I. Vie. II. Œuvre littéraire
I. Vie. — Selon le témoignage de Tiraboschi, qui s'appuie sur quelques auteurs italiens, Pierre Comestor serait d'origine lombarde et frère de Pierre Lombard, le Maître des Sentences, et du célèbre canoniste Gratien. C'est là une légende. Voir J. de Ghellinck, Le mouvement théologique du XII* siècle, p. 172-173, et l'art. Pierre Lombard, col. 1942. L'opinion commune des historiens suit Henri de Gand d'après lequel Pierre Comestor est né à Troyes, en Champagne.
Quoi qu'il en soit de ses origines, il est certain que Pierre appartint au clergé de l'Église de Troyes. Il y exerça même les fonctions de doyen, de l'année 1147 à 1164. A cette date, et peut-être même quatre ans plus tôt, s'il faut en croire le récit d'Etienne de Bourbon sur l'élection à l'épiscopat de Maurice de Sully, il était membre du chapitre parisien. En tout cas, en 1164, il succède à Eudes dans la chancellerie de Paris. De ce fait, il a la surveillance de l'enseignement scolastique et, en plus, donne lui-même des leçons publiques de théologie, jusqu'en 1169, où il cède cette charge à Pierre de Poitiers, tout en conservant encore la fonction de chancelier. Il jouit, parmi ses contemporains, d'une très grande réputation, qui devait attirer sur lui les faveurs du pape Alexandre III. D'après les dispositions prises par celui-ci au début de son pontificat, et qu'il fit sanctionner au IIIe concile du Latran, en l'année 1179, les chanceliers, qui octroyaient le pouvoir d'enseigner dans les limites du territoire ecclésiastique qui leur ressortissait, devaient donner gratuitement la « licence » à ceux qui en étaient capables. Malgré cela, Alexandre III autorise Pierre Comestor à percevoir une petite taxe, pas trop onéreuse pour les professeurs, mais il restait bien entendu que ses successeurs n'auraient pas ce privilège (1175). Quatre ans plus tard, quand le cardinal Pierre de Saint-Chrysogone, légat pontifical en France, est sollicité par Alexandre III sur les hommes du royaume les plus méritants et dignes des légitimes récompenses, il parle en ces termes du chancelier, qui était au nombre des trois ecclésiastiques choisis dans l'Église de Paris : litteraturam et honestatem M. Pétri Manducaloris, decani Trecensis, credimus vos non ignorare. Du Boulay, Hist. univ. Paris., t. n, p. 369.
Vers la fin de sa vie, Pierre Comestor abandonne son poste et, dans le désir de la solitude et de la prière, se retire comme chanoine régulier au monastère de Saint- Victor. Il y mourut à une date qui ne peut être fixée que très approximativement. Vincent de Beauvais place sa mort en 1160, Labbe, s'appuyant sur des documents trouvés au couvent de Saint-Victor, en 1198. Le premier témoignage, en opposition avec les données biographiques, ne peut être retenu. Le second ne peut pas être éliminé absolument. En faisant état des chroniques de Robert, chanoine de Saint-Marien d'Auxerre et de Guillaume de Nangis, et en accord avec la majorité des auteurs de notices biographiques, il est plus vraisemblable, malgré certaines affirmations favorables à 1178, de fixer la mort du chancelier à l'année 1179.
Pierre Comestor fut inhumé au monastère de Saint- Victor. Sur sa tombe, on grava l'épitaphe suivante en vers hexamètres, qu'il avait composée lui-même : Petrus eram quem petra tegit, dietusque Comestor; Xunc comedor. Vivus docui; nec eesso docere.
Cette inscription nous apprend que Pierre fut appelé Comestor, ou Manducator. Ce surnom, dont l'origine n'est pas absolument certaine, lui vint probablement
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de son extraordinaire arc'eur au travail; c'était un n anj nir de livits.
Ii. Œuvbe i itti:i'.\iiœ. — Les principales œuvres de Pierre Con estor sont VHistoria scolastica et des
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1° Historia scolastica. — Elle fut composée vraisemblablement pendant que Pierre exerçait les fonctions de chancelier, bien qu'eu tète de la dédicace l'auteur se donne le simple titre de prêtre. Elle est dédiée à Guillaume de Champagne, qui fut archevêque de Sens, jusqu'à 1 169, date de sa translation au siège de Reims, En 1173. la ehronique de Saint-Marien d'Auxerre écrit au sujet de Comestor : Petrus Comestor celebris habetur in Francia magistrorum Parisicnsium primas, vir facundissimus et in scripluris diuinis excellenler înstructus; qui ulriusque Testamenti luslorias uno cumpingens volumine, opus cdidil salis utile, satis gralum, ex diversis historiis compilation. Mon. Germ. hist., Script., t. xxvi. p. 2-ln. lig. 49. Cette donnée, fournie par la chronique, corrobore la précédente et peiniet de fixer la composition de VHistoria scolastica entre 1169 et 1173.
L'Hisloria scolastica, véritable histoire sainte, pour employer la terminologie moderne, commence avec la Genèse et se teimine avec les Actes des apôtres. Dans ce travail, destiné à remplacer les gloses antérieures et écrit à la sollicitation de ses amis, Comestor procède de la manière suivante. Après avoir reproduit le texte de l'Ancien ou du Nouveau Testament, il en donne une explication littérale et allégorique avec parfois bien des exagérations. Ceillier écrit à ce sujet : « Il mêle à ses explications diverses opinions des philosophes et des théologiens de son temps sur le ciel empyrée, les quatre éléments, la formation du monde, sur l'esprit qui était porté sur les eaux, que Platon pensait être l'âme du monde; sur le firmament, qui nous paraît en forme de voûte. Par la division de la lumière d'avec.les ténèbres, il entend la séparation des bons anges d'avec les méchants et cite, d'après les Hébreux, que Lucifer fut fait diable le second jour; à quoi il rapporte l'usage où l'on était en quelques églises de célébrer tous les lundis une messe en l'honneur des anges qui avaient persévéré dans la justice. Il désapprouve le sentiment de Platon sur la formation de l'homme. Ce philosophe disait que Dieu avait créé l'âme, mais que le corps d'Adam était l'ouvrage des anges. Pierre croit que Dieu, en formant les corps, crée en même temps les smes qui doivent les animer. » Ces quelques lignes donnent un aperçu de l'esprit dans lequel l'ouvrage a été cemposé. Les explications fournies sont souvent arbitraires, mais en conformité avec les vues scientifiques de l'époque.
L'auteur ne s'arrête qu'aux livres historiques de l'Ancien Testament, sauf celui de Job, sur lequel il ne dit rien. Quand le récit de la Bible laisse des vides, il les comble non seulement par les données fournies par saint Augustin, Méthodius et quelques autres Pères de l'Église, mais aussi par des documents extraits des auteurs profanes. Il fait de nombreux emprunts à Josèphe, entre autres ce passage typique où l'historien juif rapporte que la statue de sel, en laquelle la femme de Lot avait été changée, existait encore de son temps. Parmi les renseignements empruntés à Pline le Naturaliste, il y a surtout la description de la divinité égyptienne, dénommée Apis. Dans le récit de la période des juges et des rois d'Israël. Pierre Comestor insère un certain nombre de faits tirés de l'histoire profane que et romaine, tels que les combats du géant Hercule, l'enlèvement d'Hélène, la prise de Troie, les ori- • légendaires de la fondation de la ville de Home et la capture des jeunes Sabines. Par le recours fréquent, <t souvent malheureux, aux explications étymologiques, données aux noms propres et inspirées la plu-
part du temps d'Isidore, et par l'adoption inconsidérée des fables et des légendes au même titre que des événements historiques, l'auteur manifeste le peu de discernement qu'il a apporté à l'élaboration de son travail.
Pour le Nouveau Testament, Pierre suit le même procédé d'exposition, mais avec plus de jugement. Son abrégé historique se limite au récit des faits rapportés par les quatre évangiles et le livre des Actes. Cependant, quelques traits, qui n'ont rien à faire avec l'histoire de l'Église, sont donnés comme lui appartenant, tels, par exemple, le catalogue des grands prêtres d'Israël et la députation juive, qui vint à Rome protester auprès de l'empereur Agrippa parce qu'Ismaël, qu'il avait nommé grand prêtre, n'était pas de la race d'Aarou.
Malgré ses défauts, dus en grande partie à la mentalité du temps et que les contemporains ne semblent pas avoir relevés, VHistoria scolastica a de réelles qualités. Grâce à sa supériorité incontestable sur ce qui avait été fait auparavant, elle fut longtemps considérée comme un modèle parfait du genre et connut un gros succès dans les écoles où elle devint bientôt d'un usage courant. C'est ce qui explique qu'elle fut souvent rééditée et traduite en diverses langues.
Dès la fin du xme siècle, VHistoria scolastica fut traduite en français par Guyart des Moulins. Celui-ci, cependant, compléta l'oeuvre de Pierre Comestor et, aux livres historiques de l'Ancien et du Nouveau Testament, il adjoignit les autres de sorte que sa traduction, ainsi qu'il le dit dans sa dédicace, peut être considérée comme la première Bible française historiée. Elle fut imprimée, la première fois, à la requête du roi Charles VIII, aux environs de 1483, puis vers 1498 et 1545. Ces dates sont approximatives et hypothétiques, puisque ces éditions ne portent aucune mention d'année ou de Heu. Au témoignage de Fabricius, d'autres traductions de cet ouvrage furent faites en Allemagne, « l'une en rimes saxonnes par ordre de Henri Raspon, landgrave de Thuringe, l'an 1248, et l'autre en rimes tudesques par Jacques Van Mierlande, environ l'an 1271 ».
2° Sermons. -- Les sermons de Pierre Comestor n'ont pas eu le même succès que VHistoria scolastica. Par suite d'une erreur du P. Busée, ils furent d'abord attribués à Pierre de Blois et publiés dans les oeuvres de celui-ci, à Mayence, en 1600 et en 1605. Après avoir fait remarquer, dans la préface de son édition des œuvres de Pierre de Blois, que l'attribution faite par | le P. Busée, d'après le manuscrit de Louvain, n'était qu'une simple conjecture que détruisait l'examen attentif des recueils anciens, Pierre de Goussainville se refuse à les insérer dans son travail. Dans la Maxima bibliotheca veterum Palrum, de Lyon, t. xxiv, p. 1385sq., les auteurs donnent encore, à la suite des œuvres de Pierre de Blois, les sermons en question, mais ils notent avec attention qu'ils sont de Pierre Comestor.
Les sermons imprimés sont au nombre de cinquante et un. Des difficultés sont soulevées à propos de l'authenticité de quelques-uns d'entre eux. Les sermons
VII, XV, XVII, XXI, XXII, XXIII, xxv, XXVI, XXVIII,
xxxiv, xxxv, xl, i,i, se trouvent en effet, bien qu'avec certaines différences, dans les œuvres d'Hildcbert, évêque du Mans. Cependant, il est très vraisemblable qu'ils appartiennent à Pierre Comestor, parce qu'ils portent son nom dans la plupart des manuscrits et que leur péroraison se termine par une formule très souvent utilisée par le doyen de Troycs : Prwstantc Jesu Domino nostro, judice noslro, qui venturus est judicare vivos et mortucs cl sseculum per ignem, ou quelque autre semblable.
Les dimanches et les principales fêtes de l'année ont fourni l'occasion de ces divers sermons. Trois ont trait aux dimanches de l'Avent, six au carême, dix mil
PIERRE COMESTOH — PIERRE DE CORVARO
été donnés dans les synodes et deux adressés aux évêques et aux prêtres. Quelques détails caractéristiques, d'intérêt documentaire, fournis par ces allocutions, méritent d'être relevés. Parmi les signes précurseurs de la naissance du Messie, qu'énurnère Pierre Gomestor dans le premier sermon sur l'Avent, il note les deux événements suivants, que les Romains auraient, déclare-t-il, connu d'avance par l'oracle d'Apollon : à Rome, le jour de la nativité de Jésus, le temple delà Paix s'écroula et une source d'huile jaillit brusquement et s'écoula vers le Tibre.
Pendant le carême, les frères, avant de prendre leurs repas, lavent les pieds des pauvres et leur donnent à manger, la messe se célèbre après none et non entre tierce et sexte, comme en temps ordinaire, un voile est suspendu entre le choeur et les fidèles pour éviter toute distraction aux clercs durant l'office, les processions assez nombreuses, mais variables suivant les lieux, sont faites d'église à église afin de favoriser la piété des chrétiens et, dans les monastères, le jeûne devient obligatoire depuis la septuagésime.
A l'occasion de la fête de Pâques, Pierre Comestor rappelle à ses auditeurs qu'au début du christianisme tous les fidèles, qui assistaient à la messe, recevaient la sainte eucharistie. Plus tard, on s'approchait de la table sainte au moins à Pâques, à la Pentecôte et à Noël. De son temps s'introduit l'usage restreint de la communion annuelle au temps de Pâques, strict minimum pour ne pas commettre de faute, bien qu'il n'y eût pas encore de précepte ecclésiastique. Dans un des discours prononcés au synode, où il a examiné les devoirs des évêques et des pasteurs d'âmes vis-à-vis de leurs fidèles, voici ce qu'il dit par rapport à leur sacré ministère de l'eucharistie : Corpus Domini conftciunt, sumunt, sumendum aliis tribuunt, eorum ministerio panis et vinum in carnem Christi transsubstantiatur. Magna débet eorum sanctitas esse, quorum dignilas in tam sanctis habel efficaciam. Serm., xxxvm.
Au jour de la Toussaint, Pierre Comestor déclare que les âmes qui font partie de l'Église souffrante n'ont pas de part à cette fête, bien qu'elles soient déjà virtuellement sauvées. Le temps de la purification, pour certaines d'entre elles, durera jusqu'au jugement: il peut être diminué par les suffrages de l'Église.
En dehors des sermons imprimés, il en existe d'autres. Il y en avait cent quatorze dans une tombe du monastère de Longpont, intitulés : Sermones Pétri Comestoris. Bourgain, dans ses études sur la chaire française au xne siècle, mentionne encore des manuscrits de prédications provenant des monastères de Marmoutier, de Saint- Victor ou d'ailleurs et juge ainsi les progrès accomplis par Pierre Comestor. Retiré au couvent de Saint- Victor, « il dépose son jargon scientifique, il obéit au goût de son auditoire; il est clair, simple, instructif et, sans devenir éloquent, il devient naturel ».
Certaines instructions de Pierre Comestor ont probablement été destinées aux professeurs et aux élèves des écoles, puisqu'en qualité de chancelier il avait des fonctions en bien des points semblables à celles de nos recteurs modernes d'université. Mais la plupart sont cependant adressées au peuple fidèle. Avec l'Historia scolastica, les sermons constituent l'œuvre capitale du doyen de Troyes et du chancelier de Paris.
3° Autres travaux. — ■ Pierre Comestor est l'auteur de commentaires inédits sur les épitres de saint Paul et sur les évangiles. Avec quelque vraisemblance, on lui attribue un petit poème en l'honneur de la vierge Marie et une Pareenesis, dont on ne connaît que le titre. Mais il n'est probablement pas l'auteur de la Catena temporum, traduite en français, sous le nom de Mer des histoires, ni du traité De diligendo Deo, ni des Allégories, comme on l'a parfois prétendu. Albéric de
Trois-Fontaines, dans sa Chronique, au. 1169, attribue aussi à Pierre Manducator le Librum qui dicitur Pancrisis. Cf. Mon. Germ. hist., Script., t. xxrn, p. 853. Ce livre est contenu dans les mss. 19, d'Avranches, et 125 A, de Troyes; quelques extraits en sont publiés dans G. Lefèvre, Les variations de Guillaume de Champeaux, Lille, 1898, p. 19-79, et Anselmi Laudunensis et Radul/i... sententix excerptse, Évreux, 1895. Il s'agit d'un recueil de Senlentim et de Qusestiones, empruntées aux Pères de l'Église et commentées par des maîtres contemporains, Guillaume de Champeaux, Yves de Chartres, les deux Anselme, Raoul de Laon. On voit l'importance de ce recueil pour l'histoire de la première scolastique.
Par ses fonctions de doyen de Troyes et surtout de chancelier de Paris, Pierre Comestor n'a exercé qu'un rôle de second plan. Sa renommée commence surtout après sa mort par la diffusion de son Hisloria scolastica, une des œuvres les plus originales de la fin du xne siècle.
I. Textes. — Sur les anciennes éditions de l' Hisloria scolastica, voir Hain, Repertorium, t. n, n. 5529-55 tO, et Copinger, Supplément (o Hain, t. i, n. 5530-5540; t. n a, n. 1709; t. il b, n. 5532. Les éditions anciennes sont celles de Reutlingen, 1471, 1473, 1485; de Strasbourg, 1483, 1485, 1487, 1502; deBîle, 148ô;d3 Paris, 1513; de Haguenau, 1519; de Lyon, 1526 et 1543. La P. L., t. cxcvm, col. 1053-1122, reproduit celle qu'avait donnée Em. Navarre, Madrid, 1690 ; édit. d3 Venise, 1725. — Les sermons édités, d'abord parmi les œuvres ds Pierre daBlois, figurent encore dins la Max. biblioth. Palrum, de Lyon, t. xxiv, en appendice aux oeuvres de cet auteur; Migne a reproduit cette édition dans P. L., t. cit., col. 1721-1774, en supprimant ceux qui sont attribués à Hildsbert du Mans.
IL Notices et travaux. — Trithèms, De scripl. eccl., n. 380; du Boulay, Hislor. univers. Paris., t. n, p. 261, 326, 369; Richard Simon, Histoire critique du Vieux Testament, t. i, p. 413; et Hist. cril. du Nouveau Testament, t. Et, p. 320; Fabricius, Bibl. lat. medix et infime eelalis, éd. de Hambourg, t. i, p. 1134-1138; Oudin, Script, eccl., t. il, col. 1529; Cave, Script, eccles., t. n, p. 239; R. Ceillier, Histoire des auteurs ecclés., t. xxni, 1763, p. 305-311; Histoire lill. de la France, t. xiv, 1817, p. 12-17 (notice de Brial); Hauréau, -Notices et extraits de quelques mss. de la Bibl. nat., t. m, p. 44; Féret, La faculté de théologie de Paris, t. i, 1894, p. 42-48; t. il, p. 326; Bourgain, La chaire française au XIIIe siècle, Paris, 1879, p. 122-123; M. Grabmann, Gssc/i. der scholastischen Méthode, t. n, Fribourg, p. 476; M. Manitius, Gesch. der lat. Literatur des M. A., Munich, 1931,