‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 4)Chapitre 219 sur 437 · PISTOIK (SYNODE DE). RÉTRACTATION DE RICCI · texte numérisé non relu

PISTOIK (SYNODE DE). RÉTRACTATION DE RICCI

teurs du clergé constitutionnel. Ricci consentit à écrire une lettre de rétractation : cette lettre fut examinée et on ne la trouva pas assez « antiléopoldine ». Martini revit Ricci, qui accepta tout ce qu'on lui demanda et promit de signer la lettre modifiée; cette seconde lettre ne tut pas encore jugée suffisante par la commission qu'on appelait « la chambre noire ». On rédigea une troisième lettre qui comprenait, « en termes précis, l'acceptation pure et simple de la bulle, et la promesse de publier, du haut de la chaire, à l'exemple de Fénelon, la condamnation de sa propre personne et de sa doctrine ». Par amour de la paix, Ricci se décida à signer, « mû par la conviction intime que la bulle pontificale ne portait aucune atteinte à son synode de Pistoie et qu'elle n'avait condamné que les propositions diamétralement opposées à l'enseignement de ce synode et au sens propre de ses Actes ». Il rédigea un projet de lettre au pape et un autre projet de lettre à l'archevêque de Florence: on fit quelques corrections aux deux lettres, qui furent approuvées. Celle écrite à Mgr Martini demandait qu'elle fût publiée « pour être, dans toute la Toscane, une preuve de sa soumission sincère au Saint-Siège et de son profond respect pour le pape. Ricci déclarait qu'il acceptait la bulle, ce qu'il aurait fait depuis longtemps, disaitil, si elle lui avait été communiquée d'une manière officielle et authentique; pour excuser les réponses données à ses correspondants de France, concernant le serment exigé par la constitution civile, il disait que ces réponses étaient destinées à rester secrètes, comme les demandes confidentielles qui y avaient donné lieu, et ces réponses regardaient « non point la constitution civile elle-même, qu'il ne connaissait pas, mais simplement les cas particuliers, qui avaient été énoncés par ses amis et qu'il avait résolus dans la seule intention de calmer les scrupules de ceux qui l'interrogeaient ». Abbé X..., Vie de Mgr Ricci, p. 376- 380, cité par De Potter, Vie et mémoires de Ricci, t. ni, p. 34-35.

La lettre au pape déclarait qu'il recevait tout ce que reçoit l'Église romaine et qu'il rejetait tout ce qu'elle rejette; « il recevait explicitement la bulle Auctorem et condamnait tout ce que le synode de Pistoie et les écrits qu'il avait publiés pouvaient contenir de contraire à la pureté de la doctrine catholique ». Jbid., p. 380-382. De Potter, op. cit., t. m, p. 36, citant sa Vie (ms.), p. 114, fait remarquer que ces lettres « étaient écrites au milieu des horreurs d'une prison, lorsque lui-même, abattu et découragé, privé de tout conseil et des livres qui eussent pu l'éclairer, venait d'être séduit par la conduite artificieuse et lassé par l'importunité de son collègue ». Le même biographe (p. 31-32 citant Mémoire relatif ù son arrêt, fol. 6, p. 3-4) rapporte les réflexions curieuses que Ricci faisait en même temps et qui font douter de la sincérité de l'évêque. « Je voyais combien il m'était difficile d'accepter la bulle, sans manquer à ce que je devais à Dieu, à mon prince, à moi-même. La bulle accuse tout le clergé d'un diocèse d'hérésie, de schisme et d'erreurs que je sais qu'il n'a jamais soutenues. Comment pouvais-je donc convenir du contraire? Comment pouvais-je recevoir une pareille bulle? On y donne, pour des points de la discipline universelle de l'Église, les prétentions de la cour de Rome. Comment pouvais-je les admettre? Il est vrai qu'à l'aide des quatenus et des quasi, qui s'y trouvent, on pouvait,. strictement parlant, sauver la vérité; mais cette manière de la défendre me parut contraire à mes devoirs et indigne de la sincérité chrétienne. Et puis, dans plusieurs points, comme sont, par exemple, le 1er et le 58e, on ne peut sauver cette vérité qu'au moyen de déclarations directes. En outre, pour ce qui concerne les prétentions de la cour romaine, relativement aux droits des

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pasteurs du premier et du second ordre, et relativement aux droits des princes, je ne voyais pas comment j'aurais pu accepter et embrasser les décisions de la bulle, sans trahir ma propre conscience, et sans me compromettre envers le gouvernement de mon pays. »

Quoi qu'il en soit, l'archevêque de Florence fit plusieurs copies authentiques des deux lettres de Ricci, afin de les répandre partout. Mais on déclara que l'archevêque n'avait aucune mission spéciale pour accepter la rétractation de l'évêque, qui resta en prison. Seul, le nonce ou le délégué désigné par le pape pouvait intervenir.

Sur ces entrefaites, Pie VI mourut, le 20 août 1799. Ricci qui connaissait la modération du nouveau pape, Pie VII, lui écrivit au lendemain de son élection, le 29 mars 1800, mais Consalvi, le secrétaire d'État, ne répondit que le 26 septembre. Par cette lettre, Pie VII demandait à Ricci « une sincère confession des erreurs répandues dans beaucoup de ses écrits et principalement dans son synode de Pistoie »; en même temps, il voulait une protestation d'adhésion à la bulle dogmatique Auctorem fidei de Pie VI et d'acceptation de la même bulle. « Cette protestation doit renfermer un acte d'adhésion et d'acceptation pure et simple, avec soumission de cœur et d'esprit et, de plus, il faut que, jointe à celte protestation, il y ait une déclaration par laquelle vous témoignerez votre entier assentiment à tout ce qui a été décrété dans ladite bulle, tant pour le dogme que pour la discipline. Sa Sainteté attend, en outre, une révocation de tous les actes, ordres et décrets, dans lesquels vous vous êtes éloigné de la pratique commune et de la discipline universelle de l'Église, et une rétractation de tous les écrits et libelles, au moyen desquels vous avez cherché à soutenir les innovations que vous avez introduites dans le diocèse de Pistoie et Prato... Enfin, le Saint-Père attend de vous une réparation solennelle du scandale et du dommage très grave que vous avez causé aux âmes des fidèles en encourageant l'impression de tant de livres pernicieux'et prohibés par le Saint-Siège apostolique, en tenant toujours une conduite opposée à celle qu'un évèque doit tenir envers le pontife romain, et en n'ayant jamais donné, pendant tant d'années, aucun signe public de repentir. » De Potter, op. cit., t. m, p. 65-67, citant abbé X..., Vie (ms.) de Mgr de Ricci, p. 410-414.

Ricci se montra très blessé de cette lettre et ne voulut pas accorder ce qu'on lui demandait. Il prétendit que, par l'acceptation qu'il avait signée entre les mains de l'archevêque de Florence, il n'avait accordé « qu'un silence respectueux, comme celui que, lors de la paix de Clément IX, ceux que l'on appelait jansénistes, en P'rance, avaient promis d'observer... » Il ne voulait plus signer, depuis que, disait-il, on avait voulu donner au mot « soumission » le sens qu'a le mot « approbation ». Il prit le parti de se taire.

Les troupes françaises entrèrent de nouveau dans Florence, le 15 octobre 1800. « A leur approche, écrit De Potter (ibid., p. 79), avaient fui les persécuteurs qui, depuis plus de quinze mois, remplissaient la Toscane de terreur et de larmes et, avec eux, le nonce pontifical, leur chef. » Ricci reçut alors une lettre du nonce, « pleine de politesse et de douceur ». Le nonce indiquait quelle était la réponse qu'on attendait de lui à la lettre de Consalvi : « Une simple assurance de soumission et d'obéissance au pape. » L'ancien évêque de Pistoie s'empressa de se rendre à ces désirs; il le fit, le 22 novembre, dans les termes mêmes qui lui avaient été suggérés ri , outre cela, il ajouta de nouvelles protestations de sa parfaite concordance, en matière de foi, avec l'Église romaine, et de l'horreur que lui inspiraient les calomnies au moyen desquelles on avait tente de le faire paraître

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coupable d'hérésie et de schisme. » lbid., p. 80, et Vie (ms.) de Mgr Ricci, p. 131-135.

Ricci travailla alors très activement à rédiger la réponse qu'il voulait faire à la bulle Auclorem, afin de prouver que cette bulle ne faisait que condamner ce que le synode de Pistoie avait lui-même condamné. J'ai déjà dit que celte réponse est restée manuscrite; en même temps, Ricci recevait l'approbation de Grégoire, qui lit « des efforts généreux pour protéger sa cause et lui procurer l'appui de la République française ».

Mais la régente de Toscane, l'archiduchesse Marie- Louise, par une lettre du 19 octobre 1801, demanda à Ricci de lui remettre « une rétractation sincère et formelle de ses erreurs». Ricci répondit, le 27 octobre, par une missive pleine de dignité et de respect, où il affirme les bonnes intentions de Léopold, ce grand prince, avec lequel il avait travaillé à la réforme de l'Église; pour lui, ajoute-t-il, « il a constamment vécu dans l'unité de l'Église avec le Saint-Siège, devant lequel il a souvent protesté de son entière soumission et il sera charmé de pouvoir, de nouveau, en convaincre Pie VII, en lui parlant, lors de son passage à Florence ». De Potter, op. cit., t. ni, p. 94-96.

A son retour de France, Pie VII arriva à Florence, le 6 mai 1805. Une lettre de rétractation explicite fut présentée à Ricci, qui la signa le 9 mai. L'ancien évèque de Pistoie « professe et déclare recevoir avec respect, purement et simplement, de cœur et d'esprit, toutes les constitutions apostoliques émanées du Saint-Siège contre les erreurs de Baius, Jansénius, Quesnel et leurs disciples, depuis Pie V jusqu'à présent et spécialement la bulle dogmatique Auctorem fidei, qui condamne 85 propositions extraites du synode célébré sous sa présidence et publiées par son ordre. 11 réprouve et condamne toutes et chacune desdites propositions sous les qualifications et dans les sens respectifs exprimés par ladite bulle, désirant que, pour réparer le scandale, l'acte qu'il fait soit rendu public. Enfin, il proteste vouloir vivre et mourir dans la foi de la sainte Église catholique, apostolique et romaine, avec soumission parfaite et véritable obéissance à N. S. P. Pie VII. »

Ricci ne signa cette rétractation qu'après de longues hésitations et sur les conseils de ses deux amis, Vincent Palmieri et François Fontani, qui redoutaient pour l'évêque le danger de l'emprisonnement. Ricci a exposé des réflexions sur cette soumission qui, dit son biographe, lui fut arrachée par surprise : c'était une simple déclaration, et non point une rétractation proprement dite. De Potter, op. cit., t. ni, p. 105-114. Il écrivit au pape le 20 mai 1805, pour protester de sa soumission et de sa gratitude. Pie VII lui répondit le 21 juin, pour le féliciter de la déclaration qu'il avait signée à Florence : « Par le moyen d'un acte, vous avez déclaré que vous réprouviez et condamniez les choses que vous aviez mal faites. » lbid., p. 118. Mais dans le consistoire du 26 juin, Pie VII parle d'une rétractation formelle. < Il nous a fait connaître, dit le pape, qu'il était disposé à souscrire, avec une soumission filiale, à la formule qu'il nous plairait de lui prescrire, et il n'a pas manqué à sa promesse... Après qu'il nous eut protesté de la sincérité de ses sentiments et de l'attachement qu'il avait eu à la foi orthodoxe et au Siège apostolique, même au milieu de ses erreurs, nous l'avons embrassé paternellement et nous l'avons réconcilié à nous et à l'Église catholique. Les lettres qu'il nous a écrites depuis pour nous féliciter de notre heureuse arrivée et pour ratifier de nouveau sa rétractation nous ont de nouveau comblé de joie. » Bullaire de Pie VII, t. xn, p. 329. Ricci accusa Consalvi d'avoir rédigé pour le pape ce passage du discours et il appré- ■ cie avec vivacité la conduite de ce cardinal. De Potter,

ibid., t. m, p. 119-124. 11 y eut peut-être un malentendu, car Pic VU avait accueilli avec beaucoup de bonté l'ancien évèque de Pistoie, comme le constate Ricci lui-même, dans des lettres à Grégoire M 1 févr. 1804 et 16 sept. 1806).

Quoi qu'il en soit, la rétractation de Ricci reste douteuse, même après l'article de L'ami de la religion (22 juin 1822, p. 177-180) qui discute l'article de la Chronique (t. IV, p. 248), lequel conclut que Ricci est mort dans les sentiments qui avaient dirigé sa conduite pendant son épiscopat. Picot, dans ses Mémoires (t. vi, p. 415), émet des doutes sur les arrière-pensées de Ricci. Les éditeurs de la collection das Conciles de Mansi (t. xxxvm, col. 998) ne croient pas à la sincérité de Ricci : Uti vixerat, ita obiit die 27 januarii 1810, cl Jemolo, dans son ouvrage si intéressant : // giansenismo in Italia, prima délia revoluzione, 1928, p. 362. écrit : « Ricci resta toujours convaincu de la parfaite orthodoxie de Baius, de Jansénius, de Quesnel et surtout du synode de Pistoie. Il fut, jusqu'à la fin de sa vie, inébranlable dans sa foi janséniste. »

Atti e decreti del concilia diocesano di Pistoia, Florence,

1786, in-8°, traduit en latin : Acta el décréta synodi Pisloriensis, Florence, 1786, et en français : Actes el décrets du concile diocésain de Pistoie, Pistoie, 1786, in-8°; Gerodulo, Leltera critologica sopra il sinodo di Pistoia, in-12, Barletta, 1789; La voce delta greggia di Pistoia e Prato al suo paslore, Mgr Vcscovo Scipione de' Ricci, in-12, Sondria, 1789; Lettera ad un prelato romano, doue con grande vivezzi e con projonda dotirina vengono confuiati gli errori de quali abbonda il sinodo Mgr de Ricci, Hallis, 1789, in-8°; Seconda lettera ad' un prelato romano sali' idea falsa, scismatica, erronea, contradiltoria, ridicola délia Chiesa formata del sinodo di Pistoia, Hallis, 1790, in-12; Il sinodo di Pistoia dichiurato nullo dai teologi gallicani, s. 1., 1790, in-8°; Considerazioni sid novo sinodo di Pistoia e Prato, jatte da un paroco délia slessa diocesi, Pistoie, 1790, in-12; Giuseppe Antonio Rosier, Analisi del concilio diocesano di Pistoia... o sia saggio de' molli errori contra la fede, contenuti nello slesso concilio, Assise, 1790, 2 vol. in-12; Vittorio di S. Maria, Reflessioni in difesa del sinodo di Pistoia, s. 1., 1796, in-12.

Reginaldus Tanzini, Isloria dell' assemblea deqli arcivescovi'e vescovi délia Toscana, tenu la in Firenze nell' anno

1787 , Florence, 1788, in-4°; Charles Schwarzel, Acta conqregalionis arehiepiscoporum et episcoporum Hetruriœ Florentin anno 1787 celebratœ, Bamherg, 1788-1790, 3 vol. in-8°, a traduit l'ouvrage de Tanzini intitulé : Atti dell' assemblea dcgli arcivescovi, etc., Florence, 1787-1790, 7 vol. in-4°; Mansi, Amplissima collectio corciliorum, t. xxxvm, col. 989-

De Potter, Vie et mémoires de Ricci, Bruxelles, 1825, 3 vol. in-8°, et Paris, 1826, 4 vol. in-8°, De Potter cite souvent une Vie m aiuscrite de Ricci; Picot, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le XVIII" siècle, t. v,p. 113- 118, 251-262, et t. vi, p. 407-415; Cantu, Les hérétiques d'Italie, t. v, 3e discours, p. 192-222; Agenore Gelli, Memori di Scipione de' Ricci, Florence, 1865, 2 vol. in-12; C. M. F., // vescovo Scipione de' Ricci e le reforme religiose in Toscana sotto il regno di Leopoldo I, Florence, 1865-186 -i, 3 vol. in-8°; Gaetano Beani, / v^'scovi di Pistoia e Prato, dall' 1732 ait' 1871, Pistoie, 1881, in-8°, p. 68-153; Giovanni Antonio Venturi, II vescouo de' Ricci e la Corle romana fino alla sinodo di Pistoia, Florence, 1885, in-S°; Francesco Scaduto, Stato e Chiesa sotto Leopoldo 1 (1755-1790 ), Florence, 1885, in-8°; Ilario Rinieri, Xapoleonc e PioV 1 1, Turin, 1906, p. 161-222, in-8°; La converzione di Ricci ; Jules Gendry, Pie VI, sa vie, son pontifical (1717-1799), t. i, Paris, 1906, 2 vol. in-8°, p. 452-483; Niccolo Rodolico, Gli amici e lempi di S. de' Ricci, FIcrence, 1920, in-8°; Arturo Jemolo, // giansenismo in Italia prima dclla revoluzione, Bari, 1928, in-8», p. 350-382; The catholic encyclopedia, t. xn, p. 116-117, donne la bibliographie du synode de Pistoie.

Pour la bulle Auclorem fidei, voir Denzinger-Bannwart, n. 1501-1599; Mansi, t. xxxvm, col. 1261-1280; Gerdil, Opère édile ed inédite, Borne, 1806-1809, 15 vol. in-4°, t. xiv et xv.

J. Carreyre.

IMSTOH (MARTIN

PISTORIUS (JEAN'

PISTOR Martin ou Martin Boulanger, dominicain du couvent de Saint-Jacques, à Paris. Il mena une vive campagne polémique contre les protestants au milieu du xvc' siècle, dont témoigne un écrit assez répandu : Prosopopseia quant ideo Symmachiam dicere oqluimus, quod acerrimam effingat fldelium adversus Irium infestissimorum fldei hostium epitheses concertationem. Fidei hostes 1res, Caluinus, Melanchthon etantitliesium Christi et romani pontifias coneinnator, in-8°, Paris, 1552; réédité en 1550.

Quétif-Échard, .s'en'/'/- ord. preedicat., t. n, p. 1 12-1 13.

M. -M. Gorce.

1. PISTOR IUS Jean (senior) (Niddanus). Théologien protestant, né. en 1504, à Nidda, enHesse, d'où son surnom de Niddanus, devint, vers 1525. curé de Oberursel, passa à la réforme luthérienne, et fut le premier pasteur de Nidda. Marié en 1535. surintendant levèque luthérien) d'Alsfeld en 1511. avec résidence à Nidda, il fut l'homme de confiance du landgrave de Hesse, se montra le docile instrument de sa politique, cherchant a concilier les diverses formes du protestantisme, se montrant fidèle au luthéranisme mélanchthonien. mais sans rompre avec le luthéranisme outrancier, ni avec les Églises zwingliennes ou calvinistes. Il avait assisté à la diète d'Augsbourg, en 1530. On le trouve dans la plupart des colloques entre catholiques et protestants : Haguenau et Wnrms en 1540, Batisbonne en 1511 et 1546, Naumburg en 1551, Worms en 1557, Pforzheim en 1558. Erfurt en 1561. C'était un homme d'action plus qu'un théologien vigoureux. Il envisageait le côté pratique des questions plus que leur aspect dogmatique et rêvait d'une impossible fusion des doctrines. II a joué un rôle important dans l'organisation de la liturgie, de la discipline ecclésiastique et de l'instruction scolaire, en Hesse, durant toute sa surintendance. 11 démissionna en 1580 et mourut à Nidda, le 25 juin 1583. Son fils, Jean Pistorius junior, est beaucoup plus connu que lui.

Hasscncamp, llessische Kirchengeschichtc, 2 vol., Francfort, 1864; H. Heppe, Kirchengeschichte bei der Ilessen, Marbourg, 1876; Jean .lanssen, L'Allemagne et la Réforme, Paris, trad. Paris, passim.

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