‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 4)Chapitre 364 sur 437 · É. A.MANN · texte numérisé non relu

É. A.MANN

1. PRATO (Arlotto de), frère mineur (xme siècle). — Originaire de Prato, en Toscane, d'une famille noble, il revêtit l'habit franciscain avec son père et trois de ses frères, parmi lesquels Gérard et Jean. Il fit ses études à l'université de Paris probablement sous le généralat de saint Bonaventure. Cf. Gratien de Paris, Histoire de la fondation el de l'évolution de l'ordre des frères mineurs au XIIIe siècle, Paris, 1928, p. 273. Il prit le grade de maître en théologie en 1282; il était donc arrivé à Paris vers 1274. II existe, en effet, une quœstio disputata d'Arlotto de cette année. En 1282, il prit part à deux actes de l'université, dont l'un se rapporte à une sentence sur la réitération de la confession des péchés déjà confessés et l'autre à la fixation du loyer des maisons.. Arlotto fut un des sept membres de la célèbre commission, instituée en 1283, par Bonagratia, le général de l'ordre, pour examiner un certain nombre de propositions suspectes d'Olieu, extraites des œuvres du fougueux franciscain. Avec trois autres maîtres en théologie, Droco de Provins, Jean Valensis (Garau) et Simon de Lens, et trois bacheliers, Richard de Médiavilla, Gilles de Bensa et Jean de Murro, Arlotto rédigea deux documents destinés à rendre publique la condamnation des ouvrages d'Olieu. Le premier, écrit selon l'usage sur un long parchemin (rolulus) renfermait au moins 50 articles, extraits des ouvrages d'Olieu. En face de chacun d'eux, dans la marge, était indiquée brièvement la censure spéciale que lui avait appliquée ou l'unanimité ou la majorité des voix. D'après J. Koclï, Die Verurteilung Olivis auf dem Konzil von Vienne und ihre Vorgeschichte, dans Scholastik, t. v, 1930, p. 506, des restes de ce Rotulus seraient conservés dans le cod. Val. Borgh. 46. Ce même auteur soutient que ce Rotulus est d'une importance capitale pour l'histoire des censures, parce qu'il rompt avec l'usage traditionnel de stigmatiser les théories réprouvées du nom à'error et qu'il introduit une nouvelle méthode dans l'indication des condamnations portées. Arlotto, avec les autres membres de la commission, avait porté des censures, qui variaient depuis la note d'hérésie jusqu'à celle d'ineptie. On y rencontre, en effet, les notes de hœrelicum, in fide dubium, ordini nostro periculosum, nescium, prœsumpluosum et quelques propositions marquées simplement d'une croix. Le même auteur rejette aussi l'opinion, admise jusqu'ici, que la commission aurait dépassé son mandat

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