PISIDÈS (GEORGES) - PISTOÏE SYNODE DE
vise le grand monophysite du VIe siècle. Allatius (De Georgiis, cf. Fabricius, Bibl. gr., t. x, Hambourg, 1737, p. 604) et d'autres comme Oudin et Cave ont pensé que sous le nom de Sévère c'est Philopon qui est atteint. Ils ont suivi Nicéphore Calliste, Hist. eccl., XVIII, xlviii, P. G., t. cxlvii, col. 428 C, qui reproduit les trois vers suivants en les disant dirigés par Pisidès contre Philopon
•FuiçéÇETai Bcêrrov [J-t'av -& /.x: ut'av. Eî yàp [ii'av il xac [x;'av Àî'yîi; |J.!av, réXtoç tô '/zyjii' Yi-'/îrac /.a: TtatSt'otç.
Nicétas Choniates, Thésaurus orlhod. fidei, x, P. (',., t. cxl, col. 73 BC, avait déjà donné ces trois vers (mais plus correctement ^vjcp'.Çe frâ/rrov -/]\i [xîav ts xoci jilav) en l'accompagnant de la même affirmation. Il est certain que ce passage se lit aux vers 533-535 du Contra Severum, mais sur quoi fonder l'affirmation des historiens byzantins les appliquant à Philopon, que le poète ne mentionne pas, alors qu'ils conviennent si bien à Sévère dont le nom figure en tête même de l'ouvrage? Quercius pense que, confondant sévériens et acéphales, Pisidès vise, sous un grand nom, quelque chef marquant de la secte monophysite, et plus spécialement Athanase le Syrien, avec qui Héraclius avait eu des tractations. Mais, quel qu'en soit le destinataire, il est évident que le Contra Severum ne s'occupe que du monophysisme. Pas une allusion au monothélisme ou au monénergisme. Non pas que la question ne se pose pas alors, même pour Héraclius (puisque, bien avant 630, la théorie de « l'unique opération » appuie toutes les tentatives de conciliation entreprises par l'empereur), ni que Pisidès ne soit au fait des projets de Sergius, mais parce que, sans doute, le monothélisme le gênerait plutôt dans sa lutte contre le monophysisme. Du reste, le monothélisme, qui, depuis longtemps, faisait l'objet des tractations entre chefs, ne devint du domaine public qu'à partir de 633. Il ne convenait donc probablement pas d'en inclure l'expression dans un poème destiné à une large divulgation.
7. Eîç tôv [l-x.tci.igv fiîov. De vanitate vitse. Col. 1581- 1600. — Ce poème est composé de 262 vers ïambiques, et ne semble pas complet. Dédié au patriarche Sergius, qu'il propose comme un exemple d'humilité (v. 233), il imite l'écrit similaire de l'Ecclésiastique en exposant l'instabilité et la vanité des choses terrestres.
8. Nous mentionnons encore ici un groupe d'écrits qui sont contenus dans le Parisinus 090 du Supplément grec : a) une poésie satirique sur un moine du nom d'Alype; b) une poésie de 116 vers sur l'élévation de la sainte croix reconquise par Héraclius; c) salut rythmé (89 vers) à Héraclius, vainqueur de Phocas; d) un panégyrique rythmé (t68 vers) à Bonus.
9. Des fragments divers et épigrammes variés sur différents sujets. La plupart des petits fragments ont été recueillis et conservés par Suidas. P. G., col. t731-1754.
10. Enfin, s'il faut en croire L. Sternbach, De Georgio Pisida Nonni sectalore, dans les Analecla grœcolalina philologis Vindobona' congregatis oblulerunt collegn' Craeovienses et Leopolitani, Cracovie, 1893, p. 38- 54, la poésie de 90 vers hexamètres intitulée Elç t:jv àvOpcÔTT'vov [ïltov et publiée par E. Miller sous le nom de Manuel Philès, Manuelis Philœ Carmina, t. n, Paris, 1857, p. 384-388, appartiendrait à Pisidès et prouverait l'attachement de celui-ci à Nonnos, en ce qui ■concerne la technique des vers hexamètres.
Nous passons sous silence V Hymne acathiste, qui fut souvent attribué à Pisidès, spécialement par son éditeur Quercius, cf. P. G., t. xcn, col. 1171, 1333-1372. mais qui appartient plus vraisemblablement à saint Germain de Constantinople (635-733) ou à saint Romain le Mélode (VIe siècle). Nous ne mentionnons pas non plus la vie de saint Athanase le Perse, P. G.,
ibid., col. 1679-1730, seul écrit en prose mis sous le nom de Pisidès et que Suidas lui attribue expressément. H. l'sener a écarté une telle attribution. Acta M. Anastasii, Bonn, 189 1. p. rv-v. L'auteur serait saint Sophrone, futur patriarche de Jérusalem, et l'encomion du martyr aurait été puisé dans les actes publiés par l fsener.
Mais la liste ci-dessus n'épuise pas toute l'œuvre de Pisidès et les chronographies byzantines dévoilent l'existence d'autres écrits. Ainsi, les chapitres de la chronographie de Théophane relatifs à la deuxième et troisième guerre d'Héraclius proviennent, de toute évidence, de la même source dont s'inspirèrent, et largement, les chapitres relatifs à la première guerre. Or, cette source est l'écrit de Pisidès, Eîç T7)v y.y-'x. Ilzp-Cyj exG~oy.Tziy.-j 'HpaxXsîou toû fixa t. Ai cor. 11 faut donc conclure à une œuvre historique perdue, à laquelle doivent appartenir, sans doute, les fragments conservés par Suidas et qui sont étrangers à tous les écrits connus par nous. Cf. L. Sternbach, Studia philologica in Georgium Pisidam, Cracovie, 1900, p. 1-198.
I. Éditions. — Dans la collection de Pierre-François Foggini : Opéra Georgii Pisidœ, Theodosii Diaconi et Corippi Afrieani Grammatici, Rome, 1777 (Corpus historiée Byzantinœ, nova appendix ) , l'éditeur de la vie et des œuvres de Pisidès est Jos. -Marie Quercius. Cette édition comprend les n. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 de la liste ci-dessus et, en plus, V Acathiste et la Vie de saint Anastase, faussement attribués à Pisidès. Migne, P. G., t. xcn, col. 1161-1754, a repuhlié l'édition de Quercius avec ses textes, préface et notes. — Les trois œuvres historiques, à savoir l'expédition perse, la guerre des Avares et Y Héracliade furent rééditées à Bonn, en 1837, par J. Bekker, dans la Nouvelle collection byzantine. Migne, loc. cit., a reproduit les préfaces de Bekker. — L'Hexaméron fut tout d'abord édité à Paris, en 1584, par Fr. Morel. Le jésuite Jérôme Brunel le réédita à Rome, en 1590, mais, d'après un ms. qui l'attribuait à saint Cyrille d'Alexandrie (le ms. de Paris, fonds grec 2893, du xvie s., attribue de même l'Hexaméron à saint Cyrille). Depuis lors, les éditions s'en multiplièrent ; une des meilleures est celle de R. Herciier, dans Claudii .Eliani varia hisloria, t. il, Leipzig, 1866, p. 603-662. — L. Sternbach, Georgii Pisidœ carmina inedila, dans Wiener Sludien, fasc. 13, 1891, p. 1-63, et fasç. 14, 1892, p. 51-68, a publié les œuvres secondaires mentionnées sous le n. 8 de la liste ci-dessus. Ce même auteur republie le texte critiquement établi du et"; tbv «v6pû)7rtvov fJt'ov, dans De Georgio Pisida Nonni sectatore (voir le n. 10 de la liste des œuvres).
La traduction slave de l'Hexaméron a été éditée par J. Sljapkin, dans les Monuments des anciens écrivains russes (en russe), n. 32, Saint-Pétersbourg, 1882. On peut trouver, du même auteur, une étude sur la traduction slavorusse de l'Hexaméron, dans le Journal du ministère de l'Instruction publique russe (en russe), t. cclxix, 1890, p. 264- 294. Consulter aussi les notes de V. Jagiè, dans Archio fur slav. Philologie, t. xi, 1888, p. 637. Quant à la traduction arménienne, on peut trouver la bibliographie y relative ainsi qu'une comparaison du texte arménien avec le texte grec et slave dans l'article de E. Teza, Dell' Essaemero di Giorgio Piside secondo la antica versione armena, dans Rendiconti délia R. accademia dei Lincei, classe di scienze mcrali stor. e fdolog., séi. V, t. n, part. 1, 1893, p. 277-297.
II. Travaux. — Répertoire de Chevalier et principalement, en dehors des références données au cours de l'article, R. Ceillier, Histoire générale des auteurs sacrés, t. xi, Paris, p. 653-654; K. Krumbacher, Geschichte der byzantinischen Lileratur, Munich, 1897, p. 709-712. — On trouvera aussi deux courts articles bio-bibliographiques, sous le titre : George Pisidès, et Georgius Pisida, dans The calholic eneyelopedia, et dans Dictionary of Christian biographies, t. n, Londres, 1880.
E. Stéphanou.
PISTOIE (SYNODE DE). — Au xvue et surtout au xvnie siècle, le jansénisme et le gallicanisme furent intimement liés. Le synode dfe Pistoie est l'aboutissement logique de leurs doctrines combinées et la bulle Auctorem fidei, lapréface du concile du Vatican, qui donnera le coup de grâce au gallicanisme.
PISTOIE (SYNODE DE). CIRCONSTANCES
Four bien montrer l'importance théologique du
synode de l'istoie et les condamnations de la bulle Auctorem fidei, il est nécessaire d'indiquer, au moins sommairement, les préliminaires de ce synode, son histoire avec les thèses qui y furent exposées, les oppositions qu'il souleva et aboutirent à l'assemblée de Florence et en lin le sens et la portée de la bulle Auctorem fidei qui condamna la doctrine du synode.
I. Préliminaires et origine. II. Le synode de Pistoie, col. 21 II. III. Assemblée de Florence, col. 217(3. IX. La riposte de Home. col. 2202.
I. Préliminaires et origine. — 1° Œuvre du duc de Toscane. — Fierre-Léopold, frère de l'empereur Joseph 11, auquel il devait succéder, en 1790, sous le nom de Léopold 11. était grand-duc de Toscane eu 17(13.
Dès le début de son gouvernement, il voulut, comme son frère, s'occuper des affaires religieuses. Des négociations avaient déjà été engagées avec Rome pour conclure un concordat, mais un magistrat, Ruccellai, Imbu de maximes gallicanes, suggéra au grand-duc qu'il serait bien plus facile de régler, de sa propre autorité, les affaires en litige. Léopold se laissa aisément persuader et, le 7 janvier 1780, il adressa aux archevêques et évèques de son duché une lettre-circulaire sur la police extérieure de l'Église. Cette lettre résume, en 12 pages in-folio, des lettres qu'il avait déjà envoyées; elle comprenait 31 articles, ayant pour objet les ordinations, le choix des curés, le gouvernement des paroisses, la résidence, le casuel, les tribunaux ecclésiastiques, les dévotions. En 1779, avait paru le Sommaire des règlements et des lois que Léopold avait publiés, sur ces divers sujets, de 1765 à 1778, et les Nouvelles ecclésiastiques (5 juin 1786, p. 89) parlent avec enthousiasme de ces règlements « qui ne respirent que la bienfaisance, la générosité, la sagesse et la plus grande équité ». ,
Les premiers articles de la circulaire regardent le clergé qui doit mériter le respect des peuples; mais il faut au prêtre des qualités d'esprit et des « facultés temporelles » pour qu'il ne soit pas réduit à mendier des messes pour subsister. Les curés sont « la partie la plus intéressante du clergé, car ce sont eux qui forment les bonnes mœurs du peuple: ils doivent avoir une subsistance nécessaire et décente ». Léopold n'a aucune sympathie pour le clergé régulier. La circulaire maintient l'usage de pourvoir aux cures par la voie des concours, mais elle déclare que cette voie est défectueuse, car elle ne constate qu'imparfaitement les talents et l'intelligence; le meilleur moyen d'avoir de bons curés, c'est d'avoir de bons évêques. Aussi, Léopold s'appliquera à choisir de bons évêques, mais il leur trace des règles. Les évêques doivent imposer la résidence aux curés et ceux-ci doivent remplir leurs devoirs d'état et instruire les peuples. A ce sujet, le duc exhorte les prélats à employer exclusivement les deux catéchismes qu'il a fait imprimer, l'un ; les enfants et l'autre pour les adultes; il s'occupe des religieuses, dont les confesseurs doivent être
■ uliers; les évêques d'ailleurs doivent travailler à faire rentrer les couvents sous leur Juridiction ordinaire, mais les biens des monasti res <i -\ ront être régis par des administrateurs indépendant des évêques. D'autre part, les causes criminelles des clercs sont toutes attribuées aux juges royaux, sauf les «élises proprement religieuses qui sont laissées aux juges ecclésiastiques; le bras séculier leur viendra en aide, si c'est nécessaire. II est défendu de porter hors de l'État les causes qui sont ecclésiastiques de leur nature.
Mais, pour faire exécuter ces règlements, il fallait des évêques choisis. En 1780. Léopold fit placer sur les sièges réunis de Pistoie et de Frato, Scipion Ricci, qui
fut son « mauvais génie », son inspirateur, son i ministre des cultes ».
2° L'œuvre de Scipion Ricci. Dès son installation, ce prélat suggéra au grand-duc des circulaires multiples, qui entraient dans les moindres détails de la discipline et de la liturgie : catéchisme pour les enfants, livres pour les fidèles, confréries à supprimer, processions à réglementer ou à supprimer. Ricci appliquait aussitôt à son diocèse les décisions qu'il avait inspirées. Il publiait des mandements contre la dévotion au Sacré-Cœur et sur les indulgences qu'il supprimait presque; il bouleversait l'enseignement dans les écoles et les séminaires, modifiait les cérémonies, proposait comme modèles les appelants français : Quesnel, Mésenguy, Gourlin, et faisait traduire en italien leurs livres, condamnés par Rome.
1. Les publications. — A cette époque on publiait, à Venise et à Florence, des écrits dont la plupart n'étaient que la traduction italienne d'ouvrages français, dirigés contre la cour de Rome; on imprimait, à Florence, les Réflexions morales de Quesnel, avec une dédicace au grand-duc de Toscane. Mais c'est surtout à Pistoie que ces ouvrages se multiplièrent.
L'évêque Ricci, pour rendre la propagande plus active, établit à Pistoie une imprimerie, chargée d'éditer les ouvrages des jansénistes français et de répandre les idées qui lui étaient chères. Un Recueil d'opuscules concernant la religion, analysé avec complaisance par les Nouvelles ecclésiastiques, préparait les thèses fondamentales qui seraient reprises par le synode de Pistoie. C'est pourquoi il est nécessaire de donner quelques détails sur les ouvrages réunis dans les douze volumes de ce Recueil.
Le Recueil est dédié aux évêques et aux pasteurs du second ordre, « comme aux vicaires de Jésus-Christ, aux dépositaires de la foi, aux défenseurs de la moraleet de la discipline des anciens Pères de l'Église »; on veut dévoiler « les injustes prétentions de cette Babylone spirituelle qui a bouleversé et dénaturé toute l'économie de la hiérarchie ecclésiastique », de la communion des saints et de l'indépendance des princes temporels, qui ne tiennent que de Dieu seul leur dignité et leur puissance. On y verra établi que le pape est le chef ministériel de l'Église et le premier des évêques, mais que sa prétendue infaillibilité, ainsi que celle que certaines gens attribuent aux congrégations romaines, ne sont que des chimères. La plupart des écrits du Recueil sont des réimpressions, mais il y a des notes et des remarques, qui en soulignent et en accentuent les thèses essentielles.
Le t. i contient une Dissertation sur l'exaction des dots pour entrer dans l'état religieux, à laquelle on ajoute les sages lois du grand-duc de Toscane du 4 mai 1775 et du 30 juillet 1782, et celle du duc de Modène du 3 octobre 1782; une lettre examine l'opinion de Benoît XIV sur les dots monastiques. Les autres écrits sont empruntés aux thèses jansénistes : l' Instruction pastorale de M. l'évêque d'Auxerre contre la légende de Grégoire VII, avec l'éloge du « savant prélat »; Le fantôme du jansénisme découvert, avec des louanges à l'adresse de Nicole et d'Arnauld et des renvois « à tous les ouvrages cités dans le Catéchisme historique et dogmatique »; enfin V Instruction sur la grâce d'Arnauld, le Dialogue sur l'accord de la grâce cl de la liberté de Nicole, le Discours sur l'amour de Dieu d'Arnauld, et la Lettre à une religieuse sur la défense de lire les meilleurs livres, en particulier les Réflexions morales de Quesnel.
Le t. ii réédite un certain nombre d'écrits contre la bulle Unigenitas. Ce sont divers opuscules : Entretiens du prêtre Eusèbe et de l'avocat Théophile, sur la part que les laïcs doivent prendre à l'affaire de la bulle, œuvre du docteur Le Gros, qui, écrit l'éditeur, « démontre
PISTOIE (SYNODE DE). CIRCONSTANCES
avec toute l'évidence possible que la bulle Unigenitus aurait renversé la foi en France et dans les Pays-Bas,
si Dieu n'avait suscité (les hommes qui se sont opposés comme un mur d'airain à tous les efforts des ennemis de l'Église ». Un autre opuscule, intitulé : La constitution " Unigenitus » du pape Ciraient XI et les propositions qu'elle condamne, mises en parallèle avec les Ecritures et la tradition, prouve, dit l'éditeur, l'irrégularité de la bulle, la nécessité de s'y opposer, l'aveuglement ou la prévarication de ceux qui la soutiennent. La Lettre d'une dame française au pape Clément XI sur la lecture de l'Écriture sainte, interdite par la bulle « Unigenitus », et la Lettre d'un solitaire au pape au sujet de la lecture de l'Ecriture sainte et de la toute-puissance divine, reprennent des thèses chères au jansénisme. Enfin, la Lettre pastorale de M. l'évêque de Montpellier, du 30 juillet 1729, contre la légende de Grégoire VII, fait un éloge pompeux du « grand Colbert », qui s'est uni à la cause « du saint évèque de Senez ».
Le t. m, imprimé en 1781, contient une Lettre aux alacoquistes, dits cordicoles, sur l'origine et les dangereuses conséquences de la fête du Sacré-Cœur; les Principes sur l'essence, la distinction et les limites des deux puissances, spirituelle et temporelle, œuvre du P. La Borde ; le Mémoire sur les libertés.de l'Église gallicane, trouvé parmi les papiers de M. le dauphin et composé par son ordre; le Catéchisme ou éclaircissement sur les matières de la grâce, par Mathieu Feydeau, et enfin la Lettre de M. Arnauld sur les actions des infidèles. Au sujet de ce volume, les Nouvelles ecclésiastiques enregistrent avec joie « la révolution avantageuse » qui se fait en Italie depuis quelques aimées.
Le t. iv groupe cinq écrits : le Discours sur les Nouvelles ecclésiastiques, traduit du français; le Discours abrégé sur l'excommunication, le Pouvoir des évèques par rapport aux cas réservés, la Lettre d'un prêtre de Gênes « un ami de Rome, sur les opinions et les expressions d'un prédicateur de la dévotion au Sacré-Cœur, et enfin des Observations sur la réforme des ordres religieux. Les Annales ecclésiastiques de Florence font un grand éloge de ces divers écrits, et les Nouvelles ecclésiastiques (25 juill. 1785, p. 119) se réjouissent de constater avec « quelle liberté on s'explique aujourd'hui publiquement, en Italie, sur des matières dont on osait à peine parler en conversation il y a vingt ans ». Dans ces opuscules, on trouve l'histoire de la bulle Unigenitus, racontée à la manière janséniste; on constate que cette malheureuse biille n'a plus aucune autorité, car elle est abandonnée par tous les écrivains éclairés; on proclame l'égalité de tous les évèques et l'usurpation des papes sur l'autorité des évèques dont le pouvoir vient immédiatement de Jésus-Christ ; enfin, on demande la réforme des ordres religieux.
Le t. v attaque, d'une manière directe, l'autorité du pape dans la Lettre sur la faillibilité de l'Église par rapport aux faits non révélés, déjà publiée le G février 1076; dans le Catéchisme sur l'Église, pour les temps de trouble, selon les principes expliqués dans l'Instruction pastorale de M. de Senez (dans cet écrit, Le Gros attaque les maximes ultramontâines mises en avant contre le gallicanisme) ; enfin, les Réflexions sur le règne de Jésus-Christ s'appliquent à montrer que, même si Jésus-Christ avait exercé une puissance temporelle durant sa vie mortelle, il ne s'ensuivrait pas que l'Eglise, et à fortiori le pape, puissent exercer une semblable puissance.
Le t. vi rejette l'autorité de la bulle Unigenitus. h' Acte d'appel des quatre évèques dénonça cette bulle, qui condamnait le premier article du symbole et le premier précepte du Décalogue. Le Discours sur l'appel expose sommairement les disputes qui ont provoqué l'appel et l'importance de la cause des appelants, qui est la cause même de l'Église entière, et spécialement
des élus et des justes opprimés. La Dissertation sur l'autorité spirituelle de l'Église indique sa nature et ses limites. Les Règles de l'obéissance des fidèles dans le conflit de la puissance séculière avec la puissance ecclésiastique tirent les conséquences de l'écrit précédent. La Lettre pastorale de l'évêque de Laybaeh, à l'occasion des réformes impériales sur divers points de discipline, attaque les moines, dont les abus sont tels qu'il serait plus aisé d'établir de nouvelles maisons que de réformer efficacement la plupart des monastères.
Le t. vu attaque directement l'Église de Rome. Le Discours sur le schisme qui divise l' Eglise catholique de Hollande est un plaidoyer en faveur de l'orthodoxie de cette Église, persécutée par l'Église de Rome, à la remorque de la société éteinte des soi-disant jésuites. C'est aussi la domination des jésuites sur les Églises d'Allemagne qui est dénoncée dans le Mémoire au sujet du silence de plusieurs Eglises des états catholiques, par rapport à la bulle Unigenitus. L'Essai sur les entreprises des papes contre les souverains et sur les oppositions qu'elles ont éprouvées est une histoire de l'usurpation des papes depuis Zacharie. Les Réflexions particulières sur les annotes et sur les moyens d'en faire cesser les abus sont la justitication de l'édit du grandduc de Toscane (15 juin 1782) qui supprime toutes les taxes sur les bénéfices vacants de ses états; enfin la Recherche des prérogatives nécessairement attachées à la primauté du pape critique les prétentions de la cour de Rome et approuve les Actes du concile d'Utrecht, un des plus précieux monuments de l'orthodoxie de cette respectable Église, ainsi que de son attachement au Saint-Siège, centre de l'unité, dont elle a toujours fait profession ».
Le t. vin contient cinq opuscules disparates, mais fort instructifs, car ils renferment quelques-unes des thèses capitales qui seront approuvées au synode de Pistoie. Ce sont les écrits suivants : Lettre du docteur Dupin sur l'ancienne discipline de l'Eglise touchant la célébration de la messe, datée du 20 novembre 1707; Lettre de M. Petitpied à une dame, où il examine si on doit craindre les excommunications injustes et si l'on doit s'y soumettre; Mémoire de quelques jurisconsultes hollandais sur les maximes de la cour de Rome, mises en usage pour opprimer l'ancien clergé et les évèques catholiques romains de l'Église métropolitaine d'Utrecht, où l'on voit l'intérêt qu'ont toutes les puissances que ces maximes ne s'accréditent pas et ne passent point en règle ; Le serment que les évèques font et leur sacre, introduit par Grégoire VII, qui regarde le pape comme souverain temporel et que les princes ne doivent pas permettre parce que les évèques sont leurs sujets; enfin, une Seconde lettre aux alacoquistes ou cordicoles, sur l'origine et les pernicieuses conséquences de la fête des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie.
Le t. ix réédite une Lettre sur la nécessité de rapporter toutes ses actions èi Dieu, écrite à l'occasion d'une censure de l'archevêque d'Aix contre une thèse du P. Astier, dominicain. On trouve, à la suite, une Dissertation sur l'inscription du frontispice du couvent des franciscains de Reims « Deo homini et B. 'Francisco, utrique crucifixo », où l'on relève « quantité d'abus et de pratiques superstitieuses, tropeommunes en Italie »; le Discours sur la nécessité de l'exequatur ou place! ■ royal pour les bulles même dogmatiques des papes et les décrets des conciles est tiré d'un gros ouvrage français, intitulé Apologie des jugements rendus en France contre le schisme par les tribunaux séculiers; enfin, les Observations sur le mandement de S. É. le cardinal archevêque de Malines pour le carême de 1783, signalant des pratiques superstitieuses à l'égard du culte des saints et critiquant la doctrine de l'archevêque sur la primauté du pape, l'état religieux et la lecture de l'Écriture sainte, en langue vulgaire.
PISTOU; SYNODE DK). C l HCONST A NC KS
Le t. \ renferme une Lettre à M. Bergier au sujet <le son livre Le déisme réfuté par lui-même », qu'on doit lire avec précaution, notamment sur les questions de l'ignorance invincible, du petit nombre des élus et de la future ton version des juifs. La Lettre de M. de Montgaillard, évêque de Saint-Pons, au pape Innocent XI, sur les maux de l'Église et la nécessité d'y apporter un prompt remède, signale, comme des maux redoutables qu'il faut détruire, la morale relâchée, la signature du Formulaire, l'appellation de jansénisme, » vain fantôme pour décrier tous les bons livres et exclure de toutes les places les bons chrétiens. Enfin, le Mémoire adressé à M. Scipion de Ricci, évêque de Pistoie, sur le pouvoir qu'ont les éoiques de réformer le bréviaire et les autres livres liturgiques est un plaidoyer pour justifier ce prélat qui avait donné à ses diocésains un bréviaire nouveau.
Le t. xi. à cause de l'importance même de la question qui y est abordée, ne contient qu'un seul écrit : Traité historique, dogmatique et critique sur les indulgences par un savant l'ère de l'Oratoire de Saint-Philippe de Xéri. L'auteur y fait l'histoire des indulgences et critique les protestants et aussi les nouveaux théologiens scolastiques. qui ont tenté de justifier des abus. L'ouvrage, afin qu'on pût le distribuer plus facilement, eut un tirage à part.
Enfin, les deux premiers opuscules que contient le t. xii ont pour objet le sacrifice de la messe : c'est la Justification de la doctrine du P. Traversari au sujet du sacrifice de la messe et de la communion des fidèles, qui soutient que la communion des fidèles, comme celle du prêtre, fait partie du sacrifice de la messe, et que la communion faite hors du sacrifice de la messe, ou avec tics hosties déjà consacrées, n'est que sacramentelle et n'a que les effets du sacrement, tandis que ceux qui communient à la messe et avec les hosties qui y sont consacrées, participent non seulement au sacrement, mais encore au sacrifice. La Dissertation sur la célébration quotidienne de la sainte messe étudie l'histoire de la messe, montre que l'usage actuel de la messe quotidienne pour le prêtre est en opposition avec la tradition ancienne et a eu pour résultat des abus regrettables : ordination de prêtres inutiles au service de l'Église, honoraires des messes pour l'entretien de ces ministres sans office. Il faudrait remettre en vigueur les anciens canons, n'élever personne à la prêtrise sans l'attacher à un titre particulier, pourvoir à l'entretien des ministres par un revenu fixe, supprimer l'honoraire des messes, qui entretient tout à la fois la bassesse d'âme parmi les prêtres et l'aveugle superstition des peuples, lesquels s'approprient comme acquis, de leurs deniers, les fruits d'un sacrifice commun à tous par son essence et auquel on ne participe que selon la mesure de sa piété ». Les six Lettres du P. Pujati, bénédictin, réfutent les opuscules répandus par les franciscains au sujet du chemin de la croix. La Consultation sur la défense de lire les Réflexions morales du P. Quesnel et les Nouvelles ecclésiastiques apprécie « les systèmes qu'on emploie pour détourner de lire les Réflexions morales qu'on vient d'imprimer à Florence et dont le grand-duc a accepté la dédicace ». Enfin, le Mémoire dans lequel on prouve que les décisions des conciles cl îles papes sur les faits non révélés ne sont point infaillibles, est la traduction d'un ouvrage présenté, en 1 •>")". par Arnauld au nonce du pape à Paris.