‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 4)Chapitre 16 sur 437 · PHOTIUS. LE SAVANT, ŒUVUKS ORATOIRES · texte numérisé non relu

PHOTIUS. LE SAVANT, ŒUVUKS ORATOIRES

sont conservées. Elles ne sont pas données dans /'. G. sous une rubrique spéciale. On les trouvera parmi les Epislolse, 1. I. n. 19, t. en, col. 781; n. 20, col. 788;

n. 21, COl. 788 ; n. 22, col. 780; n. 23. col. 792. Mais elles figurent groupées dans différents niss., sous un titre plus ou moins analogue à celui-ci : 'Pcotîou . . .xavovixat Si araçsiç rrspl S'.acpôpcov svxX^tj.'iTcov.

Les Responsa canonica, publiées d'abord par Mai' et que l'on retrouvera dans P. G., parmi les Epistolse, 1. I, n. 18. col. 772-781. cf. Valettas, éd. cit., p. 572- 575, sont adressées à Léon, archevêque de Calabre (le sud de l'Italie relevait du patriarcat byzantin). Elles traitent de diverses questions posées à la suite des invasions sarrasines qui. pour lors, dévastaient l'Italie méridionale: valeur du baptême conféré par les laïques; possibilité de baptiser les enfants des Sarrasins ou d'admettre à la communion les garçons souillés par les infidèles; permission pour les femmes de porter en certains cas l'eucharistie aux prisonniers: situation canonique des prêtres et diacres dont les femmes ont été violées.

V. Œuvres oratoires. — Patriarche, Photius eut l'occasion de prononcer, dans les grandes églises de la capitale, des sermons et des homélies. Les mss. ont conservé, en collections plus ou moins définies, un certain nombre de ces discours. On peut faire abstraction des anciennes éditions et se contenter de celle qui a été donnée, à Constantinople, en 1900, par S. Aristarchos, sous le titre (Pcotîou X6yoi y.od ôy.iKloc.1. Tout ce qui, de près ou de loin, se rapporte à l'activité oratoire de Photius s'y trouve rangé par ordre chronologique, depuis les premières leçons données par le jeune professeur jusqu'aux discours et homélies proprement ecclésiastiques. A la vérité, une bonne partie des textes publiés se rencontre déjà ailleurs, l'éditeur ayant emprunté, soit au Myriobiblon, soit aux Amphilochia, soit même à la correspondance, le texte de bon nombre des leçons, discours et même homélies qu'il a supposé avoir été prononcées et qu'il a entrepris de « reconstruire ». On se gardera donc de voir dans ce recueil une description exacte de l'activité oratoire de Photius; on ne se fiera non plus qu'avec réserve aux indications chronologiques qui sont données et dont la précision pourrait bien être décevante. Ces deux gros volumes ne laissent pas, néanmoins, de donner une impression assez exacte de ce qu'a été Photius comme professeur et comme orateur.

Les 23 premiers Xéyci reproduisent par conjecture un certain nombre de leçons de Photius sur des sujets d'ordre philosophique ou mêtne philologique; les 4 suivants sont des leçons sur des sujets de théologie. Les homélies commencent avec le n. 28, où, s'aidant de morceaux divers, l'éditeur a tenté de reconstruire le discours prononcé par Photius le jour de son installation comme patriarche, Noël 857 (ou plutôt 858). A partir de quoi s'insèrent plusieurs des homélies publiées antérieurement et rassemblées dans P. G., t. en, col. 548-576.

Il s'y ajoute un certain nombre d'autres textes demeurés inédits : n. 50, t. i, p. 469-486, sur la pénitence (où l'on relèvera un développement qui n'est pas sans intérêt sur la primauté conférée à Pierre); n. 51 et 52, t. ii, p. 1-58, deux homélies prononcées en 860 (ou 801) lors de l'attaque des Russes contre Constantinople; n. 60, exhortation à la pénitence et à l'aumône; n. 62, exhortation analogue; n. 67 et 77, deux homélies pour la fête de l'Annonciation; n. 68, sur sainte Thècle; n. 73, inauguration d'une nouvelle image de la Vierge, ots rt tïjç 0eor6xou è^eucovtofh] xocl ôbiexa- XoçOi] [/.opo/, ; n. 81, pour la fête des Rameaux; n. 83, sur l'ensevelissement et la sépulture du Christ.

Quelques-unes des homélies publiées in extenso, soit dans Aristarchos, soit dans la P. G., révèlent, chez

Photius, un remarquable talent d'orateur.. Les deux

discours sur l'invasion russe sont d'un pathétique admirable; les deux homélies sur l'Annonciation exploitent, avec un rare bonheur d'expression et une psychologie très avertie, le texte script maire. Au point de vue théologique, il y a à prendre surtout dans les textes relatifs aux têtes mariâtes. Enfin, la reconstruction plus ou moins hypothétique des séries consacrées soit à la réfutation du manichéisme (n. 43-46, n. 53-59), soit à l'exposé historique des anciennes hérésies (n. 35-39) garde un réel intérêt. S'il est vrai que les fragments rassemblés par l'éditeur appartiennent à des discours tenus à l'ambon de Sainte-Sophie, il y a lieu d'admirer l'art avec lequel l'orateur a su mettre à la portée d'un auditoire qui ne comptait pas que des savants l'enseignement que fournit l'histoire ancienne de l'Église. — On notera au passage dans le n. 39, t. i, p. 321, une allusion à la double procession du Saint-Esprit.

VI. Correspondance et œuvres diverses. — De même que les œuvres oratoires, les lettres de Photius ont été recueillies de bonne heure. Ainsi se sont formées des collections dont le contenu diffère beaucoup suivant les mss. Le classement de ces diverses collections est la première besogne qui s'imposerait au nouvel éditeur de la correspondance de Photius. Il faut se contenter actuellement des éditions tout à fait empiriques, auxquelles les découvertes successives ajoutent, de temps à autre, de nouveaux numéros. La première a été procurée en 1651 par Daniel Roger, utilisant les travaux de R. Montagu, évêque anglican de Norwich (t 1641); c'est l'édition ordinairement désignée sous le nom de Montagu (Montacutius), elle contient 249 lettres. Mais ce recueil ne renferme pas des pièces très importantes qui n'ont été publiées que successivement. Aussi Hergenrôther fut-il amené à donner au t. en de P. G. (1860) une nouvelle édition, où les pièces sont réparties en 4 livres, le 1. I contenant les lettres de caractère officiel, le I. II les lettres plus familières à divers membres du clergé, le 1. III les lettres de même nature adressées à des laïques. Chaque livre a sa numérotation spéciale. Au même moment, J.-N. Valettas travaillait de son côté, à Londres, à une édition, qui parut très peu après celle d'Hergenrôther, en 1864. Les lettres sont groupées par sujet : 1. I, lettres dogmatiques et exégétiques; 1. II, lettres d'exhortation et d'encouragement; 1. III, lettres de consolation; 1. IV, lettres de reproches; 1. V, diverses. La numérotation court de bout en bout, en tout 200 numéros, y compris les cinq lettres canoniques (ci-dessus, col. 1546); les Responsa canonica, par contre, sont renvoyés à l'appendice.

Depuis, A. Papadopoulos-Kérameus a publié un certain nombre de lettres inédites : d'abord dans Ocotîo'j... tô nepi toù tcxçou toû K. H. I. X. Ù7r6(j.vY)[ia xai ccXXoe -riva ùno[x.vi]\iâ.z\.oi toù aùxoG, Saint-Pétersbourg, 1892, en particulier les lettres n. 290, 291, 292, à Marin, évêque de Cère, à Gaudéric de Véliterne et à Zacharie d'Anagni; puis, en 1896, dans les Travaux de la faculté des lettres de l'univ. de Pétersbourg, t. li, 1896, et à part, sous le titre SS. palriarchœ Photii epis'olie XLT, Pétersbourg, 1896, 45 lettres, dont 21 contenues dans le ms. 68 4 du couvent d'Iviron de l'Athos (remarquer la 10'' à Jean de Ravenne, la 20e à Paul de Thessalonique, véritable lettre canonique du type étudié ci-dessus, col. 1547), et 2 1 pro venant du ms. Ifi'l du couvent de Saint-Denys de l'Athos.

Toute cette correspondance est intéressante a des points de vue divers; il va sans dire que les lettres officielles sont de capitale importance; l'on y adjoindra la lettre à Jean de Ravenne sur la procession du Saint- Esprit, cf. ci-dessus, col. 1542. Ce ne sont pas elles qui

PHOTIUS. LE PATRIARCHE, SOURCES

ont retenu l'attention des littérateurs; ils ont été plus sensibles au charme discret qui se dégage d'une foule de billets de Photius, à la concision voulue de la langue, à la recherche du style, qui font de beaucoup de ces pièces des modèles de la langue grecque.

Les mêmes qualités se retrouvent dans les brèves sentences morales qu'Hergenrother a publiées sous le titre (fourni par le Vatic. 74 i) : Ilapxîvs nç Six yva>[iX>- Xoyîxç, dans les Monumenta grœca ad Photium ejusqae hi'sloriam pertinentia, Ratisbonne, 1869, p. 20-52. Il s'agit de 214 proverbes ou sentences, de longueur très variable. Tous ne sont pas de lui, il s'en faut; beaucoup sont empruntés même à des collections déjà existantes. Mais le recueil, qui semble bien de lui, a l'intérêt de nous peindre davantage encore le personnage.

S'il fut un hon prosateur, Photius fut un poète assez médiocre, à en juger par les dillérentes pièces en vers publiées sous son nom. Il y a, dans la P. G., t. en, col. 577-584, trois « odes >• qu'avait publiées Mai', dans le Spicil. rom., t. ix, p. 739-743. Pitra a donné, depuis, dans les Analecla sacra, t. i, Paris, 1876, un certain nombre de morceaux qu'Aristarchos revendique pour Photius, voir Pitra, p. 438-443, cf. p. 668. Papadopoulos-Kérameus a publié une ode sic t/)v <x{ixv TpbSx xxl sîç ttjv Ù7T£pxYtxv ©sotôxov, p. 9, dans les Oco-do'j -ovrjtxà-ua, Saint-Pétersbourg, 1892, une acolouthie sur la Transfiguration dans les Ocotîo'j skicsto- Xod jjt.e', p. 55-57, diverses poésies dans ETç uxvoç toû Oomo'j, Odessa, 1900. Al. Lauriotès a donné dans l"ExxX7)<TiaffTi>ri] 'AÀ7)0eU, 1895, n. 28, p. 220, un poème sur le Christ et la Vierge, de 9 odes. Aristarchos attribuerait volontiers à son héros de nombreuses pièces contenues dans le 0£OToxxpt.ov de Nicodème l'Hagiorite. Ce n'est pas le lieu de discuter toutes ces attributions. Aucune de ces pièces, d'ailleurs, n'ajouterait grand'chose à la gloire du patriarche.

VII. Œuvres perdues. — Comme on l'aura sans doute remarqué, une partie importante de l'œuvre écrite de Photius a disparu : commentaires bibliques, discours, leçons professorales, dont il ne s'est retrouvé que des fragments.

En dehors de quoi il faut signaler : 1. Un écrit contre l'empereur Julien, expressément signalé dans Amphilochia, q. ci, P. G., t. ci, col. 617 A: 2. Un autre contre un hérétique nommé Léonce d'Antioche (à l'époque de Flavien de ConstaiUin.)ple, milieu du ve siècle), que mentionne Suidas, au mot Léonce, édit. Bekker, p. 653 b.

II. LE PATRIARCHE. — Le nom de Photius reste principalement associé à la crise qui, entre 860 et 890, mit en péril les bonnes relations entre Rome et Constantinople, et qui, même apaisée, continua à peser lourdement sur les rapports ultérieurs des deux Églises. Le rôle joué en l'occurrence par Photius a été, comme il est naturel, très diversement apprécié. Dès le principe, on remarque qu'il n'y a guère de témoins à garder leur sang-froid dans le récit des événements, et les pièces officielles elles-mêmes n'ont pas toujours le calme désirable. Cette nervosité n'a pas pris fin avec le ixc siècle, et l'on est surpris de voir des écrivains du xixc ou même du xxe siècle perdre tout sens de l'objectivité quand ils traitent de ces événements vieux de plus de mille ans. Admirateurs qui poussent le culte de Photius jusqu'à l'idolâtrie, détracteurs qui ne peuvent parler sans colère du moindre des actes du patriarche, on les trouve depuis les origines de la crise photienne jusqu'à aujourd'hui. Avant donc d'étudier cette crise en elle-même, il convient d'étudier les sources auxquelles remontent nos connaissances, de les classer, de les critiquer. — I. Les sources. II. Le premier pontificat de Photius, la rupture avec Rome (col. 1559). III. Le deuxième pontificat de Photius, la réconciliation avec

Rome (col. 1582). IV. Les séquelles de la crise photienne (col. 1595). V. Conclusion (col. 1599).

I. Les sources. — Elles se répartissent en deux catégories : 1° actes officiels; 2° récits des historiens.

/. actes officiels. — Ils sont constitués tant par les lettres échangées entre la chancellerie romaine et les chancelleries patriarcale ou impériale de Constantinople que par les procès-verbaux des conciles tenus au sujet de la question dans l'Ancienne et la Nouvelle Rome. Nous commencerons par ces derniers, car une bonne partie des pièces de la première catégorie ne nous sont conservées que dans les actes conciliaires.

1° Procès-verbaux conciliaires. — La richesse apparente des diverses collections conciliaires ne doit pas donner le change. Dans la réalité, la masse de documents qu'elles recèlent aurait besoin d'un sévère travail de triage, et c'est seulement quand une critique impitoyable se sera exercée sur la provenance et l'organisation de ces documents qu'il sera possible d'arriver à quelque précision sur des points capitaux de l'affaire photienne. Parmi les collections d'usage courant, Labbe et Cossart, Hardouin, Mansi, il convient, pensons-nous, de préférer celle d'Hardouin. Celle-ci a du moins le mérite d'avoir dégagé les pièces plus ou moins officielles du fatras des notes de Binius, qui embrouillent les questions plus qu'elles ne les éclairent. En réintroduisant ces notes dans son édition, ou plutôt dans sa réimpression, Mansi a remis la confusion là où le jésuite français avait commencé à faire de l'ordre. Nous étudierons successivement les , conciles tenus à Rome et à Constantinople.

1. Conciles tenus à Rome. — Ce sont des synodes particuliers, lointains ancêtres de nos consistoires. En toutes les questions importantes, le pape prenait l'avis, avant de donner une réponse définitive, du synode romain, qui rassemblait un nombre variable d'évêques des environs plus ou moins immédiats de Rome. A l'époque qui nous occupe, ces synodes sont très fréquents. Leurs actes, malheureusement, ne se sont conservés que par exception. Parmi les synodes où ont été examinées les affaires de Photius, on peut citer les suivants :

a) Synode de septembre 860, tenu par le pape Nicolas Ier. Jaffé, Regesta ponlif. roman., post n. 2681. Il nous est connu par le Liber pontificalis, t. il, p. 155, la préface d'Anastase aux actes du VIIIe concile; mais comme pièces officielles nous n'avons que les lettres n. 2682 et 2683, la première figurant d'ailleurs parmi les documents lus à la ive session du VIIIe concile; la seconde à la ve session. Voir ci-dessous, col. 1552.

b) Synode de mars 862, tenu par Nicolas Ier. Jaffé, post n. 2689. Connu par les lettres n. 2690, 2691, 2692, ces deux dernières figurant aussi parmi les documents lus à la ive session du VIIIe concile.

c) Synode d'avril 863, tenu par Nicolas Ier. Jaffé, post n. 2735. La description sommaire du concile est donnée par le début de la lettre dont on trouvera le texte dans P. L., t. exix, col. 850-855 (à la col. 855 s'ajoutent les capitula d'un concile antérieur relatif à des questions christologiques). Un meilleur texte dans Mon. Germ. hisl., Epistol., t. vi, p. 556 sq.

d) Synode de novembre 864, tenu par Nicolas Ier, Jaffé, post n. 2771, connu seulement par la lettre de Nicolas, dans Mansi, t. xv, col. 184; Mon. Germ. hist., ibid., p. 562 : Quapropter convocata, etc.

e) Synode du 10 juin 869, tenu par le pape Adrien II. Jaffé, post n. 2912. Les actes, y compris les signatures, sont conservés dans la vue session du VIIIe concile.

/ ) Synode d'avril 879, tenu par le pape Jean VIII, non mentionné dans Jaffé. Son existence ressort du Commonitorium et des signatures qui sont rapportés à la me session du concile constantinopolitain de 879-880. Hardouin, t. vi a, col. 293 B-297; Mansi.

PHOTIUS. LE PATRIARCHE, SOURCES

t. xvii. col. 468-473. La question de l'authenticité est donc liée à la question générale de l'authenticité des actes du concile en question. \\ ir col. 1554.

2. Conciles tenus ù Constontinople. — 11 n'est pas facile de numéroter exactement toutes les assemblées qui furent tenues à Constantinople durant la crise photienne. Voici celles sur qui l'on a des renseignements :

a) Synode de déposition d'Ignace (date incertaine). Connu par le Synodicon vêtus (publié pour la première fois à Strasbourg, en 1601, par Jean Pappus et passé dans les collections conciliaires ultérieures). Ce Synodicon, composé à l'époque de Photius par un des adversaires de celui-ci, donne par ordre chronologique, sous 151 numéros, de brèves notices sur les divers conciles, depuis celui des apôtres à Jérusalem jusqu'au concile romain de 863. Le texte relatif au synode en question est au n. 149, dans Mansi, t. xv, col. 520; mieux dans Fabricius-Harles, Bibliotheca grœca, t. xn, p. 417.

b) Synode de 861 (ordinairement appelé, dans les recueils canoniques grecs, synode premier-deuxième). Ce concile n'a longtemps été connu que par la brève narration du Synodicon velus, n. 150, et par les canons qui y furent promulgués et qui sont passés dans les recueils conciliaires (Hardouin, t. v, col. 1196-1208; Mansi, t. xvi, col. 536-549) et aussi dans les collections canoniques grecques de Balsamon et de Zonaras. Depuis 1869, il est connu par la publication de la Collectio canonum du cardinal Deusdedit (fin du xie siècle), faite à Venise, par Pio Martinucci (édition plus récente de Wolf von Glanvell, Paderborn, 1905). On trouvera dans cette Collectio, sous la rubrique Synodus habita in Constantinopoli sub \Ucolao papa de Ignatio (Wolf von Glanvell, p. 604-610), un procèsverbal latin des 4 séances du concile. Comme beaucoup d'autres pièces de la collection Deusdedit, celle-ci provient des archives pontificales. Selon toute vraisemblance, nous avons affaire avec le procèsverbal rapporté de Constantinople par les légats de Nicolas 1er.

c) Concile de 867. — Aucun acte ne paraît s'être conservé ; toute la documentation s'y rapportant ayant été brûlée par ordre du VIIIe concile. Ci-dessous, ctl. 1. 80.

d) Le VIIIe concile œcuménique (869-870) (voir art. Constantinople (I Ve Concile de), t. m, col. 1273- 1307, et tout particulièrement ce qui est dit des Actes du concile, col. 1282-1283. Rien n'est plus embrouillé que cette question. Il faut commencer par distinguer les Actes lalins et les Actes grecs.

a. Les Actes latins, depuis la Collection romaine dite de Paul V, t. il, Rome, 1612, sont donnés par les collections conciliaires indépendamment des actes grecs. Hardouin. t. v, col. 749-942; Mansi, t. xvi, col. 1-208 (et aussi P. L., t. cxxix, col. 9-196). C'est la traduction d'Anastase le Bibliothécaire, qui s'est donné luimême la mission de faire passer du grec en latin les procès-verbaux des séances. On notera que ce n'est pas en qualité de légat du pape Adrien II qu'Anastase a assisté au concile. Il représentait pour lors, à Constantinople, l'empereur Louis II. Ses relations avec la curie romaine, franchement mauvaises en 868, se sont améliorées à ce moment. Son désir de rentrer en grâce n'a-t-il pu l'induire quelquefois en la tentation de donner à son récit la tournure qui serait le plus agréable à la curie? Cette question, que les anciens auteurs ne posaient pas, doit être soulevée aujourd'hui que nous connaissons mieux le personnage d'Anastase. Il y a d'autant plus lieu de le laire que les procèsverbaux rapportés par les légats ont été perdus et que l'on remarque d'assez notables divergences entre le texte d'Anastase et le texte grec. En définitive donc le texte latin est à utiliser avec précaution.

b. Les Actes grecs ont été publiés pour la première

fois par le jésuite Mathieu Rader, Acta... conçilii VIII, Constantinopolitani I V, nunc primum ex mss. codicibus illustrium bibliolhecarum se. en. Maximiliani lioiorum ducis... et Augustamv Vindelicorum reipublicie grœce cum latina interpretatione, Ingolstadt, 1604. L'un des mss. utilisés par l'éditeur est certainement le Monacensis grœcus 27 (en voir la description dans Hardt, t. i, p. 140), où le texte figure, fol. 284-387, à la suite de nombreux textes de polémique gréco-latine (soit dans le sens unioniste, soit dans le sens opposé), et suivi par le texte du concile photien de 879-880, fol. 387- 448. Ce ms. est très étroitement apparenté au Valic. grœc. 1183. Rader a-t-il eu celui-ci sous les yeux? Un autre ms. de Munich qui a pu être consulté par Rader est le Monac. grœc. 436 (Hardt, t. iv, p. 352), qui appartint à Bessarion; ce ms. ne donne que les deux conciles de 869-870 (sous la rubrique 'H ôySôy) xoc-rà Oùjtôou gùvoSjç), et de 879-880 (sous la rubrique npaxrtxà TÎjç â.yimc, auvoSou ûttô <Ï>6jtîou èttI èvwaei. tt,ç toù 0eoù àylccç, xat àiroaToXtxï;ç 'ExxX7)aîa'<;), le ms. est mutilé de la fin, en sorte qu'il s'interrompt au milieu de la vie session. Nous reviendrons plus loin sur la question des actes du concile photien; examinons seulement ici les actes du concile de 869-870.

a) Ils se présentent sous la forme tripartite qu'affectent déjà les actes des anciens conciles (Éphèse, Chalcédoine, etc.) : documents antérieurs au concile, actes proprement dits, documents postérieurs. — Les documents antérieurs au concile comprennent : 1° La Vie d'Ignace par Nicétas (voir ci-dessous, col. 1557); 2° V Encômi^n d'Ignace; 3° son Aî6eXXcç d'appel au pape; 4° des extraits « du concile tenu par le pape Nicolas à Rome », représentés par diverses lettres du pape; 5° une lettre d'Épiphane de Chypre à Ignace. — Sous le titre 'Ex tïôv TrpaxTixwv tîjç 7)' ctovoSou, figure la série des procès- verbaux (abrégés) des 11 séances du concile. — La troisième partie est formée des pièces suivantes, dont plusieurs ne sont que résumées ou même simplement indiquées : 1° lettre encyclique du concile; 2° lettre du concile au pape Adrien; 3° lettre des basileis Basile, Constantin et Léon à un destinataire inconnu (simple indication); 4° lettre du pape Adrien au patriarche Ignace (extrait); 5° .lettre de Métrophane à Manuel, contenant la narration des événements de la crise photienne; 6° lettre du pape Etienne V à l'empereur Basile Ier relative à la reconnaissance refusée par celui-ci au pape Marin; 7° lettre de Stylien au pape Etienne, précédée d'une petite introduction historique; 8° réponse du pape Etienne à la lettre précédente; 9° lettre de Stylien au pape Etienne, envoyée trois ans après la précédente; 10° réponse faite à cette lettre par le pape Formose, successeur d'Etienne.

P) Toute cette série est déjà reproduite en grec, avec une traduction latine, par le t. ni, Rome, 1612, de l'édition dite de Paul V (Binius n'avait donné que la traduction latine et les notes de Rader.) Mais là ne se bornait pas la collection de pièces trouvées par Rader dans ses mss. Aux pièces susdites se joignait une farrago de documents, bloqués avec les précédents auxquels ils se relient par une formule de transition : 1° "Evte'jOev SeîxvuToa 7TÔcjaxiç (le ms. lit 7roXXàxiç) oi ^TauporaxTat roûç î&îouç araupoùç TjJénQa-av (à partir d'ici l'on montre combien ds fois les renieurs de signature ont renié leurs engagements). C'est un factum violent, protestant avec énergie contre toute reconnaissance de Photius et des ordinations conférées par lui. Le même esprit anime toutes les pièces qui suivent : 2° énumération des condamnations portées en concile contre Photius par les papes Nicolas, Adrien II, Jean, Marin et Formose; 3° abrégé de la condamnation portée contre Photius par le VIII0 concile et affichée dans le portique de droite de Sainte-

IMIOTHJS. LE PATRIARUIK. SOURCES

Sophie; 1" serment prononcé dans le même sens par pins de vingt patrices; 5" petite dissertation tendant à établir qu'aucun pape n'avait le droit de rétablir Photius et de valider les ordinations faites par lui; 6° un résumé fort sommaire des sept conciles œcuméniques (dont le scribe ne fait qu'indiquer l'existence), introduisant un soi-disant abrégé du VIIIe concile, lequel tourne aussitôt à la déclamation contre Photius; 7° cette déclamation se continue par des plaintes très vives contre Mapas (le même que Stylien) et son changement d'attitude dans l'affaire des ordinations de Photius; il s'y insère une lettre du pape Jean IX (Jalïé, n. 3522), dont on s'efforce de montrer qu'elle n'a pas le sens qu'on lui attribue. — La pièce suivante, consistant en quelques extraits de l'historien Jean Scylitzès, ne nous paraît pas se rapporter au VIIIe concile de 869-870; elle introduit, en réalité, les actes du concile photien de 879-880, qui suivent immédiatement dans les deux mss. de Munich.

Tout cet appendice, publié par Rader, n'est pas dans l'édition romaine; Labbe et Cossart, les premiers, l'introduisent dans leur collection, en le surchargeant de notes qui sont bien faites pour dérouter le lecteur; Hardouin se contente de donner, sans y mêler de réflexions personnelles, la série des pièces fournies par Rader; Mansi arrive au comble de la' confusion.

De toute évidence, cette farrago est un morceau d'une seule venue et la numérotation que nous y avons introduite, pour nous conformer aux éditions, ne doit pas masquer la continuité du développement. C'est, de bout en bout, un plaidoyer virulent contre ceux qui (à Rome ou à Constantinople) prétendent reconnaître la validité des ordinations conférées par Photius; les quelques pièces officielles qui sont résumées ou indiquées sont toutes interprétées dans ce sens, alors que l'une au moins (la lettre de Jean IX) est tout à fait explicite dans le sens opposé; quelques anecdotes sont rapportées qui viennent à l'appui de la même thèse. La date de ce factum n'est pas très difficile à déterminer; postérieur au pontificat de Jean IX (898-900), il doit être des premières années du xe siècle, alors que la lutte entre « ignaciens » et « photiens » a conservé toute son àpreté. Il ne figure pas d'ailleurs en son intégrité primitive dans les mss. utilisés par Rader. Quelques remarques du copiste montrent qu'il a été, de-ci de-là, allégé; ce scribe est un grec unioniste du xve siècle, comme il est facile d'en juger par quelques-unes des remarques marginales qui viennent, surtout à propos du concile photien de 879-880. La juxtaposition de ce factum à la collection des pièces plus ou moins officielles relatives au VIIIe concile a été génératrice de redoutables méprises. Cette juxtaposition est-elle le fait de l'auteur du /actum? est-elle le fait du scribe du xve siècle? s'est-elle faite entre deux? Le groupement lui-même des pièces relatives au concile ne serait-il pas aussi l'œuvre du rédacteur du factum? Toutes questions auxquelles il est, dans l'état présent des recherches, impossible de répondre et dont on voit néanmoins toute l'importance.

e) Le concile photien de 879-880. — Dans les collections conciliaires antérieures à celle d'Hardouin, ce concile ne figure que par son titre avec les notes de Binius qui y sont annexées, et par un résumé de Baronius qui s'était fait traduire en latin un texte grec conservé à la bibliothèque Vaticane. A quoi Labbe et Cossart (t. ix, col. 324-331) ont ajouté un texte latin de l'appendice du Sijnodicum vêtus, n. 153, donnant un très bref résumé de ce concile, enfin un texte de Nil Diasorénus (voir son art. ici) racontant, à sa manière, l'histoire du concile (il y voit surtout que les Occidentaux s'y sont ralliés au symbole sans l'addition du Filioque, comme il ressort, ajoute-t-il, de la lettre du pape Jean VIII à Photius : il s'agit de la

lettre Oôx àyvosïv sur laquelle nous reviendrons). Tout ceci est reproduit dans Mansi. t. xvi, col. 365-

En 1071, Beveridge, dans son Synodicon sive Pandectx canonum, t. n b, Oxford, p. 273-305, publie un texte grec des actes, mais extrêmement lacunaire. Hardouin, en 1703, put se procurer une copie d'un ms. grec du Vatican (vraisemblablement le Vatic. grœc. 1115) contenant les actes au complet. (Noter que, cent ans plus tôt, Rader avait eu ces actes en main dans les deux mss. de Munich signalés ci-dessus, col. 1552.) Hardouin les publie t. vi a, col. 213-341 C. (Mansi, t. xvi, col. 373-524, en est une simple reproduction parfois fautive.) Rien de particulier à signaler pour les procès-verbaux des cinq premières sessions. Mais, à la marge du début de la VIe session (Hardouin, col. 332 A; Mansi, col. 512 C), l'éditeur reproduit, d'après son n\s., une très longue note qui ne va à rien de moins qu'à contester non pas seulement la véracité du procès-verbal, mais, semble-t-il, l'existence même des deux sessions données comme VIe et vne. Photius, dit le scribe (la note du Val. grœc. 1 1 lô est de la même main que le texte) a forgé de toutes pièces ces deux sessions et les a soudées aux autres; et d'expliquer assez longuement, et suivant une dialectique qui surprend un peu, les raisons qui ont déterminé Photius. Le dernier mot n'est pas dit, il s'en faut, sur les origines et la signification de cette note. Les éditeurs du xvme siècle y voyaient une perfidie : Posita de industriel a Grœculo quoplam adnolatio est, ut priores sallem actiones sinceree credantur, écrivent-ils en marge. C'est un contre-sens évident; l'auteur de la note est certainement hostile à Photius. Qui est-il? Un grec unioniste du xive siècle? Cela n'a rien d'impossible. Le P. Vita- Iien Laurent a attiré l'attention sur le fait que, lors du mouvement unioniste qui a suivi le concile de Lyon (1274), le patriarche Jean Beccos et ses amis croyaient que Photius, à ce concile de 879-880, avait fait amende honorable à l'Église romaine et s'était rallié à « l'addition », c'est-à-dire au Filioque. Ils s'appuyaient donc sur un récit du concile photien tout différent, au moins pour les deux dernières sessions, du texte que nous possédons. Voir l'art. Le cas de Photius et Jean XI Beccos, dans Échos d'Orient, t. xxix, 1930, p. 396-415. Une remarque du P. Venance Grumel, relative à une argumentation du patriarche Michel d'Anchialos, tend à montrer que, du temps de celui-ci (1169-1177), le texte des deux dernières sessions n'avait pas la forme actuelle. Voir l'art. Le « Filioque » au concile photien de 879-880, et le témoignage de Michel d'Anchialos. même recueil, p. 257-264. Rien donc ne sera fait tant que le recensement des textes et leur filiation n'auront pas été scientifiquement établis. — Presque au même moment que Hardouin, Dosithée de Jérusalem publie les mêmes actes dans le T6[i.oç ^apàç, Rimnic, 1705, p. 33-102. — -A la suite du résumé du concile de 861, la collection du cardinal Deusdedit donne un abrégé des actes du concile de 879-880. Édit. Wolf von Glanvell, p. 610-617. II y a des extraits des cinq premières sessions. Là où il est quelque peu développé, Je latin de Deusdedit serre d'assez près le texte grec actuel. C'est le cas en particulier pour le texte du Commonilorium de Jean VIII, cité à la me session.

2° Lettres échangées entre Rome et Constantinople. — 1. Lettres des papes. — a) Lettres de Nicolas I". - La correspondance de Nicolas Ier contient un nombre considérable de pièces relatives à l'affaire photienne. Sur la manière dont ces lettres ont été conservées, voir la préface d'E. Perels à la plus récente édition de cette correspondance, dans Mon. Germ. hist., 'Epistol., t. vi, Berlin, 1925, p. 227 sq.; les lettres relatives à l'affaire photienne sont groupées p. 433-610.

Voici la numérotation, dans Jafîé, des pièces qui

PHOTIUS. LE PATRIARCHE, SOURCES

nous intéressent : Année S60 : n. 2682 (à L'empereur Michel); n. 2683 (à Photius). — Année 862 : n. 2690

(aux patriarcats d'Alexandrie. d'Antioche et de Jérusalem); n. 2691 (à Photius): n. 2692 (à l'empereur Michel). — Année 863 : n. 2730 (faussement intitulée a Michel »; c'est une lettre adressée à un haut fonctionnaire d'Arménie).— Année S65 : n. 2790 (à l'empereur Michel); n. 2797 (à un fonctionnaire impérial également nommé Michel). — Année 866 : n. 2812 (au roi des Bulgares, Michel); n. 2813 (à l'empereur Michel); n. 2814 (à Photius): n. 2815 (au césar Bardas); n. 2816 (à Ignace); n. 2817 (à l'impératrice mère Théodora): n. 2818 (à l'impératrice Eudocie): n. 2819 (aux ressortissants du patriarcat de Constantinople et au clergé de cette ville); n. 2820 (aux sénateurs de la capitale); n. 2821 (aux autres patriarches orientaux), importante en ce qu'elle transmet à ceux-ci le dossier antérieur de l'alTaire photienne, c'est-à-dire les lettres de l'année 860 et de l'année 862 ; ce dossier, avec la lettre qui l'accompagnait, a été dépecé dans les collections: il y a intérêt à le rétablir. En voici la teneur générale : lre partie, P. L., t. exix, col. 1091-1093 B, Quœ apud Cpanam urbem, elle annonce les lettres et pièces annexes suivantes : n. 2682, 2683, 2690 (déjà transmise antérieurement, mais réexpédiée au cas où la première copie aurait été perdue; ce document est désigné par le nom de Satisfactio nostra), les deux lettres n. 2691 et 2692 ; 2e partie, ibid., col. 850-860 (faussement intitulée ad Michaelem imperatorem), His ita se habentibus, introduit le procès-verbal du synode romain de 863 (auquel sont annexés des capitula d'un synode antérieur); 3e partie, col. 962 A-C, malencontreusement jointe à la lettre n. 2796, H sec quidem quœ hucusque... fore prœvidimus. Ce dossier volumineux est fort important : il contient une narration complète, avec pièces à l'appui, faite du point de vue de la curie romaine. 11 faut lui comparer l'analyse d'un dossier analogue contenu dans la lre partie des actes du VIIIe concile. Hardouin, col. 1019; Mansi, col. 302. — Année 867 : n. 2879-2883 (aux évêques et aux souverains d'Occident sur la tournure que vient de prendre I'afTaire photienne).

b) Lettres d'Adrien II. — Sur l'édition récente des lettres dans les Monumenta Germanise historica, Epistol., t. vi b, fasc. 2, Berlin, 1925, p. 747-762, voir cidessus. Voici la numérotation de Jaffé : Année 868 : n. 2908 (à l'empereur Basile Ier) ; n. 2909 (à Ignace). — Année 86'j : n. 2913, cf. 2915 (à Ignace); 2914 (à l'empereur Basile) ; n. 2925 (au roi des Bulgares, Michel). — Année 87 1 : n. 2943 (aux basileis Basile, Constantin et Léon): n. 2944 (à Ignace); cette dernière n'est conservée qu'en grec dans la IIIe partie des actes du VIIIe concile.

c) Lettres de Jean VIII. — Sur la façon dont peut se reconstituer le registre de ce pape, voir ce qui a été dit ici, t. vm, col. 613 ; il faut désormais consulter, dans les Mon. Germ. hist., Epislol., t. vu a, Berlin, 1912, l'édition critique d'une partie de ces lettres d'après le registre du Vatican; ce texte est à préférer à celui des collections conciliaires ou de la P. L., qui reproduisent, sans avoir vu le registre, l'édition de Carafa de 1591, Epislol. décrétai, sancl. Pair., t. m, p. 287-514.

Voici la numérotation de Jaflé : Année 872 : n. 2902 (au roi de Bulgarie, Michel). — Année 874-875 : n. 2996 (au roi de Bulgarie Michel); n. 2999 (à l'empereur Basile Ier). — Année 878 : courrier emporté en avril par les légats Eugène et Paul : n. 3130 (à Michel de Bulgarie); n. 3131 (au comte Pierre); n. 3132 (à des nobles de Bulgarie); n. 3133 (à Ignace); 3134 (au clergé byzantin de la Bulgarie); n. 3135 (a l'empereur Basile, la lettre n. 3118 est un post-seriptum ajouté quelques jours plus tard). — Année 879, printemps : n. 3239 (au primicier Grégoire, Jean VIII recevra

DICT. DE T1IÉOL. CATHOL.

volontiers la légation impériale); été: série des lettres relatives à la reconnaissance de Photius, n. 3271-3275 (sur la question soulevée par la double rédael ion latine et grecque de ces lettres, voir art. Jean VIII, col. 605 608, où l'on voudra bien corriger la faute d'impression deux fois répétée qui a fait écrire 16 août 873, au lieu de 16 août 879); les lettres n. 3271, 3272, 3273, iigurent au registre du Vatican d'une part et, d'autre part, en grec, dans les actes du concile photien de 879-880, la comparaison est bien facilitée dans l'édition des Monumenta; les n. 3274, 3275 n'existent qu'au registre et pas en grec; le n. 3276 (pièce dite Commonitorium) n'existe que dans les actes conciliaires et pas au registre. Nous avons indiqué, à l'article cité, le problème que pose la double rédaction, la solution habituelle qu'on lui donne (falsification opérée par Photius) et l'hypothèse qu'il était possible de faire. De plus en plus, la question nous apparaît liée avec celle de l'authenticité des actes du concile photien. Peutêtre ici, comme en beaucoup d'autres cas, faut-il se borner à des conclusions provisoires. Une hypothèse intéressante a été présentée par Fr. Dvornik, Les légendes de Constantin et de Méthode, Prague, 1933, p. 322 sq. — Année 880 : n. 3322 (à Photius); n. 3323 (aux empereurs). — La pièce n. 3369 est la fameuse lettre Oùx aYvoeïv, sur laquelle tout l'essentiel a été dit à l'art. Jean VIII, col. 609-610. Selon toute vraisemblance, c'est une pièce fausse fabriquée au xive siècle.

d) Les successeurs de Jean VIII. — Le registre du pape Marin Ier, tel que Jafïé le restitue, ne contient rien sur la question photienne. — Celui du pape Adrien III signale l'existence d'une pièce, Jafïé, n. 3399, qui n'est d'ailleurs attestée que par un mot de Photius dans la Mystagogia, n. 89. — Les pièces 3403 (à l'empereur Basile Ier) et 3452 (aux évêques du patriarcat de Constantinople), qui se trouvent au registre du pape Etienne V (ou VI), proviennent de la IIIe partie des actes grecs du VIIIe concile, ci-dessus, col. 1552; on en rapprochera la lettre n. 3444 (à Stylien, Anastase, Eusèbe, Jean et Paul) qui ne se rapporte pas directement à l'affaire photienne, mais peut donner une indication intéressante. — La lettre du pape Formose, n. 3478 (à Stylien), provient du même dossier que l'on vient de signaler. - 11 faut aller ensuite jusqu'au pontificat du pape Jean IX pour découvrir, dans les Regesta, une dernière trace de l'affaire, n. 3522, transmis par l'appendice au VIIIe concile; cf. col. 1553.

2. Lettres en provenance de Constantinople. — Elles sont moins nombreuses; de plusieurs il n'existe que le signalement.

a) Lettres de Photius. — Baronius en avait déjà entre les mains un certain nombre, en provenance des archives romaines et qu'il s'était fait traduire en latin. Le texte grec de celles-ci n'a été connu qu'assez tard par la compilation de Dosithée, patriarche de Jérusalem, intitulée Tô^oç yapâç. Voir ici, t. iv, col. 1795. Elles sont reproduites dans la Correspondance de Photius décrite ci-dessus, col. 1548. Voici les principales (les numéros sont ceux de Valettas, les chiffres entre parenthèses se rapportent au livre et au numéro d'ordre dans le livre de la P. G. : n. 1, à Nicolas Ier, lettre synodique (I, 1, t. eu, col. 585); n. 2, à l'Église d'Antioche (I, 3, col. 1017, feuillet additionnel au volume); n. 3, apologie à Nicolas (I, 2, col. 593); n. I. encyclique de 80,7 aux Orientaux (I, 13, col. 721); n. 5, au métropolitain d'Aquilée, en 883 (I, 24, col. 794); n. 6, à Michel de Bulgarie, en 864-865? (1, 8, Col. 6:

b) Lettres d' Ignace. — Il e;st possible qu'Ignace ait eu plusieurs fois l'occasion d'écrire à la curie romaine, soit pendant son exil, soit après sa restauration. Il ne nous reste que le V(6sXaoç r.zu// z\- --.'.. NtxôXaov,

PHOTIUS. LE PATRIARCHE, SOURCES

conservé par la Ire partie des actes grecs du VIIIe concile, et la lettre expédiée à Rome après sa réintégralion. Elle a été lue à la me session du VIIIe concile. Voir Anastase, /'. /,., t. cxxix, col. 60-63.

c) Les nombreuses lettres impériales, envoyées à Home par le Sacré Palais à propos de toute l'affaire, ne se sont pas conservées, sauf celle de Basile Ier an pape, après le rétablissement d'Ignace. Elle a été lue au VIIIe concile, immédiatement avant la précédente. Ibid., col. 58-00. Four les détails divers sur ces lettres, se référera F. Dôlger, Regesten..., fasc. 1, p. 55 sq.

lui définitive, la documentation ollieielle sur l'affaire de Fhotius demeure, malgré les apparences, extrêmement lacuneuse. Une narration complète ne peut donc s'écrire qu'en consultant les historiens.

//. RÉCITÉ DES HISTORIENS. — A lire superficiellement les notes qui couvrent le bas des pages du travail d'IIergenrother sut Fhotius, il pourrait sembler que l'on dispose d'une documentation très abondante chez les historiens byzantins. En réalité, une bonne partie des textes ainsi allégués sont empruntés à des chroniqueurs qui se sont recopiés les uns les autres; qui prend la peine de les relire à la suite éprouve l'impression continuelle du « déjà vu ». Nous ne retiendrons ici que les premiers témoins, en essayant de marquer le degré de leur indépendance.

1° Les Latins. — 1. Anastase le Bibliothécaire s'est occupé de la question dans la préface de sa traduction ■des actes du VIIIe concile, ci-dessus, col. 1551. Contemporain des événements, agent très actif de la chancellerie de Nicolas Ier, présent à Constantinople en 870, il a tenu en main nombre de documents d'importance; c'est à coup sûr l'un des hommes de l'époque qui a le mieux connu les tenants et aboutissants de toute l'affaire. Mais le personnage est de moralité si douteuse que l'on doit toujours, quand on le lit, demeurer en défense. Voir ce que nous en avons dit à l'art. Nicolas Ier, t. xi, col. 521.

2. Liber ponti/icalis (édit. L. Duchesne, t. n, 1892; nous n'avons pu consulter la récente édition de J.-M. Mardi, Liber pont, prout exstat in codice Dertusensi, Barcelone, 1925). — On trouve des indications sur l'affaire photienne dans la notice de Nicolas Ier (Duchesne, p. 151-l(i7), et celle d'Adrien II (p. 173- 185). L. Duchesne a bien mis en évidence le caractère de ces deux notices. Ibid., p. v-vi. Celle de Nicolas témoigne de l'activité de deux rédacteurs différents; en définitive, la notice primitive a été retravaillée par Anastase le Bibliothécaire, qui serait encore, sinon le rédacteur, du moins l'inspirateur de la notice d'Adrien II. Somme toute, nous voici ramenés poulies auteurs latins à un seul témoin.

2° Les Grecs. — 1. Nicétas David (voir son article, t. xi, col. 471) est l'auteur d'une Vie d'Ignace qui a figuré de bonne heure comme la lre pièce des actes du VIIIe concile (elle est aussi dans P. G., t. cv, col. 488- 573). Très violemment hostile à Photius, il admet, sur son compte, les racontars les plus invraisemblables. Le fait de l'insertion de cette Vie parmi des documents officiels a été de très grande conséquence. Nicétas a été une des sources où ont puisé abondamment les écrivains postérieurs. Voir la remarque de F. Dvornik, op. cit.. p. 137. — On rangera à côté de cette Vie la lettre de Métrophane de Smyrne au patrice Manuel, lui racontant une partie des événements relatifs à Photius, 5e pièce de la IIIe partie des actes du VIIIe concile. A cette assemblée, Métrophane se montra fougueux adversaire du patriarche déchu. — Quelques renseignements à prendre aussi dans les deux lettres de Stylien, pièces 7 et 9 du même dossier. Même observation que pour Métrophane. Il y a quelques renseignements à relever dans la Vie de Nicolas le Studite, P. G., t. cv, col. 868-925. D'ailleurs un

dépouillement complet des pièces hagiographiques du ixe siècle ajouterait un certain nombre de détails i ii I ('ressauts. Four cvux qui lisent le russe, ce travail sera facilité par les études de Cr. Loparev, Vies de saints byzantins des \ i n et l X' siècles, dans Y izanliiskii Vremennik, t. xvn, 1911, p. 1-224; t. xvm, 1912, p. 1-147; t. xix, p. 191.;..

2. Joseph Génésios (éd. de Bonn, 1834, reproduite dans P. G., t. cix, col. 985-1179), un des membres du cercle érudit qui se groupait autour de Constantin VII Forphyrogénète (912-959), a compose, entre 945 et 959, quatre livres d'histoire consacrés aux règnes des empereurs qui se sont succédé de Léon V à Basile Ier. Son dernier livre touche donc à l'affaire photienne. Il dépend visiblement de Nicétas, mais aussi de certaines traditions orales qu'il a recueillies de la bouche de vieilles gens. Son récit est sobre, paraît d'assez bon aloi, mais on lui reproche à bon droit son amour du merveilleux, son manque de critique, un peu d'insincérité. Génésios mérite encore le nom d'historien; les auteurs qui vont suivre ne sont plus que des chroniqueurs.

3. Les continuateurs de Théophane (Theophanes conlinuatus) (éd. de Bonn, 1838, reproduite dans P. G., t. cix, col. 15-510), groupe de chroniqueurs anonymes qui, sous Constantin Forphyrogénète, continuent, de 813 à 961, la chronique de Théophane le Confesseur. Pour la partie qui nous occupe, c.xxx sq., col. 208 sq., le récit dépend en grande partie de Génésios, mais il y figure aussi des renseignements dont il est impossible de déterminer exactement la source. Nous n'avons pas à discuter ici la part que prit personnellement Constantin à la rédaction de la vie de Basile Ier, ibid., col. 225 sq.

4. Pseudo- Georges Hamartolos (éd. de Bonn, 1838, reproduite dans P. G., t. cix, col. 825-985). Le véritable Georges Hamartolos ou Monachos avait arrêté sa compilation à l'an 842; mais, dans beaucoup de mss., on trouve à la suite une continuation de longueur variable (P. G., col. 872-948); l'auteur de cette partie est le même que le pseudo-Syméon Magister ou le Logothète, dont nous allons parler. Mais, postérieurement, un rédacteur a bloqué cette partie avec l'œuvre de Georges Hamartolos en lui faisant subir, d'ailleurs, quelques modifications. Comparer, par exemple, P. G., t. cix, col. 708 (pseudo-Syméon) avec col. 872 (pseudo- Georges) ; de même col. 710 (ps.-S.) avec col. 877(ps.-G.)

5. Pseudo-Syme'on Magister ou le Logolhète (éd. de Bonn. 1838, reproduite dans P. G., t. cix, col. 063- 822). II a existé à la fin du xe siècle un Syméon Magister qui est peut-être identique au Syméon Métaphraste, le célèbre hagiographe. La chronique, qui prend à l'avènement de Léon l'Arménien (813) et va jusqu'à l'empereur Romain Lacapène (t944) n'est certainement pas de ce Syméon. Comme nous venons de le dire, elle est étroitement apparentée à celle du pseudo-Georges Hamartolos. Nous avons affaire avec un récit d'esprit tout à fait monacal, où abondent anecdotes miraculeuses, prophéties, événements providentiels. Hergenrcither reconnaît que c'est une compilation dont il y a lieu de se méfier; en fait, le récit est très violemment antiphotien avec des exagérations qui lui enlèvent tout crédit.

6. Léon le Grammairien (éd. de Bonn, Î842, reproduite dans P. G., t. cvin, col. 1038-1105) dépend de la chronique demeurée inédite du véritable Syméon Magister. Ce qu'il dit de l'affaire photienne se ramène, en définitive, à peu de choses. — Nous n'insisterons pas sur les chroniqueurs des xie et XIIe siècles, tels Jean Scylitzès, ou Georges Cédrénus, qui dépendent étroitement des œuvres précédentes. Sur les rapports entre ces différentes chroniques, voir J. B. Bury, A lustory of the eastern romain empire from the fallof Irène

PHOTIUS. ÉLÉVATION Al" SIÈGE PATRIARCAL

/« the accession oj Basil I (802-867), Londres, 1912, appelai, n-iv.

De cette énumér-ation un pou longue retenons que le plus elair de nos connaissances sur l'affaire photienne remonte à NFicétas et à Génésios. Ni l'un ni l'autre ne sont des garants de tout repos, et les historiettes que leur ajoute pseudo-Syméon inspirent moins de confiance encore. C'est assez dire que ce sera surtout aux pièces officielles qu'il faudra demander nos informations.

II. Le prkmier pontificat de Photius. La ruptiiu: avec Rome (858-867). — 1° La déposition d'Ignace et l'installation de Photius. 2° Hésitations de la curie romaine. 3° Home prend position contre Photius. 4° L'affaire bulgare. 5° La rupture. ti° La revanche de Rome.

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