LISTE DES COLLABORATEURS
MM
Sjieets {le R. P.), des Frères Mineurs, supérieur du Cdllége de Saint-Bonaventure, à Quaracchi (Italie).
SOMMERVOCEL (le R. P.), de la Compagnie de Jésus, à Paris (f 1902).
Steiger (le R. P.), de la Compagnie de .lésus, professeur de droit canonique au scolasticat d'Enghien (Belgique).
Toussaint, professeur d'Écriture sainte au grand séminaire de la Rochelle.
Vacandard, premier aumônier du lycée Corneille, à Rouen.
YailMé (le R. P.), des Augustins de l'Assomption, rédacteur aux t.c}ws d'Orient, à Constantinople.
MM
Yalton, professeui' du droit canon au grand séminaire , de Langres.
Vax dex Gueyx (le R. P.), de la Compagnie de .Jésus,
boUandiste, conservateur de la Bibliothèque royale,
à Bruxelles (Belgique).
Verxet, professeur d'histoire ecclésiastique aux Facultés
catholiques de Lyon.
Verschaffel, à Paris.
Watrigaxt, à Lill».
ZiMMERMANN (le R. P.), carme déchaussé, prieur de
Saint-Luc, à Wincanton (Angleterre).
DE
BAAOER (François de), philosophe et théologien allemand, né à Munich en 1765. Il se livra d'abord à l'étude de la médecine et pratiqua cet art dans sa ville natale avec son père. Il se fit ensuite recevoir élève des mines. Devenu ingénieur, il entreprit divers voyages en Allemagne, séjourna cinq ans en Angleterre et revint en Bavière. Il changea bientôt de carrière et lors de l'inauguration de la nouvelle université de Munich, il fut nommé professeur de théologie spéculative. Ses premières leçons attirèrent autour de sa chaire un auditoire de choix. En 1838, l'enseignement de la philosophie religieuse ayant été interdit aux laïques, de Baader n'enseigna plus que la p.sychologie et l'anthropologie. Au mois de mai I8il, il fut subitement atteint d'un mal qui le conduisit au tombeau. Auteur d'une fécondité prodigieuse, il a développé ses idées dans les journaux, les revues et dans sa correspondance. Toutes ses œuvres, qu'il serait trop long d'indiquer en détail, ont été réunies après sa mort par ses disciples, 1851-1860, et forment 16 volumes. Élevé dans la religion catholique et fidèle aux convictions de son enfance, de Baader combattit le rationalisme de son temps. Mais il voulut comprendre le catholicisme d'une manière plus profonde que les théologiens. Il se lança dans le mysticisme qu'il étudia dans des ouvrages protestants et il subit profondément l'influence des écrits de ISohme. Il voulut saisir l'intelligence du christianisme dont les théologiens, disait-il, avaient perdu It i li I', .1 il l.i chercha dans ses sources, les Pères et li ~ ■ .1 i iM|ih , il dans des écrits profanes, notamment il. m I "tii urs des philosophes anglais et dans ceux (II- l\ ml lu iilnlnsophie il unit les spéculations rationnelles aux théories théosophiques. Dans ses œuvres théologiques, il expliqua philosophiquement la Trinité des personnes, eut une théorie particulière de la création, euMiLiii I.i n.'ri -sllé de la chute des anges et de l'hommi' t mi i < it i-iologio
en corrélation avec sa théorie do li lui I nu-ition
du Fils et le sacrifice de Jésus-Chi )-t ■ i.ihuI, ^. Imi lui, nécessaires. Traitant des questions morales ut sociales, il eut à parler de l'Église et il en vint à attaquer la papauté. 11 n'est pas étonnant, dés lors, que plusieurs de SCS élucubrations aient été mal reçues par les catholiques.
Honmann, Vorhalle zur speculativen Lehre Baaders; Lut- Icrbeck, Ueher den philosophischen Standpunkt Baadcr.i. 1854; Ilamberger, Abhandlung ûbei- die Cardinalpunkte dcr DICT. DE THÉOL, CATUOI,.
Baader'schen Philosophie, 1855: Erdmanu, Die Entioicklung der deutschen Spéculation seit Kanl, t. m ; Hoffmann, Baaders Lebensbild, dans le tome xv des Œuvres de Baader; Kirchentexikon, t édit., t. i, col. 1781-1791.
E. Mangenot.
BAANÈS, BAANITES. Baanès fut l'un des pri.i-
ci[i:iii\ lin IV i{iii ilii i^i'ient la secte manichéenne des |i,inliiii II-, ili II lui lin . III' siècle au commencement du IX. ('..•ilr -n i.'il.iliil ili 1,1 seconde moitié du VU" siècle ; elle s'était formée en Arménie dans les environ.s de Samosate, où fermentaient pêle-mêle les restes du gnosticisme et du manichéisme. Grâce aux désordres politiques dans lesquels se débattait l'empire en Orient, grâce aussi à la longue et sanglante controverse des iconoclastes qui retenait surtout l'attention des catholiques, grâce enfin aux incessantes incursions des Sarrasins, elle avait pu traverser tout le vii^- siècle sans s'attirer les rigueurs des lois et s'était fortement constituée sous la direction d'habiles meneurs. Elle était cependant connue, car saint .Tean Dainaseène l'avait combattue dans son livre contre les manichéens. Les chroniqueurs du ix» siècle la connaissaient également. Mais niThéophane le confesseur, mort vers 817, dans sa Chronographie, ni l'auteur anonyme de La vie de Léon l'Arménien, ni Léon le grammairien, dans sa Chronique des empereurs, ni Anastase le bibliothécriiro, P. G., t. cvin, col. 980 sq., 1009 sq., 1037 sq,, n fi.iini • nt aucun détail
sur Baanès et ses discipli - 1 |iii en parle est
Georges llamartolos, moi i i n .n i n -,.1 Chronique, IV, 238, P. G., t. ex, col, N,-,i >',|J i}.i lui, l'ierre de Sicile, qui en 856, reçut de rfiiiiniini I 1 il. I,i mission do se rendre à Tibricha, ville dWini m mi -i.-e de paiiliciens, pour essayer de raiiuui 1 . u - IHst. nianich., xxxi, P. G., t. civ, col. 12i5<5 .-.q. l'huUus, dans son Contra manicliieos, iv, 21-23, P. G., t. eu, col. 61-76, ne fait que résumer Georges Hamartolos et Pierre de Sicile.
La 1 prend r
Uiir nom pour liiit Paul, dont Il prés de leurs lin se faire pasi;;nésius,Timo- I.', C'est à ce iiorce illégitime
BAANÈS, BAANITES
arménienne, Baanès ne prit le nom d'aucun des disciples de saint Paul. Mais il se fil remarquer par ses débordements d'une immoralité révoltante, ce qui lui mérita le surnom de puTiapo:, le sale, le cynique, qui lui est resté. Pierre de Sicile, Hist. manicb., xxxi, P. G., t. civ, col. 1288. Sa doctrine n'a rien de personnel; c'est intégralement celle de ses prédécesseurs. Dualiste à la manière de Marcion, il opposait le Dieu bon, roi du ciel, créateur des esprits. Père céleste adoré par ses partisans, au Dieu mauvais, créateur de la matière, adoré par les romains, c'est-à-dire par les catholiques. Docète, il prétendait que Jésus-Christ, envoyé par le Dieu bon pour délivrer l'âme engagée dans les liens de la matière, n'avait eu qu'une apparence de corps et n'avait pu soulTrir réellement, ce qui était supprimer l'incarnation et défigurer la rédemption. En conséquence,
Marie n'était pas m m jours vierge et ne l'ui che Baanès pouff- ■ i t séquences immorali^ chéens de la secte.
resta pas tou- M- iiM' -.liiile. En revan- 1/ 'Il . ■ in-uies les conhi|i! s i,ii,.^iii|ues et maniconlenta pas de prêcher l'immoralité, il la pratiqua ouvertement. Il faut, disaitil, mépriser la matière, siège du mal; il faut soustraire la chair, siège de la concupiscence, à la tjrannie du Dieu mauvais; il faut imiter Adam qui, le premier, sous l'impulsion du Dieu bon, secoua le joug ignominieux du Dieu mauvais. Libérer la chair, assouvir toutes ses convoitises, faire de la dépravation un acte religieux par mépris du Dieu mauvais et par amour du Dieu bon, tel était à ses yeux le but à poursuivre, l'idéal à réaliser. C'est avec raison que Pierre de Sicile le traite de maître de débauche, xaxiaç SiSiTxaXo;, Bisl. manich., loc. cit., et légitime ainsi le surnom de pujcaoôç.
On comprend que Baanès pût recruter des disciples dans les bas-fonds de la société. Toutefois son manque de sens moral, la phrénésie de ses débordements, son impudeur sans voiles paralysèrent sa propagande parmi ceux qui voulaient conserver quelque apparence de tenue. Aussi rencontra-t-il une vive opposition dans le fils de Dryinos d'Annia, Sergius. Celui-ci, né à Tablas, était également paulicien et se donnait pour Tychique, disciple de sainl Paul. C'était un autre soldat du diable, au dire d.- l'i.rif de Sicile. Hisl. ivanich., xxxii, loc. cit. Sans renirT !■■ moins du monde les conséquences immorales de la doelrine paulicienne, il crut, pour mieux faciliter le recrutement de ses adeptes, devoir se parer de la peau de l'agneau et affecter des airs de décence et de piété. Il se posa donc en rival de Baanès et lui reprocha publiquement, par trois fois, le scandale de ses crimes. Baanès, au lieu de lui renvoyer ce reproche en y ajoutant celui d'hypocrisie, se contenta de le traiter d'ignare et de novateur. « Tu n'as connu, lui dit-il, aucun de nos maîtres ; quant à moi, je suis le disciple d'Épaphrodite, dont j'enseigne la doctrine. » Ce fut la scission dans la secte paulicienne ; les partisans de Baanès s'appelèrent baanites ; ceux de Sergius, sergiotes; mais ceux-ci, attribuant la réprobation dont ils étaient l'objet aux scélératesses des baanites, résolurent de se débarrasser de kurs rivaux; ils auraient même
ervention d'un compa- 1 tain Théodote, qui les manich., XL, loc. cit., il.- rt le genre de mort iui'ii-i's d'abord par inii -n^lobés dans les
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triote de SergiuN I rapatria. Pierr" ■! - 1 i' col. 130!', "■■ ■ de r.;,..
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poursuiii - Il I 1
se répandirent soit (l;ins l'Arménie, soit dans le territoire déjà soumis aux Arabes. Il a été question plus haut de la mission confiée par l'empereur Basile à Pierre de Sicile. Après quoi on perd la trace de la secte ; ses germes ne disparurent pas, ils continuèrent à fermenter et à s'infiltrer à travers l'Europe et reparurent sous des noms nouveaux en Italie, au Languedoc et ailleurs.
Georges Hamaitolos. Chronique, iv, 238, P. G., t. ex, col. 825; Pierre de Sicile, Histoire des manichéens, xxxi sq.. P. G., t. CIV, col. -1228 sq.;Photi\is. Contra manichœos, iv, 21-23, P. G., t. en, col. 61-76; Schmidt, Historia paulicianorum, Copenhague, 1826 ; DôUinger, Beilràge zur Sektengeschichte des Mittelalters, Munich, 1890, t. i.
G. Bareille.
BABENSTUBER Louis, bénédictin, né en 1660 à Teining, en Bavière, mort le 5 avril 1726 au monastère d'Ettal dans le diocèse de Munich où il avait fait profession en l'année 1682. Presque toute la vie de ce savant religieux fut consacrée à l'enseignement. De 1690 à 1693, il enseigna la philosophie au scolasticat de son ordre à Salzbourg, puis pendant deux ans la théologie au monastère de Schlehdorf. De 1695 à 1717, il professa successivement à l'université de Salzbourg les cours de philosophie, de théologie morale, de théologie scolastiquc et enfin d'Écriture sainte. Il remplit, en outre, les fonctions de vice-recteur et de pro-chancelier. Voici ses principaux ouvrages : Problemala et thcoremata philcsophica, in-4", Salzbourg, 1689; Quxstiones pliilosophicxj in-4'', Salzbourg, 1692; Régula inorum seu dictamen ccnscientiai, in-4'', Salzbourg, 1697 ; Tractatus de jure et jiistitin. in-4", Salzbourg. 1699; Deiis abscon-
d:hi. ;„ ,,,,,,,/,, '.?Mr;s,in-l ; Salzbourg, 1700; Dt'
,s(r>' / iiiorientiuni, in-4'',
S,il I. III 17on -,' , I I M n nanœ, sive allocK-
li,,,,,. /,-M: ,. I /- /. .l/'M "' 1 jusque cultonbus ad sodalcs Partlienios, in-12, S.ilzliourg, 1701 ; P/ii/osop/iia TItomistica Salisburgensis, sive cursus philosophictis secundum Ooclrinam D. Thomsc Aquinatis docloris ■ angelici in celeberrima archiepisccpali universitate Salisburgensi, methodo et norma ibidem concinnatus, in-fol., Salzbourg, 1705; Pnncipia, bonitas et malitia actuuni humanorum, in-4'', Salzbourg, 1705; Deus trinus, in-4'', Salzbourg, 1705; Deus unus, in-4'', Salzbourg, 1706; Gratia divina, in-i", Salzbourg, 1706; Vindiciaruin prsedeterminationis physicse, pars prior et pars posterior, 2 in-4», Salzbourg, 1707; Peccatum originale, 10-4», Salzbourg, 1709; De Verbo incarnato, in-4'', Salzbourg, 1709; Sacrosanctum missai sacrificiiiin. in-4", Salzbourg, 1710; (juiestiones de maire Dei, iii-1 . s,il/linin. ITI'J. \ n,<i,ri:i- < iiidiciarum prsedeter- ,,, , ' Ml 1 . ^.J/I-Miirg, 1712; Vindicix
ri/,:(,. ,111 1 . --iL'li 111^. ITIJ, Etliica supernaturalis iiuiiolju,yc,,i,i, .u-lol., \iciiiic, 1718; dans cet ouvrage connu encore sous le titre de Cursus moralis Salisburgensis, Babenstuber reproduit plusieurs de ses écrits précédemment mentionnés; il y joinl une dissertation Ulrum aniniaTrajani precibus Gr, <i , :, \l<n,>,^ lii^rrala fuerit ex inferno; Dissertatio theol I ■/■■■•< sti'iidilur differentia inter ^cholam D. / ',' v.'/Zi
ac Jansenii, in-4'', Vienne, 1720; l'i uln:>futi:!, académies, in-S", Salzbourg, 1724.
Dom F. Egger. Iden ordinis hierarchico benedictini, 1. 1, part. in. diss il n IS :i in-4'. Constance. 1715-1720; dom François, Bibii"'i h tous tes écrivains de l'ordre de Saint-Bt', 1777, t.i,p. 85; Ziegelbauer, Hisl. rei Utei-a , n.i in-4", Vienne, 1754, t. 11, p. 283 ; t. III, p. ili,. i , , 11 . 1 . I82,etc.; Kirchenlexikon,2' édit., Fribourg-en Biisgau, 1882. t. i, col. 1796-1797; Hurler, Notnenclator literaritis, Inspruck, 1893, t. n, col. 968-969.
B. Heubtebize.
BABIN François, premier et principal rédacteur d'un cours théologique français très estimé et très répandu, intitulé ; Conférences ecclésiastiques du diocèse d'Angers. On admire, dans les 18 volumes sortis de sa plume, les diverses faces d'un talent doctrinal supérieur : science exacte et profonde, logique rigoureuse, et, par-dessus tout, clarté d'exposition vraiment remarquable. Ces diverses qualités, fruit d'un long et brillant enseignement, attirèrent sur la publication naissante l'attention du clergé de France qui, à la mort de l'auteur, en demanda la continuation. La faculté de théo-