‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 4)Chapitre 79 sur 437 · C. Constantin · texte numérisé non relu

C. Constantin

1. PIEN Ignace (1681-1763), né à Gand, le il octobre 1681, fut reçu, chez les jésuites, le Ier octobre 1698, professa la théologie à Anvers, puis l'Écriture sainte et la théologie à Couvain; en 1731, on le trouve à Rome, comme écrivain et comme censeur des livres. Il mourut dans cette ville le 25 juin 1763. Il a écrit, sous le pseudonyme de Petrus Malleus, du nom de sa mère, quelques ouvrages qui sont dirigés contre la doctrine janséniste. II faut citer les trois dialogues en faveur de la constitution L'nigenitus : Pétri Mallei, presbyleri Anluerpiensis dialogus primas, fuo ostenditur conslitutionem l'nigenitus a tota Christi Ecclesia acceptatam, quique illam non acceptant extra Christi Ecclesiam esse, contra patronum protestantium Lovanii, auctorem dissertationis : Qua examinatur an conslitutionem l'nigenitus acceptaixerit Ecclesia, et contra libellum gallicum, cui titulus. Le faux schisme des appelants, in-12, Anvers. 1719. Le second dialogue est également de 171it et le troisième de 1722. Cet écrit eut de nombreuses éditions, In autre prenait de nouveau la défense de la bulle l'nigenitus sous le titre : Pastor bonus, seu defensio Ecclesise Mechliniensis adversus Commonitorium schismatieum ad RR. 1)1). postures, idiosque, qui subscripserunt epistolse pastorali Kxcellentissimi ac Reverendissimi Domini archiepiscopi Mechliniensis nunc Eminentissimi Prineipis, S. R. P.. cardinalis. La lre partie montre que la constitution l'nigenitus est une règle de foi. pour cinq motifs: elle fut publiée en 172(1. La IIe partie montre que ceux qui rejettent la constitution sont sehismatiques. 1720. Le

P. Pieu traduisit en latin une lettre de l'évêque d'Angers, par laquelle le prélat réfutait deux libelles du P. Quesnel, intitulés : inscription en /aux du /'. (Jucsnel et Nouvelles fourberies jésuitiques, Louvain, in-8°, s. d. — Bellarminus de romani pontificis infallibilitale, a cavillis et calumniis patron i protestantium Lovanii. damnatorum operum Launoii, Du Pin, plagiarii /ère perpetui lutheranorum cl calvinistarum armis pugnuntis, in-8". Louvain, 1723. - Pétri Mallei respnnsa ad interrogata a tenebrione quodam, in-8", Louvain, 1723: c'est une polémique avec le P. Dujardin, provincial des dominicains, qui combattait la bulle Unigenitus. — Pétri Mallei responsa antiqua ad noua interrogata a novidore Quesnelliano proposita, in-8°, Louvain, 1723; c'est une polémique avec le docteur P. Damas et 1). Quareux, censeurs des livres. — Pétri Mallei epistnta responsoria ad epistolam Pétri Hollen pasloris Vltrajectensis interrogata Lovanii combusta defendentis, in-8", Louvain, 1724.

De Backer, Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, t. vu, p. 320-321; Sommervogel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, t. VI, col. 727-732, donne, ainsi que de Backer, une longue liste de thèses théologiques soutenues à Louvain, sous la présidence du P. Pien; Biographie nationale île Belgique, t. xvir, col. 395-396; Ilurter, Nomenclator, 3" édit., t. iv, col. 1 107.

J. Carreyre.

2. P8EN Jean (1678-1749), né à Gand, le 13 décembre 1678, entra, au noviciat des jésuites, le 30 septembre 1696; il étudia la philosophie à Anvers et la théologie à Louvain. Il fut ordonné prêtre, le 20 septembre 1710. Il étudia la langue grecque et professa la grammaire à Bruxelles et à- Anvers. En 1713, il fut attaché à la rédaction des Acla sanctorum. Il mourut à Anvers le 19 mai 1749.

Ses travaux se trouvent dans les Acla sanctorum, à partir du t. i du mois de juillet et ils sont répandus dans les 7 volumes de juillet, les 6 volumes d'août et le t. i de septembre. Presque tous les articles d'hagiographie grecque sont de lui et il fit d'amples commentaires des Œuvres de' saint Bernard et de saint Ignace. Durant son voyage en Espagne (septembre 1721 à juin 1722), il recueillit de nombreux matériaux qui lui permirent de rédiger un travail savant sur le rite mozarabe et les vieilles liturgies espagnoles. Cet ouvrage, placé en tête du t. vi, des Acta de juillet, a été publié à part, sous le titre : Liturgiu mozarabica, tractatushistorico-chronologicus liturgiseantiquœ, in-fol., Anvers, 1729. Le P. Pien a fait la biographie du P. Papebroch (en tète du t. vi des Acta de juin) et une dissertation sur les diaconesses (t. i de septembre. ]). i xxvin).

De Hacker, Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, t. v, p. 582-583; Sommervogel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, t. vi, col. 732-733; J. Périer, Elogium R. P. Joannis Pinii, hagiographi S. J. (t. m des Acta de septembre, p. 1-3) avec portrait; Goe thaïs, Histoire des lettres, des sciences et des arts en Belgique et dans les pags limitrophes, t. ni, p. 258-261 ; Biographie nationale de Belgique, t. xvu, p. 390-397.

J. Carreyre.

1. PIÉRIUS. — Piérius. prêtre d'Alexandrie, florissait sous l'épiscopat de Théonas (vers 281-300). Cf. Husèbe, Hist. eccl., 1. VII. c. xxxn, n. 30. /'. (,.. t. xx, col. 733.

A en croire Photius, il aurait dirigé le didascalée et aurait eu comme disciple le célèbre martyr Pamphile. Photius, Bibl.. cod. 119. P. C,., t. cm, col. loo. La grande austérité de sa vie et surtout son amour de la pauvreté volontaire l'avaient rendu célèbre; il execl lait dans les sciences philosophiques comme dans la connaissance des vérités révélées et ses homélies étaient très goûtées. Kusèbe. loc. cit.

Son labeur infatigable et sou talent pour l'hon

PIÉRIUS

PIERIUS (JACQUES)

l'avaient fait surnommer le nouvel Origène. Aussi Photius lui reproche d'avoir enseigné la préexistence des âmes; mais il reconnaît que sa doctrine trinitaire est correcte en ce qui concerne le Père et le Fils, bien que Piérius attribue à chacun d'eux une oùaîa ou une cpùaiç, le contexte montre bien que le vieux maître d'Alexandrie désignait par là ce que, plus tard, on <lcvait appeler « hypostase ». Voir Hypostase, t. vu, col. 372-373. Quant à l'Esprit-Saint, Photius reproche a Piérius d'avoir enseigné son infériorité par rapport à la majesté du Père et du Fils. Loc. cit.

Les écrits de Piérius eurent une grande vogue. Le solitaire Ammonius, du désert de Nil rie, en récitait de mémoire de nombreux passages et, pendant son pèlerinage en Palestine, une grande dame romaine, du nom de Silvia, étudiait les commentaires d'Origène ■et de Piérius. Cf. Palladius. Historia lausiaca, c. xn et cxliii, P. (;., t. xxxiv. col. 1034 et 1244; par ces « commentaires », on admet généralement qu'il faut entendre des homélies et non des explications proprement dites de la sainte Écriture : le terme tractatus employé par saint Jérôme pour les désigner ne semble pas pouvoir être interprété autrement. Voir la notice de saint Jérôme sur Piérius dans le De viris, c. lxxvi, P. L., t. xxni, col. 722. Photius a eu sous les yeux dix de ces homélies; il en loue le style facile et clair, exempt •de toute recherche, ainsi que la nervosité de l'argumentation et l'originalité des idées. Mais il n'en reste que quelques fragments; Photius en a conservé deux.

Dans le premier, tiré d'une homélie sur l'évangile de saint Luc zlç ~b x.'x-y. Àouxôcv, Piérius rappelle que l'honneur ou l'outrage fait à l'image, eîkgjv, rejaillit sur le « prototype ». Cette phrase ne nous semble pas ■être un témoignage en faveur du culte des images, comme l'avait prétendu Tixeront dans ses premières éditions de l'Histoire des dogmes, t. i, 4e édit., p. 425. Elle est plutôt extraite d'une argumentation concernant les rapports du Père et du Fils dans la sainte Trinité. Voir ce fragment dans Photius, loc. cit., et •dans P. G., t. x, col. 242.

Le second fragment conservé par Photius est tiré d'une homélie pascale sur les premiers chapitres de la prophétie d'Osée. Piérius explique en quel sens on peut admettre la réalité des chérubins placés sur l'arche d'alliance par Moïse, ainsi que celle de la stèle de Jacob. Le mauvais état du texte de Photius à cet endroit ne permet pas de préciser la pensée de Piérius. Voir le fragment loc. cit.

Deux autres fragments se trouvent dans ce qui reste de l'histoire ecclésiastique de Philippe de Side. L'un, tiré vraisemblablement d'une homélie sur la décollation de saint Jean-Baptiste, donne de bizarres étymologies des noms d'Hérode, d'Fférodiade et de Philippe. Xous lisons qu'Hérode signifie SspfjiaTW) So^a, « majesté de peau »; Hérodiade, ànroeTcojxsvY), la «trompeuse»; Philippe, a-uô[iy. Xajj.7rââwv. « bec de lampe ». Il paraît bien qu'ici Piérius s'est fourvoyé en cherchant une racine hébraïque à ces noms, qui sont indéniablement grecs. Voir ces fragments dans De Boor, Xeue Fragmente des Papias, Hegesippus and Piérius aus der Kirchengeschichte des Philippus von Side, dans Texte und Untersuchungen..., t. v, fasc. 2 a, p. 165-184, Leipzig, 1888.

Philippe de Side nous apprend aussi que, dans sa première homélie pascale, Piérius enseignait que l'apôtre Paul avait été engagé dans les liens du mariage; mais, que, pour le bien de l'Église, il s'était abstenu de tout commerce avec son épouse. Ce fragment sert vraisemblablement de base au dire de saint Jérôme, que d'après Piérius, l'apôtre Paul, en écrivant I Cor., vu, 7, aurait clairement recommandé la virginité. Saint Jérôme, Epist., xlix, P. L., t. xx, col. 511.

Fnlin, Philippe de Side attribue à Piérius un Qepi t7,c; 02ot6xou et une Vie de saint Pamphile. Le terme 9eor6xoç ayant été en usage à Alexandrie dès le début du ive siècle, voir Marie, t. ix. col. 2351, il n'est pas, en soi, impossible que Piérius l'ait employé. Cf. N'eubert, Marie dans l'Église anténicéenne, Paris, 1008, p. 135. Mais, même si l'on admet que le terme Ôeorôxoç esi ici un lapsus de plume de Philippe de Side, ou du compilateur auquel on doit ce renseignement, il n'en est pas moins vrai qu'avant la fin du me siècle. Piérius a prononcé une homélie mariale à Alexandrie. Quant a la Vie de saint Pamphile, elle ne ligure évidemment pas parmi les douze écrits que Photius avait sous les yeux; Photius en aurait certainement parlé. Le silence d'Kusèbe est aussi quelque peu troublant: mais peut-être Eusèbe n'a-t-il pas voulu faire de réclame pour une vie susceptible de faire concurrence à celle qu'il avait écrite lui-même.

Eusèbe est muet sur le genre de mort de Piérius. Photius parle de son martyre comme d'un < on-dit . et il ajoute que, d'après une autre tradition, Piérius serait mort à Rome après la persécution. Philippe de Side est afhrmatif pour le martyre; il se réfère au xme chant d'une épopée composée par un certain Théodore, avocat à Alexandrie: cette épopée parle également d'une église d'Alexandrie portant le nom de Piérius. Épiphane, Hier., lxix. 2, donne le même renseignement au sujet de l'église. Si Piérius avait été martyr, il semble bien qu'Eusèbe n'aurait pas omis de relater cette mort d'un célèbre origéniste. Quant au fait de l'église portant le nom de Piérius, on n'en peut rien déduire; Théonas, lui aussi, avait une église à Alexandrie, sans pour cela avoir été martyr ou confesseur.

Il est fort possible que Piérius ait passé les dernières années de sa vie à Rome, soit pour éviter la persécution qui fut à Alexandrie beaucoup plus longue et plus intense qu'ailleurs, soit parce que sa situation était devenue impossible à Alexandrie sous un antiorigéniste aussi décidé que l'évêque Pierre, successeur de Théonas.

Eusèbe, llist. ceci., 1. VII, c. xxxn, n. 26 et 30, P. G., t. xx, col. 733 sq.; Saint Jérôme, De viris illustribus, c. lxxvi, P. L., t. xxiii, col. 722; Photius, Bibliolheca, cod. 110, P. G., t. cm, col. 410.

Fragments de Piérius : P. G., t. x, col. 242 sq.; fragments conservés par Philippe de Side, publiés par De Boor, Texte und Untersuchungen, t. v, fasc. 2, Leipzig, 1888, p. 165-184.

Harnack, Allchrislliche Literalur, t. i, p. 430 sq.; Bardenhewer, .iltkirliche l.iteratar, t. jn, p. 108 sq.; Christ, Geschichle der griechischen Literalur, t. il b, p. 1118; Tixeront, Histoire des dogmes, t. i (8e édit.), p. 476, 480-481, 489, 402.

G. Fritz.

2. PIERIUS Jacques, frère mineur italien de la régulière observance du xvic-xvne siècle. — Originaire de Pistoie en Toscane, il lit ses études à Padoue, où il eut pour professeur, en 1588, le P. Luc de Cutigliano; il fut gardien et lecteur, ainsi que confesseur du duc de Toscane. Il faut identifier Jacques Pieirus et Jacques de Pistoie dont L. "Wadding fait deux personnages distincts. Il mourut en 1635 à Florence' au couvent d'Ognisanti. On lui doit Subtilissimœ contradictiones in prologum. primum atque secundum Sententiarum Scoti. Cet ouvrage, qui est rédigé en forme de dialogue et pourvu d'une triple table, fut publié à Florence en 1621 et non en 1521, comme le dit L. Wadding. L'auteur y confesse qu'après un examen attentif, des recherches assidues et un labeur intense, il a réussi à rassembler un grand nombre de contradictions tirées des prologues, ainsi que du commentaire sur le Ier et le IIe livre des Sentences de Duns Scot. Il y affirme également qu'il a trouvé ces

PIERIUS (JACQUES)

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