarréffOwoav al Bûpai <>■', •■; imemt elaiXôoi /, Ku.ur,to;j. O-n*/. ap., u, 57, P. ff., t. I, col. 7M. - Les Catéchèse» de saint Cyrille de Jérusalem confirment en vingt passa même discipline du catéchuménat.

Procat., 5, P. G., t. xxxm, col. 341-3*4; Cal., vr, 29, col. 589; Myslagog.,î, col. 1065. — Saint Épiphane signale comme un scandale et une erreur des marcionites de célébrer les saints mystères sous les yeux des catéchumènes. Muffrrjpia ïiciztkslxat :ûv xaTT)XOU|i£'vuv ipcôvTUV. Jlxr., XLH, 3, P. ff., t. xli, col. 700. Ta |Mjro)pt« Evc&mov xarnvoujiivwv IwiTeXeîv ToXp.t5inv.7ftid., i, col. 700-/01.

Saint Jean Chrysostome s'exprime ainsidansune homélie préchée à Antioche : « Que dit saint Paul? Je veux vous rappeler d'abord le mot que vous font prononcer ceux qui vous initient (ol u,uoroYi*yo3vTeç), et je vous dirai ensuite la parole de saint Paul... Je veux parler clairement, mais je n'ose pas à cause des non-initiés (à|iUT|TOue) : ceux-ci nous rendent mal aisé le devoir de commenter [la sainte Écriture], car ils nous obligent soit à ne parler pas clairement, soit à leur exposer ce qui doit être célé. Pourtant je parlerai, autant que j'en suis capable, avec des obscurités. Donc quand nous avons eu prononcé les paroles mystérieuses et redoutables et les canons augustes des dogmes apportés du ciel, nous ajoutons à la fin, au moment de baptiser, et nous faisons dire : Je crois la résurrection des morts : et nous sommes baptisés dans celte foi. Car après que nous avons professé cela après le reste, nous descendons dans la fontaine des eaux saintes. C'est en se rappelant ces choses .pie saint Paul disait : S'il n'y a pas Je résurrection, pourquoi es-tu baptisé pour les morts.' lu I Cor., homil. xl, 1, P. /;., t. lxi, col. 3i7. S; int Jean Chrysostome exprime là que l'enseignement du symbole est réservé à la catéchèse : devant les non-initiés on ne peut faire au texte du symbole que d'obscures allusions. — Ailleurs, saint Jean Chrysostome fait une allusion de ce genre à l'oraison dominicale : Pardonnons à qui nous a offensé, dit-il, et alors nous pourrons nous approcher avec une conscience pure de la sainte et redoutable table, et prononcer avec confiance ces paroles qui font partie de la prière : les initiés savent ce que je veux dire (tottffiv ol ;.i.£'jv/yj.î7 0i tô >.EY'',aevov). In Gcn., homil. XXVll, 8, P. G., t. mu, col. 251. Ailleurs encore, s'adressant aux catéchumènes, il leur cite la prédiction faite par Joseph à l'échanson, et il continue : « Je ne vous dis pas, moi, que vous mettrez la coupe aux mains du roi, mais bien que le roi mettra lui-même la coupe entre vos propres mains, la coupe redoutable, la coupe débordante de vertu, la coupe plus précieuse que toute chose créée : les initiés savent la force de cette coupe (i'ia?iv el v-t-v-^rjaevoi toO iroTïiplou to-to'j tt,v ïiyj;\ et vous avant peu VOUS saurez aussi ! i Ad iUuiiiiuaiul .. l, 1. ]'. (■., t. xi.ix. col. 224.

En Occident, saint Augustin ne s'exprime pas différemment de saint Jean Chrysostome : Ecce pcst sermoucin l>t missa catec après Utomélie el avant

l'offertoire, on congédiera les catéchumènes : munebunt fidèles, venietur ad locuni oralionis : scilis quo accèssuri sumus, quid prius Deo dicturi sumut : Dimitte nobis débita nostra... Sermo de verbù Aggmi, xnx. 8, /'. /.., i. xxxviii, col. 824. Ailleurs : Sicut audivimu* eu,,, sanctum euangeliwn legeretur, Doniimu Jésus Christus exhortatus est promissions vitrn stternm ad manducandum carneni suum et bibendumsanguinem

suum. Qui audislis hsec, nondum omnet Us:

Qui autem inter vos odhuc catechu

Uur, potuerunt numquid <-/ intelligentes f Ergo smuo nosier

jue dirigilur. Qui jam mai \D ntm

et bibunl sanguinem '•< et

quid bibant... Semi ang. Joa., cxxxn,

I. ibid., col. 734. — Ailleurs : [Judœi] non arjnot sacerdotium secundun

loquor. Si quid non intellegunl catechumeni, au feront pigritiam, festinenl ad notitiam. Non ergo opus est mysteria promere. Enarr. in cix J's., 17, P. L t. xxxvii, col. 1450. <>n pourrait produire vii textes de saint Augustin el lint Ambr

Ceux que nou- venons de produire suffiront à bien établir le caractère liturgique et catéchétique de Parrain-, et aussi la part de fiction qu'il y a dans cet arc Les hom. -listes s'exprimaient sur les saints mystères, sur le symbole, sur le Pater, devant lideles et non-fideles assemblés, avec une réserve qui ne laissait pas d'être bien explicite : il- se taisaient sur des choses que tout l'auditoire savait, ou qu'il eût pu apprendre pour peu qu'il sût lire.

A notre connaissance, un seul écrivain, qui avait vu autour de lui l'arcane catéchétique en vigueur, voulu voir une institution comparable à la discipline imaginée par Schelstrate. C'est saint Basile. 11 disti la tradition écrite de la tradition non écrite. Il explique comment les dogmes et les institutions ecclésiastiques se réduiront a rien. si. seule, la tradition scripturaire est authentique. Il caractérise la tradition non écrite, tradition conservée dans le silence et dans le mystère, enseignement non public, enseignement secret to; ô'.îaT/.azîï r, . èv ortyTJ ol -i-teii; r, jj.û> . IfuXaEav). Et comment, en effet, dit-il', aurait-on osé mettre par écrit et publier une doctrine que les non-initiés ne pouvaient pas contempler? *A où8è ÈïroJWjetv £Çe<rri toïç ijr.T-

70'JTIOV T.wz 8v r,v E:v.b; tt,v ôiôair/.a/ iav Ex8plOpU5e-J£

Mionv, DeSpiriluSanclo,Q6, P. G., t. xxxn.co! 189. Saint Basile transporte dans l'âge apostolique une discipline du iv siècle, et saint Irénée, que nous avons cité plus haut, a fait à l'avancé la critique de cette induction. Quant à cette discipline même, saint Basile l'exalte Lien au-dessus de la réalité, car nous avons bons qu'elle était loin d'avoir, de son temps, la rigueur qu'il lui attribue. Saint Basile est dans la logique des mots qu'il emploie. hroirrEVEiv, au-.r-o;. et dans la fiction que crée cette langue classique.

Y. L'ARCANE DEPUIS LE V" SIÈCLE. — C'est cet élément de fiction qui explique comment, à mesure que l'arcane s'affirme davantage, il disparaît en fait.

Le pape Innocent lr. dans sa lettre célèbre à l'évéque d'Eugubio (19 mars 416), est on ne peut plus formel. L'évéque Decentius est souvent venu à Rome consulter, pour savoir quels rites on doit observer vel in cônsecrandis mysteriis vel in cmteris arcanù agendis. Innocent répond à de nouvelles questions de Decentius. il répond avec desexpressions obscures qui devront dire ce qu'il ne veut pas dire en clair. La paix doit, à la n. être donnée, non pas uute confecta mysteria, ma-is post omnia qua aperire non rfeoeo, dit le pape. Plus loin, il parle de la contignatio des enfants par l'évéque dans U cérémonie du baptême, et il en décrit les rites, mais il tait la formule : Verba vero dicerc non poMMM magis prodere vidsar <ptam ad consultationent rw-

r,\ Le pape répond encore à d'autres qui U termine ainsi : Reliqua teribi fat non

eu,,, adfueris, interrogati polcrimu» edicere. Jaffé, Regesta, a. Ml. — Mais après le pape Innocent, on ne trouve plofl a Rome aucune trace de la discipline qu'il exprimai! Ni B&inl I • on, in sain! Gp .

u'j font allusion. Puis les sacramentaires apparais

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