‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 4)Chapitre 137 sur 437 · PIKRRK DE COU VA HO · texte numérisé non relu

PIKRRK DE COU VA HO

PIKKKI-: DIACUK

2" cdit.. Home, 1906, i>. 192; J.-H. Sbaralea, Supplementum ad scriptores trium ordinum S. Francisci, I. n, 2'' édit., Rome, 1921, p. 3i>2; Bahize, Miscellanea, t. m, Lucques, 1702. p. 206-358; F. X. Glasschrcder, Die Unterwerfung des Gegenpapsles Pelrus von Cdrbara und seine Ila/t in Avignon (1330-1333 ). [nspruck, 1889; 11. Denifle, Ckartularium unioersiiatis Parisiensis, t. h, Paris, 1891, p. 340; ('.. Eubel, lier Gegenpapsi Nikolaus V. und sein,- Hierarchia, dans Historisches Jahrbuch, t. xn, 1891, p. 277-308; du même, Ver Registerband des Gegenpapstes Nikolaus V., dans Archivalische Zeitschrifl, II" série, t. i\, 1893, p. 123-212; J. von Pflugk-Harttung, Die Wahl des leizien kaiserlichen Gegenpapstes (Nikolaus V. ron 132S ), dans Zeitschrifl fur Kirchengeschichte, t. xxii, 1901, p. 566-585; C. Eubel, Die letzwilligen Légale des Gegenpapstes Nikolaus V. (I'etrus von Corbara l.àKn&RômischcQuartulschrijt, t. xvn, 1903, p. 181-183; Hefele-Leclercq, Histoire des conciles, t. vr, 2" part., Paris, 1915, p. 7 ll-77ii; le conflit entre la papauté et l'empire sous le pontificat de Jean XXII, dans La vie diocésaine, de Dijon, t. xi, 1922, p. 455-458; L. de Vallon, Le nonce Raymond Stephani de Yulon amène lux iii(ds de Juin XXII l'antipape Pierre de Corbario I 1330), Marseille, 1931. Voir aussi la bibliographie de l'art. Jean XXII.

Am. Teetaert.

30. PIERRE DE CRUZ (Cruce), frère mineur conventuel portugais (xve siècle), docteur en théologie. En 1488, il devint régent du gymnase de Venise et, en 1491, de celui de Milan. Sur les instances du duc de Bari, Louis, il se retira en 1492 au couvent de Gènes. Il publia un traité dans lequel il s'efforce de déterminer le sujet premier de la science d'après la doctrine de Duns Scot et de résoudre la question si la science s'étend aussi aux êtres de raison : Quœslio de ratione subjecti primi scientin' secundum Johannem Scotum an ad entia rationis extendalur, Venise, 1500. Avec cet opuscule furent éditées deux lettres de Pierre de Cruz, dont l'une est adressée à Jean de Monte, maître à l'université de Paris. Il revit, corrigea et réédita les commentaires de Jean de Monte sur les Summuhr de Pierre d'Espagne : Commenli Joannis de Monte super Summulis l'etri Hispani, secundum viam doetoris subtilis magistri Joannis Scoti. Bien que J.-H. Sbaralea {op. cit., t. il, p. 337) affirme que Pierre de Cruz édita ce commentaire à Venise, en 1490, après l'avoir déjà publié auparavant à Paris et qu'il le réédita à Milan, en 1495, aucun bibliographe n'en connaît d'édition parisienne ou milanaise, ni d'édition de Venise, antérieure à 1500. Celle-ci serait donc la 1" édition, faite par Pierre de Cruz, du commentaire de Pierre de Monte. Il fut réédité toutefois à Venise, en 1526. Cf. L. Hain, Reperl. bibliogr., t. ri, lre part., Berlin, 1925, p. 462, n. 11578-11579. D'ailleurs, le P. Sbaralea semble se contredire, puisque, d'un côté, il affirme que Pierre de Cruz devint docteur à l'université de Paris après 1492 et qu'il corrigea et édita, à cette époque, le commentaire de Jean de Monte et que, d'un autre côté, il soutient qu'il édita ce commentaire à Venise, en 1490, après l'avoir déjà publié auparavant à Paris. Ajoutons que les continuateurs de Sbaralea ne peuvent admettre que Pierre de Cruz ait été docteur de l'université de Paris, d'abord parce que ce titre ne lui est donné dans aucune de ses œuvres; ensuite, parce qu'il est invraisemblable qu'il ait acquis le grade de docteur à Paris, après avoir exercé la charge de régent au gymnase de Venise et de Milan. Enfin, les mêmes continuateurs estiment qu'il n'est point aussi certain, que ne le suppose J.-H. Sbaralea, que Jean de Monte ait appartenu à l'ordre des frères mineurs.

Pierre de Cruz édita encore un ouvrage célèbre dans l'histoire des frères mineurs, intitulé : Antiminorica adversus Minoricam frntrum dictorum de observanlia, Venise, 1505. Ce livre comprend deux parties. La Ire, terminée le 17 mars 1502, constitue une réponse détaillée au traité Minoriea, composé, selon Pierre de Cruz, par un frère mineur observant français. La IIe, plus

courte et terminée le 15 juin 1505, fournit une réponse à la Qiuvstio Joannis Pcrini noviler (an. 1505) comparenlem contra pauperes conventuales de eorum dispensât ione dubilantis.

L. Wadding, Scriptores ordinis minorum, Home, 1906, p. 187; J.-H. Sbaralea, Supplementum ail scriptores ordinis minorum, t. Il, Rome, 1921, p. 337-338; D. Reichling, Appendices ad I lainii-Copingeri Repcrloriuin biblioijruphicum, fasc. 4, Munich, 1908, p. 204; L, Hain, Repertoriiun bibliographicum, t. ), 2* part., Berlin, 1925, p. 213, n. 5846; t. n, 1" part., p. *.62, n. 11 578-11 579.

Am. Teetaert.

31. PIERRE DAVID, frère mineur français (xvnc siècle). Inscrit à la province de Paris, il fut professeur de théologie en 1646 au couvent de Séez. En 1634, il assista au chapitre provincial de Mézières. Il se révéla, dans ses cours et dans ses nombreux écrits, un disciple fidèle de Duns Scot et un défenseur enthousiaste des doctrines du Docteur subtil. En 1649, il publia à Paris une somme de philosophie selon la pensée de Duns Scot : Brevis et accurata summula totius philosophie ad menlem Doetoris subtilis, in-8°, 128 p. Cette somme expose surtout la doctrine du Docteur subtil au sujet de l'être, de la substance et de l'accident. Elle fut rééditée en 1726. Il édita en français un ouvrage analogue : La philosophie dans un ordre nouveau qui fait connaître en peu de temps et en peu de paroles la nature de la substance et de l'accident, Paris, 1664, in-12, 57 p. Il publia encore les ouvrages suivants : Summula tractatus de preedestinutione ad mentem Doetoris subtilis e jusque interpretis magistri Angeli a Monte Piloso, s. 1. n. d., in-8°, 40 p.; Le chemin de vérité qui conduit une âme désireuse de faire son salut à la perfection de la sainteté, Paris, 1656; 1661, 2 vol. in-12; Prima octava de summa Chrisli erga homines chitritate in eucharistia. Secunda octava de assumplione sacras virginis Mariée in prœcipuis antiques legis mulieribus figurâtes, Paris, 1661, in-8°; Les résolutions généreuses d'une <îme sainte pendant sa retraite des dix jours, Paris, 1662, in-12, 57 p.; Sermones adventus de adoptione filiorum Dèi, Paris, 1663, in-8°.

J.-H. Sbaralea, Supplementum ad scriptores ordinis minorum ,t.n, Rome, 1921, p. 338; Fr. Pérennes, Dictionnaire de bibliographie catholique, t. n, Paris, 1867, col. 803-804; Catalogue général des livres imprimés de la Ribliothèque nationale. Auteurs, t. xxxvi, Paris, 1908, col. 295; Dominique de Caylus, Merveilleux épanouissement de l'école scoliste au XVIIe siècle, dans Etudes franciscaines, t. xxvi, 191 1, p. 278.

Am. Teetaert.

32. PIERRE DIACRE (vie siècle). — Le nom de Pierre, diacre, se lit en tête de la lettre adressée en 519-520 par les moines scythes aux évêques africains exilés en Sardaigne par le roi vandale Trasamond, et dont le plus représentatif était saint Fulgence de Buspe. Texte dans P. L., t. lxii, col. 83-92, et aussi t. lxv, col. 442-451 , parmi les lettres de saint Fulgence. On a dit, à l'art. Hormisdas, t. vu, col. 171 sq., quelle était la signification de cet incident, et l'on y reviendra du point de vue doctrinal à l'art. Scythes (Moines). Les moines en question voulaient obtenir du pape Hormisdas la reconnaissance de la formule Unus de Trinilate passus, et, d'autre part, la condamnation des doctrines, pélagiennes à leur gré, de Fauste de Biez. Rebutés par Hormisdas, pour les raisons que l'on a dites, ils demandent aux évêques africains l'approbation que le Siège apostolique leur avait refusée, C'est toute la signification de la lettre de Pierre Diacre, De incarnatione et gratta D. N. J. C, nettement divisée en deux parties. La première, c. i-v, est relative aux formules chxistologiques, et le c. rv en particulier roule autour de l'expression unus ex Trinitate incarnait s et passus. On remarquera la place considérable qui est faite dans l'argumentation aux anathématismes ) cyrilliens, l'équivalence qui est mise entre la

PIERRE DIACHE

PIERRE DE FALCO

formule des deux natures et celle de l'una Dei Verbi natura incarnata, c. n, col. 84 D. Nous avons affaire avec la théologie qui sera canonisée au Ve concile. C'est ce qui fait l'intérêt de ce petit traité. La doctrine sur la grâce qui s'exprime dans la seconde partie, c. vi-vm, est l'augustinisme le plus strict, dont on voudrait faire croire qu'il a reçu l'approbation sans réserve du Siège apostolique. C'est à cette partie de la lettre que firent surtout attention les évoques africains; et, dans leur réponse, ils approuvèrent pleinement Pierre et ses cosignataires. Fulgence, Epist., xvn, P. L., t. lxv, col. 451-493. Ce n'est pas à dire pourtant que la théologie de l'incarnation des Africains soit de tout point superposable à celle des Scythes et il serait fort intéressant de comparer, membre par membre, les deux textes. Quant à la doctrine de la grâce, la préoccupation Visible des évèques est de renforcer la documentation scripturaire de Pierre Diacre.

Voir P. L., t. lxii, col. 79-92, qui t'ait précéder la lettre de la dissertation de Gallandi où se trouvent tous les éléments nécessaires à la discussion des textes.

É. Amann.

33. PIERRE DIACRE, bibliothécaire du Mont-Cassin (xne siècle). — Cet auteur a pris soin de nous renseigner abondamment sur lui-même, sa famille, ses œuvres, tant au c. xlvii de son De viris illuslribus Casinensis cœnobii, P. L., t. clxxiii, col. 1048-1050, que çà et là, dans sa Chronique. On sait ainsi que, né en 1107, il fut offert dès 1112 à l'abbaye du Mont-Cassin. Banni du couvent en 1128, il y rentra en 1130, en devint archiviste et bibliothécaire, prit une part considérable (au moins à ce qu'il dit) dans les négociations de 1137 où la médiation de l'empereur Lothaire essaya de réconcilier le Mont-Cassin et le pape Innocent II. Il vivait encore à l'avènement du pape Lucius II (1144), peut-être a-t-il encore signé un document en 1153. On ignore la date de sa mort.

Son œuvre littéraire, qui est très considérable et n'est encore que partiellement éditée, n'intéresse que d'assez loin la théologie. Les récits hagiographiques, les homélies, les explications et commentaires de la règle bénédictine y occupent une grande place; la meilleure partie est consacrée à l'histoire de l'abbaye : De viris illuslribus Casinensis cœnobii, P. L., t. clxxiii, col. 1009-1050, rédigé sur le modèle du travail de saint Jérôme; De ortu et obitu juslorum cœnabii Casinensis, ibid., col. 1063-1110; mais surtout Chronicon Casinense. Cet ouvrage, précieux à bien des points de vue, avait été commencé à la fin du xie siècle, par Léon d'Ostie, qui en avait rédigé deux livres et commencé un troisième. Sur l'ordre de l'abbé Rainald, Pierre Diacre entreprit la continuation de ce travail, retoucha et compléta le I. III et en écrivit un IVe qui conduit le récit des événements jusqu'à la mort d'Anaçlet II (25 janvier 1138). L'édition de la P. L., t. cit., col. 439-978, reproduit celle qu'avait donnée W. Wattenbach, dans les Mon. Germ. hist.. Script., t. vu. Le théologien s'arrêtera avec quelque intérêt au récit de la discussion qui eut lieu en 1137, en présence de Lothaire V, entre les représentants du pape Innocent II et ceux du monastère, dont le principal était justement Pierre, Chron., 1. IV, n. 107 sq., col. 931 sq. De cette Altercatio, Pierre a donné un récit plus détaillé dans un ouvrage indépendant. Texte dans E. Caspar. Pelrus Diaconus, p. 248-280. De même convient-il de signaler une discussion qu'eut, au même moment, notre Pierre avec un « philosophe grec » qui attaquait l'Église romaine, Chron. ,\. IX, n. 117, col. 956-957. Pierre a rédigé également le texte de cette discussion. Voir Miscellanea Cassinensia, t. i, lre part., 1897, p. 10 sq.

Il y a une excellente monographie sur Pierre Diacre : Er. Caspar, Petrus Diaconus und die Monte Cassineser Fàlschungen, Berlin, 1909, qui dispensera de recourir aux travaux

plus anciens. Parmi ceux-ci, citons au moins II. CeiUier, Hist. des mil. ('<<■!., t. xxiii, 17<i:5, p. 78-90, on y trouvera l'indication des textes hagiographiques qui ont été reproduits dins les Aria sanctorum; l'excellente introduction de Wattenbsch, dans les Mon. Germ. hist., Script., t. vu, p. 551-574 (reproduite dans P. /-., t. c.i.xxin, col. 139 sq.), complète les indications de CeiUier; voir aussi Manitius, Gescli. der lai. Liler. des M. A., t. ni, 1931, p. 549 sq.

Aux textes publiés dans I'. /.., il faut ajouter ceux qui figurent dans le Florilegium Casinense, t. v, !'" part. (dépouillement du cod. Casin. 'J57, qui est un autographe de Pierre); et ceux qui figurent dans Caspar, p. 206-280.

É. Amann.

34. PIERRE DE FALCO, frère mineur du xme siècle, qu'il faut très probablement identifier avec Guillaume de Falegar. Celui que Salimbene, dans sa Chronica, en parlant du chapitre général de Milan (1285), appelle : Fraler Pelrus, minister Aquitaniae, qui erat cathedratus magister [et qui] vicarius fuit in illo capitulo et habuit militas voces ut esset generalis minister, dans Mon. Germ. hist., Script., t. xxxn, p. 578, et un peu plus loin : Vicarius fuit ibi frater Petrus de Falengaria qui postea missus fuit ad legendum in curia, cum esset cathedratus magister (ibid., p. 613), la Chronica XXIV generalium ordinis minorum, dans Analecta francise, t. ni, Quaracchi, 1897, p. 701 et 702, le dénomme Guilielmus de Falgario. Il ne peut donc être douteux que le Petrus de Falengaria ou le Petrus tout court de Salimbene doit s'identifier avec le Guilielmus de Falgario du catalogue des ministres généraux. Ce frère mineur s'appelait donc indifféremment Guillaume ou Pierre de Falegar. Comment résister dès lors à la tentation d'identifier Pierre de Falco avec Pierre de Falegar, qui est lui-même un seul personnage avec Guillaume de Falegar, d'autant plus que les deux noms de Falco et de Falgar sont extrêmement voisins comme prononciation et graphie? Cette hypothèse devient encore plus probable si nous considérons que tout ce que nous savons de la vie et de l'activité de Pierre de Falco s'applique également à Guillaume de Falegar. Pour la thèse de l'identification de ces deux maîtres franciscains, voir P. Glorieux, Maîtres franciscains de Paris, Pierre de Falco, dans La France franciscaine, t. xn, 1929, p. 269-289.

Autant les données sur Pierre de Falco sont parcimonieuses et peu nombreuses, autant celles sur Guillaume de Falegar sont abondantes et riches. Au sujet de Pierre de Falco, la production littéraire, conservée sous son nom, dans quelques manuscrits, nous apprend seulement qu'il fut religieux, maître en théologie et régent à l'université de Paris. De ce que ses ouvrages se trouvent toujours parmi les œuvres d'autres franciscains, il résulte qu'il appartint sans doute à l'ordre franciscain, fl fut probablement contemporain de Richard de Médiavilla, avec lequel il se rencontre le plus souvent. Il aurait été, dans ce cas, régent de l'école franciscaine après 1277 pendant deux années au moins, puisque dans la me et à paràr de la xne question du premier de ses quodlibets, il connaissait et utilisait, en faveur de ses thèses, la condamnation portée par Etienne Tempier en mars 1277. C'est à cette période de son enseignement qu'il faudrait placer les quodlibets et les questions disputées qu'on possède de lui. La soutenance de disputes quodlibétiques, en effet, était strictement réservée aux maîtres actu régentes et les questions disputées constituaient la rédaction littéraire d'exercices scolaires, les disputes ordinaires, soutenues par le maître en théologie en son école.

De Pierre de Falco, nous connaissons jusqu'ici vingtcinq Questions disputées et deux Disputes' quodlibétiques. Les Questions disputées sont conservées dans cinq manuscrits : le cod. 759, fol. 148-213, de la bibl. communale d'Assise; le cod. 185, fol. 14-68, de la bibl. communale de Bruges; le cod. 738, fol. 1-85 de l'uni-

PFKRRE DE FALCO

versité de Toulouse; le cod. Paris, lat. 14 520, fol. 181- 275; le cod. il'.) de la bibl. de Bordeaux. Trois de ces inss., ceux d'Assise, de Bruges et de Toulouse, attribuent explicitement les questions disputées à Pierre de Falco: le ms. de Paris les attribue à Cilles de Home, et celui de Bordeaux à Grégoire de Rimini, mais à tort comme P. Glorieux l'a abondamment prouvé. Art. cit., p. 259-260.

D'après le même P. Glorieux, le ms. de Paris ollre l'exemplaire le plus complet. Il contient vingt-quatre questions disputées, dont le même auteur publie les titres (art. cit., p. 200-261). La q. i débute : Utrum (Urina scientia sit rerum causât i va... Les quatre autres mss. sont moins complets. Ainsi, celui de Bordeaux ne possède que les vingt et une premières questions et se termine dans le cours de la xxie question aux mots : intellectus intelligendo verum modo débita sit rerns.cliam appetitus appetendo bonum. Le ms. de Toulouse ne contient que dix-huit questions, suivies des questions disputées et des trois quodlibets de Richard de Médiavilla. Il ignore les cinq premières questions des mss. de Paris et de Bordeaux et débute par la vie : Quaritur utrum materia in essentiel sua sub omnimoda possibililale potuerit produci. Dans le ms. de Bruges, il ne se rencontre que seize questions, et encore dans un ordre tout différent de celui qui est suivi dans les trois premiers mss. Elles sont suivies des questions disputées de Richard de Médiavilla. Enfin, le ms. dAssise, dans lequel les questions disputées de Pierre de Falco sont enclavées entre les trois quodlibets et les questions disputées de Richard de Médiavilla (fol. 1-138), et les questions disputées à la curie romaine de Mathieu d'Aquasparta (fol. 216-302), ne contient que dix-neuf questions présentées encore dans un ordre différent des autres manuscrits. La question par laquelle ce ms. commence correspond à la ve et non à la ive du ms. de Paris, comme le dit à tort P. Glorieux (op. cit., p. 262), à savoir : Quaritur utrum in Dco sint ideœ singularium propriœ. Le même P. Glorieux soutient donc à tort que ce ms. ne contient pas la ve question, mais la ive, alors que l'opposé correspond à la vérité. De plus ce ms. présente une donnée originale : il contient une question inconnue aux autres mss. et intercalée entre les deux questions qui correspondent à la xxive et à la xvie du manuscrit de Paris. Le titre en est : Quœro de felicitate animœ, utrum sit in visione divinœ essenlix vet alicujus creaturœ. De la sorte, le nombre des questions disputées de Pierre Falco monte à vingt-cinq.

A ces vingt-cinq questions disputées, il faut ajouter deux Quodlibeta, conservées dans le cod. 185, fol. 1-14 de la bibl. communale de Bruges et le Paris, kd. 14305, fol. 148-159. Le premier quodlibet, qui comprend seize questions, débute : Qusesita juerunt quœdam de divinis, tandis que le second, qui possède vingt questions, commence : Quœsita fuerunt quinque in generali. Dans le ms. de Bruges, le second quodlibet précède le premier. Voir P. Glorieux, art. cit., p. 262- 265, qui a reproduit la liste des questions de ces deux quodlibets dans La littérature quodlibétique de 1200 à 1120, Le Saulchoir (Kain), 1925, p. 272-273.

Les données historiques que l'on possède sur la vie et la personne de Guillaume de Falegar, qui devrait s'identifier avec Pierre de Falco, sont plus riches et plus abondantes et les grandes étapes au moins de sa carrière sont assez bien connues. Franciscain, il appartint à la province de Toulouse, peut-être même au couvent de cette ville. Des documents allégués par P. Glorieux, art. cit.. p. 281-285, il résulterait qu'il faudrait placer probablement vers 1270-1272, l'époque de la carrière estudiantine de Guillaume. On ignore la date exacte de sa licence et les charges qu'il aurait pu remplir aussitôt après sa promotion. Nous saxons toutefois qu'il enseigna la théologie dans la chaire des

frères mineurs durant les deux années 1280-1282 ou 1279-1281. C'est à cette période d'enseignement qu'il faut rapporter les diverses questions disputées et les deux disputes quodlibétiques, mentionnées plus haut. Avant la lin de 1282, il quitta Paris et retourna dans le Midi, où il devint bientôt, certainement avant 1285, ministre provincial de l'Aquitaine.

En 1285, Guillaume présida le chapitre général de Milan et un grand nombre de voix se réunirent sur sa personne; Arlotto de Prato, toutefois, l'emporta et fut élu général. Il reçut cependant le titre de vicaire général. Arlotto étant venu à mourir en 1286, Guillaume gouverna l'ordre, en qualité de vicaire général, jusqu'au chapitre général de Montpellier, en 1287, dans lequel Mathieu d'Aquasparta fut élu général. Bientôt après la charge de vicaire général fut abolie par une bulle du 14 mars 1288.

Guillaume succéda à Mathieu d'Aquasparta comme lecteur de la curie romaine. Il exerça cette charge jusqu'à la nomination de Jean de Murrho à cet office, probablement en 1291. Nous ignorons toutefois les occupations et les charges exercées par Guillaume jusqu'à la fin de 1295. Nous ne pouvons, en effet, admettre la thèse du P. Glorieux, selon laquelle Guillaume de Falegar aurait été envoyé, après son enseignement à la curie, donc vers 1291-1292, à Ciurana rejoindre saint Louis de Toulouse, qui y était détenu comme otage à la place de son père, Charles II de Sicile. Les preuves manquent absolument pour appuyer cette assertion. Nous savons toutefois que Guillaume de Falegar fut un des maîtres de Louis d'Anjou, après sa captivité, dans le château de l'Œuf, à Naples, vers la fin de 1295 ou tout au début de 1296. Boniface VIII, reconnaissant les mérites de Guillaume de Falegar, le promut, le 9 juillet 1296, à l'évêché de Viviers, six mois "avant (et non après) que Louis d'Anjou le fût à celui de Toulouse. Le retour de Guillaume en France dut être toutefois pénible, parce que le pape lui avait confié une mission très délicate, celle notamment de porter à Philippe le Bel la bulle Inefjabilis amoris et de la commenter. Boniface VIII y protestait contre l'interdiction portée parle roi, le 17 août 1296, d'exporter de l'or et de l'argent en dehors du royaume, parce que cette mesure allait directement contre les banquiers italiens et les recettes pontificales. Le pape donna en outre à Guillaume une lettre d'introduction auprès du roi, dans laquelle il n'avait pas ménagé les éloges, afin de lui rendre le roi favorable. Nous ignorons toutefois l'accueil que lui fit le roi. La bulle souleva cependant, en France, une violente campagne antipapale. L'épiscopat de Guillaume fut de courte durée, puisqu'il mourut dès la fin de 1297 ou au début de 1298.

Si les renseignements biographiques au sujet de Guillaume de Falegar sont plus riches et plus abondants que ceux que nous avons pu recueillir sur Pierre de Falco, les données bibliographiques, au contraire, sont plus pauvres et moins nombreuses. D'après P. Glorieux, il n'existerait que dix Quœstiones disputais, qui, jusqu'ici, puissent être attribuées à Guillaume de Falegar. Quatre sont conservées dans le cod. 457 de l'Arsenal, à Paris, à savoir les questions lxxii-i.xxv (fol. 97-105). P. Glorieux en publie les litres (art. cit., p. 271-278). Huit sont contenues dans le cod. 174, fol. 26-33, d'Assise, entre le Correcloire de Guillaume de la Mare (fol. 1-2(5) et les Questions disputées du même auteur (fol. 33 v°-51 v°). Comme deux de ces questions (la me et la ve) correspondent aux questions lxxiii et i.xxv du ms. de l'Arsenal, dans lequel elles sont explicitement attribuées à Guillaume de Falegar, P. Glorieux en conclut que les huit questions du ms. dAssise doivent très probablement être considérées comme l'œuvre du

PIERRE DE FALCO

PIERRE LE EOULON

même maître franciscain. De la sorte, le bagage littéraire de Pierre Falco Guillaume «le Falegar, dans l'hypothèse très vraisemblable de leur identification, serait augmenté de dix nouvelles questions disputées, qui monteraient ainsi au nombre de trente-cinq. P. Glorieux (art. cit., p. 279) publie également les titres des questions du manuscrit d'Assise. D'après .1.-11. Sbaralea, op. cit., t. i, p. 338, Guillaume de Falegar aurait composé encore une Abbreviatio super tribus libris S. Bonaventurse et des Conciones variœ.

Dans l'hypothèse très probable de l'identification de Pierre de Falco et de Guillaume de Falegar, les données bio-bibliographiques fournies sur l'un et l'autre devraient s'étendre à l'un et à l'autre. iNous terminons sur le vœu jadis 'exprimé par P. Glorieux : « Plût à Dieu que des découvertes ultérieures permettent de trancher définitivement le problème de l'identification de ces deux franciscains et d'asseoir solidement l'équation : Pierre de Falco = Guillaume de Falegar. »

L. Wadding, Annales minorum, t. v, Quaracchi, 1931, an. 1278, n. xxxi, p. 61; an. 1283-1284, n. i, p. 141 et 154; an. 1288, n. xxxm, p. 207-208; an. 1300, n. m, p. 475; du même, Scriptores ordinis minorum, Rome, 1906, p. 104; J.-H. Sbaralea, Supplementum ad scriptores ordinis minorum, t. n, Rome, 1021, p. 338; t. i, 1008, p. 338;- P. Glorieux, Maîtres franciscains de Paris, Pierre de Falco, dans La France franciscaine, t. xn, 1020, p. 257-280; C. Eubel, Hierarchia catholica medii el recenlioris œvi, 2e éd., t. i, Munster, 1013, p. 533; P. Glorieux, La littérature quodlibétique de 1260à 132U, dans la Bibliothèque thomiste, t. v, Le Saulchoir ( Kain), 1925, p. 272-273; De hum mœ cognitionis ratione anecdota qmedam, Quaracclii, 1883, p. xxn; Gillia christiana, t. xvi, Paris, 1865, p. 569; \V. Lampen, O. F. M., De Richardo de Mediavilla, O. F. M., socio S. Ludovici Tolosani, dans Arch. franc, hist., t. xxiii, 1930, p. 246-248; C. Vielle, Saint Louis d'Anjou, évêque de Toulouse, Vanves (Seine), 1930, p. 86-87, 180-182, 191-104; M. R. Toynbee, St. Louis of Toulouse and the process of canonisation in the XlVth century, Manchester, 192), p. 63-65, 77, 103, 105-106, 110-114.

Am. Teetaert.

35. PIERRE DE FOLIGNO, frère mineur conventuel (xve siècle). Natif de Foligno, il revêtit la bure franciscaine dans la province ombrienne de Saint-François, prit le grade de docteur en théologie et en droit et exerça la charge de provincial successivement dans la province ombrienne, en Terre sainte et dans ia province romaine. Il est l'auteur d'un Comme ntarium in libros Sententiarum. II mourut à Assise en 1463 et est enterré dans la basilique Saint-François.

J.-H. Sbaralea, Supplementum ad scriptores ordinis minorum, t. n, Rome, 1021, p. 330-340.

36. PIERRE LE FOULON, patriarche d'Antioche (ve siècle.) — Nous ignorons la patrie et la date exacte de la naissance de Pierre le Foulon. D'après un certain Alexandre, moine chypriote du vie siècle, Pierre aurait d'abord été moine au couvent des Acémètes, à Constantinople. Il y aurait exercé le métier de foulon, d'où son surnom. Son attachement aux doctrines d'Eutychès, ainsi que son hostilité aux décisions de Chalcédoine, l'en aurait fait renvoyer. Alexandre le Moine, Éloge de l'apôtre Barnabe, P. G., t. lxxxvii, 3e part., col. 4099 sq. Sur cet Alexandre, voir Krumbacher-Ehrhard, Geschichle der byzantinischen Lileratur, Munich, 1807, p. 167.

Devenu prêtre, Pierre dirigea ensuite le sanctuaire Sainte-Bassa, à Chalcédoine; mais, ici encore, son hostilité contre le dogme des deux natures, ainsi que différents « crimes » qui ne nous ont pas été précisés, rendirent bientôt sa situation intenable. Théodore le Lecteur, P. G., t. lxxxvi, lre part., col. 176; G esta de nomine Acaeii, c. xn, dans Thiel, Epistolse romanorum pontifleum, t. i, p. 518.

Revenu à Constantinople, Pierre se glissa dans l'entourage de l'Isaurien Zenon et, quand celui-ci, devenu

le gendre de Léon Ier, fut envoyé à Antioche comme magister militiez i>cr Orienlem, peu avant l'année 470, il l'y accompagna. A Antioche, Pierre se lia avec les apollinarlstes qui y étaient encore nombreux et, de concert avec eux, organisa une bruyante opposition contre l'évèque Martyrius, partisan du dogme de Chalcédoine. Publiquement, il traitait l'évèque de nestorien; il lançait l'anathème contre ceux qui ne croyaient pas en « Dieu crucifié », et au Trisagion il faisait ajouter la clausule célèbre ô aToopcoOslç oY f^âç. Théodore le Lecteur, loc. cit.

Désespérant de réduire cette opposition par ses propres forces, l'évèque Martyrius alla à Constantinople pour recourir à l'empereur. Pierre profita de son absence pour s'installer à sa place, soutenu par Zenon, qui contraignit quelques évèques de Syrie, réunis à Séleucie, à imposer les mains à son protégé. Jean d'Egée, dans Revue archéologique, t. xxvi, 1873, p. 401.

Mais, à Constantinople, Martyrius, fortement épaulé par le patriarche Gennade, obtint l'aide de l'empereur Léon Ier, et revint à Antioche. Pierre n'osa pas lui disputer ouvertement le siège épiscopal; mais il lui rendit la vie tellement dure qu'au bout de peu de temps Martyrius déclara en pleine église : « Je renonce à un clergé rebelle, à un peuple insoumis, à une Église souillée. >■ Sans autre forme de procès, Pierre se réinstalla à sa place. Théodore, loc. cit.

Toutefois, Gennade, le patriarche de Constantinople, veillait. Il obtint de l'empereur une loi qui défendait aux moines de quitter leurs monastères pour se mêler aux controverses théologiques, ainsi qu'un ordre exilant Pierre à la Grande Oasis. Voir cette loi du 1er mai 471 dans le Corpus juris de Justinien, 1. I, tit. m, lex 29. Pierre manœuvra si bien qu'il ne fut pas expédié à la Grande Oasis, mais seulement interné aux acémètes, à Constantinople. Selon les Gesta de nomine Acaeii, il aurait alors promis de se tenir désormais tranquille. Il était encore aux acémètes, en 475. quand Timothée Élure, au retour de son exil, passa par Constantinople. Pierre s'empressa autour du vieux lutteur monophysite, souscrivit l'encyclique nettement antichalcédonienne de l'usurpateur Hasilisque, et parvint à se faire rendre le siège d'Antioche, dont le titulaire orthodoxe venait de mourir. Son séjour n'y fut pas long. Dès l'année suivante, après la chute de Basilisque, Acace, patriarche de Constantinople, obtint de l'empereur Zenon, l'ancien protecteur de Pierre, un ordre qui exilait celui-ci à Pityonte, dans la lointaine province du Caucase. Acace poussa la précaution jusqu'à mettre le pape en garde contre Pierre. Mais celui-ci, une fois encore, réussit à éviter l'exil lointain; il fut simplement interné aux Euchaïtes, dans la province de l'Hélénopoat. Théodore, loc. cit.

Quand parut l'Hénotique de l'empereur Zé ion, vers 482, Pierre, toujours interné aux Euchaites, y donna son adhésion et, comme le patriarche d'Antioche, Calendion, venait d'être exilé, tant pour des raisons politiques que pour sa fidélité aux décisions de Chalcédoine, Acace, patriarche de Constantinople, fit ^établir sur le siège d'Antioche ce même Pierre qu'il avait fait exiler peu d'années auparavant. Gesta de nomine Acaeii, loc. cil.

Il ne semble pas que le Foulon, qui, pour la quatrième fois, montait sur le siège d'Antioche, y ait rencontré d'opposition sérieuse. Il réunit un concile des évèques de la province, leur exposa que l'Hénotique professait la foi du concile de Nicée, telle qu'elle avait été approuvée par les Pères des conciles de Constantinople et d'Éphèse; il rappela que les.anathématismes de Cyrille avaient réfuté la malice de Xestorius et finalement obtint l'adhésion des évèques à la formule d'union de l'empereur. Voir la synodique de Pierre le Foulon et de son concile, adressée à Pierre

PIKKKK LK FOI LO.N — PIKHUK GALLKC.O

Monge, dans Zacharie le Rhéteur, Hist. ceci., 1. V, c. x, trad. Allions et Krûger, Leipzig, 1899, p. 80-82.

D'après le moine Alexandre, dont nous avons déjà parlé, Pierre le Foulon aurait essayé, sans succès, de rétablir les droits patriarcaux d'Antioche sur l'île de Chypre.

C'est surtout par ses innovations liturgiques que Pierre le Foulon est connu. Nous avons déjà parlé de la clausule qu'il ajouta au Trisagion. Ce qui lit la fortune de cette clausule. c'est qu'elle permettait aux monophy sites de proclamer à chaque synaxe leur opposition contre les chalcédoniens, auxquels ils reprochaient d'enseigner < que ce n'est pas Dieu qui a été crucifié . Cf. Plérophories de Jean de Maiouma. c. vu, dans Revue de l'Orient chrétien, 1898, p. 240 sq. ; Pair, orient., t. vin. p. 18 sq.

Calendion. qui fut évèque chaleédonien d'Antioche entre le rétablissement de Zenon et la publication de l'Hénotique, avait essayé de concilier tout le monde en insérant entre le Trisagion et la clausule de Pierre les mots : Christ, notre Dieu. Il ne réussit pas. Après la réception de VHénotique. Acace écrivit à Pierre le Foulon, pour désapprouver son innovation; voir cette lettre dans Mansi, Concil., t. vu, col. 1121; mais il semble que son opposition resta isolée. Les lettres de protestation contre la célèbre clausule, qui se trouvent dans Mansi, t. vu, col. 1109 sq., sont des faux. L'introduction de la clausule ne se trouve pas parmi les griefs formulés contre Pierre par les Gesta de nomine Acacii. Sur cette affaire, voir Henri Valois, De Petro antiocheno episcopo, qui « Fullo » cognominatus est, P. .';., t. lxxxvi, 2e part., col. 2886 sq.

D'après Théodore le Lecteur, c'est aussi Pierre le Foulon qui introduisit l'usage de réciter le symbole de Nicée à la messe. Ici encore, Pierre donnait une expression liturgique à la prétention des monophysites de ne professer que la foi de Nicée. Sur cette prétention, voir la lettre synodale de Pierre le Foulon, citée plus haut, ainsi que la lettre de Timothée Élure à l'empereur Zenon, dans Zacharie le Rhéteur, 1. IV, c. vi, trad. cit., p. 28 sq.

Théodore le Lecteur énumère plusieurs autres innovations liturgiques dues à Pierre le Foulon : la bénédiction solennelle du saint chrême; la commémoraison de la Théotokos à chaque synaxe. Enfin, Pierre aurait décidé que la solennelle épiclèse qui se fait sur l'eau à la fête de l'Epiphanie devait avoir lieu le soir. P. G., t. lxxxvi, lre part., col. 208.

Pierre le Foulon mourut paisiblement à Antioche, en 488.

Il n'y a, à proprement parler, que deux sources à consulter : Théodore le Lecteur et les Gesta de nomine Acacii. Ce que Théophane donne dans sa Chronographie est tiré de Théodore le Lecteur. Voir aussi Bardenhewer, Geschichte der altkirchlichen Literatur, t. iv, p. 299.

G. Fritz.

37. PIERRE GALLEGO, frère mineur espai] (xiiic siècle). — Appartenant d'abord à la province d'Espagne des frères mineurs, il passa, après la division de l'Espagne en trois provinces, celles de Santiago, de Castille et d'Aragon, à la province de Castille, dont il fut provincial en 1236. Il fut le conseiller du roi de Castille saint Ferdinand et le confesseur de son f i 1 s>, don Alphonse. Après la conquête du royaume de Murcie, en 1243-1244, don Alphonse, voulant rétablir l'ancien siège épiscopal de Carthagène. députa le I'. Pierre Gallego à Home, pour traiter cette question avec Innocent IV. Ce dernier envoya à l'archevêque de Tolède la bulle Yirtutis divinœ, dans laquelle il lui enjoignit d'examiner si, antérieurement. il avait existé un siè^e épiscopal à Carthagène et, dans le cas aflirmatif, de déterminer s'il était désirable de rétablir ce sie^e cl d'indiquer le sujet, qui serait apte

à l'occuper. ,1.-11. Sbaralea, liiillarium franciscanum, t. i. p. 524-525; L. YVadding. Annales minorant, t. III, Quaracchi, 1931, Regestum pontiflcium ad an. 1217, n. i.viii. p. 542. Le P. Pierre GallegO fut désigné pour cette haute charge et il fut de la sorte le premier évêque de Carthagène, après le rétablissement du siè^e épiscopal.

Mais les historiens sont en désaccord, quand il s'agit de préciser l'année à laquelle il fut élu et consacré évèque de Carthagène. Cependant, des bulles Meritis tuât devolionis et Xovella plantatio que le pape Innocent IV envoya à Pierre Gallego, évêque de Carthagène, le 5 et le (i août 1250, il résulte qu'à cette date il occupait déjà ce siège épiscopal. Au sujet de l'activité épiscopale de Pierre Gallego, voir le P. A. Lôpez, O. h". M., Fr. Pedro Gallego, primer obispo de Cartagena ( 1250-1267 ), dans Archiva ibero-americano, t. xxiv, 1925, p. 73-77. Pierre Gallego mourut à Carthagène, le 19 novembre 1267, à l'âge de soixante-dix ans.

Pierre Gallego est l'auteur de deux traités d'une importance capitale pour l'histoire des traductions latines des ouvrages arabes. Us ont été découverts par Mgr A. Pelzer et décrits par lui dans l'article : Un traducteur inconnu : Pierre Gallego, franciscain et premier évèque de Carthagène ( 1250-1267 ), dans Miscellanea Francesco Hhrle, t. i, Rome, 1924, p. 407-456. Le premier de ces traités est intitulé ; Liber de animalibus et de naturali diversitale et moribus eorum ac de membris, astutia et accidentibus illorum translatas ex libro Aristotelis et Averrois et auctorum arabum et aliorum commenlatorum. Il est conservé dans le cod. Vat. lat. 1283, fol. 131 r°-161 r°. C'est une traduction latine d'un ouvrage arabe intitulé Liber de animalibus et attribué à Aristote. Avant 1220, Michel Scot avait déjà traduit, à Tolède, le même ouvrage de l'arabe en latin, et, vers 1260, Guillaume de Moerbeke le traduisit du grec en latin. Cette dernière version est probablement postérieure à celle de Pierre Gallego, qui doit avoir connu cependant, et utilisé, la traduction de Scot. Le traité de l'évêque franciscain constitue toutefois une version sui generis, effectuée après qu'il fut élevé au siège épiscopal de Carthagène et s'inspirant de plusieurs autres traductions arabes, entre lesquels Averroès occupe la première place. Il est divisé en douze livres dont Mgr Pelzer a édité des fragments étendus. Quant aux auteurs arabes dont se serait inspiré Pierre Gallego et qui constitueraient les sources de ce traité, ainsi que du suivant, nous renvoyons à l'article déjà cité de Mgr Pelzer. Nous tenons cependant à faire observer qu'un certain Antccer, cité dans les deux traités, qui, d'après Mgr Pelzer, ne constituerait pas un nom propre et ne désignerait pas un auteur, mais proviendrait du vocable arabe ikhliçar qui signifie « abrégé », est considéré par At. Lôpez comme une personne et identifié avec Avençer (Ibn Zar'a), un médecin chrétien de Bagdad, qui serait l'auteur d'une traduction arabe du Liber de animalibus, corrigé dans le sens chrétien. Art. cité, p. 81-82.

L'autre ouvrage est un traité économique, qui porte pour titre : Compilata abreviatio de scientia domestica, ou De speculatione in regiliva domus. Il est conservé dans le cod. Barb. lat. 52, fol. 22 r°-24 r°, du Vatican et dans le Paris, lat. 6818, fol. 28 r°-30 v°. A. Pelzer a donné une description minutieuse de ces deux mss. Art. cit., p. 123-428. Ce traité, toutefois, ne constitue pas une simple traduction de l'arabe, car Pierre Gallego a donné une toute autre formule à la version, laissant de côté les sentences qui ne pouvaient convenir avec le christianisme et introduisant des idées et des doctrines chrétiennes sur l'administration domestique ou familiale. Cet opuscule constitue donc en grande partie une œuvre personnelle de Pierre Callego,

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