PIERRE DE LUNA
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pose avec le plus grand sérieux : Quid si papa vcll'el celebrare concilium générale, solum vocal is uliquibus paucis et exclusis quos vellel excludere de existent! bus infra Ecclesise unitatem, numquid taie censebitur concilium générale? — Quid, si papa soi. us vellet, omnibus aliis exclusis, celebrare concilium. Nous sommes aux antipodes de la théorie conciliaire qui allait triompher à Constance et à Bàle et mettre pour longtemps en échec la primauté pontificale.
On s'abstiendra «le faire ici une bibliographie qui doit être reprise au complet à l'article Schisme d'Occident.
On a utilisé pour cette notice les derniers travaux sur le Grand Schisme : Souchon. Die Papsiwahlen in der Zcit des grossen Schismas,2 vol., Brunswick, 1898-1899; Salembier, Le Grand Schisme d'Occident, Paris, 1900, mais surtout N. Valois, La France et le Craml Schisme d'Occident, 4 vol., Paris, 1896-1902.
Pour l'histoire littéraire : N. Antonio, Bibliotheca hispana vêtus, édit. de F.-P. Baver, t. n, Madrid, 17S8, p. 209-212; Félix de Latassa, Bibliotheca aniigua de los escritores aragoneses, t. n, Saragosse, 1790, p. 113-131; Fr. Ehrle, Die kirchenrechtlichen Schriflen Peters von Lima (Benedikts 'ilII.J, dans Archiv fiir Literatur-und Kirchengeschichte des Mitielalters, t. vu, 1900, p. 515-575; cf., du même auteur, .lus den Aclen des Aflerconcils von Perpignan, 1408, même recueil, t. v, 1889, p. 387-192; t. vin, p. 576-696; du même, Xeue Materialien :nr Geschichte Peters von Lima, même recueil, t. vi et vu.
É. Amann.
46. PIERRE DE LUTRA, prémontré du couvent de Kaiserslautern, dans le premier tiers du xive siècle, jouit en son temps d'une grande réputation. Son principal titre pour nous aujourd'hui est un petit traité, écrit vers 1328, Contra Michaelem de Cesena et socios ejus. En réalité, l'auteur y prend à partie, l'une après l'autre, les six propositions de Marsile de Padoue. Voir t. x, col. 167. Il semble écrit après leur condamnation par le pape, tandis que les œuvres similaires, dues à Sybert de Beck et à Guillaume de Villana, avaient précédé et préparé l'acte de Jean XXII.
On connaît également de lui une Liga fratrum, opuscule composé en 1346 contre les ordres mendiants et les abus de l'exemption.
Découvert dans te manuscrit de fa Vaticane, lai. 7316, le traité Contra Michaelem de Cesena est analysé par H. Scholz, Unbekannte kirchenpolitische Streitschriften aus ilcr Zeit Ludwigs des Bayern, t. i, Rome, 1911, p. 22-27, 229-232. Le texte en est publié au t. n du même ouvrage, Rome, 1914, p. 29-42, suivi, ibid., p. 42-63, de la Liga (rnlriim.
J. Rivière.
47. PIERRE DE MADRID, frère mineur déchaussé; composa avec Jean de Consuegra, du même ordre, un Cursus dogmatico-historico-polemicoscholastico-lheologicus. Madrid, 1778-1782, 3 vol. in-4°.
H. Hurter, Nomenclalor, t. v, 3e éd., col. 297.
Am. Teetaert.
48. PIERRE DE MOLFETTA, frère mineur conventuel de la province Saint-Nicolas, dans la Pouille (xve siècle). En 1487, il fut nommé lecteur public de l'université de Ferrare et, en 1491, régent du Sludium générale de son ordre dans la même ville. Il a édité les Tria principia naturw d'Antoine André, O. F. M., VExpositio super octo libros physicorum de François de Meyronnes, O. F. M., le Tractatus formalitatum, le De principio complexo et le De terminis theologicis attribués au même François de Meyronnes, O. F. M., Ferrare, 1490.
J.-H. Sbaralea, Supplementum ad scriptores ordinis minorum, t. n, Rome, 1921, p. 352.
Am. Teetaert.
49. PIERRE MONGE (le Bègue ou l'Enroué), patriarche monophysite d'Alexandrie (ve siècle). — A en croire Les récits de Dioscore exilé à Gangres, qui. s'ils ne sont pas authentiques, n'en ont pas moins con-
servé d'anciens souvenirs, Pierre Monge qui « connaissait les deux langues > (le grec et le copte), aurait été un des diacres de Dioscore, l'aurait accompagné au concile de Chalcédoine, ainsi que dans son exil à Gangres. Voir Les récils de Dioscore exilé à Gangres, publiés par Révillout, dans la Revue égyplologique, t. i, p. 187-189; t. n, p. 21-25; t. m, p. 17 sq.
De retour à Alexandrie, il fut, avec Timothée Élure. le principal meneur de l'opposition contre Protérius, le successeur chalcédonien de Dioscore. Sommés par Protérius de reprendre leur place dans le clergé d'Alexandrie, Timothée et Pierre refusèrent et excitèrent les troubles qui, après la mort de l'empereur Marcien, aboutirent à l'élection d'Élure comme compétiteur de Protérius et à l'assassinat de ce dernier. Gesta de nomine Acacii, dans Thiel, Epislolœ romanorum pontificum, t. i, p. 514.
Quand Timothée Élure fut envoyé en exil par l'empereur Léon, en 457, Pierre Monge se terra; mais, par ses menées souterraines, il réussit à faire le vide autour de l'évêque chalcédonien Timothée Salofaciol, successeur de Protérius. L'usurpation de Basilisque, en 475 (par son Encyclique Rasilisque avait condamné le tome de Léon et le concile de Chalcédoine), ayant ramené Timothée Élure sur le siège de saint Marc, Pierre Monge reparut à ses côtés. La modération relative d'Élure envers les chalcédoniens (il ne leur demandait que la répudiation du concile de Chalcédoine et du tome de Léon, sans leur imposer ni pénitence, ni profession de foi) ne fut pas du goût de tous ses partisans. Il n'est pas impossible qu'en cette occurrence Elure ait subi l'influence de Pierre Monge, qui préparait déjà l'évolution qui devait l'amener à VHénotique. Mais, quelques mois plus tard, la restauration de l'empereur Zenon amena de nouvelles menaces d'exil contre Timothée Élure, et celui-ci mourut peu de temps après. Voir Évagre, Hist. eccl., 1. III, c. xi ; Zacharie le Rhéteur, Hist. eccl., 1. V, c. iv, traduction Ahrens-Kruger, p. 64 sq. ; Gesta de nomine Acacii. loc. cit.
Pierre Monge fut sacré immédiatement, comme son successeur, par un seul évêque, d'ailleurs déposé de son siège. Zacharie le Rhéteur, op. cit., I. V, c. v, prétend bien que Pierre fut élu canoniquement comme successeur d'Élure ; mais son affirmation ne peut se soutenir contre les témoignages adverses des Gesta de nomine Acacii, p. 515, et d'Évagre, loc. cit. Il ne semble pas non plus que pareille élection ait été possible à cause de l'animosité de l'empereur Zenon contre les contempteurs du concile de Chalcédoine. Aussi Pierre fut-il obligé de se cacher et d'errer « de maison en maison », pour éviter la colère de l'empereur. Zacharie le Rhéteur, loc. cit. Néanmoins, il maintint son autorité sur ses partisans et refusa de reconnaître Salofaciol.
C'est alors qu'Acace de Constantinople, désespérant de venir à bout de l'opposition monophysite, désira un accommodement avec elle. Le résultat des négociations engagées avec Pierre Monge fut VHénotique qui, « implicitement, laissait tomber le tome de Léon et le décret dogmatique de Chalcédoine ». Duchesne, Hist. ancienne de l'Église, t. ni, p. 504. Cette solution n'était pas pour satisfaire la partie agressive de la secte monophysite, habituée qu'elle était à vitupérer contre « le détestable tome de Léon et le concile des chiens ». Aussi les partisans de Pierre Monge fabriquèrent-ils une correspondance prétendue secrète entre celui-ci et le patriarche Acace. On y voyait le chef de l'Église de Constantinople désavouer le tome de Léon ainsi que le concile de Chalcédoine, se déclarer prêt à ^e soumettre à la pénitence que lui imposerait Pierre Monge et obtenir de cette façon que celui-ci le reconnût comme patriarche de Constantinople. Voir cette correspondance dans Amélineau, Monuments pour servir à l'his-
l'IKKKK MONGE — IMEHKE D'OSMA
loire de l'Egypte chrétienne, dans les Mémoires de la mission du Caire, t. iv. p. 196. Amélineau a fort bien démontré le caractère apocryphe de cette correspondance; elle est en contradiction avec la tradition historique concernant l'Hénotique, avec Y Hénolique luimême et avec la Lettre à Acace de Pierre Monge, lettre conservée par Évagre. dont nous parlons plus loin. Comme prix de son adhésion à l'Hénotique, Pierre Monge fut reconnu par l'empereur comme patriarche d'Alexandrie. Son compétiteur chalcédonien, Jean Talaia, élu pour remplacer Salofaciol décédé, fut obligé de se réfugier à Rome.
Mais, si Pierre Monge avait fait sa paix avec l'empereur, il s'était exposé à l'animosité des avancés de son parti. Pour leur donner des gages, il raya des diptyques de l'Église d'Alexandrie les noms des patriarches Protérius et Timothée Salofaciol. Il fit aussi enlever le corps de ce dernier du lieu de la sépulture patriarcale. Ne réussissant pas à apaiser les extrémistes, il employa les mesures de rigueur surtout contre les monastères. Indignés, les moines monophysites se plaignirent à l'empereur et. au nombre de 30 000, ils vinrent à Alexandrie, pour se rendre compte de l'orthodoxie du patriarche. Effrayé, Pierre sollicita la protection de la force publique. Il reçut dans la grande église d'Alexandrie une délégation de deux cents moines et fit si bien que. sans condamner ouvertement le tome de Léon et le concile de Chalcédoine, il parla de façon à les persuader qu'il ne les acceptait pas. Tout en se radoucissant à son égard, les moines refusèrent de le reconnaître comme leur patriarche. Avec tous les avancés du parti monophysite, ils se tinrent à l'écart, mais sans se constituer en Église séparée. C'est pour cette raison qu'on les nomma les « acéphales ». Voir t. i, col. 308; Évagre, Hisl. eccl.. 1. III, c. xxn; Zacharie le Rhéteur, Hist. eccl., 1. VI, c. n.
Tout en rusant avec les moines, Pierre écrivait à Acace de Constantinople une lettre qu'Évagre nous a conservée; il y niait effrontément avoir exhumé le corps de Salofaciol, « ce qui serait un crime contraire aux lois divines et humaines »; il protestait de son respect pour o la très sainte et très œcuménique assemblée de Chalcédoine, qui n'a fait que confirmer ce qui a été décrété à Nicée ; il se plaignait amèrement des moines qui excitaient le peuple contre lui et, finalement, demandait le secours de l'empereur. Voir cette lettre dans Évagre, P. G., t. lxxxvi, 2e part., col. 2629 sq.
Après la mort d'Acace, Pierre Monge écrivit à Fravitas, successeur d'Acace sur le siège de Constantinople. Dans cette lettre, il répudiait la doctrine d'Eutychès, professait « un seul Fils de Dieu le Père, Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui est Dieu, le Verbe du Père, qui pour notre rédemption est devenu homme et malgré sa nature divine a pris la forme de l'esclave dans l'économie . Il adhérait de nouveau à l'Hénotique et répudiait « tout ce qui a été effrontément enseigné à Chalcédoine et dans le tome de Léon ». Voir cette lettre drms Zacharie le Rhéteur. Hist. eccl., 1. VI, c. vr, trad. Ahrens-Kriiger. p. 94 sq.
Malgré cette déclaration nettement antichalcédonienne, Pierre ne parvint pas à rallier les « acéphales ». Il mourut le 29 octobre 489 et figure au calendrier monophysite.
Comme sources, il faut indiquer l'Histoire ecclésiastique d'Évagre, cille de Zacharie le Rhéteur et les Gestn de nomine Acacii. Cf. Bardenhewer, Geschichte der altkirchlichen I.ileratur, t. IV, p. 82.
C Fritz.
53. PIERRE DU MONT DE BURET, frère mineur belge de l'Observance. Il naquit à Perwez vers la fin du xv siècle et fit ses études à l'université de Couvain, où il prit le grade de licencié en théologie. Nommé régent du collège du Faucon,
en 1539. il fut élevé en 1542 à la dignité de recteur de l'université. Peu après, cependant, il s'enrôla dans l'ordre des frères mineurs de l'Observance. Il exerça dans l'ordre les charges de lecteur en théologie à Louvain depuis 1545 jusqu'en 1555, et de gardien à Louvain et, en 1578, à Anvers. Il refusa de souscrire la formule de serment par laquelle les calvinistes d'Anvers, députés aux États, voulaient contraindre les frères mineurs à promettre obéissance à l'archiduc Mathias et à vouer leur haine à don Juan d'Autriche. Ce refus entraîna l'exil du P. Pierre et de ses religieux. Il mourut de la peste, à Louvain, en 1579.
Il est l'auteur des ouvrages suivants : Dominicw passionis secundum quatuor evangelislas dilucida cruditaque enarralio ex veterum orthodoxorum commenlariis studiose desumpta ac concinnata, Anvers, 1555; le même ouvrage, multo exactius quam anlea ab ipso authore recognila, Anvers, 1571; Elucidationes in seplem psalmos pcenitentiales, Anvers, 1567. Le P. Pierre aurait dressé aussi une relation des vexations que lui et ses religieux ont eu à subir à Anvers lors de l'affaire du serment. Le P. Delrio, S. J.,en aurait inséré la substance dans son ouvrage : Commentarius rerum gestarum in Belgio a Petro Henriquez, comité Fontano, Cologne, 1611.
L. Wadding, Scriptores ordiuis minorum, Rome, 1906, p. 191; J -H. Sbaralea, Supplementum ad scriptores ordinis minorum, t. n, Rome, 1921, p. 352; S. Dirks, O. F. M., Histoire littéraire et bibliographique des frères mineurs de l'Observance en Belgique et dans les Pays-Bas, Anvers, 1885, p. 100-101.
Am. Teetaert.
51. PIERRE D'OSMA ou PIERRE MAR- T I N EZ . — On sait peu de chose sur la vie de ce théologien espagnol, né à Osma, d'où son surnom, et professeur à Salamanque au milieu du xve siècle. Il est surtout connu par les propositions extraites d'un de ses ouvrages, De cohfessione, qui ont motivé tout d'abord une condamnation portée par le vicaire général de Saragosse, sede vacante, et l'inquisiteur d'Aragon (15 décembre 1478); puis un jugement de l'archevêque de Tolède, Alphonse Carillo, jugement condamnant onze propositions, discutées les 17, 19, 20 et 21 mai 1479, dont, finalement, Sixte IV retiendra les neuf premières pour les réprouver dans sa bulle Licet ea, du 4 août 1479, avec cette note théologique : omnes et singulas proposiliones prœdictas jalsas, sanctse catholicœ fldei contrarias, erroneas et scandalosas et ab evangelica veritate penitus aliénas, sanclorum quoque Patrum decrelis et aliis apostolicis conslitulionibus contrarias fore ac manifestam hœresim conlinere... declaramus. Denz.-Bannw., n. 733.
Le texte authentique de la bulle de Sixte IV présente en raccourci les propositions que le text% vulgarisé de l'archevêque nous a transmises. Mais le sens reste le même. Denzinger-Bamvwart donne le texte vulgarisé, n. 724-738; Cavallera donne le texte de la bulle, et, en note, celui de l'archevêque, n. 1219, 1227, 1255, 1203, 1269, 378.
Nous avons déjà reproduit le texte de six propositions (1-5, 9) concernant le sacrement de pénitence, voir PÉ.N'iTENCK, col. 1047-1048. Voici les trois autres, communes au texte épiscopal et au texte pontifical : 6. Papa non potest indulgere alicui vivo (al. viro) pœnam purgatorii; 7. Ecclesia urbis Romx errare potest; 8. Papa non potest dispensare in statut is universalis Ecclesiiv. Denz.-Bannw., n. 729-731. Dans le texte de Sixte IV, les prop. 6 et 8 sont unies : Romanum pontificem jturgalorii pœnam remittere cl super his quœ universalis Ecclesia statuit dispensare non posse. Cavallera, n. 1269.
Les deux dernières propositions, non retenues par Sixte IV, étaient les suivantes : 10. Venialia excluduht etiam ad audiendum divina; 11. Constitutiones Eccle-
l'IKHHK DOS MA
PIER RE DE l-A PAU
sise oui jura humana non obligant ad peccalum mortale, nisi in constitution!' ponatur pcena peccati mortalis, aut in contemptum Ecclesise vel in dampnu.ni vel scandalum proximi. Ces propositions, rapportées par Juan Teyeda y Ramiro, Coleccion de canones y de todos los concilios de la Iglesiade Espaâa u de America, t. v, Madrid, 1859, p. 42- 17, avaient été défendues par leur auteur en plusieurs eonclusions, celles-là mêmes qui lui avaient attiré une première condamnation à Saragosse. Teyeda y Ramiro, op. cit., p. 48-51. Cf. Gains, Die Kirchengeschichte vonSpanien,t. ma, Ratisbonne, 1879, p. 431 sq.
La proposition 6 présente la particularité d'un texte incertain : vivo ou viro. Cette incertitude a fourni l'occasion de deux études, fort brèves, mais très intéressantes, la première de N. Paulus, Petrus von Osma und der Ablass fur die Gestorbenen, dans Der Katholik, de Mayence, 1898, t. n, p. 92-94, la seconde, proposant la lecture viro, de A. Lehmkuhl, S. J., sous le même titre, dans Pastor Bonus de Trêves, t. xi, 1898-1899, p. 8-14.
Pierre d'Osma, qui avait défendu ses thèses avec beaucoup d'ardeur se soumit complètement dans un synode de la province de Tolède, tenu à Alcala (1 189), et protesta de son attachement à l'enseignement catholique. Le Nomenclator d'Hurter, t. n, col. 1025, signale que les erreurs de Pierre d'Osma furent attaquées dans un Conjutatorium errorum contra claves Ecclesise nuper editorum, par un théologien du nom de Pierre Ximénès de Prexano, qui devint ensuite évêque de Badajoz, puis de Coria, où il mourut en 1495. Pierre d'Osma fut également attaqué par Pierre Diaz de la Costana (t 1488), dans un traité Super decalogo et septem peccatis mortalibus, Salamanque, 1500.
N. Antonio, Bib'.io'.h. Intpana vêtus, éd. Bayer, t. n, 1788, p. 310 sq.; Hurter, Nomenclator, t. n, col. 1025, et les deux articles signalés, de N. Paulus et de A. Lehmkuhl, mais surtout ce dernier.
A. Michel.
52. PIERRE PALAGARI ou PALAGA- TIUS, frère mineur conventuel (fin du xve-début du xvie siècle). Originaire de Trani dans la Fouille, il fut docteur en théologie et en droit canonique. Vers 1470, il enseigna la théologie à l'université de Ferrare et fut le prédicateur du duc de Ferrare. Le 21 juin 1482, il fut élevé au siège épiscopal de Lavello, dans la Pouille; le 26 janvier 1487, il fut transféré au siège épiscopal de Télèse, sufîragant de Bénévent ; après 1494, Pierre passa à l'archevêché de Ferrare, d'abord comme auxiliaire du cardinal Jean Borgia (1494-1503) et ensuite du cardinal Hippolyte d'Esté, à partir du 8 octobre 1503 jusqu'à sa mort, qui doit se placer avant le 26 septembre 1505. En 1501, il assista à la reconnaissance des stigmates de la bienheureuse Lucie de Narni au monastère Sainte-Catherine de Sienne, à Ferrare. Il composa un ouvrage remarquable De ingenuis puerorum et adolescentium moribus, dédié au cardinal d'Esté et publié à Ferrare en 1496.
L. Wadding, Annales niirwrarn, t. xiv, Quaracchi, 1933, an. 1482, n. lviii, p. 380; J.-H. Sbaralea, Supplemenliim ad seriplores ordinis minorum, t. n, Rome, 1921, p. 356-357; C. Eubel, Hierarchia catholica Medii .-Epi, t. n, 2'' éd., Munster-en-W., 1914, p. 174.
Am. Teetaert.
53. PIERRE DE LA PALU, dominicain, patriarche de Jérusalem (12777-1342).
I. Vie. — Pierre était le sixième fils de Gérard de La Palu, seigneur de Varambon (Ain), Richemont et Bouligneux, né entre 1275 et 1280. Fils du couvent des prêcheurs de Lyon, il acheva ses études au couvent de Saint- Jacques, à Paris. La première fois qu'on le voit paraître, c'est au procès des templiers, où il dépose, le 19 avril 1311, devant la commission pontificale qui instruisait à Paris le procès de l'ordre. Il paraît alors comme témoin. Le bachelier en théologie, Pierre de
La Palu, eut le courage de déclarer, au sujet des nombreux méfaits dont étaient accusés les templiers, qu'il avait assisté à l'examen de nombre d'entre eux, qu'il en avait entendu plusieurs confesser beaucoup de ces méfaits, plusieurs, au contraire, qui les niaient; qu'il lui semblait pour sa part que les négations méritaient plus de créance que les aveux. Procès des templiers. édit. Michelet, t. H, Paris, 1851, p. 195.
Pierre était dès lors, au couvent de Saint-Jacques, un personnage considérable. En 1313, après le chapitre général de Metz, le général des dominicains confie à une commission formée de maîtres et de bacheliers le soin d'examiner le commentaire des sentences de Durand de Saint-Pourçain. Nous avons la liste des membres de cette commission. Pierre de La Palu y figure parmi les magistri, à part des bacheliers. Il était devenu maître, en effet, le 13 juin 1314. Le travail de cette commission fut expédié au maître général le 3 juillet 1314; il relevait dans l'écrit de Durand 93 erreurs plus ou moins graves; Pierre de La Palu et Jean de Naples doivent être considérés comme les auteurs responsables de ce catalogue. De même établirent-ils, au courant des années suivantes, la liste de 235 articles où Durand s'éloignait de l'enseignement de saint Thomas. Sur tout ceci, voir J. Koch, Durandus..., p. 15-31. Aussi bien, Pierre s'était-il consacré depuis 1310, année où il avait « lu les Sentences, à réfuter ce qu'il considérait comme les erreurs de Durand. Son commentaire personnel est consacré presque tout entier à l'exposé et à la réfutation de ce maître et se trouve être l'une des sources les plus sûres pour la reconstruction de la première édition de Durand.
L'ordre fut reconnaissant à Jean de Naples et à Pierre de La Palu de leur action en faveur du thomisme intégral. Le chapitre général de Pampelune (1317) nomma Jean lecteur au Studium générale de sa ville natale; Pierre fut nommé vicaire général de l'ordre, en remplacement du maître général, P. Bérenger de Landon, chargé pour lors d'une légation.
L'année suivante, 1318, Pierre fut désigné par Jean XXII pour aller en Flandre tenter un règlement du conflit qui, depuis plus de quinze ans, mettait aux prises les Flamands et le roi de France. Cette mission échoua. La cour de France accusa même le dominicain d'avoir trahi ses intérêts et d'avoir persuadé au comte Robert de Béthune de ne point céder aux prétentions des Français. Une enquête menée en Avignon, de juillet à septembre 1318, permit à Pierre de se disculper. Ni le roi Philippe V, ni le pape ne le crurent coupable, et ils lui continuèrent tous deux leur faveur. Voir Mortier, Histoire des maîtres généraux des frères prêcheurs. t. n, p. 522.
En Avignon, Pierre fut nommé par Jean XXII avec six autres maîtres pour examiner la doctrine de Pierre Jean Olieu (voir son article, t. xi, col. 982 sq). C'est peut-être au même moment, en tout cas entre 1318 et 1321, que Pierre fut chargé avec Guy Terrien d'examiner un écrit catalan, De statibus Ecclesise secundum expositionem Apocalypsis, plus ou moins apparenté avec celui d'Olieu et dans lequel il fut relevé 41 propositions hérétiques ou suspectes. Voir Hisl. litt. de la France, t. xxxiv, 1915, p. 461, n. 2. Il revint ensuite à Paris et pendant près de dix ans se consacra à la pré- . dication et à la rédaction de ses commentaires sur l'Écriture. C'est aux toutes premières années de son séjour que se placent ses démêlés avec Jean de Pouilly, voir ici t. vin, col. 798, contre lequel le dominicain défendit avec beaucoup d'àpreté les droits des religieux à entendre les confessions. Quand le maître séculier fut cité en Avignon, le dominicain l'y suivit et il subsiste un certain nombre des mémoires composés par celui-ci pour rétorquer les arguments de son contradicteur. De même prendra-t-il position plus tard